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  • il y a 3 heures
Jeudi 29 janvier 2026, retrouvez Thaïs Castang (Associée, L&A; Finance) et Leonard Cohen (Président, Ginjer AM) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.

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Transcription
00:00Où sont les risques sur les marchés financiers ? Voilà le sujet qui va nous animer à présent dans Enjeu patrimoine.
00:09Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir sur le plateau de Smart Patrimoine Léonard Cohen. Bonjour Léonard Cohen.
00:14Bonjour Nicolas.
00:14Merci d'être avec nous, vous êtes président de Ginger Asset Management.
00:18Vous suivez les risques sur les marchés financiers, vous avez même ce qu'on peut appeler une matrice des risques.
00:22Et vous suivez ça d'une manière analytique, mathématique et donc ça sera intéressant de comparer avec la perception qu'on peut avoir du risque à l'heure actuelle sur les marchés financiers.
00:33On a le plaisir d'accueillir également Thaïs Castan. Bonjour Thaïs Castan.
00:35Bonjour Nicolas.
00:36Merci d'être avec nous, vous êtes associée au sein du cabinet Léa Finance et on va regarder ensemble comment vous appréhendez ce sujet risque sur les marchés
00:43qui est une petite musique quand même depuis plusieurs semaines voire mois.
00:47Et comment est-ce qu'on appréhende ça quand on doit accompagner des clients dans leurs investissements.
00:52Première question peut-être pour vous Léonard Cohen, j'aimerais comparer votre vision un petit peu des risques sur les marchés financiers
01:00par rapport à ce qu'on peut avoir en tête ou percevoir quand on voit du risque politique avec des difficultés à faire passer un budget,
01:08avec des enjeux d'élection, du risque géopolitique notamment avec ce qui se passe aux Etats-Unis, du risque politique qu'on voit également aux Etats-Unis,
01:17de l'effervescence sur certaines classes d'actifs, notamment sur l'IA quand on parle des marchés actions, mais sur l'obligataire également.
01:25On a l'impression que le risque pointe son nez un petit peu partout sur les marchés financiers.
01:30Est-ce que vous, dans votre analyse du risque à froid, si je puis dire, vous constatez aussi qu'on est sur des marchés particulièrement risqués
01:37ou en tout cas qu'il y a du risque un petit peu partout aujourd'hui ?
01:40Alors ça, c'est clair. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de risque dans les marchés financiers. Ce serait bête que de l'oublier.
01:47Par contre, je vais essayer de faire une petite analogie pour bien expliquer quelle est la différence entre le risque visible de tous
01:56et comment l'appréhender, donc voir ce qu'il y a en dessous. Et c'est ça le sujet.
02:02Alors, ces huit dernières années, par exemple, si nous avions vu ensemble une voyante
02:07et qu'elle nous avait expliqué qu'on serait face au Brexit, au Covid, à la guerre en Ukraine,
02:15aux événements politiques que vous avez évoqués, aux événements géopolitiques que nous envisageons tous pour les prochains mois,
02:22eh bien, qu'est-ce qu'aurions-nous fait ensemble ? On aurait fui l'actif risqué.
02:27On aurait fui les actions.
02:27Déjà, on n'aurait pas cru. Et ensuite, si on y avait que, on aurait fui l'actif risqué.
02:30Vous voyez. Mais en analysant simplement les fondamentaux, alors que ces phénomènes se sont passés,
02:36on comprend bien que l'analyse fondamentale est insuffisante.
02:39Bien sûr.
02:40Nous avons tous constaté, dans cette période de huit ans, qu'il fallait acheter, en regardant par la fin, les choses,
02:47qu'il fallait acheter les actions. C'est eux qui ont fini au plus haut.
02:50En dépit de ce qu'on appelle le risque, la volatilité, la nervosité.
02:55Et avec des épisodes de volatilité relativement restreints.
02:58Au contraire. Elle a été favorable, cette volatilité.
03:02C'est-à-dire qu'elle a permis, justement, comme une piste de ski où on prend la pente,
03:06il y a la montée et ensuite la descente, en fait, nous fait prendre de la vitesse.
03:11Et c'est exactement ce qui s'est passé.
03:13Et donc, il fallait avoir d'autres types d'éléments.
