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  • il y a 2 mois
"Hyaine", ce n'est pas une faute d'orthographe, c'est un néologisme mêlant les mots haine et hyène. C'est un hybride, et pour Bruno Lafourcade, notre société contemporaine est truffée d'hybrides, emmêlés dans leurs contradictions . A travers son ouvrage "Les Hyaines", il dresse plusieurs portraits satiriques mordants, dans lesquels nous pouvons reconnaître nos pairs... et nous reconnaître nous-mêmes.

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00:00TVL n'appartient à personne, ni à un milliardaire quel qu'il soit, ni à une puissance étrangère, ni à un parti politique.
00:07TVL, c'est l'indépendance au service de votre information.
00:11Cette liberté, c'est aussi ce qui met une cible sur notre dos.
00:15Parce que nous ne sommes pas corruptibles.
00:16Pas de chantage à la subvention, pas de copinage, pas de pantouflage.
00:20Le système n'a pas de prise pour nous faire rentrer dans le rang.
00:23Alors il veut nous ostraciser et puis nous ruiner pour que seuls survivent les médias labellisés.
00:28Ils nous ont déjà frappés partout, sur les réseaux sociaux, sur nos comptes bancaires, sur notre chaîne YouTube.
00:33Et ils continuent. Et ils continueront. Ils ont un agenda.
00:37Ils veulent nous mettre à terre avant les prochaines grandes échéances.
00:41Mais avec votre soutien, je le sais, nous tiendrons grâce à votre don.
00:45Nous continuerons de les gêner et nous grandirons encore ensemble.
00:49Le compte Arbour a commencé. Alors je compte sur vous dès maintenant.
00:58Chers spectateurs, bonjour.
01:09Pour notre Zoom du jour, nous allons démarrer la journée dans la bonne humeur
01:12en parlant de notre exaspération et de notre haine pour les hyènes.
01:18Alors qu'est-ce qu'il faut entendre par les hyènes ?
01:21C'est d'abord le titre d'un livre de Bruno Lafourcade, « Les hyènes » aux éditions La Mouette de Minerves.
01:26Bruno Lafourcade, bonjour.
01:27Bonjour.
01:28Alors, Bruno Lafourcade, faut-il vous présenter ?
01:30Vous êtes un habitué de TV Liberté.
01:32Vous êtes romancier, vous êtes essayiste.
01:34Vous êtes aussi chroniqueur à la revue Élément.
01:37Et aujourd'hui, nous vous présentez ce petit ouvrage, « Les hyènes ».
01:40Alors, « hyène », attention, il faut l'appeler, bien sûr, c'est H-Y-A-I-N-E.
01:46Vous faites une synthèse de la hyène, l'animal, et de ce sentiment qu'est la haine.
01:51Mais alors, la première question qui se pose, c'est qui sont ces hyènes pour lesquelles vous avez une temps de haine ?
01:57Alors, c'est une très bonne question.
02:01La hyène dont il est question dans un des chapitres du livre, c'est moi, précisément.
02:05Comme ça, je ne me mêle pas de… enfin, je veux dire, je me mêle à l'ensemble des portraits qui sont faits.
02:12Puisque c'est un livre qui est un portrait des différentes espèces hybrides qui forment notre société.
02:19La hyène, c'est la hyène, l'animal et la haine.
02:24Il y en a un certain nombre.
02:25Le rhinocéras, c'est le rhinocéros et le rat.
02:27Enfin, toute une série de personnages qui sont nés avec notre monde, je trouve, et qui sont hybrides.
02:32Comme beaucoup de choses, aujourd'hui, sont marquées par l'hybridité.
02:37En fait, votre livre est un peu une sorte de satire de la société contemporaine.
02:41Avec aussi un peu d'auto-dérésion.
02:44Oui, oui, tout de même.
02:45Vous avez, nous, à TV Liberté, aussi, on peut tous se sentir visé par ce livre.
02:49Qui concerne, comme vous l'avez dit, à chaque chapitre, un hybride.
02:54On a l'égo et l'autiste qui forment l'égotiste.
02:57Le rhinocéros et le rat, vous l'avez dit, qui forment le rhinocéra.
