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Jeudi 2 juillet, Hedwige Chevrillon a reçu Jean-Hervé Lorenzi, président des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence, Christophe Fanichet, président directeur général de SNCF Voyageurs, Pierre-André de Chalendar, président de l’Institut de l’Entreprise, ainsi que Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Le journal.
00:0318h sur BFM Business, soyez les bienvenus dans un instant.
00:07On va retrouver Edwige Chevrillon depuis les rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:11Mais d'abord l'info éco avec l'économie américaine qui a créé moins de postes que prévu.
00:1657 000 emplois ont été créés en juin, soit 43 000 de moins que ce que le consensus attendait.
00:24Des données qui tentent à valider l'idée que des hausses de taux de la part de la Fed ne
00:28seraient pas immédiates.
00:29Et un statu quo en matière de taux, ça plaît au marché.
00:33On verra cela en détail avec Antoine Larigaudry à la fin de ce flash.
00:37Le pétrole poursuit sa baisse.
00:39Le baril de Brent se stabilise désormais autour de 70 dollars.
00:43Les investisseurs veulent croire à une issue positive des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran.
00:49Mais le pétrole iranien peine à trouver preneur.
00:52Selon Bloomberg, nombre de pétroliers errent actuellement en mer.
00:55En Allemagne, le chancelier veut mettre l'économie sur les rails et annonce un vaste train de réformes.
01:03À la clé, une trentaine de mesures pour doper la compétitivité, la flexibilité du marché du travail,
01:09mais aussi la fiscalité avec 10 milliards d'euros d'allègements d'impôts sur les plus bas revenus.
01:13Et à l'inverse, une hausse des taxes sur les plus aisés.
01:17Le report de l'âge de la retraite au-delà de 67 ans est aussi acté.
01:22La canicule en France, le ministère de la Santé et Santé publique France
01:26doivent donner un premier bilan de la surmortalité recensée lors du précédent épisode de forte chaleur.
01:32Mais déjà, les indicateurs comme ceux de SOS Médecins sont préoccupants.
01:37Et la chaleur va repartir ce week-end.
01:39Mais aucun département ne devrait être classifié en vigilance rouge canicule.
01:44C'est ce qu'a déclaré le Premier ministre avant de présider une nouvelle cellule interministérielle de crise.
01:50De son côté, la CFDT durcit le ton dans une interview au Monde.
01:56La secrétaire générale Marie-Lise Léon demande au gouvernement de mettre davantage la pression sur les entreprises.
02:02Elle réclame l'instauration d'un bouclier social climatique.
02:06Aux Etats-Unis, OpenAI est prêt à céder une partie de son capital à l'État américain.
02:14C'est en tout cas une solution envisagée par Sam Altman pour sécuriser ses relations avec l'administration Trump.
02:22Selon le Financial Times, les discussions sont à un stade précoce.
02:26Et toute entente devrait nécessiter une loi fédérale.
02:30KNDS reporte finalement son introduction en bourse.
02:34Le groupe d'armement fabricant des canons César et des chars Léopard veut attendre des conditions de marché plus favorables.
02:40Les actionnaires espéraient au moins 12 milliards et demi d'euros de valorisation.
02:44Mais les investisseurs jugent ce niveau trop élevé.
02:48En revanche, toujours dans le secteur, la start-up allemande Quantum System a annoncé une levée de fonds d'1
02:53,2 milliard de dollars.
02:55Ce qui double sa valorisation.
02:56L'entreprise fournit des drones de surveillance à l'armée ukrainienne et développe des systèmes autonomes alimentés par l'intelligence
03:03artificielle.
03:04Dans le secteur auto, ça va mieux pour Tesla.
03:06Le constructeur a livré plus de 480 000 véhicules dans le monde au deuxième trimestre.
03:12Soit une hausse de quasiment 25% par rapport à début 2025 au moment où l'image de la marque
03:18était écornée.
03:19Suite aux agissements d'Elon Musk lorsqu'il a collaboré avec Donald Trump ou quand il soutenait les gouvernements d
03:25'extrême droite en Europe.
03:27Et puis, le plus gros porte-conteneur sous pavillon français a été inauguré aujourd'hui.
03:32Le Notre-Dame a été baptisé au Havre.
03:34Il appartient à CMA CGM, également propriétaire de BFM Business.
03:38Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au GNL, peut embarquer 24 000 conteneurs, soit
03:46l'équivalent de 20 000 camions ou 600 trains de fret.
03:5318h03 sur BFM Business, les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:59Bonsoir Antoine.
04:01Le CAC termine en nette hausse, dopé par l'emploi américain.
04:05Oui, parce que des mauvais chiffres de l'emploi américain, ça fait dire aux investisseurs que la Fed va mettre
04:11un petit peu plus de temps que prévu à relever éventuellement ces taux.
04:14Donc, les anticipations passent de septembre à décembre désormais.
04:18Ça a rééquilibré un petit peu les taux obligataires avec une nette détente sur le 10 ans américain.
04:23On recule du côté des 4,46 % et du côté de la cote française, on a eu une très
04:30belle performance de secteur plus industriel.
04:33ArcelorMittal, qui gagne 6,3 % à 55,34 euros.
04:37C'est la plus forte hausse du CAC 40, mais derrière, on a l'ensemble du secteur du luxe,
04:40qui s'est enfin réveillé à l'image d'LVMH, qui a gagné 3,5 % à 497,95 euros.
04:46Et Hermès, plus 3,26 à 1 647 euros.
04:49A noter quelques prises de profit sur d'autres secteurs qui avaient bien grimpé ces derniers temps,
04:53notamment Legrand, qui a perdu 2,7 % à 141,10 euros, ou encore STMicroelectronics.
04:58Moins 0,9 à 61,78 euros.
05:01Les volumes d'échange élevés, 4,3 milliards pour un CAC 40,
05:04qui donc a même dépassé en séance les 8 500 points et qui termine en hausse d'1,6 %.
05:09Merci beaucoup Antoine Larigauderie.
05:11Et puis, j'ajoute cette toute dernière information.
05:13EDF devient le premier sponsor des Jeux Olympiques et Paralympiques 2030.
05:19C'est ce que l'énergie des siens vient d'officialiser à l'instant auprès du comité d'organisation des
05:26JO.
05:27Allez tout de suite, direction Aix-en-Provence pour les rencontres économiques.
05:32On retrouve Edwige Chevrillon sur place avec ses nombreux invités.
05:37BFM Business et la Tribune présentent...
05:41Le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
05:52Bonjour à tous.
05:53Bienvenue dans le 18-19.
05:55Ça y est, c'est parti.
05:56Nous sommes à Aix.
05:57Aix pendant trois jours avec de nombreux invités,
05:59que ce soit dans la matinale de leur closier ou que ce soit encore ici en direct ou dans le
06:0318-19.
06:04Nombreux invités, évidemment.
06:06Mais le premier d'entre eux, celui qui organise ses rencontres d'Aix-en-Provence,
06:10il nous fait l'honneur d'être avec nous.
06:12Pourtant, Dieu sait qu'il est sollicité.
06:14Bonjour ou bonsoir.
06:15Il fait tellement beau ici.
06:16Bonjour, Jean-Hervé.
06:17Bonjour.
06:18C'est moi qui suis très honoré d'être avec vous.
06:21Le président des rencontres d'Aix-en-Provence,
06:24le fondateur du Cercle des économistes.
06:26Alors, c'est quand même...
06:27Là, on est bien, on sourit, c'est au début.
06:30Mais c'est là longtemps que moi, je viens ici.
06:33Et ce qui me frappe quand même, c'est que même votre programme,
06:35même vos propos,
06:37le titre, c'est naviguer dans un monde d'incertitude,
06:40un monde sans repères.
06:42Il faut réinventer le XXIe siècle.
06:44Il faut réinventer, j'allais dire, le conflit, mais l'intergénérationnel.
06:49On sait que les jeunes, c'est quelque chose qui est très présent,
06:51en tous les cas, dans vos travaux et dans vos discours.
06:54Comment vous abordez ces trois jours, Jean-Hervé Lorenzi ?
06:57Avec le sentiment d'une mission.
07:01Bon, il y a beaucoup plus de monde que d'habitude.
07:04Au fond, c'est lié aux circonstances.
07:07Ce n'est pas lié à un talent particulier.
07:09Il y a beaucoup de monde, beaucoup d'intervenants,
07:12et pas mal de gens qui vont, en tous les cas,
07:14être partie prenante du débat présidentiel.
07:17Et nous, notre mission, ça va être de, j'allais dire,
07:21de faire des propositions ou des remarques
07:24qui vont permettre, obliger nos présidentiables à évoquer tous les sujets qui sont des sujets majeurs.
07:35Et sur ce point-là, on aura deux mots absolument clés.
07:38Le mot progrès, il faut vraiment que les gens comprennent que ce n'est pas évident d'avoir un progrès
07:45nulle part.
07:46Et deuxième sujet, le sujet jeunesse.
07:48Donc l'idée que notre pays ne s'en sortira que par sa jeunesse.
07:52Mais en même temps, il faut aussi des réformes, des réformes structurelles.
07:54On voit tout à l'heure, il y a le Premier ministre qui vient,
07:57qui va dialoguer, si j'ose dire.
08:00Enfin, espérons que ça va être un dialogue et non pas un affrontement,
08:02face à quelqu'un qui représente des patrons.
08:07Trop, c'est trop. Je crois que c'est le nom de son collectif.
08:09Il y a une envie, il y a un besoin.
08:11On sent ici que les politiques, et Dieu sait qu'ils sont nombreux,
08:14parce que vous les avez tous invités, sauf les FI et le Rassemblement national.
08:18Vous me direz dans un instant pourquoi.
08:19On a tous envie que ça bouge.
08:21Le chancelier Merz vient d'annoncer des réformes
08:24pour remettre en mouvement l'Allemagne.
08:26Nous, on a envie de dire qu'il faut remettre la France en mouvement.
08:29C'est vrai, mais que y ait cette perception-là.
08:34Elle est, je vais dire, très partagée.
08:37Au moins, ce qui me frappe, c'est l'idée que presque des deux tiers des Français
08:41se retrouvent dans des groupes extrémistes,
08:45que ce soit le RN ou la France insoumise.
08:49Donc ça veut dire qu'il y a un problème,
08:50qui n'est pas uniquement la mauvaise humeur habituelle.
08:54Les Français qui sont spécialistes, non mais ils sont spécialistes de ça.
08:59Donc l'idée, c'est que ceux qui peuvent faire bouger,
09:03c'est quand même la jeunesse.
09:04Donc on va vraiment insister sur ce thème-là.
09:08C'est cette idée.
09:10Je vous prends un exemple.
09:11La décision la plus stupide du budget 2026,
09:19c'est celle qui a consisté à me maintenir à moi,
09:22qui suis un vieux,
09:24qui est une retraite tout à fait convenable.
09:27Le fameux abattement pour que je paye moins d'impôts.
09:29Et on a diminué à peu près d'équivalent le montant de ce qu'on accordait à l'apprentissage.
09:36Donc c'est vraiment la décision.
09:37C'est au fond un monde qui est complètement gelé, stratifié,
09:42on dirait ankylosé.
09:43Et comment on fait bouger ça ?
09:45On ne le fait pas uniquement par des discours.
09:48Je vous rassure sur le garçon qui préside trop, c'est trop.
09:54Je le connais très bien.
09:55C'est en fait un garçon tout à fait raisonnable.
09:58C'est bien s'il force le Premier ministre à bouger, à réformer,
10:04à dire ce que vous venez de dire.
10:05C'est vrai que sur l'apprentissage, c'est quand même absurde.
