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  • il y a 17 minutes
Le cercueil est un produit qui concerne l’ensemble de la population. Il a donc un fort impact économique, symbolique et environnemental. La Coopérative Funéraire Normande propose des cercueils écologiques et accessibles. Elle souhaite faire de la mort un sujet moins tabou. Elle est lauréate du prix de l’inspiration ESS de la Fondation Crédit Coopératif.

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Transcription
00:06C'est le débat de ce Smart Impact, on va parler du prix de l'inspiration en économie sociale et
00:12solidaire avec Jean-Louis Bancel.
00:13Bonjour, bienvenue, heureux de vous accueillir, vous êtes le président de la Fondation Crédit Coopératif
00:18et puis on est en duplex avec Anne Pinet qui est chargée d'animation et de développement.
00:22Bonjour à la coopérative funéraire Normande, faites partie des lauréats de ce prix de l'inspiration.
00:29Peut-être en quelques mots présenter quand même à la fois le Crédit Coopératif et le rôle de cette fondation
00:34?
00:34Bien sûr, alors c'est avec grand plaisir que je viens pour présenter le prix qui vient d'être remis
00:41au titre de l'année 2025 par la fondation.
00:45Notre fondation a plus de 40 ans, c'est une des plus anciennes fondations d'entreprise de France.
00:50On a d'ailleurs été créé avant même que la loi sur les statuts des fondations d'entreprise n'existe,
00:56mais on était un peu pionniers et précurseurs et cette fondation a été créée et toujours soutenue par un fondateur
01:03qui est la Banque Crédit Coopératif qui elle a plus de 140 ans et qui donc est une banque très
01:11spécifique,
01:12une banque nationale compétente et qui a décidé d'être active dans le champ de l'économie sociale et solidaire.
01:18Qu'est-ce que c'est globalement l'économie sociale et solidaire ?
01:21C'est des acteurs qui sont convaincus de la nécessité de marcher sur deux jambes,
01:27faire bouger notre monde dans le domaine social, dans le domaine écologique aussi.
01:34Et donc c'est le monde des coopératives, c'est le monde des mutuelles, c'est le monde des associations,
01:39mais c'est aussi les particuliers qui se sentent à l'aise et qui souhaitent que ces acteurs puissent agir.
01:47La fondation a une mission donnée par le fondateur et c'est en cohérence avec ce que fait la banque
01:53elle-même.
01:53C'est donc qu'on est à la fois précurseurs et accompagnants dans certains domaines.
01:58Donc c'est de trouver des pistes nouvelles de la manière de faire coopération, de faire association,
02:07donc de faire l'économie sociale et solidaire.
02:09Et donc tous ces prix d'initiative pour faire sortir du terreau tout ce qui est positif.
02:15On y reviendra à ce prix.
02:17Anne Pines, je veux bien qu'en quelques mots, vous aussi, vous nous présentiez cette coopérative funéraire normande.
02:23Voilà, moi je travaille.
02:25On fait partie d'une coopérative qui a été fondée par un collectif de citoyens en 2021.
02:29On est basé à Caen, près de Yves.
02:31Voilà, on a destination à agir sur l'ensemble du territoire normand.
02:36Et on est fondé en SIC, donc Société Coopérative d'Intérêt Collectif.
02:42Et on a deux gens, comme disait M. Pancel.
02:45À la fois, on va accueillir les familles endeuillées pour organiser les obsèques.
02:49Et en même temps, on a vocation à accompagner toute la société et d'ouvrir le dialogue sur la mort
02:55et les funérailles.
02:56Oui, effectivement, on en parlera parce que ça, je trouve que c'est un élément important.
03:00Vous organisez notamment des cafés mortels.
03:02Je suis très curieux de savoir comment ça se passe, un café mortel.
03:05Ça fera partie des questions que je vous poserai tout à l'heure.
03:07Ce prix de l'inspiration en économie sociale et solidaire, il existe depuis quand ?
03:12Et puis surtout, pourquoi vous l'avez créé ?
03:13Depuis 40 ans, depuis que la fondation existe.
03:16Dès le début, d'accord.
03:16Voilà. En fait, c'est une idée assez simple.
03:19C'est parce que la démarche d'économie sociale et solidaire, c'est une démarche vivante.
03:23Et que donc, il y a à la fois des opérateurs établis, institutionnels et qui font bien leur travail.
03:30Ce qui est le cas, par exemple, de la Banque Crédit Coopératif.
