- il y a 23 heures
Peut-on empêcher le déclin français dans ce monde en mutation ? Alors que la classe dirigeante est éclaboussée par le scandale Epstein, l’Union européenne vient de voter un nouveau prêt pour financer à fonds perdus la guerre en Ukraine. Au Moyen-Orient, le passage de l’instabilité à l’embrasement menace, et l’avenir semble entre les mains de Donald Trump.
Face à ce désordre international, la France peut-elle regagner sa souveraineté et reprendre son destin en main ?
Réponse avec Nikola Mirkovic, essayiste et spécialiste de la géopolitique, auteur de "L’Amérique Empire", "Le Chaos Ukrainien", et "Déclin et Renouveau" – disponible sur tvl.fr ici 👉 https://boutiquetvl.fr/accueil/nikola-mirkovic-declin-et-renouveau-comment-les-francais-se-releveront).
Et bien sûr, n’oubliez pas de cliquer sur le pouce en l’air, de commenter l’émission et de la relayer !
Face à ce désordre international, la France peut-elle regagner sa souveraineté et reprendre son destin en main ?
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00:00Trump n'est pas fidèle à ses engagements électoraux.
00:02Il avait promis d'être le président de la paix.
00:05Il avait dit qu'il ne voulait plus de guerre.
00:06Les Américains aujourd'hui, de la base MAGA, disent
00:08« Nous, on a élu Donald Trump pour qu'il défende les frontières des États-Unis,
00:11pas pour qu'il aille défaire les frontières du Moyen-Orient. »
00:14Mine de rien, celui qui porte la culotte dans le couple américano-européen,
00:18ça reste Donald Trump.
00:19Donald Trump, à peine élu, il a fait le tour de tous les pays atlantistes
00:22ou proches des États-Unis.
00:23Il les a littéralement raquettés.
00:25Nous avons été entraînés dans des guerres qui ont été voulues par les Américains
00:28et on n'a pas défendu nos intérêts.
00:30La France avait été une des diplomaties les plus respectées,
00:33les plus puissantes au monde.
00:35Et progressivement, on s'est américanisé.
00:37L'Ukraine est le tonneau des danaïdes du budget européen.
00:40On n'arrête pas, on est à plusieurs centaines de milliards d'euros.
00:43On n'a pas été capable de débloquer un petit million, deux millions pour la paix
00:47et on est en train de déverser des milliards pour la guerre.
00:50Et n'oublions pas qu'aujourd'hui, ces milliards qui sont versés pour la guerre
00:53sont souvent renvoyés aux États-Unis pour alimenter le complexe militaire industriel américain.
00:58Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro du Samedi Politique.
01:17Je suis très heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle édition.
01:21Cette semaine, nous allons évoquer le déclin français au fil de ce monde en mutation.
01:27On a vu la classe dirigeante éclaboussée par le scandale Jeffrey Epstein.
01:31Et pendant ce temps-là, l'Union européenne vient de voter un nouveau prêt de 90 milliards pour l'Ukraine.
01:38Vous verrez dans cette émission combien va retomber sur la France.
01:41Au Moyen-Orient, le passage de l'instabilité à l'explosion est très proche.
01:46On s'interroge et l'avenir semble entre les mains de Donald Trump.
01:49Alors peut-on encore reprendre le contrôle de cette situation ?
01:53Eh bien, c'est ce que nous allons voir dans un instant.
01:55Mais avant, chers amis, comme chaque semaine, j'ai besoin de vous pour le succès de cette émission.
01:59Alors pensez bien sûr aux petits pouces en l'air.
02:01C'est un bon coup de pouce justement pour l'algorithme.
02:04Réécrivez-nous dans les commentaires vos suggestions, vos questions.
02:07Vous savez que j'y réponds.
02:08Et puis bien sûr, relayer au maximum cette émission.
02:11A tout de suite.
02:11Et à mes côtés, cette semaine, Nicolas Mirkovic.
02:25Bonjour, monsieur.
02:26Bonjour.