10:08Ça marchait, ça permettait à des jeunes de rentrer dans l'emploi.
10:12Certes, il y a un coût, mais en même temps, il y a d'autres coûts.
10:14Donc vous pouvez peut-être faire des économies, non ?
10:16Vous voyez, ça faisait partie...
10:17Alors moi, je suis toujours frappé comme vieil économiste
10:22par les stupidités et les erreurs.
10:25On dit par exemple qu'il n'y a que 45% des Français qui payent les impôts.
10:30Stupidité absolue.
10:32100 milliards...
10:32Un impôt sur le revenu, ce n'est pas stupide.
10:34Quand on pense au prélèvement, la réalité, c'est 100 milliards,
10:39un impôt sur le revenu, 400 milliards de CSG et de TVA.
10:43Donc ça veut dire...
10:43Et ça, en tout cas pour la TVA, tout le monde la paye.
10:49Deuxième stupidité, c'est l'idée qu'au fond,
10:54on consacre trop d'argent aux jeunes,
10:58alors qu'évidemment, c'est l'inverse qu'il faudrait faire.
11:01Alors ce qui est compliqué pour faire bouger,
11:03c'est que ce pays est quand même tenu en main
11:07par une génération qui est la mienne.
11:09Je ne regrette rien d'en faire partie,
11:12mais qui a quand même, au fond,
11:15une vision assez passéiste et des sujets
11:18et ne pense pas que l'avenir, c'est autre chose qu'eux.
11:23Oui, j'ai envie de dire, alors peut-être,
11:24si vous me permettez, moi, je suis dans la génération d'après.
11:26Je sais qu'il y en a encore beaucoup derrière moi.
11:28Ça, je suis d'accord avec vous.
11:29Non, je ne crois pas.
11:30Mais en tous les cas, surtout ce qui est frappant,
11:33c'est la capacité à prendre des réformes,
11:35parce que les politiques, s'ils font des réformes,
11:38par exemple sur les retraites, ça va être intéressant,
11:40parce qu'il y a Édouard Philippe qui vient,
11:41il y a Gabriel Attal, il y a Renaud Retailleau,
11:44il y en a d'autres.
11:45Ça va être intéressant de voir s'ils vont oser dire
11:47qu'il faut faire des retraites,
11:48mais après, il faut se faire élire.
11:50C'est ça, la difficulté.
11:51Non, mais deux choses.
11:52Là aussi, les choses ne sont pas tout à fait ce qu'on raconte.
11:57Des réformes des retraites, c'est la cinquième.
11:59Je rappelle que la grosse réforme des retraites, c'est 93,
12:02c'est pas la dure.
12:04Deuxième sujet, la réforme des retraites,
12:07elle est évidemment le fait qu'on repousse l'âge.
12:12Je trouve que ce que dit Édouard Philippe,
12:15ou beaucoup de gens d'ailleurs,
12:16ces positions que je partage,
12:18on part en annuité,
12:20et puis il se trouve que les Français sont très crispés
12:22sur l'âge légal.
12:24L'âge pigou, instauré par Édouard Philippe.
12:26Voilà, mais ça c'est...
12:27Premier ministre, oui.
12:28Et là, j'espère que...
12:29Bon, et deuxième sujet, après,
12:32on a besoin de...
12:34Pour régler les problèmes français,
12:37il y a deux chiffres à bien connaître.
12:39On a besoin, un, deux, 8% d'heures travaillées de plus par an.
12:47Où est-ce qu'on va aller chercher ?
12:48Chez les jeunes et chez les vieux.
12:50C'est notre immense différence
12:52par rapport aux autres pays en Europe,
12:53et notamment à l'Allemagne.
12:55Quand on prend les 30, 55 ans,
12:56il n'y a pas de différence.
12:57Alors, moi, je voudrais qu'on revienne quand même ici, à Aix,
13:01parce que vous avez un programme éditorial
13:03qui est quand même assez époustouflant.
13:06On sent qu'il y a une réflexion derrière,
13:08mais maintenant, il faut que tout le monde s'en empare.
13:10Comment vous allez faire ça ?
13:12Vous voyez ce que je veux dire ?
13:12C'est que vous, vous avez fait votre travail,
13:13il y a des think tanks qui sont là.
13:15Il va y avoir une richesse intellectuelle très forte,
13:18mais après, comment faire que les candidats
13:22à l'élection présidentielle
13:23ou d'autres hommes politiques
13:24qui, finalement, dirigent le pays,
13:27eh bien, s'en emparent ?
13:28C'est ça, toute la difficulté ?
13:30Parce que les chefs d'entreprise,
13:31eux, ils ont compris qu'il fallait bouger.
13:35Vous vous posez vous-même la question,
13:36parce qu'en réalité, le succès d'Aix,
13:39c'est le cercle, c'est la mairie d'Aix
13:43et c'est le journaliste qui, en réalité,
13:46nous aide de manière massive.
13:47Je vous disais qu'il y en avait...
13:48Non, ce n'est pas uniquement pour vous faire plaisir.
13:52Je suis ravi de vous faire plaisir,
13:53mais ce n'est pas l'objet.
13:55Alors maintenant, on va sortir un texte
13:57de deux pages et demie,
13:58extrêmement claires, extrêmement précis,
14:01avec un démarrage d'une page de...
14:04En gros, dirige-ci.
14:05Il y a quoi dedans ?
14:06Et je ne vous le dis pas.
14:08Et il y a...
14:09Non, non, mais les pistes, quand même,
14:12puisque là, vous êtes en direct,
14:13c'est intéressant pour les gens
14:14qui nous écoutent ou qui nous regardent.
14:17Les pistes de réflexion,
14:19vous les avez déjà ouvertes quelques-unes.
14:21Et onze propositions,
14:24mais qui vont être modifiées
14:26en fonction de tout ce qui va être fait,
14:28permettez-moi, cher ami,
14:29de ne pas vous donner
14:30des scoops sur ce domaine-là,
14:34mais ça va être très vigoureux.
14:35Et ça va être, en plus,
14:38totalement enrichi
14:39des 90 sessions,
14:41et notamment toutes les sessions
14:43avec les politiques.
14:44Donc, je peux vous garantir
14:46qu'ils vont l'avoir,
14:48aux journalistes et aux médias,
14:50de jouer ce rôle-là,
14:52non pas de dire
14:53les rencontres d'ex, c'est super, etc.
14:55Franchement, c'est très bien,
14:56mais on n'en a pas besoin.
14:58C'est vrai que c'est bien.
14:59On a besoin que les propositions...
15:00Ce regard fait par des économistes,
15:03mais enrichi par tous les intervenants,
15:06il y en a 390...
15:08Pardon, 490.
15:09Il faut que ça rentre dans la tête
15:12de nos présidentiables.
15:13Et ils sont, je vais dire,
15:15il y en a pas mal qui sont là.
15:16Sur le plan géopolitique,
15:18sur le plan géopolitique,
15:20c'est un point important,
15:21il y a des affaires étrangères,
15:23mais il y a beaucoup d'étrangers
15:24qui viennent là.
15:25Moi, je sais que je fais un débat,
15:26par exemple,
15:27avec le président de la Baudensbank.
15:29Moi, j'aimerais bien savoir
15:30qu'est-ce qu'il pense de la France.
15:31Je ne sais pas s'il nous le dira,
15:32mais c'est vrai que quand on voit
15:34les réformes qui sont faites en Allemagne,
15:35et quand on voit qu'en France,
15:37on nous dit,
15:37il faut 100 milliards
15:39pour mettre la France à niveau,
15:40et quand on connaît
15:41notre niveau d'endettement,
15:42j'imagine que les Allemands,
15:43ils vont se dire,
15:45là, on a un gros problème
15:46avec la France,
15:47surtout si certains candidats
15:49que vous n'avez pas invités
15:51disent, il faut racheter,
15:52il faut qu'on rachète
15:53la dette française.
15:55Alors, peut-être qu'il faut garder
15:59peut-être une toute petite notion
16:01d'optimisme, parce que sinon,
16:04la désespérance n'a jamais conduit
16:07à grand-chose.
16:08En plus, reconnaissez que c'est
16:10un petit talent national.
16:12Je ne parle pas de la période actuelle
16:13qui mérite qu'on se tape
16:15sur les doigts,
16:16mais reconnaissez que c'est
16:17un peu notre habitude
16:18d'expliquer que ça ne va pas bien.
16:21Je prenais l'exemple de la...
16:22Prenons un exemple positif.
16:24Il y avait tout à l'heure
16:25M. Castex.
16:26Il doit être encore là.
16:28Jean Castex, président de la SNCF,
16:30et dans un instant,
16:30je recevrai Christophe Fennichet,
16:32qui est le directeur
16:33de la SNCF Voyages.
16:35Reconnaissez que la SNCF
16:38marche quand même vachement bien.
16:40Et alors, qu'est-ce que je n'entends pas
16:42sur la Bundesbank,
16:43BAN, sur la...
16:46Tous les Allemands vous disent
16:47que ça ne marche pas.
16:48Donc, de temps en temps,
16:50il faut un tout petit peu nuancer.
16:51Alors, c'est vrai que je suis un amoureux
16:52de la SNCF.
16:53Donc, je suis...
16:54Je dois être pris.
16:56Comme tous les amoureux,
16:57je deviens aveugle.
16:59Mais, quand même,
17:00vous êtes venu ce matin,
17:02ça...
17:03Quand même.
17:04Or, demandez à n'importe quel Allemand
17:06comment marche le réseau ferré.
17:10Voilà.
17:10Ferré.
17:11Je peux vous en montrer pas mal d'exemples.
17:13Même chose pour le...
17:14Donc, peut-être...
17:15Une phrase de conclusion, peut-être,
17:18Un mot de conclusion.
17:19Moi, je crois dans la vie,
17:21ça, nous nous connaissons assez bien,
17:23donc c'est une croyance très profonde,
17:25qu'il faut, évidemment,
17:27bouger notre pays qui est ankylosé.
17:29Le vrai mot, c'est le mot d'ankylosé.
17:32Mais on le fait comme avec...
17:35Dans une classe, dans un amphithéâtre,
17:38on le fait aussi en redonnant
17:40un peu d'esprit positif,
17:43parce que sinon,
17:44l'être humain,
17:46qui est naturellement assez paresseux,
17:48se réfugie derrière le fait
17:50que, de toute façon,
17:51il ne peut rien faire,
17:52parce qu'il est très mauvais.
17:54Et donc ?
17:54Et donc ?
17:56Pour Aix, pour ces rencontres ?
17:58Deux remarques.
18:00Première remarque.
18:01Il faut que les médias s'emparent
18:04de tout ce que nous allons dire.
18:06Et deuxième sujet,
18:07il nous reste huit mois
18:09pour essayer de faire avancer
18:11tous les dossiers.
18:13Moi, je suis un tout petit peu inquiet
18:14sur la croissance française,
18:16mais vous le savez,
18:17parce que la croissance, ça continue.
18:19Et troisièmement,
18:20prenons...
18:21Là, je reconnais que c'est pas...
18:22Je suis pas très honnête.
18:23Prenons la SNCF comme modèle.
18:25Voilà, prenons la SNCF.
18:26Ah, ça, je suis pas sûr.
18:27Pas sûr que certains Français
18:29ne seront peut-être pas forcément
18:30d'accord avec vous.
18:31Merci beaucoup, Jean-Hervé.
18:32Vous êtes arrêtés ici dans le studio
18:34de BFM Business.
18:35On vous laisse accueillir
18:36notre premier ministre
18:37qui était justement à Marseille
18:40pour essayer, dans une cellule de crise,
18:42pour voir ce qu'on pouvait faire
18:43pour lutter contre cette canicule
18:44et les incendies.
