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Avec plus de 70 millions de produits vendus par an, dans plusieurs univers différents, 18 marques et une présence dans plus 7 000 points de vente, la gestion de la prise de décision est essentielle pour La Brosse et Dupont. François Carayol, PDG de l’entreprise, explique que pour gérer cette activité, il est essentiel d’avoir une gouvernance décentralisée et de faire appel à la créativité des collaborateurs pour développer des outils adaptés.
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00:00...
00:03Êtes-vous prêt pour l'impact ?
00:05C'est la question que je pose chaque jour.
00:06Une personnalité qui compte dans notre économie.
00:09Je reçois aujourd'hui François Carayol.
00:11Bonjour.
00:12Bienvenue.
00:12Vous êtes le président directeur général du groupe La Brosse et Dupont.
00:17Déjà, on va commencer par présenter le groupe
00:19parce qu'il y a beaucoup de marques d'entreprises.
00:22C'est quoi La Brosse et Dupont ?
00:24La Brosse et Dupont, c'est une entreprise qui fabrique
00:26et vend des produits de grande consommation.
00:30Pour l'usage de tous les jours.
00:31On a tous, je pense, à la maison, des produits de La Brosse et Dupont
00:34sans le savoir, dans la plupart des cas.
00:36C'est une entreprise qui s'est construite depuis 1845.
00:421845, c'est vertigineux quand même.
00:43Oui, elle a changé plusieurs fois, tel un reptile de peau.
00:47Et aujourd'hui, on vend nos produits dans les grandes surfaces alimentaires,
00:50dans les hypermarchés, supermarchés.
00:52Et on vend des ustensiles de nettoyage des sols,
00:56des balais, des seaux, des serpillères,
00:57mais également des accessoires de beauté, de manucure, de coiffure,
01:02des premiers soins, du maquillage, de la mercerie.
01:06Donc plein de petits objets de tous les jours
01:07et qui ont pour caractéristiques,
01:09alors on va parler des termes un petit peu horribles,
01:12pour le consommateur,
01:13ce sont des rotations faibles.
01:14Ce sont des produits qu'on achète
01:17de façon, avec des intervalles très importants,
01:20donc des fréquences basses.
01:21On achète un balai une fois tous les trois ans.
01:24Et donc, c'est difficile pour l'entreprise
01:27de créer une relation continue avec un consommateur
01:31par rapport à des produits qu'on achète toutes les semaines
01:33ou même tous les mois,
01:35que ce soit des produits alimentaires ou des produits d'entretien.
01:37Nous, on a une relation un peu plus lâche, on va dire,
01:39avec le business.
01:40Avec, on va citer quelques marques,
01:41parce qu'autant La Brosse et Dupont n'est pas connue en public,
01:44autant vos marques, elles le sont.
01:45Elles le sont.
01:46Alors, la principale marque de l'entreprise, c'est Elephant,
01:50à deux titres.
01:51D'abord, parce qu'elle représente un chiffre d'affaires
01:53assez significatif,
01:54mais surtout parce que c'est la marque historique de l'entreprise.
01:57Quand Alphonse Dupont créait La Brosse et Dupont à Beauvais
01:59en 1845, sa première marque, c'est Elephant,
02:02parce qu'à l'époque, il veut fabriquer des brosses à dents
02:05de très haute qualité, premium,
02:07et donc il les fait sur des manches à nivoire.
02:09D'où la marque Elephant.
02:11Évidemment, le business model a un peu changé.
02:13Est-ce qu'il y a autant de marques aussi anciennes en France ?
02:17Non, il n'y en a pas beaucoup, mais il y en a.
02:19Il y en a quelques-unes, oui.
02:21Mais oui, alors après, l'entreprise s'est diversifiée.
02:25On fait des accessoires de coiffure à la marque Glamour,
02:28des premiers soins à la marque Steripan,
02:30du maquillage à la marque Miss Den,
02:32parce qu'elle a aussi vécu,
02:33elle a été le fruit d'opérations de fusion, acquisition,
02:36elle a racheté des concurrents,
02:37on a acheté une entreprise qui s'appelait L'Ardennois,
02:39d'où la marque Miss Den de L'Ardennois.
02:41Donc, on a une juxtaposition comme ça de marques différentes
02:45dans les différents secteurs qui sont pertinentes pour chaque catégorie,
02:49parce que les décisions des consommateurs,
02:52une dame qui achète du maquillage,
02:54elle ne va pas le faire avec les mêmes critères
02:55ou les mêmes valeurs que quelqu'un qui achète des ustensiles
02:59pour nettoyer le sol de sa maison.
03:00On ne peut pas utiliser la même marque pour ces gammes.
03:02Évidemment, on le comprend très bien.
03:04Donc, entreprise fondée en 1845,
03:06est-ce que vous avez senti une responsabilité particulière
03:10en prenant la tête d'une entreprise aussi vénérable ?
