- il y a 2 jours
Ce vendredi 20 février, Raphaël Legendre a reçu Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet d'analyse économique et de conseil Asterès, Mathieu Jolivet, journaliste BFM Business, et Philippe Trainar, professeur honoraire au Cnam, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente Les Experts, Raphaël Lejean.
00:12Bonjour à tous, bienvenue. Il est dix heures passées de une minute, vous êtes en direct sur BFM Business et
00:17les Experts.
00:18Et si on avait vécu une grande hallucination collective tous ensemble en 2025 ?
00:24Depuis le Liberation Day de Donald Trump, c'était il y a presque un an, début avril dernier.
00:28Pas une semaine sans que l'on parle guerre commerciale, découplage entre l'Europe et les Etats-Unis.
00:36Fin du multilatéralisme, on en a beaucoup beaucoup parlé ici sur le plateau des Experts.
00:41Et qu'apprend-on ce matin ? Eh bien que les Etats-Unis affichent un déficit commercial record de plus
00:47de 1200 milliards de dollars.
00:5070 milliards uniquement sur le mois de décembre.
00:53C'est l'équivalent du déficit commercial annuel de la France en 2025, en un mois seulement pour les Etats
01:01-Unis.
01:02Le commerce international, lui, à contrario, ne s'est jamais aussi bien porté.
01:08C'est BNP Paribas qui nous le dit ce matin.
01:10Plus 18% des échanges en valeur, plus 5% en volume.
01:15Alors, guerre commerciale, tout ça pour ça, c'est le premier thème des Experts.
01:20Ce matin, on reviendra aussi sur le budget, bien sûr, après la décision du Conseil constitutionnel, rendue hier à 18h,
01:27qui clôture définitivement.
01:29Et enfin, aurait-on dire la séquence, la calamiteuse séquence budgétaire,
01:34avec ce rapport de la Cour des Comptes qui pointe tout de même de nombreux dangers dans l'exécution cette
01:40année.
01:41Ce sera le deuxième débat des Experts.
01:44Et puis demain, s'ouvre le Salon international de l'agriculture à Paris.
01:48C'est toujours un moment important, politique et économique, dans un monde agricole en crise.
01:55Alors, faut-il remettre en cause ce modèle agricole français ?
01:58Ce sera le troisième débat des Experts.
02:01Et puis enfin, on terminera par parler de tourisme.
02:03On a les chiffres définitifs de l'année 2025 qui sont excellents en termes de visiteurs.
02:09Un record, on est les champions d'Europe, mais sommes-nous vraiment les champions de la valeur ?
02:14Voilà pour le programme du jour.
02:16Il est 10h passé de 3 minutes, vous êtes en direct sur BFM Business, c'est les Experts.
02:20Bienvenue à tous, c'est parti.
02:25Les Experts, débat et controverse sur BFM Business.
02:32Et pour discuter de tout ça, j'ai le plaisir d'accueillir autour de la table Nicolas Bouzou.
02:37Bonjour Nicolas.
02:38Bonjour.
02:38Fondateur du cabinet d'analyse économique et de conseil Asterès.
02:42Bienvenue.
02:43Philippe Trénard.
02:44Bonjour Philippe.
02:44Bonjour.
02:45Professeur en horaire au CNAM et membre du cercle des économistes.
02:48Et Mathieu Jolivet.
02:50Bonjour Mathieu.
02:50Bonjour Mathieu, journaliste BFM Business.
02:53Bon, premier thème, cette guerre commerciale, l'impression d'avoir vécu une grande hallucination collective.
02:59Ça fait presque un an que sur ce plateau, on n'arrête pas de dire que ça va être dramatique,
03:04que les conséquences économiques vont être dingues, que c'est la fin du multilatéralisme,
03:09que les Etats-Unis se referment et que l'Europe peine à trouver le chemin de la souveraineté.
03:15Et que constate-t-on à l'heure du premier bilan ?
03:18Eh bien, c'est qu'en réalité, la politique douanière de Donald Trump n'a pas fonctionné,
03:23que le déficit commercial américain est absolument abyssal, 1241 milliards de dollars,
03:30et que pendant ce temps-là, le commerce mondial, lui, est florissant,
03:33puisqu'il a augmenté de 18% en valeur.
03:37Nicolas, allez, je commence avec vous.
03:38Qu'est-ce que vous retirez de ces chiffres ?
03:41Tout ça a été extrêmement prévisible, en réalité.
03:44Ah ben, personne ne l'avait prévu, Nicolas.
03:45Bien sûr que si, bien sûr que si, et notamment le fait que cette politique stupide
03:49soit avant tout stupide pour les Etats-Unis est quelque chose qui relève
03:52de la théorie économique de base, en réalité.
03:55Donc il n'y a absolument rien d'étonnant au fait que les Etats-Unis,
03:58un an après le Liberation Day, connaissent un déficit commercial qui est très important.
04:02Parce que le déficit commercial, fondamentalement,
04:04il vient de l'excès de demandes intérieures sur la production.
04:08Et les droits de douane n'ont pas grand-chose à voir avec ça.
04:11Ah ben, on peut dire que ça limite les importations, normalement.
04:14Non, ça peut les orienter, enfin ça peut avoir un impact sur les soldes commerciaux bilatéraux
04:21vis-à-vis de tel ou tel pays.
04:22Mais au niveau global, non.
04:24Et donc on savait que, enfin, les principaux spécialistes mondiaux du tout,
04:28en même temps, quand même.
04:30Regardez Paul Krugman, par exemple, il était sur son compte subsac depuis un an.
04:33C'est quand même l'un des plus grands spécialistes du commerce international.
04:36Il a fait ça toute sa vie.
04:36Il démontre depuis le début que cette politique est une politique, mais enfin, on en a de multiples exemples historiques.
04:44Ensuite, là où je suis d'accord avec vous, et où en effet, il y a un effet qui peut
04:48être un effet qui était moins prévu,
04:50c'est le fait que le commerce international, finalement, ait peu été affecté.
04:54Alors, il a été affecté géographiquement.
04:56Mais en fait, ce qu'on voit, c'est que le capitalisme est extrêmement plastique.
05:01Et donc, quand vous avez des droits de douane importants entre la Chine et les Etats-Unis, par exemple,
05:05vous voyez certes une réduction des exportations chinoises vers les Etats-Unis,
05:09mais vous voyez une explosion des exportations chinoises vers, disons, le Vietnam,
05:14et une explosion des exportations vietnamiennes vers les Etats-Unis.
05:18Oui, donc on tourne, quoi.
05:19La très bonne nouvelle, il y a quand même une très bonne nouvelle, en réalité, dans tout ça,
05:22c'est qu'on n'est pas tombé dans la guerre commerciale.
05:25Et ça, c'est quand même lié...
05:26Alors, je sais que ce que je vais dire va sembler complètement lunaire,
05:29parce que la mode, évidemment, c'est de dire l'Union Européenne, on est nul, etc.
05:32Mais je trouve que c'est, au contraire, notamment lié à la très grande lucidité de l'Union Européenne,
05:38qui n'est pas entrée dans une guerre commerciale.
05:40Ce n'est pas le discours de 1000 ans.
05:41Tout le monde a dit que la Chine a montré les bras et ils ont eu raison.
05:45Mais les deux ont eu raison, en fait, parce que les deux techniques très différentes
05:49ont abouti à des résultats qui sont assez similaires.
05:51C'est-à-dire que la Chine, elle en avait les moyens,
05:53elle a joué le rapport de force,
05:55et finalement, ça s'est plutôt avéré payant pour elle.
05:57L'Union Européenne a plutôt joué l'understatement,
06:00et ça s'est avéré relativement payant pour elle.
06:02Vous voyez ce que je veux dire ?
06:03On rappelle qu'on est la zone la moins taxée à 15%.
06:05Merci de le rappeler.
06:05On a eu les plus faibles taux de droits de douane supplémentaires américains.
06:10Je termine juste par cette anecdote, vraiment, en 20 secondes.
06:13Je me souviens que cet été, quand cet accord a été signé,
06:15il se trouve que j'ai des activités au Canada.
06:18Je suis chroniqueur dans un journal québécois,
06:20qui m'a appelé en me disant,
06:21mais expliquez-nous, vite expliquez aux Canadiens
06:24comment l'Union Européenne fait pour obtenir d'aussi bons résultats.
06:27Parce que 15%, je peux vous dire que nous,
06:29on signerait des deux mains tout de suite.
06:30Quand je me regarde, je me désole.
06:32Quand je me compare, je me console.
06:33Mathieu Jolivet.
06:34C'est vrai qu'Ursula Van der Leyen,
06:35quand on regarde après coup,
06:36elle a peut-être eu raison,
06:37pourtant, c'est vrai qu'on a été nombreux à tirer à boulet rouge sur elle,
06:41mais à coup le pas,
06:41c'est vrai qu'elle a peut-être eu raison
06:44d'aller jouer finalement ce jeu de Donald Trump
06:47et d'aller théâtraliser une Europe
06:50qui finalement rentre dans le jeu de la nouvelle doctrine d'Honro
06:53et scénariser ça sur le golf de Donald Trump à Sainsbury.
06:57Parce qu'après coup, finalement,
06:59on voit qu'on se retrouve aujourd'hui avec des droits de douane très bas
07:01et on est...
07:03Alors très bas, on a quand même pris 15 points,
07:05mais c'est le niveau le plus faible
07:07des droits de douane imposés par Washington au reste du monde.
07:09Mais après, c'est vrai que cette histoire,
07:11c'est quand même super contre-intuitif,
07:12parce qu'on se retrouve avec un pays
07:16qui est dans une période, les Etats-Unis,
07:17où je crois qu'ils n'ont jamais été aussi protectionnistes
07:19depuis les années 30
07:20et ils n'ont jamais autant importé de leur histoire.
07:23Et donc l'histoire qu'il y a derrière aussi,
07:27moi, en partie, je pense,
07:28c'est cette histoire de la course à l'IA
07:30qu'il y a en ce moment entre la Chine et les Etats-Unis.
07:34Ce sont les deux puissances qui ont le plus de moyens
07:36pour essayer de remporter cette bataille
07:38et les deux ont compris que celui qui serait le maître de l'IA
07:40serait le maître du monde.
07:41Donc à ce moment-là, il y a des investissements colossaux.
07:44Il faut absolument être le premier dans les investissements tech.
07:48Et donc c'est ça qui explique d'ailleurs
07:50quasiment la moitié du dynamisme et de la croissance américaine.
07:53C'est lié aux investissements de la tech.
07:55Ah oui, c'est vraiment la croissance.
07:57Les semi-conducteurs, les Etats-Unis,
08:01ne produisent que 10% des semi-conducteurs qui consomment.
