- il y a 5 mois
Ce jeudi 29 janvier, Raphaël Legendre a reçu François Ecalle, fondateur de FipEco.fr, Stéphane Carcillo, responsable de la division revenu/travail de l'OCDE, professeur associé à Sciences Po, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00C'est parti !
00:05BFM Business et la Tribune présentent les expériences.
00:10BFM Business et la Tribune présentent les expériences.
00:15Il est 9h59, on a même quelques secondes d'avance.
00:20La question aujourd'hui c'est de savoir si on a la pire équipe de BFM.
00:25Le budget de la sécurité sociale a été voté il y a moins de...
00:30C'était en décembre, début décembre.
00:32Nous sommes fin janvier et les cons...
00:35Déjà c'est le très sérieux au Conseil, au financement de la protection sociale.
00:40qui tire la sonnette d'alarme dans son rapport sur l'état des...
00:45de la protection sociale.
00:46Aussi surprenant que cela puisse paraître,
00:49et bien le gouvernement...
00:50a oublié quelques dépenses en chemin.
00:52Alors une paille, c'est à 800 millions d'euros...
00:55seulement.
00:56On affichait déjà un déficit rouge cramoisi sur les...
01:00de la sécu, et bien c'est pire que prévu.
01:03Alors pourquoi les comptes dérapent déjà ?
01:05C'est le premier thème des experts aujourd'hui.
01:07La première question que je vais poser à mes invités.
01:10Et puis budget toujours, alors qu'on arrive enfin à la fin de l'examen...
01:15parlementaire du budget de l'Etat cette fois-ci,
01:18avec simplement un mois et demi de retour.
01:20On va voir si la folie fiscale qui a saisi l'Assemblée nationale...
01:25c'est traduite dans les faits, dans la copie finale du budget.
01:30si c'est une bonne idée de taxer les entreprises,
01:33et puis si on a quand même fait...
01:35quelques économies.
01:36PLF, que retenir de la copie 2026 ?
01:40C'est le deuxième thème des experts aujourd'hui.
01:42Et puis on va décrypter ensemble les bons chiffres des créations...
01:45d'entreprises en 2025.
01:472025, une année record, nous a dit l'INSEE hier.
01:50On va voir que ça peut être un peu plus compliqué que ça.
01:52Et puis on terminera sur les conséquences pour nous.
01:55de la chute du dollar qui...
02:00vient de dépasser les 1,20€ en cours ce matin.
02:05Voilà pour le programme des experts.
02:07Il est 10 heures passées de 1 minute.
02:09Vous êtes en direct sur...
02:10BFM Business.
02:11Allez, c'est parti.
02:15Les experts, débats et controverses sur BFM Business.
02:20Et pour parler de tous ces sujets,
02:23j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau François...
02:25Bonjour François.
02:26Bonjour.
02:27Fondateur de Fipeco.fr, le site de référence...
02:30sur les finances publiques,
02:31on va pouvoir décrypter ensemble tous ces sujets budgétaires.
02:35à côté de vous Stéphane Carcillot.
02:36Bonjour Stéphane.
02:37Bonjour.
02:38Responsable de la division Revenu...
02:40et travail de l'OCDE.
02:41Professeur associé à Sciences Po et Ludovic de Sauté.
02:44Bonjour Ludovic.
02:45Bonjour.
02:45directeur délégué de la rédaction de La Tribune.
02:48Alors, on va commencer par les comptes.
02:50de la Sécu.
02:51On pensait s'en être débarrassé,
02:53ça a été voté le 9 décembre il y a...
02:55moins de deux mois et pimpatatra fin janvier le...
03:00au Conseil pour la protection sociale.
03:04Groupe d'experts...
03:05spécialisé dans l'analyse des comptes de la Sécu,
03:09a publié son...
03:10rapport annuel hier et...
03:12eh bien, ce rapport, il tire un peu à la sonnette...
03:15d'alarme sur les comptes de la Sécu.
03:17François Hécal, qu'est-ce qu'ils nous disent ?
03:19Ce qu'ils nous disent...
03:20d'abord, surtout, c'est que le déficit de la Sécurité sociale
03:24ne va pas...
03:25quasiment pas diminué en 2026 par rapport à 2025...
03:30dans ce qui est voté dans la loi de financement de la Sécurité sociale.
03:33Alors, optiquement, il diminue.
03:35il passe de 24-25 milliards d'euros à un peu moins de 20.
03:40sous la barre des 20 milliards.
03:41Voilà, sous la barre des 20, mais c'est assez optique
03:43parce que ça vient, disons, de transfert...
03:45de l'État.
03:46Voilà, l'État va verser un peu plus d'argent à la Sécurité sociale.
03:49Il faut bien qu'on explique qu'il y a dans le budget...
03:50Il y a vraiment deux blocs.
03:51Il y a celui de l'État.
03:53On le voit d'un côté, c'est le projet de loi de financement.
03:55Et vous avez en parallèle le budget de la Sécurité sociale,
03:58qui est vraiment un objet...
04:00C'est pareil.
04:01C'est pareil, tout à fait.
04:02Bon, là, on a branché des QI un petit peu ensemble.
04:05C'est assez obscur.
04:06Il y a des cadeaux budgétaires entre les deux.
04:07Mais est-ce que ça veut dire qu'on est en train de manipuler les comptes ?
04:08On va parler très clairement, François.
04:09Non.
04:10C'est pas une manipulation des comptes.
04:11Mais ça veut dire en tout cas que ce qu'on fait gagner à la Sécu, l'État le...
04:15Et donc globalement, quand on parle de déficit public ou d'aide publique, on parle de...
04:20L'ensemble.
04:21L'État, la Sécurité sociale, les collectivités locales.
04:24Donc cette...
04:25Une mesure qui permet de réduire le déficit de la Sécurité sociale, ça n'a aucun effet sur le...
04:30de déficit public.
04:31On apporte 4 milliards à la Sécur, on les enlève au budget de l'État, on les habille Paul pour...
04:35C'est quelque chose qui se fait régulièrement, ça ?
04:37Ah oui, oui, oui, ça s'est toujours fait, ça devient...
04:40Il y a les circuits budgétaires entre l'État et la Sécurité.
04:45Les collectivités sociales sont devenues totalement illisibles.
04:47Incompréhensibles.
04:48Je pense qu'il y a trois personnes qui comprennent...
04:50qui prennent ça en France, on en a un des trois sur le plateau, on va en profiter pour décrypter.
04:53Ah mais moi, je comprends pas.
04:54Je comprends pas.
04:55Je pense qu'il n'y a que deux ou trois initiés à la direction du budget, au ministère des Finances et à la direction...
05:00de la Sécurité sociale qui comprennent quelque chose.
05:02Moi, ce que je me contente de faire dans une des fiches...
05:05sur le site de Fipeco, c'est de reproduire une annexe au projet de loi de financement de la sécurité...
05:10sociale qui décrit ces circuits budgétaires.
05:13Vous pouvez aller la voir.
05:15C'est très amusant.
05:16C'est horriblement compliqué.
05:17C'est incompréhensible.
05:18Voilà.
05:19Donc...
05:20Une belle synthèse des finances publiques à la frontière.
05:22Alors après, est-ce que nous dit ce que nous a dit le Haut Conseil ?
05:25La protection sociale.
05:26C'est que voilà, ça c'est ce qui a été voté, mais depuis...
05:29On...
05:30On a appris qu'il y avait deux nouvelles mesures.
05:32Alors une première qu'on aurait pu en effet anticiper...
05:35c'est le congé parental d'éducation puisqu'il a été voté, etc.
05:39Après...
05:40C'est ce qui était, je pense, ce qui était prévu par le ministère des Finances et
05:45de la Sécurité Sociale.
05:46C'est que ce dispositif ne sera mis en œuvre que dans quelques mois...
05:50Parce que techniquement, il faut que les caisses de Sécurité Sociale et les...
05:55de l'information.
05:56Enfin, ça se fait pas...
05:57Contrairement à ce que croient les députés, ça ne se fait pas en un jour.
06:00Voilà.
06:00Absolument.
06:01Absolument.
06:02Et donc, ils n'avaient mis quasiment rien.
06:03Et donc, il faut rajouter, si on le fait effectivement quand même...
06:05un peu plus tôt et qu'on arrive à le faire...
06:06Oui, parce qu'il faut expliquer qu'un amendement de la France Insoumise a été...
06:10adopté en toute fin de parcours budgétaire et l'a appliqué dès le prochain.
06:151er janvier 2026.
06:16Oui, mais ça sera jamais appliqué.
06:17Sauf qu'on vote des lois...
06:18C'est inappliqué.
06:19C'est inappliqué.
06:20Absolument pas derrière.
06:21Voilà.
06:22Mais bon, même si on le fait, on arrive à le faire quand même au premier...
06:25juillet, etc.
06:26C'est vrai qu'il y aura peut-être 100 ou 200 millions d'euros.
06:28Oui.
06:29À la limite, c'est dans l'épaisseur du...
06:30du trait par rapport à cette prévision de déficit.
06:32Il y a une mesure qui est un peu moins dans l'épaisseur du trait.
06:35mais qui apparemment a été décidé après, c'est que pour alléger la facture d'électricité...
06:40des Français, on va baisser une...
06:43Alors, en fait, c'est une espèce de...
06:45de contribution que payent les...
06:47d'impôts que payent les...
06:50des consommateurs d'électricité...
06:51Sur leur abonnement.
06:52Voilà, sur leur abonnement pour financer le système.
06:55Alors, le système spécial de retraite des agents...
07:00des industries électriques et gazières qui ont un régime spécial de retraite...
07:04Attendez, vous êtes en train de...
07:05de nous dire que quand on paye notre abonnement EDF, on paye un régime spécial de retraite.
07:10Oui, oui, vous payez une contribution qui finance...
07:14C'est formidable.
07:15C'est aussi ce système de retraite des agents d'EDF et des autres...
07:18Voilà.
07:19Et donc, on va réduire...
07:20On va réduire un peu cette contribution...
07:22Mais donc, ça veut dire qu'il y a un point d'argent qui va arriver...
07:23Oui, Roland Lesteur avait dit qu'il redistribuait...
07:25Voilà.
07:25Et qu'est-ce que ce régime de retraite ?
07:26Voilà.
07:27Il y a 500 millions.
07:28Voilà.
07:29Donc, c'est pas ça.
07:30C'est pas totalement négligeable.
07:30C'est 10 euros par ménage et par an.
07:32Je suis pas sûr que ça change grand chose au final.
07:33Mais ça, ça va plutôt aggraver...
07:35Voilà, ça va aggraver le déficit de ce régime de retraite.
07:38D'accord.
07:39De 540 millions...
07:40C'est 10 millions d'euros, du coup,
07:41puisque c'est la sécurité sociale qui doit le passer.
07:43Bon, Stéphane, je vous vois le regard...
07:45Sceptique, en entendant le bilan clair, lucide, argumenté...
07:50pédagogique de François Eccal.
07:53On a un peu l'impression...
07:55En matière budgétaire, on a perdu toute boussole, quand même, ces dernières années.
