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  • il y a 2 heures
Ce mercredi 4 février, Jean-François Robin, directeur de la recherche chez Natixis, et Vincent Lequertier, responsable de l'allocation d'actifs chez WeSave, se sont penchés sur l'intelligence artificielle en bourse, le secteur de la tech et l'inflation française dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Nos experts ce soir, ils viennent de nous rejoindre.
00:05Vincent Lecartier, responsable de l'allocation d'actifs de WeSave.
00:08Bonsoir Vincent.
00:09Bonsoir Guillaume.
00:10Ravis de vous retrouver.
00:10Et en fil rouge, Jean-François Robin.
00:12Re-bonsoir Jean-François.
00:13Bonsoir à tous.
00:13Directeur de la recherche de l'Intixis.
00:15On va parler bien sûr, alors oui, d'intelligence artificielle,
00:18l'IA qui semble ouvrir les portes de l'enfer aux acteurs des logiciels.
00:22Est-ce que l'IA ouvre les portes du paradis à la vieille économie ?
00:25Parce qu'on l'a voir monter fort à la surface la vieille économie,
00:27un certain nombre d'acteurs en bourse, d'investisseurs se disent
00:30« Oh là là, je ne sais pas ce que l'IA va détruire dans la tech. »
00:32Mais du coup, il y a des vieux acteurs de l'économie,
00:34indispensables aujourd'hui et encore indispensables sans doute demain,
00:37qui eux continueront d'exister, contrairement aux logiciels.
00:40Et on voit donc aujourd'hui Air Liquide bien progresser,
00:43les acteurs de la construction aussi, les infrastructures télécom.
00:46Avant d'entrer dans le détail de tout ça, Vincent, vous les sentez comment les marchés.
00:48Est-ce que vous êtes plutôt un optimiste compte tenu des niveaux actuels ?
00:51On se fait peur sur la tech, on se fait parfois peur sur les métaux précieux,
00:54l'or, l'argent, mais les indices restent finalement assez proches
00:57de leur record.
00:58Il y a beaucoup de volatilité sur les titres à l'intérieur des indices.
01:02Ça part dans les deux sens.
01:05Donc première réflexion, c'est qu'au final, les indices progressent.
01:10Ce n'est pas forcément spectaculaire, mais ils progressent.
01:13Et quand on regarde sur les secteurs, c'est pareil.
01:16On a assez clairement, pour moi, de la rotation qui est en train de s'opérer.
01:22Et effectivement, la vieille économie qui est en train de reprendre un peu pied,
01:26on lâche un peu sur les sets magnifiques.
01:30Donc en clair, on lâche un peu les thématiques qui étaient ultra recherchées jusqu'à présent.
01:35Donc j'ai l'impression que c'est soit simplement de la rotation pour les gestions traditionnelles,
01:40soit pour les hedge funds, peut-être du long short qui est en train de se déboucler aussi.
01:45Et ce qui accentue peut-être aussi la volatilité de certains titres à certains moments.
01:48On est dans la phase de publication.
01:52J'ai l'impression que les publications sont globalement plutôt bonnes,
01:57mais elles ne sont pas forcément saluées de façon sympathique.
02:01Il y a beaucoup d'agressivité, je trouve, de la part des gestions et des flux
02:08sur la manière dont elles saluent les publications.
02:13Ce qui est bien, ou signe d'un marché qui fait son travail,
02:18ou signe d'un marché qui peine à trouver son équilibre ?
02:21Comment vous voyez cette agressivité, vous le dites, dans la quête des publications ?
02:25Ce que je note, en fait, c'est que systématiquement, ou à peu près,
02:28les sociétés publient mieux qu'attendues.
02:32Un certain nombre d'entre elles, voire même beaucoup d'entre elles,
02:34sont sanctionnées, voire même de façon très violente, à la baisse.
02:38Microsoft, par exemple.
02:39Ce qui veut dire qu'au final, on se retrouve à nettoyer l'excès de valorisation
02:44qu'on pouvait éventuellement avoir en fin d'année dernière.
02:48Je pense que l'investisseur qui revient aujourd'hui,
02:50revient de façon beaucoup plus confortable.
02:52On pense à SML aussi, qui a publié magnifiquement et qui a quand même été sanctionné.
02:56Par exemple.
02:56Je trouve que les valorisations sont en train de se dégonfler.
02:59On ne salue plus correctement les progressions de bénéfices.
03:03Et je trouve que dans les commentaires des entreprises, je ne perçois pas d'inquiétude particulière
03:12de la part des dirigeants sur leur perspective.
03:14Donc j'ai l'impression que c'est plus des investisseurs qui se font des films
03:17sur ce qui potentiellement est en train d'arriver ou pourrait arriver aux entreprises,
03:23plutôt que des choses concrètes.
03:25Donc je pense que c'est plus des hypothèses qu'on est en train de mettre en place.
03:29Et on verra ensuite sur les publications trimestrielles suivantes
03:33si elles se matérialisent ou pas.
03:35C'est-à-dire qu'il y a une forme de comportement un peu adolescent de la part du marché
03:37à se dire, ah mais cette entreprise, attention, il y a une mini-faille là.
03:41Cette mini-faille, c'est peut-être le signe d'un destin négatif pour l'avenir.
03:45C'est-à-dire que le marché se fait très très vite une idée définitive de l'avenir des entreprises
03:48parce qu'on a un disrupteur aujourd'hui qui arrive, c'est l'IA.
03:50Et cette IA peut les faire basculer, mais d'un coup,
03:52et peut-être sans retour possible du côté des vainqueurs ou des perdants.
03:55C'est ce que se dit le marché.
03:56Donc il arbitre excessivement les publications.
03:58On regarde, je trouve trop certains détails
04:01et on perd un peu pied par rapport à la vue générale de l'état de l'entreprise
04:05et des clients des entreprises.
