Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
00:00On va s'intéresser maintenant au procès de Marine Le Pen, parce qu'elle a connu une rude journée Marine Le Pen, vous savez c'est le procès en appel des assistants parlementaires ou plutôt de leur financement,
00:08ce qui lui avait valu une condamnation à de la prison ferme en première instance avec cette fameuse inéligibilité d'exécution immédiate.
00:15C'est Vincent Van Tinguem qui a suivi la journée d'audition, aujourd'hui la journée d'audience, Vincent, et c'est compliqué pour elle, d'autant qu'elle n'a pas varié sa ligne de défense.
00:24Oui effectivement, un après-midi compliqué pour Marine Le Pen qui est à la barre de la cour d'appel, qui se trouve juste derrière moi depuis 13h30.
00:34Pourquoi compliqué ? Vous l'avez dit, tout simplement parce que contrairement à ce qu'on pouvait attendre, elle n'a finalement pas du tout infléchi sa ligne de défense, sa stratégie de défense, sa position.
00:43On pouvait s'y attendre en fait la semaine dernière parce qu'elle avait dit, s'il y a un délit qui a été commis et tout le monde semble dire qu'il y a un délit, je veux bien l'entendre.
00:51Eh bien non, en fait, aujourd'hui elle ne veut plus l'entendre et elle conteste en bloc, elle nie en bloc les faits qui lui sont reprochés.
00:58Le seul problème, et c'est pour ça que cet après-midi est compliqué pour elle, c'est que la présidente de la cour d'appel, Michèle Agy, elle a un dossier très volumineux devant elle
01:05et elle pioche régulièrement des pièces de ce dossier, des e-mails, des échanges de textos, voilà, des éléments du dossier qu'elle oppose à Marine Le Pen.
01:14Et la chef de file des députés du Rassemblement National a bien du mal à se justifier, à s'en dépétrer.
01:19Je vais vous donner un exemple, un seul exemple, parce qu'il y en a eu beaucoup et on ne va pas pouvoir tous les citer.
01:24Mais la présidente a par exemple interrogé Marine Le Pen sur un témoin qui dit à partir de 2010, il y a eu une réunion chaque année
01:31avec Jean-Marie Le Pen à l'époque et Marine Le Pen et Bruno Gollny sur l'organisation de ce système de détournement de fonds publics.
01:38Et elle était bien présente en 2010 et en 2011, c'est elle qui a pris la tête du mouvement et qui a pérennisé ce système de détournement de fonds publics.
01:45A cela, Marine Le Pen oppose une sorte de démentir en disant, en fait, oui, j'étais la présidente, mais ce n'est pas moi qui décidais de ça, qui dirigeais ça.
01:54En fait, c'est mon père, Jean-Marie Le Pen, qui a décidé de ça jusqu'en 2014.
01:57Voilà comment elle essaye de s'en sortir, sans avoir évidemment les preuves à opposer à Michel Agis, la présidente de la Cour d'appel.
02:03Et c'est en ce sens que cet après-midi est compliqué pour elle.
02:07Compliqué parce qu'elle doit remonter la condamnation en première instance.
02:09Compliqué surtout parce que cette audition, elle dure, elle se poursuit et elle doit encore se poursuivre demain toute la journée.
02:15Alors, on a parlé de Marine Le Pen et du fait qu'elle avait été quand même malmenée.
02:19Et puis, quand ce sont, en théorie, ces alliés qui sont appelés à la barre, ils sont malmenés aussi, ce qui n'est pas dans la défense.
02:29Non, effectivement, et vous avez raison de le souligner, parce qu'avant Marine Le Pen, on a eu d'autres prévenus.
02:33On a eu ce matin Julien Audoul, par exemple, Nicolas Bay hier ou Fernand Lerachinel la semaine dernière.
02:39Et tous sont contraints par cette ligne de défense qui est de ne pas reconnaître les faits et en même temps d'être incapables de répondre aux questions, aux éléments qui sont posés par la présidente de la Cour d'appel.