08:00On a l'impression qu'il n'y a pas vraiment de pilotage à long terme.
08:03Et je pense qu'il faut rappeler...
08:05quand même qu'à long terme, on a un vrai gros problème.
08:07C'est que, bon, le gros de nos dépenses publiques...
08:10quand on garde les gros postes, c'est les retraites et la santé.
08:13Oui.
08:14C'est...
08:15Si vous...
08:15ne commencez pas par piloter ça correctement,
08:17en gros, vous allez dans le mur.
08:18Et en ce qui concerne...
08:20les dépenses de sécurité sociale qui couvrent la santé, la redistribution...
08:25notamment la famille, etc.
08:27On a des sujets, c'est que les dépenses augmentent plus vite que la croissance.
08:30à long terme, aujourd'hui.
08:31Pourquoi ?
08:32Parce que si je prends rien que la santé, par exemple...
08:35On vieillit, tout simplement, donc ça coûte plus cher.
08:38Les technologies de santé...
08:40s'améliorent, mais coûtent de plus en plus cher.
08:43Parce que la technologie coûte plus cher.
08:45On a des médicaments, mais qui eux aussi, coûtent plus cher.
08:50Et donc, en gros, on a des dépenses qui augmentent maintenant autour...
08:55de 2,5 % par an.
08:57Alors que notre croissance, elle est...
08:59bah vous voyez...
09:00c'est bien, on tourne autour de 1 %.
09:01On est autour de 1, effectivement.
09:02Donc, si on pilote pas, en gros, ça va dans le mur, quoi.
09:05C'est structurellement déficitaire.
09:07Et on peut pas s'endetter, on ne peut pas.
09:10s'endetter pour de la dépense courante.
09:12Pour se soigner.
09:13C'est pas possible.
09:14Parce que ça veut dire qu'on endette...
09:15nos enfants.
09:16On va pas s'endetter pour les dépenses courantes.
09:17On s'endette pour l'investissement, pour le futur.
09:20mais pas pour de la dépense courante.
09:22Donc, ça vaut pour les retraites, ça vaut pour la santé.
09:25Et donc, ça veut dire qu'il faut vraiment qu'il y ait un pilotage,
09:28à la fois en matière de dépenses...
09:30pour dérembourser certaines choses, pour faire en sorte que...
09:35tout ne pèse pas sur la sécurité sociale, mais soit pris en charge par les mutuelles, etc.
09:40le prix des médicaments, le reste à charge, et puis il y a aussi les recettes.
09:45qu'on évoque, on peut pas déshabiller en permanence les recettes de la sécurité sociale.
09:50sachant qu'on a déjà un sujet de financement.
09:55Oui, les allègements de charges, c'est aussi une réduction des moyens de financer...
10:00de la sécurité sociale.
10:01Évidemment.
10:02Alors, par exemple, on a le gouvernement...
10:05et les gouvernements successifs ont allégé les charges sur les réserves supplémentaires.
10:10Oui.
10:11Ça n'augmente absolument pas les aires de travail, c'est prouvé par plusieurs études...
10:15dont une que j'ai faite avec Pierre Cahuy, qui a des années, sur un dispositif précédent.
10:18Ça a été remis au goût du jour.
10:20Ça ne bénéficie pas aux ouvriers, aux employés, ça bénéficie essentiellement aux cadres.
10:25qui sont d'ailleurs...
10:26Donc, l'exonération des heures sup, vous n'y êtes pas à vous.
10:29Non, mais...
10:30Non, mais ça réduit les contributions à la sécurité sociale, ça n'a aucun effet économique...
10:35sur la croissance des heures travaillées...
10:37Ça n'augmentera le volume de travail, ce n'est pas un incitatif...
10:40Ça c'est un exemple...
10:41Travailler plus pour gagner plus...
10:42Mais Otaxsa, il va falloir se poser la question de...
10:45de recettes différentes, d'une assiette différente.
10:47Parce que, comme je vous l'ai dit, on a une croissance autour de...
10:50100% par an.
10:51Ça vient du fait qu'on a un ralentissement de la productivité et des gains de productivité.
10:55dans notre pays, d'ailleurs, qui est partagé par les autres pays européens et les autres pays de l'OCDE.
11:00Oui.
11:00où il va falloir, à un moment donné, se dire...
11:03Bon bah, note sur le financement de la protection sociale...
11:05elle repousse sur les salaires.
11:06Les salaires, ils sont drivés par la productivité.
11:08Donc ça n'augmente plus comme avant...
11:10Donc les recettes ne rentrent plus comme avant.
11:12Or les dépenses augmentent plus.
11:14Donc il faut...
11:15Un, piloter les dépenses.
11:16Et deux, peut-être affecter de nouveaux types de recettes.
11:19Donc c'est tout le débat sur...
11:20sur la CSG, c'est le débat sur la TVA sociale...
11:23Que propose Antoine Fouché, notamment, effectivement.
11:25Essayer de remettre à plat, plutôt que de faire des espèces d'ajustement permanents
11:28avec des transferts dans tous les sens, essayer de...
11:30Qu'est-ce que vous pensez ?
11:32L'assiette sur laquelle on fait...
11:33Et à quoi vous seriez favorable, Stéphane ?
11:35Il y a un marché qui est extrêmement dynamique,
11:38c'est les marchés financiers en ce moment.
11:40de record en record.
11:41Est-ce que ça veut dire qu'il faudrait faire reposer sur peut-être la fiscalité ?
11:45Et du capital, une partie du financement de notre sécurité sociale.
11:48Écoutez, c'est une question qui ouvre...
11:50ouverte, en tous les cas, on peut se poser la question.
11:52La CSG, par exemple, c'est un impôt qui porte sur tous les types d'euros.
11:55de revenus, donc c'est une assiette beaucoup plus large,
11:57qui inclut aussi les revenus issus du capital.
12:00Voilà, pourquoi pas penser tout ça.
12:02Mais en tous les cas, je pense qu'il y a une remise à plat qui est absolument nécessaire.
12:05On voit bien que les petits ajustements...
12:07Bon, voilà, on n'a pas l'Assemblée nationale qui est capable de faire ça en ce moment.
12:10malheureusement, mais on voit que ces petits ajustements n'emmènent véritablement nulle part en fait.
12:15Est-ce qu'il faut revoir complètement le système ?
12:17Le gouvernement, Ludovic, je me tourne vers vous, mais le gouvernement...
12:20vient de lancer un groupe d'experts pour revoir la répartition des rôles.
12:25Par exemple, entre l'assurance maladie, on parlait des dépenses de santé, et les mutuelles qui...
12:30doit supporter quoi ? Parce que c'est vrai qu'on paye des cotisations sociales, mais on paye aussi nos mutuelles.
12:35qui sont là pour couvrir nos frais de santé.
12:38Qu'est-ce qu'en tire de tout ça ? C'est qu'il faut vraiment...
12:40tout remettre à plat ?
12:41Ce qu'on tient, et merci à François d'avoir fait oeuvre de pédagogie avec beaucoup d'élégance sur ce dossier...
12:45parce que c'est une tuyauterie.
12:47En fait, ce qui est grave, honnêtement, c'est qu'on ait ce débat-là...
12:50un 29 janvier sur un budget où on sait déjà que dans 11 mois, c'est mort.
12:55C'est ça qui est grave, honnêtement.
12:57Ça veut dire que le budget, il est déjà...
13:00hors les clous, la sécu, on visait 19,4 milliards d'euros...
13:05à l'origine de déficit, on sait déjà qu'on va parler de 20 milliards.
13:07On va dépasser les 20, oui.
13:08Et on n'est pas à l'abri d'autres surprises.
13:09Oui.
13:10Ce qui a été dit à l'instant par Stéphane, parce que la CSG a été très mal axée...
13:15dans le budget, il y a des exonérations, il y avait des choses qui avaient été prévues,
13:18qui ont été revisitées en urgence...
13:20Oui.
13:20dans un patchwork politique.
13:22Quand le 29 janvier, dans une entreprise, quand le 29 janvier sur un budget...
13:25on sait déjà qu'on est en dehors des clous.
13:27Normalement, on s'assoit et on bosse.
13:28Oui, il y a un conseil d'administration qui tape du poing sur la tête.
13:30Oui.
13:30On en est là, en fait, dans la gestion.
13:33Après, je pense que...
13:35On le sait, on l'a largement commenté.
13:37Ce budget, il n'a pas d'impulsion, il n'a pas de lecture politique, il n'a pas d'ambition.
13:40Si ce n'est de satisfaire...
13:41Plus un compromis politique, donc un plus petit commun dénominateur.
13:45Oui, et j'allais dire, c'est un budget qui ne donne pas une lecture au fond...
13:50français.
13:51C'est-à-dire que la sécurité sociale, évidemment, c'est un budget clé et important.
13:54Il y a cette commission...
13:55qui a été lancée il y a une semaine environ, pour arbitrer comment...
14:00à terme, on pourra avoir des transferts avec les mutuelles,
14:02c'est mieux répartir, que ce soit sur les lunettes, sur des...
14:05de choses...
14:06Enfin, revisiter un peu un catalogue et tout ça.
14:08Mais j'allais dire, ce transfert...
14:10il faut le poser politiquement, c'est-à-dire de se dire,
14:12jusqu'où on va, que prend en charge la sécurité ?
14:15La sécurité sociale, plutôt que de faire des choses en loose day,
14:17ce qui est vraiment le cas, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas portés...
14:20politiquement, c'est-à-dire de dire, aujourd'hui, maintenant,
14:23il va falloir qu'on change de logiciel.
14:25le chiffre est tombé ce matin.
14:26Je vais juste vous le dire, le fonds souverain à Norvège...
14:29Oui.
14:30l'année dernière, 565 millions d'euros de bénéfices par jour.
14:33Voilà.
14:34Par jour ?
14:35Voilà.
14:36565 millions d'euros de bénéfices par jour.
14:39Donc...
14:40il va peut-être falloir que la France change de logiciel,
14:43plutôt qu'on essaye de faire...
14:45chercher à la richesse là où elle est.
14:46Voilà.
14:47Plutôt que de faire des patchwork qui ne fonctionnent plus...
14:50Oui.
14:50ont bricolé l'année dernière avec des clous.
14:53Cette année, on bricole avec du scotch.
14:54Donc...
14:55l'année prochaine, je ne sais pas comment on va bricoler,
14:56mais ce budget est déjà...
14:58Caduc.
14:59Oui, oui.
15:00C'est dérape, dérape.
15:01On est le 29 janvier et déjà on dérape.
15:04Si vous avez des questions...
15:05sur le budget, n'hésitez pas à réagir sur mon compte Twitter,
15:08arrobase legenra et le GEN.
15:10R.A.
15:11Je les relaierai durant l'émission.
15:13Alors, là, on a parlé de la copie...
15:15Sécurité sociale.
15:16On termine là l'examen du budget de l'État.
15:20Aussi, alors, un petit peu à la bourre, normalement c'est fin décembre.
15:24Bon, on terminera...
15:25le mi-février comme l'année dernière.