08:05Donc là, c'est une question de souveraineté et de sécurité nationale.
08:09Dans cette guerre commerciale,
08:10ils se sont rendus compte qu'il fallait déporter ça.
08:13Ils n'ont pas réindustrialisé pour construire plus de semi-conducteurs.
08:17En fait, ce qui s'est passé, c'est que dans cette histoire,
08:19ils importent encore plus, mais ils importent encore plus du Vietnam
08:22et de plein de zones d'Asie du Sud-Est.
08:23Donc finalement, en fait, ils se sont créés une escale de plus
08:26pour essayer d'éviter des droits de douane de la Chine.
08:28C'est ça l'histoire.
08:30Bon, alors au début des annonces,
08:32on s'est dit ça va être la fin du monde,
08:33on a réagi très vite et trop vite puisqu'on voit que ça n'a pas été le cas.
08:36Là, on retourne le discours en disant
08:38finalement, ça n'a aucun effet ces droits de douane.
08:42Le business continue comme d'habitude.
08:44Est-ce que c'est également ce que vous pensez, Philippe ?
08:46On va discuter avant l'émission.
08:47Peut-être que les effets sont à venir.
08:49D'abord, je ne suis pas d'accord.
08:50Nous avons été plusieurs, j'en fais partie.
08:52Donc je confesse mon erreur,
08:54à penser que ça pourrait avoir des conséquences dramatiques.
08:57Le FMI l'a pensé.
08:58L'OCDE l'a pensé aussi.
09:00C'est-à-dire qu'on voyait très bien.
09:01C'était la dossière dominante.
09:02Voilà, la droite de douane implique des prix plus élevés
09:05et des prix américains plus élevés
09:09et des prix à l'importation moins élevés.
09:12Donc moins de volume d'importation aux États-Unis,
09:16plus d'activité intérieure, etc.
09:18Alors on oubliait quand même deux choses.
09:20Première chose, les délais.
09:21Tout ça ne réagit pas.
09:23Les mécanismes que je décris ne sont pas instantanés.
09:26Ça, on l'a dit, il fallait 6 à 9 mois.
09:28Vous avez dépendance, vous avez des supply chains,
09:31des chaînes d'approvisionnement,
09:32vous avez des processus de production
09:34et vous ne les changez pas du jour au lendemain.
09:36Il y avait eu beaucoup de mise en réserve au premier trimestre en plus.
09:38Alors il y avait eu d'ailleurs, on le voit,
09:40le graphique qui a été présenté ce matin sur BFMVSA,
09:44il montrait bien un premier trimestre d'ailleurs
09:46qui avait été catastrophique sur ce plan-là.
09:50Et puis c'est la traditionnelle,
09:51ce qu'on appelle la courbanjie, n'est-ce pas ?
09:54C'est-à-dire ?
09:55Le deuxième point, il ne faut quand même pas oublier
09:58qu'on n'a pas eu que les droits de douane.
10:00On a eu la baisse du dollar.
10:01D'ailleurs, un poids fait de renchérir le prix
10:05des impôts.
10:08Des biens importés, évidemment.
10:10Et là, directement.
10:11Et là, ce qu'on voit très bien,
10:13c'est qu'en fait, l'ampleur de la baisse du dollar,
10:16elle a quelque chose à voir avec l'ampleur de la hausse des tarifs.
10:20Ce qui ne veut pas dire du tout que ce soit lié.
10:22Mais parce que là, on est sur une dévaluation de 15%.
10:25C'est une crise de confiance sur les États-Unis.
10:28C'est une crise de confiance sur le dollar.
10:30Donc, ce n'est pas une bonne nouvelle d'ailleurs
10:31pour les Américains sur le long terme.
10:34Ça montre qu'il y a derrière au fond le phénomène Trump
10:37comme une sorte de défi pour les États-Unis.
10:41Vous êtes une puissance qui s'affaiblit
10:45démographiquement, économiquement, etc.
10:47Troisièmement, et je crois que c'est très important,
10:49les entreprises américaines,
10:52nous ne nous en étions pas bien rendus compte,
10:55accumulées des petits sacs de sable,
10:57un peu de tous les côtés.
10:58C'est-à-dire ?
11:00Ce qui leur a permis, si vous préférez,
11:02de ne pas répercuter dans les prix.
11:04Vous savez, grosso modo, aujourd'hui,
11:06je vais résumer.
11:07Alors, il y a la note de la Fédérale Réserve
11:09qui a attiré les foudres de M. Asnet,
11:11qui n'a d'ailleurs donné aucun argument,
11:14aucun argument en faveur de sa propre thèse.
11:16Cette note, on l'explique, Philippe,
11:19que ce sont les ménages et les entreprises américaines
11:21qui ont subi 90% des surcoûts liés.
11:26Je crois que c'est un peu plus.
11:28D'ailleurs, on est aujourd'hui sur les derniers résultats,
11:30ce serait 14%.
11:31Allons un petit peu plus loin,
11:32parce qu'on voit que la part que payent les Américains
11:36a tendance à croître,
11:37et que la part que payent les Européens,
11:39les Chinois aussi, a tendance à croître.
11:41Disons qu'à l'heure actuelle, on est grosso modo,
11:44si on voulait des chiffres très arrondis,
11:4520% payés par le consommateur américain,
11:4820% payés par l'exportateur étranger,
11:52européen ou chinois,
11:55et le reste, c'est-à-dire 60%,
11:57payés par les entreprises importatrices américaines.
12:00Alors, bien évidemment, vous absorbez bien le choc, là,
12:03entre les exportateurs étrangers
12:06et les entreprises américaines.
12:10Il y a plus que 20% qui passent dans les prix,
12:12et ça, c'est confirmé.
12:13Il n'y a pas que l'analyse de la Fédérale Réserve,
12:15il y a tout un groupe d'économistes américains
12:18qui suit ça, d'ailleurs,
12:20qui le met à jour continuellement.
12:22Et puis, enfin, nous avons ce que vous avez cité,
12:25c'est d'ailleurs tout le détournement de trafic,
12:27bien évidemment, on fait de la substitution massive,
12:29on est quand même, le producteur américain
12:32n'est pas un idiot, il est intelligent.
12:34Et puis, les chaînes d'approvisionnement se réorganisent,
12:36oui, oui, bien sûr.
12:37Faisons attention, c'est qu'au fond,
12:40les deux phénomènes que je cite,
12:41qui sont les marges américaines
12:43et le détournement de trafic,
12:45ils ne sont pas éternels.
12:46Et d'ailleurs, on le voit bien,
12:48il y a une tendance que montrent d'ailleurs
12:50les universitaires américains,
12:51les études quantitatives,
12:53une tendance à accroître la part
12:55qui est prise en charge,
12:57qui est assumée par le consommateur américain
13:00qui commence à payer...
13:01Donc, l'inflation est peut-être à venir.
13:03Donc, l'inflation à venir
13:06est probablement une menace,
13:10et d'ailleurs, c'est la réaction de la Fédérale Réserve
13:12dans son dernière communication.
13:14Elle a dit, en réalité,
13:16nous restons très incertains sur l'inflation
13:19alors qu'on l'a vu reculer manifestement en janvier.
13:23Il reste beaucoup plus pessimiste
13:24que le résultat de janvier.
13:25– N'hésitez pas à réagir sur mon compte Twitter
13:27arrobase le genre à,
13:28comme le fait Joris Guillot.
13:30Trump veut réindustrialiser son pays,
13:33mais cela prend du temps.
13:34Les Américains en paient le prix,
13:36mais attendez encore quelques mois
13:39pour voir le résultat.
13:41C'est ce qu'on disait,
13:42effectivement, ça prendra peut-être
13:44un peu plus de temps que prévu.
13:45– Pour l'instant,
13:47les chiffres industriels aux États-Unis,
13:48ils ont plutôt tendance à se dégrader.
13:49– Quand vous regardez les données industrielles,
13:53vous regardez l'emploi industriel,
13:54vous regardez la production industrielle,
13:56là, il n'y a absolument rien.
13:57Vous avez même un indicateur
13:58qui s'est infléchi.
14:02Ce sont les surfaces mises en chantier
14:04dans l'industrie
14:05qui avaient énormément augmenté
14:06l'administration Biden
14:07et qui, depuis le Liberation Day,
14:10ne baissent pas,
14:11mais se sont stabilisées.
14:13L'augmentation s'est arrêtée.
14:14Donc, quand même,
14:16on peut...
14:16Alors, voilà,
14:18ce n'est pas une démonstration scientifique,
14:20mais enfin, là,
14:20vous avez quand même une coïncidence,
14:22je trouve,
14:22des signaux faibles.
14:24Non, moi, je pense que cette politique,
14:25elle est absolument absurde
14:27et qu'elle ne donne rien de...
14:28Nous, elle nous complique la vie, évidemment,
14:30mais elle ne donne rien de bon aux Américains.
14:32– Elle a réduit quand même d'un tiers
14:33le déficit avec la Chine,
14:34l'importation américaine.
14:36– Oui, mais ça, c'est ce que vous disiez,
14:36c'est les déficits bilatéraux.
14:37– 300 milliards en 2024,
14:39200 milliards seulement de déficits
14:42entre guillemets en 2025.
14:44– Est-ce qu'on peut dire un petit mot,
14:45justement, sur le...
14:46– Mais bien sûr.
14:46– Sur l'arrêt industrie.
14:48– Oui, parce qu'au fond,
14:48il y aurait deux aspects de l'arrêt industrie.
14:50– Philippe Trénard.
14:50– Celui que vous avez cité,
14:52l'intelligence artificielle et l'investissement,
14:54parce que ça, c'est de l'industrie,
14:55nous soyons...
14:56Alors, il y a du service aussi par derrière,
14:58c'est plus compliqué.
14:59Et puis, l'industrie traditionnelle.
15:00– Oui.
15:01– Le problème,
15:02c'est que l'intelligence artificielle,
15:03l'ensemble de l'électorat de M. Trump
15:07est contre.
15:08Il est contre les data centers,
15:10il manifeste,
15:11il n'est pas content.
15:12Tout ce qu'on appelle l'Amérique MAGA
15:14est contre l'investissement
15:16dans les data centers.
15:18Donc, elle est complètement opposée.
15:19– Ah oui ?
15:19– Et un des gros...
15:20– Il y a une opposition politique,
15:22parce que c'est la croissance quand même.
15:23– C'est la croissance, etc.
15:24Et tous les élus américains
15:29qui se présentent au mid-term
15:31sont sous une pression gigantesque
15:33de l'électorat qui est contre.
15:35Donc ça, c'est un vrai problème.