18:45Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
18:47Merci à vous.
18:48Et à BFM Business.
18:50Merci beaucoup.
18:51Tout de suite, ça y est,
18:52il a fait le...
18:53Vous pouvez prendre ma place,
18:54presque, Jean-Hervé.
18:55Vous l'avez dit,
18:56c'est Christophe Fennichet
18:57qui est directeur général
18:58de SNCF Voyageurs
18:59qui est avec nous.
19:02Le 18-19
19:04d'Edwish Chevrillon
19:05sur BFM Business.
19:10Bonjour, Christophe Fennichet.
19:11Bonjour, je vous remercie.
19:12Merci d'être avec nous.
19:14Je rappelle que vous êtes
19:15directeur général de SNCF Voyageurs.
19:17Jean-Hervé Lorenzi,
19:18à l'instant, il disait,
19:19moi, j'aime la SNCF.
19:22Votre président est là,
19:23Jean Castex.
19:25Moi, j'ai quand même des questions.
19:27Tous les Français
19:28vont partir en vacances,
19:29pour ceux qui partent en vacances.
19:30Il fait chaud,
19:31il fait même de plus en plus chaud.
19:32On va connaître
19:33une deuxième phase de canicule.
19:35On sait que tout ne s'est pas bien passé.
19:38Même votre président a dit
19:40il y a quelques jours,
19:40je ne peux pas garantir
19:42à 100%
19:42que tout va bien se passer.
19:44Est-ce que là,
19:45ce soir ou demain,
19:46vous pouvez quand même nous rassurer ?
19:47Alors, peut-être d'abord
19:48sur la canicule
19:49de la semaine dernière.
19:51D'abord, c'est une canicule
19:52exceptionnelle
19:53qu'on a vécue
19:54pour plusieurs raisons.
19:56Jamais aussi tôt
19:57dans l'année,
19:58jamais aussi chaude
19:59et puis jamais aussi longue.
20:00Mais ce que je souhaiterais dire,
20:02c'est que c'est vrai,
20:04nous avons eu
20:04quelques situations compliquées.
20:07D'ailleurs, je remercie
20:08tous les voyageurs
20:09pour leur compréhension.
20:10Je remercie aussi
20:11tous les cheminots et cheminottes
20:12parce qu'elles ont été
20:13elles aussi sur le terrain.
20:15Bien sûr.
20:15Mais je tiens à dire quand même
20:17qu'on avait préparé
20:19cet été,
20:20on a préparé
20:21des épisodes
20:22comme celui-là,
20:23on a anticipé
20:23et ça nous a permis
20:25tout simplement
20:26par l'adaptation
20:27qui a été la nôtre
20:28de permettre
20:28de faire circuler
20:299 trains sur 10
20:30qui sont circuler
20:32pendant les 12 jours
20:33de très fortes canicules.
20:34Oui, circuler
20:34mais reconnaissez
20:35qu'il y en a beaucoup
20:36qui se sont arrêtés
20:37pendant très longtemps.
20:38On a vu des images
20:40partout
20:41de gens
20:42qui étaient coincés
20:43pendant des heures
20:44sans bouteille d'eau.
20:46Non, je reconnais
20:47qu'il y a eu
20:47des situations difficiles
20:48mais il faut qu'on reconnaisse
20:50tous
20:50que ça a été
20:51une canicule exceptionnelle
20:52et si on sort
20:52un tout petit peu du train
20:53si vous me l'autorisez,
20:55ça a été exceptionnel
20:55pour tout le monde.
20:56Ça a été exceptionnel
20:57dans l'école,
20:58ça a été exceptionnel
20:58dans les hôpitaux
21:00donc oui,
21:00ça a été exceptionnel.
21:01C'est vrai,
21:02il y a eu quelques difficultés.
21:03Oui, mais ce n'est pas rassurant
21:03pour autant.
21:04Je sais bien que tout ça
21:05c'est la sphère étatique
21:07parce qu'après tout
21:07vous êtes un service public,
21:09une entreprise publique
21:10et que les hôpitaux,
21:12les écoles,
21:13c'est là où on voit
21:13le manque d'investissement
21:14en France,
21:15le sous-investissement.
21:16Est-ce que c'est le cas
21:16chez vous ?
21:17Moi, ce que je voudrais
21:18vous dire surtout
21:18c'est que l'anticipation
21:20qui a été la nôtre
21:20nous a permis de tenir
21:21dans la durée.
21:22On a fait,
21:22Edbis Chevrillon
21:23rouler 9 trains sur 10.
21:25C'est tous les jours,
21:26la semaine dernière,
21:275 millions de Français
21:28qui ont pu prendre le train.
21:29Oui, il y a eu des aléas.
21:30On a essayé de les gérer
21:31le mieux possible.
21:32C'est des centaines
21:33de milliers de bouteilles d'eau
21:34qui ont été distribuées.
21:36Moi, j'aimerais aussi
21:37qu'on retienne
21:37que l'entreprise a tenu
21:39dans la durée.
21:39Oui, mais on a envie
21:40de comprendre, bien sûr.
21:41Vous avez tenu,
21:43on a fini par arriver.
21:45Ce que je veux dire
21:45c'est que
21:46est-ce que rien,
21:47on ne peut pas l'anticiper
21:48donc ça peut recommencer
21:50la semaine prochaine.
21:50C'est ça que vous nous dites ?
21:51Non, ce que je peux vous dire
21:53c'est que l'anticipation
21:54qui a été la nôtre
21:54a permis de faire circuler
21:56ces 9 TG sur 10.
21:57Mais surtout,
21:58c'est quoi l'étape d'après ?
22:00C'est ça qui est intéressant.
22:00Oui, c'est quoi la semaine prochaine ?
22:01Même ce week-end,
22:03on prend un grand départ
22:03des juillettistes.
22:05Ce week-end, d'abord,
22:07l'été,
22:07comment il va se passer ?
22:08D'abord, c'est un été
22:08très positif.
22:10On a préparé cet été
22:11et c'est un été
22:12qui va être meilleur
22:13que celui de l'an dernier
22:15qui était déjà
22:15un été record.
22:16Les Français aiment le train
22:18et prennent le train.
22:20billets qui ont été achetés
22:21donc c'est un élément
22:23extrêmement important
22:24et on sera prêts
22:25pour que tous les Français
22:27puissent partir
22:28normalement en vacances
22:29dès ce vendredi
22:30et les week-ends qui suivent.
22:32Il y a combien de trains ?
22:32Vous l'avez dit ce week-end ?
22:33Il y a combien de trains ?
22:34Ce week-end,
22:35c'est plus de 1,4 million
22:36de Français
22:37qui vont prendre le train.
22:38Oui, mais ça, les Français, oui.
22:38C'est plusieurs milliers
22:40de trains qui vont circuler.
22:41On pense au TGV
22:42mais il faut aussi penser
22:43au TER.
22:44Les TER,
22:45c'est plus de 8 000 TER
22:45qui circulent tous les jours
22:46et c'est près d'un millier
22:47de TGV qui circulent
22:48tous les jours.
22:49C'est ça, la SNCF.
22:50Et puis, il y a forcément
22:51des incidents
22:53qui sont indépendamment
22:54de votre volonté.
22:55Alors, la question
22:56qu'on peut se poser,
22:56vous n'allez pas du tout
22:57aimer ma question,
22:58Christophe Vanichet,
23:00la concurrence,
23:01parce que ça y est,
23:02la concurrence,
23:02elle arrive notamment
23:03sur les grandes lignes,
23:05notamment sur le fameux
23:06Paris-Lyon,
23:07train d'Italia
23:08pour ne pas le citer.
23:09Est-ce que ça va vous faire,
23:10est-ce que ça va faire bouger
23:12la SNCF ?
23:13D'abord, vous avez raison,
23:15la concurrence,
23:15elle est là.
23:16Eh bien là, d'abord,
23:16elle a toujours un peu existé.
23:18Non, un concurrent,
23:19c'est...
23:19Tout petit peu.
23:19Et là, c'est un tout petit peu plus.
23:22C'était d'abord la voiture
23:23qui était notre concurrent.
23:24Je rappelle qu'un voyageur
23:26sur dix prend le train,
23:27neuf sur dix prennent la voiture.
23:29Donc, il faut le dire.
23:29Oui, il y a un concurrent
23:30qui est aujourd'hui
23:31sur le Paris-Lyon-Mersaille.
23:33D'ailleurs, il est très présent.
23:34Et ça va vite.
23:35Aujourd'hui, la concurrence,
23:36elle est très présente.
23:37À nous, tout simplement,
23:39d'être les meilleurs.
23:40Et on est meilleur comment ?
23:42Tout simplement parce qu'au sein
23:43des SNCF Voyageurs,
23:45on a une gamme d'offres
23:46qui vous permet
23:46d'utiliser TGV Inouï,
23:48Wigo, Eurostar.
23:50À nous de proposer
23:51le plus d'offres possibles.
23:52Et surtout, je dirais
23:53très simplement dans la concurrence,
23:54mais je ne suis pas le seul
23:55à dire ça,
23:56à nous d'être les meilleurs.
23:57Et aujourd'hui,
23:58ce que je vois,
23:59c'est que nos clients sont là
24:01de plus en plus.
24:02Et sur les cinq dernières années,
24:04sur le TGV,
24:04c'est 20% de voyageurs en plus.
24:07Est-ce qu'elle est juste,
24:09cette concurrence ?
24:10Parce qu'à un moment,
24:10vous avez dit,
24:12cette concurrence,
24:12ça fait que, du coup,
24:14on va moins s'arrêter
24:15dans les villes moyennes
24:16parce que c'est vrai
24:18qu'il y a une espèce
24:18de péréquation économique.
24:20Vous faites payer très cher
24:22les billets de TGV,
24:23les lignes qui fonctionnent bien,
24:25mais ça permet justement
24:26de changer les infrastructures
24:27et puis aussi de faire circuler
24:29des trains qui sont moins rentables.
24:31Votre autorité de régulation,
24:32la RT,
24:33elle a dit,
24:33non,
24:34c'est pas un argument.
24:34Vous, vous répondez quoi à la RT ?
24:37Moi, ce que je reprends d'abord,
24:38c'est qu'effectivement,
24:40avec le TGV,
24:40on gagne de l'argent
24:41et ça nous permet
24:42de faire plusieurs choses.
24:43D'abord,
24:43d'acheter des trains neufs.
24:45Vous allez voir en septembre
24:46un nouveau TGV qui va arriver,
24:48un TGV extraordinaire.
24:50Ça nous permet,
24:50la deuxième chose,
24:51c'est ce que vous avez dit,
24:51de pouvoir faire rouler
24:52des trains non seulement
24:53sur des liaisons rentables,
24:55le Paris-Marseille,
24:57mais sur ce Paris-Marseille,
24:58ça nous permet aussi
24:59de nous arrêter
25:00au Creusot, par exemple,
25:01qui est une plus petite ville
25:03et qui est, pour nous,
25:04pas rentable,
25:05c'est-à-dire qu'il n'y a pas
25:06assez de voyageurs
25:07pour pouvoir avoir
25:09une desserte équilibrée.
25:11Nous, ce qu'on demande,
25:12c'est d'avoir une équité
25:13de traitement,
25:13c'est-à-dire que nous
25:14ou nos concurrents
25:16aient la même façon
25:17d'être traités.
25:18Nous, aujourd'hui,
25:19et j'en suis très fier,
25:20le TGV, aujourd'hui,
25:21il fait rouler,
25:22on roule dans plus
25:23de 200 villes.
25:25Ce n'est pas le cas
25:25de mes concurrents.