03:14Vous voyez ce que je veux dire ?
03:15Non, ça n'a pas été la chose à laquelle j'ai été confronté le plus vite.
03:23Moi, j'ai été nommé en 2004 à la tête de l'entreprise
03:25par l'actionnaire de l'époque qui est le groupe LVMH
03:28et qui avait une entreprise qui était en grande difficulté financière.
03:32Il y avait un sauvetage nécessaire.
03:33Oui, le groupe souhaitait que l'entreprise soit redressée,
03:38qu'elle soit remise sur des bases solides.
03:40On n'était pas dans le core business d'LVMH,
03:43on n'y a jamais été.
03:44Donc, il y avait une volonté à un moment,
03:45clairement, de se séparer, de vendre l'entreprise.
03:48Mais le groupe LVMH voulait faire une des conditions
03:51qui assurerait la pérennité de l'entreprise après la cession.
03:54Donc, il y avait une grande responsabilité sur l'opération.
03:57Donc, ils voulaient une restructuration durable de l'entreprise.
04:00Et quel levier vous avez activé, justement, pour redresser l'entreprise ?
04:04Alors, vous savez, quand on arrive dans une entreprise en grande difficulté,
04:08c'est un peu comme les pompiers, il y a un imbeuble en feu.
04:12On n'a pas trop le temps de réfléchir à des choses comme ça.
04:17On regarde les foyers d'incendie, en l'occurrence les foyers de perte,
04:20et puis on cède, on ferme, on coupe.
04:24La première chose à faire, c'est de couper l'incendie.
04:26Il faut fermer ou céder les foyers de perte,
04:30de façon à retrouver un périmètre à peu près équilibré, rentable.
04:35Et là, on peut commencer à réinvestir ensuite pour redévelopper les activités.
04:39Alors, on va donner quelques chiffres, des chiffres clés sur la Brosse et Dupont.
04:43Près de 1 000 collaborateurs, 5 sites de production en France,
04:4510 000 références, 207 millions de chiffres d'affaires en 2024,
04:49plus de 70 millions de produits vendus par an avec des milliers de points de vente.
04:55Je crois que vous êtes présent dans plus de 7 000 points de vente.
04:57Comment vous gérez cette complexité-là ?
04:59Le fait d'avoir autant de produits différents,
05:03d'être présent dans 70 millions de produits vendus par an,
05:07sous autant de marques différentes, c'est surtout ça.
05:09Oui, une trentaine de marques.
05:11Oui, c'est ça.
05:11Comment vous gérez cette complexité-là ?
05:13Vous avez un peu répondu dans la relation aux clients,
05:16ce qui est déjà une dimension très importante dans une marque comme la vôtre.
05:19Mais au-delà de ça, peut-être sur la fabrication ?
05:21Alors, c'est-à-dire un des grands enjeux auxquels j'ai été confronté
05:26quand je suis arrivé dans l'entreprise,
05:27qui était en difficulté et qui avait un peu perdu le focus sur son activité.
05:32Vous avez mis le doigt sur le vrai sujet.
05:34C'est comme une fourmilière.
05:36Donc, c'est de la micro-capillarité.
05:38On gère une multitude de flux de très faibles valeurs.
05:42C'est vrai que quand on a 6 000 ou 7 000 clients,
05:44c'est l'ensemble des supermarchés, hypermarchés de France, en fait.
05:47C'est ça, l'ordre.
05:49Et répartis sur des milliers de produits
05:51qui ont tous des valeurs unitaires très faibles.
05:55C'est pour ça qu'il y a 100, 70 millions.
05:56Ils ne valent pas grand-chose.
05:58C'est des petits objets.
05:58Même si ce sont des objets durables.
06:01Oui, on y reviendra sur la qualité, les choix des matériaux.
06:04On vend des ustensiles.
06:05Et ce qui explique aussi les fréquences basses.
06:06Parce que quand on achète un produit, on le garde un certain temps.
06:09Ce n'est pas du consommable.
06:10Alors, il n'y a pas 36 solutions.
06:11Et ça fait partie de l'analyse qu'on a menée à l'époque au milieu des années 2000.
06:16Comment redresser l'entreprise.
06:17Quand vous avez un très grand nombre de micro-flux à gérer,
06:22vous êtes obligés de faire redescendre la prise de décision
06:26le plus bas possible dans l'organisation.
06:28Donc, il faut créer une organisation qui soit la plus décentralisée.
06:32Alors, il y avait un terme qui était très à la mode il y a quelques années.
06:34C'était la subsidiarité.
06:35On avait donné ça pour l'Europe.
06:36Et en fait, c'est exactement ça.
06:37Il faut faire prendre conscience aux gens, aux collaborateurs, aux gens qui travaillent dans l'entreprise,
06:42qu'ils ont une responsabilité de prise de décision au quotidien, tous les jours.