15:37Naturellement, les financeurs de Donald Trump,
15:40ce n'est pas cet électorat,
15:41c'est en revanche les grands
15:43de l'intelligence artificielle.
15:45Donc là, il y a un vrai débat,
15:47c'est-à-dire,
15:47et les mid-termes vont montrer,
15:50vont ouvrir cette tension.
15:51Et on voit bien qu'à ce moment-là,
15:53sur ce chemin très étroit,
15:54ce qui reste,
15:55c'est une possible réindustrialisation
15:59sur les secteurs qui sont en déclin
16:01partout dans le monde,
16:02et qui commencent d'ailleurs à être en déclin,
16:04même en Chine,
16:04des secteurs ultra-traditionnels
16:06qui donnent du travail
16:11à des employés pauvres,
16:13à des employés peu qualifiés, etc.
16:15Alors bien sûr,
16:15si c'est le modèle
16:16de la réindustrialisation des États-Unis,
16:19nous sommes juste face
16:20à une accélération
16:22du déclin des États-Unis,
16:24et non point une stabilisation
16:27de celui-ci par la politique de Trump,
16:29en fait une véritable accélération.
16:31En tout cas,
16:31c'est ce qui creuse un peu
16:32le déficit commercial,
16:34un peu plus,
16:34et notamment les importations
16:35de semi-conducteurs,
16:37effectivement,
16:38pour l'IA,
16:38qui font que...
16:41qui ont augmenté de 5% en 2025,
16:43mais qui font que le déficit commercial
16:44se creuse, évidemment.
16:46Allez, il nous reste 10 minutes
16:46avant une petite coupure pub.
16:48Je voudrais qu'on parle de budget,
16:49quand même,
16:49ce qu'on a eu enfin...
16:51Enfin, terminé !
16:52On n'en pouvait plus de ce budget.
16:53La décision du Conseil constitutionnel,
16:55pas grand-chose à dire
16:56sur le Conseil Constit,
16:59mais donc qui valide
17:00la loi de finances pour 2026.
17:02Par contre, hier,
17:03il y a aussi un rapport
17:04de la Cour des Comptes,
17:06un rapport sur les perspectives
17:07des finances publiques,
17:08qui pointe quelques risques
17:10sur l'exécution budgétaire,
17:13sur les dépenses en santé,
17:14des économies,
17:15sur les opérateurs,
17:16qui seraient difficiles
17:18à être menés.
17:19Des recettes sur la surtaxe d'IS
17:21qui pourraient être moindres.
17:24Qu'est-ce que vous retenez
17:25de ce que dit la Cour des Comptes,
17:27Nicolas Bouzou ?
17:27D'accord, Michael.
17:28Déjà,
17:30c'était assez évident,
17:32au fond,
17:33que cette fiscalité,
17:34elle donnerait moins de recettes
17:36que prévues,
17:37tout simplement,
17:38parce que la fiscalité,
17:39c'est pas ici que je vais dire ça,
17:40j'enfonce vraiment
17:41une porte ouverte,
17:42mais elle a des conséquences
17:43sur l'activité économique.
17:44Donc, c'est pas parce qu'on augmente
17:45des impôts de 3%
17:46qu'on a autant de recettes
17:48en plus.
17:49Le lapin ne reste pas
17:50toujours dans le liseur.
17:51Voilà,
17:52on s'en rend compte
17:52à chaque budget.
17:54mais ce que je trouve
17:55très intéressant
17:55dans cette communication
17:58de la Cour des Comptes,
17:59c'est qu'elle met l'accent
18:00sur l'exécution du budget.
18:02Et là,
18:02il y a peut-être
18:02un sujet médiatique,
18:03d'ailleurs,
18:04si vous m'autorisez,
18:05c'est qu'en réalité,
18:06le grand sujet budgétaire médiatique,
18:09c'est le moment
18:10où le gouvernement
18:11présente le budget.
18:12Et c'est là-dessus
18:13que les médias
18:14et qu'on invite
18:14tout un tas de gens
18:15pour en discuter,
18:16etc.
18:16Et on n'évoque jamais
18:18les premiers chiffres
18:19de l'exécution du budget.
18:21Absolument.
18:21Et on pourrait d'ailleurs
18:22le faire au fur et à mesure
18:23de l'année,
18:24puisque la France
18:24est un pays
18:25qui est très pointu
18:26en matière de statistiques.
18:27Et en ce qui concerne
18:28l'État,
18:29pas la sécurité sociale,
18:30mais l'État,
18:30mais c'est quand même
18:31un morceau important,
18:32en réalité,
18:33Bercy diffuse
18:35des statistiques mensuelles
18:37sur les recettes
18:39et les dépenses,
18:41ce qu'on appelle
18:42le solde d'exécution.
18:43Et je trouve
18:43qu'on ne le suit pas,
18:44au fond,
18:44et c'est un comportement
18:46un peu fautif
18:46de notre part,
18:48parce qu'on gagnerait
18:49quand même beaucoup.
18:51Prenez le moment,
18:52justement,
18:52où on commence
18:53à évoquer le budget
18:54de l'année suivante,
18:55c'est le moment
18:55où on commence aussi
18:56à voir beaucoup de données
18:58sur l'année précédente.
18:59Et ça,
19:00je trouve que
19:00ça mériterait aussi
19:02des émissions
19:03et des débats.
19:03Et la loi de règlement
19:03ne dure que quelques jours
19:04quand on passe
19:05quatre mois de débat
19:06à prévoir
19:07le projet de loi de finances
19:09qui n'est pas toujours
19:10très bien exécuté.
19:11Il y a des conséquences
19:13très directes
19:14aussi de ce budget
19:16qui ne tient pas
19:17toutes les promesses
19:19engagées
19:20par la parole publique.
19:22On reprend
19:23notamment
19:24la surtaxe d'impôt
19:25sur les sociétés.
19:26On avait
19:30Emmanuel Bompard,
19:31le PDG de Carrefour
19:37qui était l'invité hier
19:39d'Edwige Chevrillon,
19:40qui a eu une petite réaction
19:41sur cette fiscalité
19:43de nouvelles
19:44dans le projet
19:44de loi de finances.
19:45On l'écoute tout de suite.
19:47Cette idée
19:47qu'à la fin
19:49de tout le processus
19:50budgétaire,
19:51le seul truc
19:51qu'on ait trouvé
19:52pour tenter
19:52d'atteindre les 5%,
19:54c'est la vieille idée.
19:56Tiens,
19:56surtaxons un peu plus
19:57les grandes entreprises
19:58parce que personne
19:59va descendre dans la rue
19:59pour défendre leur feuille d'impôt.
20:01Je la trouve un peu désolante.
20:03C'est un tête-à-queu
20:03de politique économique
20:04au fond.
20:06Pendant la première partie
20:08des mandats Macron,
20:10on est revenu
20:10dans la moyenne européenne.
20:11C'était une performance
20:12d'être dans la moyenne européenne.
20:13On ne l'était pas depuis longtemps.
20:14Et puis à la fin,
20:14on dit qu'on s'en fout
20:15d'être dans la moyenne européenne.
20:16Mettons-nous à 10 points de plus
20:17et c'est juste
20:18les grandes entreprises.
20:18Elles se débrouillent.
20:19Mais non,
20:19elles ne se débrouillent pas
20:20les grandes entreprises.
20:21Oui, elles peuvent se débrouiller.
20:21Elles peuvent aller investir ailleurs
20:22et surtout,
20:23elles vont faire peser
20:25cette mesure-là
20:26aussi sur les grandes entreprises,
20:27aussi sur l'emploi,
20:28aussi sur l'innovation.
20:29C'est une très mauvaise mesure.
20:30Une très mauvaise mesure,
20:32dit Alexandre Bompard,
20:33PDG de Carrefour.
20:34Philippe Trenard,
20:35l'économiste,
20:36en dit quoi ?
20:36Une très, très,
20:38très mauvaise mesure.
20:40Surtout,
20:41on en attend 7,3 milliards
20:43de recettes,
20:44mais on sait
20:45que l'impôt sur les sociétés
20:46est un impôt
20:47extrêmement volatil,
20:48n'est-ce pas ?
20:49Il dépend de l'activité.
20:50Quelles sont les conséquences
20:51de la poursuite
20:52de cet impôt
20:55qu'on appelle
20:57contribution exceptionnelle,
20:58elle n'est pas exceptionnelle,
20:59temporaire,
21:00elle n'est pas temporaire,
21:01sur les grandes entreprises,
21:02c'est-à-dire celles qui
21:04gèrent le maximum
21:05d'emplois des Français.
21:06La plupart des Français
21:07sont dans ce type d'entreprise.
21:09Donc nous avons
21:09véritablement une catastrophe.
21:11Il y a deux conséquences
21:13quand même.
21:14D'abord,
21:15ceux qui avaient douté
21:17des réformes marquantes de 2017
21:19avaient parfaitement raison.
21:20Il ne fallait surtout pas
21:22entendre la petite musique douce,
21:24je baisse le taux d'IS,
21:25donc venez chez moi.
21:27Non,
21:27puisque de facto,
21:29la fiscalité française
21:30n'est pas stable.
21:31Et on a vu le baromètre
21:32de l'AMCAM,
21:33de la Chambre américaine
21:34et des investisseurs américains
21:35qui s'est effondré.
21:37Absolument.
21:39Nous sommes aujourd'hui
21:40à 36%,
21:41donc plus haut
21:42que nous ne l'étions
21:43au début
21:43de la première mandature
21:46d'Emmanuel Macron.
21:47Donc une vraie catastrophe.
21:49Le deuxième point,
21:50bien évidemment,
21:50vous réagissez.
21:52Vous êtes une entreprise française
21:53présente à l'international.
21:55Est-ce que,
21:56pour faire plaisir
21:57au gouvernement français,
21:58vous allez faire remonter
21:59tous vos dividendes
22:00vers la France ?
22:01La réponse est non.
22:03Je vais les faire remonter,
22:04je ne sais pas où,
22:04il y a mille endroits.
22:06Et les pays,
22:07d'ailleurs,
22:07se précipitent au portillon
22:08pour vous dire
22:09venez plutôt chez moi.
22:10Il y a aussi une concurrence
22:11fiscale, évidemment.
22:12Et dernier point,
22:14bien évidemment,
22:15quand vous vous dites
22:15où vais-je réinvestir,
22:17vous dites si je réinvestis
22:18en France,
22:18de toute façon,
22:19le revenu de ce réinvestissement
22:21se fera au nouveau taux
22:24de 36%.
22:25Il y a plein d'autres pays
22:27où vous pouvez réinvestir
22:28en Europe,
22:29dans l'Union européenne,
22:31n'est-ce pas ?