03:00Pourquoi avoir choisi ces hybrides, pour redresser cette satire ?
03:05Parce qu'en fait, on a une société pleine de contradictions.
03:07Oui, aussi, mais l'hybridité me semble un phénomène d'aujourd'hui.
03:13À ce point caricatural, en tout cas, je trouve que c'est plutôt d'aujourd'hui.
03:16Parce que l'hybridité, c'est aussi bien pour les plantes que les voitures.
03:20Maintenant, il y a les voitures hybrides.
03:21On réunit deux éléments qui, a priori, n'ont presque rien à voir.
03:26Et ça forme une troisième espèce qui est très étrange, qui est une forme de monstruosité, d'une certaine façon.
03:35C'est pour ça que j'ai utilisé la chronique comme genre littéraire, mais aussi la fiction.
03:39Puisqu'il y a des nouvelles, il y a des contes.
03:42Il y en a 44 qui forment un ensemble, un portrait brossé de l'époque.
03:46– Alors, il y a des personnages un peu récurrents, notamment, c'est très important, c'est l'englobé.
03:53C'est le journal du 3 chapitres, et c'est un passage qui revient un petit peu au fur et à mesure.
03:56– Oui, l'englobé, c'est avec un A, c'est celui qui s'amuse à parler anglais,
03:59mais ce n'est ni de l'anglais ni du français, c'est du globish, c'est du parler managérial.
04:05Et je mets en scène l'englobé dans une nouvelle sur le… c'est la première, je crois.
04:11– C'est exact, c'est la première, vous ouvrez avec ce personnage qui sera récurrent tout au long du livre.
04:15Alors, vous commencez par, t'es free pour ton onboarding, non, check tes mails, je t'ai forward le brainstorm.
04:21– Oui, ce sont des gens qui parlent comme ça, parce que ça donne à la fois l'idée du statut, de son statut.
04:27Généralement, il travaille dans le… on ne sait pas trop quel poste il occupe dans les sociétés,
04:31il est toujours à son oreillette en train de baragouiner de l'anglais, c'est toujours un peu ridicule.
04:36– C'est souvent avec un intérêt, c'est un très mauvais anglais, c'est à la fois un mauvais anglais et un mauvais français.
04:41– C'est un mauvais anglais et un mauvais français.
04:42– Ça fait un très bon hybride là.
04:44– Voilà, c'est un hybride parfait, oui, de notre époque.
04:47– Alors, vous évoquez aussi la condition féminine au XXIe siècle.
04:50Alors là, on a tout une guerre des personnages, on a les sexpertes, on a les cultueuses, on a la bovarienne.
04:56– Alors, la bovarienne, par exemple, pour prendre un exemple, c'est Madame Bovary et la hyène encore.
05:02C'est-à-dire, tous ces commentateurs, il se trouve qu'il y a des commentatrices aussi,
05:07mais ce n'est pas réservé à un sexe particulier, et qui commentent sur les sites littéraires des gens qui s'appellent par exemple
05:15Marcel Proust ou Flaubert et qui émettent des avis catégoriques alors qu'elles n'ont aucune compétence en la matière.
05:23Leur français est bourré de fautes d'orthographe, mais ça ne les empêche pas d'exprimer une opinion sur des génies qui nous ont précédés.
05:32– Marc, c'est un phénomène que Molière écrivait déjà au XVIIe siècle dans les films savants.
05:36– Et alors là, c'est devenu tellement global, tellement mondial, qu'on se demande vraiment qu'est-ce qui leur passe par la tête ?
05:43Il y a une perte de la modestie, de l'humilité à l'égard des génies des siècles passés qui est renversante aujourd'hui.
05:51– Alors, d'ailleurs, justement, je reviens sur le chapitre Les cultueuses.
05:54Vous notez en préface d'un de ces chapitres, dans Libraire, il y a libre, et Brère, ajoute l'auteur.
06:00C'est un sujet que vous avez déjà évoqué dans vos précédences d'ouvrage,
06:03cette déconstruction aujourd'hui de la littérature, ou des auteurs, des auteurs de…
06:10J'essaie de trouver un mot pas trop positif, roman de guerre, ça peut être un très bon roman de guerre des fois,
06:14mais des auteurs de petits romans sont érigés en génie.