02:26Merci beaucoup d'être avec nous.
02:28Alors vous étiez déjà venu pour la spéciale élection américaine,
02:31mais c'est la première fois que nous ne sommes que deux sur ce plateau.
02:34Je suis enchantée de vous recevoir.
02:35Et moi de même.
02:36Vous êtes essayiste, spécialiste de la géopolitique.
02:39Vous avez publié de nombreux ouvrages à succès.
02:42On va convoquer peut-être les trois derniers.
02:44Si vous voulez bien, l'Amérique empire.
02:46Empire en un seul mot, le chaos ukrainien.
02:48Et plus récemment, c'est celui-ci justement, déclin et renouveau.
02:52Comment les Français se relèveront ?
02:54C'est aux éditions des Cirques.
02:55Et bien entendu, tous ces ouvrages sont disponibles sur la boutique de TVL, sur tvl.fr.
03:01Alors nous enregistrons vendredi cette émission, Nicolas Mirkovic.
03:04C'est le jour de la conférence de sécurité de Munich.
03:07Un an, jour pour jour, après l'intervention de G.D. Vance, le vice-président américain.
03:12Et quand on lit votre ouvrage, Déclin et renouveau,
03:14on se dit qu'il y a beaucoup de similitudes entre votre analyse et la sienne.
03:18Je vous propose qu'on revoie quelques éléments de l'année dernière.
03:22La menace qui me préoccupe le plus vis-à-vis de l'Europe n'est ni la Russie, ni la Chine, ni aucun autre acteur extérieur.
03:30Ce qui me préoccupe, c'est la menace qui vient de l'intérieur.
03:34Le recul de l'Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales,
03:37des valeurs partagées par les Etats-Unis d'Amérique.
03:41– Alors c'était une déclaration très longue qui avait fait beaucoup réagir à l'époque.
03:53Il n'évoquait pas que ces questions, bien sûr.
03:56Il évoquait aussi le wokisme, la déliquescence civilisationnelle.
04:00Est-ce que vous partagiez tout à fait le point de vue de G.D. Vance l'an dernier ?
04:03– Oui, je pense que cette intervention qui a fait un peu moins de 20 minutes
04:05a vraiment été ressortie comme un tremblement de terre auprès de l'establishment.
04:09N'oublions pas que cette conférence de Munich rassemble tout le gotha,
04:14l'atlantisme, le finance, l'armée, les politiques.
04:18Et tout d'un coup, J.D. Vance, qui est à peine nommé vice-président des Etats-Unis,
04:21lance plus qu'un pavé dans la mare, il lance vraiment une bombe.
04:25Et il explique aux Européens qu'ils ont peur de la démocratie,
04:29qu'ils sont devenus des ennemis de la liberté d'expression.
04:31Il a un passage aussi sur l'immigration et le changement de la société en Europe.
04:35Et il leur dit, alors que tous sont en train d'attendre la politique de Trump,
04:38sur qu'est-ce qu'on va faire avec la Russie, qu'est-ce qu'on va faire avec la Chine,
04:40il leur dit, la Russie et la Chine ne sont pas vos ennemis,
04:43vos ennemis sont à l'intérieur même de votre propre système.
04:46Et ça, je pense que ça donnait le ton de la présidence de Donald Trump.
04:49On verra par la suite qu'il y a eu quelques bémols.
04:52Mais c'était extrêmement intéressant et c'était la première fois
04:55que, je pense, un vice-président américain prenait de haut les Européens
04:59en leur disant qu'il fallait qu'ils mettent de l'ordre chez eux.
05:02Parce que de leur côté, les Américains ont voté majoritairement
05:04pour un candidat qui est censé défendre la liberté d'expression,
05:09un retour un peu aux valeurs traditionnelles.
05:11Et Vint s'est arrivé ici, non pas en donneur de leçons,
05:14mais un peu comme patron qui explique à ses employés
05:17comment est-ce qu'il va falloir gérer la boutique maintenant.