22:31Et qui sont sensiblement
22:33accueillants.
22:34Donc nous sommes face
22:35à une véritable catastrophe.
22:37Le problème de la France,
22:38même si l'investissement
22:39se redresse
22:40parce qu'il y a eu
22:40un peu plus de croissance,
22:41tout ça est normal,
22:42mais le problème de la France,
22:44c'est qu'elle est totalement
22:45à la traîne
22:46en accumulation
22:48de capital productif.
22:50Donc nous n'avons pas
22:52d'avenir
22:53sur cette voie-là.
22:53La France,
22:54elle est à contresens,
22:55on baisse l'IS
22:55de partout autour du monde
22:56et puis là,
22:57nous, on prend 10 points
22:58de plus améliorer.
22:58C'est exactement ça, Raphaël.
22:59Aujourd'hui, je trouve
22:59que le seul impôt
23:03pour nous aider
23:04à réduire le déficit,
23:06ça illustre surtout
23:07qu'on est le dernier pays
23:08en Europe
23:09à ne pas avoir fait
23:10les réformes structurelles
23:11que tous nos voisins ont fait.
23:14et moi, il y a un chiffre
23:15dans ce débat budgétaire
23:17que je trouve
23:17assez spectaculaire
23:19et qu'on répète,
23:21enfin, chez vous,
23:22on le répète souvent,
23:22mais c'est quand même
23:23le niveau de charge
23:24de la dette.
23:25Oui.
23:25Aujourd'hui,
23:26on a une charge
23:27de la dette
23:27qui aujourd'hui
23:28est plus élevée
23:29que le budget
23:30de la défense.
23:32D'accord ?
23:33Et sachant qu'aujourd'hui,
23:34le budget de la défense,
23:35il est censé refléter
23:38l'état des menaces extérieures
23:39dans le monde
23:40qui n'a peut-être
23:41jamais été aussi fort
23:42depuis la Deuxième Guerre mondiale.
23:43Le budget qui est en forte hausse,
23:44près de 7 milliards
23:45d'augmentation cette année.
23:46Mais la charge
23:47de la dette est plus.
23:47Là, on sort
23:48d'une séquence budgétaire
23:51qui a presque commencé
23:53lors de la dissolution
23:54il y a 18 mois.
23:55Oui.
23:57Et où le pays
23:58s'est enferré
23:59dans des débats
24:00sur des réformes structurelles,
24:01notamment au niveau
24:02de combien de temps
24:03je dois travailler,
24:04etc.
24:05Alors que dans le même temps,
24:06vous avez quand même
24:07tous les états-majors
24:08en Europe
24:10qui se sont mis
24:11à un compte-arbours
24:13officieux
24:13à 2030
24:14par rapport
24:15à la menace russe
24:16qui pourrait monter d'un cran.
24:17Vous avez tous les états-majors
24:18qui attendent
24:19de regarder en 2027
24:21si la Chine
24:22va fondre sur Taïwan.
24:23Vous avez la plus grande
24:25armada
24:26jamais déployée
24:27depuis l'Irak
24:27avec un compte-arbours
24:29peut-être de quelques heures
24:29qui est en ce moment
24:30en Iran.
24:31Le risque géopolitique
24:32n'a jamais été aussi fort
24:33depuis plusieurs années.
24:35Et dans le même temps,
24:35la France,
24:37c'est elle qui affiche
24:38les finances publiques
24:39les plus dégradées
24:40de la zone euro.
24:42Et la France,
24:42elle continue
24:43à emprunter
24:45comme l'Italie
24:46tout en se croyant
24:47comme l'Allemagne.
24:48Il y a un truc
24:49qui ne tourne pas rond.
24:50En même temps,
24:51on est protégé par l'euro
24:52et depuis qu'on a un budget,
24:54les taux ont très nettement
24:55baissé.
24:56On est à 3-3
24:58sur l'OAT.
24:59Oui, mais
25:00si vous avez en tête
25:02cette règle
25:03selon laquelle,
25:04au fond,
25:05la dynamique de la dette
25:05dépend de la différence
25:06entre les taux d'intérêt
25:08de long terme
25:08et la croissance
25:09et l'inflation,
25:11en fait,
25:11on voit qu'on a
25:121% de croissance,
25:13on a 1,5% d'inflation.
25:15On voit que les taux d'intérêt
25:16en fait
25:17ne sont peut-être pas
25:18très élevés dans l'absolu,
25:19mais sont suffisamment élevés
25:20dans le contexte
25:22de devenir supérieur à G.
25:23pour faire en sorte
25:23que ce que dénonce
25:25Mathieu Jolivet
25:27à très juste titre,
25:29sa démonstration
25:29était absolument parfaite,
25:30que ce problème,
25:32si on ne fait rien,
25:33s'aggrave tout seul.
25:35Et je reboucle
25:36avec la démonstration
25:37d'Alexandre Bompard
25:38qui était absolument remarquable
25:39et je trouve d'ailleurs
25:40que...
25:41Il est courageux de le dire,
25:41on n'entend peut-être pas assez
25:42les grands patrons.
25:43C'est exactement
25:44vous avez lu dans mes pensées,
25:46je trouve quand même
25:46que quand les grands patrons
25:47s'expriment,
25:48c'est quand même très intéressant,
25:50c'est très clair
25:50et puis,
25:51bon, l'économie,
25:51nous, on la commente,
25:52ce qui est très important,
25:54mais lui, il l'a fait,
25:55donc ce n'est pas inintéressant
25:56d'écouter les gens
25:57qui font l'économie
25:58et donc je regrette
25:59que les grands patrons
26:00qui ont beaucoup de talent
26:01comme Alexandre Bompard
26:02ne s'expriment pas plus souvent.
26:03Et d'autant plus
26:04qu'il y a une attente
26:04dans l'opinion publique,
26:06on a eu beaucoup de sondages
26:07de la parole
26:08des chefs d'entreprise.
26:09Ça change un peu,
26:10heureusement.
26:10Oui, moi je suis tout à fait d'accord
26:11et je crois qu'ils sont
26:12aux premières lignes
26:13pour nous dire
26:14qu'il y a un problème
26:14sur l'investissement.
26:16Le rapport Draghi
26:17nous a dit
26:18vous avez besoin
26:19d'un choc
26:20d'investissement positif.
26:22Nous avons,
26:23vous l'avez dit,
26:24besoin d'un choc
26:25d'investissement
26:26en matière de défense
26:27énorme.
26:28Si on veut rester crédible
26:29et pas sur un petit...
26:30On a déjà beaucoup augmenté
26:31le budget de l'armée.
26:32Il a augmenté,
26:33mais c'est rien du tout.
26:35Soyons honnêtes
26:36si nous voulons
26:37nous opposer
26:38réellement
26:39à la menace russe,
26:40traiter la menace russe
26:41plus la menace
26:42du Moyen-Orient.
26:42On est à 57 milliards,
26:43je crois les Etats-Unis
26:44c'est 1000 milliards.
26:44On est proche de 60 milliards.
26:46N'oublions pas
26:47que dans l'attaque
26:48de l'ordre en 2023,
26:50nous avons eu
26:50de très nombreux Français
26:52qui ont été tués.
26:53Et on n'a rien fait,
26:54honnêtement.
26:55Donc nous avons ces deux besoins.
26:56Or, qu'est-ce que nous avons ?
26:57C'est un choc
26:58d'investissement négatif
27:00que nous faisons
27:00et que nous aménageons.
27:01Donc nous avons
27:02un vrai problème.
27:03Et la dette publique française
27:04est un problème.
27:05Pourquoi ?
27:06Parce que quand vous regardez,
27:07vous combinez
27:08toutes les caractéristiques
27:09de la dette publique française.
27:10Le poids de la charge
27:11de la dette,
27:12les intérêts,
27:13le niveau de la dette,
27:14le niveau des prélèvements
27:16obligatoires
27:16qui fait d'ailleurs
27:17si la dette est là
27:18parce que les Français
27:18veulent pas qu'on augmente
27:19les impôts.
27:20Et ils ont raison,
27:21il y a un niveau d'impôt
27:22extrêmement élevé,
27:23le poids de la dépense publique,
27:25etc.
27:25Eh bien, le premier pays,
27:27s'il y a un choc
27:28demain sur les marchés financiers,
27:30le premier pays
27:32que vous regardez,
27:32avant tous les autres,
27:34avant l'Italie,
27:35avant la Belgique
27:36et avant les États-Unis
27:38qui sont plus ou moins
27:38supportés par le dollar,
27:40c'est la France.
27:41Donc tous les électionnaires
27:42d'actifs vont juste,
27:44je sais pas quelle va
27:44être leur décision,
27:45mais vont dire
27:46est-ce qu'on conserve
27:46ou est-ce qu'on conserve pas ?
27:48Donc on a, en fait,
27:49une barque des finances publiques
27:51qui est juste
27:52au ras de l'eau,
27:53vous savez,
27:53elle est au ras de l'eau,
27:54donc elle peut pas supporter
27:55la moindre vague.
27:57Donc faisons nos prières
27:58pour qu'il ne se passe rien,
27:59qu'il n'y ait pas de turbulence
28:00dans les mois à venir.
28:01Eh oui,
28:02les barrières protectrices
28:03de l'euro
28:03ne seront peut-être pas éternelles.
28:05Elles seront pas éternelles
28:06et elles pourraient changer
28:06très vite.
28:08C'est-à-dire,
28:08on voit bien
28:09que le climat
28:09des marchés financiers,
28:10ils prennent pas
28:11deux ans pour changer,
28:13ils prennent quelques jours.
28:14Bon,
28:15on va voir après
28:17une très courte pause publicitaire
28:19si notre agriculture
28:21et notre tourisme
28:23pourraient être
28:25deux moyens
28:26de préserver notre économie.
28:28On a des chiffres intéressants.
28:29Demain,
28:29c'est l'ouverture
28:29du Salon international
28:31de l'agriculture.
28:32Évidemment,
28:33on va parler
28:33de notre modèle agricole.
28:34Et puis,
28:35tourisme,
28:35un record de visiteurs.
28:36Mais est-ce qu'on arrive
28:37vraiment à être
28:38les champions de la valeur
28:38en Europe ?
28:39On parle de ça
28:40après une courte pause.
28:42A tout de suite.
28:49BFM Business
28:50et La Tribune
28:52présentent
28:52Les Experts
28:54Raphaël Lejandre.
28:56On est de retour
28:56pour la seconde partie
28:57de l'émission
28:58avec toujours
28:58autour de la table
28:59Philippe Trenard,
29:01Mathieu Jolivet
29:01et Nicolas Bouzou.
29:03Nicolas Bouzou
29:03qui publie
29:04un nouvel ouvrage
29:05aux collections XO
29:07L'éternel sursaut.
