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  • il y a 10 mois
Mercredi 7 janvier 2026, retrouvez François Robinet (Managing Partner, AVP) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Musique
00:00Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui du quantique, une technologie de rupture qui avance à vitesse grand V
00:19et qui est en train de sortir des laboratoires pour se diffuser au monde de l'entreprise et au monde industriel en général.
00:26Nous en parlons avec François Robinet qui est Managing Partner chez AVP. Bonsoir et bienvenue François.
00:30Bonsoir Grégoire.
00:31Merci beaucoup d'être avec nous. Oui ça va nous changer un peu de l'IA. On va parler du quantique et de l'avenir du quantique notamment quand on est investisseur.
00:39Un mot d'ailleurs de ce qui caractérise AVP qui est une plateforme globale d'investissement spécialisée dans la technologie.
00:45Donc je regardais, vous mettez en avant un ADN transatlantique avec l'idée d'essayer d'équilibrer vos investissements en technologie
00:54aussi bien côté Amérique du Nord que côté Européen. Et donc je me disais, il y a quand même une forme de discipline à se dire que
01:01on cherche ou on peut trouver en tout cas peut-être autant de bonnes idées d'investissement en technologie en Europe qu'en Amérique du Nord.
01:07Écoutez, on peut en trouver définitivement beaucoup en Europe, beaucoup aux Etats-Unis. Donc depuis le début effectivement on a fait le choix assumé
01:15d'être transatlantique, c'est-à-dire d'investir dans des sociétés technologiques aux Etats-Unis et en Europe.
01:23Et effectivement on essaye de faire plus ou moins 50-50, c'est pas une science exacte.
01:27Non mais c'est une vraie discipline de départ.
01:29Absolument, exactement. Et alors sur votre question, est-ce qu'on trouve autant de bonnes idées ?
01:34Question compliquée, non mais le marché américain est absolument en termes d'innovation, en termes de densité d'entreprise tech
01:42est effectivement assez intéressant. Ceci dit, on trouve de très bonnes sociétés en Europe, on trouve de très belles pépites en Europe.
01:53Le marché américain est très dense mais aussi très concurrentiel. On a beaucoup de nos petits camarades qui font un très bon travail aux Etats-Unis.
02:00On en a également en Europe, mais j'allais dire le marché s'équilibre.
02:04Donc ça nous permet de faire plusieurs choses. Ça nous permet de diversifier, de ne pas avoir pression pour investir à un moment donné sur un marché.
02:15C'est-à-dire que sur un fonds d'un milliard, on n'a pas un milliard à déployer soit sur le marché US, soit sur le marché américain.
02:23On a deux fois 500 millions, moins de pression. On peut jouer les cycles.
02:26On a également des thématiques qui sont différentes sur les deux marchés. Vous parliez de l'IA, il y a des très belles sociétés en Europe, mais c'est vrai que la densité d'innovation en IA aux Etats-Unis est incroyable.
02:40En Europe, on a beaucoup de fintech. Les systèmes de paiement européens sont assez développés, donc on a beaucoup de fintech.
02:49Donc ça permet de jouer des thématiques différentes, des cycles de valorisation différentes.
02:53Et donc, j'allais dire, jusqu'à maintenant, ça nous a bien convenu.
02:57Oui. Bon, bien, parlons du quantique, effectivement, je le disais, technologie de rupture.
03:02Alors, comme vous le dites, qui est en train de sortir des laboratoires, c'est ça, François, avec des horizons de temps qui sont très proches de nous pour de premières applications industrielles.
03:12Qu'est-ce qu'il faut comprendre rapidement des enjeux du quantique, de ces horizons de temps et des applications industrielles que vous attendez ?
03:21Je suis ravi de parler du quantique parce que c'est un sujet qui me passionne, que j'aborde avec beaucoup d'humilité parce que c'est quand même assez compliqué.
03:30Et pour vous dire, chez AVP, juste, on parlait de l'aspect transatlantique, on investit aussi à travers différents véhicules d'investissement dans des sociétés tech, les mêmes sociétés tech, mais à des moments différents.
03:42Oui, je ne l'ai pas dit. Ça va du même plus. Oui, c'est ça. Oui, bien sûr.
03:45C'est une introduction pour la réponse sur le quantique. Et donc, on a regardé, évidemment, on regarde toutes les technologies de rupture.
03:52Vous avez parlé de l'IA, c'est le gros thème du moment. On a fait plein de choses en IA. Mais ça fait un moment qu'on s'intéressait au quantique parce que c'est une technologie de rupture, etc.
04:03Mais pendant assez longtemps, on a pensé, et le marché a pensé, oui, c'est loin, le quantique, les premières applications en 2040, 2050.
04:12Et en fait, on s'est aperçu assez récemment que non, qu'en fait, ça s'accélérait. Et l'expression que vous avez utilisée est tout à fait la bonne, c'est-à-dire que ça quitte les laboratoires.
04:21Il y a encore beaucoup de recherches fondamentales. C'est la vôtre, François, que j'ai reprise à mon compte, mais je...