04:07Il ne faut pas les oublier ceux-là.
04:09Eux aussi, ils peuvent avoir leur mot à dire dans l'histoire.
04:11Vous êtes le deuxième à nous le dire aujourd'hui.
04:12Thibaut-François, tout à l'heure, on nous disait aussi,
04:14le marché, en sanctionnant par exemple Capgemini Publicis,
04:16surtout alors que la publication n'est pas si horrible pour Publicis,
04:19le marché oublie les clients.
04:21Les clients, ils achètent toujours leurs produits.
04:22C'est le marché qui ne les achète pas.
04:24Le marché compte le client.
04:25Qui gagne à la fin ?
04:25On dit toujours, don't fight the Fed.
04:28Mais on dit parallèlement aussi, le marché a toujours raison.
04:30Entre le marché et le consommateur, là, pour le coup,
04:32entre le marché et le client,
04:33qui à la fin gagne les matchs, Vincent ?
04:35C'est évidemment le client qui roi.
04:39C'est lui qui décide.
04:41C'est lui qui, au final,
04:42tranchera de savoir si tel ou tel logiciel,
04:44si tel ou tel logiciel apporte réellement un grand plus.
04:48J'étais fidèle à telle société.
04:50Est-ce que c'était justifié ?
04:52Ou est-ce qu'une IA vient disrupter, pardon pour le mot,
04:55perturber, déstabiliser ce qui était établi
05:00et la valeur ajoutée qui était proposée jusqu'à présent ?
05:02Est-ce qu'elle vient la déstabiliser au point de lâcher l'ancienne offre pour la nouvelle ?
05:07Il y en a eu des inventions dans l'histoire humaine
05:08et le cimetière des inventions ayant avorté est immense.
05:11Il est constitué, ce cimetière,
05:12d'incroyablement nombreuses inventions qu'on pensait à l'époque indispensables.
05:18Est-ce que là, ces outils d'IA qui apparaissent,
05:20bien sûr l'IA est la bonne thématique,
05:22mais le marché se dit, les outils qui apparaissent,
05:24celui très précis d'Entropique pour aider les entreprises,
05:26par exemple, viendrait remplacer les acteurs des logiciels.
05:29Est-ce que le marché ne se dit pas un peu trop vite
05:31que ces nouveaux outils seront irremplaçables ?
05:34Est-ce que le marché ne se dit pas un peu trop vite
05:35que ces outils vont remplacer le logiciel, Jean-François ?
05:38Là, on est dans le monde de Schumpeter,
05:40de notre prix Nobel français, de la destruction créatrice, etc.
05:42Donc évidemment, il y a des gagnants, des perdants,
05:45il y a des phénomènes qui sont très intéressants à surveiller,
05:47mais moi je pense aussi à tout ce qui se passe
05:49autour de la télécommunication,
05:51des satellites qui pourraient remplacer les câbles,
05:54la 5G, etc.
05:55Donc on a plein de la disruption de partout,
05:58et pas seulement sur les softwares.
06:00Moi, ce qui me frappe, c'est effectivement,
06:01si on dézoome un petit peu,
06:04ce que j'aime bien faire, c'est,
06:05si vous regardez 2025, c'était l'année où il y avait les 7 magnifiques
06:08et les 493 autres valeurs du S&P ne faisaient rien.
06:11Puis ensuite, ça a fini par tirer tout le monde,
06:13et avec le Russell, les petites entreprises,
06:16si je puis dire,
06:17qui ont fini par rattraper un petit peu les 7 magnifiques.
06:20Et là, ce que je trouve en 2026,
06:21je suis complètement d'accord,
06:22où on repart dans un monde très très différent,
06:25où voilà, quand la marée monte,
06:26tous les bateaux avancent,
06:28au monde où, quand la marée baisse,
06:30on voit qu'ils se baignaient tout nus.
06:31Et on commence à être dans ce moment-là,
06:34où là, on fait de la discrimination de partout.
06:35C'est-à-dire qu'on fait de la discrimination
06:37entre les 7 magnifiques,
06:38qui désormais sous-performent le reste du marché.
06:41On fait de la discrimination entre les 7 magnifiques,
06:43vous l'avez dit,
06:44entre un Microsoft jugé perdant,
06:46par rapport à un Meta jugé gagnant,
06:48ou un Tesla jugé perdant, etc.
06:50Mais on verra à la fin de la foire,
06:52quand on compte les bouses.
06:53C'est vraiment pas encore gagné,
06:55mais dans l'espèce de truc comme ça,
06:56de mouvement qui s'accentue,
06:58de mouvement un petit peu de mode.
06:59Et puis, je trouve,
07:00ce que je trouve intéressant,
07:02c'est un peu le retour de ce que vous disiez tout à l'heure,
07:03de l'économie réelle, entre guillemets.
07:06Parce qu'à la fin de tout ça,
07:08l'IA va concerner à peu près tous les secteurs,
07:10à peu près tout.
07:12La façon aujourd'hui de lire,
07:13de dire qu'il va y avoir des gagnants et des perdants,
07:15moi, je trouve ça un petit peu trop facile,
07:17trop brut comme façon de regarder les choses.
07:20Parce que, de toute façon,
07:21si vous regardez même un Meta ou un Microsoft,
07:22ils font tous à peu près la même chose,
07:24tous à peu près le même des investissements
07:27qui sont assez diversifiés.
07:29Donc, à la fin, je trouve quand même
07:30que cette discrimination,
07:31de dire qu'il y a des gagnants et des perdants,
07:33et être capable de penser qu'on le sait maintenant,
07:35je trouve ça très, très optimiste.
07:36Donc, encore une fois...
07:37Il y en a un qui partage votre avis,
07:38c'est Jensen Huang, le patron d'Enviga.
07:40Moi, je suis bien accompagné, ça va.
