00:00On passe à la bourse cash et on reçoit Alexandre Ezez, des établissements Alexandre Ezez,
00:07stratégiste indépendant qui est avec nous régulièrement à cette antenne.
00:12Votre verdict avec lequel vous venez, évidemment, vous l'assumez.
00:15Je l'assume.
00:16Bien, lequel est-il ?
00:18Eh bien écoutez, j'assume que...
00:20On peut se tutoyer.
00:21On peut se tutoyer, mais les grands gagnants de l'IA, le marché est en train de le démontrer,
00:27mais ce sont les acteurs de la vieille économie.
00:30C'est une véritable revanche.
00:32Boum !
00:33Oui, la revanche de la vieille économie est nouvelle d'ailleurs.
00:37Elle a sa part en tout cas dans ces nouveaux records signés par le CAC 40
00:40parce qu'il y a très peu de titres qui soient directement liés à l'IA
00:45et donc on est un peu moins soumis à cette volatilité.
00:48Maintenant, ce qui est intéressant, c'est de se dire...
00:53On commençait à se le dire hier dans BFM Bourse.
00:55C'est vrai que la vieille économie est en train de repartir en flèche,
00:59ne serait-ce que du côté de Wall Street.
01:01On voit les performances des Caterpillar, des John Deere,
01:04des secteurs qui ne sont pas disruptés par l'IA,
01:06qui ne sont pas menacés de disruption.
01:07Maintenant, est-ce que ce n'est pas un trade trop évident,
01:11comme on dit sur les marchés ?
01:12Alors, évidemment que c'est un trade qui apparaît à postérieure évident,
01:17mais beaucoup d'investisseurs ont encore des doutes vis-à-vis des valorisations
01:21quand on voit les Walmart, les Costco, etc.
01:24Ça peut prêter effectivement à confusion.
01:26Ce qui est assez intéressant, c'est de voir la vieille économie dans sa globalité.
01:30Évidemment, à travers l'intelligence artificielle, à la fois de l'amont à l'aval.
01:35En amont, on se rend compte que la construction des data centers,
01:39l'IA finalement, ou le cloud en général, c'est un gigantesque,
01:43c'est un mastodon physique en fait.
01:44Et donc, l'industrie, vous parliez de Caterpillar,
01:47mais aussi toute l'industrie de la construction en général,
01:51est en train d'en profiter de manière assez significative.
01:54Et évidemment, on a ce soir les résultats d'NVIDIA,
01:57mais je dirais qu'on a une visibilité assez importante
02:00et on sait très bien que les investissements dans les GPU
02:04et les semi-conducteurs en général vont s'accélérer pour les prochaines années.
02:09Mais ces acteurs-là, en amont, vont en profiter.
02:11Et puis, vous avez aussi, au centre du débat, l'intelligence artificielle.
02:16Il ne faut pas oublier que c'est une révolution systémique du logiciel,
02:22de l'algorithmie, mais c'est surtout une révolution des data.
02:25Et vous avez ces acteurs de la vieille économie,
02:27beaucoup d'acteurs de la vieille économie,
02:29qui profitent, de par leur expérience, de data importante dans leur historique.
02:35Prenons Walmart, par exemple, qui a des data sur ses clients
02:39de manière très significative, 280 millions de consommateurs
02:43chez Walmart, qui peuvent après travailler sur leur IA
02:45pour à la fois sélectionner, optimiser leur distribution.
02:50C'est ce que j'allais dire.
02:51Il faut faire attention à ce « wording », entre guillemets,
02:54enfin, ce message aux investisseurs,
02:57parce qu'on voit que certains s'y cassent le nez.
03:01Et c'est le cas de Publicis, par exemple, qui disaient,
03:03« Nous, historiquement, on est la première valeur IA,
03:06on a la première valeur data, on a trop, trop de données à vendre. »
03:09Mais justement, ça leur est revenu dans la tête.
03:12Et en fait, les entreprises ont à travailler un message
03:15de manière de plus en plus complexe au sujet de ces dynamiques.
03:19De plus en plus complexe.
03:21Et on voit effectivement avec Anthropik,
03:22parce qu'on va arriver progressivement dans l'ère,
03:25on avait l'intelligence artificielle, mais dans l'ère de l'agent.
03:27Et c'est ça qui est en train de changer.
03:29C'est-à-dire que c'est tellement rapide que vous allez avoir
03:31des remplacements de pans entiers.
03:33On parlait évidemment en filigrane de toute l'industrie de logiciels.
03:37Mais Publicis arrive dans cette industrie-là,
03:39où finalement, l'agent pourra en partie remplacer l'activité.
03:44À l'inverse, vous avez Ipsos, Bureau Veritas,
03:47qui utilise notamment Bureau Veritas dans ses résultats
03:49à décrire l'intelligence artificielle
03:51comme une source, en tout cas, de valeur ajoutée
03:54et de rentabilité.
03:56Ipsos aussi, alors que ce n'est pas possible.
03:58Au départ, on pensait que pour Ipsos,
04:00c'était finalement une contrainte et une menace.
04:02Et on commence à voir qu'ils réussissent à analyser,
04:06en tout cas, à aller encore plus loin dans leur propre métier
04:10pour mettre en place de la croissance.
04:12Donc, ce qui a un vrai changement,
04:15c'est qu'il va falloir étudier les entreprises,
04:17regarder leurs discours et voir comment
04:19toutes les entreprises ne vont pas être Kodak
04:21d'il y a quelques années.
04:23Mais c'est ça le risque.