02:49C'était marquant avec Julien Audoul ce matin qui, lui, voilà, il a été assistant parlementaire en 2014 de l'eurodéputé Mylène Trozinski.
02:57Et en même temps, il était conseiller spécial de Marine Le Pen. Et on lui demande, voilà, pourquoi est-ce qu'il a effectué autant de travail pour Marine Le Pen et quasiment aucun pour l'eurodéputé qu'il était censé assister ?
03:07Il est bien incapable de répondre. Il dit, je regrette infiniment. Et en même temps, on n'a pas véritablement de réponse à opposer à la Cour d'appel.
03:14Et ce sont toutes ces petites pierres qui s'amoncèlent, pourrait-on dire, dans le jardin de Marine Le Pen. Le procès doit durer jusqu'au 12 février.
03:21Il va encore être long. Et on le voit, c'est une espèce de chemin de croix pour elle, alors qu'elle espère avoir une décision plus favorable qu'en première instance,
03:28alors qu'elle espère avoir une chance de pouvoir se maintenir à la course à l'Elysée en 2027.
03:32Voilà, Pierre-Vincent Bantigny et Maïc-Pierre-Louis Creutin en direct du Palais de Justice de Paris.
03:36Philippe Ballard est revenu sur le plateau, le porte-parole du RN, député Rassemblement National de Deloise. Défense compliquée quand même pour Marine Le Pen.
03:44Je ne sais pas, j'écoute, à l'Assemblée Nationale, je n'étais pas au procès, mais j'écoute votre envoyée spéciale.
03:49Je ne sais pas, soit il est magistrat, mais enfin on va laisser la justice faire son travail, c'est son sentiment.
03:55Enfin voilà, c'est son sentiment.
03:56C'est ce qu'il a ressenti.
03:58On ne s'encontre en d'une audience.
03:59On ne fait pas les procès dans des studios de télévision, s'il vous plaît.
04:02Mais pourquoi est-ce que celui en appel se passerait mieux que la première instance ?
04:05Vu que la ligne de défense est toujours la même.
04:08Il reste trois semaines. On va laisser la justice, les magistrats faire leur travail.
04:13Et puis on va aussi laisser faire la défense quand même, les avocats, parler.
04:17Il reste encore trois semaines de procès.
04:19Mais comment vous le vivez au sein du RN ?
04:21Parce que l'enjeu est énorme pour vous.
04:24C'est votre candidate qui peut-être ne pourra pas se présenter l'année prochaine.
04:29Comment vous le vivez ?
04:31Est-ce que c'est serein ou est-ce que ça vous pose beaucoup de questions ?
04:34Ça fait trois mille fois qu'on nous pose la question.
04:36Alors on commence à avoir l'habitude de répondre.
04:39Dans le deuxième procès.
04:40Mais on sait très bien, Marine Le Pen démontrera son innocence.
04:44On va suivre ce procès sereinement.
04:45C'est très technique.
04:46Il ne faut pas l'oublier quand même.
04:47C'est extrêmement technique.
04:48Ce n'est pas ma question.
04:49Ma question, c'est comment vous le vivez vous ?
04:51On le vit.
04:52Marine Le Pen démontrera son innocence.
04:54C'est notre candidate naturelle.
04:56Et je devance votre autre question qui consiste à dire
05:00« Et si elle ne peut pas, elle ne peut pas se présenter ».
05:03Elle a répondu dans une interview à la tribune fin décembre
05:06en disant « Jordan peut gagner à ma place ».
05:08Les temps sont quand même compliqués pour le Rassemblement national.
05:13Oui, et pour la présidente des députés RN
05:16qui a des semaines un peu schizophréniques,
05:19c'est-à-dire au tribunal la première partie de la semaine.
05:22Et elle continue ses activités de présidente des députés RN
05:25à quelques semaines des municipales,
05:28à aller sur le terrain.
05:29Elle a été à Marseille le week-end dernier.
05:32Elle sera normalement dans sa circonscription à Hénin-Beaumont
05:34en fin de semaine.
05:35Oui, parce qu'il faut se concentrer sur les municipales aussi.