07:41Vous savez, il a le même rôle que le président de la FED,
07:43quelque part, quand il s'exprime,
07:44il fait le marché, en tout cas dans la tech.
07:45Oui, il est plus Market Mover que Powell.
07:46J'ai vraiment l'impression que c'est
07:47le Jérôme Powell de la tech.
07:48Quand il parle, ça change la tendance.
07:49C'est fou quand même.
07:50Jensen Huang, donc le patron d'Enviga,
07:52s'est exprimé au sommet de l'IA de San Francisco.
07:54Et comme vous, il évacue les craintes
07:56d'un remplacement des logiciels.
07:57Jensen Huang, et on rebondit dessus dans un instant.
08:03Il y a cette idée selon laquelle
08:05les outils et les logiciels seront remplacés par l'IA.
08:09On le voit avec toute une série de sociétés de logiciels
08:11dont les cours subissent une forte pression.
08:13parce que l'IA les remplacerait.
08:17C'est la chose la plus illogique au monde
08:19et le temps le prouvera.
08:23Si vous étiez un humain ou un robot,
08:25une entité artificielle, un robot en général,
08:28utiliseriez-vous des outils ou les réinventeriez-vous ?
08:31La réponse est évidemment utiliser des outils.
08:36Antoine, donc Jensen Huang est dans le camp
08:37de ceux qui pensent que les logiciels existeront encore demain,
08:39que l'IA ne les remplacera pas.
08:41On est vraiment dans le sentiment
08:45que le marché est encore paumé
08:46pour essayer de tirer le fil
08:49des dynamiques de l'intelligence artificielle
08:51et qu'ils ne voient pas trop où on va.
08:52On a terminé l'année en disant
08:54« Mais oui, mais maintenant,
08:55on voit exactement quels secteurs vont être disruptés »
08:57et on peut vous dire
08:57à quel niveau de valorisation ça va se passer.
09:00Quand on sabre Capgemini sur cette histoire
09:02ou publicis sur cette histoire,
09:04ça veut bien dire qu'on ne sait absolument pas où on va.
09:06En 2010, on nous avait tué les traders.
09:09On nous avait dit
09:10« On va tout remplacer par les ordinateurs.
09:12Vous allez voir, ça va coûter moins cher.
09:13Ça va être plus efficace. »
09:14Le bilan, c'est rien.
09:16C'est que des traders, il y en a plus qu'avant.
09:18C'est que la plus-value, elle est humaine.
09:21Donc, il faut arrêter de tout mélanger.
09:24Il y a des avancées,
09:25des gains de productivité à trouver.
09:26Ça, c'est sûr, c'est clair, c'est évident.
09:28Mais pas en se tuant les uns les autres là-dedans.
09:31Il s'agit d'améliorer le processus
09:33et de faire gagner en compétitivité.
09:36Il ne s'agit pas d'aller tuer
09:37des secteurs d'activité entier.
09:38Je pense que le marché est encore
09:40un petit peu paumé à essayer d'évaluer ça.
09:42Et ça continue.
09:43Aujourd'hui encore, Capgemini perd 2%.
09:45Publicis, moins 2%.
09:46Ça perd 15% sur un mois, Capgemini.
09:47Ils avaient les affaires ICE.
09:50Mais ça perd 15% sur un mois.
09:51Est-ce que Capgemini, légitimement,
09:53doit perdre 15% de sa valorisation
09:55du fait de ces histoires-là ?
09:57Je ne suis vraiment pas sûr.
09:58Oui.
09:59Alors, quand même, aux États-Unis,
10:00une lueur d'espoir.
10:00Salesforce qui a beaucoup trinqué hier
10:02et à l'ouverture de Wall Street tout à l'heure
10:03vient de se retourner un peu dans le vert.
10:04Donc, dans les logiciels,
10:05on a quand même quelques rachats à bon compte
10:07qui commencent à apparaître.
10:08Salesforce gagne 1%.
10:09On a Adobe, là, aujourd'hui,
10:10qui gagne quand même 2,5%.
10:12Vraiment à la force du poignet.
10:13À Londres, les acteurs des logiciels juridiques.
10:16Vous savez que ce nouvel outil
10:17annoncé par Anthropik
10:18est notamment supposé être efficace
10:20sur les questions juridiques d'entreprise.
10:21Walter Skluwer, dont c'est la spécialité,
10:23avait vraiment dégringolé.
10:24C'était effondré hier aujourd'hui.
10:25Le titre perd encore.
10:26En revanche, à l'instant, à Londres,
10:27c'est en direct un peu plus d'un pour cent.
10:30Vincent, la rotation, on la voit,
10:32mais un peu dans tous les sens,
10:33surtout extrêmement violente.
10:34Est-ce que ces mouvements qu'on observe
10:36sont d'autant plus violents
10:36que les réserves de cash sont assez faibles
10:39chez les gérants ?
10:40Au mois de janvier,
10:40on attend d'avoir les premiers chiffres de février.
10:42On entame à peine le mois de février.
10:43Mais en janvier,
10:44les réserves de cash des gérants,
10:45le cash dont ils disposaient
10:46pour réinvestir comme ça,
10:48sans forcément faire tourner les portefeuilles,
10:49étaient très très bas.
10:51Oui, la réserve de cash est basse
10:53par rapport aux historiques.
10:54Par contre, si on regarde en montant,
10:56ça fait quand même des sommes très très conséquentes.
10:58Puisqu'en fait,
10:59les marchés ont tellement monté
11:00qu'en pourcentage,
11:01on a l'impression que c'est plus grand chose.
11:03Mais la réserve en tant que telle
11:04reste importante.
11:05Par ailleurs,
11:06il faut se souvenir aussi
11:07qu'il y a un certain nombre
11:07de produits de taux
11:09qui étaient datés,
11:11qui vont arriver à échéance.
11:12Donc vous avez du cash
11:13qui va se reconstituer
11:14assez naturellement.