15:27Ça a tellement explosé dans...
15:30dans tous les sens et ça a duré tellement longtemps que plus de personnes,
15:33même les plus fri...
15:35brillant de matières budgétaires, ont arrêté de suivre les zigzags permanents.
15:40autour de la copie budgétaire.
15:41Il n'empêche qu'on arrive à la fin, François et Cal.
15:43Qu'est-ce qu'on peut retenir ?
15:45de cette copie 2026.
15:47D'abord, on a beaucoup, beaucoup, beaucoup parlé d'impôts.
15:50de taxes Zuckman, de taxes sur les holdings, de sur taxes DS.
15:54Est-ce que...
15:55la folie fiscale qui s'est emparée de l'Assemblée nationale se...
16:00s'est transmise dans les textes au final ?
16:02Qu'est-ce qu'on en tient ?
16:03Au final, il n'en reste pas...
16:05Il n'y a pas grand-chose.
16:06C'est vrai, parce que le taxe Zuckman, il n'y a pas...
16:08C'est beaucoup de bruit pour rien, c'est ça ?
16:10Il n'y a pas grand-chose.
16:11Après, ce qui reste, il reste quand même des choses.
16:13La principale mesure qui reste...
16:15ça, c'est le maintien de la majoration dite exceptionnelle
16:18du taux d'impôt sur les sociétés.
16:20pour cette année qui avait déjà été créée l'année dernière.
16:23Qui devait être exceptionnelle l'année dernière.
16:25Et moi, je pense que c'est un très mauvais signal.
16:27C'est le sujet de ma dernière note sur Fipeco.
16:29En fait...
16:30Alors, si c'était vraiment exceptionnel,
16:32les économistes disent qu'un impôt exceptionnel...
16:35temporaire...
16:36Oui, c'est pas très basse.
16:37Très grave.
16:38Mais encore faut-il que ce soit crédible.
16:40Or, la situation des finances publiques est telle.
16:43Les efforts de redressement sont tels que...
16:45ne voient pas comment on fera pour ne...
16:47finalement ne pas la pérenniser.
16:49On rappelle combien il nous faut d'ici...
16:502029-2030 pour revenir en 3%.
16:52Il va y avoir une centaine de milliards.
16:53Un... au moins.
16:54Un... au moins.
16:55à un moment où il va falloir augmenter nos dépenses militaires.
16:58Si on veut atteindre la cible de l'OTAN...
17:00de 45 milliards...
17:01Oui.
17:02Et si on veut respecter nos engagements en matière de lutte contre l'effet de serre,
17:04c'est aussi...
17:05à peu près 40 milliards de plus chaque année d'ici 2030.
17:07Donc on va augmenter les dépenses de 100 milliards...
17:10Il va falloir trouver 100 milliards en plus pour réduire le déficit.
17:13Et... voilà.
17:14Donc...
17:15être ambitieux.
17:16Un point de PIB environ par an.
17:17Un point de PIB, voilà.
17:18Et donc comme la seule chose que les députés...
17:20sont capables de faire...
17:21On vient de le voir justement, c'est d'augmenter les impôts sur les grandes entreprises.
17:25Parce qu'au sort, finalement, voilà, les Français sont assez d'accord.
17:29Donc je pense que cette mesure...
17:30va être pérennisée.
17:31Et ça va avoir des effets très négatifs.
17:33Moi, ce que je note, c'est...
17:35c'est que dans le dernier rapport de l'OCDE sur l'impôt sur les sociétés...
17:38Oui.
17:39Et bien désormais...
17:40avec cette majoration, le taux d'impôt sur les sociétés en France, il est de 36%.
17:44C'est le premier.
17:45Oui.
17:45des 145 pays couverts par ce rapport de l'OCDE.
17:48Alors...
17:49On a le taux d'impôt...
17:50sur les sociétés...
17:51Le plus élevé...
17:52Le plus élevé...
17:53sur 145 pays...
17:54des pays...
17:55Mais...
17:55plus...
17:56145...
17:57Il y a la Chine...
17:58Il y a l'Inde...
17:59Il y a tout !
18:00Il y a tout !
18:00145...
18:01Et bien champions du monde !
18:02On est les champions du monde !
18:04Alors certes...
18:05Il n'y a pas que le taux de l'IS...
18:07Il y a aussi...
18:08Il faut tenir compte de l'assiette, des réductions...
18:10d'impôts...
18:11Il n'y a pas que l'IS...
18:12Mais c'est un très mauvais signal !
18:14Et toutes les études économiques...
18:15montrent...
18:16que ça a un effet négatif...
18:17sur l'investissement !
18:18Donc...
18:19C'est...
18:20Pardon ?
18:20François...
18:21C'est une très mauvaise idée !
18:23L'INSEE dans sa note de conjoncture...
18:25au mois de décembre...
18:26On a fait un encadré...
18:27sur la surtaxe 2025...
18:29la version 2025...
18:30en expliquant que ça n'avait eu aucun effet...
18:33sur l'investissement des entreprises !
18:35Est-ce qu'on pouvait...
18:36Et d'abord...
18:37Bon...
18:38Pour le moment on ne voit pas grand-chose...
18:39On a juste un an...
18:40On pouvait considérer en effet...
18:40que c'était exceptionnel...
18:41Et là encore...
18:42à nouveau...
18:43un prélèvement exceptionnel...
18:45une fois...
18:46vous êtes sûr que ça ne va pas recommencer...
18:47la deuxième fois...
18:48vous ne modifiez pas vos comportements !
18:50Vous ne modifiez pas vos investissements !
18:52Parce que les décisions d'investissement...
18:53Elles se prennent justement sur des...
18:55je veux dire...
18:56avec des perspectives de long terme...
18:57Ça va de vert...
18:58Bonjour les dégâts !
18:59Là le problème c'est que ça...
19:00voilà ça dure !
19:01Et à partir du moment où ça devient durable...
19:03et que les entreprises vont considérer que c'est durable...
19:05ça risque d'avoir des effets !
19:07Ça dure mais ça va devenir même une martingale budgétaire !
19:10Stéphane...
19:11sur Tax Dies...
19:12on voit bien que effectivement...
19:13on a 8 milliards là...
19:14qu'on peut le...
19:15levé...
19:16assez facilement...
19:17sur seulement 300 groupes...
19:19qui ne votent...
19:20pas...
19:21donc sans conséquences politiques...
19:24ça veut dire que...
19:25vous avez parti pour durer cette surtaxe ?
19:27Écoutez...
19:28franchement...
19:29je ne sais pas...
19:30je pense que je suis...
19:30avec François Eccal...
19:31c'est un très mauvais signal dans un contexte où...
19:33on a des...
19:34des...
19:35on a un problème de sous-investissement...
19:37et de partout ailleurs...
19:38on baisse le taux d'impôt...
19:40sur les sociétés...
19:41aux Etats-Unis...
19:42Oui mais le gros sujet pour la France...
19:43à nouveau...
19:44à nouveau...
19:45il y a deux gros sujets pour notre économie...
19:47et nos finances publiques...
19:48c'est...
19:49euh...
19:50euh...
19:50l'emploi...
19:51euh...
19:52et l'investissement...
19:53donc...
19:54euh...
19:55l'emploi...
19:55pour euh...
19:56bah...
19:57finalement générer euh...
19:58des recettes euh...
19:59euh...
20:00et soutenir...
20:00le PIB par habitant...
20:01et l'investissement...
20:02pour la productivité...
20:03pour que chaque heure travaillée...
20:04produise...
20:05plus...
20:06s'il n'y a pas d'investissement...
20:07euh...
20:08il n'y a pas de productivité...
20:09et on a un problème de...
20:10de sous-investissement...
20:11notamment de sous-investissement...
20:12en R&D...
20:13euh...
20:14qui sont des dépenses à très loin...
20:15à long terme...
20:16euh...
20:17qui coûtent cher...
20:18qui sont souvent euh...
20:19avec un rendement très incertain...
20:20On a le crédit d'impôt recherche...
20:21on a le plus gros crédit d'impôt recherche...
20:23au monde aussi...
20:24pour le coup il est assez mal ciblé...
20:25c'est un problème...
20:26c'est qu'on a un problème de ciblage...
20:27sur le crédit d'impôt recherche...
20:28mais euh...
20:29on a...
20:30voilà...
20:30c'est pas un bon signal du tout...
20:31euh...
20:32ça va pas dans le bon sens...
20:33à mon avis...
20:34et...
20:35ça donne vraiment...
20:35l'impression que...
20:36euh...
20:37finalement euh...
20:38on cherche à fonctionner de manière euh...
20:39euh...
20:40en urgence...
20:40parce que tout simplement...
20:42on n'est pas capable euh...
20:43de gérer euh...
20:44la dépense...
20:45ou de remettre à plat...
20:46euh...
20:47l'ensemble des prélèvements...
20:48euh...
20:49et...
20:50il faut dire aussi autre chose...
20:51c'est que euh...
20:52euh...
20:53on sait...
20:54on a étudié énormément d'ajusteurs...
20:55d'ajustement budgétaire euh...
20:56au cours des 30 ou 40 dernières années...
20:58oui...
20:59des pays en déficit...
21:00et on l'a déjà dit sur ce plateau...
21:01mais il faut le rappeler...
21:02euh...
21:03quand on veut euh...
21:04faire un ajustement...
21:05budgétaire euh...
21:06euh...
21:07euh...
21:08soit efficace...
21:09euh...
21:10en termes de réduite...
21:10du déficit, mais qui ne pèse pas sur la croissance dans les années qui viennent, il faut
21:15faire essentiellement une réduction de la dépense.
21:20C'est-à-dire qu'il faut augmenter facilement aux deux tiers ou aux trois quarts et
21:23augmenter les impôts.
21:25N'avoir une contribution de l'augmentation des impôts que pour un tiers ou un quart.
21:30C'est intéressant ce que vous dites Stéphane Carcillo parce que j'ai repris les chiffres
21:32du budget de la sécu ce matin.
21:35On a multiplié par trois les impôts par rapport à la copie originale.
21:40du gouvernement et on a divisé par trois les économies.
21:43Donc on fait exactement...
21:45Exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire.
21:47On fait exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire, c'est-à-dire que je pense que...
21:50le déficit, enfin la trajectoire qu'on a pour ce budget et pour le budget de l'année
21:53précédente est malheureusement...
21:55Malheureusement, peut-être pour le budget prochain, c'est exactement le contraire de ce qu'il faut...
22:00faire, de ce qu'on sait qu'il faut faire, ça veut dire quoi ?
22:03Ça veut dire tout simplement que...
22:05On va avoir finalement très peu de baisse de dépense, un problème de déficit qui va se...
22:10reposer dans les années qui viennent et surtout, surtout, on alourdit la barque.
22:13C'est-à-dire que le bateau va...
22:15avancer de moins en moins vite et donc la croissance ne va pas repartir.
22:20Et donc les rentrées fiscales vont être de moins en moins importantes parce qu'on arrive un peu au maximum...
22:25de la courbe de l'affaire et donc c'est très mauvais pour la croissance.