05:37Évidemment, avec en effet le récit de nos envoyés spéciaux,
05:40notamment Vincent Vantiguet et Sophie Dupont.
05:43Il faut rappeler aux téléspectateurs qui nous suivent,
05:46les caméras ne sont pas autorisées.
05:48Donc c'est un récit d'audience parfaitement documenté
05:50avec des phrases que l'on note sur son ordinateur
05:54pour avoir la meilleure documentation possible.
05:56Et en effet, la présidente a décidé de prendre son temps.
06:00Et si ces auditions doivent durer, elles, durons.
06:04Marine Le Pen, chez qui quand même la semaine dernière,
06:07on a noté par cette petite phrase
06:08une légère inflexion quant à sa défense.
06:11Elle qui s'est adjoint à les conseils d'une nouvelle avocate
06:13par rapport à la première instance,
06:15où elle disait si un délit a été commis,
06:17parce qu'en réalité tout le monde semble dire
06:19qu'un délit a été commis, et je veux bien l'entendre,
06:21mais je veux qu'on sache qu'on avait le sentiment
06:23de n'avoir commis aucun délit,
06:25parce que le Parlement européen ne les a jamais avertis
06:28qu'il y avait forcément peut-être un délit
06:32qui était commis par le parti Front National à l'époque.
06:34Ils mettent en cause, et ça aussi c'est une stratégie de défense,
06:37le fait que le Parlement européen ne les avait jamais avertis
06:40de peut-être...
06:41Sur la période de 10 ans, le Parlement européen
06:43ne nous a jamais reproché d'avoir eu des assistants
06:45qui manifestement travaillaient avec plusieurs députés.
06:47Exactement, et ça aussi c'est une des défenses
06:50qui est soulignée à plusieurs reprises durant ce procès.
06:53Il y a donc ce procès, Marine Le Pen est concentrée
06:55bien sûr sur ce procès, il y a aussi la vie politique,
06:58avec une motion de censure que vous déposez
07:00contre le budget,
07:02enfin avec ce 49-3 pour dire non à ce budget,
07:05on peut gérer les deux ?
07:07Elle est concentrée à la fois sur un procès capital
07:09et la vie politique ?
07:12Je pense qu'elle l'a prouvé, ne serait-ce que ce week-end,
07:13vous avez retransmis son discours à Marseille,
07:15où elle était venue soutenir notre candidat,
07:18Franck Alizio, oui, je pense qu'elle a de très grosses capacités
07:22à la fois de travail, de résistance,
07:24et elle est formatée pour être une femme d'État exceptionnelle.
07:27Mais ce n'est peut-être pas elle qui défendra
07:29la motion de censure, Rennes, vendredi à la tribune.
07:33Je n'ai pas d'informations, mais de mémoire,
07:35la dernière motion de censure qui a été discutée
07:37sur le Mercosur, c'est Hélène Laporte
07:39qui est montée à la tribune.
07:41Ce n'est pas forcément toujours Marine Le Pen
07:43qui défend les motions, surtout qu'il y en a plusieurs.
07:45Comment vous allez vous organiser
07:48pour les municipales ?
07:49Je vous ai répondu, elle était à Marseille
07:51soutenir Franck Alizio ce week-end.
07:54Donc ça ne l'empêchera pas ?
07:55Le compte-rendu de ce procès va quand même
07:57parasiter tous les événements
08:00pour le Rassemblement national.
08:01Non, on a une feuille de route, il y a une élection.
08:03Les municipales, c'est extrêmement important,
08:05parce que c'est le maillage du territoire.
08:06Pour tous les partis, c'est important.
08:07Pour nous, on a quelques belles mairies,
08:10je pense à Perpignan et Nimbomont,
08:12et on peut surtout en gagner
08:14quelques-unes, et là on pense à Marseille,
08:16à Toulon, à Nice avec notre allié
08:18Éric Ciotti, et bien d'autres.
08:20Donc pour le maillage territorial
08:22en vue de la présidentielle, un an plus tard,
Écris le tout premier commentaire