06:46Alors, ce sont des décisions unitaires qui sont très faibles.
06:50Mais si on fait remonter ça, je dirais, de façon caricaturale, dans un système très centralisé,
06:56un peu le gosse plan de l'URSS où tout était décidé à Moscou,
07:01ça n'a pas marché d'ailleurs.
07:03Et c'est pareil pour l'entreprise.
07:04Il faut arriver à faire descendre la prise de décision le plus bas possible.
07:07Donc, il faut avoir des collaborateurs responsabilisés, formés,
07:10qui savent ce qu'on attend d'eux.
07:12Et il faut leur faire confiance.
07:13Il faut leur faire confiance.
07:14Il faut leur expliquer qu'ils ont le droit à l'erreur.
07:17On se trompe tous.
07:19Je dis souvent...
07:19C'est comme ça qu'on apprend d'ailleurs.
07:21On apprend dans ses erreurs, on progresse ses victoires.
07:24Mais je dis toujours, c'est de la commune terme,
07:26que je suis celui qui fait le plus d'erreurs,
07:27parce que je suis celui qui prend le plus de décisions dans l'entreprise.
07:30Mais on a le droit à l'erreur.
07:32Ce n'est pas grave.
07:34L'erreur est moins importante que la non-décision.
07:38Donc, le gars qui est confronté à un problème,
07:40et qui dit, je ne sais pas, je vais appeler mon chef,
07:43je vais attendre qu'il me dise ce que je dois faire,
07:45c'est un temps perdu.
07:46Donc, je préfère.
07:47Et on a expliqué aux gens qu'on attendait des décisions,
07:50rapides, instantanées.
07:51On leur donne, on les forme,
07:53on leur explique les critères de choix.
07:55Et si, dans le flot des décisions qui sont prises,
07:57il y en a quelques-uns qui sont moins bonnes que les autres,
07:59ce n'est pas grave.
08:00C'est moins grave que de reculer et de perdre du temps.
08:03Et donc, on a créé des petites structures organisationnelles,
08:07de management, dans lesquelles les gens sont responsables sur leur compte,
08:09ils ont des reportings, ils suivent leurs chiffres,
08:11et ça marche très bien.
08:14Cinq sites de production en France,
08:15ça veut dire que vous réussissez à produire quelle part de tout ce que vous...
08:20précisément, j'ai deux sites de production d'usines,
08:24et les deux autres sont des sites logistiques.
08:26D'accord, ce n'est pas exactement la même chose.
08:28Dans lesquels il y a beaucoup d'employés,
08:29il y a de la valeur ajoutée,
08:30mais j'ai deux usines de production.
08:32Et donc, ma question, c'était,
08:34quelle part de vos produits sont made in France,
08:37sont fabriqués en France ?
08:39Est-ce que vous réussissez à maintenir, quand même,
08:41une production française ?
08:43Oui, alors, sur les 170 millions de produits,
08:45à peu près, vous en avez un tiers qui sont fabriqués en France,
08:48un tiers qui sont fabriqués dans le reste de l'Union Européenne,
08:50et un tiers dans des pays qu'on appelle
08:52pays à bas coût de main d'oeuvre,
08:54principalement en Chine.
08:55D'accord.
08:56Et cet équilibre-là, vous réussissez à le maintenir,
08:58ou ça devient plus compliqué ?
09:00C'est-à-dire de garder la part française, quoi ?
09:02Alors, on était tombés à des taux plus faibles
09:06au milieu des années 2000,
09:07quand on a restructuré la société,
09:09parce qu'on était vraiment sous une très grande pression concurrentielle,
09:12je perdais des marchés,
09:13j'avais des distributeurs qui nous déréférençaient les produits,
09:16parce qu'on n'était pas compétitifs.
09:17Quand on a eu retrouvé un niveau de compétitivité commercial
09:21et prix correct,
09:24qu'on est reparti de l'avant,
09:25qu'on a recommencé à gagner des parts de marché,
09:27on a mené en parallèle un travail de réindustrialisation.
09:31C'est-à-dire que dans un premier temps,
09:31on a plutôt fermé, coupé, transféré,
09:34parce qu'il fallait absolument avoir une offre produits compétitifs.
09:37Quand on a retrouvé une...
09:38On a réindustrialisé.
09:40L'usine de Bétisie, où on fabrique les produits éléphants,
09:43elle était tombée à moins de 30 employés.
09:45Aujourd'hui, on est presque remonté à 50 employés.
09:48Donc on a réinvesti, on a racheté des machines,
09:50on a rapatrié une partie.
09:52Mais on le fait uniquement sur des produits,
09:55sur des fonds sur lesquels on sait qu'on a une offre compétitive.