11:16Donc il y a aussi
11:16une réserve de cash implicite
11:19avec des produits obligataires
11:20qui vont arriver à échéance.
11:22Donc je pense qu'il ne faut pas
11:23sous-estimer cette capacité du marché
11:25à continuer d'acheter
11:26si c'est nécessaire.
11:27Oui,
11:27l'IA fera-t-elle de nous
11:28puisqu'on parle d'elle
11:29des investisseurs assistés
11:31ou augmentés ?
11:31C'est une autre question
11:32qu'on peut se poser.
11:33Comment utiliser l'IA
11:34dans vos choix d'investissement ?
11:36Benjamin Chamlam nous en parlait,
11:37c'est dans Culture Bourse.
11:38Cette séquence Culture Bourse
11:39est disponible,
11:40ça y est,
11:40en ligne et en replay
11:41sur l'application
11:42BFM Business.
11:43Les marchés donc
11:44qui tentent de retrouver
11:45des repères.
11:46Aujourd'hui,
11:46le CAC 40 gagne 1,2%.
11:48Est-ce qu'on se dit
11:48que l'Europe a une carte
11:50à jouer dans tout ça ?
11:51On voit aujourd'hui
11:52les marchés européens
11:53globalement faire un peu mieux
11:54que Wall Street.
11:55Nos marchés européens
11:56sont un peu plus vieilles économies
11:58que Wall Street.
11:58On est souvent à le déplorer.
12:00Est-ce que cette faiblesse
12:01pourrait devenir une force
12:02si le marché cherche
12:03des certitudes
12:04face aux disruptions technologiques ?
12:06Est-ce qu'il pourrait venir
12:06se réfugier donc
12:07sur la vieille économie
12:08et donc essentiellement
12:09sur l'Europe
12:09plutôt qu'aux Etats-Unis
12:10par exemple ?
12:11Quand vous achetez
12:11le marché américain,
12:12vous achetez une option
12:14sur le futur,
12:16une option sur le succès
12:17de l'intelligence artificielle
12:18et de tous ses effets
12:20a priori bénéfiques
12:22sur l'économie.
12:24Il est clair
12:25que l'Europe
12:25étant très en retard
12:26sur l'appropriation
12:29de l'intelligence artificielle,
12:31vous n'avez pas
12:32ce caractère optionnel
12:34dans les marchés européens.
12:36Donc il est clair
12:37que si vous avez un doute,
12:38si vous élaborez
12:39des scénarii
12:40sur les marchés américains
12:41et sur les perspectives
12:42de l'IA,
12:43c'est le marché américain
12:44qui est le plus impliqué
12:45par ces doutes
12:47et donc cette optionnalité
12:49qui va provoquer
12:51de la volatilité
12:52alors que le marché européen
12:53lui est beaucoup plus sécurisé.
12:55Quand on regarde
12:55sur le marché américain
12:57malgré tout,
12:58il y a des choses
12:58assez intéressantes.
12:59Les trois secteurs
13:00qui montent le plus
13:01depuis le début de l'année,
13:03matériaux,
13:04construction
13:04et surtout l'énergie.
13:06Autrement dit,
13:07aux Etats-Unis aussi,
13:08on est sur une thématique,
13:11un vieil économie
13:12qui progresse
13:12et une thématique
13:13en plus très trumpienne
13:15depuis le début de l'année.
13:16Oui, en plus,
13:16ça match avec l'IA
13:17parce qu'il y a un besoin
13:18d'abord de matériaux,
13:19il faut construire
13:20des data centers,
13:20il faut de l'énergie
13:21et puis il y a tout le reste
13:22de l'économie
13:23qui continue de tourner.
13:24Jean-François,
13:24est-ce que ce qui est en train
13:25d'arriver peut être bénéfique
13:26au marché européen ?
13:27Est-ce qu'on pourrait se dire
13:28que les derniers,
13:29sur la tech,
13:30on n'est pas les premiers,
13:30on est peut-être même
13:31les derniers face aux Américains
13:32et aux Chinois,
13:32les derniers pourraient devenir
13:34les premiers en matière
13:35de performance boursière
13:36en tout cas compte tenu du contexte
13:37si le marché cherche
13:38plus de certitude ?
13:39Alors deux remarques,
13:40la première effectivement
13:41c'est que si on commence
13:42à douter de l'IA
13:43et douter de la monétisation
13:45qu'on va pouvoir faire
13:46de ces investissements
13:47qui sont largement dominés
13:49par les Etats-Unis,
13:50effectivement on peut se dire
13:51tiens je vais acheter
13:52du Red Metal,
13:52je vais acheter de la banque européenne,
13:54je vais acheter du luxe de Hermès,
13:56ça il ne va pas être disrupté
13:57par l'IA,
13:57on continuera et continue
13:58à ouvrir des petites usines
13:59avec des ouvriers qualifiés,
14:01etc.
14:02La première chose
14:03c'est qu'effectivement
14:03l'Europe est moins exposée
14:05à l'IA en termes de valorisation
14:07et de valeur
14:08qui effectivement
14:08il y a des alternatives
14:09à la tech
14:10où c'est beaucoup plus concentré
14:11aux Etats-Unis.
14:12Mais la deuxième chose
14:13quand même où je voulais
14:13un petit peu réagir,
14:15c'est ce qui me semble intéressant
14:16aujourd'hui,
14:16c'est quand même que
14:17l'Europe est à la bourre
14:18dans...
14:19Ce n'est pas elle qui construit
14:20les pelles de la ruée
14:20vers l'or de l'IA,
14:22mais en revanche l'Europe
14:23utilise plus l'IA
14:24que les Etats-Unis.