05:18Alors justement, on constate que cette année,
05:20ce n'est pas J.D.V. N5 qui prendra la parole,
05:21c'est Marco Rubio, le secrétaire d'État,
05:23qui a un langage nettement plus polissé sur ces questions-là.
05:26– Oui, Rubio est plutôt dans la branche néoconservatrice,
05:29même s'il est moins grave qu'un Blinken
05:31ou que d'autres néoconservateurs qu'on a pu voir
05:33autour des présidents américains.
05:35C'est un autre ton, il est pour une Amérique
05:38qui est extrêmement forte au niveau international,
05:41il a une vision impériale un peu plus modérée,
05:44mais il va avoir sur certains des éléments de langage de J.D. Vint
05:47le même discours, mais qui seraient certainement plus nuancés.
05:50Je pense que ce n'est pas pour rien qu'ils envoient Rubio,
05:52et pas Vint cette année.
05:53Vint se devait secouer un petit peu l'ensemble de ces élites européennes,
05:58et Rubio va maintenant donner la feuille de route
06:00sur ce que je pense Trump et les Américains veulent faire au niveau mondial
06:04et au niveau de l'Europe, qui est un enjeu majeur.
06:06Les Européens sont perdus, parce que n'oublions pas
06:08que la construction européenne est un projet essentiellement américain,
06:12que les Européens aujourd'hui ont délégué leur souveraineté
06:15aux Atlantistes globalement, que ce soit au niveau de Bruxelles
06:18ou que ce soit au niveau de Washington,
06:19et ces Européens-là sont perdus, parce qu'ils ont maintenant Trump,
06:24qui est un peu leur patron, le président des États-Unis,
06:26donne le ton de l'Union européenne, et ils sont perdus,
06:28ils ne savent pas quoi faire.
06:29Il y a des velléités d'indépendance par rapport aux États-Unis,
06:32la velléité de continuer le projet mondialiste sans les Américains,
06:36et puis la peur aussi, parce que, mine de rien,
06:38celui qui porte la culotte dans le couple américano-européen,
06:42ça reste Donald Trump.
06:42– On a le sentiment quand même qu'il y avait un grand absent
06:45dans le discours de G.D. Venn, ce qui était quand même assez brutal,
06:49on va dire, l'année dernière, et qui sera sans doute aussi absent
06:53de celui de Marco Rubio, c'est la responsabilité américaine
06:56dans les maux de l'Europe, si bien sûr l'Europe à sa part,
06:59et surtout les dirigeants européens d'ailleurs,
07:01bien sûr plus que les peuples, on ne voit pas l'importance
07:05dans le discours de G.D. Venn, de ces officines qui ont contribué
07:08à distiller le wokisme en Europe, à distiller l'immigrationnisme en Europe,
07:12on ne voit pas davantage le bellicisme des États-Unis
07:16qui s'abat aujourd'hui encore à nos portes avec la guerre en Ukraine,
07:19tout cela était absent.
07:21Donc cette analyse de G.D. Venn manquait quand même d'un peu de clairvoyance
07:25quant à leur propre responsabilité.
07:27– Une très grande forme d'hypocrisie, parce qu'en effet,
07:29cette construction européenne est d'origine américaine.
07:32Les États-Unis ont irrigué les mouvements politiques européens de droite
07:37comme de gauche de millions de dollars, et je ne parle même pas des ONG aussi
07:41qui ont reçu pour le coup des milliards de dollars,
07:44pour faire de la réingénierie sociale, pour transformer la société européenne,
07:47pour faire croire que sans la protection des États-Unis,
07:50l'Europe ne pouvait pas exister.
07:52L'OTAN est extrêmement présente, l'OTAN est maintenant,
07:54ce qui est la légion étrangère des États-Unis, est extrêmement importante.
07:58Nous avons été entraînés dans des guerres qui ont été voulues par les Américains
08:01et on n'a pas défendu nos intérêts.
08:03Quand les Américains poussent avec les Atlantis pour la destruction de la Yougoslavie,
08:07l'Europe se tire une balle dans le pied.
