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Célèbre journaliste et essayiste, Ivan Rioufol est l’invité de TVLibertés pour présenter son nouveau livre, "La révolte des oublié". Dans cet essai incisif, la charge est nette. Rioufol ne décrit pas une agitation passagère, mais un pays travaillé en profondeur par une colère froide : celle de Français qui ne se sentent plus représentés. Les"oubliés", affirme-t-il, ne sont ni marginaux ni extrêmes, mais une majorité active convaincue que le pouvoir s’est éloigné du réel. Son livre dresse la cartographie d’une fracture - sociale, culturelle, démocratique - et questionne la légitimité d’élites jugées déconnectées. Pourtant, derrière la critique affleure une espérance : celle d’un sursaut des consciences, d’un retour au débat franc, d’une reconquête du sens commun. La révolution qu’il annonce ne se ferait ni dans la rue ni dans le fracas, mais dans les esprits. Une révolution silencieuse, patiente, qu’il estime déjà en marche : "La révolution du bon sens a gagné les esprits. Le vieux monde politique ne tient plus qu’à un fil".
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00:04Générique
00:06Journaliste et essayiste, il fut pendant plusieurs décennies
00:09une des grandes plumes du quotidien Le Figaro
00:11et il publie chez Fayard un nouvel essai intitulé
00:14La Révolution des Oubliés.
00:16Cette Révolution des Oubliés, vous pouvez retrouver cet ouvrage
00:19dans la boutique de TVL sur le site tvl.fr.
00:22Bonjour Yvan Riouffol.
00:23Bonjour Marcel-Bil.
00:24Merci d'être présent sur TVL.
00:26Tout d'abord, avec La Révolution des Oubliés,
00:28on attendait un livre écrit par la colère ou par l'inquiétude ou par la peur
00:32et on découvre un ouvrage en fait emprunt d'espérance.
00:35Dès la première page, vous dites, oui la France peut se redresser,
00:38rien n'est foutu, il n'y a pas de fatalité.
00:41Sinon je n'aurais pas écrit ce livre, j'aurais arrêté
00:43parce qu'effectivement cela fait maintenant 30 ans
00:45que, étant éditorialiste depuis 30 ans,
00:4750 ans de journalisme, mais 30 ans d'éditorialisme,
00:51depuis 30 ans j'alerte, je ne suis pas le seul bien entendu,
00:53nous étions quelques-uns à dire que les grandes options
00:57politiques et idéologiques allaient conduire au désastre.
01:00Le désastre est là, donc j'acte malgré tout le fait
01:05que je ne me suis pas trop trompé dans mon analyse
01:07en étant au plus près des Français à chaque fois.
01:11Et en même temps, je ne veux pas désespérer non plus
01:13de ce qui pourrait se passer.
01:14Ce qui pourrait se passer effectivement est désastreux,
01:16ce serait la disparition à la fin de ce siècle
01:20d'une civilisation, la civilisation française.
01:22Mais je ne veux pas d'abord me confronter à ceci
01:26et je pense en effet, pour être à l'écoute effectivement
01:31de la société civile et de ses soubresauts et de ses colères,
01:33je pense qu'il y a au cœur même de cette société oubliée
01:36des sources d'indignation qui pourraient permettre
01:40effectivement à cette révolte d'advenir
01:42pour clore cette révolution qui est encore une fois,
01:47qui est une révolution qui non seulement veut sortir de ce système
01:52qui depuis 50 ans n'a produit que des désastres,
01:54c'est une révolution qui a été également pensée,
01:58notamment aux États-Unis à travers Donald Trump
02:00qui a conceptualisé cette révolution du bon sens.
02:02J'avais moi-même identifié en 2017 en parlant
02:05de la révolution des œillères, c'est-à-dire que j'avais analysé
02:08le fait que les œillères idéologiques empêchaient maintenant
02:10de voir quelle était la vie des gens et quelles étaient les solutions
02:14qui pourraient être plus pragmatiques pour y répondre.
02:16Et donc en fonction de tout ceci et en fonction effectivement
02:18de ce que j'observe de ces irruptions qui sont un peu disséminées
02:23pour l'instant, c'est-à-dire les gilets jaunes, les paysans,
02:26les policiers, les victimes, les familles de victimes
02:28de la violence diversitaire, etc., ce sont des colères certes
02:32qui sont encore un peu muettes mais qui pourraient se fédérer
02:35et donc j'appelle en dernier sursaut, parce qu'il est vraiment urgent
02:39de le faire, j'appelle effectivement à ce que j'ai appelé
02:42la révolution des oubliés.
02:43– Des Français indignés qui sont prêts à se mobiliser,
02:45si j'ai bien compris, pour défendre leur pays,
02:47malmenés, je vous cite, par des idées folles.