29:10Quel est le thème
29:10de ce nouvel ouvrage,
29:11Nicolas ?
29:12En fait,
29:12c'est une histoire de France
29:13que je fais
29:14comme on sait même
29:15avant la France
29:15à la Gaule
29:16et en fait,
29:17ce que je montre
29:18c'est que,
29:19alors ça n'est pas
29:20qu'un livre économique
29:20mais dans le domaine économique
29:21la France est toujours
29:23un pays qui a été en avance
29:25en matière d'innovation.
29:26Toujours.
29:27Les Gaulois étaient en avance
29:29en matière d'innovation.
29:30C'était les principaux...
29:31Le génie français.
29:32Mais absolument,
29:33c'était la Gaule à nos jours.
29:34Producteur et exportateur
29:35d'armes,
29:36de véhicules,
29:37de denrées alimentaires.
29:39On va en parler
29:39dans quelques instants.
29:41Mais la France du Moyen-Âge,
29:43la France des cathédrales,
29:44la France des foires de Champagne
29:45était le pays
29:45le plus en avance
29:46en matière d'innovation.
29:47Après les guerres de religion
29:49dans le domaine agricole,
29:50la France était le pays
29:50le plus en avance au monde.
29:5330 ans après la débâcle
29:55de Sedan,
29:55la France a inventé le cinéma.
29:58Elle est devenue,
29:58Raphaël,
29:59leader mondial
30:00de l'industrie automobile
30:01jusqu'à l'arrivée
30:02de la Ford T.
30:03Et elle est devenue,
30:04absolument,
30:05et elle est devenue
30:05leader mondial
30:06de l'industrie aéronautique.
30:08Vous voyez ?
30:09Et 25 ans après
30:13la débâcle de 1940,
30:15la France a connu
30:16la deuxième partie
30:17des tranglorieuses
30:17les plus brillantes
30:18de tout l'Occident.
30:19Donc ce que je veux
30:19vraiment montrer dans ce livre,
30:21c'est que quand la France
30:22n'est pas en avance
30:23en matière de science
30:24et d'innovation,
30:25en réalité,
30:26elle trahit son histoire.
30:27Le général de Gaulle
30:28explique très bien ça
30:29dans ses Mémoires d'espoir,
30:31dans le troisième chapitre
30:31qui porte sur l'économie.
30:32Il dit,
30:33moi je m'intéressais
30:33beaucoup à l'économie,
30:34contrairement à ce que
30:35disait la presse,
30:35je consacrais en tant que président
30:37la moitié de mes journées
30:37à l'économie
30:38et je recevais
30:39les plus grands scientifiques
30:40et les plus grands innovateurs
30:41du pays
30:41parce que j'avais toujours
30:42en tête le fait
30:43que le destin de la France
30:45c'était d'être
30:45dans le domaine scientifique
30:47et dans le domaine technologique
30:48en avance.
30:50Et donc je me dis au fond,
30:52si aujourd'hui on le voit,
30:54la France c'est une usine
30:55à entrepreneurs
30:56et une usine à ingénieurs
30:57et une usine à start-up,
30:58sauf qu'on les retrouve rapidement
31:00à l'étranger.
31:00Mais si on libérait
31:02ce fantastique potentiel,
31:03un peu comme De Gaulle
31:04l'a fait en 1958,
31:05c'est pas très compliqué,
31:06on remet de l'ordre
31:06dans nos finances publiques
31:07et on libéralise l'économie
31:09comme l'ont fait De Gaulle
31:11et REF.
31:13Mais ce potentiel français,
31:15à l'horizon 2030-2035,
31:17mais il peut s'exprimer
31:18d'une façon absolument extraordinaire.
31:20Donc je termine le livre
31:22en disant,
31:22restez en France
31:23quand j'entends ce petit discours
31:24là sur il faut quitter la France,
31:26etc.
31:26La France, c'est comme en bourse.
31:28Historiquement,
31:28ça s'achète à la baisse.
31:30Donc partir en ce moment,
31:32c'est être loin de la France
31:34quand ça ira mieux
31:35dans quelques années.
31:36Donc restons.
31:37Une valeur de croissance,
31:39la France.
31:39Voilà un message positif
31:40et optimiste.
31:41Je ne sais pas si vous donnez
31:42les voies et moyens
31:42pour réussir à libérer
31:45ces potentiels économiques.
31:46On en parle tous les jours
31:47dans cette émission.
31:48Dans le sursaut français,
31:49ça fera venir des touristes.
31:51Voilà, exactement.
31:52Est-ce que vous parlez
31:53du monde agricole
31:54dans le sursaut français ?
31:55Oui, bien sûr.
31:56Parce que la France,
31:57vous voyez,
31:58c'est très lié
31:59à tous nos débats
32:00aujourd'hui justement
32:01sur l'agriculture.
32:04La France,
32:05depuis le début,
32:06en fait,
32:06est un très grand pays
32:07d'agriculture.
32:08Et c'est un pays
32:08qui s'est construit
32:09sur la science agricole
32:11et en réalité,
32:13dans la plus grande partie
32:13de son histoire,
32:14sur le libre-échange,
32:15contrairement à ce qu'on a pu
32:16souvent dire.
32:18Et prenez le cas
32:19d'Henri IV,
32:20par exemple.
32:21Henri IV
32:22lisait le grand traité
32:23d'agronomie de l'époque
32:24qui avait été fait
32:25par Olivier de Cerf
32:26et Henri IV,
32:26il a libéré
32:27le commerce de grains
32:28à l'intérieur du pays.
32:30Et donc,
32:31quand je vois
32:31les difficultés
32:32aujourd'hui
32:33de l'agriculture française,
32:35le fait que parfois,
32:37certains syndicats
32:39agricoles
32:40tournent le dos
32:40à la science
32:41et à l'innovation,
32:42aussi, Raphaël,
32:43permettez-moi de vous le dire,
32:44alors sur ce plateau,
32:45ça a fait exception,
32:46mais les débats
32:47que je trouve
32:47absolument lunaire
32:48qu'on a eus
32:49sur le Mercosur
32:50où 99%
32:52des gens
32:52qui s'exprimaient
32:53sur ce sujet
32:53en public
32:54ont considéré
32:55que l'agriculture française
32:56était une toute petite chose,
32:58toute fragile,
32:59à bien mettre
33:00derrière des grandes barrières
33:01parce que,
33:02voilà,
33:03je trouve que
33:04tout ça
33:04n'est pas digne
33:06de l'histoire
33:06de l'agriculture
33:07et de l'idée
33:07qu'on peut s'en faire
33:08à l'avenir.
33:09Bon,
33:09on a un modèle agricole
33:10qui souffre quand même
33:11en France,
33:12on a des agriculteurs
33:13en colère,
33:13demain,
33:14je le rappelle,
33:14s'ouvre le Salon
33:15international
33:16de l'agriculture,
33:17on a évidemment
33:18le Mercosur
33:19en toile de fond,
33:20on a aussi
33:21une inflation
33:22d'énormes,
33:23un sentiment
33:24d'abandon.
33:26La question
33:27qui se pose
33:28derrière tout ça,
33:29Philippe Trenard,
33:30c'est est-ce qu'on a
33:31un modèle économique
33:33agricole
33:33qui est encore viable
33:34dans le monde
33:35d'aujourd'hui ?
33:37Non,
33:38mais parce qu'on a
33:38un modèle économique
33:39qui n'est lui-même
33:40pas viable.
33:41C'est-à-dire
33:41tous les pays
33:42doivent s'adapter.
33:44On voit bien
33:44qu'il y a du changement
33:46qu'on le trouve bien
33:47ou pas bien,
33:48peu importe,
33:49il y a des changements
33:49et vous devez
33:50vous adapter,
33:51la technologie,
33:53la question
33:53de l'automobile,
33:55la question agricole
33:56et j'en passe,
33:57la question pharmaceutique
33:58et j'en passe.
34:00Or,
34:00notre modèle
34:01d'adaptation
34:02est un modèle
34:03qui se révèle
34:03parfaitement terroné.
34:05Ce modèle
34:05d'adaptation
34:06est fondé
34:07sur deux principes.
34:09Le premier,
34:10c'est
34:10il ne faut surtout
34:11pas de choc
34:12et il faut étaler
34:13dans le temps,
34:14étaler dans le temps
34:15la réforme
34:16du marché du travail.
34:17Souvenez-vous,
34:17François Hollande
34:18disant
34:18les libéraux
34:19ont raison
34:20mais c'est une réforme
34:21qui doit prendre 50 ans.
34:22Bien sûr,
34:23entre-temps,
34:23vous avez tout le chômage
34:24qu'il faut.
34:26L'automobile,
34:27nous avons fait cela
34:28pendant les années 90
34:31avec le succès
34:32que vous pouvez constater
34:34aujourd'hui.
34:34L'agriculture,
34:35nous avons fait de même.
34:37Le deuxième point,
34:38c'est qu'en plus
34:39nous mettons en place
34:40des politiques
34:41qui déterminent aussi
34:43des choix,
34:44des investissements
34:45des personnes.
34:45Les personnes
34:47investissent
34:47en fonction
34:48des politiques
34:49qui sont faites
34:49et bien évidemment
34:50quand on commence
34:51à dire
34:52il va falloir changer
34:53parce qu'on poursuit
34:54la stratégie,
34:55les gens disent
34:56mais attendez,
34:57moi j'ai investi
34:57dans ceci,
34:58j'ai investi
34:59dans cela,
35:00j'ai fait des paris
35:01et donc en réalité
35:03cette stratégie
35:04est erronée.
35:04Il faut des transitions
35:06mais les transitions
35:07doivent être rapides
35:08et pour l'agriculture,
35:10je crois que c'est
35:10ce qu'il faudrait
35:11finalement faire
35:13parce qu'in fine
35:14à quoi avons-nous abouti ?
35:15C'est que nous avons
35:16deux agricultures,
35:17l'essentiel de l'emploi
35:19agricole
35:20est dans des agricultures
35:21qui sont incapables
35:23de payer les agriculteurs
35:24et de leur permettre
35:25de survivre,
35:26même pas de vivre
35:26mais de survivre
35:28et puis vous avez à côté
35:29un tout petit secteur
35:31en termes d'emploi,
35:32gros secteur
35:33en termes économiques
35:34de valeur
35:35et de chiffre d'affaires,
35:36céréalier,
35:37etc.
35:38qui lui
35:38est totalement moderne.
35:40Or, il aurait fallu
35:42moderniser toute l'agriculture.