08:09Quand les Américains, accompagnés par Bruxelles, poussent à une révolution de couleur
08:14et ensuite un coup d'État à Kiev, qui dégénère en guerre civile entre Ukrainiens
08:18et ensuite en guerre avec la Russie, c'est parce que nous avons suivi Washington,
08:21nous avons suivi les États-Unis, et J.D. Vance ne part pas de cette responsabilité.
08:25Si notre société s'est américanisée aussi, c'est que cela fait aussi le bonheur des Américains,
08:29notamment des entreprises américaines, qui voient très clairement l'Europe comme un énorme marché.
08:34Et ça, ce n'est pas un secret. C'est-à-dire que quand on regarde l'analyse géopolitique américaine,
08:39vous prenez un Elliot Cohen, vous prenez un Brzezinski,
08:44il vous parle très clairement de l'Europe de l'Ouest globalement comme d'un protectorat,
08:47comme d'un grand marché.
08:48Cohen, lui, dit qu'il n'est pas du tout inquiet pendant la Deuxième Guerre mondiale.
08:52Enfin, l'inquiétude des Américains n'est pas que l'Europe devienne communiste ou nazie.
08:55Il dit, c'est sordide ce que je vais dire, mais la réalité, c'est qu'on avait peur à un moment
08:58qu'il y ait un camp qui récupère ce formidable marché,
09:01qui est un marché naturel pour les biens et services américains.
09:05Et c'est ça, ce dont il ne parle pas, et ce dont les Européens doivent faire attention,
09:10parce qu'il y a cette tentation majeure chez beaucoup de trumpistes de se dire
09:15on est en désaccord sur le fond, sur certains principes avec les Européens,
09:20avec cette ancienne école des atlantistes, mais nous ce qu'on veut,
09:22c'est une nouvelle génération d'atlantistes qui va être plus en ligne sur peut-être
09:26la liberté d'expression, peut-être sur certains éléments culturels,
09:29mais derrière, ils ne veulent surtout pas une Europe indépendante,
09:32derrière, ils veulent que ces Européens continuent de suivre la ligne directrice des Américains,
09:36que nous achetions des systèmes d'exploitation américains,
09:39des satellites américains, de l'armement américain, des bateaux, des voitures,
09:42de ce que vous voulez, américains.
09:44Et tant que les nations européennes, les peuples européens
09:46ne seront pas capables de retrouver leur souveraineté,
09:49la personne qui va occuper la Maison Blanche va toujours faire attention
09:52à ce que l'Europe demeure soumise, parce que nous représentons un potentiel
09:57économique, politique, géopolitique et stratégique trop important
10:01que l'Amérique ne veut pas abandonner.
10:03– Si on comprend bien ce que vous dites, c'est finalement l'arrivée de Donald Trump
10:06à la tête des États-Unis, particulièrement ce deuxième mandat, bien sûr,
10:10c'est un léger infléchissement, et d'ailleurs, je crois que vous l'écrivez,
10:13globalement, c'est toujours l'impérialisme, avec un léger abandon,
10:17un abandon du mondialisme.
10:18– C'est ça, Trump n'est pas un mondialiste, il ne cherche pas à faire
10:22cette grande union de tous les pays avec une espèce de caste dominante élu
10:27qui dicterait des règles mondiales, des normes mondiales, il est clairement un impérialisme.
10:31Le mondialisme, c'était le cache-sexe de l'impérialisme américain.
10:34Aujourd'hui, Donald Trump le dit très clairement, lui, ce qu'il cherche,
10:38c'est l'Amérique d'abord, donc il va chercher à servir les intérêts des Américains,
10:42et c'est exactement ce que lui fait aujourd'hui, mais lui, ce qu'il veut,
10:45avant tout, c'est protéger les intérêts des Américains.
10:48Donald Trump n'a pas été élu pour défendre les intérêts des Européens, des Français.