02:49Par des idées folles, quelles sont ces idées folles ?
02:52– Ce sont tous ces mots en isme, toute cette idéologie
02:56qui depuis 50 ans a été imposée au nom, pour résumer,
03:01au nom d'un progressisme et au nom effectivement d'un mondialisme,
03:04au nom d'un antiracisme, etc., de tous ces mots-là,
03:06qui étaient des mots tout à fait honorables
03:09quand ils avaient été conceptualisés, mais qui ont amené,
03:13en tout cas pour le mondialisme, à oublier quelles étaient
03:18les exigences d'enracinement de tout un peuple qui ne voulait pas
03:21précisément être déraciné.
03:23Pour l'antiracisme, de se rendre compte que cet antiracisme-là
03:26a interdit toute critique portée à la société diversitaire
03:32et aux comportements qui pouvaient être ceux de cette société diversitaire
03:36quand ils s'en prenaient à la société d'accueil, etc.
03:38Donc on est arrivé à une sorte de totalitarisme idéologique,
03:43de politiquement correct, de pensée unique,
03:45et c'est cette pensée unique-là, ce totalitarisme-là,
03:49qui, de mon point de vue, peut tomber du jour au lendemain
03:52tant il s'est trompé dans ses effets et dans ses conséquences.
03:55Et aujourd'hui, ce vieux monde, ce monde progressiste,
04:00et de social-démocratie, qui s'est imposé depuis 50 ans,
04:04avec une droite transparente, ce vieux monde ne tient plus qu'à un fil.
04:07Il ne faudrait plus qu'un coup d'épaule.
04:09Mais ce coup d'épaule, pour l'instant, il ne vient pas, et pas encore,
04:11parce que j'observe aussi, au sein de cette opinion qui se révolte,
04:17une crainte d'aller au bout, il y a une sorte de peur qui tétanise
04:20une partie de l'opinion.
04:21On l'avait vu lors du Covid, j'avais applaudi les Français du Gilet jaune
04:26qui avaient effectivement bravé les interdits de manifester
04:29et bravé les caricatures qui avaient été faites d'eux,
04:33la foulaineuse, etc.
04:35Et j'avais été désespéré de voir que cette même foule,
04:37ou une partie d'entre elles en tout cas,
04:38avait repris ses pantoufles lors de la crise sanitaire
04:42pour obéir à cet ordre hygiéniste,
04:47et à ce début d'ailleurs d'intrusion de l'État
04:49dans tous les plis d'une société privée.
04:53Donc je fais cette analyse, en effet, qu'il y a une révolution,
04:59une révolution d'atmosphère, mais il n'y a pas de révolutionnaire,
05:02ou en tout cas pas suffisamment pour l'instant,
05:03et j'appelle à cette révolution, et j'appelle à cette révolution.
05:06En fait, mon livre aurait pu s'appeler « Révoltez-vous ».
05:08– Révoltez-vous, la révolution, elle peut aboutir,
05:10j'ai bien compris, qu'avec une rupture entre le peuple
05:13et les élites dites autoproclamées,
05:16des élites qui ont failli,
05:18cette faillite des élites, vous la faites remonter,
05:19et ça c'est assez intéressant, et de manière un peu surprenante,
05:22en 1945, et vous dites que c'est l'erreur initiale de De Gaulle.
05:25– Oui, si on avait…
05:27– Dans un monde qui est aujourd'hui où De Gaulle est merveilleux, je ne sais pas.
05:30– Oui, oui, je sais que tout le monde se réclame de De Gaulle,
05:32moi je suis beaucoup plus réticent, effectivement,
05:34je comprends bien, effectivement, que l'envergure qu'a pris De Gaulle
05:40et qui pourrait encore émerveiller tous ceux qui ne cherchent rien à De Gaulle,
05:43il n'y a plus de De Gaulle, je ne pense pas qu'il y aura de mouvement gaullien,
05:45on pourra y revenir, mais en tout cas, effectivement,
05:47je reproche à De Gaulle dès 1945 d'avoir instillé,
05:51en appelant les communistes à participer au gouvernement
05:53et en leur donnant toute une partie de la fonction publique
05:56et du monde culturel dès cette époque-là,
05:58je l'accuse, dans le fond, d'avoir participé à cette infiltration dès le départ,
06:03de tout un progressisme qui était d'essence totalitaire,
06:07singulièrement à travers le Parti communiste,
06:09qui était quand même à l'époque surtout le premier des partis totalitaires
06:13et soviétiques qu'il soit,
06:14et que cette intrusion du communisme dans les rouages de l'État
06:19et de la fonction publique dès 1945 par l'aval de De Gaulle,
06:23s'est ensuite par capillarité répandue à tout un secteur,
06:27de ce que l'on a appelé le secteur culturel,
06:30le secteur de la vie éducative, etc.,
06:34et qui a permis à ce progressisme de s'installer dans les esprits,
06:40voilà, grosso modo.