14:25Si on en croit
14:25le Microsoft Lab,
14:26je vous rappelle qu'il y a 15 jours
14:27il y a une étude
14:28qui est sortie par Microsoft
14:29qui dit quels sont les pays
14:30qui utilisent le plus l'IA
14:31à ceux qui produisent
14:32les softs,
14:33qui produisent les hyperscalers,
14:34qui sait qui est-ce
14:35qui utilise le plus Gemini,
14:36qui est-ce qui utilise
14:37le plus le chat,
14:38etc.
14:39Je fais un peu de pub.
14:41Non mais qui est-ce
14:42qui utilise le plus l'IA ?
14:43En 1, les Émirats.
14:45En 2, Singapour.
14:47Il y a toujours un Singapour
14:47qui traîne.
14:48En 3, Norvège.
14:49Il y a toujours un pays nordique
14:50qui est là
14:50dans les meilleurs classements
14:51de tout.
14:52En 4, l'Irlande.
14:53En 5, messieurs-dames,
14:54la France.
14:55La France est le cinquième
14:56plus gros utilisateur de l'IA
14:57au monde.
14:58En 6, l'Espagne.
14:59Où sont les États-Unis ?
15:0123ème.
15:02Et ça se retrouve
15:03dans les chiffres typiquement
15:04de l'enquête
15:05qui a été faite
15:05par la BPI.
15:0737% des TPE,
15:08des petites entreprises.
15:09C'est en proportion
15:10à la population,
15:10on l'imagine.
15:11Ce n'est pas en volume.
15:12Non, non, non.
15:12En proportion.
15:13Singapour,
15:14mais il n'y a pas plus
15:14d'utilisateurs de l'IA
15:15à Singapour
15:15qu'aux États-Unis.
15:16Non, il n'y a pas
15:16en nombre d'utilisateurs,
15:17bien sûr.
15:17Oui, bien sûr,
15:19en pourcentage.
15:19Mais si vous prenez
15:21les TPE,
15:22les toutes petites entreprises
15:23en France,
15:24il y en a 37%
15:24selon la BPI
15:25qui utilisent l'IA
15:26au quotidien en 2025.
15:28Il y en a combien
15:28aux États-Unis
15:29en quête de la fête
15:29de Saint-Louis ?
15:306%.
15:31Donc, on n'est pas
15:32à la bourre
15:32dans l'utilisation de l'IA.
15:34On est à la bourre
15:35dans, encore une fois,
15:36on ne produit pas les pelles.
15:37Mais par contre,
15:37on s'en sert.
15:38Et bon,
15:39alors après,
15:39si vous déroulez le fil...
15:41On s'est creusé.
15:42Non, je plaisante.
15:42Oui, alors oui,
15:43peut-être.
15:44Après, si on creuse
15:45un peu le fil,
15:45l'utilisation de l'IA
15:46pour l'instant,
15:47justement,
15:47c'est peut-être
15:48de remplacer l'EFsoft,
15:49j'en sais rien.
15:50Mais pour l'instant,
15:51quand on regarde
15:51les utilisations
15:52à 70% d'OpenAI,
15:54bon, c'est plutôt
15:55de...
15:56C'est perso
15:57et deux,
15:57c'est pour écrire des trucs.
15:58C'est super intéressant.
15:59Comment on explique
16:00comme ça
16:00que les États-Unis
16:01soient si en retard
16:01sur les autres
16:02en proportion
16:02de l'usage de l'IA ?
16:04C'est-à-dire que les États-Unis,
16:05comme vous disiez,
16:05c'est 340 millions de personnes.
16:07C'est une État-Unis
16:07hyper diversifiée
16:09avec des tout petites boîtes,
16:10etc.
16:10Et que finalement,
16:11c'est très très concentré
16:12l'utilisation dans l'IA.
16:13On est dans la Silicon Valley,
16:14on est dans le Texas,
16:15on est en Floride,
16:16on est dans l'Est.
16:17Mais il y a plein de boîtes
16:18aux États-Unis
16:19qui sont très très loin
16:20de cette balle-là.
16:21Et donc,
16:22finalement,
16:23quand on regarde
16:23un petit peu les chiffres
16:24de Microsoft,
16:25encore une fois,
16:25c'est pas Business France
16:27qui, avec tout le respect
16:28que j'ai pour eux,
16:29c'est un truc international.
16:30On n'est pas complètement
16:31à la bourre non plus là-dessus.
16:33Et est-ce qu'il y a une pression
16:34sur la tech aussi ?
16:35Parce qu'il va y avoir
16:35énormément d'introductions en bourse,
16:37donc des besoins de financement.
16:38Il faut avoir du cash
16:38pour financer tout ça.
16:39Et donc,
16:39tout le monde se réserve maintenant
16:40pour l'introduction en bourse
16:41attendue de SpaceX,
16:42peut-être en juin,
16:43on verra.
16:44Celle d'OpenAI,
16:45Anthropic aussi.
16:47Est-ce que ça,
16:47ça exerce une forme de pression
16:48aussi sur la tech ?
16:50Ça peut le faire,
16:51mais c'est trop tôt.
16:52C'est trop tôt.
16:53C'est trop tôt.
16:53Donc oui,
16:54bien sûr,
16:55il est clair que les gestions
16:56qui ont des benchmarks
16:59et qui doivent ensuite
17:00avoir du SpaceX
17:01dans leur portefeuille
17:02parce que ça va rentrer
17:04dans l'indice,
17:05il va effectivement falloir
17:06réduire de X %
17:09les expositions
17:10pour garder du cash
17:11pour investir
17:12sur cette nouvelle introduction.
17:15Par contre,
17:15est-ce que ça a besoin
17:16d'être fait des mois à l'avance ?
17:17Non.
17:18Non, non.
17:18Donc,
17:19j'y crois pas maintenant en tout cas.
17:20Oui,
17:20c'est ceux qui vont s'introduire en bourse
17:22qui ont besoin de le préparer
17:23des mois à l'avance
17:23et pas ceux qui comptent investir.
17:24Voilà.