25:26Moi, ce que je vois,
25:26c'est que mes concurrents,
25:27aujourd'hui,
25:27ils veulent faire du Paris-Lyon,
25:28du Paris-Lyon-Avignon-Aix-Marseille,
25:31mais ne va pas s'arrêter
25:32dans les petites villes.
25:33Il veut rouler uniquement
25:34sur les liaisons rentables.
25:35Moi, je pense que, là-dessus,
25:37cette équité doit être repensée.
25:39Et d'ailleurs,
25:39il y a un projet de loi
25:40sur ce sujet
25:41pour pouvoir retrouver
25:42cet équilibre.
25:44Sur votre application,
25:46SNCF Direct,
25:48Connect, pardon.
25:49Non, excusez-moi,
25:49je retarde d'un métro,
25:50c'est le cas de le dire.
25:51Ou d'un train, plutôt.
25:52D'un train.
25:52D'un train,
25:53on n'a pas à faire.
25:54Est-ce qu'ils sont
25:56sur votre application ?
25:59Sur mon application,
26:00sur SNCF Connect,
26:01je vends tous les trains
26:02de SNC Voyageurs,
26:03mais je vends aussi
26:05les trains de mes concurrents.
26:06Oui, c'est ça.
26:06Par exemple,
26:07je vends la RATP.
26:08Par exemple,
26:09je vends Transdev.
26:10Donc, je vends tous les trains,
26:12je dirais,
26:12du service public.
26:14En revanche,
26:15le train Paris-Lyon-Marseille,
26:17ce n'est pas un train
26:17du service public,
26:18c'est un train
26:18dans lequel,
26:18je le rappelle,
26:19100% de ce que paye
26:21le voyageur
26:21permet de payer le train.
26:23Et donc ?
26:23Et donc,
26:24je ne vends que mes trains.
26:25Donc, je ne veux pas...
26:26Voilà, c'est ça.
26:26Je ne vends que mes trains.
26:27Mais je ne connais nulle part
26:29en France ou en Europe
26:30un concurrent
26:31à qui on obligerait
26:33de vendre son autre concurrent.
26:35Moi, je vends mes trains.
26:36On dit quand même un mot
26:37parce que c'est vrai
26:38que c'est un moment important.
26:39Il a été un peu décalé.
26:40Ça devait être le 1er juillet.
26:41Finalement,
26:41ça sera en septembre.
26:42L'arrivée du TGV Max,
26:45du TGVM,
26:46ça sera donc en septembre
26:49pour la rentrée des classes ?
26:51Pourquoi ?
26:51Le TGVM,
26:53d'abord,
26:53on l'attend tous
26:53avec impatience
26:54parce que tout simplement,
26:56ça va être
26:56l'actif stratégique
26:57pour SNC et Voyageurs.
26:59On achète un train.
27:00On en a acheté 160.
27:015 milliards d'euros
27:02qui ont été investis.
27:03Investis grâce aux bénéfices
27:05qu'on fait sur le TGV.
27:07Ces 160 trains,
27:08ils vont commencer
27:09à être livrés
27:09et mis en circulation
27:11début septembre.
27:12Vous le verrez,
27:12c'est un actif absolument incroyable.
27:14Il va être mis sur les rails
27:16pour les 50 prochaines années.
27:18Et puis,
27:18la particularité,
27:19c'est qu'il va s'adapter
27:20à tous nos marchés.
27:21C'est-à-dire que
27:21si on décide,
27:22par exemple,
27:23de faire qu'un train de seconde
27:24avec 100 barres,
27:26plusieurs voitures de première,
27:27il va nous permettre
27:28tout simplement
27:29de nous adapter
27:29à notre marché.
27:30Et c'est très important
27:31qu'on puisse le faire
27:32puisqu'il est écrit,
27:34ce train,
27:34pour les 50 prochaines années.
27:35Et vous en avez commandé
27:37combien ?
27:37Il y en aura combien ?
27:38On en a commandé 160
27:40et les premiers sont livrés
27:42dès septembre.
27:43Les six premiers trains
27:44se retrouveront en circulation
27:45dès septembre.
27:46Et puis,
27:46pas à pas,
27:47on en recevra 15 par an.
27:49Je voudrais qu'on parle aussi
27:50d'intelligence artificielle
27:51parce que tout à l'heure,
27:52on parlait de progrès
27:53en disant,
27:54Jean-Hervé Lorézi disait
27:55le progrès,
27:56il faut qu'on réapprenne
27:58ce que c'est que le progrès.
28:00L'intelligence artificielle,
28:01c'est quand même
28:01un sacré progrès.
28:02Certains commencent à dire
28:03que ça peut être dangereux
28:05en tout cas sur le marché du travail
28:07par rapport à nous,
28:08êtres humains.
28:09Mais,
28:11vous venez de signer
28:12un accord
28:12avec le CEA,
28:14un accord très important
28:16pour le ferroviaire de demain.
28:19Est-ce que vous pouvez nous expliquer
28:20justement,
28:21un,
28:21qu'est-ce que l'intelligence artificielle
28:22va changer pour la SNCF
28:24et en quoi consiste cet accord ?
28:27Alors cet accord,
28:28c'est,
28:28si j'étais coquin,
28:29c'est un de nos slogans
28:30de la SNCF
28:31d'il y a une vingtaine d'années,
28:32c'est pour avoir
28:33toujours un train d'avance.
28:35Cet accord,
28:36c'est d'écrire notre avenir.
28:37C'est un accord d'innovation
28:39et puisque vous me parlez
28:40d'innovation
28:41et d'intelligence artificielle,
28:42aujourd'hui,
28:43une entreprise comme la mienne,
28:44dont l'objet est d'être
28:45le leader de la mobilité,
28:47leader du train,
28:48on ne peut pas être
28:48le leader de la mobilité
28:49sans être un leader de la tech.
28:51Et l'intelligence artificielle
28:52est dans l'ADN de l'entreprise.
28:54Je vais vous donner un exemple
28:55très concret.
28:56L'intelligence artificielle,
28:57pour nous,
28:58c'est par exemple
28:58passer de la maintenance préventive,
29:00c'est-à-dire au kilométrage,
29:02à la maintenance prédictive,
29:04c'est-à-dire être capable,
29:05avec tous les capteurs
29:06qui sont nôtres,
29:07toutes les données
29:07qu'on reçoit en temps réel
29:08d'un train qui circule,
29:09de pouvoir prévoir la maintenance.
29:11Exemple très concret,
29:13une climatisation,
29:14je pense que c'est le moment
29:14d'en parler,
29:15qui commence à souffrir.
29:16On détecte avant
29:18qu'elle tombe en panne
29:18et ça nous permet,
29:20lorsqu'elle revient au garage,
29:22de pouvoir la réparer.
29:22L'objectif, il est assez simple
29:23avec ce type de contrat
29:24avec le CEA,
29:25c'est de se dire
29:26que dans les dix prochaines années,
29:27nous n'ayons aucune panne,
29:29zéro, zéro panne
29:30d'un train en ligne
29:32parce que nous n'aurions pas
29:33bien maintenu ce train.
29:35Ça, c'est un point important.
29:36Merci beaucoup,
29:36Christophe Vanichet,
29:38et merci beaucoup
29:39parce qu'on sait
29:40que vous êtes très occupé,
29:41très sollicité
29:41pendant ce week-end.
29:43C'est un week-end important
29:44avec ces transhumances
29:45des Français.
29:46Merci d'avoir été avec nous.
29:47Je rappelle que vous êtes
29:48directeur général
29:49de SNCF Voyageurs.
29:51Merci.
29:51Dans un instant,
29:52c'est Pierre-André Tchananda,
29:53le président de l'Institut d'entreprise,
29:55les patrons qui attendent
29:56beaucoup de cette élection présidentielle
29:57pour essayer de faire bouger
29:59les lignes.
30:00Il nous dira s'il est confiant,
30:01on ne peut en douter,
30:02et puis il est aussi
30:03tout nouveau président
30:04du conseil d'administration
30:05de l'équipementier Forvia.
30:07A tout de suite.
30:08BFM Business et la Tribune présente
30:13le 18-19 d'Edwish Chevrillon.
30:22Au retour, ici, à Aix-en-Provence,
30:25où nous sommes donc
30:26pour les rencontres économiques,
30:27mon invité,
30:28c'est Pierre-André Tchananda,
30:29le président de l'Institut d'entreprise,
30:30président du conseil d'administration
30:32de l'équipementier Forvia
30:33et président d'honneur de Saint-Gobain.
30:36Bonjour, Pierre-André Tchananda.
30:37Bonjour.
30:38Merci d'être avec nous.
30:39Beaucoup de questions
30:39parce que vous,
30:40vous représentez l'industriel,
30:41les industriels et les patrons.
30:43Et les patrons,
30:44ils ne sont pas forcément
30:45très très contents
30:45de ce qu'ils voient en tous les cas
30:47dans les différents programmes
30:49des candidats à l'élection présidentielle.
30:51Alors certains vous satisfont
30:52plus que l'autre.
30:54Je voudrais qu'on en parle
30:56parce qu'on est vraiment
30:57face à un moment très important
30:59pour vous,
31:01pour cette présidentielle.
31:02Vous avez écrit une tribune,
31:04je la trouvais très intéressante,
31:05qui était dans le point,
31:05où vous disiez,
31:06mais attendez,
31:06un, nous avons cessé de produire,
31:08puis deux,
31:08il faut arrêter de prendre
31:10les entreprises
31:11comme des variables
31:13d'ajustement budgétaire.
31:15Est-ce que là,
31:16c'est un peu le message
31:17que vous voulez faire passer ici à Aix ?
31:18C'est ce qui s'est passé
31:19sur le budget 2026,
31:20in fine.
31:21Comme on n'a pas du tout
31:22bougé sur les dépenses publiques
31:24et qu'il fallait quand même
31:25boucler le budget,
31:27in fine,
31:27c'est des entreprises
31:28qui ont fait la variable
31:29d'ajustement.
31:30Et on a tendance,
31:31les politiques ont tendance
31:32à traiter les entreprises
31:34comme les vaches à lait
31:35alors qu'elles sont déjà
31:38très corsetées.
31:39Donc oui,
31:40c'est un vrai sujet.
31:41Et je pense que les Français,
31:43eux,
31:43ils font plus confiance
31:44à l'entreprise.
31:45Donc il y a un sujet
31:46de perception par les politiques
31:48qui n'ont pas le courage
31:49de faire les réformes
31:50qu'il faut sur le plan
31:50des dépenses,
31:51et bien in fine,
31:52de faire l'ajustement.
31:54Et donc,
31:54oui,
31:55les entreprises sont inquiètes
31:56parce que la situation politique
31:58à l'Assemblée,
31:59elle n'a pas changé
31:59par rapport à l'année dernière
32:01et que le budget 2027,
32:02il se présente
32:03dans des conditions difficiles.
32:05Donc,
32:06et si vous voulez,
32:07on se dit que ça fait maintenant
32:08un moment qu'on n'a plus de réformes
32:10et qu'on va encore avoir
32:10un an sans réformes.
32:12Voilà,
32:13donc c'est vrai que les entreprises,
32:14elles sont inquiètes.
32:17Oui,
32:18et puis surtout devant
32:18le budget 2027
32:19parce qu'on ne sait pas
32:20si, un,
32:20il y aura une majorité
32:21pour la votée.
32:22Si on est en loi spéciale,
32:23ça sera presque encore pire
32:24parce qu'à ce moment-là,
32:27toutes les taxes
32:28sur les grandes entreprises,
32:29ça va être compliqué aussi.