06:41– Alors votre critique, elle se porte tout d'abord sur les élites,
06:43bien sûr, sur les élites en général,
06:45mais sur les élites médiatiques, le parti des médias.
06:48Vous expliquez qu'aux trois pouvoirs définis par Montesquieu,
06:51le quatrième pouvoir des médias doit revenir, en fait, au peuple.
06:55Et moi, j'ai une question incidente, c'est qu'en tant que journaliste
06:57ayant longtemps appartenu à ce fameux parti des médias,
07:01à la presse institutionnelle, le Figaro, ce n'est pas lui faire injure
07:03que de dire qu'il figure parmi les titres de la presse institutionnelle,
07:07comment on peut éviter l'écueil de la posture ?
07:09Je dénonce un système dont j'ai profité.
07:11– J'étais dans le système médiatique,
07:13parce que le système médiatique était monopolistique à ce moment-là,
07:15mais dans cette révolution que je vous décris,
07:18il y a maintenant la révolution numérique qui fait apparaître
07:20à travers l'Internet, à travers les médias alternatifs,
07:23ce qui n'existait pas à mon époque,
07:25et peut-être que si je l'avais vu,
07:27je n'aurais pas été dans cette presse mainstream,
07:30et je vois que cette révolution numérique-là
07:32est une révolution qui bouleverse la démocratie directe,
07:35au point même, d'ailleurs, que le gouvernement
07:37n'a plus qu'une idée en tête aujourd'hui,
07:38c'est de mettre sous contrôle l'Internet
07:40par mille et un prétextes de lutte contre les propos haineux
07:44ou d'interdire l'Internet au moins de 15 ans,
07:46c'est-à-dire d'essayer de susciter une sorte de passe numérique
07:49et d'identification de tous ceux qui voudraient prendre cette parole libre.
07:53Je pense qu'il faut…
07:55Et donc, pour répondre à votre question,
07:56en effet, j'assume d'avoir été dans cette presse institutionnalisée,
08:02mais déjà à cette époque-là…
08:04– Mais je me faisais votre avocat.
08:05Vous étiez quand même un esprit dit.
08:06Vous étiez à Figaro, vous avez pris des voix un peu discordantes.
08:09– Si vous me lisiez à cette époque-là, en effet,
08:11je ne m'étais pas plié, en tout cas,
08:15mais parce que le Figaro m'avait permis effectivement
08:17cette grande liberté d'expression qui avait été celle
08:19qui m'avait été donnée notamment en 2002
08:22quand j'avais pris la succession de Maxlow dans le bloc-notes
08:24qui était une rubrique hebdomadaire
08:26dans laquelle j'exprimais tout ce que je pouvais voir.
08:30Enfin, je continuais le travail que j'avais fait auparavant
08:32et pour essayer d'être le photographe de l'instant
08:36le plus réaliste et le plus honnête possible.
08:38Et donc, en m'écartant, bien entendu, des lignes éditoriales,
08:43des instructions d'une hiérarchie, s'il y a pu y en avoir.
08:47J'en ai jamais eu, de toute façon.
08:48Et donc, dès cette époque-là, malgré tout,
08:50j'étais à contre-courant de la presse bien-pensante.
08:54Et donc, l'analyse que j'ai faite de cette rupture
08:58entre le discours publié et le discours public
09:01est une analyse sur laquelle j'ai essayé précisément,
09:06que j'ai essayé de combler en me donnant comme mission.
09:10Et dès le départ, c'était dès les premiers pas dans le journalisme,
09:13c'était hier, il y a maintenant 50 ans,
09:15d'être le porte-parole de ceux qui n'ont pas la parole,
09:17d'être le porte-parole de cette France oubliée,
09:19d'être le porte-parole de cette France ordinaire,
09:21de cette France qui vivait dans ses joies et dans ses peines.
09:24Et dès le départ, j'avais commencé dans la presse locale,
09:27dans la presse régionale.
09:28J'avais appris, par nécessité,
09:31non seulement à aller sur le terrain,
09:33mais à rentrer dans les cuisines, dans les salons,
09:35à voir les gens rire, les gens pleurer, etc.
09:37Et je me suis toujours attaché, dans le fond,
09:40à être à l'écoute de ces sentiments populaires,
09:44plutôt qu'à l'écoute des éditocrates
09:46qui ne m'intéressaient pas beaucoup.
09:47– C'est comme ça que le peuple se réapproprie ce pouvoir.