22:29Donc c'est ça qui vraiment...
22:30inquiétant, c'est que je pense qu'on plombe aussi la croissance pour les années qui viennent.
22:33Et la boucle...
22:35n'importe ce que dit Stéphane, la boucle est bouquée parce que rappelons-nous,
22:37je crois qu'on est tous d'accord sur le côté patchwork de...
22:40ce budget qui n'a pas d'impulsion, mais rappelons-nous le discours original.
22:44Au début, on parlait...
22:45d'un objectif de 4,7% en termes de déficit.
22:50Aujourd'hui, on est à 5% parce qu'on pourrait encore se dire et si avec tout ça...
22:55Oui, on a ralenti...
22:55On arrive à tenir la barque.
22:575% commencent à sembler un peu du miracle.
23:00et le cornu s'en remet à la croissance en espérant que la croissance tienne.
23:05Oui.
23:05L'Allemagne vient de réviser à la baisse sa croissance.
23:07L'Allemagne vient de réviser à la baisse.
23:09Donc ça veut dire que...
23:10non seulement par rapport à un diagnostic qui est relativement clair et partagé,
23:14on ne met pas...
23:15on remplace les bons remèdes, mais en plus ces remèdes vont probablement ne pas aboutir.
23:20à l'objectif qui a été posé.
23:22Et pour tourner les 5% de déficit en fin d'année...
23:25ça va être coton pour la France.
23:26Il y a peut-être même posé sur la croissance.
23:28Donc du coup, on a tout faux.
23:30Bon.
23:31On a vraiment tout faux.
23:32Est-ce qu'on a des économies quand même dans ce budget François et Cal ?
23:35Sur la sécurité sociale, il n'y a quasiment rien.
23:39Bon.
23:40Sur l'Etat, oui, il y a des économies, je dirais un peu, mais...
23:45un peu forfaitaires sur un certain nombre de ministères.
23:47Globalement, les dépenses...
23:48C'est quoi ? C'est du rabot entre les ministères ?
23:50On va...
23:50On va aller taper dans la trésorerie des agences de l'Etat,
23:52ce qu'on fait un peu chaque année, quoi.
23:54Voilà, c'est ce genre de choses qu'on fait chaque année.
23:55qui font que, hors défense, parce que le budget de la défense augmente...
23:59Oui.
24:006,7 milliards d'euros.
24:01Et hors charge d'intérêt.
24:02Oui.
24:03On a une baisse des dépenses, c'est vrai.
24:05Oui.
24:05mais parce que voilà, on rabote par-ci par-là.
24:08Mais le sujet de la dépense aujourd'hui, il est...
24:10du côté des pensions, des dépenses de santé, bref...
24:15de la sécurité sociale ou il est du côté de l'Etat ?
24:17Est-ce que l'Etat est dispendieux ?
24:19Non.
24:20Si on regarde la répartition des dépenses publiques, 25% des dépenses publiques...
24:25c'est les retraites.
24:26Un quart des dépenses publiques, ce sont les retraites.
24:28Un quart, 20% des dépenses publiques...
24:30c'est la santé.
24:31C'est ça les deux grosses.
24:32Donc on a quasiment la moitié de nos dépenses entre les deux là.
24:35Bien sûr.
24:35Et 20% des dépenses publiques, c'est les collectivités locales.
24:39Les collectivités locales...
24:40qui pour moi sont beaucoup plus dispensieuses que l'Etat.
24:43Ah oui ?
24:44Les dépenses de fonctionnement de...
24:45de l'Etat et de ses agences, comme on dit, etc.
24:48C'est 12% du total.
24:50Et l'Etat...
24:50il a fait des efforts...
24:51je cite souvent un chiffre...
24:53l'évolution des emplois...
24:55dans la fonction publique depuis 97...
24:57parce qu'on a des séries depuis 97.
24:59Oui.
25:00sans même compter les emplois qui ont été transférés...
25:03de l'Etat aux collectivités locales.
25:05à la suite de la décentralisation.
25:07Dans les collectivités locales, c'est plus 45%.
25:10L'Etat, c'est plus 7%.
25:12Parce qu'il y a eu une baisse des effectifs de l'Etat pendant...
25:15dans la période Sarkozy.
25:16Alors après, c'est remonté...
25:17Les élus vous diront...
25:18et globalement, l'Etat a fait des efforts.
25:20Oui, mais je ne compte même pas si je comptais des emplois
25:23qui ont été transférés par l'Etat.
25:24Ah oui, c'est plus que ça !
25:25Pas plus que 50% !
25:26Bien sûr !
25:27Ça serait beaucoup plus !
25:28Bon, et les sénateurs sont là chaque année...
25:30Mais tous les ans, les sénateurs sont là pour dire
25:33qu'on ne touche pas aux collectivités locales.
25:35trop d'efforts.
25:36Donc des solutions là, si...
25:39j'ai vraiment envie...
25:40dans cette émission,
25:41on fait des constats lucides,
25:42mais qu'on donne des solutions.
25:44Donc la bonne voie...
25:45ça serait, si je vous entends...
25:46quoi ?
25:47Un gel des retraites ?
25:48Une réorganisation ?
25:50des dépenses de santé entre l'hôpital,
25:54le soin de ville, c'est quoi ?
25:55Quelle est l'urgence ?
25:56Quel est le message à faire passer à ceux qui nous écoutent ?
26:00François.
26:01On commence par François, Stéphane et Ludovic.
26:03Les retraites.
26:04Les retraites d'abord...
26:05Il y a une mesure...
26:07Qu'on devait geler dans ce budget, hein !
26:09Et puis...
26:10Les retraites.
26:10D'abord, l'âge de départ à la retraite.
26:12S'il y a une mesure qui permet à la fois de réduire le défi...
26:15assez vite, réduire les dépenses.
26:17Mais aussi, en même temps, et c'est assez rare de trouver ce genre de mesure...
26:20de stimuler la croissance à moyen long terme, c'est le recul de l'âge effectif de départ.
26:25à la retraite.
26:26Alors, on peut discuter des moyens pour y arriver, mais il faut y arriver.
26:29Et donc, voilà...
26:30Donc là, on l'a fait à contresens, on a gelé la réforme, on a pris...
26:34Encore une fois...
26:35On parle à contresens, retraite.
26:36Stéphane.
26:37Stéphane Carcillo.
26:38Bah, oui, évidemment, numéro un, retraite.
26:40Je pense qu'on serait...
26:40Tous d'accord.
26:41Numéro deux, santé.
26:43Retraite et santé, ce sont les...
26:45deux postes qui ont le plus contribué ces dernières années au déficit.
26:48C'est vraiment là que ça fuit.
26:50de tous les côtés.
26:51Et je suis tout à fait d'accord avec François Eccal que, pour le coup, les dépenses de l'État...
26:55centralisés, ça n'a pas été vraiment le sujet.
26:57C'est pas là où il faut...
26:58C'est pas le sujet central.
26:59On voit bien que l'État le fait parce que...
27:00c'est à sa main et qu'il faut le faire, mais c'est pas du tout le sujet central.
27:03Et puis il y a une paupérisation, mais ça...
27:05de la police aussi.
27:06Voilà.
27:07On le voit dans l'enseignement, dans la justice...
27:08Donc, retraite numéro un...
27:10santé.
27:11Et ensuite, je pense que...
27:15on peut remettre à place un certain nombre de dépenses fiscales, ce qu'on appelle les niches.
27:19La dépense fiscale.
27:20et sociale.
27:21Il y en a 80 milliards quand même.
27:23Alors, certaines sont efficaces.
27:25Ça, ça a disparu du budget aussi du PLF 2026.
27:28Pour booster la croissance.
27:30économique et l'emploi.
27:31Certaines sont efficaces.
27:32Certaines sont moins efficaces.
27:33Oui.
27:34Moi, je connais bien...
27:35le sujet des allégements de cotisations parce que chaque année, on repasse dessus.
27:39Les allégements...
27:40les allégements de cotisations qui vont aujourd'hui jusqu'à trois fois le SMIC, au-delà de deux fois le SMIC, ça n'a aucun effet sur l'emploi.
27:45Il y a 7 à 10 milliards à économiser.
27:47Donc, voilà.
27:48Des exemples comme ça, il y en a quand même...
27:50C'est même pas mal.
27:51Donc, on pourrait aussi remettre à place ces éléments-là parce que je pense que dans ces dépenses, ce qu'on appelle ces dépenses fiscales...
27:55il y a quand même pas mal de nettoyage également à faire.
27:58Bon, j'espère qu'on enregistre cette émission.
28:00à Bercy, dans les ministères et au ministère des Affaires Sociales pour le prochain PLC.
28:05Tous les députés devraient nous écouter tous les jours.
28:07Évidemment retraite, évidemment santé...
28:10D'accord ?
28:11Je vais pointer particulièrement l'investissement parce qu'il faut un choc d'investissement.
28:15dans ce pays aussi.
28:16Il faut arrêter de sauver des choses qui ne sont pas sauvables pour des raisons...
28:20politiques et tout ça.
28:21Oui.
28:22Il faut mettre en mouvement ce pays, l'économie de ce pays.
28:25Je pense à la robotique humanoïde, je pense évidemment à l'intelligence artificielle, mais aussi à d'autres choses.
28:29L'industrie de la défense...
28:30sur lequel il commence à avoir des signaux, parce que ce n'est pas en tentant de se recroqueviller, de défendre...
28:35ce qui ne va pas être l'économie de demain, qu'on va réussir par ailleurs.
28:39Et là il y a un enjeu...
28:40Sur l'horizon politique, les économies non plus, c'est sûr que...
28:42Mais ça demande un fléchage intelligent, Stéphane en parlait un instant...
28:45Aujourd'hui on saupoudre, il n'y a pas de pilotage dans plein d'aides et tout ça...
28:50Alors qu'au...
28:50Aujourd'hui il y a des choix stratégiques en termes de planification et d'orientation de ce que sera l'économie...
28:55de demain et les jobs de demain par ailleurs.
28:57Et ça c'est un enjeu fondamental.
29:00Et ça va de pair évidemment avec tout ce qui est enseignement, éducation...
29:04C'était un atout.
29:05de la France, il faut pas le perdre, il faut le reconstruire.
29:09C'est un atout sur lequel...
29:10Il y a vraiment une mobilisation aussi forte que la défense.
29:12Grand chantier à venir.
29:13Bon et puis on espère qu'on aura les entrées...
29:15L'entreprise de demain 2025 a des records pour la création d'entreprises.
29:19Plutôt une bonne nouvelle...
29:20Il y en a quand même.
29:21On va creuser un peu les chiffres.
29:23Ne quittez pas, on revient tout de suite après une...
29:25courte pause de publicité.
29:26A tout de suite.
29:30BFM Business et la Tribune...
29:35Présente...
29:36Les experts.
29:37Raphaël Legendre.
29:39On est...
29:40Retour pour la seconde partie de l'émission avec toujours autour du plateau Ludovic de Sauté, Stéphane Carcillo...
29:45et François Eccal pour parler des créations d'entreprises.