32:30C'est ça qui vous inquiète
32:31en tous les cas
32:31pour les prochains mois à venir ?
32:33Oui,
32:33c'est pas très...
32:34Et puis surtout,
32:36si vous voulez,
32:36le fait que depuis maintenant
32:372-3 ans,
32:38la France fait du surplace
32:39alors que les autres pays avancent.
32:41Et donc,
32:41en gros,
32:42ça veut dire qu'on prend du retard.
32:43Et on prend du retard
32:45et aujourd'hui,
32:45les entreprises,
32:46elles se sont adaptées
32:47à énormément de crises.
32:48Elles ont fait preuve
32:49d'une grande résilience.
32:50Mais la situation française
32:52les inquiète.
32:54Et donc,
32:55alors que la situation
32:56dans le monde,
32:57elle est compliquée.
32:57mais vis-à-vis des entreprises,
33:01il y a beaucoup de pays
33:02qui prennent mieux en compte
33:03les besoins des entreprises
33:04que la France aujourd'hui.
33:05Oui,
33:05on a vu là,
33:06le chancelier allemand
33:07qui est fragilisé aussi
33:09dans sa majorité politique.
33:12On l'a accusé
33:13de rien faire.
33:14Et là,
33:14finalement,
33:15il a affiché un discours
33:17avec des réformes
33:18quand même assez fortes,
33:19notamment des réformes structurelles
33:20sur les retraites.
33:21Alors aussi,
33:22sur une hausse d'impôts
33:23pour les plus aisés.
33:24Et puis,
33:25on voit bien
33:26qu'il y a la question
33:26qui se pose
33:27de qu'est-ce qui va se passer
33:28pour la compétitivité,
33:29que le problème,
33:31il est encore plus fort
33:33presque en Allemagne,
33:34qui est un pays industriel
33:35qu'en France,
33:36paradoxalement.
33:36Pourquoi ?
33:37Si on prend
33:38depuis quelques années,
33:39la France avait un retard
33:41et une désinstruction
33:43qui avait été
33:44beaucoup plus forte.
33:45Elle a été arrêtée.
33:46Je crois que les réformes
33:47qui ont été faites
33:47en 2017 et 2018
33:49ont été importantes
33:49et on l'a vu
33:50jusqu'en 2022.
33:51Et donc,
33:52on a un peu amélioré
33:53notre situation,
33:53pas par rapport au monde,
33:54mais par rapport à l'Europe.
33:55Et puis,
33:55il y a eu la crise ukrainienne
33:57qui a fait apparaître
33:58un vrai problème
33:59du business model allemand.
34:02et aujourd'hui,
34:04l'Allemagne est beaucoup
34:05plus touchée que la France
34:05parce que l'Allemagne
34:07a encore une partie
34:08très importante
34:09de son économie
34:10qui est dans l'industrie,
34:10nous,
34:11on ne l'a plus,
34:11et que l'industrie,
34:12elle a ce problème
34:13que nous n'avons pas
34:15de l'énergie
34:16et elle a ce problème
34:17que nous avons
34:18mais qu'elle a encore
34:19beaucoup plus important
34:20qui est le rouleau
34:21compresseur chinois
34:22qui est en train
34:22de balayer
34:23toute une série
34:23de secteurs.
34:24Et donc,
34:27l'Allemagne,
34:28c'est très important
34:29ce qui se passe en Allemagne
34:30puisque l'Allemagne
34:30a toujours été
34:32très libre-échangiste
34:33et là,
34:34elle s'aperçoit
34:35que ça ne marche pas.
34:36Et donc,
34:36il y a une tension
34:37entre ceux qui disent
34:38il faut rester comme avant
34:39et ceux qui disent
34:40c'est peut-être
34:42les Français qui ont raison
34:43et vis-à-vis des Chinois,
34:44il faut probablement
34:45changer de logiciel.
34:47Oui,
34:48et du reste,
34:48il y a des réunions
34:49très importantes
34:49et pour l'instant,
34:50sur l'accord
34:51qui n'a pas encore été signé
34:52avec les Chinois
34:52parce que c'était
34:53les Allemands
34:53qui bloquaient.
34:54Tout à fait.
34:55Et que là,
34:55les Allemands,
34:56ils sont en train
34:56de se rendre compte
34:57que leur industrie,
34:58évidemment,
35:00part un peu...
35:00J'espère qu'ils vont bouger
35:01mais ce n'est pas encore...
35:02Parce qu'on est coincés,
35:04nous,
35:04les Européens,
35:05on est un peu
35:05dans une pince
35:07économique,
35:08si vous me permettez
35:09cette expression,
35:10entre les Chinois
35:12et les Américains.
35:13Non,
35:13ce qui s'est passé...
35:14Et que nous,
35:14on est au milieu
35:15et que finalement,
35:16il faut bien qu'on essaie
35:16de trouver une solution,
35:17non ?
35:18Ce qui s'est passé,
35:19si vous voulez,
35:19surtout sur beaucoup
35:20de domaines industriels,
35:21c'est deux choses.
35:22Premièrement,
35:23les Américains
35:23se sont complètement refermés
35:25et donc,
35:26les surcapacités chinoises,
35:27elles vont où ?
35:28Elles vont en Europe
35:29et l'Europe ne s'est pas protégée.
35:31Ça,
35:31c'est le premier phénomène
35:32et le deuxième phénomène,
35:34c'est qu'on a sous-estimé
35:36les progrès technologiques
35:38absolument considérables
35:39qu'a fait la Chine
35:40qui ont été,
35:41comme le montre l'OCDE,
35:42très subventionnées
35:43mais qui font qu'aujourd'hui,
35:45dans beaucoup de domaines,
35:47on parle beaucoup
35:48de l'industrie automobile,
35:48c'est très flagrant
35:50mais c'est comme ça
35:51dans beaucoup de domaines,
35:52les produits chinois
35:54avec en plus
35:54un taux de change
35:55qui est la première chose
35:57qu'a dit le chancelier
35:58qui est quand même
35:59très importante,
36:00un changement pour l'Allemagne.
36:01C'est qu'on a un euro
36:01qui est très fort
36:01par rapport au M&B.
36:02Tout à fait.
36:03Et donc,
36:04si vous voulez,
36:04on a une invasion
36:05des produits chinois en Europe
36:07dans beaucoup
36:07de secteurs industriels.
36:08Mais parce que aussi,
36:10et vous l'avez dit,
36:11à l'instant,
36:11Pierre-Drethiandar,
36:12ce qui est un...
36:13c'est qu'ils ont fait
36:14une révolution technologique
36:17d'innovation
36:18absolument considérable
36:20et que nous,
36:20on ne l'a pas fait.
36:21Pendant longtemps,
36:22on a cru que les Chinois
36:23nous copiaient
36:23et en fait,
36:24aujourd'hui,
36:25on ne peut pas dire
36:25qu'ils copient.
36:26Ah non,
36:26mais c'est l'inverse.
36:27Et quand vous regardez
36:28les dépenses de R&D
36:29des Chinois
36:29de recherche et développement,
36:31elles sont très au-dessus
36:33des nôtres.
36:34Et donc,
36:34ils sont en avance,
36:35ils ont une concurrence
36:36très importante.
36:37C'est un mélange
36:38entre un système politique
36:39très autoritaire
36:40et un système capitaliste
36:42très, très concurrentiel
36:44et qui est très favorable
36:46à l'innovation.
36:46Et vous,
36:47vous êtes dans quelle position ?
36:50Est-ce que vous êtes...
36:52Moi,
36:52je pense qu'il faut se protéger.
36:55Alors,
36:55on se protège comment ?
36:56C'est-à-dire,
36:56on met quoi aux barrières ?
36:58Si vous voulez,
36:59il faut comprendre
37:02qu'aujourd'hui,
37:02on est dans la situation,
37:04ce n'est pas très agréable
37:05à dire,
37:06mais on est dans
37:06beaucoup de domaines
37:07dans la situation
37:07d'un pays émergent.
37:09La Chine,
37:09il y a 25 ans,
37:10qu'est-ce qu'ils ont fait
37:11les Chinois
37:11pour se développer
37:12dans cette situation ?
37:13Ils ont dit,
37:14OK,
37:14vous pouvez venir,
37:15les Européens,
37:16mais vous prenez
37:17dans des JV
37:17où vous êtes minoritaire
37:18et vous transférez
37:19la technologie.
37:20Et donc,
37:21je pense que nous,
37:22il faut se protéger
37:23d'une manière ou d'une autre.
37:24Il y a le taux de change.
37:26Ce n'est pas très facile
37:27à obtenir,
37:27mais il y a
37:30les droits de douane
37:31et puis il y a
37:32toutes les règles
37:33qui me paraissent intéressantes
37:34sur le contenu local,
37:35ce qu'ont fait
37:36les Américains.
37:37En gros,
37:37si vous voulez,
37:38nous,
37:38on est le déversoir
37:39des surcapacités
37:41chinoises
37:42parce que l'économie chinoise
37:43ne va pas si bien
37:44que ça.
37:44Donc,
37:44ils ont un modèle
37:46qui est tout entier
37:47tourné vers l'industrie
37:48et vers l'exportation.
37:51Oui.
37:51Et je peux vous confirmer,
37:54tout le monde vous dit
37:55que,
37:55par exemple,
37:56les navires
37:57sont pleins
37:58de marchandises chinoises
37:59et qui déversent
38:01leurs produits,
38:02leurs marchandises
38:03en Europe.
38:04Et si vous prenez
38:05l'exemple de l'automobile,
38:06en plus,
38:07dans l'automobile,
38:09si vous voulez,
38:10l'Europe a dit,
38:11au lieu de donner
38:11un objectif
38:14sur le plan neutre,
38:15sur le plan technologique,
38:16qui est en gros dire
38:17qu'il faut réduire
38:17les émissions de CO2.
38:18On a dit comment
38:19il faut les faire.
38:20Et donc,
38:20on a dit l'électrique
38:22alors qu'on n'était pas bon
38:22en Europe par rapport
38:23aux Chinois.
38:24Et on n'était pas prêts.
38:25Et on n'était pas prêts.
38:26Voilà.
38:26Donc,
38:26on a un vrai problème.
38:28Mais donc,
38:28par exemple,
38:29si on reste dans le secteur
38:29de l'automobile,
38:30parce que maintenant,
38:31vous êtes président
38:31du conseil d'administration
38:32de Forvia,
38:33qui est le grand équipementier
38:36automobile français,
38:37mais il travaille déjà
38:38beaucoup avec les Chinois.
38:39Oui, oui.
38:40Et quand je m'en souviens,
38:41j'avais posé la question
38:43aux dirigeants
38:44à l'époque de Forvia
38:45et qui me disaient
38:45mais nous,
38:46on est pour travailler
38:47avec les Chinois
38:47parce qu'on en a besoin.
38:49Mais on travaille
38:50avec les Chinois en Chine.
38:52Oui.
38:52Et on travaille
38:53avec les Européens
38:54en Europe.
38:55Là, moi,
38:56je parle de...
38:56Ce que je viens de vous dire,
38:57c'est pour l'ensemble
38:59de l'industrie automobile
39:01et toute la chaîne de valeur.
39:03Est-ce que vous êtes
39:04pour faire...
39:04Enfin, vous me direz
39:05que c'est difficile
39:06de vous prononcer.
39:07Mais il y a tout un débat,
39:09vous savez,
39:09donc Stellantis
39:09a ouvert une de ses usines
39:11notamment aux Chinois
39:13pour qu'ils viennent
39:14produire en France.
39:16Si vous voulez...
39:17Alors, est-ce que c'est
39:18une bonne idée ?