09:50Quatrième pouvoir, ça c'est Honoré de Balzac qui l'indiquait,
09:53c'est une presse qui attaque tout,
09:54mais qu'on ne peut pas attaquer, disait-il.
09:56Mais en fait, aujourd'hui, on a quand même le sentiment
09:58que c'est le premier pouvoir.
09:59– Le quatrième pouvoir, me semble-t-il,
10:02revient maintenant à ce pouvoir numérique,
10:05dans la mesure où la presse s'est déshonorée
10:07à être toujours du côté du Manche
10:08et à avoir avalisé, justement, ce monde qui s'effondre.
10:13Et en ne jouant pas son rôle de contre-pouvoir.
10:18Il n'y a plus de contre-pouvoir.
10:19Même les trois autres pouvoirs, l'exécutif, le judiciaire,
10:22et le judiciaire ne sont plus entre eux même des contre-pouvoirs.
10:26Ils ne s'équilibrent plus puisque chacun d'entre eux,
10:29dans le fond, est perméable à cette idéologie dominante
10:31qui est en plus une idéologie qui est rejetée
10:34par ce grand phénomène mondial
10:37qui est celui d'une remise en question
10:39de cette mondialisation heureuse.
10:41Donc toutes ces idéologies fausses, aujourd'hui,
10:44obligent d'abord à rompre avec ce monde-là.
10:48et en cela, c'est pour ça que je parle de révolution
10:51et à penser le monde nouveau.
10:53Le problème, l'autre problème qui se pose,
10:56c'est que malheureusement, dans cette grave crise généralisée,
10:59il y a aussi une crise de l'intelligence.
11:01C'est-à-dire que l'intelligentsia, le monde politique,
11:03le monde médiatique n'a pas voulu penser autrement
11:06qu'avec des idées toutes faites,
11:08n'a pas voulu penser le monde qui vient.
11:10Or, le monde qui vient, c'est la victoire des enracinés
11:13sur les déracinés, si j'avais à résumer.
11:15Mais quand vous faites, après les élites médiatiques,
11:19vous faites le procès des élites politiques,
11:20vous en prenez à Mélenchon.
11:21J'allais dire, bon, Yvan-Henri Oufol,
11:22s'en prenant à Mélenchon, c'est un peu attendu.
11:24Vous en prenez aussi très méchamment, très violemment,
11:27plutôt, à Emmanuel Macron, premier agresseur des Français.
11:30Dites-vous, le macronisme aux Amoines
11:32n'est plus mobilisé que pour faire taire
11:33les observateurs de la débâcle.
11:36– Oui. D'abord, sur Mélenchon, je lui reconnais malgré tout
11:40d'avoir fait le travail.
11:41C'est le seul parti qui a fait un travail intellectuel
11:43pour penser le nouveau monde.
11:44C'est-à-dire qu'à travers son think tank,
11:47l'Institut de la Boétie, il a pensé ce grand remplacement.
11:51Il a pensé cette France créolisée, cette France islamisée,
11:54qui, en effet, pourrait advenir si personne ne fait obstacle
11:58à cette immigration de peuplement
12:00qui est en train de faire venir une nouvelle culture,
12:03une nouvelle population et une nouvelle civilisation.
12:06Donc, ce grand remplacement n'est pas simplement
12:08un grand remplacement des générations, comme il l'a dit,
12:11mais c'est bien un grand remplacement d'un peuple
12:12et d'une civilisation.
12:14Et donc, il est évidemment très dangereux.
12:16Mais peut-être, est-ce que le plus dangereux des deux
12:19serait sans doute, en effet, Emmanuel Macron,
12:21dans la mesure, d'abord, où il partage,
12:25sans l'affirmer aussi ostensiblement,
12:28mais il partage cette vision avec Jean-Luc Mélenchon
12:31d'une société multiculturelle dans laquelle
12:34la culture française ne serait qu'une culture parmi d'autres.
12:37Alors, rappelez-vous, il n'y a pas de culture française.
12:39Rappelez-vous son discours de Marseille de 2017,
12:43en disant, je vois là, dans la salle,
12:45des Comoriens, des Algériens, etc.
12:47Vous ne voyez pas de français.
12:48Et donc, tous deux s'accordent à dire, aujourd'hui,
12:50que l'existence du français de souche
12:53pose un problème de cohésion nationale.
12:55Ça, c'est Jean-Luc Mélenchon qui le dit.
12:59Et Emmanuel Macron, je ne l'oublie pas,
13:01a s'est fait élire dès 2017,
13:02en s'affirmant comme étant progressiste contre les populistes.
13:07Or, quand vous désignez une partie de votre propre peuple
13:12comme étant populiste,
13:15naturellement, vous actez une rupture avec lui.