10:52Et s'il peut y avoir des choses extrêmement intéressantes dans le programme de Trump
10:55sur le retour à des valeurs traditionnelles, sur la liberté d'expression,
10:59sur la protection des frontières, ça, il faut s'en inspirer,
11:01il faut profiter de cette vague, parce qu'en France, en Europe,
11:04il y a des sujets qui étaient tabous, ce dont parlait J.D. Vance,
11:06mais il faut bien se rendre compte que derrière, on doit s'approprier ces thèmes
11:10pour développer notre propre souveraineté et couper les chaînes de l'impérialisme américain.
11:15C'est ça l'objectif aujourd'hui, il faut profiter de ça,
11:17mais pas tomber dans le piège de se dire que Trump va nous sauver,
11:20ce ne sera pas le cas.
11:21– Alors justement, parmi les crises qui secouent le monde actuellement
11:24et qui participent à la recomposition mondiale,
11:28certains disent d'un monde multipolaire,
11:30il y a bien sûr la guerre en Ukraine qui n'en finit pas
11:31et ce n'est pas Donald Trump qui semble capable de réussir à mettre un terme à cette guerre.
11:36Vous vous rappelez qu'en 2019, Trump reconnaissait lui-même
11:38que c'était Washington qui avait soutenu la guerre
11:40et le coup d'État de 2014.
11:43On n'a plus du tout entendu ce discours de la part de Donald Trump
11:46depuis qu'il est revenu au pouvoir, au contraire.
11:48Aujourd'hui, Donald Trump explique que c'est un problème éminemment européen,
11:51ce qui n'est pas faux d'ailleurs puisqu'il est à nos portes,
11:54mais là encore, pas du tout d'examen de conscience.
11:57– Il y a vraiment de nouveau, c'est une forme d'hypocrisie.
11:59Si les États-Unis n'avaient pas mené cette révolution de couleur,
12:02s'ils n'avaient pas organisé ce coup d'État, il n'y aurait pas cette guerre.
12:05Et les Européens sont tombés dans ce piège une fois de plus
12:08de suivre les Américains et les Américains.
12:11Trump dit aujourd'hui, cette guerre me coûte de trop.
12:13Les Atlantistes, l'OTAN, Bruxelles, Washington,
12:16pensaient tous qu'ils allaient faire plier la Russie.
12:18Ils pensaient que la Russie était vraiment…
12:20ils disaient tous que la Russie avait le PIB de l'Espagne ou du Portugal
12:23qui ne pourrait pas se battre.
12:25Quatre ans plus tard, ce sont les armées ukrainiennes financées,
12:29conseillées, guidées par des militaires de l'OTAN.
12:32Aujourd'hui, c'est lancé, on en avait preuve,
12:33des militaires britanniques, américains et même malheureusement français
12:36qui sont derrière cette armée ukrainienne qui est en train de reculer.
12:39Et aujourd'hui, l'Ukraine est un sparadrap dont Donald Trump n'arrive pas à se défaire.
12:42Il avait promis qu'il allait mettre fin à cette guerre en 24 heures.
12:45Il pensait qu'en Amadou, en Poutine, en négociant certains éléments techniques, militaires,
12:50ils pourraient s'en séparer.
12:51Mais quand la Russie est entrée dans cette guerre,
12:53cette guerre pour la Russie n'est pas qu'une guerre territoriale.
12:57Bien sûr, ça en fait partie.
12:58Mais c'est une guerre très claire de défense des intérêts de la Russie
13:02qui dépasse l'Ukraine, qui concerne les sanctions, qui concernent le dollar,
13:06qui concernent les économies, qui concernent les zones d'influence.
13:09Et tant que Trump et les Américains ne comprennent pas ça
13:11et qu'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord,
13:12parce qu'il va y avoir des négociations, il y en a déjà,
13:15eh bien cette guerre va continuer.
13:17Et c'est une humiliation pour les Atlantistes.
13:19Parce que pour une fois, parce que ces guerres, ces révolutions de couleur,
13:22ils ont emmené en Yougoslavie, je suis très bien placé pour en parler,
13:25en Géorgie, ils ont emmené dans les pays arabes,
13:27ils ont emmené dans le monde entier.