39:19Il y a d'autres constructeurs
39:20qui disent
39:20mais attendez,
39:21on ne peut pas faire ça.
39:22C'est ce que je vous disais.
39:24Pourquoi pas ?
39:24À condition qu'il y ait des règles
39:26et où les bonnes technologies
39:27sont transférées
39:28et à condition aussi
39:29que les Chinois
39:29qui sont en Europe,
39:32ils achètent
39:32leurs équipements
39:34en Europe.
39:35C'est ce qu'ont fait
39:35les Américains
39:36et c'est ce que font
39:37les Chinois en Chine.
39:37Et vous croyez
39:38qu'ils l'accepteraient ?
39:39C'est à l'Europe
39:40de le décider.
39:41Et donc,
39:42il faut que les Allemands signent ?
39:44Les Allemands,
39:44ils sont en train d'évoluer.
39:45Là-dessus,
39:45c'est un peu compliqué encore
39:46mais c'est un petit peu
39:47l'idée
39:48qu'a eue la Commission
39:50avec l'acte industriel
39:52et les propositions
39:53de la Commission
39:54du commissaire séjourné
39:56et qui vont maintenant
39:56passer au Parlement.
39:58Donc, les débats
39:59vont avoir lieu bientôt.
40:00Oui, mais il faut voir aussi
40:01que le Made in Europe,
40:03on peut dire qu'on a une version
40:04quand même très très élargie
40:05de l'Europe.
40:06Alors, ça fait partie
40:07de tout ça.
40:07Quand on rentre dans l'État,
40:08c'est très compliqué
40:09mais je pense que ça va
40:10dans le bon sens
40:10et que l'Allemagne est en train
40:12et l'Allemagne est clé
40:13parce qu'aujourd'hui,
40:13l'Europe est allemande
40:14sur le plan du pouvoir.
40:16C'est souvent les Français
40:17qui ont les bonnes idées
40:18mais c'est les Allemands
40:18qui décident
40:19parce qu'on est plus crédibles
40:20compte tenu de la situation
40:22de nos comptes à nous.
40:23Et donc, il faut que les Allemands bougent.
40:25Et là, qu'est-ce que vous allez dire ?
40:26Vous allez rencontrer
40:26différents candidats
40:27à l'élection présidentielle.
40:29Il y a beaucoup de politiques.
40:31Je le disais avec Jean-Hérôme Lorenzi.
40:33Qu'est-ce que vous avez envie
40:34de faire passer ?
40:35C'est-à-dire la forme structurelle,
40:36la compétitivité ?
40:37OK, mais quoi particulièrement ?
40:39À l'Institut de l'entreprise,
40:41pour préparer un peu ces échéances,
40:42on s'est concentré
40:44sur plusieurs sujets.
40:46On n'a pas traité le sujet
40:47de la dette et des finances publiques
40:48parce que je pense
40:48qu'il y a beaucoup de gens
40:49qui le...
40:49Il est majeur.
40:50Mais on s'est concentré
40:51sur ce qu'il fallait faire
40:52dans plusieurs domaines
40:54qui intéressent l'entreprise
40:55mais qui devraient être
40:55de politiques publiques.
40:56L'éducation, la santé,
40:58l'innovation et le travail.
40:59Et donc, on va...
41:00On a, sur certains,
41:01déjà commencé
41:02à publier nos travaux.
41:05On va le faire à la rentrée
41:06et on a commencé à en discuter.
41:08On va en discuter
41:09avec les différents candidats
41:11pour essayer de les alimenter
41:12en idées
41:13sur ce qui nous paraît
41:14bon à faire pour la France.
41:15Tiens, juste une dernière question
41:16là-dessus.
41:17Le travail,
41:17puisque vous parlez de travail.
41:18On voit bien
41:19qu'une des grandes questions
41:20pour les Français
41:21et puis pour les entreprises,
41:23c'est de savoir
41:25comment rapprocher
41:26dans la feuille de paye
41:27le brut du net.
41:28Oui.
41:28On fait comment ?
41:29Vous êtes d'accord
41:30qu'il y a un problème ?
41:31Les augmentations...
41:31On compare les augmentations
41:34de salaire,
41:35notamment entre en Allemagne,
41:36en Europe et en France
41:38et nous,
41:38c'était...
41:38On était les plus bas
41:40en termes d'augmentation
41:41de salaire des Français.
41:43Moi, j'ai une solution là-dessus
41:44qui est de dire
41:45qu'une des raisons,
41:46c'est parce que les cotisations
41:47sociales en France
41:48sont très élevées,
41:49c'est parce qu'il faut revoir
41:51la manière dont est financé
41:52notre modèle social.
41:53Il y a des...
41:54De mon point de vue,
41:55il y a des éléments
41:56de ce modèle social
41:57qui ne relèvent pas du travail,
41:59la santé, la famille,
42:01alors que les retraites
42:01et le chômage,
42:02ça relève du travail.
42:03Et donc, il faut trouver
42:04d'autres assiettes
42:05en baissant les cotisations sociales
42:07et donc augmenter
42:08le pouvoir d'achat
42:11et le salaire net
42:12par rapport au brut.
42:12Mais alors, vous faites quoi ?
42:14Vous augmentez la TVA ?
42:15Oui, tout à fait.
42:17C'est le seul impôt
42:18sur lequel on est
42:18très en dessous
42:19de la moyenne européenne.
42:21Et je pense que
42:22si on ne touche pas
42:23au taux réduit,
42:24on peut avoir quelque chose
42:24qui, socialement,
42:25est tout à fait acceptable.
42:27Alors, ça n'a pas
42:28bonne presse en France,
42:29mais j'observe
42:30qu'il y a des tabous
42:31qui tombent.
42:31Il y a un an,
42:32le tabou sur la retraite
42:33par capitalisation,
42:34il était encore là.
42:35Il a tombé.
42:36Je pense que de la TVA,
42:37il va falloir
42:37qu'on fasse tomber
42:39ce tabou.
42:40Juste un point,
42:41quand même.
42:42Je reviens sur l'industrie
42:43et la désindustrialisation.
42:45Est-ce qu'on va,
42:46certains économistes le disent,
42:47on va vers une nouvelle
42:49vague de désindustrialisation ?
42:51Est-ce que vous le sentez ?
42:52Là, on revient à côté chinois.
42:54En Allemagne,
42:54c'est très très fort en ce moment.
42:55En Allemagne,
42:56il y a 10 000 emplois
42:57par mois qui disparaissent.
42:59Donc, j'espère que les Allemands
43:00vont se réveiller rapidement.
43:01Et chez nous, en France ?
43:02Chez nous, c'est moins
43:02parce qu'on avait désindustrialisé déjà.
43:05Mais ce n'est pas bon.
43:06Oui, oui.
43:06La vague chinoise
43:07est terrible en ce moment.
43:09Comment vous dites ?
43:09Vous disiez tout à l'heure,
43:11mais on a fait des choses
43:12qu'en 2022
43:13pour réindustrialiser la France.
43:14OK.
43:15On est toujours en dessous de 10.
43:16Je veux dire,
43:17on est monté une fois à 11.
43:18On est en dessous de 10.
43:19On s'était remis à peu près dans les clous.
43:2010% du PIB, je précise.
43:22On s'était rapprochés
43:23de la moyenne européenne.
43:24Aujourd'hui, le sujet,
43:25il est l'Europe par rapport à la Chine.
43:27Il est beaucoup plus prégnant,
43:29le sujet Europe par rapport à la Chine,
43:30qu'il n'était il y a 5 ans.
43:31Merci beaucoup,
43:32Pierre-André Chandard,
43:32d'avoir été avec nous.
43:33Je rappelle que vous êtes
43:34président de l'Institut d'entreprise,
43:35président du Conseil d'administration
43:37de Forvia
43:38et président d'honneur
43:39de Saint-Gobain.
43:40Vous parliez d'Europe.
43:41Merci.
43:41Vous faites,
43:42vous aussi,
43:43le lien avec mon invité
43:44dans un instant.
43:49de prendre à cette question
43:49sur les Chinois.
43:51A tout de suite.
43:53Le 18-19
43:55d'Edwish Chevrillon
43:56sur BFM Business.
44:08Bonjour Clément Beaune.
44:10Bonjour.
44:10Merci, ancien ministre.
44:12Voilà.
44:12Oui.
44:12Voilà.
44:13Maintenant, vous êtes
44:13haut-commissaire
44:14à la stratégie au plan.
44:16C'est important de dire
44:17le mot stratégie.
44:18Les deux.
44:18Vous êtes les deux.
44:20D'autant plus les deux
44:21que demain,
44:22vous publiez,
44:22mais vous allez nous en livrer
44:24les grandes lignes
44:26dès ce soir,
44:28tout un rapport
44:29où vous expliquez
44:29pourquoi il faut
44:30une planification
44:31vers une nouvelle planification
44:33et vous fixez deux échéances
44:35et 2035,
44:362050.
44:38Mais d'abord,
44:38je voudrais peut-être
44:40poser une question
44:41à l'ancien ministre
44:42en charge de l'Europe,
44:43mais aussi parce que
44:44la personnalité que vous êtes
44:46et qui observe ce qui se passe,
44:47est-ce que vous avez le sentiment
44:48qu'aujourd'hui,
44:49l'Europe,
44:49elle est un peu
44:51à bout de souffle ?
44:52Est-ce que l'Europe,
44:53elle est...
44:54Je veux dire,
44:54c'était le patron de AXA,
44:57Thomas Burbell,
44:58qui dit
44:58qu'elle ne fait plus rêver.
45:00Pourtant,
45:00moi, je suis un pur produit européen.
45:01Il est allemand,
45:02mais il travaille évidemment
45:03dans un groupe français quand même.
45:05Elle ne fait plus rêver.
45:06Elle est devenue
45:07une sorte de monstre technocratique.
45:09Vous êtes d'accord ?
45:10Non.
45:11On est quand même
45:12les champions du monde
45:13de l'auto-dénigrement.
45:14C'est-à-dire,
45:14nous, les Européens,
45:15on passe la journée
45:15à avoir des problèmes.
45:17Je ne crois pas.
45:18Les Américains ont quelques problèmes,
45:19les Britanniques ont quelques problèmes
45:20et ils passent moins de temps
45:21à commenter leurs propres problèmes.
45:23Alors, oui,
45:23il faut être lucide
45:24et on le fait au plan,
45:25notamment,
45:26toute la journée.
45:27Vous parliez avec
45:28Pierre-André de Chalandard
45:29du défi chinois.
45:30On n'arrête pas d'alerter
45:31sur le fait
45:32qu'il faut une réaction européenne,
45:33qu'il faut sans doute
45:33des droits de douane,
45:34qu'il faut se protéger.
45:35On voit que sur l'IA,
45:36il faut rattraper et investir.
45:37Bon, mais on a justement
45:38des atouts pour le faire
45:39et moi, je crois
45:40qu'on n'est pas foutus.
45:40On a les atouts,
45:41on est d'accord.
45:42Bien sûr.
45:42Il faut les mobiliser.
45:43Vous voyez,
45:44il faut les mobiliser,
45:45c'est tout le problème.
45:46Exactement.
45:46Pendant ce temps-là,
45:47ça prendra deux ans,
45:48trois ans, quatre ans.
45:49Ce n'est pas vrai
45:50parce que je pense que d'abord,
45:51c'est important d'inverser
45:52un peu le récit,
45:53c'est-à-dire,
45:53on a des atouts,
45:54on peut les mobiliser
45:54pour répondre aux problèmes
45:55qu'on a,
45:56plutôt que de dire
45:56on a des problèmes,
45:57on est foutus,
45:58on n'y arrivera pas.
45:58Moi, je suis un Européen
46:00lucide mais optimiste.