13:17Or, il me semble, je suis convaincu,
13:20que le populisme tel que je le comprends,
13:22ce n'est pas du tout ce rejet des élites.
13:24Je ne rejette pas les élites.
13:25Je pense qu'il faut d'autres élites,
13:27pas ces élites-là, mais d'autres élites.
13:28Et le populisme tel que je le comprends,
13:30c'est simplement l'expression d'une douleur existentielle
13:33d'un peuple qui n'a pas la parole.
13:35Et donc, quand le président de la République
13:37nous dit que les populistes seraient
13:40cette lèpre qui monte, cette foulaineuse,
13:43ce sont les propos qu'il a pu tenir,
13:44lui ou son ministre de l'Intérieur de l'époque,
13:47parlant des gilets jaunes notamment,
13:49je me dis que le premier des agresseurs,
13:53dans le fond, du peuple français
13:54est bien ce président de la République,
13:56qui en plus, et c'était bien l'abus de confiance
13:59de lui départ, avait été élu en 2017,
14:01en se présentant comme étant l'émanation
14:04d'une société civile.
14:05Rappelez-vous, il avait fait d'ailleurs
14:06une analyse très juste,
14:08qui m'avait convaincu au départ,
14:09très peu de temps, mais convaincu,
14:11d'un essoufflement de la démocratie,
14:13d'une démocratie confisquée,
14:14qu'il fallait revenir à un programme
14:16plus horizontal,
14:17à une institution plus horizontale,
14:20avec la société civile
14:22qui viendrait en appui de ce président,
14:24dont il aurait été l'émanation.
14:26On a bien vu que c'était un leurre,
14:27qu'il était l'émanation des puissances financières notamment.
14:30Et tout ça pour dire qu'aujourd'hui,
14:32je pense qu'en effet,
14:35le peuple français est en légitime défense,
14:37et que le premier des agresseurs,
14:39aujourd'hui, il y en a d'autres,
14:40mais le premier des agresseurs immédiats,
14:42c'est bien le président de la République,
14:44contre qui d'ailleurs,
14:46on pourrait parfaitement
14:50lui faire procès d'un abandon de peuple,
14:53et d'un abus de pouvoir,
14:55et que ce soit encore.
14:57– Et notre critique aussi,
14:58qui affleure plusieurs fois dans l'ouvrage,
15:01c'est la critique de la droite,
15:02par exemple sur l'immigration,
15:03et c'est un grand sujet que vous évoquez,
15:05bien évidemment, dans l'ouvrage,
15:06vous dites,
15:07le mauvais choix pour l'immigration,
15:09c'est en 1974,
15:10avec la libéralisation des échanges extérieurs
15:12et l'ouverture des frontières.
15:14Et 1974,
15:16la droite est au pouvoir,
15:17Pompidou vient de disparaître,
15:20c'est Valéry Giscard d'Estaing jusqu'en 1981,
15:22on est bien au cœur de la droite,
15:24et c'est elle que vous portez coupable.
15:27– Quand je dis tout le système,
15:30depuis 50 ans, s'est effondré,
15:31dans tout ce système-là,
15:32il y a eu effectivement la gauche,
15:34et il y a eu la droite,
15:35et on avait commencé même en 1945,
15:37parce qu'on a appelé,
15:39parce qu'on a appelé de cette décision
15:40du général de Gaulle.
15:42Oui, en effet,
15:44je pense que,
15:45je fais revenir,
15:47je fais montrer,
15:48je propose cette date de 1974,
15:50de voir ce que c'est la première fois que le,
15:52c'est la dernière fois que le budget est en équilibre,
15:541974,
15:55c'est la crise financière qui oblige,
15:57la crise pétrolière, pardon,
15:59qui oblige également le monde occidental
16:01à s'ouvrir aux exigences du monde,
16:03du monde arabe,
16:04du monde pétrolier,
16:05afin d'accepter des exigences léoniennes
16:08de la part de ce monde arabo-musulman
16:11qui exige non seulement des protections
16:14de son immigration,
16:15mais également des particularismes culturels,
16:18etc.