06:17– Oui, généralement, les romans sentimentaux, il y a tout un jeu, toute une catégorie de romans
06:23dits de la romance, qui est souvent stéréotypée, si vous voulez.
06:29– Bon, c'est pas le pire de… Le pire, c'est que ce n'est pas le pire, dans la littérature d'aujourd'hui, je trouve.
06:37Parce que la littérature populaire, c'est l'être de noblesse aussi.
06:40Alexandre Dumas était un auteur populaire, et à la rigueur, même Balzac était un auteur populaire.
06:45– On a un sens, oui.
06:47Justement, je prolonge un peu cette question, vous écrivez un spécimen intéressant, c'est le Géniard.
06:52– Ah, le Géniard.
06:53– Alors, attention, bien sûr, je précise pour notre téléspecteur, c'est G-E-N-I-A-R-T,
06:59c'est synthèse de génie et art, mais aussi du verbe gendre, en fait.
07:03– Oui, oui, c'est ça, exactement.
07:05C'est-à-dire, c'est le jeune génie à qui on a fait croire qu'il avait du talent dans un domaine artistique,
07:14et qui, à la moindre contrariété, devient fou de…
07:18– Et puis surtout, en fait, c'est le phénomène qu'on voit à l'école, vous avez le gamin qui a des mauvaises notes,
07:24non mais en fait, pas de remise en question.
07:26– Surtout pas de remise en question.
07:27– Surtout parce que c'est le système qui n'est pas adapté à lui, parce qu'il est trop intelligent.
07:30– C'est ça, il est en avance sur le système décimal, il ne sait pas compter,
07:34mais c'est parce que les autres sont en retard, en fait.
07:36– Mais en fait, là aussi, il y a un très grand paradoxe, on montre bien cette hybridité que vous décrivez.
07:42On veut à tout prix être dans le moule, montrer comme les autres, suivre la mode, par exemple,
07:47mais d'un autre côté, dès qu'on a l'occasion de se distinguer en disant
07:50« je suis un génie, je suis au-dessus des autres », on ne manque pas l'occasion,
07:52et c'est un peu le cas du génie, je suis un mauvais élève,
07:56en fait, c'est que je suis au-dessus des autres.
07:58En même temps, je suis au-dessus des autres, mais j'ai envie d'avoir les mêmes vêtements.
08:00– Oui, bien sûr.
08:01– J'ai envie d'avoir les mêmes vêtements que les autres, les mêmes musiques que les autres.
08:04– C'est le paradoxe suprême de la jeunesse, ça a toujours été un peu le cas,
08:11mais là, c'est vraiment, encore une fois, c'est vraiment forcé,
08:16c'est vraiment, je ne trouve pas le terme,
08:20mais enfin, c'est une caricature vraiment très, très, très pointue.
08:25– Ce qui induit un vêtement phénomène de société,
08:29parce que quand on voit ces jeunes élèves,
08:31que les parents assimilent à des génies, à des HPI, au potentiel intellectuel…
08:36– Oui, parce que les parents sont évidemment les premiers fautifs, bien sûr.
08:40– Et le problème, c'est qu'il y a vraiment des élèves qui peuvent être justement de véritable HP
08:45et qui auraient besoin, eux, d'un bon suivi,
08:47mais du coup, ils sont nommés dans la masse des faux, des géniaires, justement.
08:51– C'est ça, oui.
08:52Oui, oui, c'est ça, exactement, oui.
08:53– Alors, on a aussi la catégorie du…
08:59Alors là aussi, ce que vous avez dit, mais je trouve qu'il y a une très bonne catégorie,
09:02je trouvais que c'est le philouzofe.
09:03– Le philouzofe, c'est… Donc, philou et philosophe,
09:08c'est l'imposteur de la philosophie et sous forme de développement personnel,
09:15ça prend les traits du développement personnel,
09:18mais d'autres disciplines dans ce même genre-là, oui.