09:57C'est-à-dire que notre productivité,
09:59parce qu'on a des machines modernes et une organisation,
10:03compense éventuellement le bas coût de main-d'œuvre
10:06d'une production chinoise,
10:07auquel il faut rajouter le coût du transport.
10:09Et donc, ça devient intéressant.
10:10Et donc, l'équilibre, il est à trouver,
10:14produit par produit.
10:16On a une autre usine où on fabrique des semelles dans l'Aisne.
10:19On a également des opérations de sous-traitance.
10:21C'est-à-dire qu'on a des partenaires industriels
10:23sur certaines productions sur lesquelles on n'a pas, nous,
10:26soit l'outil, soit les volumes,
10:29en France ou en Europe,
10:30sur lesquels on a des partenariats industriels.
10:32Donc, au cas par cas, on essaie de trouver la solution.
10:35Ça veut dire que si on veut maintenir de la production en France,
10:39il faut forcément être plus innovant,
10:42il faut plus de machines pour compenser la main-d'œuvre.
10:48C'est aussi simple.
10:49Ce n'est pas simple.
10:51L'équation, c'est celle-là ?
10:52Alors, l'innovation, elle est partout.
10:55Il faut être innovant tout le temps.
10:56Déconez dans un monde compétitif comme le bien de consommation,
10:59si vous n'êtes pas un peu innovant,
11:02vous êtes vite ringard.
11:03Ce qui peut surprendre, parce que là, j'ai une lavette absorbante,
11:06bon, on peut se dire, il n'y a peut-être pas beaucoup d'innovation
11:08dans une lavette absorbante ou dans une lavette double phase.
11:11Vous voyez ce que je veux dire ?
11:12Détrompez-vous.
11:13Et donc, je me trompe.
11:13Ces deux produits sont très innovants.
11:16La tendance dans les lavettes microfibres, aujourd'hui,
11:18si vous partez dans la grande distribution,
11:20vous avez des lots partout.
11:21Des lavettes de couleurs, par 4, par 6,
11:23pas cher, pas cher, avec des petits écrans de télé qui vous disent pas cher.
11:26Alors, ça, on ne fait pas.
11:29Enfin, on en fait un petit peu,
11:30mais on n'est pas dans cette bataille-là,
11:32parce que c'est une bataille au prix le plus bas.
11:35Alors, évidemment, vous allez retrouver, en plus, des disconteurs,
11:39les enseignes sont connues,
11:40qui vont faire encore plus bas, encore moins cher.
11:42Et la vérité, à l'arrivée, c'est que le produit, il est dévalorisé.
11:46Dans cette bataille, cette recherche du coût le plus bas,
11:49on finit par avoir des produits de très mauvaise qualité.
11:52Alors, sur les lavettes microfibres, elles sont de plus en plus fines,
11:54il y a de moins en moins de matière.
11:56Et c'est même très mauvais,
11:57parce que le consommateur perd la notion de valeur.
12:01Et on arrive à avoir des comportements, absolument,
12:05de gens qui les achètent,
12:06et ce sont des microfibres,
12:07donc c'est du plastique, ça ne se jette pas,
12:10ces choses-là, ça se lave.
12:11Des lavettes, normalement,
12:13vous les lavez des dizaines et des dizaines de fois,
12:14vous les passez à la machine, vous les réutilisez,
12:16ce sont des produits durables.
12:17Mais s'il n'y a plus de valeur,
12:18on les utilise une fois, on les fout à la poubelle.
12:20Et alors ça, par contre, d'un point de vue en mental,
12:22c'est catastrophique.
12:23Alors, celles-là, elles sont très innovantes,
12:24parce que ces deux produits-là sont des produits,
12:27aujourd'hui, on est les premiers à les mettre sur le marché en France,
12:29qui ont des spécificités.
12:32Alors, un, c'est pour la salle de bain,
12:35l'autre, c'est pour la cuisine,
12:36qui sont très performantes pour enlever les traces de calcaire
12:40sur l'inox, sur les robinets.
12:41Donc, on essaie, et elles sont faites
12:44à partir de plastique recyclé, au passage.
12:46Donc, on est à la fois innovants,
12:48et on essaie d'être attractifs
12:51d'un point de vue environnemental pour le consommateur.
12:53On va revenir sur tous ces enjeux environnementaux, évidemment.
12:55Mais là, on est sur le made in France.
12:57Vous disiez, c'était au journal...
12:58Alors, elles ne sont pas fabriquées en France.
12:59Non, non.
12:59Je ne vais pas vous faire dire ce que je n'ai pas dit.
13:01Non, non, voilà, c'est important.
13:02Mais sur cette question de ce qui est fabriqué en France
13:04et de la capacité à garder un outil de production en France,
13:09au journal des entreprises, juin 2025,
13:11vous disiez, il n'a jamais été question de quitter le territoire
13:13pour ne pas perdre les gens et les compétences.