16:19Et donc,
16:20c'est aussi,
16:211974,
16:23c'est aussi,
16:23selon Maurice Hallel,
16:24les premiers éléments d'une mondialisation
16:26qui se met en place,
16:27et c'est aussi,
16:28en effet,
16:28à travers cette droite progressiste,
16:31cette droite tétanisée,
16:32effectivement,
16:33par la prévenience intellectuelle de la gauche,
16:37et cette droite qui s'ouvre
16:38à l'immigration,
16:40sous l'effet du patronat,
16:41d'abord,
16:42effectivement,
16:42qui a besoin de main-d'œuvre bon marché,
16:45et qui s'ouvre à l'immigration,
16:46ou au regroupement familial,
16:47et qui commence,
16:48et qui met le doigt dans un engrenage
16:50qui, déjà,
16:51à l'époque,
16:53paraissait dangereux à ceux qui alertaient,
16:55et là,
16:56je n'étais pas encore,
16:58j'étais encore novice,
16:59et je n'ai pas participé à cela,
17:01mais Jean-Marie Le Pen,
17:02par exemple,
17:04a eu ce réflexe de bien voir,
17:06dès cette époque-là,
17:07qu'il y avait là des verres dans un fruit,
17:11et donc,
17:13depuis,
17:13tout ceci s'est aggravé,
17:15dans la mesure où il n'y a pas eu,
17:16il n'a pas été possible d'entendre
17:18les lanceurs d'alerte,
17:21dont j'ai été,
17:22ensuite,
17:22mais dans les années 95,
17:25moi,
17:25je suis arrivé un peu plus tard,
17:26par ma génération,
17:27parce que,
17:28jusqu'alors,
17:29je n'avais pas non plus l'expression publique
17:31qui me permettait
17:32d'alerter là-dessus.
17:34– Peuples enracinés
17:35contre les peuples déracinés,
17:36je comprends bien cette notion-là,
17:38peuple enracinés,
17:38une catégorie d'ailleurs assez vague,
17:40dans laquelle chacun peut aussi
17:41projeter ce qu'il veut,
17:43vous dites,
17:43c'est celle des parias,
17:45c'est celle des dupés,
17:47c'est celle des humiliés,
17:48vous dites,
17:49bon,
17:49c'est celle que les ennemis
17:51peuvent appeler les fachos,
17:52ce peuple-là aussi,
17:54il est capté par Jean-Luc Mélenchon
17:56et par l'extrême gauche ?
17:57– Je ne crois pas,
17:57non,
17:58je pense que Jean-Luc Mélenchon,
17:59justement,
17:59capte le peuple des déracinés,
18:01si l'on entend par déracinés
18:03les Français d'origine française
18:05ou les Français de la diversité,
18:07et les Français de cœur
18:08qui se sont assimilés
18:09à une culture millénaire,
18:11ils font partie de cette France enracinée,
18:13mais la France déracinée,
18:14pour moi,
18:14d'abord c'est la France des élites,
18:16des grandes agglomérations,
18:17qui effectivement,
18:18c'est une France mondialiste,
18:19c'est la France à l'Eipstein,
18:21si vous voulez,
18:22pour grossir le trait,
18:23et puis cette France déracinée,
18:25c'est cette France issue
18:25de l'immigration de peuplement,
18:28qui s'est déracinée
18:29de ses pays d'origine
18:31et qui ne s'est pas enracinée,
18:32précisément,
18:33dans ses pays d'accueil,
18:34et la dissonance est très nette,
18:36quand on parle de quartier populaire,
18:38en fait,
18:38aujourd'hui,
18:38on essaie d'oublier
18:39que ces quartiers populaires
18:40ne représentent pas,
18:42malheureusement,
18:42j'aurais aimé,
18:43mais ne représentent pas
18:44la quintessence
18:45et même l'identité
18:46du peuple français,
18:47et d'ailleurs,
18:47on voit bien
18:48qu'il y a une fracture identitaire,
18:50que j'avais dénoncée
18:51il y a maintenant bien longtemps,
18:53qu'une fracture identitaire
18:54qui s'est aggravée
18:54entre cette France,
18:57cette contre-société,
18:58de mon point de vue,
18:59qui rentre dans la définition
19:00des déracinés,
19:01et la société enracinée,
19:03la société souverainiste,
19:04la société française,
19:05la société des Français de souche,
19:07mais pas seulement
19:07des Français de souche,
19:08qui voit bien
19:09qu'elle est pour l'instant
19:10sujette à cette tyrannie
19:11des minorités,
19:13or,
19:13cette France enracinée
19:14est encore majoritaire
19:16démographiquement,
19:17elle est évaluée à peu près,
19:19même si il n'y a pas
19:20de statistiques ethniques,
19:21on l'évalue à peu près
19:22selon les chiffres
19:23de Michel Aubouin,
19:24du préfet Aubouin
19:25qui avait fait un livre
19:26sur ce sujet,
19:27il l'évaluait,
19:27la France provinciale,
19:28à 70% de la population,
19:30et donc il devient absurde
19:32dans cette démocratie confisquée
19:34que ces 70% de la population
19:36ne puissent pas s'exprimer
19:37et non seulement cela,
19:38mais se laissent insulter
19:40parce que maintenant
19:40on insulte cette France
19:41trop française
19:42en la traitant de raciste,
19:45de fasciste
19:46et d'extrême droite
19:46et donc c'est à cette France-là
19:48en effet,
19:49cette France,
19:49encore une fois,
19:50cette France de souche,
19:53mais cette France de cœur
19:54également,
19:55je ne fais pas de différence
19:56aucune entre les Français
19:59d'immigration
20:00qui se sont assimilées
20:01à notre culture
20:02et c'est cette France-là
20:04à qui je somme aujourd'hui
20:06pour une partie de celle,
20:07en tout cas,
20:08qui est encore un peu somnolente,
20:09de bien comprendre
20:11qu'il est minimum une.
