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  • il y a 3 mois
Jeudi 16 octobre 2025, retrouvez Guillaume Riteau (Responsable Gestion Dette Emergente, Gemway Assets) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Le dernier quart d'heure de SmartBourse, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:12Le thème ce soir c'est celui de la dette émergente et nous en parlons avec un spécialiste
00:17qui est le responsable de la gestion de dette émergente chez GMO Assets, à mes côtés en plateau, Guillaume Riteau.
00:22Bonsoir Guillaume, merci beaucoup d'être là.
00:24Un univers d'investissement assez vaste, la dette émergente avec plusieurs segments de marché ou sous-segments,
00:31je ne sais pas comment est-ce que vous les cataloguez, mais justement quand on navigue dans cet univers au sens large,
00:37qu'est-ce qu'il faut savoir, j'allais dire après neuf mois révolus de cette année 2025, en termes de performance ?
00:44Ça fait déjà peut-être deux ans que les émergents, actions et dettes, crédits, affichent de très belles performances.
00:52Ça fait très bonne question, effectivement quand on parle d'être émergente, c'est vrai que souvent les investisseurs font la confusion
00:58entre les différents sous-segments de marché, c'est un peu un fourre-tout alors qu'il y a effectivement des choses assez différentes,
01:03comme en Europe on ne traite pas de la même manière la dette souveraine et la dette corporelle.
01:06Donc c'est vrai que le segment, il y a trois principaux marchés, le segment historique c'est la dette souveraine en devise dure,
01:10c'est le segment qui avait été créé, qui trouve ses origines dans les années 90 et qui est vraiment dédié pour les investisseurs internationaux,
01:16on pourra revenir dessus, c'est le marché sur lequel on se positionne à travers notre fonds Jambonde.
01:20Ensuite il y a le marché de la dette souveraine en local currency, donc en devise locale,
01:25donc ça c'est le marché plutôt pour les investisseurs locaux, qui est plutôt un marché plus réduit,
01:28plutôt pour les marchés plus matures, vraiment les vrais marchés émerchants qui recoupent un peu l'univers d'investissement des actions,
01:33en quelque sorte, donc là avec du risque de devise, on pourra venir dessus aussi également.
01:37Et enfin le marché de la dette corporelle, donc des entreprises émergentes, et là encore en hard currency,
01:41qui sont à destination des investisseurs internationaux, libellés principalement en dollars, accessoirement en euros.
01:46Et si on prend ces trois grands segments, on a des performances, parfois à deux chiffres, c'est ça aujourd'hui ?
01:53Tout à fait cette année, donc si on prend par ordre croissant, la dette corporelle qui fait à peu près 7,5% depuis le début de l'année,
01:59on est à 11,5% sur la dette souveraine en dollars, et on est à 18,5% sur la dette en local currency.
02:04Alors tout ça est exprimé en dollars, il faut bien faire attention, puisqu'effectivement quand on parle de dette émergente,
02:10il y a toujours un aspect change qui rentre en compte.
02:13Et donc si on traduit ces performances et qu'on les traduit pour un investisseur en euros,
02:16l'histoire n'est plus la même.
02:17Sur la dette en corporelle, on est plutôt à moins 4, on est à moins 2 sur la dette souveraine,
02:21et on est à peine à plus 6 sur la dette en local currency.
02:24La raison pour laquelle on a souvent des parts couvertes contre le risque euro-dollar.
02:28C'est le cas, on a une part de notre fonds qui est couvert, edgé contre le risque euro-dollar.
02:31Le mouvement du dollar cette année, c'est un mouvement, j'allais dire, qui fait la performance.
02:35Exactement, en général, et pour l'exempler, alors avec sur ces parts couverts,
02:40on reste sur des performances très très honorables, quasiment à deux chiffres sur la dette souveraine,
02:449,5% sur le sovereign art currency, on est plutôt à 4,5% sur le corporate art currency.
02:49Et le local currency, alors là on ne va pas le couvrir parce que ça coupe le carré,
02:52mais juste pour illustrer, donc la perte de 18,5%, plus de la moitié provient de la performance des devises.
02:57C'est ça.
02:57La baisse du dollar contre les devises émergentes.
02:59Ce n'est pas toujours le cas, mais c'est vrai que le mouvement du dollar cette année est assez historique.
03:04Ce n'a clairement pas été le cas sur les trois années précédentes.
03:07Au contraire, on a un mouvement d'appréciation du dollar qui a fortement pénalisé les pays émergents.
03:11Donc là, il y a un vrai changement d'histoire, un nouveau paradigme très positif sur les pays émergents,
03:15sur lequel on peut peut-être revenir.
