Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Retrouvez le débrief de l'actu du jeudi 26 février dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:008h45 sur BFM Business et sur AMC Live, on débriefe l'actualité du jour avec Bertil Baillard, rédactrice en chef
00:05du FIARO.
00:06Bonjour, merci d'être avec nous. On va parler de l'Europe, une Europe qui essaie de se structurer vis
00:11-à-vis de la Chine.
00:12On a Friedrich Merz qui est encore pour aujourd'hui en visite en Chine, Emmanuel Macron y est allé, Kerst
00:17Armer, on a eu Sanchez.
00:18Tout le monde va en Chine pour essayer de séduire ou de protéger son économie.
00:23En Europe, on n'arrive pas à avoir une vision concrète, une vision unique face à ce qu'on doit
00:29faire vis-à-vis de la Chine.
00:30On a du mal à avoir une vision unie, on a du mal à savoir quel serait le bon moyen
00:35de traiter le sujet chinois.
00:38Avant de parler de la façon de traiter ce sujet économique, parce qu'on est ici pour en parler de
00:43façon économique,
00:44il faut quand même mettre un fond d'écran géopolitique, j'allais dire, qu'il faut toujours avoir en tête
00:48quand même quand on parle de la relation à la Chine.
00:51Évidemment, il faut faire pour nos Européens de la réelle politique, on ne peut pas choisir les régimes avec lesquels
00:56on échange.
00:57Cela dit, il y a quand même le sujet qui est que la Chine, Pékin est le premier allié de
01:02Vladimir Poutine,
01:03qui aujourd'hui est la première menace qui pèse sur l'Europe.
01:06Donc c'est quand même un fait à avoir toujours en tête dans la façon dont on appréhende la question
01:11de l'économie chinoise.
01:13Ça c'est le premier point.
01:14Le deuxième point, c'est qu'il est apparu quand même depuis quelques mois le fait qu'on avait affaire
01:23à un sujet vraiment systémique pour l'économie européenne
01:26et singulièrement pour l'industrie européenne.
01:29Il y a ce rapport du plan qui a fait beaucoup de bruit il y a quelques jours, qui met
01:35bien en évidence ce sujet-là.
01:37Une proposition radicale quand même.
01:39On va en parler des réponses qu'il apporte, mais en tout cas sur le diagnostic,
01:43qui est aussi beaucoup porté par Nicolas Dufourque sur beaucoup de plateaux,
01:48le fait qu'on est face à une menace...
01:51C'est réagir ou périr quoi.
01:53...et systémique, et maintenant très mis en valeur.
01:57Et il ne s'agit plus seulement de quelques acteurs qui sauraient confronter une concurrence chinoise à cette destructée,
02:04c'est l'ensemble de l'industrie, ça c'est le premier point, dans des proportions qui sont massives,
02:10et aussi sur le niveau de qualité, c'est-à-dire qu'on n'est plus sur de la production
02:15de masse,
02:17on va dire, qui vient concurrencer éventuellement des produits européens.
02:21On est bien aussi sur les franges les plus avancées, les plus technologiques de l'industrie européenne.
02:28Et on voit bien que ce fait-là, il y a une prise de conscience, ce fait.
02:34En France, j'allais dire, c'est moins nouveau.
02:38Pour le reste de l'Europe, ça n'est plus, et pour l'Allemagne en particulier,
02:41qui vit vraiment son second choc chinois, comme on dit,
02:43et donc qui aujourd'hui est confrontée à une augmentation forte des importations venues de Chine,
02:50et parallèlement à une réduction forte des exportations de l'Allemagne vers la Chine.
02:55Oui, et donc après, on n'arrive pas à s'entendre.
02:58Pedro Sanchez, lui, l'Espagnol, est allé dire aux Chinois,
03:01on vous adore, venez chez nous, c'est génial.
03:04Emmanuel Macron, il y va, il dit, vous allez nous tuer en tant que consommateurs,
03:07vous ne pourrez plus vendre vos produits.
03:09Et Frédéric Schmerz, il est sur les deux sujets en même temps, emménageant un chèvre et le chou.
03:13Oui, c'est ça, oui.
03:14On a une, derrière les modulations, on va dire, dans les discours,
03:18il y a quelque chose qui apparaît quand même à la fois dans le discours d'Emmanuel Macron et de
03:21Frédéric Schmerz,
03:22qui est de dire, attention, si vous n'agissez pas pour rééquilibrer les choses,
03:29si vous ne nous permettez pas de rééquilibrer les choses,
03:31on sera contraints à des mesures qui seront extrêmement fortes
03:35et qu'on ne souhaite pas forcément.
03:37En cela, la proposition du plan de dire, on n'a qu'à mettre 30% de douane sur tout,
03:43tout produit, tout fermé, a cet intérêt, j'allais dire, quelque part,
03:48d'agiter le débat et de montrer que oui, en Europe, il y a bien une inquiétude
03:53qui est telle en train de monter qu'on commence à réfléchir à des mesures
03:57qui sont totalement extravagantes pour ce qu'a été la politique commerciale européenne.
04:03C'est la mad stratégie, quoi.
04:05Si vous ne réagissez pas, je peux faire un truc de dingue.
04:07C'est un peu ça.