29:49On a les chiffres.
29:502025 qui sont tombés hier par l'INSEE et...
29:55qui nous annoncent une année record, Stéphane Carcillo.
29:58A priori, on se dit...
30:00formidable.
30:01On a plus d'un million cent cinquante mille entreprises.
30:05qui se sont créées en France l'année dernière et en réalité.
30:10depuis 20 ans...
30:13Non, depuis 15 ans pardon.
30:14Depuis le virage.
30:15un peu pro-business du quinquennat à François Hollande.
30:18Donc depuis 10 ans...
30:19Et bien cette courbe ne...
30:20cesse d'augmenter.
30:21Est-ce que l'esprit entrepreneurial a infusé dans...
30:25dans la société française ?
30:26Alors, je ne sais pas si l'esprit entre...
30:28Je pense que les Français sont très...
30:30sont très entrepreneurs riaux.
30:32De ce point de vue, je pense qu'il n'y a pas...
30:34Il n'y a pas d'autre...
30:35doutes à avoir.
30:36C'est vrai qu'on a une très forte augmentation dans la dernière,
30:37plus 5% mais qui est portée...
30:40aux deux tiers par la micro-entreprise, c'est-à-dire l'auto-entrepreneur.
30:45Et c'est un peu aussi la grande transformation, le statut d'auto-entrepreneur qui a été...
30:50créé, si je m'abuse, en 2008 ou...
30:52C'était Hervé Novelli autour de 2008, effectivement.
30:54Autour de 2008, 2009.
30:55qui n'a cessé finalement de croître, d'avoir un certain succès.
30:59Oui.
31:00et qui a beaucoup facilité la création d'entreprises...
31:05pour des bonnes raisons et pour des mauvaises raisons.
31:07Pour des bonnes raisons parce que c'est un statut...
31:10qui est extrêmement simple, avec des démarches simplifiées, qu'il n'y a pas...
31:15de prélèvements forfaitaires des URSAF, que tout est proportionnel au chiffre d'affaires.
31:20Oui.
31:21Avec un taux unique.
31:22Donc tout ça a été extrêmement simple.
31:24Qui augmente au fur et à mesure...
31:25des années...
31:26Bien sûr, comme tous les impôts que la France crée, mais...
31:30mais qui...
31:31mais qui quand même reste extrêmement simple...
31:32Avantageux.
31:33Avantageux par rapport...
31:34Oui.
31:35...
31:35pour des petites structures par rapport au statut de la société...
31:39pour lesquelles...
31:40il peut y avoir des prélèvements très importants, même lorsque le chiffre d'affaires baisse.
31:44Euh...
31:45...
31:45Alors certes, il n'y a pas de capacité de déduire des dépenses euh...
31:49euh...
31:50de fonction...
31:50non seulement c'est très très limité pour l'auto-entrepreneur...
31:52mais pour des petites structures euh...
31:54euh...
31:55qui fonctionnent...
31:55avec un chiffre d'affaires relativement limité, c'est très très bien.
31:57Donc ça c'est le...
31:58bon côté des choses.
31:59Je pense que vraiment c'est...
32:00cette simplification a boosté euh...
32:02la création de plein d'activités et a permis à des gens de se lancer.
32:05c'est une bonne tendance et euh...
32:07ça c'est positif.
32:08Le côté un peu moins positif c'est que...
32:10euh...
32:11ça peut aussi traduire le fait qu'un certain nombre de personnes se tournent vers ce type de dispositif...
32:15parce qu'elle n'a plus accès aux salariats euh...
32:18euh...
32:19traditionnels.
32:20C'est un peu...
32:20ça toute l'ambiguïté de ces chiffres.
32:21Voilà et donc ça pourrait aussi traduire euh... euh...
32:24euh...
32:25alors euh...
32:26peut-être pas forcément une précarisation mais en tous les cas une dualisation euh...
32:29du marché.
32:30du travail.
32:31Oui.
32:32Avec des gens qui restent dans le salariat et d'autres qui euh...
32:35euh...
32:36à force d'instabilité ou à la suite d'une perte d'emploi,
32:38finalement euh...
32:39se tournent vers ce dispositif.
32:40là pour créer leur propre activité.
32:42Alors c'est très très bien parce que du coup on continue à...
32:45à être employés, on continue à produire de la richesse euh... euh...
32:48euh... et à la croissance de notre pays.
32:50mais il faut savoir que les droits qui sont associés euh... euh...
32:53euh... au régime de micro-entreprises ne sont pas...
32:55les mêmes...
32:56Eh oui.
32:57euh... que les droits qui sont associés euh... euh... euh...
32:59aux cotisations salariales.
33:00Ça fait longtemps...
33:00Pour les...
33:01.. et en les patronales de quelqu'un qui est salarié.
33:03Même salarié de sa propre entreprise, d'ailleurs.
33:05Euh...
33:05entrepreneur, il n'a pas le droit à l'assurance
33:06chômage, il ne cotise pas pour la retraite.
33:10Ça, c'est le côté un peu
33:12noir de...
33:15Précaire, il y a un côté précaire.
33:17Le côté de la médaille qui est un petit peu plus...
33:20sombre qui pourrait nous dire
33:22qu'il y a peut-être probablement aussi
33:23une précarisation pour...
33:25un certain nombre de personnes
33:26qui se dirigent vers ce dispositif
33:28plutôt que...
33:29À défaut de...
33:30de pouvoir retrouver un emploi salarié.
33:32Vous êtes un grand spécialiste du marché du travail, Stéphane Cartier.
33:35Est-ce qu'on a une image claire de qui compose cette...
33:40population des auto-entrepreneurs ?
33:41Est-ce que toutes les déclarations...
33:45contiennent une activité ?
33:48Est-ce que...
33:48Parce qu'effectivement, c'est très simple de créer une auto...
33:50une auto-entreprise.
33:51Est-ce que ce sont des travailleurs indépendants
33:52qui vivent à 100% de l'auto-entrepreneuriat ?
33:55Est-ce que c'est une majorité de gens
33:56pour qui c'est un complément de salaire simplement ?
34:00Est-ce que c'est pérenne dans le temps ?
34:02Au fil du temps, on a quand même pas mal d'études qui ont été faites.
34:05Je ne les ai plus en tête là, mais je sais que c'est une majorité plutôt d'hommes,
34:09un peu moins de femmes.
34:10Même si les femmes sont quand même assez bien représentées,
34:12mais c'est plutôt des hommes.
34:13C'est beaucoup des activités.
34:15dans le commerce et dans les services.
34:18Les services aux entreprises, aux services aux personnes...
34:20ou des activités commerciales...
34:23Et...
34:25Et pour une part, c'est vrai que ce sont des activités complémentaires,
34:27mais pas totalement.
34:28Il y a des gens qui font de l'entreprise.
34:30comme ça.
34:30Donc, on a une assez bonne, je pense, vision de ça.
34:34On sait aussi qu'il y a beaucoup de...
34:35ces micro-entreprises qui disparaissent.
34:37Au bout de deux ans, la moitié disparaissent.
34:40Oui, mais alors, c'est un peu le propre de toutes les créations d'entreprises.
34:43Il faut savoir que quand on crée...
34:45une entreprise, il y a quand même,
34:46même si on la crée sous un autre régime,
34:48ce n'est pas le propre de l'autre.
34:50entrepreneuriat.
34:50On a quand même beaucoup de risques
34:52quand on crée une entreprise
34:53et qu'elle ne subsiste.
34:55qu'elle n'arrive pas à survivre
34:56au bout de deux, trois ans,
34:58soit pour des raisons de business.
35:00de business plan,
35:01il ne marche pas,
35:01soit pour des raisons de trésorerie.
35:05Voilà.
35:05Et donc, ce n'est pas exceptionnel, ça.
35:07Oui, oui, oui.
35:07Elle disparaît.
35:08Non, pour en dire...
35:09Ludovic de Soté.
35:10C'est intéressant et je pense que...
35:11Alors là, il faut les tailler, évidemment,
35:13mais il y a plusieurs lectures...
35:15Il y a la lecture que vient d'avoir Stéphane
35:17et qui a un élément probable,
35:19on va dire, de...
35:20se dire, c'est un décalage
35:21et qui touche en partie aussi
35:23probablement les seniors.
35:24C'est-à-dire, c'est une façon...
35:25finalement, de finir sa carrière.
35:28C'est un peu ça, la question.
35:29Après...
35:30Il y a deux autres lectures
35:31et aujourd'hui,
35:32on voit des mutations quand même en place.
35:35D'abord, il y a la première en creux
35:36si le régime des micro-tromprices...
35:39...
35:39...
35:40L'entrepreneur a tellement de succès.
35:41C'est aussi qu'il y a un problème
35:42sur le marché du travail
35:43et sur, j'allais dire, la rigidité.
35:45du marché du travail.
35:46C'est-à-dire que...
35:46C'était une réponse à ça aussi,
35:47à l'époque.
35:49Il n'y a pas d'entrée.
35:50Entre deux, en fait.
35:51Il y a quelque chose à imaginer,
35:53honnêtement, pour se dire
35:54qu'entre le choix...
35:55de se mettre à son compte
35:56ou d'être en CDI,
35:58il devra avoir des dégradés.
36:00Et aujourd'hui, malheureusement,
36:01le marché du travail en France
36:02ne permet pas de se dégrader.
36:04Après, il y a un autre...
36:05un chiffre qui m'a impressionné
36:06dans les éléments
36:07dont on partage
36:08ce bilan de création d'entreprise.
36:09C'est un chiffre qui m'a impressionné
36:10dans les éléments dont on partage
36:12ce bilan de création d'entreprise.
36:10et qui, quand même,
36:11est un twist.
36:12C'est que l'âge moyen
36:13du créateur d'entreprise...
36:15Là, en 2025,
36:1635 ans.
36:1735 ans.
36:18Donc, ça veut dire que...
36:20on a quand même
36:20une rupture culturelle
36:21qui est assez forte.
36:22Oui.
36:22C'est-à-dire que
36:23c'est pas forcément...
36:25on se met à bosser
36:26et puis on termine
36:28en micro-entrepreneur.
36:29L'équipe...
36:30quelques dernières années
36:30en tant qu'expert et autres,
36:32c'est aussi une façon
36:33de rentrer dans le marché du travail.
36:35C'est une grande nouveauté.
36:36Alors, 35 ans,
36:36on peut dire qu'on est rentré
36:37dans le marché du travail
36:38il y a quelques années déjà.
36:39Mais...
36:40comme c'est la moyenne,
36:41c'est-à-dire qu'il y a aussi
36:42un rapport par rapport
36:44au monde du travail.
36:45et on détecte sur la génération,
36:46c'est-à-dire sur lequel
36:48l'alpha et l'oméga
36:49n'aient plus le CDI.
36:50Oui.
36:50Honnêtement.
36:51Et d'avoir,
36:52de mettre aussi,
36:53d'inscrire une forme de distance
36:54par rapport à l'entreprise.
36:55Donc, ce bilan-là,
36:57il raconte plein de choses.
36:58Il raconte une belle vitalité.