09:23Et là, notamment, je me souviens d'avoir parlé d'un philosophe qui s'appelle Vincent Cespédez.
09:28et les audits, enfin, les spectateurs comprendront de qui je veux parler.
09:35– Alors, en fait, dans ce livre, vous avez une satire de la société contemporaine,
09:40de ceux qui sont un peu dans un moule sans s'en rendre compte,
09:44mais vous tournez un peu aussi en dérision ceux qui ont confiance
09:49qu'on est un peu dans un monde plein de contradictions
09:51et qui semblent se prendre eux-mêmes pour des rebelles.
09:55C'est la fameuse catégorie du Lancelot du laïc.
09:58– Lancelot du laïc, c'est le patriote des réseaux sociaux,
10:02celui qui vous donne des leçons de patriotisme,
10:03alors qu'il met en photo de profit, d'abord, il n'a pas son nom complet,
10:09ou il a un pseudonyme, il se grime avec un haut de forme et un casque et une épée,
10:15il donne des leçons de patriotisme.
10:16– Voilà, par exemple, je vais en lire un petit passage pour mon téléspectateur.
10:20Puis, Lancelot s'attaqua à d'autres postes d'Arthur
10:23et plus ils étaient insignifiants, une fête d'anniversaire,
10:26un dîner à restaurant, une affiche de film,
10:27plus la pluie des insultes sur les réseaux sociaux tombait de rue.
10:31Chaque fois, Lancelot reprochait à Arthur de s'amuser
10:33pendant que le pays s'effondrait.
10:35Ce Lancelot, que l'ingénieur ne connaissait pas,
10:37avait pour avatar un croisé virtuel en côte de maille
10:40avec son bouclier, son home et son épée.
10:43Et en quelques clics, Arendt obtient toutes les occurrences de ce chevalier,
10:47ses likes, ses commentaires avec les statistiques afférentes.
10:50– Oui, c'est vraiment le Lancelot d'Operette.
10:55– Alors, ce n'est plus le Lancelot d'Operette,
10:56maintenant c'est le Lancelot de Facebook.
10:58– Oui, c'est ça, de réseaux sociaux.
10:59– Maintenant, on va pouvoir trouver de nouvelles expressions
11:02puisque l'Operette, plus personne n'y va à l'Operette.
11:04– Vous avez raison, vous avez raison, oui.
11:06Il faut adapter à l'époque, oui.
11:08– Voilà, maintenant, c'est plus…
11:10on ne va plus déclamer comme une tragédie.
11:14Maintenant, on va dire ni une photo, ni un émoji,
11:16pas même un vieux POC.
11:18– C'est ça.
11:19– Pour conclure votre chapitre.
11:20– Même POC, c'est dépassé aujourd'hui.
11:22– Mais en fait, cette société hybride,
11:29comment expliquer en fait ?
11:30Il y a des aspirations très contradictoires en fait.
11:34– Ça s'appuie sur une sorte d'ambition de renouvellement, j'imagine.
11:41Et l'hybridité s'appuyant sur le passé,
11:45cherchant dans l'avenir une solution à son destin,
11:52ça forme une sorte d'entité monstrueuse en quelque sorte.
11:57C'est vrai pour les animaux, pour les plantes, pour les voitures, je le disais,
12:00mais c'est vrai aussi pour les êtres humains.
12:02Nous sommes tous un peu hybrides, j'ai l'impression.
12:05– Enfin, on peut effectivement, c'est celle aussi,
12:07c'est la catégorie du lance-feu du lac,
12:09on peut faire un peu d'autodérision,
12:10parce qu'on est, nous tous, peut-être pas vous,
12:13mais moi-même, ça peut m'arriver de parler avec des anglicismes,
12:17de dire hello au lieu de dire bonjour.
12:18– Alors évidemment, on fait tout ça,
12:20et on est tous un peu hybrides d'une certaine façon,
12:22mais c'est lorsque ça devient,
12:25c'est guidé par l'esprit de système,
12:26que c'est ridicule.
12:29Ce qui gouverne tous ces gens,
12:31c'est quand même tout de même leur ridicule,
12:33qui s'ignorent évidemment.