03:16Qu'est-ce qui explique justement ces performances positives ?
03:20Quels ont été les grands moteurs ?
03:21La baisse du dollar sans doute, mais quels ont été les grands moteurs
03:24qui permettent à ces classes d'actifs, de dettes émergentes d'afficher ces performances ?
03:29Et derrière ces performances, est-ce qu'il y a un vrai regain d'intérêt de la part d'investisseurs
03:34qui ont pu se méfier, voire délaisser cette classe d'actifs pendant parfois plusieurs années ?
03:40Tout à fait, très bonne question.
03:41Vous avez déjà un peu la réponse dans les performances,
03:44mais c'est vrai, indéniablement, la baisse du dollar qui s'est initiée depuis le début de l'année,
03:48la baisse des taux de la Fed, enfin tout ça est un peu lié,
03:50mais plus largement la détente des conditions financières en dollars.
03:53C'est vraiment ce qui est important pour les pays émergents.
03:55On parlait des trois sous-marchés, c'est important parce que ce n'est pas les mêmes moteurs de performance,
03:59c'est facteur de risque.
04:00La local currency, on a bien compris, c'est la devise émergente.
04:02On n'est plus sur un produit de devise qu'un produit obligataire.
04:04Donc très important, il faut avoir une vraie vision sur les devises émergentes,
04:06on peut vite faire moins 30 sur ce genre de produit.
04:08Ce n'est pas le cas sur le corporate currency, souvent activity,
04:11on va avoir une volatilité plutôt obligataire.
04:14Ensuite, ce qui va être important pour les pays émergents en currency,
04:17comme ils sont majoritairement investis en dollars,
04:19c'est le niveau des taux américains et la vigueur du dollar.
04:23Ils ont été servis avec la très forte hausse du dollar,
04:26plus le krach qu'on a eu sur les taux américains en 2000 et en 2022,
04:29avec le pire drawdown historique sur la classe d'actifs.
04:31On a une vraie inversion de tendance.
04:33Il y a une volonté de l'administration américaine de faire baisser le dollar.
04:36Ça, c'est structurel.
04:37C'est vrai que le mouvement a été très rapide depuis le début de l'année.
04:39On sait que c'est rarement linéaire, il y aura probablement des phases de correction,
04:42mais on pense que nous, c'est un call vraiment structurel, porteur pour les pays émergents.
04:45Après, il faut bien voir que ça a un effet très positif,
04:47un espèce de cercle vertueux qui va se mettre en place.
04:50L'inverse de ce qu'on a vécu sur les trois dernières années.
04:53Pour ces pays émergents, il faut voir, la plupart des pays en voie de développement,
04:56ils ont principalement accès à la dette en dollars.
04:58Ils ont une dette en dollars, le numérateur, sur un PIB en monnaie nationale,
05:01donc le dénominateur.
05:02L'appréciation du dollar, ça fait augmenter leur endettement sans rien faire,
05:05mécaniquement par l'effet change.
05:07Ça fait augmenter à la fois les prix importés,
05:09ça oblige les banques centrales à retirer leurs conditions fénécières,
05:11ça casse l'activité économique,
05:13c'est un peu le cercle vicieux qui se met en place.
05:15Et là, c'est l'exacte inverse qui est en train de se matérialiser.
05:18Donc ça redonne des marges de manœuvre, ça stimule l'activité domestique,
05:20ça permet aux banques centrales de baisser leurs taux.
05:22Et en plus, là, on est dans un contexte où les gens cherchent à diversifier ex-US leurs investissements.
05:26Est-ce qu'on est forcément soumis en grande partie au mouvement du dollar ?
05:30Ou est-ce qu'il y a quand même, dans ces marchés-là,
05:33j'allais dire des phénomènes un peu intrinsèques, idiosyncratiques,
05:37puisque vous êtes plutôt positionné sur de la dette souveraine,
05:40on parle de signatures d'État,
05:42est-ce qu'il y a quand même des choses qui changent aussi
05:46dans les équilibres de finances publiques,
05:48les régimes de croissance,
05:49qui font aussi la performance et le regain d'intérêt de ces pays ?
05:53Exactement.
05:54Donc il y a l'effet un peu structurant en dollars,
05:56bien évidemment, qui est fondamental, essentiel.
05:58Après, derrière, il y a une vraie amélioration fondamentale
06:00des pays émergents qu'on a depuis maintenant 10 ans.
06:02Alors c'est vrai qu'ils ont traversé des chocs assez exceptionnels
06:04au cours des cinq dernières années.
06:05Ça a commencé avec la crise du Covid,
06:07ça a enchaîné avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
06:08Ensuite, il y a eu le krach obligataire dont je parlais tout à l'heure.