13:16Est-ce qu'il y a un lien,
13:17quand on est dans une production,
13:20dans une exigence industrielle,
13:22est-ce qu'il y a une part d'artisanat qui reste ?
13:25Je voudrais qu'on parle un peu des gens, des compétences.
13:27Non.
13:28Non, non, non.
13:28On est dans du...
13:29Mais il y a de la compétence.
13:31Oui.
13:31Mais elle n'est pas artisanale.
13:32Mais ce n'est pas de l'artisanale.
13:33Non.
13:33La compétence aujourd'hui, chez nous en tout cas,
13:36elle est vraiment dans notre capacité
13:38à être complètement intégrée verticalement
13:40entre les équipes marketing,
13:42qui ont une connaissance extrêmement fine
13:44et qui pensent les besoins du consommateur.
13:47Comment est-ce qu'on va avoir l'offre innovante ?
13:49Comment on va avoir l'offre attractive pour le consommateur ?
13:52On a des ingénieurs développement aussi dans la société
13:55qui sont capables de trouver des solutions
13:58pour répondre à ces besoins qu'on perçoit chez le consommateur
14:01et notre capacité à les mettre en œuvre
14:04parce qu'on a aussi cette compétence industrielle
14:06au travers de la fabrication.
14:08Et donc c'est vraiment cette intégration verticale
14:10qui crée la compétitivité globale
14:12et le savoir-faire, notre vrai savoir-faire,
14:15il est là, il est dans cette intégration
14:18à la fois du besoin du consommateur
14:20jusqu'à la production
14:21et notre capacité aussi à gérer
14:25cette multitude de flux dont on parlait tout à l'heure.
14:28Toutes ces références, on les a en stock.
14:29On a besoin de gérer de la logistique.
14:32Ce sont des gestions de stock,
14:33d'approvisionnement qui sont extrêmement pointues
14:36et difficiles
14:36parce qu'on le fait avec un très grand nombre de références
14:39avec des rotations faibles.
14:40Donc, si vous voulez,
14:42le 90% ou 80% du business
14:44qui se fait dans les produits de consommation,
14:46c'est ce que les gens appellent
14:47des fast moving consumer goods,
14:48ce sont des produits à rotation rapide.
14:50Donc, quand vous êtes dans ce business-là,
14:53vous avez plein de gens,
14:54des outils, des logiciels,
14:56des ERP qui savent gérer.
14:57Moi, je suis dans un business un peu à côté
15:00avec des moutons à cinq ou six pattes
15:02dans lequel...
15:03Il n'y a moins d'outils.
15:04Il n'y a pas d'outils.
15:05Donc, on a été obligé de développer des savoir-faire humains
15:09et des outils informatiques.
15:11On a une équipe informatique extrêmement performante,
15:13in-house, donc chez nous,
15:15qui développe des outils à la fois
15:17pour gérer justement ces approvisionnements,
15:20ces stocks,
15:21ces choses qui sont assez complexes,
15:22mais également,
15:23on a des petites applications sur le téléphone
15:25qu'on a développées pour nos commerciaux,
15:27pour les gens qui vont dans les magasins.
15:29Et ça, ce sont des choses qu'on a développées
15:31parce que ça n'existe pas sur le marché,
15:32parce qu'on voulait le faire,
15:34parce qu'on a un besoin,
15:35on a regardé,
15:37on n'a pas trouvé,
15:37du coup, on a développé nous-mêmes des choses.
15:39Et alors, quand je fais allusion,
15:41mon interview principale,
15:42vous avez bien fait de la mentionner,
15:44c'est à ce savoir-faire-là que je fais allusion.
15:48Je ne peux pas le déplacer.
15:49Et si je déménage de 200 kilomètres,
15:51je vais tout perdre.
15:53On a 750 employés en France.
15:58Quand vous faites le ratio par rapport au chiffre d'affaires,
16:00c'est beaucoup.
16:00Donc, on a une activité qui est très consommatrice
16:06en êtres humains.
16:07Alors, essentiellement,
16:08plutôt matière grise.
16:10Et parce que,
16:12on parlait,
16:13ces micro-flux, etc.,
16:14demandent du savoir-faire,
16:16de l'expérience.
16:16On a développé des outils.
16:18Et il est là,
16:19le véritable avantage compétitif de l'entreprise.
16:21Alors, on a une question
16:22de celui qui était à votre place
16:23la semaine dernière,
16:24le directeur général de Max Avelard,
16:27France, Blaise Desbordes,
16:28qui, évidemment, parle de commerce équitable.
16:31Ma question est simple.
16:32Est-ce que le monde des produits de beauté
16:33peut devenir équitable ?
16:35Est-ce que demain,
16:36les ingrédients,
16:37les saveurs,
16:38les odeurs
16:39peuvent protéger
16:40les paysans
16:41qui, souvent,
16:42au bout du monde,
16:42produisent
16:43les ingrédients indispensables
16:44à vos produits ?