46:01J'ai vécu des périodes
46:02pas très lointaines
46:03comme la crise Covid
46:04où on disait
46:05qu'on n'arriverait pas
46:05à s'en sortir
46:06sur le plan économique
46:07et on a créé
46:07le plan de relance européen
46:08en quelques mois.
46:09Et donc,
46:09ce qu'on doit faire aujourd'hui,
46:11c'est en gros
46:11ce que Mario Draghi a dit.
46:13Il n'y a pas besoin
46:13de refaire des rapports.
46:14Ça a été écrit
46:15sur l'investissement
46:16et sur la dette.
46:17Ça a été écrit
46:17il y a combien de temps
46:18que les membres ont...
46:18Il y a deux ans,
46:19exactement.
46:20Vous avez raison
46:21mais il faut se battre
46:22pour ça.
46:22Mais de toute façon,
46:23il n'y a que deux solutions.
46:23Soit on dit
46:24écoutez,
46:24il l'a écrit,
46:25on ne le fait pas,
46:25c'est dommage.
46:26Soit on dit
46:26il l'a écrit,
46:27faisons-le et battons-nous.
46:28Je crois beaucoup plus à ça
46:29et il y a des sujets
46:30sur lesquels
46:31on le voit sur la défense.
46:32On est en train
46:32de réinvestir,
46:33on arrive à avoir
46:34des coopérations.
46:35Il y en a qui ne marchent pas,
46:35il y en a qui avancent
46:36comme avec NDS.
46:37Donc,
46:38il faut aussi
46:38qu'il y ait un peu
46:40un état d'esprit.
46:41Les Chinois et les Américains
46:42ils sont optimistes
46:42sur leur avenir.
46:43Nous,
46:43on n'est pas optimistes
46:44sur notre avenir
46:44et on aurait des raisons
46:45de l'être
46:46si on se bat.
46:47Et donc,
46:47je pense que sur tous
46:48ces sujets-là,
46:48on peut mobiliser
46:49nos atouts d'européens.
46:49Vous connaissez bien l'Europe.
46:51On va en profiter juste
46:54sans langue de bois.
46:55Les blocages,
46:56à votre avis,
46:57ils sont ouf.
46:57Ils sont dans
46:58la construction politique
47:00de l'Europe
47:01dans le sens où
47:01en fait,
47:03tout le monde veut décider
47:03et il n'y a pas
47:04un vrai chef.
47:05Oui,
47:05mais j'entends beaucoup
47:06de projets.
47:07Il faudrait faire
47:07l'Europe des civils.
47:07Non,
47:08mais vous,
47:08qu'est-ce que vous en pensez ?
47:09Je vous pose la question sur vous.
47:09Je pense que la réalité,
47:10c'est que oui,
47:11il y a des blocages,
47:11mais la façon de débloquer
47:12les blocages,
47:13ce n'est pas de reperdre
47:13du temps sur refondre
47:15nos institutions.
47:16C'est prendre des initiatives
47:17et puis se battre.
47:18Par exemple,
47:19la préférence européenne,
47:20c'est-à-dire le fait
47:21que sur le marché public,
47:22quand on subventionne,
47:23par exemple,
47:24l'achat de véhicules électriques,
47:24on n'arrête pas,
47:25on ne subventionne pas
47:26les Chinois.
47:27On ne subventionne pas
47:28ceux qui sont en dehors
47:29de l'Europe.
47:30Sur tout ça,
47:31ce n'est pas la peine
47:32de faire des machins institutionnels.
47:33Il faut aller se battre,
47:34aller voir les Allemands.
47:35Moi,
47:36je le fais à ma petite échelle.
47:37Par exemple,
47:37quand on a dit sur la Chine,
47:38on est en train de mourir,
47:39notre industrie peut crever
47:40sous la pression chinoise,
47:42il faut aller à Berlin,
47:43il faut aller à Laie,
47:44il faut aller à Bruxelles
47:44et leur dire,
47:45écoutez,
47:45voilà le diagnostic,
47:46voilà les propositions.
47:47Il y a des choses,
47:48par exemple,
47:48qui s'appellent la section 301,
47:50ce que font les Américains.
47:50Ils mettent des droits de douane
47:51quand il y a du dumping
47:52de la Chine,
47:53par exemple.
47:53Ce sujet-là,
47:54je vous prends un exemple
47:55parce qu'il avance,
47:56il a été saisi par les Allemands
47:57et même le chancelier allemand,
47:59il dit qu'il faut réagir
47:59vite et fort face à la Chine,
48:01ce qui est complètement nouveau
48:01dans son discours.
48:02Et pourquoi on vient d'en parler ?
48:04On vient d'en parler,
48:05c'est qu'effectivement,
48:06ils se rendent compte
48:07que leur industrie
48:08est en train de se faire
48:08complètement laminée
48:09par les Chinois.
48:10Le chiffre de Pierre-André
48:11de Chalandard
48:12qu'on met dans notre rapport
48:13sur la Chine
48:13publié en février,
48:15c'est un chiffre
48:15qu'on devrait répéter
48:16tous les jours
48:16jusqu'à ce que les Allemands
48:17réagissent.
48:18Ils perdent 10 000 emplois
48:19industriels tous les mois
48:21depuis 3 ans.
48:22Il y a des secteurs
48:23comme la chimie
48:23qui ont perdu 30 à 40 %
48:25de leur capacité de production
48:26en moins de 5 ans.
48:27Les capacités d'export
48:29en automobile en Allemagne
48:30sont en train de s'effondrer.
48:32Et la réalité,
48:33c'est que j'étais à Berlin
48:33il n'y a pas longtemps,
48:34même les entreprises
48:35de ce qu'on appelle
48:35le Mittelstand,
48:36ces entreprises de taille
48:37intermédiaire souvent
48:38qui exportent,
48:38qui sont parfois
48:39des leaders mondiaux
48:40industriels dans leur domaine,
48:41de la chaudière au boulon,
48:43ils sont en train de mourir
48:44sous la concurrence chinoise
48:45et ils le réalisent
48:46et ils demandent
48:46à leur propre gouvernement
48:48de réagir
48:49et de changer de logiciel
48:50pour avoir des protections
48:51face à la Chine.
48:52Il faut investir,
48:53il faut innover
48:53mais il faut aussi se protéger.
48:54Les autres le font
48:55et donc là pour le coup
48:56je partage votre idée
48:57que nous Européens
48:58il n'y a pas de raison
48:59qu'on soit plus bête
48:59et plus naïf que les autres
49:00mais il faut se battre,
49:01il faut aller de sommet en sommet,
49:03de réunion en réunion,
49:04dire faisons-le et faisons-le vite
49:05et je pense que dans les prochains mois
49:06ça va se faire.
49:07Et c'est la phrase de McCartney
49:09qui est le Premier ministre canadien
49:11qui a d'avos a dit
49:12il faut créer la puissance
49:14des petites puissances
49:15ou des moyennes puissances.
49:16Une alliance de ces puissances
49:18moyennes ou en tout cas intermédiaires.
49:19Oui c'est vrai.
49:20C'est d'ailleurs pour ça
49:21qu'on a besoin d'être ensemble
49:22mais regardez
49:22parce qu'à tous ceux qui disent
49:24où est l'Europe,
49:24que fait l'Europe ?
49:25On a commémoré
49:26si je puis dire
49:27les 10 ans du Brexit
49:27il y a tout juste quelques jours.
49:29Tout va plus mal
49:30sur tous les mêmes défis
49:31au Royaume-Uni que chez nous
49:32et tout va plus mal chez eux
49:33qu'avant le Brexit
49:35à telle enseigne
49:36que même les gens
49:36qui ont voté Brexit
49:37en majorité
49:38dans toutes les enquêtes
49:41ne voteraient pas la même chose.
49:42Ce qui ne veut pas dire
49:43que le pays s'est effondré.
49:44Le Royaume-Uni reste un grand pays
49:45et tant mieux
49:46c'est un grand partenaire.
49:47Mais on voit bien
49:48que quand on quitte l'Europe
49:49et qu'on casse tout il
49:50on fait moins bien.
49:51Donc essayons de l'améliorer
49:52et c'est possible
49:53on l'a fait dans un certain nombre
49:53de domaines.
49:54Je sors d'une table ronde
49:55où on discutait du climat.
49:57On est quand même le continent
49:58même si parfois
49:58on est allé un peu vite
49:59un peu loin.
50:00Mais on voit bien
50:00qu'on a besoin de réinvestir
50:02avec les changements climatiques
50:03qu'on vit
50:04les dérèglements
50:04comme la canicule
50:11c'est quand même
50:12des atouts formidables
50:13qu'il faut cultiver.
50:15Vous venez de dire
50:16tiens ils regrettent
50:17toute cette décision
50:18retour en arrière.
50:20On peut se poser la question
50:22en se disant
50:22lorsqu'on voit
50:23les sondages
50:24pour l'élection présidentielle
50:25française cette fois-ci
50:27où a priori
50:28c'est plutôt
50:28le Rassemblement national
50:29qui est en tête
50:30en second c'est plutôt
50:32et les filles
50:32donc les partis extrêmes
50:35on peut se demander
50:36si les français
50:37n'ont pas envie
50:38de voter pour eux
50:38mais peut-être
50:39qu'après
50:40ils le regretteraient
50:40mais ils ont quand même
50:41envie de le faire.
50:42Oui alors ça c'est un combat
50:43qu'il faut mener
50:44ce sera le combat
50:44des mois qui viennent
50:45où il faut expliquer
50:46que même quand il y a
50:47des choses qui vont mal
50:49les solutions que proposent
50:50les partis populistes
50:50d'ailleurs d'extrême gauche
50:51comme d'extrême droite
50:52sont des solutions
50:52qui vont empirer
50:54dégrader
50:55abîmer le pays
50:56et la situation.
