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  • il y a 10 heures
Ce mercredi 18 février, le départ anticipé de Christine Lagarde à la BCE, et la détente du marché obligataire sur les taux longs et l'impact de l'IA, ont été abordés par Patrice Gautry, chef économiste à l'Union Bancaire Privée, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et juste avant, à 9h07, nous allons revenir sur cet article qui a été publié ce matin aux alentours de
00:066h.
00:06C'est un peu la nouvelle du jour.
00:07Patrice Gautry, bonjour, chef économiste de l'Union bancaire privée.
00:11Article du FT qui évoque que Christine Lagarde pourrait quitter la BCO plus tôt que prévu.
00:15Pour rappel, son mandat court jusqu'à fin 2027.
00:18Mais donc, d'après le Financial Times, elle pourrait quitter son poste dans les prochains mois.
00:23Comment vous percevez cette nouvelle ? Est-ce que c'était attendu ?
00:26Est-ce que vous êtes étonné quand vous voyez cela ?
00:30Oui, bonjour. Non, ça n'était pas attendu.
00:33Effectivement, est-ce que c'est une rumeur ou est-ce que c'est une véritable information ?
00:36Puisqu'on a vu aussi que le président de la Banque de France démissionnait plus tôt que son mandat.
00:42Ce qui permettait effectivement, dans un calcul un petit peu politico-économique,
00:48aux instances françaises, au président Macron, d'intervenir dans le renouvellement du poste de gouverneur de la Banque de France.
00:54Et aussi, bien entendu, d'intervenir du côté de la BCE.
00:58Au niveau de la BCE, je pense que ça ne changera pas grand-chose.
01:01Traditionnellement, il y a quand même une alternance entre des Français et les pays du nord de l'Europe,
01:05en termes de gouverneurs, de premiers gouverneurs de la Banque centrale européenne.
01:09Donc, sur les rangs se situent d'autres gouverneurs qui sont déjà en place.
01:14On parle de Hernando de Cosses, l'espagnol.
01:18On parle de Clasque-Nôtre, donc des Pays-Bas.
01:21Mais aussi, il y a Nadjel et Schnabel qui peuvent être effectivement des candidats.
01:26Et puis après, il y aurait toujours la possibilité d'aller chercher, comme ça avait été fait avec Mme Lagarde
01:30d'ailleurs,
01:31des candidats qui n'étaient pas au sein de la BCE ou au sein de, strictement, l'univers de politique
01:37monétaire.
01:37Après, c'est un calcul, je dirais, plutôt politique que véritablement économique.
01:42Et dans l'environnement actuel, même si l'on changeait rapidement de gouverneur à la tête de la BCE,
01:48je ne pense pas que cela influence beaucoup le changement sur la politique monétaire,
01:53puisqu'on l'a vu dernièrement, la BCE était plutôt en pause.
01:57Et il faudrait une inflation vraiment beaucoup plus basse qu'elle ne l'est aujourd'hui.
02:01Alors, elle est très basse en France, mais elle est juste en dessous de 2% sur la zone euro.
02:05Donc, il faudra une inflation zone euro qui soit vraiment très, très basse et qui le reste
02:09pour changer le braquet de baisse des taux, car effectivement, aujourd'hui,
02:14il y en a quasiment très peu qui sont attendus cette année.
02:17Nous parlerons également de ces sujets monétaires dans une demi-heure
02:20avec Jean-Pierre Petit, des cahiers verts de l'économie, et Jean-Marc Daniel,
02:23qui est bien sûr professeur émérite à l'ESCP.
02:26En tout cas, le marché, ce matin, ne réagit pas tellement à cette nouvelle.
02:30Quand vous regardez l'euro-dollar, aujourd'hui, Patrice Gautry,
02:33on est toujours proche des 1,1830, quand sur le front des taux,
02:36ça se stabilise notamment sur les taux longs.
02:39Des taux longs qui sont sur des plus bas de plusieurs semaines, de plusieurs mois.
02:43Mine de rien, le 10 ans français sur un plus bas du mois d'août à 3,3%.
02:47Le Bund est à 2,75%.
02:49C'est quand même une bouffée d'air, aujourd'hui, pour les États qui sont en train de se financer.
02:52C'est une année historique, 2026.
02:55Oui, la baisse des taux a été rapide.
02:57Elle a été alimentée par la déception sur les ventes aux détails américaines,
03:03le soulagement sur l'inflation américaine,
03:06puisqu'on est aux alentours de 2,4%, 2,5% selon l'indice total et l'indice cœur.
03:12Ce qui veut dire que, en fait, l'inflation devient moins un problème.