16:45Merci.
16:46Est-ce que c'est possible
16:48de faire des produits de beauté équitables ?
16:51Je ne sais pas.
16:53Je ne sais pas.
16:54Alors, d'abord,
16:54dans les produits cosmétiques,
16:56j'en ai amené un,
16:56on pourra en parler.
16:58Alors là,
16:58on ne regarde pas les marques,
17:00mais c'est une crème nourrissante.
17:01Une crème nourrissante quotidienne
17:02au beurre de karité bio
17:03et à l'huile de coco.
17:04C'est pour les pieds.
17:05C'est une autre gamme de podologie.
17:07C'est un soin des pieds.
17:08Ça évite d'avoir des cales
17:09sous les talons,
17:10les pieds qui râpent.
17:10Donc, si on s'en passe tous les jours
17:11après la douche,
17:13vous avez des pieds doux.
17:14Et ça évite, justement,
17:15de passer des râpes
17:16qui, elles, sont, en fait,
17:18un peu contre-productives.
17:19Parce que plus vous vous rappez les pieds,
17:21plus la peau repousse.
17:22Donc, si vous vous rappez les pieds,
17:24vous refaites de plus en plus de cales.
17:25Donc, il vaut mieux se mettre de la...
17:26Alors, on peut en mettre un peu au début.
17:27Au début, on rappe un peu.
17:28Après, il vaut mieux se passer
17:29de la crème tous les jours
17:31et vous gardez une peau douce.
17:32On en profite pour faire
17:33un peu de conseils en podologie.
17:36Les ingrédients, si vous regardez,
17:37il y a une liste assez impressionnante
17:38d'ingrédients sur le produit.
17:40Vous verrez, il n'y a pas
17:41de matière première agricole là-dedans.
17:43Alors, la plupart des crèmes,
17:44essentiellement, c'est de l'eau.
17:45Au départ, c'est des choses
17:47qui ont été inventées
17:48par les chimistes allemands
17:49au 19e siècle.
17:50Pour faire une crème hydratante,
17:52il faut mélanger de l'eau
17:52et de la graisse.
17:53Mais normalement,
17:54quand vous mélangez de l'eau
17:55et de la graisse,
17:56ça ne se mélange pas.
17:57Donc, ils ont inventé
17:57des procédés chimiques
17:58qui permettent de l'émulsion,
17:59qui permettent de mélanger
18:00de l'eau et de la graisse.
18:00Donc là, vous verrez,
18:01dans les compositions,
18:02c'est souvent de l'eau,
18:02de la glycérine.
18:03Et puis après,
18:04il y a un petit peu
18:06quelques adjuvants
18:07qui permettent d'avoir
18:09des qualités différentes.
18:12Donc, on n'a pas de...
18:14Je veux dire,
18:15le gringo qui va chercher le café
18:16chez le petit paysan Max Avelard,
18:18ça n'existe pas en cosmétique.
18:19Nous, on a des gens
18:20qui nous fournissent
18:20des produits chimiques,
18:22de la chimie fine,
18:23plus ou moins naturels.
18:24Et en fait, notre démarche à nous,
18:26c'est d'aller dans ce qu'on appelle
18:27la clean beauty.
18:29Pas forcément le bio,
18:30mais la clean beauty.
18:31C'est-à-dire éliminer
18:32des compositions,
18:33les produits chimiques,
18:36voire toutes les substances
18:38controversées,
18:39pour aller vers des compositions
18:40de plus en plus naturelles.
18:42C'est-à-dire des choses
18:42qui sont issues de plantes,
18:45mais qui ont besoin
18:46d'un processus chimique,
18:47de distillation, etc.
18:50Par exemple, cette crème,
18:51si vous scannez le code barre,
18:54vous pouvez le faire
18:54avec l'application Yuka,
18:55je vous engage à le faire.
18:57Elle a un score,
18:58je ne sais pas,
18:58qui est à 90 ou 95 sur 100.
19:01Elle est verte.
19:01Et puis, vous avez
19:02toute la liste des ingrédients
19:04qui sont les mêmes
19:05que ceux qui sont sur le pack.
19:06Vous affichez 92%
19:07d'ingrédients d'origine naturelle.
19:09Voilà.
19:09Donc, nous,
19:09notre démarche,
19:10dans tous nos produits,
19:11c'est ce qu'on appelle
19:12la clean beauty.
19:13C'est-à-dire qu'on essaie
19:13de faire monter
19:14les ingrédients d'origine naturelle
19:16le plus haut possible.
19:17Et on se benchmark
19:19par rapport aux outils
19:20qui sont utilisés
19:21par le consommateur.
19:21Après,
19:22qui peuvent être controversés,
19:23il y a des gens
19:23qui sont pour,
19:24qui sont contre Yuka,
19:25etc.