03:15Et ce que nous avons construit chez Ginger, en étudiant les marchés différemment,
03:20ça fait plus de 30 ans que je suis sur les marchés financiers,
03:23j'ai commencé par faire de l'analyse fondamentale simple, comme tout le monde.
03:27Et puis, progressivement, je me suis rendu compte que les marchés étaient en train de se déformer.
03:31Comme une dislocation qui pouvait se produire lorsque, justement, les risques étaient extrêmes.
03:37Et donc, intégrer de nouveaux critères, c'est la fameuse matrice que nous avons intégrée,
03:42nous a permis, justement, entre guillemets, de surfer sur les vagues de la volatilité,
03:48permettant de profiter des marchés financiers ces dernières années.
03:52D'accord. Donc, il faut sortir de l'idée, les marchés montent, tout va bien.
03:56Attention, quand le risque pointe le bout de son nez, c'est potentiellement qu'il y a des baisses à prévoir.
04:01En fait, imaginez que l'on fasse ensemble le Paris-Dakar.
04:05On y va, la piste, on la connaît, c'est des dunes, etc.
04:08Sauf qu'on nous annonce une tempête de neige.
04:11Premier effet, c'est que tout le monde s'arrête.
04:14Mais, en plus, on nous annonce que ça va glacer.
04:17Donc, si vous n'adaptez pas votre voiture et que vous ne mettez pas un lidar,
04:21c'est-à-dire quelque chose qui vous permet d'anticiper les plaques de verglas,
04:27eh bien, vous savez que vous serez sur des dunes, sur de la neige,
04:30et en plus, il y aura du verglas.
04:31Si vous n'adaptez pas votre conduite et votre véhicule, eh bien, vous aurez un problème.
04:38Je reviendrai sur la question de où sont les risques à l'heure actuelle sur les marchés,
04:41parce que j'aimerais le savoir, quand même, début 2026, mais Thaïs Castan,
04:44cette approche de Léonard Cohen, est-ce que c'est ce que vous constatez, vous aussi,
04:48à savoir qu'il y a du risque depuis longtemps, mais on a quand même des marchés qui font de la performance,
04:52donc il faut adapter, il faut piloter un peu différemment pour reprendre l'analogie avec le Paris-Dakar.
04:56Tout à fait. C'est très perturbant pour les clients parce qu'il y a vraiment une approche risque
05:02qu'on a du mal à contrer malgré les faits, malgré les historiques de performance
05:07et malgré les données tangibles que l'on peut avoir.
05:10Quand on a un client qui a de l'épargne à investir, qui a un horizon long terme
05:16et qui peut avoir un profil globalement équilibré, investir une partie de son épargne long terme
05:21sur de l'action, c'est tout à fait cohérent.
05:24Mais psychologiquement, convaincre le client qu'il y a une prise de risque à entrevoir,
05:29alors quelle est-elle ? C'est vrai que ces cinq dernières années, depuis le Covid,
05:33tout s'est accéléré extrêmement vite sur les marchés boursiers.
05:36Ce qu'on pensait faire en dix ans en termes d'évolution digitale, en un an avec l'IA, ça a été résolu.
05:42Aujourd'hui, tout va beaucoup plus vite. On a l'impression que tout est moins prévisible.
05:47Et du coup, les investisseurs ont peur.
05:49Il y a cette crainte de dire « je vais rentrer trop haut » et en fait, ce sera le moment où on va se rendre compte
05:53que les fondamentaux n'étaient pas bons et ça va redescendre. Ça existe ?
05:56Il y a des investisseurs qui ont cette crainte-là ?
05:59Oui, il y a des investisseurs qui se disent « voilà, et si le timing n'est pas le bon ? »
06:02Alors ça, on ne sait jamais, quand on regarde dans le rétroviseur, qu'on se dit « finalement, on aurait dû investir à ce moment-là ».
06:07C'est assez simple. Mais ils ont aussi la crainte de se dire « voilà, ce n'est pas une classe d'actifs qui est faite pour moi
06:13parce que moi, je réagis mal au risque ou parce que qu'est-ce que je fais si les marchés décrochent de moins de 30% ? »
06:19Là, c'est tout l'intérêt de passer par des professionnels parce que, comme le disait Léonard à l'instant,
06:25l'objectif, c'est d'anticiper, d'essayer d'adapter sa conduite en fonction de ce qu'on va entrevoir sur les marchés.