03:16Et ce qui a permis, effectivement, on l'a vu,
03:19des anticipations de baisse de taux plus marquées aux États-Unis.
03:22On a eu ce matin également l'inflation anglaise.
03:24Et on a aussi, là, des anticipations de baisse de taux, à l'inverse de la BCE,
03:29qui seraient plus marquées en Angleterre et aux États-Unis.
03:33Et ça a détendu les taux longs.
03:34Et puis, ça intervenait aussi dans un contexte mondial qui était avec des craintes.
03:37Donc, il y a un effet un petit peu risk-off, c'est-à-dire précaution, retour vers les obligations,
03:42puisqu'il y avait un contexte géopolitique, jusqu'à aujourd'hui, qui était assez tendu avec l'Iran.
03:47Visiblement, ça va mieux du côté des négociations entre les États-Unis et l'Iran.
03:51Et puis, bien entendu, ce mouvement en dehors des nouvelles technologies.
03:57Et effectivement, on a l'impression qu'il y a une partie de la monnaie qui a été investie,
04:01qui s'est débouclée, débouclée aussi avec d'autres actifs.
04:04On pense aux cryptos.
04:05Et peut-être qu'effectivement, des fonds spéculatifs se sont remis,
04:08en attendant d'y voir un petit peu plus clair,
04:10sur la partie gouvernementale et la partie longue gouvernementale,
04:13ce qui a accéléré la baisse de taux.
04:15Et ce qui, effectivement, est plutôt une bonne nouvelle,
04:17compte tenu des services de la dette qui sont importants dans tous les pays développés.
04:21Le CAC 40 est à moins de 50 points de son record historique.
04:24Nous serons dans quelques minutes avec Mathieu Seyron de Galileo Trading,
04:27plus 0,3% pour le CAC 40, à 8 387 points.
04:31Un dernier mot quand même aujourd'hui,
04:33eh bien, Patrice Gautry sur l'intelligence artificielle.
04:36Les doutes sont toujours présents sur l'IA,
04:38sur la rentabilité de l'intelligence artificielle.
04:40Le secteur des softwares continue de souffrir.
04:42Ça, c'est encore vu hier à Wall Street.
04:44Est-ce qu'aujourd'hui, vous, en tant qu'économiste,
04:47vous commencez à percevoir les impacts de l'IA,
04:50notamment sur la productivité ?
04:53Alors, la productivité américaine est très forte.
04:564% en rythme annualisé,
04:58on a entre 2 et 3% de progression sur un an sur les derniers trimestres.
05:02Malheureusement, en fait,
05:03cette productivité qui est forte est liée plus à l'accélération
05:06des dépenses d'investissement
05:07qu'aujourd'hui, les effets de productivité liés à l'utilisation de l'IA.
05:12On rappelle, on est encore, en fait, dans une genèse de l'IA
05:15et il y a des études, notamment, qui ont été publiées cette semaine de la Fed
05:19qui montrent que l'implantation, l'implémentation, en fait, de l'IA
05:23dans les différents secteurs économiques est encore relativement très faible.
05:28Il y a simplement, je dirais, un petit nombre de secteurs qui utilisent l'IA.
05:33Il y a d'autres secteurs qui commencent à se poser la question dans l'utilisation,
05:38mais ça veut dire que les gains de productivité que l'on constate aujourd'hui
05:40sont plus liés à la forte accumulation de capital
05:43avec les dépenses d'investissement globalement aux États-Unis
05:46que l'utilisation de l'IA.
05:48L'utilisation de l'IA viendra dans les années à venir,
05:51notamment dans des secteurs traditionnels,
05:53en dehors de ce qu'on appelle l'édition et, justement, les softwares,
05:57où là, effectivement, il y a un petit peu une rupture de rythme de croissance.
06:01Eh bien, les gains de productivité liés à l'IA viendront
06:05quand l'IA sera utilisée globalement dans l'ensemble des secteurs
06:08et par tous les utilisateurs.
06:10Ce qui veut dire, en fait, c'est plutôt peut-être une productivité
06:13qui prendra le relais à celle qui existe aujourd'hui,
06:15mais dans les années 2028-2030.
06:19Merci beaucoup, Patrice Gautry, de nous avoir accompagnés ce matin.
06:21Je rappelle que vous êtes chef économiste à l'Union bancaire privée
06:23pour revenir à chaud sur cet article du EFT
06:26qui évoque que Christine Lagarde pourrait quitter plus tôt que prévu la BCE,
06:28le marché obligataire qui se détend notamment sur les taux longs
06:32et l'impact de l'intelligence artificielle.
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