19:25Ou autres,
19:26ce n'est pas les seuls.
19:28Mais aujourd'hui,
19:28c'est une démarche
19:29qui se développe
19:29chez le consommateur.
19:30Il y a beaucoup
19:31de consommateurs
19:31qui prennent les produits,
19:32qui scannent le code barre
19:33et qui râlent la composition.
19:35Sur l'impact,
19:36il nous reste cinq minutes,
19:37sur l'impact environnemental
19:39du groupe,
19:42peut-être on a commencé
19:43à évaluer la démarche,
19:44mais est-ce que vous avez
19:45commencé par faire
19:47une sorte d'audit
19:47pour savoir
19:48ce qui était
19:49le plus producteur
19:52de gaz à effet de serre ?
19:53Est-ce que c'est la logistique ?
19:54Est-ce que c'est la fabrication ?
19:56Vous avez évalué ça ?
19:57Oui,
19:58on a fait deux choses.
19:59D'abord,
19:59on a une certification RSE
20:01qui est PME+,
20:02qui est celle de la FEF,
20:03la Fédération des entreprises
20:05et entrepreneurs de France.
20:07Et ensuite,
20:08on a commencé,
20:08l'an dernier,
20:09on a fait un premier bilan carbone
20:10pour savoir effectivement
20:12d'où viennent nos émissions
20:15CO2,
20:16gaz à effet de serre
20:17et commencer à construire
20:18une trajectoire
20:19d'amélioration.
20:20On a une répertition
20:23assez équilibrée
20:24entre la fabrication,
20:26le transport,
20:27on n'est pas exceptionnel.
20:28Comme ça se répartit
20:29sur beaucoup de produits,
20:30c'est assez hétérogène.
20:31Mais on a commencé
20:33à construire une trajectoire.
20:33Moi, spontanément,
20:34je me suis dit les emballages
20:35parce que quand on produit
20:36autant de millions
20:40de produits par an,
20:41il y a forcément
20:42un travail sur les emballages.
20:43Mais là,
20:44le travail sur les emballages,
20:45on l'a commencé bien avant,
20:47sous la pression
20:48des consommateurs.
20:48Parce que ce qui fait
20:50bouger les lignes,
20:52c'est bien tous ces trucs-là,
20:53les certifications,
20:56mais la vérité,
20:57c'est que les entreprises,
20:57elles sont soumises
20:58à concurrence.
20:59Et nous,
21:01celui qui nous fait avancer,
21:02c'est le consommateur.
21:03Et ça fait déjà
21:04une dizaine d'années,
21:05il y a une dizaine d'années,
21:06la plupart de nos produits
21:06étaient vendus
21:07sous blister.
21:08C'était une coque en carton
21:09et qu'une coque en plastique.
21:10Les blisters,
21:11ils ont quasiment disparu.
21:12On a remplacé
21:13tous les blisters
21:14par des emballages
21:15en papier et carton.
21:18On a remplacé
21:18les plastiques progressivement
21:19de nos productions
21:20par des plastiques recyclés.
21:22C'est plus le consommateur
21:23que la réglementation ?
21:24Bien sûr.
21:24Parce qu'il y a la réglementation aussi.
21:25Oui,
21:26mais la réglementation
21:27n'a jamais créé de valeur.
21:29Le jour où
21:30on a une équipe marketing
21:31qui perçoit
21:32que chez le consommateur,
21:33il y a un attrait
21:34pour ce genre de choses,
21:35c'est ça qui fait avancer.
21:36Parce que si vous avez
21:37une démarche
21:38qui est drivée
21:39essentiellement
21:40par les problèmes éthiques,
21:41ce qui est parfaitement
21:43légitime
21:44et respectable,
21:45mais que les produits
21:46ne se vendent pas,
21:47ça s'arrête.
21:47Il faut faire se rejoindre
21:49les deux, évidemment.
21:50Donc, il faut
21:52que les gens se rejoignent,
21:53mais celui qui vote
21:54avec sa carte bleue,
21:55c'est le consommateur.
21:56Parce que ce qui nous nourrit
21:57tous les jours,
21:58ce sont nos clients.
21:59C'est le chiffre d'affaires.
22:00Donc, on le fait
22:02et on le fait
22:05résolument
22:05dans toutes nos gammes
22:06et on le fait
22:07toujours en allant
22:08vers les désidératas
22:09du consommateur.
22:10Donc, vous aviez déjà
22:11fait évoluer,
22:12par exemple,
22:13les emballages.
22:14Oui.
22:14On pourrait cocher
22:15des différentes cases,
22:16mais par exemple,
22:17sur la logistique,
22:19c'est pareil,
22:20vous êtes un métier
22:20de logistique
22:23majeur
22:24avec vos propres
22:24entrepôts,
22:25vous le disiez tout à l'heure,
22:25et puis forcément,
22:26des produits à disséminer
22:27un peu partout
22:30en France,
22:30en Europe,
22:31dans le monde.