06:32Et c'est ce qu'on essaye d'expliquer aux clients, de déléguer la gestion à des professionnels.
06:37Ça permet d'anticiper et de limiter ces risques, même si on a conscience qu'ils sont là, qu'ils sont présents.
06:43Léonard Cohen, où sont les risques début 2026 sur les marchés ?
06:46Est-ce que c'est les mêmes que ceux qu'on peut percevoir quand on lit l'actualité ?
06:49En tout cas, ce sont les mêmes que ceux que l'on a connus en 2025.
06:52De toute façon, on est dans le même environnement géopolitique.
06:55Et rappelez-vous comment on a commencé l'année 2025, on l'a commencé, il ne fallait plus d'Europe.
06:59Il ne fallait que des États-Unis.
07:01Et en fait, on a quand même fait 40% de performance quasiment sur des actions large caps l'année dernière.
07:06En Europe ?
07:07En Europe, large caps.
07:09Donc, ça veut dire qu'il y a des erreurs de valorisation qui sont certaines.
07:12La première des choses à identifier, d'abord, c'est où on est.
07:17Mais des valorisations qui, en Europe, sur certains groupes de valeurs, restent faibles.
07:24D'accord ?
07:24Donc, il y a de la place.
07:26Maintenant, les risques, comme vous dites.
07:28Eh bien, par rapport au moment où nous sommes, nous, nous n'avons pas de dislocation, la fameuse matrice des risques.
07:33Donc, ce n'est pas les fondamentaux, simplement.
07:36Le fonctionnement des marchés, il est que si la situation devient un peu moins pire que celle qui était attendue, ça suffit à faire monter les marchés.
07:44D'accord.
07:44C'est ce que nous connaissons depuis des années.
07:46Et c'est comme ça qu'il faut aborder les choses.
07:47Ce n'est pas d'attendre que tout soit rose.
07:50Et donc, dans ce fonctionnement-là, justement, la dislocation, pour nous, n'apparaissant pas, eh bien, on est dans un environnement où le risque, dans nos analyses, reste maîtrisé.
08:02Et le potentiel reste entre 15 et 20%.
08:04Si je vous suis, et si je caricature un peu, quand on a un président américain qui passe son temps à annoncer le pire, et ensuite, finalement, à revenir sur sa décision, c'est porteur pour des marchés qui fonctionnent de cette manière-là, c'est ça ?
08:15Mais Nicolas, parlons du mois d'avril 2025.
08:18En 2025, il annonce ses taxes douanières.
08:21Hop ! Le marché perd 20%.
08:22On n'a même pas la réponse.
08:24On n'a même pas le début de la négociation qu'à la fin du mois d'avril, c'est résolu.
08:29Non pas parce que ça ne va pas se produire.
08:30C'est parce que l'économie mondiale va pouvoir, justement, intégrer cette nouvelle donne.
08:36Et là, justement, quel est-il ?
08:37C'est de constater, en fin d'année, que l'ensemble des organismes mondiaux vont relever la croissance économique mondiale toute zone.
08:44D'accord.
08:45C'est la réalité.
08:46Eh bien, ça suffit.
08:47Donc, y a-t-il du risque sur le marché ?
08:49Non, des risques, il n'y a que ça.
08:51Il faut les analyser tout le temps.
08:53La différence entre Thaïs et ce que nous faisons dans la gestion financière,
08:58la gestion financière est là pour analyser les marchés financiers.
09:01Thaïs et les CGP sont là pour, justement, prendre des briques élémentaires
09:05et construire par rapport aux...
09:06Voilà, communiquer, transmettre et construire des portefeuilles
09:10pour les clients adaptés à leur profil de risque.
09:12C'est différent.
09:13Thaïs Castan, une question.
09:14On a eu un peu plus tôt, dans une émission Smart Patrimoine,
09:17un professionnel de l'immobilier qui disait,
09:18maintenant, les Français ont dissocié la communication politique
09:22et les décisions d'acheter ou d'investir en immobilier
09:26et ne font plus forcément de lien,
09:28notamment vis-à-vis des craintes qu'ils peuvent avoir vis-à-vis de sujets politiques.