04:24Il n'y a pas de copyright. Non, ça quitte les laboratoires. C'est-à-dire que le sujet aujourd'hui, il est moins sur la recherche fondamentale.
04:34On sait que l'application de la physique quantique aux ordinateurs fonctionne. On le sait. Le sujet, il est industriel.
04:43Alors, c'est un sujet très compliqué. Il s'agit de fabriquer des ordinateurs quantiques. Mais c'est un sujet de mettre en place des process industriels, de mettre en place des usines pour fabriquer des ordinateurs quantiques.
04:56Et donc, l'horizon de temps, il est plus de 15 ans. L'horizon de temps, il est, les plus optimistes disent 3 ans, je dirais entre 3 et 5 ans.
05:03Ah, 2030, moi, j'ai en tête. Quand on discute, on va parler de boîtes françaises dans lesquelles vous investissez. Ils ont 2030 comme horizon.
05:105 ans dans notre métier, c'est très court. En venture, on investit avec un horizon d'investissement entre 5 et 10 ans. Donc, c'est très court.
05:18Et quand je dis l'horizon, il est à 5 ans, ça veut dire quoi ?
05:21Ça veut dire qu'on aura, à ce moment-là, des ordinateurs quantiques qui atteignent ce qu'on appelle la suprématie quantique.
05:29La suprématie quantique, c'est le moment où les ordinateurs quantiques pourront faire des choses, entre guillemets,
05:35résoudre des problèmes, mettre en œuvre des algorithmes que les ordinateurs classiques, les plus puissants des ordinateurs classiques, ne peuvent pas faire.
05:44Et donc, on pourra faire des choses nouvelles, quelque part.
05:46C'est la nouvelle frontière du calcul de haute performance.
05:49C'est exactement ça.
05:51Avec la fiabilité qui va avec. Je crois que, je le dis, on va parler d'Alice et Bob, qui est une des pépites françaises du quantique,
05:57et vous êtes investi dans Alice et Bob, leur objectif est justement de diminuer ce niveau d'erreur qu'on peut avoir encore aujourd'hui dans certains calculs quantiques.
06:04C'est ça. C'est ça. Alors, en fait, c'est exactement ça.
06:08C'est-à-dire que, je parlais de la théorie, la théorie nous dit que ça marche.
06:11Après, la pratique, il faut que ça marche en pratique.
06:13On mesure souvent, dans la presse notamment, la performance des ordinateurs quantiques en qubits.
06:19Oui.
06:20Parce que c'est une analogie facile avec les bits des ordinateurs classiques.
06:23mais c'est un peu un raccourci. Parce que les qubits, c'est de plus ou moins bonne qualité.
06:29Le problème des qubits, je ne vais pas faire un cours de physique quantique, j'en serais bien incapable d'abord,
06:36mais c'est que c'est très instable. Et ça dure très peu de temps.
06:39Donc, le sujet, quand je parle de mise en production, c'est de produire des qubits qui sont stables,
06:45sur lesquels on peut stocker des données qui durent dans le temps et avec elles, on peut faire des choses quelque part.
06:49Des qubits logiques, ce qu'on appelle des qubits logiques. Et c'est la vraie mesure, en fait.
06:53Et effectivement, on a investi dans Alice et Bob. J'en profite pour dire qu'on a investi dans Alice et Bob Société Française,
07:02après avoir regardé tout le marché. Et peut-être qu'on en parlera après, sujet de souveraineté également sur le domaine du quantique.
07:12On a la chance, en Europe en général, mais en France singulièrement, d'avoir un nombre de start-up opérant dans le quantique assez remarquable
07:20et des très bonnes sociétés. Sociétés qui sont au milieu des meilleurs mondiaux et qui font quelque part la course en tête.
07:28Et ce n'est pas du wishful thinking que de dire ça aujourd'hui. Autant sur l'IA, je crois que si on est réaliste, on a compris,
07:34que, en tout cas, dans les infrastructures, etc., les États-Unis, la Chine, on fait le travail.
07:40Autant dans le quantique, vous dites, France, avec des boîtes comme Alice et Bob, Pascal ou d'autres,
07:45on est au niveau de ce qui se fait le mieux dans le monde.
07:48Vous avez mentionné Pascal, Candela, Alice et Bob.
07:54Et il y en a d'autres, je ne veux pas les mentionner tous.
07:57Toutes ces sociétés-là, c'est des sociétés qui sont sur le top tier au niveau mondial.
08:03Nous, on a choisi Alice et Bob pour différentes raisons.
08:06D'investir dans Alice et Bob, on aurait peut-être aimé investir dans toutes.
08:09Heureusement, on a dû faire des choix.
08:12En particulier parce qu'effectivement, la technologie...
08:16En fait, quand je disais que l'enjeu, c'est le passage à l'ère industrielle,
08:21il y a différentes technologies qui permettent justement d'arriver à cette stabilité dont on parlait,
08:27qui ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients.
08:32Soit parce que les ordinateurs sont très sensibles aux vibrations, par exemple.
08:36Soit parce que le temps de calcul est plus long.
08:39Soit, Alice et Bob, ça marche bien, sauf que ça opère dans des environnements proches du zéro absolu,
08:46à moins de 273 degrés.