22:32Oui, oui.
22:33Alors là aussi,
22:34quel choix vous avez fait ?
22:36Les choix sont limités.
22:38Donc, de toute façon,
22:39les hypermarchés
22:40ou les supermarchés
22:41en France,
22:41on les livre
22:41avec des camions.
22:43Donc, le jour
22:43où les camions
22:45ne pollueront plus,
22:46ce sera bien,
22:47mais moi,
22:47je n'ai pas d'autre solution.
22:48Alors, il y a quelque temps,
22:50ils ont mis
22:53une liaison fluviale
22:56sur l'Oise
22:56qui permet
22:57de cheminer
22:58des containers
22:58depuis le Havre
23:01par péniche
23:01jusqu'à notre entrepôt
23:02de Longueuil-Sainte-Marie.
23:04Donc, on l'utilise.
23:05Quand la solution est là,
23:06vous l'utilisez ?
23:07Moi, je ne suis pas transporteur,
23:09donc je ne peux pas
23:10me substituer
23:11aux flux de transport.
23:13Donc, j'utilise
23:13les flux de transport
23:14qui existent,
23:15j'essaie de prendre
23:16les plus économiques,
23:16les plus efficaces
23:17et les plus vertueux
23:18chaque fois qu'on a le choix.
23:19Oui, parce que vous pouvez
23:20aussi mettre la pression
23:22sur votre prestataire.
23:23Ça marche dans les deux sens.
23:24Le jour où ils ont mis
23:26la liaison fluviale,
23:27on l'a prise.
23:28Reste une liaison
23:30terrestre avec des camions.
23:31Mais on voit bien
23:32que le transporteur-camion,
23:33il se fait challenger
23:34par une concurrence
23:35qui est plus vertueuse.
23:37Après, il faut que
23:38la concurrence vertueuse,
23:39elle soit performante aussi.
23:40Parce que si les containers
23:41n'arrivent pas à l'heure
23:42ou si ça coûte
23:43trois fois plus cher,
23:44les transporteurs
23:45ont le même problème que moi.
23:46Ils ont des clients,
23:47des consommateurs.
23:48Donc, il faut que les deux...
23:49On ne peut pas avancer
23:50sur une seule jambe.
23:51Il faut les deux.
23:51Et on pourrait parler
23:53des usines
23:54ou des entrepôts,
23:55là aussi.
23:56Alors, il y a eu
23:56la crise énergétique
23:58qui a...
23:58J'espère pour vous
23:59que vous aviez anticipé,
24:00mais qui a forcé
24:02à prendre des décisions
24:04pour réduire
24:05sa consommation.
24:06Oui, alors, on est en train
24:08de construire un entrepôt
24:10tout neuf à côté de Beauvais.
24:11On va quitter
24:12l'entrepôt historique
24:13de Hermos,
24:14à 15 kilomètres,
24:15mais qui, lui,
24:16a plus de 45 ans,
24:18pour des raisons
24:18essentiellement de productivité.
24:20Il est saturé,
24:22il n'est plus aux normes.
24:23Et puis, c'est une passoire
24:24thermique parce qu'il a été construit.
24:26Il faudrait le refaire.
24:27Donc, on va avoir
24:28un entrepôt flambant neuf
24:29qui va être aux normes
24:30du 21e siècle
24:32avec des panneaux solaires
24:34sur le toit,
24:35totalement isolés,
24:36etc., etc.
24:37Oui, mais on le fait,
24:39c'est très compliqué.
24:40On a mis presque trois ans
24:42à trouver un terrain,
24:45non-artificialisation
24:45des sols, etc.
24:47Le permis de construire,
24:49c'est très compliqué.
24:50On nous a imposé des choses
24:52au niveau des panneaux solaires
24:54qui étaient quand même
24:55un peu surréalistes.
24:57C'est-à-dire qu'on vous demande
24:57de mettre des panneaux solaires
24:58pour des capacités de production
25:00qui vont bien au-delà
25:01de votre propre consommation.
25:04Bon, c'est la réglementation.
25:06On la suit.
25:07Mais moi, je construis
25:10ou fais construire
25:11des entrepôts
25:11dans d'autres pays en Europe.
25:14En Pologne,
25:14ça nous a pris un an,
25:16ce qui va nous prendre
25:16quatre ans ou cinq ans
25:17en France.
25:19Merci beaucoup, François Carayol.
25:21C'est compliqué.
25:21On est bien d'accord.
25:22L'art de l'administration
25:23à la française.
25:24Je vous dis à bientôt
25:25sur Be Smart for Change.
25:26On passe tout de suite
25:27à notre rubrique start-up.
25:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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