09:32Est-ce que vous constatez la même chose en matière d'investissement
09:34sur ces risques politiques, géopolitiques ou autres
09:37et qui, finalement, viendraient assez peu remettre en cause
09:41des stratégies d'investissement long terme, de préparation à la retraite ou autre ?
09:44Oui, c'est perturbant d'ailleurs parce qu'on anticipe de gros chocs sur les marchés.
09:50On a des crises géopolitiques où l'humain s'en mêle
09:53et pour autant, les marchés se maintiennent et dans la durée.
09:58Donc, c'est se dire, voilà, quelle nouvelle sur les marchés
10:02ou quel événement fera vraiment décrocher cet équilibre
10:05qui est fragile comme on l'imagine en réalité.
10:10Mais c'est très intéressant d'avoir l'analyse de Léonard
10:13qui, finalement, est moins portée sur la communication médiatique
10:16et tout ce qu'on peut entendre autour de cela,
10:19avec des experts, certes, mais l'analyse clairement tangible des chiffres
10:22nous font dire que, globalement, en fait, il faut investir.
10:26Il faut investir.
10:27Et ça, les clients le comprennent ?
10:28Ils sont toujours prêts à mettre de l'argent pour investir ?
10:31Est-ce qu'ils pilotent un peu plus ?
10:33Oui, mais la psychologie est très ancrée.
10:35C'est-à-dire que c'est très compliqué pour un conseiller comme nous
10:39d'expliquer aux clients, voilà, mettons de côté
10:42l'aspect affectif de l'investissement.
10:45Pensons uniquement rationnel et les chiffres parlent d'eux-mêmes.
10:48Voilà sur quoi il faudrait investir.
10:49Après, voilà, la clé, la stratégie, c'est toujours la diversification,
10:55c'est-à-dire ne pas tout miser sur une seule classe d'actifs,
10:58un seul secteur, une seule zone géographique,
11:00même celle qui est en montée depuis plusieurs années ou autre.
11:03mais c'est vraiment de diversifier et c'est ce qu'on essaye d'inculquer
11:07aux clients, si vous voulez.
11:08Mais il n'y a pas un risque, enfin, identifié par les investisseurs,
11:12d'arriver trop haut ?
11:13Je prends l'exemple de l'or dont on parlait juste avant l'émission.
11:17Quand l'or a passé les 4 000 dollars, on s'est dit, ça y est,
11:19c'est un plus haut historique.
11:21C'est peut-être trop haut pour y aller.
11:22Finalement, aujourd'hui, on dépasse les 5 000.
11:24Donc, quelque part, oui, il faut changer un petit peu de méthode,
11:26d'analyse pour décider d'aller sur un actif dont on pensait
11:29qu'il n'irait jamais plus haut et qui continue, en fait, à progresser.
11:31Oui, mais comme l'immobilier, à partir des années 2000,
11:35ça a continué de grimper, grimper.
11:37On s'est demandé quand est-ce qu'on allait atteindre le sommet.
11:41Oui, là, effectivement, il y a ce sujet avec l'or,
11:44mais il y a aussi eu le sujet avec la crypto-monnaie.
11:46Voilà, on n'en sait rien.
11:48Si ça se trouve, oui, ça a atteint les plus hauts historiques,
11:50mais ça va continuer de monter.
11:51Donc, il est toujours intéressant de venir utiliser cette hausse
11:56comme levier de performance.
11:58Après, voilà, c'est tout l'intérêt des analystes comme Léonard
12:02qui nous permettent de donner plus d'éléments à nos clients.
12:06Merci à tous les deux.
12:07On va malheureusement devoir arrêter ici.
12:09On pourrait aborder le sujet de comment se protéger
12:11quand on investit sur les marchés financiers,
12:12mais c'est un sujet qu'on traite souvent dans Smart Patrimoine.
12:14Donc, je vous invite à retrouver d'autres émissions sur le sujet.
12:16Merci, en tout cas, Thaïs Castan, associée au sein du cabinet L&A Finance.
12:19Merci également Léonard Cohen, président de Ginger Asset Management,
12:22d'avoir répondu à nos questions.
12:23Et quand à nous, on se retrouve tout de suite dans L'œil de l'expert.
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