17:25Moi,
17:25je crois quand même que 2025,
17:27la grande question que tout le monde posait,
17:28est-ce qu'il y a une bulle dans l'IA ?
17:29Il y avait toutes les caractéristiques
17:31quand on cochait les cases,
17:32etc.,
17:32de numéro de valorisation,
17:33du moment hype,
17:34etc.
17:34Et puis,
17:35on est arrivé en fin d'année
17:36dans un truc que je trouve intéressant,
17:37le moment de Minsky,
17:38c'est-à-dire où en fait,
17:39on finit par financer
17:40plus par le cash,
17:41plus par l'équity,
17:42mais par de la dette.
17:43Et ces émissions de dette
17:44quand même qui ont hyper accéléré,
17:47plus le fait qu'on dise
17:48mais il y a des valorisations
17:49complètement délirantes,
17:50dingues pour ces valeurs
17:51que vous citiez,
17:52je trouve quand même
17:53qu'on a un petit moment
17:53où on questionne un petit peu
17:55la capacité de la demande mondiale
17:57à absorber de tels niveaux
17:58de valorisation anticipée.
18:00Ça plus la dette,
18:01moi je pense qu'on est quand même
18:02dans un petit moment de doute,
18:04savoir si aujourd'hui
18:04les valorisations à 4 trillions,
18:06c'est la norme,
18:08peut-être pas.
18:09On poursuit nos échanges
18:09dans un instant,
18:10bien sûr,
18:11ce soir Alphabet
18:11publiera ses résultats,
18:12on rappelle 4 000 milliards de dollars
18:13de capi Alphabet,
18:14on imagine que le marché
18:15ne fera pas de cadeau non plus
18:16à Alphabet,
18:17il ne faudra pas qu'il se loupe,
18:18ce sera après la clôture
18:19des marchés américains.
18:20On est à 10 minutes
18:21de la clôture ici en Europe.
18:23On accélère dans cette séance,
18:24cette dernière ligne droite,
18:25le cas gagne 1,2%
18:26avec donc Antoine le disait,
18:28les aristocrates,
18:29les valeurs traditionnelles
18:30qui signent les plus fortes hausses,
18:32Air Liquide gagne 5,5%,
18:33Pernod Ricard gagne 4,5%,
18:35l'IA ne remplacera pas Pernod Ricard,
18:37ni Rémi Pointreau,
18:38ni Le Lux,
18:40ni Renault,
18:41même si Renault utilisera
18:42peut-être de l'IA,
18:43Renault gagne aujourd'hui 4,5%,
18:45Orange gagne 4%,
18:46on a L'Oréal qui gagne 3,3%
18:48et puis dans l'IA,
18:49STM.
18:49Eh oui,
18:49les semi-conducteurs,
18:50eux, gagnent,
18:51il n'y a pas que des perdants du tout
18:51avec l'IA,
18:52au contraire.
18:53Et la raison pour laquelle
18:53un certain nombre de valeurs
18:54dans la tech souffrent,
18:55ce n'est pas parce que l'IA
18:56est en train d'échouer,
18:56c'est parce qu'elle est peut-être
18:57en train de trop réussir,
18:58c'est une question qui se pose,
18:59voilà,
19:00et qui est posée aux acteurs
19:00des logiciels,
19:01mais dans cette IA,
19:02justement,
19:02les semi-conducteurs
19:03profitent du vent ascendant
19:05et STM aujourd'hui
19:06gagnent 3,3%,
19:07un titre qui était très en retard,
19:09en plus,
19:09les acteurs américains
19:10de l'IA aussi progressent.
19:11Alors quand même,
19:12un gros bémol,
19:13un immense bémol,
19:14moins 15%,
19:15c'est le titre AMD
19:16aux Etats-Unis,
19:17AMD qui a publié,
19:17c'est pas joli joli,
19:18moins 15%,
19:19à l'inverse,
19:20Super Microcomputer
19:20gagne 15%.
19:21On a toujours vraiment
19:22ces marchés en cas,
19:23vraiment les marchés en cas
19:24en ce moment,
19:25qui arbitrent extrêmement
19:26violemment,
19:27on est soit voué aux enfers,
19:29soit on est emporté au paradis,
19:31avec ces réactions de marché
19:32très violentes.
19:32On en parle donc
19:33avec Vincent Lecartier
19:34ce soir
19:35et Jean-François Robin.
19:37Jean-François,
19:37ça va vous plaire,
19:38on va arrêter de parler de tech
19:39là,
19:39quelques instants,
19:40quelques minutes
19:40pour revenir aux fondamentaux
19:42macroéconomiques,
19:43ce que nos bonnes vieilles économies
19:45et les plus émergentes aussi
19:46ont dans le ventre
19:47pour l'avenir.
19:48Les marchés,
19:48les indices,
19:49on le disait malgré les remous,
19:50sont proches de leur plus haut.
19:52En termes de dynamique économique,
19:54qu'est-ce qui se passe là ?
19:56Déjà sur les Etats-Unis,
19:57est-ce que vous les sentez bien
19:58ou forcément mal
19:59parce que Donald Trump
20:00est à leur tête ?
20:01Vous avez souvent frondé
20:02face à Donald Trump
20:03ces derniers mois,
20:04mais en termes de croissance,
20:05de dynamique pure,
20:06est-ce qu'on est toujours bien
20:07aux Etats-Unis ?
20:07Je reste persuadé
20:08que l'économie américaine
20:09aurait fait mieux
20:10sans Donald Trump
20:10qu'avec,
20:11puisqu'on était
20:12à 8% de croissance
20:13en 2024,
20:142,9% en 2023
20:15et qu'on va finir
20:16l'année en 2025
20:17autour de 2,
20:18peut-être 2,2%.
20:19Donc on a quand même
20:20un choc sur l'économie américaine
20:21qui ne se retrouve pas
20:22et c'est ma réponse
20:23à votre question.