35:43Et donc, je crois
35:44que comme le disait Nicolas,
35:46il faut dire oui
35:47au Mercosur,
35:48il faut dire oui
35:49à l'ouverture des marchés,
35:51il faut aider l'agriculteur
35:52à se reconvertir
35:54ou à se retirer du marché
35:55mais je crois
35:56qu'on ne peut plus
35:57tenir, n'est-ce pas,
35:59cette stratégie.
35:59Alors, le problème
36:00c'est que cette stratégie
36:01faut un nouveau succès
36:03grâce aux néo-ruraux,
36:05c'est-à-dire
36:05le bourgeois parisien
36:07du 16e arrondissement
36:09qui part en Bretagne
36:10et qui demande
36:11naturellement
36:11le droit
36:12à toutes les subventions
36:13sociales,
36:14non sociales,
36:15agricoles,
36:16etc.
36:17Et donc,
36:17on a un problème
36:18majeur
36:19puisqu'on l'aide
36:19à s'installer
36:20pour faire une agriculture
36:21non productive.
36:22Vous parliez du Mercosur
36:24et Nicolas parlait
36:25de science.
36:26Moi, il y a une agence
36:27que j'ai découverte
36:28cette année
36:28que je ne connaissais pas.
36:29Je ne sais pas si vous connaissez
36:31au Brésil Embraer,
36:32le géant de l'aéronautique
36:33Embraer
36:34qui avait été à l'origine
36:35impulsé par des pouvoirs
36:36publics.
36:36Vous avez aussi au Brésil
36:38une agence
36:38qui s'appelle Embrapa
36:39et en fait Embrapa
36:41ça a été créé
36:42dans les années 70
36:43par les militaires
36:44et ce qui s'est passé
36:46c'est que c'était
36:47focalisé sur l'agriculture
36:48en disant
36:49il faut qu'on devienne
36:50une grande puissance agricole
36:51et pour ça
36:52ils ont fait venir
36:53des centaines
36:54d'ingénieurs agronomes
36:55notamment du MIT
36:56ils les ont fait plancher
36:57et ils leur ont donné
37:00comme mission
37:02d'essayer de rendre
37:03exploitable
37:04les terres des plateaux
37:06du Cerrado au Brésil
37:07qui sont quasiment
37:08un quart de la surface
37:11au nord-est du Brésil
37:13je crois
37:13et essayer de rendre
37:15ces terres acides
37:15exploitables
37:16et là
37:16ils ont réussi
37:17à développer
37:18et à inventer
37:18des techniques révolutionnaires
37:20et aujourd'hui
37:22vous avez
37:23je crois que c'est
37:24les trois quarts
37:25de la production
37:26de soja au Brésil
37:27qui viennent de ces plaines
37:28du Cerrado
37:28qui étaient inexploitables
37:29et derrière
37:30vous avez cette agence
37:31d'innovation
37:31et vous avez
37:32la plupart des cheptels
37:33qui sont aussi là-bas
37:34bovins
37:35voilà
37:35donc tout ça
37:36pour revenir aussi
37:37à notre sujet
37:39peut-être qu'aujourd'hui
37:40effectivement
37:41que ça plaise
37:42ou que ça ne plaise pas
37:42il y a une nécessité
37:44impérieuse
37:45de changer d'échelle
37:46et peut-être réfléchir
37:47à comment
37:49comment se doter
37:50d'un M-Brapa
37:52européen
37:54bref
37:54aujourd'hui
37:55on voit bien
37:56l'alimentaire
37:58ça doit être traité
37:59comme l'énergie
37:59ou la défense
38:00l'échelle
38:01c'est absolument clé
38:03le modèle
38:03de la petite ferme française
38:04qui nous fait tous
38:05fantasmer en France
38:06et un peu orthogonal
38:08avec la grande marge du monde
38:09oui
38:09il nous fait fantasmer
38:11et on ne sait pas trop
38:11pourquoi en fait
38:12parce qu'il n'apporte
38:14rien véritablement
38:15de tangible
38:16aux consommateurs
38:17en réalité
38:17il faut bien comprendre
38:18qu'on est dans un secteur
38:19qui est en transition
38:20pour des raisons technologiques
38:21mais aussi pour des raisons
38:22environnementales
38:23parce que le réchauffement
38:24climatique
38:25il a des conséquences
38:26d'ores et déjà
38:27négatives
38:28sur les rendements agricoles
38:29le réchauffement climatique
38:30il génère des phénomènes
38:32pas seulement du réchauffement
38:33mais des phénomènes
38:34climatiques extrêmes
38:35par exemple
38:35beaucoup de précipitations
38:37et trop de précipitations
38:38c'est ce qu'on voit
38:38avant le vie
38:39très exactement
38:39ce qu'on voit en ce moment
38:41et puis
38:42à d'autres moments
38:43pas suffisamment
38:43de précipitations
38:45donc les rendements
38:45dans la baisse des rendements
38:47par exemple
38:47dans le domaine du blé
38:48vous avez quand même
38:49pas que
38:49mais vous avez une composante
38:51qui est liée
38:51au dérèglement climatique
38:52donc c'est pas quelque chose
38:53qu'on peut ignorer
38:55et donc
38:55on a besoin justement
38:57d'une agriculture
38:57plus forte
39:00les besoins d'investissement
39:01sont colossaux
39:02en réalité
39:03une exploitation agricole
39:04aujourd'hui
39:04c'est quelque chose
39:05de très capitalistique
39:06donc oui
39:07la question de la taille
39:08est quelque chose
39:09qui est absolument fondamental
39:10et une exploitation
39:11de 200 ou 300 hectares
39:13elle peut investir
39:14une exploitation de 20 hectares
39:15elle peut pas investir
39:16et donc non seulement
39:17elle va être soumise
39:18par exemple au réchauffement climatique
39:19mais elle va même pas permettre
39:20contrairement à ce que disent
39:22les écologistes radicaux
39:23elle ne va apporter
39:24aucune solution
39:25en réalité
39:26en matière de lutte
39:27contre les désordres
39:28contre l'appauvrissement des sols
39:29contre le réchauffement climatique
39:30et de toute façon
39:31bien sûr
39:32et pas les agriculteurs eux-mêmes
39:33même pas les agriculteurs
39:36on a parlé
39:37de la ferme des 1000 vaches
39:38qui avait fait scandale
39:39souvenez-vous
39:41dans Cantal
39:42je crois que c'était
39:42ou en Auvergne
39:44j'ai découvert
39:45l'existence
39:46en Algérie
39:48financée par des fonds
39:49du Moyen-Orient
39:50d'une ferme de
39:52je sais plus si c'est
39:53100 000 ou 200 000 vaches
39:54qui va produire
39:55la moitié de la production
39:56laitière
39:57pour l'Algérie
39:58on en est à ce niveau-là
40:00maintenant de production
40:01pas forcément
40:02dans des conditions de vie
40:03d'ailleurs
40:03qui soient bien pires
40:04qu'une petite exploitation
40:06en réalité
40:06alors je vous confirme
40:07qu'on peut vraiment
40:08maltraiter
40:08on peut maltraiter
40:09des cochons
40:10dans un tout petit élevage
40:12et on peut traiter
40:13correctement les cochons
40:14dans un très grand élevage
40:16donc vous avez parfaitement
40:18vous avez parfaitement raison
40:19mais regardez
40:19ce qui s'est passé
40:20au début de la guerre
40:22en Ukraine
40:23quand on a ouvert
40:24le marché européen
40:26aux productions ukrainiennes
40:27ce qui a beaucoup
40:27déstabilisé
40:28nos agriculteurs
40:29on a beaucoup parlé
40:31du fait que
40:32les ukrainiens
40:33n'avaient pas
40:34les mêmes contraintes
40:34etc
40:35ce qui est en partie vrai
40:36mais
40:37l'un des éléments
40:38très importants
40:39c'est que la taille
40:39des exploitations ukrainiennes
40:41et donc leur capacité
40:42à amortir les investissements
40:43est beaucoup plus importante
40:45que la taille
40:46des exploitations françaises
40:47et ce que je dis
40:48est vrai pour l'élevage
40:49mais c'est vrai aussi
40:50pour les céréales
40:51alors que nous
40:53sommes censés avoir
40:54des céréaliers
40:55ultra modernes
40:56c'est ça
40:56et d'ailleurs
40:57nos plus gros céréaliers
40:59il m'arrive d'aller parler
41:01dans des coopératives agricoles
41:02et nos plus gros céréaliers
41:04en réalité
41:05ils s'en sortent aujourd'hui
41:06très bien
41:08et eux
41:08ils ne vous le diront pas
41:10pour des raisons
41:10de pression syndicale
41:11mais je vous promets
41:12que c'est vrai
41:12ils sont pour le Mercosur
41:13mais évidemment
41:14mais comme la filière viticole
41:16qui n'ose pas le dire
41:16par solidarité
41:17et comme
41:19les débouchés possibles
41:20les deux clés
41:21sont l'ouverture
41:22et comme vous le disiez
41:23accompagner la reconversion
41:24à l'école
41:25par des innovations
41:26technologiques
41:27sur ce point
41:28d'ailleurs
41:28la France a toujours
41:29été en pointe
41:31encore une fois
41:32la France des ingénieurs
41:32et l'innovation
41:33et il faut une espèce
41:34de
41:35alors c'est moi le libéral
41:36qui vous dit ça
41:36mais il faut une espèce
41:37de planification
41:38c'est à dire
41:38de planification indicative
41:40de coordination
41:41en réalité
41:41et ce sont les institutions
41:43extraordinaires
41:44qu'on a construit
41:44en France