03:32Mais c'est aussi l'occasion d'aider, de mettre en valeur ceux qui font ce qu'on appelle dans
03:39notre jargon,
03:40parce que c'était l'homme qui a été le fondateur, Jacques Moreau, c'est une économie sociale sans rivage.
03:46C'est-à-dire, en fait, il faut conquérir de nouveaux domaines, de nouvelles manières d'agir.
03:50On en parlera à propos du funéraire, ce qui est un sujet plutôt tabou dans notre société.
03:55Et de faire voir qu'on peut faire bouger les choses à travers une démarche originale, spécifique, c'est ça
04:03la vocation.
04:04D'où c'est pris, donc tous les ans, et là c'est en cours, la saison 2026 est déjà
04:09partie,
04:09mais tous les ans, on lance un appel à candidature.
04:13C'est recueilli par la Fondation, c'est traité par les comités locaux des agences territoriales du Crédit Coopératif.
04:21D'accord, ça remonte du local.
04:23Donc progressivement, il y a un échelon régional et il y a un échelon national.
04:28Donc là, la coopérative funéraire de Normandie est la bénéficiaire du prix national,
04:33c'est-à-dire qu'elle a passé la première marche, le prix de l'agence de Caen,
04:38puis ensuite l'échelon régional la Normandie, et puis ensuite l'échelon national.
04:46Et donc, il y a bien sûr un soutien financier, mais c'est surtout, c'est ce que l'on
04:49fait ici,
04:50c'est de faire voir, mettre en valeur ces démarches très originales.
04:55C'est une mise en valeur, notamment médiatique, avec notamment, Anne Pinet, un projet ou un cercueil
05:01qui s'appelle le Normand, c'est ça ? Alors c'est quoi le projet le Normand ? Expliquez-nous.
05:06Tout à fait. Donc le cercueil de Normand, c'est un projet qui est d'abord né dans la tête
05:09de Gaëlle,
05:10notre président de la coopérative, notre présidente bénévole, qui s'est dit que les articles funéraires,
05:16donc le cercueil, aujourd'hui c'est un article obligatoire pour tout le monde.
05:19Donc c'est un objet qui a un fort impact à la fois économique, symbolique, écologique.
05:23Donc on a voulu agir là-dessus. Elle est proposée à l'ESA, donc un établissement d'accompagnement par le
05:30travail
05:30qui était sur son territoire, la ville de Falaise, de travailler avec nous sur ce sujet-là.
05:35On a David Pierron, qui est moniteur d'atelier, qui a travaillé sur un prototype de nouveaux cercueils.
05:41Donc c'est un cercueil qui est toujours en bois, qui est fait en pain des Landes, donc en pain
05:43français.
05:45Mais nous, on a voulu retravailler avant tout sur la production locale,
05:48et aussi sur la réduction du transport, éviter les importations de cercueils.
05:52Le problème, c'est que quand David Pierron et ses moniteurs ont proposé à l'atelier menuiserie
05:58et aussi à l'atelier matelotage, un atelier qui fait du cordage,
06:02aux ouvriers en situation de handicap, de créer ce produit-là,
06:05ce n'est pas la même chose de produire un cercueil que de produire, par exemple,
06:09des articles pour faire de l'agrobranche.
06:11Il y a toute une charge émotionnelle qui est très différente,
06:14et Fabrice, Rémi, Pascal, Dimitri, c'est des ouvriers qui, au début,
06:17n'ont pas forcément été à l'aise et n'ont pas forcément voulu travailler tout de suite sur ce
06:20produit.
06:21Donc, il a fallu amener de l'échange, amener du dialogue,
06:23pour qu'ils comprennent aussi l'utilité sociale de leur travail,
06:26et que ce produit allait aussi changer, nous, notre façon à la coopérative
06:30de vendre le cercueil et de ramener du sens auprès des familles
06:34pour l'organisation des obsèques.
06:35Donc, la dimension écologique, ce n'est pas tant le matériau,
06:39même si c'est quand même important, que le localisme, c'est ça ?
06:43Tout à fait. Il y a deux façons, en fait, de travailler sur deux,
06:46ou même plus de travailler sur la question écologique.
06:47À la coopérative, on va avoir trois possibilités.
06:51On va pouvoir vendre des cercueils qui sont réemployés.