13:28On pourrait remonter à l'Iran, on pourrait remonter à El Salvador,
13:31le Nicaragua, ils en sont toujours sortis.
13:34Et là, ils sont tombés sur un mur.
13:36Et c'est compliqué parce qu'évidemment,
13:38la priorité de Trump n'est pas de régler le problème ukrainien.
13:41Trump, lui, aujourd'hui, il a un très grand rival
13:45qui fait de l'ombre aux États-Unis de plus en plus, qui est la Chine.
13:48Et maintenant, il a un problème avec l'Iran.
13:51Et c'est amusant parce que dans le grand échec qui est de Brzezinski,
13:54il dit, voilà comment est-ce que les Américains vont répandre
13:58leur influence dans le monde.
13:59Il parle région par région, c'est assez passionnant.
14:01Il dit, il faut surtout faire attention à une seule chose,
14:04c'est que trois puissances, et il les cite,
14:06la Russie, la Chine et l'Iran ne s'allient pas.
14:08Ils ne vont pas s'allier sur un programme politique, religieux.
14:11Ils ont des modèles complètement différents.
14:13Mais à eux trois, ils représentent une résistance
14:16qui va être très difficile pour les Américains de combat.
14:18Donc, il faut tout faire pour lutter contre ça.
14:20Et bien voilà, Biden et Trump, ils sont en plein dedans
14:22avec cette espèce d'accord tacite entre ces trois pays
14:25qui sont puissants, qui ont des ressources naturelles,
14:27qui peuvent résister aux sanctions.
14:29Et Trump, il doit s'en débarrasser.
14:30Les Américains ne peuvent pas lutter contre les trois en même temps.
14:33– Avant de parler de l'Iran, on va continuer,
14:34si vous voulez bien, sur la question ukrainienne.
14:36L'Union européenne est assez d'accord avec la vision de Trump
14:38puisqu'elle récupère le bébé, comme on dit, depuis pas mal de temps,
14:42notamment en payant les armes pour l'Ukraine.
14:44Et cette semaine, on a assisté à un nouveau vote du Parlement européen
14:47qui s'est prononcé favorablement,
14:49donc à une nouvelle enveloppe de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine.
14:53Je vous propose qu'on écoute le député européen du Rassemblement national,
14:56Thierry Mariani, juste à la sortie de séance.
14:58– Eh bien, en toute discrétion, la France a depuis quelques minutes
15:0317 milliards de dettes supplémentaires.
15:0517 milliards, vous allez dire comment ?
15:07Parce que dans ce Parlement européen, on vient de voter une aide
15:10de 90 milliards à l'Ukraine, 30 milliards pour faire fonctionner l'État,
15:15c'est-à-dire pour subventionner, par exemple, les agriculteurs ukrainiens,
15:19les hôpitaux ukrainiens, les écoles ukrainiennes,
15:21et 60 milliards pour financer la guerre.
15:2490 milliards qui seront remboursés par l'Ukraine
15:27que le jour où l'Ukraine recevra des réparations de guerre de la Russie.
15:32Nous savons très bien que jamais la Russie ne versera un euro de réparation à l'Ukraine.
15:37Et donc à la sortie, c'est tous les États qui payeront.
15:40– Alors en guise de précision, comme la contribution de la France est aux alentours de 18%,
15:51la France devrait payer 16-17 milliards à peu près sur cette enveloppe.
15:55Qu'est-ce que ça vous évoque ?
15:56– C'est un drame, c'est une honte.
15:59L'Ukraine est le tonneau des danaïdes du budget européen.
16:02On n'arrête pas, on est à plusieurs centaines de milliards d'euros.
16:05Comme le disait M. Marianne il y a quelques instants,
16:07ce sont des milliards qui n'ont pas été investis dans la sécurité,
16:09dans l'éducation, dans la recherche et le développement.
16:11Ce sont des milliards dont l'Europe a cruellement besoin,
16:14dont la France a cruellement besoin,
16:15parce que nous sommes contributeurs nets au budget européen.