20:12– Je me suis fait votre avocat,
20:14je vais me faire l'avocat du diable,
20:15pas procureur,
20:15ce n'est pas ma nature,
20:16mais vous écrivez,
20:17je veux une révolution
20:18des esprits non violentes
20:19mais radicales
20:20et amenées à son terme
20:21mais on peut évoquer
20:22une révolution
20:23des cœurs
20:23et des mentalités
20:24mais vous savez bien aussi
20:26avant Youfol
20:26que l'histoire montre
20:27que les peuples oubliés
20:28basculent parfois
20:29dans des formes de colère
20:29beaucoup plus radicales.
20:31Où placez-vous la ligne rouge ?
20:32– Et voilà,
20:33c'est le grand danger aussi.
20:35Moi, j'ai toujours en mémoire
20:36cette phrase d'Albert Camus
20:37quand la démocratie est malade,
20:39le fascisme
20:39il vient à son chevet
20:40mais ce n'est pas
20:40pour prendre de ses nouvelles
20:41et donc moi,
20:42je suis par nature,
20:43je me suis construit
20:44intellectuellement
20:44depuis mon adolescence
20:46contre les totalitarismes,
20:49contre les régimes autoritaires,
20:51quand j'étais jeune
20:52j'étais plutôt
20:52un anarchiste romantique
20:53et donc je garde
20:54en tout cas
20:56toujours à l'esprit
20:57ce risque
20:58en effet
20:58d'une dérive
20:59qui serait celle
21:01portée par un homme providentiel
21:02l'homme fort, etc.
21:05Je pense qu'aujourd'hui
21:06l'homme fort n'existe pas,
21:07l'homme providentiel
21:08n'existe pas
21:08et c'est pour ça
21:09que je propose
21:09pour éviter cet écueil
21:12d'une dérive totalitaire
21:14parce qu'il y a
21:14une dérive totalitaire
21:15aujourd'hui
21:15qui nous menace
21:16elle est plutôt
21:17à l'extrême gauche maintenant
21:18elle est même assumée
21:19à l'extrême gauche maintenant
21:20puisqu'elle cautionne
21:21cette idéologie
21:22de l'islam radical
21:23qui est fondamentalement totalitaire
21:25totalisant en tout cas
21:26totale
21:27mais pour conjurer
21:29effectivement
21:29cette menace
21:31que l'on pourrait
21:31voir poindre
21:33d'un régime autoritaire
21:35également
21:36qui viendrait en réponse
21:37à cette révolution conservatrice
21:39j'appelle
21:40j'appelle en contrepoison
21:42à respecter l'esprit libéral
21:43précisément
21:44qui était celui
21:44du 18ème siècle
21:46qui avait été institué
21:47pour faire contrepoids
21:51à l'époque
21:52au pouvoir monarchique
21:53et donc
21:54j'invite à réfléchir
21:55à la place
21:56qui doit être donnée
21:56aujourd'hui
21:57à ce que j'ai appelé
21:58le parti du peuple
21:59au cœur même
22:00de la prise de décision
22:01de l'homme politique
22:03et dans les institutions
22:04c'est-à-dire que
22:05dans le fond
22:05j'ai fait
22:05c'est un de mes amis
22:07qui m'a fait
22:09cette remarque hier
22:10et je la trouve assez juste
22:11j'ai fait là
22:12une sorte de manifeste populiste
22:14et ce manifeste populiste
22:16me plaît assez bien
22:17dans le fond
22:17parce que je pense
22:18que le populisme
22:19doit être réhabilité
22:20sinon on entend bien
22:21qu'à travers le populisme
22:23il faut rétablir
22:24simplement ce qu'est
22:25dans ses fondamentaux
22:26la démocratie
22:27c'est-à-dire
22:27le gouvernement du peuple
22:29par le peuple
22:29et pour le peuple
22:30C'est presque ma dernière question
22:31parce que
22:31Yvan Rufol
22:32on s'attend bien évidemment
22:33aux journalistes
22:34et les séistes
22:35conservateurs
22:35c'est pas un gros mot
22:36loin de là
22:37et on découvre
22:38que vous ne croyez pas
22:38à l'homme providentiel
22:39vous ajoutez même
22:40vous écrivez
22:41l'homme d'État
22:41doit laisser place
22:42à l'homme du tiers État
22:44J'ai fait un livre
22:45qui aurait dû être écrit
22:46par un journaliste de gauche