06:53Alors, ils n'ont pas été utilisés avant, je le précise,
06:56mais c'est des cercueils qui ont des petits défauts
06:57et qui ont été jugés impropres à la vente dans le grand commerce,
07:00et qu'on va pouvoir revendre à des prix beaucoup plus bas,
07:03à des familles, pour qui le cercueil n'est pas forcément un objet très important.
07:07Ça, c'est le premier niveau peu cher, autour de 430 euros.
07:10Ensuite, on va avoir notre fameux cercueil de Normand,
07:12qui met en valeur le travail de l'ESAT,
07:14et qui vraiment agit sur cette question de la fabrication locale,
07:17aussi de la question du sens et de l'inclusion sociale au niveau du territoire.
07:22Et le troisième niveau, par exemple, plus écologique,
07:25où là, on parle sur les matériaux,
07:26ce serait la vente de produits comme le cercueil Pivert,
07:29qui jouit en ce moment d'une grande visibilité,
07:32qui est un cercueil, là, qui va proposer
07:35de réutiliser des matériaux biosourcés,
07:37des déchets de l'industrie oléicole ou de l'acierie, par exemple.
07:41Voilà, donc pour être plus écologique dans les funérailles,
07:43on aurait trois options possibles, avec trois niveaux de prix différents.
07:47Jean-Louis Gancel, qu'est-ce qui vous a séduit ?
07:48Alors, j'ai bien compris, et je trouve ça très intéressant,
07:51d'ailleurs, les différentes étapes à passer du local au national.
07:55Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
07:56C'est ce qui vient d'être expliqué,
07:58sur cette dimension écologique, etc.,
08:00mais au-delà de ça, c'est de montrer
08:02combien on peut aller
08:03dans des démarches d'économie sociale et solidaire
08:06au plus profond et au plus intime
08:08pour chacun d'entre nous.
08:10Parce que la question de la naissance et de la mort,
08:12c'est toujours un sujet délicat.
08:14Et je voudrais vous dire combien...
08:16Une anecdote, moi qui ai été
08:18très engagé toute ma vie dans le monde coopératif,
08:20je me rappelle très bien, j'étais allé au Japon
08:23pour aider mes collègues des coopératives
08:25agricoles japonaises,
08:26et j'avais été dans la campagne japonaise,
08:28qui est assez différente de la campagne française,
08:30et j'avais visité les installations
08:32de cette coopérative agricole.
08:34La première chose qu'on m'a fait visiter,
08:35c'est les chambres funéraires.
08:37Parce que, dans la culture japonaise,
08:40s'occuper des vivants,
08:42c'est s'occuper des morts,
08:43enfin de leurs morts.
08:44Et il y avait des chambres, d'ailleurs,
08:45avec des cultes différents.
08:47Et cette démarche des coopératives funéraires,
08:50c'est quelque chose,
08:51encore naissant en France,
08:52mais on a déjà, historiquement,
08:55dans la fondation du Crédit coopératif soutenu,
08:58il y a bientôt dix ans,
08:59une coopérative funéraire
09:01qui s'était créée,
09:02la première, je crois, à Nantes.
09:04Et tout ça, ça a été apporté
09:05chez nos amis québécois.
09:07Et moi, j'avais découvert
09:08cette démarche des coopératives funéraires
09:10au sommet des coopératives
09:13en 2012 à Québec.
09:15Et c'est très bien que nous, Français,
09:18nous réimportions l'idée
09:19de nos amis québécois
09:21et qu'on l'acclimate
09:22à nos façons de faire.
09:23D'où l'appellation le normand, d'ailleurs.
09:27Oui, effectivement.
09:28Et avec, alors, je le disais,
09:30il y a aussi un message,
09:33Anne Pinay,
09:33ou en tout cas une mission,
09:35presque, de quoi ?
09:36De parler de la mort,
09:37de lutter contre le tabou de la mort.
09:40C'est Café Mortel.
09:41J'imagine bien de quoi il s'agit,
09:43mais comment ça se passe ?
09:45Exactement.
09:46Les huit coopératives en activité
09:47aujourd'hui sur le territoire français
09:49proposent toutes des Cafés Mortels.
09:51Donc, c'est des moments...
09:52Donc, c'est un sociologue suisse,
09:53Bernard Kretas,
09:54qui a popularisé ce format en 2004.
09:56Et c'est vraiment l'idée
09:57d'aller dans des endroits conviviaux,
10:00dans des endroits où il y a de la vie,
10:01où on sent bien,
10:02par exemple, des cafés.