41:45après la guerre
41:45en réalité
41:46vous avez l'INRA
41:48qui s'appelle maintenant
41:49l'INRAE
41:50qui est l'équivalent
41:51du CNRS
41:52dans le domaine agricole
41:53qui justement
41:54fait travailler
41:55des centaines
41:56de chercheurs
41:57extrêmement compétents
41:59sur ces sujets
42:00et donc
42:01comme le disait
42:02Philippe Renard
42:03il faut accompagner
42:04les agriculteurs
42:05c'est à dire
42:06qu'il faut sans doute
42:08faire de la simplification
42:09dans le secteur
42:09parce qu'il y a
42:10une accumulation
42:10de normes
42:11sur tous les sujets
42:13qui leur rend
42:13la vie absolument impossible
42:14et donc
42:15cette demande
42:15de simplification
42:16des agriculteurs
42:17elle est parfaitement
42:17légitime
42:18et il faut l'écouter
42:19et au passage
42:20c'est plus la France
42:21que l'Europe
42:21en réalité
42:22quand on regarde
42:22les choses attentivement
42:23mais en même temps
42:24c'est vrai
42:25qu'il faut des mécanismes
42:26de coordination
42:27et d'accompagnement
42:29vers une agriculture
42:30qui consomme moins d'eau
42:32qui diminue
42:34son empreinte environnementale
42:36qui favorise
42:37la biodiversité
42:38dans les sols
42:39mais vous voyez
42:39tout ça est parfaitement
42:40complémentaire
42:41en réalité
42:41être aussi assuré
42:42l'ensemble de l'agriculture
42:44de 2016
42:44refuse de s'assurer
42:45sous peut-être
42:46ce que le risque
42:47pourrait être payé
42:48un gros sujet
42:48d'assurance
42:50un vrai sujet
42:51montrant
42:51non point
42:52parce que ça ferait
42:53des revenus
42:53aux assureurs
42:54mais tout simplement
42:55ça montre
42:55l'irrationalité
42:57du schéma
42:59agricole
43:00que nous avons
43:00économiquement
43:01j'ai retrouvé
43:02la ferme en Algérie
43:02elle s'ouvre en 2027
43:04c'est pas encore
43:05elle est pas encore ouverte
43:06c'est la ferme
43:07de Baladna
43:08qui devra compter
43:10270 000 vaches
43:12270 000 vaches
43:13pour un investissement
43:15total de 3 milliards
43:16et demi
43:16de dollars
43:18population encore jeune
43:19exactement
43:20et ça va couvrir
43:2150% des besoins locaux
43:22de poudre en lait
43:24ce qui va permettre
43:25de réduire
43:25les importations
43:26de poudre de lait
43:27donc je pense que
43:28ça va peser
43:29sur la filière française
43:30vous êtes pas sûr
43:31que 200 000
43:32la taille
43:33il y a un côté soviétique
43:34en Algérie
43:35270 000 vaches
43:36je ne suis pas sûr
43:37de ne voir pas
43:37absolument
43:38mais il est certain
43:40qu'on peut concevoir
43:41des choses plus modernes
43:42avec des tailles différentes
43:43etc
43:44sans aller peut-être
43:45vers le gigantisme
43:46nécessairement
43:47et surtout faire dépendre
43:48l'Algérie
43:49d'une seule entreprise
43:50ça me paraît pas
43:50une très bonne idée
43:51allez il est 10h46
43:53en direct sur BFM Business
43:54temps passé à notre
43:55dernier sujet
43:56autour du tourisme
43:57on a eu les derniers résultats
43:58pour 2025
43:59102 millions visiteurs
44:00en France
44:02en 2025
44:02Cocorico
44:03on est la première
44:06destination
44:07européenne
44:08pour le tourisme
44:08en tout cas
44:09c'est ce que nous dit
44:10le discours
44:12officiel
44:12parce qu'en réalité
44:13niveau création de valeur
44:14c'est pas tout à fait ça
44:16l'Espagne fait mieux
44:18évidemment
44:18on est même
44:19les premiers au monde
44:20pardon
44:20et les Etats-Unis
44:21font mieux aussi
44:22les recettes
44:23c'est 77,5 milliards
44:25d'euros
44:26qu'est-ce qui explique
44:27c'est que des corrélations
44:29entre le nombre
44:30de touristes
44:31qui viennent nous voir
44:32dans ce beau pays
44:33en France
44:34et la faiblesse
44:34des revenus
44:35Nicolas Bouzou
44:36alors le fait que
44:37beaucoup de touristes
44:38qui viennent en France
44:38parce que la France
44:39c'est la France
44:39et de toute façon
44:40où que vous alliez
44:41dans le monde
44:41quand vous dites
44:42que vous êtes français
44:43ça évoque quelque chose
44:45de romantique
44:46de beau
44:47etc
44:47donc la marque France
44:49du point de vue touristique
44:50elle est absolument exceptionnelle
44:52et elle nous assure une rente
44:54et comme elle nous assure une rente
44:55justement
44:55on a sous-investi
44:56dans un certain nombre
44:57d'infrastructures touristiques
44:59parce qu'on n'en tire pas
45:00ces dernières années
45:01on maximise pas
45:01on n'a pas encore
45:02le parc
45:03alors on a un excellent
45:04réseau de transport
45:05mais on n'a pas encore
45:06le parc hôtelier
45:07qui correspond
45:07vous avez beaucoup de villes
45:09qui sont en sous-capacité
45:11d'hébergement
45:12dans le domaine
45:13de l'hôtellerie
45:14et c'est d'ailleurs
45:14le cas de Paris
45:15d'où d'ailleurs
45:15le développement
45:17dont on peut discuter
45:18mais des solutions
45:19du type Airbnb
45:20enfin excusez-moi
45:20pour la marque
45:21mais comme c'est devenu
45:21un sujet
45:22un objet politique
45:23en soi
45:24donc on a ça
45:26et puis même
45:26de façon plus générale
45:27on a eu du sous-investissement
45:29je vais vous donner
45:30un exemple très concret
45:31parce qu'il a été
45:32dans l'actualité
45:32l'exemple du musée du Louvre
45:33c'est fascinant
45:34parce que là
45:35vous avez vraiment
45:35un exemple presque
45:37de théorie économique
45:38enfin d'application
45:38de la théorie économique pure
45:40d'une rente
45:42qui
45:42dans laquelle du coup
45:43on n'investit pas suffisamment
45:45et qui finit par devenir
45:46un problème
45:47parce qu'aujourd'hui
45:48le musée du Louvre
45:49en matière de circulation
45:50c'est absolument
45:52mais très honnêtement
45:53cosmardesque
45:54au-delà des
45:55quelques travaux à venir
45:57oui oui
45:58non mais au-delà
45:58des problèmes de sécurité
45:59etc
46:00donc c'est toujours
46:01comme ça en France
46:01maintenant on va le faire
46:02la même façon
46:03que Notre-Dame a brûlé
46:04et du coup
46:05on a reconstruit Notre-Dame
46:06qui est aujourd'hui
46:08fantastique
46:08qui va se passer
46:09la même chose
46:11avec le Louvre
46:12voilà
46:12donc c'est un peu
46:13notre façon
46:13de voir
46:15de le faire
46:16en France
46:17mais c'est vrai
46:18qu'on a un vrai sujet
46:19stratégique sur le tourisme
46:20en France
46:21et puis de monter en gamme
46:22non on a favorisé
46:23un tourisme de volume
46:24plutôt que de valeur
46:25nous avons un tourisme
46:26de volume
46:26et pas de valeur
46:27la plupart des touristes
46:29qui viennent en France
46:29viennent avec
46:30leur nourriture
46:31dans la voiture
46:32donc ils ont acheté
46:33la nourriture
46:33en Hollande
46:35ils l'ont acheté
46:35en Angleterre
46:37ce qui veut dire
46:38que quelque part
46:39la nourriture
46:40que vous achetez
46:40en France
46:41est plus chère
46:42qu'en Hollande
46:43est plus chère
46:44qu'en Angleterre
46:45est plus chère
46:46qu'en Allemagne
46:47ce qui est totalement
46:48contre-intuitif
46:49puisque nous sommes
46:50un pays plus agricole
46:52on revient
46:53à notre sujet précédent
46:54nous sommes un pays
46:55qui a plus de capacité
46:57à offrir
46:58des produits maraîchers
46:59n'est-ce pas
47:00et pourtant
47:01ces personnes
47:02préfèrent revenir
47:03avec leur propre nourriture
47:06qu'ils aillent
47:06dans un camping
47:07ou dans des petits hôtels
47:09ou dans des petits véhicules
47:10or en Espagne
47:12ce n'est pas le cas
47:13donc là
47:14nous avons un vrai problème
47:15et on retrouve le défi
47:16c'est-à-dire
47:16le défi
47:17de coûts trop élevés
47:18en France
47:19on aboutit
47:20que ce soit
47:21par le biais
47:22du droit du travail
47:22par le biais
47:23du droit social
47:25que ce soit
47:26par le biais
47:27des réglementations
47:28à des coûts
47:28très élevés
47:30qui ne sont pas
47:31ceux que sont prêts
47:32à payer
47:33les touristes
47:36et bien évidemment
47:37on développe
47:37par derrière
47:38une idée
47:39du confort français
47:42etc.
47:43à part que
47:43le confort
47:44et le luxe
47:45c'est pour un petit
47:46nombre de personnes
47:47tout le monde
47:47n'a pas non plus
47:48les moyens
47:50il veut un petit
47:51hôtel
47:52correct
47:52propre
47:53il ne veut pas
47:54quelque chose
47:55qui réponde
47:56à des critères
47:56de grandes pièces
47:57de volume
47:58etc.