06:12Et dans ce contexte-là, on a des pays qui ont traversé ces crises-là
06:17et vraiment amélioré leur cadre institutionnel.
06:20Il y a une vraie volonté, alors souvent en partenariat avec le FMI,
06:23pas toujours dans le cadre de programmes,
06:24mais en tout cas avec un vrai partenariat.
06:27Ces pays ont accès à la technique du FMI, leur programme,
06:30mais surtout on a une vraie amélioration.
06:32Donc on a des réformes de fonds.
06:33Globalement, on a beaucoup de pays qui sont passés en régime de change flexible,
06:36qui ont mis en place des règles budgétaires en termes de finances publiques.
06:39Les banques centrales, je pense que ça a été maintenant évoqué,
06:41qui ont été très réactives dans la phase inflationniste.
06:43On dit qu'elles ont gagné en crédibilité.
06:45Une banque centrale comme celle du Brésil a gagné en crédibilité dans ce cycle, par exemple.
06:49Oui, moins au niveau budgétaire, mais moins au niveau monétaire.
06:52Et comme la plupart...
06:53Il y a un peu des tensions entre les deux parties du policier.
06:55Les pays émergents, même les pays en voie des pays moins bien connus,
06:57ont vraiment fait leur job.
06:58Et c'est difficile parce que ça demande des sacrifices.
07:00Et les investisseurs en ont conscience de ça ou pas encore ?
07:02Je fais souvent le parallèle avec les bancaires.
07:05C'est-à-dire que les bancaires, beaucoup d'investisseurs sont restés,
07:08alors ça a changé ces dernières années,
07:10mais sont restés avec l'idée, le traumatisme de la grande crise financière,
07:13des faiblesses du secteur bancaire.
07:16Est-ce qu'il y a un peu cette idée-là aussi ?
07:18Ça prend du temps, il y a le choc de performance de 2022, indéniablement.
07:21Il y a l'historique, il y a aussi beaucoup d'investisseurs,
07:23souvent qui, notamment il y a une grande vague d'investissements
07:26post-grande crise financière, après la crise des subprimes.
07:28Beaucoup d'institutionnels, notamment en France ou en Europe,
07:30ont investi sur la dette en devise locale émergente,
07:32après des performances assez importantes et vendeuses,
07:36si je puis m'exprimer ainsi.
07:37Et en fait, on subit des comptes de performance assez massives,
07:40de l'ordre de moins 20 à moins 40 en fonction des fonds.
07:43Et c'est vrai que souvent, quand on va parler de dette émergente,
07:45on dit « Ah, attendez, j'ai déjà investi,
07:47j'ai pas tout de là que je veux plus en entendre parler. »
07:50Mais voilà, ça répond aussi à la méconnaissance de l'univers
07:52et les différentes sous-catégories qui répondent.
07:54Et effectivement, comme je le disais,
07:55on n'est pas sur du produit obligataire,
07:56quand on est sur de local currency,
07:57on est plus sur une...
07:58On est sur du devise, oui, oui, effectivement.
08:00Bon, en ce qui vous concerne,
08:01donc le fonds, d'ailleurs, la stratégie Gembonds,
08:03c'est ça ?
08:04Gembonds, oui.
08:05Fètera ses 4 ans-là en fin d'année 2025.
08:08Et donc, c'est ce que vous nous disiez.
08:10Vous avez fait le choix dès le départ
08:12de circonscrire votre univers d'investissement
08:14essentiellement à la dette souveraine en devise dure.
08:17Pourquoi avoir choisi cet univers, justement,
08:19dans le vaste monde de la dette émergente ?
08:21Et qu'est-ce qui caractérise cet univers
08:23et votre approche de cet univers ?
08:25Oui, tout à fait.
08:25Alors, comme j'expliquais en introduction,
08:28c'est le marché historique,
08:29qui trouve ses origines dans les années 90.
08:31Il a été, en fait, conçu pour les investisseurs internationaux.
08:33C'est-à-dire qu'il est...
08:34C'est le marché le plus sécurisé,
08:36enfin, d'un point de vue opérationnel.
08:37C'est-à-dire qu'on est sur des juridictions anglo-saxonnes,
08:38c'est pas le droit de l'État de New York.
08:40On est sur des règlements de livraison ISDA.
08:42Donc, ça se traite exactement comme du titre XS, US,
08:44comme du crédit européen,
08:45T plus 1, T plus 2, si c'est du code design US.
08:48Et derrière, on est sur des souches benchmark minimum
08:50de 500 millions d'euros.