10:03Mais maintenant,
10:03on peut en trouver aussi
10:05dans des bibliothèques,
10:06dans des lieux de proximité,
10:07sur le territoire.
10:08Et on va se rassembler,
10:10souvent autour d'une petite boisson chaude
10:12ou d'un petit truc à manger,
10:12parce qu'on se sent toujours
10:13plus à l'aise,
10:14plus confortable
10:15pour échanger sur des sujets difficiles.
10:17et on va parler.
10:18Ça peut être des paroles libres
10:20autour des expériences
10:23de la mort et des funérailles,
10:24mais ça peut aussi être
10:24des choses thématiques
10:25pour aller explorer
10:27des questions plus philosophiques,
10:29plus politiques,
10:31plus sociales,
10:32autour de ce qu'aujourd'hui,
10:35du dialogue, en fait,
10:36autour de la mort et des funérailles.
10:38Il y a eu d'autres projets
10:39qui ont été primés
10:41par ce prix de l'inspiration
10:43en économie sociale et solidaire.
10:44Il y en a un nid évident
10:45qui s'appelle la pâte chenille,
10:47c'est des enfants en situation
10:48de handicap, c'est ça ?
10:49Oui, c'est bien que vous citiez,
10:51parce que c'est très divers,
10:53parce que tous les ans,
10:56il y a une cinquantaine
10:56de prix locaux,
10:58et puis ensuite,
10:59il y a les échelons régionaux,
11:00etc.
11:01Juste pour vous donner une idée,
11:04cette année,
11:05donc au titre de l'année 2026,
11:06on débute l'opération,
11:08nous avons reçu plus de 1500 dossiers
11:10à devoir trier, etc.
11:13Et c'est toujours à la fois
11:15un grand moment
11:15et un grand processus
11:17qui faut choisir.
11:20Et en même temps,
11:20il y a des tas d'initiatives intéressantes.
11:21Vous avez raison de citer
11:23un exemple
11:24qui est donc celui
11:25de Lille-et-Vilaine,
11:27qui est une démarche d'éducation
11:29pour les personnes en situation,
11:31les enfants en situation de handicap.
11:33Je voudrais aussi citer,
11:34pour montrer que
11:35c'est toutes les étapes de la vie.
11:36C'est un autre exemple
11:37qui était le serpolet,
11:38c'est dans le Jura,
11:39et c'est une démarche mutualiste
11:41sur les questions d'alimentation.
11:43Donc, c'est toute la chaîne de la vie.
11:45On peut s'occuper,
11:46mettre en valeur
11:47des démarches autour de la mort,
11:50mais c'est les vivants
11:51qui s'occupent, bien sûr,
11:52des personnes mortes.
11:53Et puis,
11:53s'occuper du bien manger
11:55et de ces questions
11:57qui se développent,
11:58ce qu'on appelle parfois
11:59la sécurité sociale alimentaire,
12:01c'est faire en sorte
12:02que tout le monde puisse avoir accès
12:04à une alimentation saine,
12:06durable, etc.
12:07Donc, c'est ça
12:08qu'on essaie de soutenir
12:09à travers ces prix.
12:10On a d'autres champs d'activité
12:11dans la fondation
12:12qui sont des partenariats
12:14plus globaux,
12:15plus de durée,
12:15mais on n'imagine pas
12:18à quel point,
12:18dans l'ambiance générale,
12:20ce pays est prospère
12:21en initiatives,
12:23en démarches excellentes.
12:25Et c'est une autre fonction
12:26à la fondation
12:27que de les mettre en valeur.
12:28C'est un peu de positif.
12:30Qu'est-ce qui vous apporte
12:31pour conclure Alpinay
12:32ce prix au-delà du bonheur
12:34de passer dans une émission
12:35comme la nôtre ?
12:37C'est beaucoup de visibilité
12:40et puis c'est un énorme soutien financier
12:41aussi qui a permis
12:42de faire certifier le cercueil
12:44le normand
12:45parce que ça a un coût
12:46et puis aussi de lancer
12:47la production
12:48auprès de l'ESAT de Falaise
12:49et de pouvoir proposer
12:51les premiers cercueils
12:51à la vente pour nos familles.
12:53Merci beaucoup
12:54à tous les deux
12:54et à bientôt
12:56sur Bsmart4Change.
12:57J'en passe au grand entretien
12:58de ce Smart Impact
13:00tout de suite
13:01avec le président du groupe
13:02Labrosse et Dupont.
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