47:59donc je crois
47:59qu'on a quelque part
48:00là aussi
48:01à repenser
48:02la réglementation
48:03et c'est un peu
48:04le mal français
48:04la réglementation
48:06mal pensée
48:07vous pouvez réagir
48:08sur mon compte
48:09twitter
48:10comme le fait
48:10alternance
48:11qui nous dit
48:11que les gens
48:11viennent de partout
48:12en Europe
48:12pour une journée
48:13avec des avions
48:14low cost
48:15voilà
48:15ils arrivent le matin
48:16ils se payent
48:17un cup sandwich
48:17à midi
48:18et ils repartent
48:18le soir
48:18c'est exactement
48:19ce que vous dites
48:20Raphaël
48:20à mon avis
48:21ce qu'il faut
48:21c'est
48:21je ne sais pas
48:22comment
48:22mais il faut
48:23réussir à casser
48:24cette espèce
48:25d'imaginaire
48:26collectif
48:26qui consiste
48:27à se dire
48:27qu'une fois
48:28dans ma vie
48:29j'irai
48:30en France
48:30donc j'irai
48:31à Paris
48:31donc une fois
48:32dans ma vie
48:32j'irai à Paris
48:33et donc j'arrive
48:34à Paris
48:34je me prends
48:35un selfie
48:35et je retourne
48:36chez moi
48:37ça c'est pas possible
48:38et donc ça pose
48:39la question
48:40de la mise
48:41en valeur
48:41de notre potentiel
48:42on n'a pas su
48:44mettre en valeur
48:45tout le potentiel
48:45justement
48:46de nos montagnes
48:48de nos arrière-pays
48:50la France
48:51ce n'est pas Paris
48:52et la Côte d'Azur
48:53et donc l'idée
48:53c'est pas forcément
48:54de capter plus
48:55de touristes
48:56aujourd'hui
48:56mais de mettre
48:57en valeur
48:57un patrimoine
48:58avec des circuits
49:00un peu plus
49:01dans l'arrière-pays
49:02et de capter
49:03des clientèles
49:05on sait que ceux
49:06par exemple
49:07qui dépensent le plus
49:08c'est notamment
49:10les Américains
49:12qui reviennent
49:13ça c'est la bonne nouvelle
49:13en tout cas à Paris
49:14on dit que les Américains
49:15reviennent dans la France
49:16ou la clientèle
49:16du Moyen-Orient
49:17et trouver cette
49:18voilà
49:19mais en fait
49:19il faut trouver
49:21ces circuits
49:21pour que
49:23les touristes
49:23qui viennent chez nous
49:24restent plus longtemps
49:25et dépensent plus
49:26aujourd'hui
49:27on sait par exemple
49:28sans se poser de questions
49:29vous savez que
49:30si vous partez
49:32en Thaïlande
49:32aux Etats-Unis
49:33ou au Maroc
49:34on casse la tirelire
49:35chacun à son niveau
49:36mais c'est des endroits
49:37où on y va
49:38on casse la tirelire
49:40pourquoi est-ce que
49:41ce ne serait pas
49:41la même chose en France
49:43donc c'est des questions
49:44de valorisation
49:44des territoires
49:45c'est un appel
49:47aux offices du tourisme
49:48de France et de Navarre
49:49à se mobiliser
49:51pour faire des campagnes
49:53je sais que dans les notations
49:54les aéroports
49:56et la fluidité
49:57dans les aéroports
49:57ce n'est pas ce qu'il y a
49:58de mieux non plus
49:58il y a peut-être aussi
50:00une culture de l'accueil
50:01je ne sais pas
50:03je pense quand même
50:03par rapport à ce que vous dites
50:04la question du coup
50:05est importante
50:05regardez l'Italie
50:06l'Italie a rieux
50:08à offrir
50:09avec probablement
50:10des conditions
50:12initialement
50:12de valorisation
50:14du patrimoine
50:15d'accueil touristique
50:16qui est moins bonne
50:17qu'en France
50:17et qu'ils ont su développer
50:19et vous avez
50:20toute la gamme de prix
50:21c'est-à-dire
50:21vous avez le sommet
50:22vous avez le riz
50:23et puis vous avez
50:24la petite chambre
50:25chez l'habitant
50:26etc
50:27et à des prix
50:28qui sont
50:28beaucoup plus accessibles
50:28mais ça n'existe pas ça
50:29Philippe Trénard
50:30en France
50:31pour des raisons
50:33que j'ignore
50:34nous sommes sur
50:35des prix plus élevés
50:36et bien sûr
50:36quand vous avez
50:37systématiquement
50:38des prix plus élevés
50:39je pense que
50:40tout bon économiste
50:40se retourne vers les coûts
50:42obligatoirement
50:42à un moment donné
50:43parce que je ne vois pas
50:44les français
50:45ils ne veulent pas
50:46des prix plus élevés
50:47par nature
50:47ce n'est pas dans la nature
50:48du français
50:49de faire des prix plus élevés
50:51voyez-vous
50:51donc il doit y avoir
50:52une cause objective
50:54bon
50:54outre ce que vous dites
50:55qui est très vrai
50:56je pense que Philippe Trénard
50:59a parfaitement raison
51:00de toute façon
51:00quand on voit
51:02qu'on a un problème
51:03dans un secteur
51:03la première chose à faire
51:04c'est d'arriver à évaluer
51:06ce qu'on appelle
51:07dans le langage courant
51:08le rapport qualité-prix
51:08c'est-à-dire
51:09la qualité
51:10qu'on peut proposer
51:12sur les coûts
51:14donc en France
51:15on sait très bien
51:16que le pays
51:16il est formidable
51:17il est fantastique
51:18qu'on mange bien
51:18que c'est sympa
51:19etc
51:19on a quelques atouts
51:20à défendre
51:21en fait ils sont gigantesques
51:23c'est gigantesque
51:24ils sont gigantesques
51:26on a des plages
51:26on a des montagnes
51:27on a des rivières
51:28on a une gastronomie
51:29comment dire
51:30on est capable
51:31de faire dans le domaine
51:32du tourisme
51:34de l'événementiel
51:34regarder ce qui s'est passé
51:35avec les Jeux Olympiques
51:36quand on s'y met
51:37quand on a une stratégie
51:38quand on sait où on va
51:39quand on a un projet
51:40quand on a la capacité
51:42à mobiliser de l'argent
51:43en fait ce qu'on fait
51:44en France
51:44est absolument inégalé
51:46je veux dire
51:46les américains
51:47la cérémonie d'ouverture
51:48sur la scène
51:49ils s'en sont toujours
51:50pas remis
51:50non non mais
51:51je peux en témoigner
51:53ils pensaient
51:54qu'ils allaient mettre
51:54Beyoncé dans un stade
51:55et que
51:57qu'on adore par ailleurs
51:58mais que ça
51:58ça allait suffire
52:00et en fait non
52:01parce qu'il n'y a que la France
52:02qui est capable de faire
52:03qui a été capable
52:04de faire ça en plein air
52:05donc on voit que ce potentiel
52:06vraiment
52:07il existe
52:08mais je suis entièrement
52:09d'accord avec Philippe Traher
52:10je pense qu'on a vraiment
52:10un problème
52:11en matière de structure de coût
52:13ceci dit
52:13au passage
52:14pour faire le lien
52:15entre les deux sujets
52:16on n'en parle jamais
52:17mais c'est aussi un sujet
52:18que l'on connaît
52:19avec l'agriculture
52:20c'est-à-dire que
52:20quand vous regardez
52:21des pertes de compétitivité
52:23de l'agriculture française
52:24vous voyez
52:25qu'en réalité
52:25c'est beaucoup
52:27auprès d'Européens
52:29notamment l'Allemagne
52:30sur certains produits
52:31comme l'asperge
52:32etc
52:32et on a des données
52:33d'Eurostat
52:34sur le coût du travail
52:35chargé dans l'agriculture
52:36et on voit qu'en France
52:37on est très élevé
52:38par exemple
52:39par rapport à l'Allemagne
52:40donc c'est une question
52:41de compétitivité
52:42en fait on oublie souvent
52:43le plus simple
52:44le basique
52:45on oublie l'essentiel
52:46c'est pour ça que je suis sensible
52:47à ce qu'il y a dit
52:47les questions de coût
52:49il y a un moment
52:50il faut quand même
52:50c'est aussi un positionnement
52:51évidemment
52:51comme le dit Nicolas
52:52ce qui est très important
52:53c'est un positionnement
52:54sectorial aussi
52:55on peut regarder globalement
52:56au niveau France
52:57mais sans en tirer
52:59aucune leçon
52:59de politique et économie
53:00il faut regarder
53:01secteur par secteur
53:02après pour savoir
53:03exactement
53:04d'où vient
53:04le problème de coût
53:06ce chiffre en fait
53:07les touristes
53:08qui viennent en France
53:09en moyenne
53:10c'était 760 euros
53:12de recettes
53:13par touriste
53:13et ce qui place
53:14la France
53:16ça dépend des années
53:17mais entre la 20ème
53:18et 30ème place
53:19ah oui
53:19c'est juste les farons
53:2120ème et 30ème place
53:22c'est assez loin
53:23on a quand même
53:23des lits à leur offrir
53:24et des restaurants
53:25à leur faire découvrir
53:26la concurrence
53:27c'est de plus en plus forte
53:28parce que vous avez
53:28des pays
53:28qui ont une stratégie
53:29touristique
53:31extrêmement ambitieuse
53:32prenez les Émirats
53:34l'Arabie Saoudite
53:34par exemple
53:35vraiment
53:36voilà
53:37vous avez
53:37oui Dubaï
53:38et avec des stratégies
53:40dont on parle beaucoup
53:40oui alors que
53:41Dubaï est
53:42un endroit très intéressant
53:43à voir
53:44mais enfin bon
53:45c'est Disneyland
53:46sur le même plan
53:46que Paris
53:48mais oui
53:48et puis ils ont
53:50des stratégies de filière
53:51c'est à dire
53:51que ça commence
53:52comme le disait
53:52Mathieu Jolivet
53:53avec l'aéroport
53:55le transport aérien
53:56jusqu'à l'hôtel
53:58etc
53:58donc on a une vision
53:59d'ensemble
54:01véritablement
54:01de la filière touristique
54:04bon
54:05on a encore du boulot
54:06pour nos politiques publiques
54:09le sursaut
54:10l'éternel
54:11c'est vraiment
54:11à notre portée
54:13l'exemple du tour
54:13non mais le tourisme
54:14a un très bon exemple
54:15c'est vraiment à notre portée
54:16non puis on se gargarise
54:17comme étant la première
54:19destination touristique
54:19on voit qu'il y a du boulot
54:20les méthodes notamment
54:21les méthodes de l'ex-plan
54:23etc
54:23ne sont pas les bonnes
54:24c'est à dire qu'il faut
54:26vraiment passer au crible
54:27toutes les dimensions
54:28et ne pas se fermer les yeux
54:30sur des dimensions
54:32où habituellement
54:33les français ont tendance
54:34à dire
54:34ben non
54:35le coût
54:36le coût de la qualité
54:37tout le monde est prêt
54:37à mettre
54:38à quel prix
54:38pour la qualité
54:39oui bon
54:40ben on le voit
54:41ça se paye
54:41à nos dépens
54:42bon j'espère que chaque jour
54:44dans les experts
54:44on vous aide à gagner
54:45une dose de lucidité
54:47sur tous ces problèmes
54:48dont on ne parle pas
54:48toujours
54:50merci à tous les trois
54:51pour cette émission
54:53passionnante
54:53Philippe Trenard
54:54professeur en horaire
54:55Aucna
54:55membre du cercle
54:56des économistes
54:57Mathieu Jolivet
54:58journaliste
55:00à BFM Business
55:00et Nicolas Bouzou
55:02dont on représente
55:03le livre
55:03l'éternel sursaut
55:05collection XO
55:07une histoire confiante
55:09de la France
55:11on en a besoin
55:12terriblement
55:13en ce moment
55:14merci à tous les trois
55:15pour cette émission
55:16passionnante
55:17disponible en podcast
55:18et replay
55:19pour les podcasts
55:22justement
55:22ne ratez pas
55:23à midi et demi
55:24Air et Défense
55:25le nouveau podcast
55:26co-signé
55:27BFM Business
55:28et La Tribune
55:29avec Michel Cabirol
55:31et Jean-Baptiste Thuet
55:32aujourd'hui
55:32invité exceptionnel
55:34Guillaume Fourie
55:35le PDG d'Airbus
55:36ne ratez pas ce soir
55:37à midi et demi
55:38quant à moi
55:38je vous retrouve lundi
55:40comme tous les jours
55:41à 10h
55:41en direct
55:42sur BFM Business
55:43très belle journée à tous
55:47les experts
55:48débats et controverses
55:50sur BFM Business
55:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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