37:00Et ça, c'est hyper chouette.
37:01Et franchement,
37:01Stéphane le soulignait
37:02parce que c'est bien
37:03que dans un pays...
37:05il y a un taux d'entreprise.
37:06Après, on va le mettre
37:06au regard d'un autre élément.
37:08C'est qu'il y a un autre chiffre
37:09qui a tout autant...
37:10C'est les défaillances.
37:11C'est les défaillances.
37:1170 000 défaillances
37:12l'année dernière, effectivement.
37:15un peu les oripeaux post-Covid
37:16qui...
37:17Voilà.
37:18Ça devrait baisser cette année,
37:19quand même.
37:20A priori.
37:23François, moi,
37:24ce qui m'étonne,
37:24c'est...
37:25c'est que 2025,
37:25c'était l'année du chaos politique.
37:28On a chiffré l'OFC...
37:30CEE avait chiffré
37:30le coût de ce chaos politique
37:32important.
37:340,7...
37:35point de pipe de mémoire.
37:37On voit que, finalement,
37:38l'économie résiste.
37:39Et...
37:40c'est qu'elle est de plus en plus
37:42décorrélée de la vie politique,
37:44en réalité, là.
37:45quand on voit le dynamisme
37:46de la création d'entreprises.
37:47Qu'est-ce que vous retenez
37:48de ces chiffres ?
37:49Alors...
37:50il faut d'abord avoir en tête
37:51que quand les économistes
37:53disent
37:53le chaos politique...
37:55ça va coûter 0,3 point de pipe
37:57ou les droits de douane américains,
37:59ça va coûter...
38:000,2 point de pipe, etc.
38:01C'est toujours par rapport
38:02à une situation de...
38:05référence que personne ne...
38:06Un contrefactuel, comme on dit.
38:07Un contrefactuel,
38:08ce qu'on aurait s'il n'y avait pas...
38:10Et que, par définition,
38:11on ne connaît pas,
38:12on ne peut qu'estimer.
38:13Voilà.
38:14Donc, peut-être que...
38:15ça aurait été, finalement,
38:16bien mieux
38:16s'il n'y avait pas eu
38:17ce chaos politique,
38:19ces droits de douane.
38:20Certainement.
38:20Etc.
38:20Parce qu'en effet,
38:22il y a une certaine résilience,
38:23mais maintenant,
38:24même si on...
38:25on a eu une croissance
38:25de 1% ou 0,9% en 2025,
38:29c'est quand même pas...
38:30très glorieux.
38:30C'est pas...
38:31C'est pas...
38:32C'est pas...
38:32Reste autour du pourcent,
38:32effectivement.
38:330,9% au lieu de 0,7%.
38:35C'est pas la catastrophe,
38:37mais c'est pas terrible.
38:38Ensuite, il y a eu...
38:40ça a été assez porté
38:41par l'investissement.
38:42On a dit, justement,
38:43on s'est dit, finalement...
38:45la majoration exceptionnelle
38:46d'impôts sur les sociétés,
38:47ça n'a pas eu beaucoup d'effet.
38:49L'investissement...
38:50Excusez-moi.
38:50d'entreprise
38:50et restait quand même
38:51à peu près bon.
38:52Moi, j'ai l'impression...
38:53Je suis pas du tout macroéconomique.
38:55Mais je me demande...
38:57Parce que dans les...
38:57Il y a deux catégories d'investissement.
38:59Il y a l'investissement de produits...
39:00C'est l'investissement de productivité
39:00et l'investissement de capacité.
39:01On n'est pas encore capable,
39:03je pense,
39:03de faire bien la distinction
39:04pour...
39:05Mais je me demande
39:07si en fait,
39:08ces investissements,
39:09c'est pas...
39:10surtout des investissements
39:10de productivité
39:12liés, par exemple,
39:13à l'intelligence artificielle.
39:15La LIA, etc.
39:16C'est-à-dire qu'on investit
39:18en effet dans des logiciels...
39:19On a quelques...
39:20Alors, on sait que l'investissement
39:21augmente,
39:22mais on sait que c'est 80%
39:23dans l'IT.
39:25et qu'en fait,
39:27il n'y a pas d'augmentation
39:28des capacités de production.
39:29Et oui.
39:30Et ça, ça peut être en effet
39:31le résultat des droits de douane
39:33du chaos politique.
39:35Et c'est-à-dire...
39:35Bon, voilà.
39:36Moi, je ne suis pas macroéconomiste,
39:38mais je ne...
39:39Voilà.
39:40j'ai ses intuitions.
39:42Confirmé par Stéphane Carciller
39:43ou pas ?
39:44Vous avez la même intuition ?
39:45Pour le coup, là,
39:47je ne suis pas du tout
39:48spécialiste de ce sujet-là.
39:49Donc moi, je...
39:50Je pense qu'effectivement,
39:51on a quand même
39:54pas mal d'incertitudes.
39:55sur l'année qui vient, là.
39:57Je pense que si on maintient...
40:00Ce qui est certain,
40:01c'est que l'économie
40:01a été quand même
40:02très résiliente.
40:03Oui.
40:04Étonnamment résiliente.
40:05Étonnamment résiliente.
40:06Y compris le marché de l'emploi.
40:06Y compris le marché de l'emploi.
40:08Exactement.
40:08Même si on voit quand même...
40:10un retournement du marché de l'emploi.
40:12Le chômage monte.
40:14On est...
40:15autour de...
40:16Voilà.
40:16Une projection où on va...
40:17Je pense que d'ici la fin de l'année,
40:19on devrait quand même se rapprocher.
40:20des 8% de chômage.
40:22Donc le marché de l'emploi
40:23a bien résisté.
40:25mais on a quand même
40:25des créations d'aides d'emploi
40:27qui maintenant sont vraiment
40:28à zéro, voire négatives.
40:29Donc on a quand même
40:31à un moment donné
40:32voilà
40:32cette croissance.
40:34qui est un peu atone
40:35même si elle résiste bien
40:37par rapport au choc qu'on a.
40:39de tous les côtés
40:39budgétaires,
40:41commerciales, etc.
40:43Oui, géopolitiques, macroéconomiques.
40:44Elle a bien résisté
40:45mais quand même
40:45je veux dire l'emploi
40:46se tasse énormément.
40:48Donc...
40:49Voir...
40:50Voilà.
40:50La dynamique s'est complètement arrêtée.
40:52Le chômage,
40:52on voit qu'il recommence à monter.
40:54Donc je pense qu'il y a
40:57quand même pas mal
40:57d'incertitudes
40:58dans un contexte
40:58où le taux de chômage
40:59est très important.
40:59continue à baisser
41:00chez nos voisins.
41:01Oui.
41:02Voilà.
41:03Le taux de chômage...
41:04Encore.
41:04une fois,
41:04la France à contre-courant.
41:05Baisse sous les 10% en Espagne
41:07alors que c'était le champion.
41:09plutôt autour de 8% maintenant
41:11en Grèce.
41:13On avait 13 ou 14%.
41:14est passé,
41:16je crois,
41:16si je ne dis pas de bêtises,
41:17sous les 6% maintenant.
41:19en Italie.
41:21Donc,
41:22on voit qu'on reste scot...
41:24coaché à un niveau
41:25qui quand même...
41:26Et que quand on se réforme,
41:27on redresse les comptes publics
41:28et que ça paye.
41:29sur le marché de l'emploi
41:31donc avec,
41:31j'imagine,
41:31en plus des salaires
41:32qui augmentent.
41:34Donc,
41:34il y a quand même
41:35pas mal d'incertitudes,
41:35je pense.
41:36Mais cette notion de résilience
41:37qui nous a tous coachés...
41:39Honnêtement,
41:39oui,
41:40on a été...
41:40Oui,
41:41on a été...
41:41Chaque fois qu'arrivée,
41:42je me disais que François...
41:44les droits de douane
41:45et puis je ne sais pas quoi
41:45et puis je ne sais pas quoi,
41:46on se disait,
41:46bon,
41:46on va le voir
41:47dans les prochains...
41:49chiffres trimestriels
41:50et tout ça.
41:50Oui,
41:51maintenant la question,
41:52je pense,
41:52qui nous chagrine
41:53et que...
41:54la réponse qu'apporte
41:55en partie Stéphane,
41:56c'est est-ce que
41:57ce petit pourcent de croissance...
41:59je crains que ça soit
42:00de l'inertie,
42:01en fait,
42:01de l'inertie positive,
42:02c'est-à-dire,
42:02c'est le super tanker...
42:04le moteur ne tourne plus
42:05mais pris par sa masse,
42:06il avance.
42:07C'est ça le...
42:09le scénario qu'on craint,
42:10finalement,
42:11parce que,
42:12j'allais dire,
42:13dans un...
42:14dans un monde
42:14où quand même
42:15l'économie mondialement
42:17va très vite...
42:19il y a une grande vélocité,
42:21le grand danger,
42:22j'allais dire,
42:22c'est que peut-être
42:23qu'on a une...
42:24l'économie résiliente,
42:25en tout cas,
42:26qui a suffisamment de puissance
42:27pour continuer un peu
42:28à avancer.
42:29à avoir comme ça
42:30une vitesse,
42:30une forme d'inertie.
42:32Maintenant,
42:32ce qu'on va devoir juger
42:34dans les...
42:34d'années qui viennent,
42:34parce qu'on a très bien compris
42:35qu'on rentre dans un monde
42:36d'incertitudes,
42:37c'est l'agilité de ce pays.
42:38Alors là,
42:39l'agilité...
42:39l'agilité de ce pays,
42:40là,
42:40je crains que...
42:41d'ailleurs,
42:42au niveau du poids,
42:43on y est.
42:44au niveau de l'agilité,
42:45je ne suis pas sûr
42:46que la France
42:46soit en bonne posture.
42:47Oui, évidemment,
42:48et la France avance dans un...
42:49continent qui s'appelle l'Europe
42:50qui tarde par rapport
42:51à la vélocité
42:52d'un Chinois
42:53ou d'un Amérique.
42:54des Américains
42:54et effectivement
42:55des Américains
42:57qui...
42:59devraient bénéficier
43:01de la chute du dollar,
43:02une chute impressionnante.
43:04Ces derniers jours,
43:05le dollar a perdu 15%
43:07en un an.
43:08On est aujourd'hui...
43:09il y a 1,20$
43:11pour 1 euro.
43:13Je voulais qu'on termine...
43:14un petit peu par ça,
43:15par les conséquences
43:16de cette chute du dollar.
43:17Donald Trump s'en est réjoui.
43:19Ludovic
43:19cette nuit.
43:22Pourquoi s'est réjoui
43:22le président américain ?
43:23Ils sont réjouis.
43:24dans la logique
43:25de sa politique,
43:27c'est-à-dire de se dire
43:28que finalement...
43:29des monnaies
43:30et à commencer par l'euro
43:32élevé par rapport au dollar.
43:34C'est favoriser l'industrie américaine.
43:36Donc c'est...
43:37En gros,
43:37on va le traduire comme ça.
43:38C'est un gain de compétitivité.