12:35Sinon, évidemment, on est tous un peu,
12:36on barabouine un peu d'anglais,
12:38on est tous un peu hybrides aussi,
12:40mais là, c'est un système de pensée plutôt.
12:43– Mais un système de pensée
12:44à laquelle on adhère sans vraiment y réfléchir.
12:48– Oui, voilà, c'est ça, sans y réfléchir, oui.
12:51C'est l'époque qui décide pour nous.
12:53– Mais, est-ce que vous pensez que ce phénomène
12:57est un peu lié à une déconstruction de l'école,
13:00notamment, ou de l'autorité, même dans tous les cadres ?
13:02– Tout revient à peu près aux mêmes raisons.
13:07Il y a, ajouté à ces raisons-là,
13:11le fait que la transmission ne se fait pas de parents à enfants.
13:14On accrédite, on donne aux enfants l'image qu'ils sont des surhommes,
13:20et les parents ne sont plus là pour leur dire simplement leurs faits.
13:29Ensuite, je n'en fais pas, comment dire,
13:32ce phénomène, il est récent,
13:35et peut-être il s'éteindra très vite, je ne sais pas.
13:38Là, il se trouve que je le trouve caricatural.
13:41L'hybridité est caricaturale,
13:42mais ça ne veut pas dire que c'est éternel.
13:45– Oui, on ne sait pas quelle perspective d'avenir on peut avoir,
13:50et surtout, qui va faire la relève, surtout.
13:52– Qui va faire la relève, quand ces jeunes gens auront pas,
13:55quand il s'agit de jeunes gens, quand ils auront eux-mêmes des enfants,
13:59je ne sais pas ce que ça donnera.
14:01J'ai vu une jeune fille, il n'y a pas longtemps,
14:04assise sur un banc,
14:05elle portait des oreilles pointues d'elfes qu'elle s'était faite,
14:08et elle ne le fait pas par seconderie,
14:09elle ne le faisait pas parce qu'elle assistait à un bal masqué,
14:13elle l'est portée parce qu'elle avait envie d'être une elfe.
14:18Donc, qu'est-ce que je vous dis ?
14:21Après, ça me paraît aberrant.
14:23– C'est vrai que vos fameux lance-flots du like,
14:27ils peuvent faire sourire, on ne sait pas comment vous le décrivez,
14:30mais il atteste déjà d'une bonne volonté, ce lance-flot du like.
14:33Si déjà, tous les jeunes internautes deviennent des lance-flots du like,
14:37ça fait déjà un premier pas.
14:39– Je préférerais qu'il donne son vrai nom
14:41et qu'il lutte pour ses idées
14:43avec un courage qui ne soit pas seulement virtuel.
14:49Alors peut-être que c'est déjà pas mal d'être courageux virtuellement,
14:52mais comme vous le voyez dans la nouvelle lance-flot du like,
14:56il n'est pas très courageux.
14:58Les lecteurs comprendront.
15:00– Après, il y a déjà un premier pas qui peut après être suivi.
15:03– Peut-être, peut-être, peut-être, peut-être.
15:06– D'autres pas.
15:08Après, vous dites en conclusion les réseaux,
15:15enfin je dis en conclusion parce que c'est dans les derniers chapitres,
15:18mais le chapitre qui est assis sur les réseaux,
15:20alors là aussi il faut appeler un réseau, c'est R avec accent aigu,
15:23Z-O-O comme un zoo,
15:26c'est-à-dire que le réseau social fait sur 2000.
15:28– Bien sûr.
15:29– Les réseaux au sens large d'ailleurs.
15:31– Oui, ce sont tous les réseaux qui sont formés,
15:34qui sont des zoos à ciel ouvert,
15:37pour ne pas dire des asiles parfois.
15:38Donc j'ai quelques catégories dans les réseaux
15:41qui sont de notre époque aussi,
15:44où tous les sentiments semblent exacerbés.
15:46Les commentaires sur les réseaux sont faits par des gens
15:50qui vous insultent dès qu'ils ne sont pas d'accord,
15:52on se demande pourquoi, voilà.