20:24Ce qui est très impressionnant,
20:25c'est quand même
20:25que l'économie américaine,
20:26même si elle a le choc
20:27des tarifs
20:27qu'elle est la seule
20:29à appliquer,
20:30encore une fois,
20:30le prix de l'aluminium
20:31et de l'acier
20:32monte aux Etats-Unis
20:33beaucoup plus
20:34que dans le reste du monde.
20:35Donc on a ce choc
20:36sur l'économie américaine
20:36et pourtant,
20:37l'économie américaine
20:37de 2,2% de croissance
20:39peut-être l'année dernière
20:40autant aujourd'hui.
20:41Donc finalement,
20:41ça se tient.
20:43En revanche,
20:43ce qui est le plus frappant,
20:44c'est que le choc
20:45sur l'économie chinoise
20:45est absolument de zéro.
20:47L'économie chinoise,
20:48elle a fait 5% en 2024,
20:495% en 2025.
20:51On peut questionner les chiffres,
20:52mais c'est toujours
20:52le même thermomètre.
20:53On aura un truc
20:53pas loin de 5 cette année.
20:55L'Europe,
20:56l'année dernière,
20:56a fait 1,5% de croissance.
20:58C'est au-dessus
20:59de son potentiel.
21:00Là aussi,
21:00on peut questionner les chiffres
21:01parce qu'il y a de l'Irlande,
21:02mais quand même,
21:03on a une économie européenne
21:03qui est très proche
21:04de son potentiel,
21:05à l'image de la France,
21:060,9%,
21:06on n'est pas loin
21:07de notre équilibre.
21:08Il n'y aurait pas eu
21:08le choc politique
21:09que nous,
21:09on chiffre à 0,2%.
21:10On aurait été à l'équilibre.
21:11Et donc finalement,
21:12quand vous regardez
21:12les économies,
21:13les grandes économies du monde,
21:15en 2025,
21:15elles sont bien tenues
21:16et probablement
21:17qu'en 2026,
21:18elles vont faire mieux.
21:19Et donc,
21:19si vous regardez ça,
21:20absence de récession,
21:22des taux qui sont bas,
21:23de la désinflation,
21:24à part aux Etats-Unis
21:31ça fait gagner
21:32en compétitivité prix.
21:34Donc quand vous regardez ça,
21:35vous pouvez aller
21:35dans tous les émergents,
21:37on a des bourses
21:37qui sont à des records.
21:38Pourquoi ?
21:39Parce que quand vous regardez
21:40des économies
21:40comme la Corée du Sud,
21:42c'est un des grands gagnants
21:43de l'IA,
21:43évidemment.
21:44Les Etats-Unis investissent
21:45dans l'IA,
21:46ils importent des puces
21:47de Taïwan
21:47et des semi-conducteurs
21:49de la Corée du Sud.
21:49Je voulais vous sortir de l'IA
21:50et c'est vous
21:50qui nous ira amener.
21:51Mais moi j'adore la technologie !
21:53Comme quoi,
21:54elle est partout,
21:54elle est dans tout,
21:55partout.
21:56Donc vous dites,
21:57cette inflation par exemple
21:58européenne qui a été publiée
21:59ce matin,
21:59qui repasse sous l'objectif
22:00de la BCE à 1,7% en janvier,
22:02encore moins en France,
22:030,3% seulement d'inflation
22:04en France,
22:05c'est très très faible.
22:06C'est une bonne nouvelle
22:06pour notre capacité cette année
22:09à accélérer en matière
22:10de croissance
22:11et délivrer peut-être davantage
22:12que ce qui était
22:13jusqu'ici anticipé.
22:14Ce qui est très intéressant,
22:15c'est que ça va permettre
22:15de regagner en compétitivité prix
22:17au moment où l'euro
22:18se renforce
22:18et peut-être un problème.
22:20Alors encore une fois,
22:20si c'était un problème,
22:21on ne serait pas
22:21le plus gros exportateur du monde,
22:23l'Europe vis-à-vis du reste du monde,
22:24on a des excellentes balances courantes
22:25donc ce n'est pas
22:26qu'il y a un problème
22:27de valeur de l'euro globalement
22:28mais on a sûrement
22:29des problèmes de positionnement.
22:31Cela étant,
22:31effectivement,
22:32si vous avez moins d'inflation
22:33que dans le reste du monde,
22:34ça veut dire que votre pouvoir d'achat monte.
22:36Regardez en France,
22:37vous avez des revalorisations
22:38de retraite à 5%,
22:39vous avez des revalorisations
22:40du SMIC à 1,2% au 1er janvier,
22:42vous avez 0,3% d'inflation
22:43au mois de janvier,
22:45donc vous avez gagné
22:46du pouvoir d'achat finalement.
22:47Donc ça vous fait gagner
22:48en consommation
22:49et surtout en compétitivité prix.
22:53En 8 ans,
22:54on gagne quasiment 10 points
22:55de compétitivité prix.
22:56Le coût unitaire
22:57dans le manufacturier en France,
22:58il est passé sous l'Allemagne
22:59avec cette inflation.
23:00Et bien c'est pareil
23:01au niveau européen
23:01par rapport au reste du monde.
23:02Donc une clé
23:03de cette croissance européenne
23:04plus résiliente qu'on l'imaginait,
23:05c'est la désinflation
23:07qui se poursuit,
23:07qui se confirme
23:08et là au mois de janvier,
23:09on a eu le chiffre ce matin,
23:10particulièrement en France,
23:11seulement 0,3% d'inflation en France.
23:12On est le pays en Europe
23:13où il y a le moins d'inflation
23:14mais de très très loin.
23:16Notre inflation est 5 fois inférieure
23:18à la moyenne européenne
23:23ça n'empêche pas
23:23le taux d'épargne
23:24de rester extrêmement élevé.