08:51Donc, on a une liquidité, même sur les pays,
08:54peut-être avec les souches les moins importantes,
08:58on a une liquidité qui, globalement, en moyenne,
09:00est similaire à ce qu'on peut avoir
09:01sur les meilleurs titres corporets en Europe.
09:03Donc, ça donne des types, les Total, Orange, BNP.
09:06Donc, c'est pas vraiment un sujet.
09:08Les pays se traitent sur des détails énormes.
09:10Alors, voilà, ça reste des produits de crédit
09:12dans les contextes compliqués.
09:13On sait que la liquidité est difficile,
09:14on va pas se mentir,
09:15quels que soient les marchés de crédit.
09:16Mais c'est pas vraiment un sujet.
09:18Ensuite, on a historiquement un marché
09:21il faut bien voir aussi sur les États
09:23par rapport aux entreprises.
09:24Un État ne peut pas faire faillite.
09:25Il n'y a pas de procédure de liquidation
09:26qui se mette en place.
09:27Et donc, on a historiquement, en fait,
09:29des taux de recouvrement
09:29qui sont supérieurs à ce qu'on peut avoir
09:32sur le corporet.
09:33Et surtout, on a une vraie volonté,
09:36en tout cas une nécessité pour les États
09:37de tenir compte de l'intérêt des créanciers
09:40dans la mesure où, à un moment,
09:41ils ont bien conscience
09:41qu'ils devront avoir retour,
09:42en tout cas au financement externe.
09:44Donc, on a généralement
09:45des conditions favorables.
09:45Et juste pour exempler ça,
09:47sur les neuf défauts qu'on a eus
09:48sur la période 2020-2022,
09:50pendant le pic des chocs,
09:52on n'en a pas eu depuis,
09:53post-défaut, l'ensemble de ces obligations
09:55font en performance en moyenne
09:56entre plus 15 et plus 25 %.
09:58Enfin, minimum plus 15, maximum 25.
10:01Donc, on a un marché assez spécifique
10:03avec des titres très, très liquides,
10:04ce qui n'est pas le cas
10:05sur du triple C corporel.
10:07Donc, on a, et historiquement,
10:09on a un marché qui génère
10:10à peu près entre 3 et 4 %
10:11de superformance
10:12par rapport à la dette
10:13de référence américaine
10:14ou enfin des pays développés en général.
10:17Donc, on est largement rémunéré
10:18pour le risque-prix.
10:19On considère que c'est un marché,
10:20en tout cas, une classe d'actifs
10:21qui a tout à fait sa place,
10:22en tout cas, en diversification,
10:24dans un portefeuille diversifié.
10:26Juste, il nous reste 30 secondes, Guillaume.
10:28Cette stratégie, elle vous permet
10:29de porter des conditions fortes.
10:32Vous pouvez vous écarter un peu des indices.
10:34Vous pouvez faire des choix
10:35de gérants actifs
10:37dans le monde de la dette émergente.
10:39On n'est pas contraints.
10:41Et aussi, c'est peut-être
10:42le meilleur produit
10:43en termes de diversification géographique
10:44en termes de pays,
10:4560 pays et régional.
10:46On couvre toutes les régions.
10:48Il n'y a pas de biais un peu Asie,
10:50comme ça peut être sur les actions.
10:50Il y a un petit biais Latam.
10:51Mais bon, globalement,
10:52on peut être présent
10:52sur toutes les régions.
10:53Tout le spectre en termes
10:54de qualité de crédit
10:55de l'investment grade
10:55au high yield,
10:57au plus bas.
10:58Et donc, derrière,
10:59nous, on n'est pas contraints
11:00en termes d'exposition.
11:02Donc, sur les 70 pays,
11:03on en a à peu près 40
11:03en portefeuille.
11:04Donc, il y a des choix.
11:05entre 35 et 40 % actuellement.
11:08Et voilà,
11:09on est un marché,
11:11une classe d'actifs aussi
11:12qui laisse,
11:13peut-être historiquement,
11:14celui qui génère
11:14le plus d'alpha
11:15avec constance.
11:16Et on peut dire
11:16qu'aujourd'hui,
11:18dans l'ère où la gestion passive
11:19a tendance à prendre le pas,
11:21ce n'est pas une intéresse.
11:21Là, la gestion active
11:22a encore toutes ses lettres
11:23de noblesse
11:24dans ses univers d'investissement.
11:26Alors, le crédit,
11:26la dette émergente, etc.
11:27Merci beaucoup, Guillaume.
11:28Guillaume Rito,
11:29le responsable
11:30de la gestion dette émergente
11:31de Gémois Asset
11:32qui était l'invité
11:32de ce dernier quart d'heure
11:33de Smart Bross.
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