50:56Mais c'est ce que vous redoutez
50:57c'est que les français
50:57Et c'est exactement
50:57ce qui s'est passé dans le Brexit
50:58les gens qui l'ont rendu
51:01les pêcheurs britanniques
51:02aux ouvriers britanniques
51:03que ça allait aller mieux
51:04demandez à un pêcheur britannique
51:05si ce qu'on lui a promis
51:06est arrivé
51:06demandez à quelqu'un
51:07qui au Royaume-Uni
51:08attend à l'hôpital
51:09le fameux NHS
51:10la sécurité sociale
51:11pour avoir une consultation
51:13une opération
51:13ça s'est dégradé
51:14la grande promesse
51:15de M. Johnson
51:16qui était l'ami
51:16M. Boris Johnson
51:17avec ses cars
51:18où il disait
51:18était en fait au fond
51:19l'ami
51:19pardon de le dire ainsi
51:20du Rassemblement National
51:21puisqu'à l'époque
51:22je rappelle que le Rassemblement National
51:23était pour le Frexit
51:24donc ils étaient finalement
51:25sur la même ligne
51:25ce M. Johnson
51:26qui s'est barré
51:27et ça va très bien pour lui
51:28il avait promis
51:29qu'il y ait 350 millions
51:30de livres par semaine
51:31en plus
51:32dans le système hospitalier britannique
51:33il y a zéro
51:33donc il faut avoir en tête
51:35que les populistes
51:36ils peuvent séduire
51:36parce qu'ils ont un discours
51:37simple
51:38rapide
51:39qu'ils capitalisent
51:41ils exploitent des colères
51:42mais qu'ils n'ont amélioré
51:43la situation de personne
51:44et si on a un doute
51:45il suffit de regarder
51:46ce qui se passe au Royaume-Uni
51:46Clément Boun
51:47donc je le disais
51:48demain vous publiez
51:48un rapport
51:49votre rapport
51:49sur lequel vous travaillez
51:50au commissariat
51:51vers une nouvelle planification
51:56deux horizons
51:562035-2050
51:58vous allez dire
51:58pourquoi ces deux dates
51:59juste une question
52:00une planification
52:01il ne faudrait pas
52:02qu'elle se fasse
52:02au niveau européen
52:04en fait
52:04en partie
52:05mais on a besoin
52:06par exemple
52:07on va négocier un budget
52:08au niveau européen
52:08dans les mois qui viennent
52:09sur notre agriculture
52:10pour le soutien
52:11à l'investissement
52:12en la défense
52:12c'est un budget
52:13sur 7 ans
52:13c'est très bien
52:14parce que ça donne
52:15de la visibilité
52:15de la plurianualité
52:16on en manque souvent
52:17dans nos budgets
52:18nationaux ici en France
52:19mais on a aussi besoin
52:20d'avoir nos propres décisions
52:22moi je suis un pro-européen
52:23mais je ne crois pas
52:23que ça doive abolir
52:25tout effort
52:25ou tout investissement
52:26national
52:27évidemment
52:27et donc on a fait
52:28effectivement ce travail
52:30qui a une dimension européenne
52:31mais qui s'appelle
52:31France 2035
52:32France 2050
52:33on va publier
52:34différents chapitres
52:35sur le climat
52:36sur la démographie
52:37sur les finances publiques
52:38dans les prochaines semaines
52:39progressivement
52:39et demain on donne
52:40le coup d'envoi
52:41en disant
52:41si on veut que tout ça réussisse
52:43il y a une forme
52:43de chapeau
52:44qui est nécessaire
52:45c'est d'avoir
52:46de la plurianualité
52:47de la stabilité
52:48et ce que j'appelle
52:48le retour
52:49d'une planification
52:50à la française
52:50d'avoir des lois de plan
52:52des lois avec les grandes options
52:53et on vote au parlement
52:54c'est débattu à ciel ouvert
52:55c'est voté démocratiquement
52:57et on dit
52:57voilà les priorités
52:58pour les 5 ans qui viennent
52:59parce que
53:00donnez-nous un exemple
53:01je vous donne un exemple
53:02quand vous avez des dispositifs
53:03qui sont très bien
53:04très utiles
53:05comme le leasing social
53:06pour encourager
53:06pour les ménages modestes
53:08le passage aux véhicules électriques
53:09quand vous avez des primes
53:10pour faire
53:11c'est d'actualité
53:12quand vous voyez
53:12tous les allers-retours
53:13quand vous voyez
53:13quand vous avez des changements
53:14tous les 3 mois
53:15ou tous les 6 mois
53:15ça ne marche pas
53:17exactement
53:17et donc qu'on soit
53:18pour ou contre une politique
53:19il faut qu'elle soit assumée
53:20dans la durée
53:21et donc c'est ce que faisait
53:22exactement le plan La Française
53:24le plan La Française
53:25c'était pas juste
53:25des tableaux chiffres
53:26c'était des priorités
53:27et de la stabilité
53:29et ces 2 éléments
53:30ils sont la clé
53:31pour tout le reste
53:31pour la démographie
53:33pour la défense
53:33pour le climat
53:34et il n'y a pas de raison
53:35qu'on ne soit pas capable
53:36de faire ça
53:36c'est ce que font les chinois
53:37c'est pas parce qu'on est une démocratie
53:39qu'on n'est pas capable
53:39de faire ça
53:40on peut en débattre
53:41et on l'a fait
53:41le plan il a été créé en 46
53:43on commémore ses 80 ans
53:45il y avait tous les 5 ans
53:46un grand plan
53:47qui était discuté
53:49préparé
53:49concerté
53:50et qu'on votait au parlement
53:51et que des forces politiques
53:52différentes votaient
53:52avec la vitesse du monde
53:55aujourd'hui
53:55on voit ce qui se passe
53:56sur l'intelligence artificielle
53:58et pas que sur l'intelligence artificielle
54:00tout va très vite
54:00les crises géopolitiques
54:02un plan à 5 ans
54:03en 10 ans
54:03il n'est plus valable
54:04au bout d'un an
54:05c'est un peu ça
54:07qu'on a envie de vous dire
54:08je pense au fond le contraire
54:09c'est parce que ça va vite
54:10il faut avoir des priorités stables
54:11les chinois
54:12ils ont le monde
54:13qu'on connait
54:14ils ne sont pas mauvais dans l'IA
54:15ils sont en train de devenir
54:16les champions du monde
54:17pas loin des américains
54:18ils sont les meilleurs
54:19dans le véhicule électrique
54:20et dans les technologies vertes
54:21aujourd'hui
54:21ils sont les meilleurs
54:22dans énormément de technologies
54:24modernes
54:24ils ont des plans
54:25ils viennent même d'adopter
54:26leur 15ème plan quinquennal
54:27au mois de mars
54:28et dans ce plan justement
54:29ils disent
54:30si on veut monter en puissance
54:31sur l'IA
54:31si on veut monter en puissance
54:32sur les biotechnologies
54:33si on veut monter en puissance
54:34sur des thérapies innovantes
54:36dans la pharmacie
54:37il faut qu'on ait des investissements
54:38dans la durée
54:39qu'on ne change pas de priorité
54:40tous les ans
54:41et qu'on en discute
54:43et qu'on les affiche
54:43et qu'on les tienne
54:44et ça je crois que
54:45ce cadre là
54:47il a existé
54:48dans des périodes
54:49où il y avait aussi
54:49des bouleversements
54:50et parce que justement
54:52si on regarde l'actualité
54:53c'est le buzz chaque jour
54:54c'est le changement chaque jour
54:55on a besoin de cette stabilité
54:56je préfère qu'on ait ça
54:58plutôt que le tweet du matin
54:59qui nous dise
54:59voilà comment ça va se passer
55:01ça c'est la méthode Trump
55:02ça ne marche pas très bien
55:03oui un peu la méthode Macron
55:04non aussi
55:04non honnêtement je ne crois pas
55:06et avoir de la stabilité
55:07heureusement qu'on a eu
55:08j'étais assez coté
55:10à ce moment là
55:10quand on a lancé
55:11des investissements de défense
55:12heureusement que
55:12quand personne n'en parlait
55:14par exemple en 2017
55:15on a réinvesti dans notre défense
55:16et on aura doublé
55:17notre budget de défense
55:18sur 10 ans
55:18ça c'est un choix de long terme
55:19que tout le monde
55:20ne soutenait pas au départ
55:21souvenez-vous aussi
55:23de l'éviction du général de Villiers
55:24parce que justement
55:25il avait eu ce langage de vérité
55:27en disant
55:27il faut plus de dépenses militaires
55:29ça je crois honnêtement
55:30que c'est un autre sujet
55:30c'est le même sujet
55:32alors c'est peut-être
55:33ce qui a permis
55:35une prise de conscience
55:37oui ça je ne suis pas sûr
55:38mais c'est un autre débat
55:39mais en tout cas
55:39l'investissement de la défense
55:40ça ça se vérifie
55:41il a été fait
55:42il a été voté au parlement
55:44et loi de programmation militaire
55:45c'est exactement ce qu'on décrit
55:46c'est pour ça que je prends cet exemple
55:47ça fait partie encore
55:48des rares objets
55:49des rares sujets en France
55:51sur lesquels on a réussi
55:52à avoir un consensus politique
55:53assez fort
55:55avoir des budgets
55:56qui sont en hausse
55:57et c'était nécessaire
55:57il faut encore les renforcer
55:58et avoir de la stabilité
56:00dans l'exécution de ses priorités
56:01si on avait un budget de défense
56:03qui changeait chaque année
56:04dans un sens ou dans l'autre
56:05d'ailleurs
56:05on ne pourrait pas faire
56:06les investissements
56:07dans les technologies
56:08dans les drones
56:08dans un futur porte-avions
56:10et dans notre force de dissuasion
56:11on a besoin de cette stabilité
56:12ce qui est vrai dans la défense
56:13maintenant chacun en convient
56:15parce que les menaces sont visibles
56:16il faut le faire sur le climat
56:17il faut le faire sur la démographie
56:19il faut le faire sur l'école
56:19il faut le faire sur l'agriculture
56:21il faut le faire sur 5-6 grands sujets
56:22sur lesquels on ne peut pas
56:23se permettre le luxe
56:24de changer d'avis et de cap
56:25tous les 6 mois
56:26oui et vous avez raison
56:27ce sont des sujets structurants
56:28en tous les cas
56:29ceux que vous avez cités
56:31la question c'est qu'il faut
56:33que les politiques
56:35ne changent pas d'avis
56:36en fonction du tweet
56:38qu'ils font le matin
56:38pour reprendre votre expression
56:40c'est vrai
56:41ça c'est une discipline collective
56:42j'ai été en responsabilité
56:44je me mets dedans
56:45parfois on est happé
56:46par l'urgence
56:47mais d'ailleurs moi
56:48je ne pense pas du tout
56:48qu'il faut mépriser l'urgence
56:49la vie quotidienne des français
56:51c'est des crises
56:52que dirait-on
56:52si le gouvernement
56:53face à une crise climatique
56:54ou face aux détroits d'Ormousse
56:55ne faisait rien
56:56il faut réagir
56:56c'est pas écrit dans le plan
56:57non ça c'est sûr
56:58bien sûr
56:58mais en revanche
56:59là où il y a un problème je crois
57:00c'est quand l'urgence commande tout
57:02c'est à dire que
57:02quand vous passez 100% de votre temps
57:04et de votre énergie
57:04dans l'urgence
57:05j'ai occupé d'un portefeuille
57:07comme les transports
57:08vous l'avez rappelé
57:08il faut réagir
57:09quand il y a un problème de grève
57:11quand il y a un problème de canicule
57:12évidemment
57:13heureusement d'ailleurs
57:14et nos services publics
57:15le font plutôt bien
57:16mais il faut aussi qu'on garde
57:1710, 20, 30% de son temps
57:19pour préparer
57:20le plan d'investissement de demain
57:21pour que la canicule
57:22dans 2 ans
57:23ou dans 5 ans
57:23elle se vive un peu mieux
57:24qu'aujourd'hui
57:25donc je crois pas
57:26que le temps long
57:26ça soit l'ennemi de l'urgence
57:28mais c'est pas non plus
57:29une lubie ou un luxe
57:30on en a besoin
57:31pour éviter de vivre
57:32des situations
57:33extrêmement difficiles
57:34et pour éviter justement
57:36les coups yo-yo
57:36aujourd'hui tout le monde
57:37dit qu'il est pour l'écologie
57:38je fais partie de ceux
57:39qui ont toujours défendu
57:40l'investissement
57:41et le combat pour l'écologie
57:42ça peut pas être passager
57:43ça peut pas être
57:43une variable d'ajustement
57:44pour tenir les investissements
57:46et les objectifs
57:47donc que tous ceux
57:48qui redécouvrent l'écologie
57:49aujourd'hui
57:50s'en souviennent
57:50dans quelques semaines
57:51et ceux qui redécouvrent
57:52la planification
57:53lisent votre rapport
57:54demain matin
57:55demain matin
57:56merci beaucoup
57:57d'avoir été avec nous
57:58Clément Beaune
57:58le haut commissaire
57:59en charge de la stratégie
58:00du plan
58:00voilà c'est la fin
58:01de ce 18-19
58:02bien sûr on se retrouve
58:03demain et après-demain
58:04tout de suite
58:05le journal avec Stéphanie Collot
58:08le 18-19
58:10d'Edwish Chevrion
58:11sur BFM Business
58:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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