15:54– Alors évidemment, il n'y a plus vraiment de voûte verbale,
15:58comme vous pouvez le voir.
15:59– Non, c'est très vite l'insulte.
16:01– Les grands écrivains, par exemple,
16:04même récemment, Sartre et Camus,
16:07aujourd'hui on a des insultes avec de mauvaises photographes
16:12sur Facebook ou sur…
16:14– Oui, ça rend un peu dérisoire la bataille des idées,
16:17comme on dit.
16:18– Même si au passage, vous allez sur Twitter,
16:20enfin plutôt sur X, comme ça s'appelle maintenant,
16:23le contenu peut être bon de certaines…
16:26et même peu importe que le contenu soit bon,
16:30dans la mesure où la façon dont c'est exprimé est souvent ridicule.
16:35Ce qu'on a à dire dépend tout de même de la forme que cela prend.
16:40– Après le problème, c'est qu'on est aussi obligé parfois
16:42de s'y adapter quand on sait que ça a de l'audience.
16:45– Oui, oui, oui.
16:46– Mais après, tout de suite, vous avez une personne
16:48qui va en dérouler son fil X,
16:52avec de nombreux paragraphes qui peuvent être bien construits,
16:55aussi construits que s'il l'avait fait sur le Figaro au XIXe siècle.
17:00Je l'ai fait au XIXe siècle, je n'ai pas le Figaro aujourd'hui.
17:03Et après, vous avez toute une série de commentaires
17:07qui vont être tous plus…
17:08– Les atterrants les uns que les autres.
17:10– Oui, on dit aussi que certains réseaux ne sont pas faits
17:15pour des textes très longs, c'est fort possible,
17:18parce que tout va très vite, on les lit en diagonale.
17:23Mais c'est vrai aussi pour les textes de 10-20 lignes,
17:26certains sont bien écrits, d'autres sont des catastrophes,
17:29et les commentaires sont pires, souvent.
17:31– Mais c'est vrai aussi pour les articles de la presse en ligne,
17:37c'est pareil, quand je parle des réseaux,
17:40c'est les réseaux au sens très large.
17:43– Oui, c'est ça, plus internet s'éveuble,
17:46plus on a le besoin d'être court et percutant,
17:48et de tout miser sur la forme, et beaucoup moins sur le fond.
17:51– Oui, peut-être, oui.
17:53– Enfin, en tout cas, votre livre, il est d'ailleurs assez court sur la forme,
17:56mais sur le fond, il est plein de réflexions denses,
17:58sur un ton toujours très humoristique.
18:04– Je n'ai pas voulu un livre qui soit lourd et assommant,
18:08mais ça donne une variété de tons,
18:13même si l'ironie et la satire sont omniprésentes.
18:16Je voulais des textes courts, des chroniques et des nouvelles,
18:18qui donnent une image, non pas terrifiante de notre situation,
18:24mais plus risible.
18:26Et encore une fois, je me suis mis dedans,
18:28donc qu'on ne m'accuse pas de n'attaquer que les autres.
18:31– Et à quel personnage précisément ?
18:33– La hyène, la hyène, dans la hyène, c'est mon portrait,
18:37alors on ne me reconnaît pas forcément,
18:39parce que je ne dis pas non aimant que c'est moi,
18:41mais il s'agit de moi, la hyène.
18:44– Et en tout cas des…
18:44– Celui qui croit être vraiment très mordant et qui ne l'est pas, voilà.
18:48C'est un peu ridicule.
18:49– Comme c'est mon cas, comme tout le monde,
18:52on a tous nos ridicules.
18:54– Assurez-vous, votre livre en tout cas ne l'est pas,
18:56il offre de façon très drôle un bon portrait
19:01de notre société du XXIe siècle.
19:03– Merci.
19:03– Écoutez, merci Bruno Lafourcade pour ce livre.
19:06– Chers spectateurs, je vous rappelle donc
19:08les hyènes de Bruno Lafourcade aux éditions de la Mouette de Minerv,
19:12vous pouvez trouver ce livre sur la boutique en ligne.
19:16Très bonne journée à vous et à bientôt.
19:17– Sous-titrage ST' 501
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