04:09Et donc, ce message-là, il est en train d'être porté auprès de Pékin,
04:14qui, clairement, a besoin du marché européen.
04:17Voilà.
04:17Donc, après, c'est de la tactique, c'est de l'escalade,
04:21c'est la capacité à résister aux menaces en retour
04:26que peut exercer le régime chinois.
04:29Mais en tout cas, il faut avoir tout ça sur la table.
04:33On voit bien qu'on a des palettes d'instruments.
04:35La question, c'est, est-ce qu'on fait du brutal, du droit de douane ?
04:39Et on a vu qu'il y a des économistes qui ont réagi à la proposition du plomb
04:42en disant, mais attendez, on ne va pas faire du Trump.
04:46Alors, c'est différent de ce que fait Trump,
04:49parce que Trump, il arrose la planète entière.
04:51Là, il s'agirait de cibler précisément la Chine.
04:53Donc, c'est assez différent dans la conception même.
04:56Cela dit, on voit bien, dans le cas Trump,
04:58que les possibilités de contournement sont absolument massives.
05:03On voit bien que la Chine est passée par d'autres pays.
05:06Vous mettez dans le pays d'à côté, ça marche.
05:07Ça marche très bien, avec le Vietnam, avec la Turquie, etc.
05:11Ça marche très bien comme ça.
05:13Deux, on voit qu'il y a aussi de la fraude qui se développe.
05:16Il y a un papier de Bloomberg hier qui expliquait
05:18qu'il y avait 100 milliards de différences
05:20entre la valeur des produits qui sortent des douanes chinoises,
05:23selon les chiffres des douanes chinoises,
05:24et les chiffres qu'on voit rentrer aux États-Unis.
05:26Donc, il y a un moment où il se passe quelque chose.
05:28Il y a manifestement de la perte en ligne dans la capacité
05:31à imposer des droits d'ouane sur les produits.
05:35Alors, est-ce que la bonne solution, c'est le contenu européen ?
05:38On attend depuis des semaines une décision européenne là-dessus
05:42qui est repoussée, repoussée.
05:43Alors là, ce sera la semaine prochaine.
05:4670% ?
05:47Ça serait le montant qu'on entend ?
05:4970%, ça c'est notamment pour les voitures électriques.
05:51On se focalise beaucoup sur les véhicules électriques,
05:54hors batterie, etc.
05:55Donc, voilà.
05:56La question, c'est toujours pareil.
05:57C'est est-ce qu'on arrive à trouver un mécanisme
06:00qui soit suffisamment systémique
06:02pour couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur ?
06:03Quand on fait des mesures qui portent sur...
06:07Quand on met des droits d'ouane ou des quotas
06:08sur un produit typiquement l'acier,
06:11où vous avez l'aval ou l'amant de la chaîne
06:12selon les produits qui se retrouvent pris en difficulté.
06:16Le contenu européen, ça peut permettre effectivement
06:20de traiter une partie du problème.
06:22Là, on a une vraie différence d'approche.
06:24Cela dit, le contenu européen, on va dire,
06:26est rentré dans les discours, y compris de Friedrich Merz.
06:29Donc ça, du point de vue français, c'est une victoire.
06:32Après, sur le nombre de secteurs concernés,
06:36l'ampleur du contenu européen qu'on exige...
06:40Sur les véhicules électriques, on est tous à peu près d'accord.
06:42Sur le reste...
06:43Oui, et même à l'intérieur du véhicule électrique,
06:44en fait, il n'y a pas une filière qui est d'accord avec l'autre,
06:47il n'y a pas une boîte qui est d'accord avec l'autre
06:48à l'intérieur du même filière sur le niveau de contenu européen.
06:51Est-ce que ça fait monter les prix ?
06:52Est-ce qu'on met dans les contenus européens
06:53qu'on choisirait ?
06:55Ça fait monter les prix, de toute façon, ça c'est sûr.
06:58Et c'est éventuellement accompagné de cette idée
07:00de demander des transferts de technologie
07:02et donc de demander à la Chine,
07:04notamment sur tout ce qui est batterie,
07:06qu'elle maîtrise beaucoup, mais pas seulement,
07:08de permettre des investissements chinois en Europe
07:12accompagnés de transferts de technologie
07:14pour promouvoir de l'emploi en Europe
07:16et rattraper le retard qu'on a pu prendre
07:19par rapport à la Chine sur certains secteurs.
07:22C'est effectivement le modèle qu'avait choisi la Chine
07:25pour se développer elle-même il y a 30 ans.
07:30Je reste un tout petit peu sceptique, cela dit,
07:32en tout cas, ce n'est pas une formule magique,
07:34c'est-à-dire que ce n'est pas du tout la même chose
07:35de faire un transfert de technologie d'un pays développé
07:38vers un pays émergent, ce qu'était la Chine à l'époque,
07:40avec les coûts de production d'un pays émergent,
07:42de transposer ce modèle-là d'un pays encore
07:44avec des coûts de production inférieurs au nôtre
07:47sur un marché développé comme le nôtre.
07:49Voilà, ça peut être une réponse, à mon avis,
07:54assez ponctuelle.
07:55Merci beaucoup Berthi Bayard d'être venue ce matin
07:57dans la matinale de l'économie.
Commentaires

Recommandations