22:47c'est-à-dire que
22:48je reprends effectivement
22:50à travers le patriotisme
22:51notamment
22:52la grande notion
22:53qui avait été celle de 1789
22:54qui n'était pas particulièrement
22:55une révolution de droite
22:57je reprends
22:58je m'attache effectivement
22:59j'invite à regarder
23:02comment les gens de peu
23:03les gens ordinaires
23:04la classe moyenne
23:05vit et souffre aujourd'hui
23:07et c'est à elle
23:08que je m'adresse
23:09notamment
23:09pas qu'à simplement
23:10elle
23:10il y a également
23:10je suis moi-même
23:11d'une classe plutôt bourgeoise
23:13bourgeoise
23:14je m'assume totalement
23:15et je partage aussi
23:17les mêmes angoisses existentielles
23:19et je m'adresse également
23:21à tous les souverainistes
23:23qui pourraient être de gauche
23:24comme de droite
23:24et qui estiment en effet
23:25qu'aujourd'hui
23:26les peuples
23:27ont à se préserver
23:28d'une mondialisation imbécile
23:29qui a voulu rendre
23:33indifférenciés
23:34les peuples
23:35les nations
23:35les cultures
23:36au prétexte
23:37d'un grand mouvement
23:38consumériste
23:39qui verrait dans le citoyen
23:41simplement
23:41un consommateur lambdin
23:43qui pourrait indifféremment
23:44venir de tous les quatre coins
23:46de la terre
23:47donc en effet
23:47ce n'est pas
23:48c'est un livre
23:49je m'assume
23:50comme étant conservateur
23:51libéral
23:52conservateur et social
23:53pour ceux qui voudraient
23:54me définir
23:54mais en effet
23:55je ne suis pas
23:56je ne correspond pas
23:58en tout cas
23:59à la caricature
24:00qu'on pourrait faire de moi
24:01d'un apprenti fasciste
24:03ou de quelqu'un
24:05qui voudrait retrouver
24:07les régimes autoritaires
24:09de la guerre
24:10conservateur
24:10conservateur
24:11on le retrouve quand même
24:12parce que
24:12quand vous préparez
24:14le monde de demain
24:15et vous l'annoncez
24:16vous dites
24:16c'est un monde
24:17dans lequel
24:17vous le rappelez
24:18chaque homme est nécessaire
24:19chaque homme est nécessaire
24:20c'est une phrase de Benoît XVI
24:21c'est une phrase de Benoît XVI
24:22là on revient
24:23oui oui
24:23je ne remise pas du tout
24:28être conservateur
24:29je revendique
24:30d'être conservateur
24:31mais je pense que
24:32révoltez-vous
24:32n'est pas la suite
24:33d'indignez-vous
24:34non
24:34c'était un clin d'œil
24:35ça aurait été un clin d'œil
24:36mais le indignez-vous
24:37était effectivement
24:39une
24:39il n'y a pas de parenté
24:41intellectuel
24:41oui oui
24:42elle était une parodie
24:43tandis que
24:43le révoltez-vous
24:45est un sursaut
24:46que j'invite
24:48à partager
24:49avec tous ceux
24:49qui voient
24:50ou qu'autrement
24:51sinon s'il ne bouge pas
24:53ce sera effectivement
24:53la vision de Jean-Luc Mélenchon
24:55de cette
24:56nouvelle société
24:57qui encore une fois
24:58est probable
24:59si personne
25:01ne vient
25:02y faire obstacle
25:03cette nouvelle société
25:04issue de l'immigration
25:05cette nouvelle société
25:06créolisée
25:07et cette nouvelle société
25:08dans laquelle
25:09aujourd'hui
25:09le français français
25:11n'a plus sa place
25:12et donc
25:13voilà
25:14on pourrait effectivement
25:15le déplorer
25:16et dans cette révolution
25:17chaque homme est nécessaire
25:17et dans cette révolution
25:19chaque homme est nécessaire
25:20bien entendu
25:20on vous retrouve
25:21dans la révolution
25:22des oubliés
25:23révoltez-vous
25:24vous demande
25:25Yvan Rufol
25:26c'est pas difficile à entendre
25:27quand on est sur TVL
25:28et c'est un livre
25:29que vous retrouvez
25:30sur le site
25:31tvl.fr
25:32merci Yvan Rufol
25:33merci à vous
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