08:48Donc, ça crée des contraintes en termes de mise en production qui sont particulières.
08:53Bon, on a pensé que tous ces défis allaient être relevés par l'équipe.
08:58Ils sont en train de le faire, d'ailleurs.
09:00Et donc, effectivement, on aurait un ordinateur qui atteindrait cette suprématie quantique.
09:04Mais vous dites qu'il y a des choix à faire.
09:05Il n'y a pas encore une technologie standard qui s'est imposée.
09:10Il y a des vrais paris technologiques encore à faire.
09:12Vous allez entendre parler d'atomes neutres, vous allez entendre parler d'ions piégés, des choses comme ça,
09:18ou de supraconducteurs.
09:21Il y a différentes technologies.
09:24Il est probable qu'il n'y aura pas, en tout cas initialement, une technologie qui va rafler la mise.
09:29Plusieurs technologies coexisteront et peut-être se renforceront les uns les autres.
09:34En termes d'application industrielle, pour revenir au concret des 3 à 5 prochaines années,
09:39qu'est-ce que vous attendez en termes d'application industrielle ?
09:41Qu'est-ce qui va être possible de faire ?
09:42Effectivement, 3 à 5 ans, le sujet, c'est d'avoir cet ordinateur quantique.
09:50Je dis juste un mot avant pour illustrer mon propos sur le passage à l'échelle, le passage à l'ère industrielle.
09:58Mais ce qu'on voit aujourd'hui, c'est quoi le défi aujourd'hui ?
10:01Ce n'est plus la recherche fondamentale, c'est les finances et la création d'usines.
10:09Je comprends un peu, oui.
10:10Et pour faire ça, ça veut dire qu'il y a énormément de M&A.
10:14C'est-à-dire que dans le monde du quantique, on a des très gros acteurs.
10:20Google, on connaît Google, on pense à Google AI,
10:25c'est déjà l'artificiel, concurrent d'Open AI.
10:27Ils investissent énormément dans le quantique.
10:30Ils viennent de faire une acquisition pour avoir une petite pièce de la chaîne de valeur.
10:37Une grosse start-up qui s'appelle IonQ a acheté une société pour 1,1 milliard de dollars.
10:44Ce que je veux dire par là, c'est que c'est réel.
10:47C'est des vraies, vraies opérations industrielles.
10:51Et qu'est-ce que ça va permettre de faire ?
10:53Alors, quand on parle du quantique, on lit souvent dans la presse que l'ordinateur quantique permettra de casser Internet.
10:59C'est-à-dire de décrypter ce qui est indécryptable avec des technologies classiques,
11:05c'est-à-dire les codes de cryptographie qu'on utilise pour faire des transactions bancaires, pour crypter Internet.
11:10C'est vrai, ça s'appelle l'algorithme de Shor, mais ça ne sera pas la première application,
11:15parce que c'est une des applications les plus compliquées.
11:17C'est celle la plus sensationnelle, mais ça ne sera pas la première.
11:21Les premières applications, ça va être sur la physique des matériaux,
11:25ça va être sur la chimie, ça va être sur les biotechnologies et la médecine,
11:30puisque l'ordinateur quantique permet de résoudre des problèmes
11:33ou de simuler des matériaux que les ordinateurs classiques ne peuvent pas faire.
11:37Tout ce qui nécessite de la modélisation.
11:39La modélisation, de la simulation stochastique, de la modélisation très compliquée.
11:44Et donc, les premières applications concrètes, c'est quoi ?
11:47C'est des nouveaux matériaux, des matériaux plus résistants,
11:50des matériaux qui résistent à des conditions très particulières,
11:54ou c'est des nouveaux médicaments, ou c'est des nouvelles molécules.
11:58Et ça, effectivement, c'est 2030, 2031, 2032.
12:01Il nous reste quelques secondes, François, vous avez combien là chez AVP ?
12:05Il y a combien d'argent frais à déployer dans un sujet comme le quantique ?
12:09Écoutez, on aimerait bien te voir.
12:11Moi, je suis un grand fan du quantique, donc j'aimerais bien en mettre plus.
12:14En avoir plus ?
12:14Non, on gère pratiquement 2 milliards et demi.
12:17On n'a pas 2 milliards et demi sur le quantique, mais on va continuer à investir.
12:21On a l'idée, on a dirigé le dernier tour de table d'Alice et Bob,
12:27qui était un tour de table de 100 millions, ce qui paraît beaucoup.
12:31Les concurrents américains ont levé 1 milliard.
12:34Donc, ça va être le sujet.
12:35Le sujet, ça va être un sujet de financement.
12:37Et ce n'est pas simplement les fonds comme nous qui vont pouvoir faire ça.
12:39Un sujet industriel, avec tout ce que ça comporte comme enjeu de financement,
12:44et avec des quantités de financement importantes.
12:46Merci beaucoup, François.
12:47Merci d'être venu nous parler de votre passion du quantique.
12:51L'heure du quantique approche.
12:52François Robinet, Managing Partner chez AVP,
12:54était l'invité de ce dernier quart d'heure de Smart Bonds.
13:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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