23:26Donc en clair,
23:26la consommation
23:27ne se réveille pas pour autant.
23:31Pour moi,
23:31la bonne nouvelle
23:32d'avoir une très faible inflation,
23:34c'est d'avoir éventuellement
23:35une BCE
23:35qui a peut-être encore
23:37une réserve de munitions
23:39pour baisser les taux
23:39en parallèle
23:41de ce que la Fed
23:42pourrait encore faire
23:43d'ici la fin de l'année.
23:44Demain, il pourrait baisser les taux ?
23:45Décision critique monétaire demain.
23:46Non, non, non.
23:47Non, non, il va falloir attendre.
23:48Il va falloir attendre.
23:48Il faut être patient.
23:49Toujours attendre un peu, oui.
23:50Il faut être patient.
23:51Noël, c'est beaucoup plus tard dans l'année.
23:53Pas de baisse de taux demain ?
23:54Non, non, il y a zéro chance de ça.
23:56Mais je suis d'accord,
23:57je suis complètement d'accord
23:57qu'il y a évidemment
23:58des chiffres moins forts
23:59qu'attendus,
24:00des prix du pétrole plus bas,
24:01un euro plus fort,
24:02tout ça,
24:02ça va quand même
24:03un petit peu challenger
24:04l'idée qui était à mon avis
24:06évidente,
24:07que la BCE ne bougerait pas
24:08ses taux en 2026.
24:10Là, il peut y avoir
24:11une petite probabilité.
24:12C'est ce que commence
24:12à intégrer le marché.
24:13Il y a une petite probabilité
24:14de baisse des taux
24:15d'ici la fin de l'année
24:15qui n'existait
24:16très très peu
24:18avant ces chiffres.
24:20Demain, donc,
24:20la BCE.
24:21Notez que Chipotle,
24:22aux Etats-Unis,
24:22on vient à l'économie,
24:23la vieille économie de Chipotle,
24:24c'est de la restauration.
24:25Saine, il n'y a pas
24:26d'artifice de colorant,
24:28de conservateur un peu bizarre
24:29a priori chez Chipotle,
24:30c'est leur promesse.
24:30Mais Chipotle a publié,
24:32c'est très très moyen,
24:32le titre perd 1%,
24:34alors que les acteurs
24:35du poulet frit,
24:36Progress Sweet Green,
24:37par exemple,
24:37gagnent 7%.
24:38Et les analystes
24:39aux Etats-Unis
24:40voient le lien.
24:40Chipotle,
24:41c'est de la nourriture
24:42un peu chère
24:42et le consommateur américain
24:43qui souffre
24:44va sacrifier de plus en plus
24:46la qualité de son alimentation
24:47pour retrouver du confort financier,
24:50on va dire,
24:51se payer ce qu'il a
24:52les moyens de se payer.
24:53Et on revient
24:53vers le poulet frit.
24:55Et c'est vrai que les acteurs
24:55du poulet cartonnent
24:57aux Etats-Unis
24:57plus que ceux des burgers.
24:58La viande,
24:59roux, ça coûte plus cher.
25:00Wingstop,
25:01donc, aux Etats-Unis,
25:02gagne en ce moment
25:02un peu plus de...
25:03Il y a un super bel affaire
25:03avec Elili Lai,
25:04c'est-à-dire que si vous achetez
25:05du poulet frit,
25:05il faut aller acheter
25:06des trucs anti-obésité en maintenant.
25:07Long short.
25:12Je ne sais pas si t'es infidèle.
25:16Non, pas encore.
25:17Je ne suis jamais allé chez Chipotle.
25:18Le prix du ticket moyen
25:20de chez Chipotle,
25:21il a fait plus 30,
25:22plus 40%.
25:23C'est totalement dingue.
25:24Et je ne te parle pas
25:26des périodes
25:26où l'avocat était super cher
25:27et où il te mettait
25:28des suppléments totalement délirants
25:30quand tu voulais du guacamole.
25:31Ce qui est normal,
25:32tu t'alignes.
25:34Il est normal que structurellement,
25:36au bout d'un moment,
25:36les gens qui allaient
25:37chez Chipotle au début,
25:38ils n'ont plus les moyens
25:39d'y aller,
25:39donc ils passent à l'étage
25:40d'en dessous.
25:40C'est ce que nous disait McDo,
25:42c'est ce que nous dit Pepsi,
25:43etc.
25:44Il y a un vrai changement
25:45structurel de clientèle
25:46dans certains segments
25:47de la restauration
25:48et de l'alimentation.
25:49Vincent ?
25:49Le trading down.
25:51Voilà, c'est exactement ça.
25:52Et c'est la consommation
25:54en sablier.
25:56C'est-à-dire que vous avez
25:58le haut de la population
25:59qui consomme énormément
26:00et de façon ultra confortable
26:02et le bas de la population
26:03qui se rabat de plus en plus
26:05vers les produits
26:06les moins chers,
26:07donc des McDo
26:07ou des Walmart.
26:08Exactement.
26:09Ou les poulets.
26:10Et des changements
26:10de consommation,
26:11si je peux me permettre de ça,
26:12que celui qui va chez le McDo
26:13aussi,
26:13il va aller peut-être
26:14moins dépenser au quotidien
26:16pour pouvoir se payer
26:16une expérience
26:17un petit peu plus chère,
26:18un peu plus instagrammable
26:19dans un truc un peu plus classe.
26:21Donc là aussi,
26:21économie en cas
26:22mais consommateur en cas aussi.
26:23Tout est en cas là.
26:24L'économie en cas,
26:25la consommation en cas,
26:26la tech avec un cas.
26:27Oui, et tech avec un cas aussi.
26:28C'est lors de l'en cas d'ailleurs.
26:29Dans la tech,
26:30il y a de plus en plus
26:31de divergences
26:31et on l'observe
26:32jour après jour.
26:32Sous-titrage MFP.
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