04:24Évidemment, il va y avoir des gagnants et des perdants.
04:26Et ce qui est aussi intéressant,
04:28alors on vient d'en parler avec votre précédent interlocuteur,
04:30c'est effectivement, dans la vieille économie,
04:32il y a deux choses que je voulais dire par rapport à mon interjection.
04:36C'est l'énergie, évidemment.
04:38Quand on voit les résultats d'Iberdrola, d'Indessa,
04:40sur les réseaux électriques,
04:41on va avoir un besoin massif de réseaux électriques.
04:43Sur les Schneider, sur les Legrand ?
04:45Les Schneider et les Legrand dans la construction.
04:47Et ça, ça va être extrêmement puissant en termes d'investissement.
04:51Et ces entreprises-là vont avoir des parts de marché importantes.
04:54Je rappelle que dans le discours de l'Union de Donald Trump,
04:56il y a eu un petit mot quand même intéressant.
04:58Évidemment, il parle de pouvoir d'achat,
04:59mais il est en train de forcer les hyperscalers
05:01à produire leur propre électricité.
05:04Mais oui !
05:04C'est important, Donald Trump, quand il dit ça,
05:07parce que c'est évidemment pas prendre l'électricité
05:10de l'Américain moyen qui va le payer plus cher.
05:13Mais faire exploser sa facture.
05:16Et ça, c'est important, parce que ça va créer,
05:18effectivement, là aussi, on parle beaucoup des data centers,
05:20mais aussi d'un besoin des hyperscalers de construire de l'énergie.
05:26Et puis, dernier secteur qui, pour moi, est celui de la vieille économie
05:28et non des moindres, c'est le secteur financier.
05:31Alors, évidemment, il va y avoir des perdants, des gagnants.
05:33On a vu des analyses hier sur le secteur des cartes bancaires
05:37qui pouvaient être destructées, des choses comme ça.
05:38Mais ce qui est important, c'est qu'on va avoir énormément,
05:42un besoin énorme d'investissement.
05:44Le secteur de l'assurance, notamment l'assurance vie,
05:47a ce capital d'investissement à long terme disponible.
05:50Et ce capital va être revalorisé et prendre de la valeur
05:53parce que les monstres d'investissement qui vont être faits
05:57vont être à trouver, notamment chez les assureurs.
06:00Et là, on risque d'avoir des mouvements de concentration,
06:03peut-être par rapport à des hyperscalers
06:06qui vont avoir besoin de ces sociétés d'assurance
06:09pour mettre en place leurs investissements futurs.
06:11– Effectivement, et ça reste des dynamiques à suivre
06:15pour les mois à venir.
06:16Tiens, on parlait d'Ipsos tout à l'heure.
06:18Ça leur réussit bien quand même.
06:20Ça gagne quasiment 7%, 32,62 euros après les résultats
06:25qui ont été remarqués.
06:27Si on fait un petit peu, globalement, on le fera vendredi,
06:30le bilan des publications du côté de la Bourse de Paris.
06:34On aura eu le gros et puis l'essentiel, notamment du CAC 40.
06:39On voit qu'il y a quand même, on va dire,
06:42une majeure partie en termes fondamentaux de déception,
06:45mais des réactions boursières,
06:47des réactions boursières qui sont majoritairement positives.
06:50Et d'ailleurs, ça a tendance à nous mettre
06:53à des records absolus sur le CAC 40.
06:56Maintenant, il ne faut pas oublier que la volatilité,
06:58elle a fait son retour sur les marchés
06:59et que pour un gérant, ça ne doit quand même être pas commode
07:01de gérer ces très, très gros mouvements.
07:03On avait perdu l'habitude d'avoir d'aussi gros mouvements
07:05en un trendet à l'intérieur des indices.
07:08Alors, à l'intérieur des indices,
07:09c'est vrai que les mouvements sont assez forts.
07:10On a une dispersion qui est assez forte
07:14et surtout qui est peu, finalement, visible
07:16sur les propres indices, qui ne touchent pas tellement.
07:18Et c'est vrai que ça peut être à la fois dur pour un gérant,
07:21mais c'est quand même une source de beaucoup d'opportunités
07:25parce que cette rotation sectorielle,
07:27elle était en partie attendue.
07:29Vous aviez quand même des gros mastodons de la cote
07:33dans lesquelles les gérants étaient plutôt sous-investis.
07:35Alors, je voudrais, effectivement, comparaison n'est pas raison,
07:38mais rappelons-nous quand même, en 2001, en 2002,
07:41même si on n'est pas dans la même époque,
07:42on a eu un retour des valeurs dits value de la vieille économie.
07:47On appelait ça la vieille Europe à l'époque,
07:50de 2001 à 2006,
07:52qui a surperformé le marché de manière régulière
07:55par rapport à les anciens succès qu'il y avait à l'époque,
07:58les dot-com, etc.
07:59Donc, on peut imaginer un retournement comme ça
08:02où les valeurs de la vieille économie,
08:05et l'Europe, c'est évidemment, vous avez des ASML, etc.,
08:08mais c'est en partie la vieille économie, effectivement,
08:10reprennent des couleurs progressivement
08:12parce qu'elles vont profiter de toutes ces nouvelles technologies,
08:15notamment l'IA et la data.
08:16Et oui, continuer à scruter les performances de l'économie traditionnelle,
08:20enfin, pas abuser non plus,
08:21mais là, les perspectives restent quand même entières.
08:24Merci infiniment, Alexandre Ezes, d'avoir été avec nous.
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