43:39Donc c'est la compétitivité.
43:41Maintenant,
43:41c'est un calcul très court.
43:44termiste,
43:44peut-être sur les mid-terms
43:46notamment,
43:46mais sur lequel,
43:47attention,
43:48parce que c'est...
43:49la facture,
43:49elle se fait dans les deux sens,
43:51tant sont les importations
43:52que les exportations.
43:53Et puis derrière...
43:54derrière ce discours,
43:55j'allais dire,
43:56un peu de président
43:57qui veut relancer
43:57la machine américaine...
43:59Il y a une autre chose
44:00que Donald Trump
44:01ne prend évidemment pas,
44:02c'est la confiance ou pas...
44:04que commence à avoir la planète
44:05dans le dollar.
44:07Oui.
44:07Alors c'est l'usure de Donald Trump
44:09avec son imprévisibilité
44:11qui commence à se dire
44:12et on le voit...
44:14sur des fonds,
44:15on le voit en termes de placement,
44:16la diversification
44:18qui commence à se mettre...
44:19en place au niveau planétaire
44:21en disant
44:21on ne va pas jouer
44:22que sur le dollar,
44:23on ne va pas être...
44:24sur la place américaine.
44:25Vous en parlez en une
44:25de la tribune aujourd'hui,
44:26chute du dollar,
44:28une vague d'impact...
44:29Vous expliquez les conséquences,
44:31Ludovic,
44:32sur l'inflation,
44:33sur le...
44:34commerce international,
44:35l'import, l'export
44:36sur les matières premières
44:37et c'est vrai que...
44:39Alors...
44:39cause ou conséquence
44:39mais on parle de dé-dollarisation
44:42du système monétaire international.
44:44François,
44:46c'est quoi cette dé-dollarisation ?
44:49Alors je ne suis pas un spécialiste
44:50du système monétaire international
44:52mais ce que je...
44:54Voilà.
44:54ce que j'entends
44:55par cette expression,
44:56c'est que...
44:57bah il y a...
44:58dans un certain...
44:59dans un certain nombre de pays,
45:01il y a...
45:02des gens qui commencent
45:03à avoir peur du...
45:04d'avoir des...
45:05des placements en dollars.
45:06Pourquoi ?
45:07Il y a des raisons politiques
45:08et des...
45:09les raisons économiques.
45:10Les raisons politiques,
45:11c'est que dès que vous avez des dollars,
45:13vous pouvez être soumis
45:14à...
45:14il y a des sanctions des Etats-Unis.
45:15Oui.
45:16Alors ça avait déjà été le cas
45:17dans le passé.
45:18Des grandes banques...
45:19Vous êtes sûr.
45:19soumis à la régulation américaine
45:20de manière générale, absolument.
45:22La BNP a été obligée
45:23de payer des...
45:24l'amende de plusieurs milliards de dollars
45:25aux Etats-Unis
45:26parce que...
45:28il n'avait pas...
45:29apparemment disait-on
45:30ne pas respecté
45:31les sanctions contre l'Iran,
45:33etc.
45:33Mais les Etats-Unis...
45:34n'ont pu le faire
45:34que parce que la BNP
45:35avait des dollars.
45:36Voilà.
45:38Et aujourd'hui...
45:39compte tenu de...
45:41de Trump.
45:43Voilà.
45:44on ne sait pas.
45:45N'importe qui peut être sanctionné
45:46parce qu'il a des dollars
45:47pour je ne sais quelle raison
45:48qui tout d'un coup...
45:49passe dans la tête de Trump.
45:51Donc il y a ce facteur politique
45:53et puis...
45:54mais il y a un facteur économique.
45:55C'est que...
45:57on voit que les déficits publics américains...
45:59risquent d'augmenter fortement.
46:00On ne sait pas très bien
46:01ce que...
46:02dans des tas de domaines...
46:04que l'administration Trump va faire.
46:06Donc il y a beaucoup
46:07d'incertitudes économiques...
46:09aussi aux Etats-Unis
46:10qui font qu'il y a une défiance
46:11aussi vis-à-vis du dollar.
46:13Maintenant...
46:14les investisseurs...
46:16une fois qu'on a dit ça...
46:18où vont-ils aller placer leur...
46:19argent ?
46:19Eh oui.
46:208 000 milliards...
46:21Ce n'est pas non plus toujours évident.
46:23Ils ne vont pas les placer en...
46:24là non plus.
46:25Le franc suisse,
46:26c'est quand même assez limité.
46:28Il y a l'or.
46:29c'est aussi limité aussi.
46:30Voilà.
46:30Donc cette dédollarisation,
46:32je ne suis pas sûr
46:32qu'elle aille très loin.
46:33Et puis de toute façon...
46:34les Etats-Unis, voilà,
46:36resteront la première
46:37pendant longtemps encore.
46:39première puissance économique,
46:40militaire, politique...
46:42Voilà.
46:42Donc cette dédollarisation...
46:44elle ne va pas aller très loin non plus.
46:45Et le marché financier
46:46est le plus profond de la planète.
46:48On a, nous, Européens...
46:498 000 milliards de dollars d'actifs
46:51placés aux Etats-Unis
46:52en obligation...
46:54effectivement où est-ce qu'on irait
46:55les mettre.
46:57On en parle du Cell America
46:57en ce moment.
46:59qu'on parle dans l'émission.
47:00Stéphane Carcillo,
47:01quel est l'impact
47:02pour nous,
47:03Européens ?
47:04de cette chute du dollar
47:05qui mécaniquement
47:07a fait monter l'euro.
47:09qui m'a dit,
47:09un oeuvre au revoir.
47:10Alors c'est peut-être le moment
47:11d'aller faire des voyages...
47:14des week-ends à New York
47:15et des voyages aux Etats-Unis.
47:16Quoi que la vie...
47:17Le tourisme aux Etats-Unis
47:18est en baisse.
47:19La vie coûte beaucoup plus cher
47:20là-bas puisqu'il s'enrichisse
47:21beaucoup plus vite que nous.
47:23Mais Macron...
47:24Quelles sont les conséquences
47:26pour nous, Européens ?
47:27Macro-économiquement,
47:28nous c'est sûr...
47:29nos exportations
47:30puisqu'en fait,
47:30on a un euro
47:31qui est plus cher
47:32et donc on a des...
47:34on a finalement
47:36des coûts
47:38qui...
47:39qui sont plus importants
47:40et par rapport
47:41au coût
47:43de nos...
47:44de nos voisins
47:45ou de nos compétiteurs
47:46et donc le sujet,
47:47c'est vraiment
47:47le risque sur les exportations.
47:49Alors qu'on a une balance
47:52commerciale excédentaire,
47:53il faut le rappeler.
47:54En Europe,
47:55on est exportateur,
47:55net.
47:56Plus de risque
47:56que d'intérêt.
47:58Très bien.
47:58Très bien.
47:59Sur les biens.
48:00Sur les biens.
48:00Pas sur les services.
48:01Voilà.
48:02Donc on est...
48:04Donc on est vraiment...
48:06Oui, on est à risque
48:06sur cet aspect-là,
48:08bien entendu.
48:09c'est plutôt
48:11une bonne nouvelle
48:12pour l'inflation
48:13mais en fait,
48:14en Europe,
48:14on avait déjà
48:14une inflation relativement
48:16maîtrisée,
48:16contrôlée,
48:17maîtrisée,
48:18particulièrement...
48:19En France,
48:19mais je pense qu'en Europe,
48:21en général,
48:21on avait une inflation
48:22relativement maîtrisée,
48:22bien mieux maîtrisée
48:23d'ailleurs qu'aux Etats-Unis.
48:24Et le principal risque
48:25aux Etats-Unis,
48:26c'est aussi l'inflation.
48:28Le pari que prend
48:28Donald Trump
48:29qui n'est pas évident,
48:30c'est que certes,
48:31pour les exportations
48:33américaines,
48:33c'est bien.
48:34mais avant que ça se traduise
48:36en emplois,
48:37notamment en emplois industriels,
48:38on voit que la...
48:39a duré extrêmement...
48:40C'est à l'horizon
48:41de plusieurs années,
48:42je pense.
48:44c'est pas du tout évident
48:45que ça se traduise facilement.
48:47En revanche,
48:47ça peut se traduire
48:47très rapidement sur les prix.
48:49aux Etats-Unis,
48:50parce que les Etats-Unis
48:51importent énormément de choses
48:52et que du coup,
48:53les prix aux Etats-Unis...
48:54Etats-Unis vont augmenter
48:55et ça,
48:55je pense que c'est
48:57l'élément le plus risqué
48:59pour les élections qui viennent
49:00pour Donald Trump.
49:01Pour les mid-terms.
49:02On rappelle qu'il a été élu
49:03sur une crise...
49:04impressionniste,
49:05Donald Trump
49:06et que les droits de douane
49:08poussent à l'augmentation.
49:09des prix,
49:10la baisse du dollar
49:11pousse à l'augmentation des prix,
49:12la guerre commerciale
49:13dans son...
49:14Je rajoute deux conséquences.
49:18Ça, il devait revenir.
49:19Il y a un premier paramètre,
49:21c'est ce que disait
49:22Stéphane à l'instant,
49:23évidemment.
49:24ça pénalise, on va dire,
49:25les entreprises européennes
49:26par rapport au prix.
49:29Vu d'Europe,
49:30ça nous avantage
49:31puisque beaucoup de choses
49:32sont encore labellisées en delà.
49:34je pense aux matières premières,
49:35je pense à l'énergie et tout ça.
49:37Donc là, à l'inverse,
49:38ça va donner des marges...
49:39de manœuvre à l'Europe.
49:40Ça peut même, curieusement,
49:42j'allais dire,
49:42créer presque un twist
49:43par rapport à...
49:44ce qu'on imaginait
49:44entre les colombes
49:45et les faucons
49:46sur les banques centrales.
49:47Peut-être que ça peut amener
49:48sur un scénario
49:48où la...
49:49la BCE va desserrer cette eau
49:51si le jeu continue
49:53parce qu'en fait,
49:53l'inflation...
49:54va probablement gérer
49:55si on continue
49:56à ce rythme-là...
49:57Beaucoup appellent la BCE...
49:58Oui, oui, oui.
49:59En tout cas, ça peut être
49:59un accélérateur de calendrier
50:00à voir, à confirmer.
50:02Moi, il y a un paramètre
50:03qui m'intéresse...
50:04parce que dans la séquence
50:06qu'on vit
50:06et en général
50:08en prenant un peu de hauteur...
50:09au-delà de l'euro-dollar,
50:10c'est que l'euro,
50:11en ce moment,
50:12depuis en gros décembre...
50:14flirte avec son record historique
50:16en tant que monnaie référente,
50:18c'est-à-dire son taux de changement.
50:19mondial avec toutes les autres monnaies.
50:21Et ça, c'est un autre paramètre
50:22qui est extrêmement intéressant.
50:23C'est-à-dire que là, on...
50:24C'est une conséquence du dollar
50:25ou il y a d'autres éléments...
50:26C'est une conséquence du dollar,
50:26mais ça raconte quelque chose aussi.
50:28Ça raconte...
50:29C'est ce qu'expliquait très bien
50:31François à l'instant.
50:32C'est-à-dire que l'imprévisibilité
50:33d'administration...
50:34de l'administration américaine...
50:35Quand on est dans la finance,
50:36quand on place,
50:37l'imprévisibilité,
50:37c'est pas quelque chose
50:38qu'on apprécie.
50:39Honnêtement.
50:40Alors, la curiosité,
50:41c'est qu'on est dans ce super tanker-là...
50:44de l'inertie qui est européenne.
50:45Mais ce super tanker
50:46vu pour des acteurs extérieurs
50:48rassure énormément.
50:49C'est-à-dire que c'est encore
50:50une zone du monde
50:51sur laquelle il y a des règles,
50:53il y a des normes...
50:54Il n'y a pas d'un coup
50:56des droits de douane
50:57qui sont propulsés
50:58du jour au lendemain.
50:59Emmanuel Macron a défendu
51:00à Davos, notamment.
51:01On n'a pas envie en Europe
51:02de racheter la Louisiane
51:03du jour au lendemain.
51:04Donc, tous ces éléments-là
51:06qui sont des éléments réels,
51:08c'est-à-dire que...
51:09On pourrait dire
51:10tiens, il est en train
51:10de faire les grosses têtes.
51:11Mais vu des Etats-Unis,
51:12c'est quand même
51:13ce qui est en train de se passer.
51:14réellement,
51:15c'est-à-dire des déclarations
51:15de cet ordonnant.
51:17Finalement,
51:17le côté raisonnable
51:18de l'ordre...
51:19L'Europe, aujourd'hui,
51:20attire et séduit.
51:22Maintenant,
51:22il ne faudrait pas juste
51:23qu'on soit à ce côté...
51:24raisonnable,
51:24c'est-à-dire le papy-mamie
51:26qui rassure tout le monde
51:28au plan...
51:29C'est raisonnable.
51:29Si on pouvait être rentable aussi,
51:30ça serait pas mal
51:31parce que quand même,
51:31aux Etats-Unis,
51:32on a des rentabilités
51:33qui est d'accord.
51:34C'est exactement.
51:36Alain Duré,
51:36de la TIXIS indique
51:37une hausse de 10%.
51:39du taux de change
51:40impute le PIB
51:42et l'inflation
51:43de 0%.
51:440,3 points.
51:45C'est quand même colossal.
51:46Ça veut dire qu'il faut s'attendre
51:47à des effets très importants.
51:49cette année avec un dollar
51:51durablement...
51:54au-delà des 1,20€.
51:58C'est-à-dire que la croissance
51:58va baisser.
51:59les prévisions à l'OCDE,
52:01c'est ce que vous voyez ?
52:03Moi, je ne suis pas du tout
52:03les croissants.
52:04les éléments
52:05de la macroéconomie.
52:06Je ne suis pas à ce sujet-là,
52:06mais je pense qu'effectivement,
52:07c'est imputé
52:08dans les modèles de croissance.
52:09très clairement.
52:10Après, il y a des élasticités,
52:12les importations, exportations...
52:14c'est une partie.
52:15Vis-à-vis des Etats-Unis
52:16et du reste du monde,
52:17c'est évidemment une partie
52:17de notre activité,
52:18mais pas la seule.
52:19Non, Dieu merci.
52:20On est sur un petit segment
52:22de l'activité économique.
52:23Il faut garder ça aussi en tête.
52:24Ce n'est pas le cœur de la machine.
52:26Voilà, le boulanger,
52:28voilà.
52:29On a quand même
52:29beaucoup d'activités
52:30qui ne sont pas soumises
52:32à ces...
52:34à ces fluctuations
52:35du taux de change.
52:36Donc, ça impacte
52:37un secteur de l'économie.
52:38C'est clair qu'il y a une...
52:39une élasticité
52:39qui est bien identifiée
52:41depuis très longtemps,
52:43qui varie...
52:44géographiquement
52:44et selon les secteurs.
52:46C'est imputé,
52:47ça aura des conséquences,
52:48mais comme je le dis...
52:49je pense que les conséquences
52:51les plus immédiates,
52:53ça va être évidemment...
52:54sur les soldes commerciaux
52:57des États-Unis
52:58vis-à-vis de l'Europe.
52:58Oui.
52:59Pas immédiatement
53:00sur les décisions
53:02d'emploi et d'investissement
53:04qui sont...
53:04ce sont des choses
53:04qui prennent plus de temps.
53:06Donc...
53:06Ce n'est pas la même temporalité.
53:07Ce n'est pas la même temporalité.
53:08Ce sont des...
53:09qui prennent plus de temps,
53:10qui se matérialisent
53:13plutôt l'année suivante.
53:14Donc, on estime
53:17que ces effets sur...
53:19des taux de change,
53:19des taux d'intérêt,
53:20ça a des premiers effets
53:22à l'horizon de six mois,
53:23voire un an.
53:24Donc, voilà.
53:26Et encore,
53:26il faut que ça se maintienne.
53:27Oui.
53:28Il faudrait que ce taux de chance...
53:29se stabilise un peu durablement
53:32autour de 1,20€
53:33et que ce soit un peu...
53:34la nouvelle norme
53:35plutôt qu'1,10€...
53:36Ce qui n'est pas sûr.
53:37Est-ce qu'on se dit...
53:37Que disent les prévisionnistes ?
53:39Est-ce qu'on est parti
53:40pour effectivement
53:41un dollar durablement faible
53:43vis-à-vis...
53:44de l'euro ?
53:45Ou est-ce qu'on est uniquement
53:47dans un épisode conjoncturel
53:48et on va...
53:49va revenir à la normale
53:50dans les prochains mois ?
53:51Ce débat-là,
53:53on l'a déjà eu en novembre.
53:54au sens...
53:55par rapport au dollar.
53:56Donc, on est quand même
53:56sur un plateau.
53:58Maintenant,
53:58c'est de savoir
53:58si le plateau...
53:59on va le percer
54:00puisqu'il y a toujours
54:01un seuil autour du 1,20€.
54:04je crois qu'il a été passé
54:05neuf fois dans l'histoire.
54:06Donc, c'est quand même...
54:07On parle quand même
54:08de quelque chose...
54:08Il faut le re-siter.
54:09C'est-à-dire que ce n'est pas
54:10quelque chose
54:11qui arrive tous les matins
54:12de placer le...
54:14de passer ce plateau
54:15dans le dollar 20.
54:16Mais on est monté
54:16jusqu'à 1,60€.
54:18Ça ne veut pas dire que...
54:19On va monter aussi haut
54:20mais historiquement,
54:21ça fait neuf fois
54:22dans l'histoire de l'euro.
54:23Oui.
54:24qui est jeune,
54:24qui est une monnaie jeune.
54:26C'est la neuvième fois
54:27qu'on passe ce seuil-là.
54:29en passant par la direction
54:30le haut.
54:32Maintenant, ça a des conséquences.
54:34Je suis d'accord sur à nouveau
54:36cette inertie
54:36que décrivait Stéphane.
54:39à l'instant.
54:39C'est-à-dire que ce n'est pas
54:40les conséquences
54:40qui n'ont pas été immédiates
54:41vues d'Europe pour autant.
54:44dont, Raphaël,
54:45vous mentionnez à l'instant
54:46la révision qu'a fait l'Allemagne
54:47hier.
54:48Oui, de 1,3€.
54:49à 1%,
54:49c'est la révision de croissance
54:50pour 2026.
54:51C'est parti des pays
54:52sur un dollar fort.
54:54Très impacté.
54:55C'est-à-dire sur les biens
54:56manufacturiers,
54:57industriels,
54:58l'automobile,
54:58tout ça, là, c'est...
54:59C'est plein pot
55:00et ça va très vite.
55:01Là, l'effet va très, très vite.
55:03Donc là, le maillage...
55:04Pour l'instant,
55:06j'allais dire que
55:07ça se rajoute déjà
55:08à des droits de douane
55:08qui...
55:09n'existait pas il y a un an.
55:10Donc ça pénalise.
55:11C'est un peu la double paire.
55:13La double paire.
55:14pour les entreprises américaines.
55:17Voilà.
55:17Donc il faut l'observer
55:18sur le temps.
55:19mais quand même,
55:20ce mouvement-là
55:21est plutôt enclenché
55:23et rappelons-nous...
55:24Donald Trump
55:24dans son programme
55:25avant même de s'installer
55:26à la Maison-Blanche
55:27en avait fait un objectif.
55:29politique.
55:30Ça fait partie de la stratégie
55:31de Miran & Co.
55:32Effectivement.
55:33C'est-à-dire que c'était...
55:34qui était affirmé
55:35et affiché
55:35contrairement à toutes
55:36les administrations précédentes
55:38qui essaient...
55:39et au contraire
55:40qui souhaitaient
55:42un dollar fort.
55:44que c'est une stratégie
55:45qui est mise en oeuvre
55:47par la Maison-Blanche.
55:49Évidemment,
55:49la partie masquée,
55:50c'est l'imprévisibilité
55:51et le fait que,
55:52malgré la profondeur...
55:54du marché américain
55:55et des marchés financiers américains,
55:57c'est-à-dire que
55:58Donald Trump fait peur.
55:59ne fait peur,
55:59ne rassure pas aujourd'hui.
56:01C'est-à-dire que l'actualité
56:03dans la centre
56:03nous le montre encore.
56:04Merci.
56:05Juste peut-être...
56:06Dernier mot rapide.
56:06C'est que la question
56:07que je me pose,
56:08c'est est-ce que...
56:09à 1,20$,
56:11est-ce qu'on est vraiment
56:11avec ce taux...
56:14de change ?
56:15Est-ce qu'on est véritablement
56:16à un taux
56:17qui est...
56:18Parti...
56:19particulièrement exceptionnel ?
56:20Oui.
56:20Ou est-ce qu'on est autour
56:22de...
56:23De ce que vaut l'eau.
56:24vraiment.
56:24De ce que vaut l'euro
56:25vraiment.
56:25Quand l'euro a été créé,
56:27il était à ce niveau-là
56:27de mémoire.
56:28Oui.
56:29Donc, je ne sais pas
56:30si on est encore
56:31à des niveaux
56:31qui sont vraiment exceptionnels.
56:33Oui.
56:34par rapport à ce qu'on a connu
56:36précédemment.
56:38Et l'euro vient de repasser...
56:39sous les 1,20$ d'ailleurs
56:40en séance.
56:41Merci à tous les trois,
56:42François et Cal,
56:43Stéphane Carcillo...
56:44de Ville de Sauté
56:44pour cette émission passionnante
56:46disponible en podcast
56:47et replay
56:48sur l'application BFF.
56:49FM Business tout de suite.
56:50C'est Antoine Larigauderie
56:51pour Tout Pour Investir.
56:52Je vous dis très bonne journée.
56:53À demain.
56:54Rendez-vous 10h-11h en direct
56:55sur BFM Business.
56:59Les experts,
57:01débats et controverses
57:02sur BFM Business.
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