16:17Et aujourd'hui, on n'a pas été capable de débloquer un petit million,
16:22deux millions pour la paix,
16:24et on est en train de déverser des milliards pour la guerre.
16:26Et n'oublions pas qu'aujourd'hui,
16:28ces milliards qui sont versés pour la guerre
16:29sont souvent renvoyés aux États-Unis
16:31pour alimenter le complexe militaire industriel américain.
16:34Il y a 10-15 ans, les armées européennes
16:37se fournissaient essentiellement en Europe à hauteur de 60%.
16:39Maintenant, les armes sont à 60% d'origine américaine.
16:43Et on va en effet participer à peut-être de la reconstruction,
16:45mais qui dit que ce sont les Français qui vont récupérer ces budgets-là ?
16:49C'est sordide, c'est triste.
16:51Et c'est comme si on a l'impression qu'ils voient l'Ukraine
16:53comme juste un grand projet financier, économique.
16:57C'est de la spéculation.
16:58Et d'ailleurs, on a vu dans les fameux échanges Epstein,
17:01qui échange avec Rothschild et qui dit qu'après le coup d'État,
17:07qu'il y aura beaucoup d'argent à se faire,
17:10beaucoup, beaucoup, écrit-il.
17:11Et c'est exactement comme ça qu'on a l'impression qu'ils voient,
17:13ils oublient qu'il y a des milliers d'Européens qui meurent sur place,
17:17que c'est extrêmement difficile,
17:19que la Russie, Emmanuel Macron a eu une lueur de lucidité l'autre jour,
17:22il a dit mais on ne va pas pouvoir s'en débarrasser.
17:24La Russie, elle sera toujours là.
17:25Oui, comme l'Allemagne a toujours été à côté de la France,
17:27comme l'Angleterre a toujours été à côté de la France.
17:29Donc le but est de négocier la paix et de dialoguer, de discuter.
17:33La France et le reste de l'Europe se sont faits comme ennemis.
17:35Le pays qui aujourd'hui a le PIB en parité de pouvoir d'achat le plus important d'Europe,
17:39le pays le plus riche en ressources naturelles.
17:42Aujourd'hui, nous n'avons pas beaucoup en Europe de l'Ouest,
17:44à part un petit peu aux Pays-Bas et en Norvège,
17:46toutes les ressources naturelles dont la Russie dispose pour faire vivre notre économie.
17:51Et on est en train de se mettre, on s'est mis à dos,
17:53une puissance majeure stratégique pour nous.
17:55Pourquoi ?
17:56Pour satisfaire les demandes, les visées stratégiques de Washington.
18:01Et là aujourd'hui, on se retrouve les dindons de la farce
18:03parce qu'on continue d'alimenter cette guerre.
18:05Washington nous dit débrouillez-vous.
18:07Et personne n'a le courage de dire non, on va essayer de négocier la paix.
18:10On continue d'alimenter cette guerre parce qu'on a des atlantistes
18:12qui sont des fous, je pense vraiment à la tête,
18:15des idéologues, des extrémistes,
18:17qui ne voient que la guerre comme solution
18:18parce qu'ils ne veulent surtout pas qu'on s'intéresse
18:20à toute la gestion, la carence de gestion de leur mandat
18:26aujourd'hui au sein de l'Union Européenne.
18:27C'est catastrophique pour nous, c'est extrêmement triste
18:29pour les populations sur place.
18:31Il est temps d'y mettre fin.
18:32– Alors justement, on a vu qu'Emmanuel Macron rentrait dans une nouvelle phase.
18:36On ne sait jamais combien de temps durent les phases d'Emmanuel Macron.
18:40On voit qu'aujourd'hui, il évoque la possibilité
18:43d'échanger à nouveau avec Vladimir Poutine.
18:45Je suis sûr que Vladimir Poutine est vraiment enchanté
18:48qu'il ne tient plus en place depuis qu'il a pris cette nouvelle.
18:49C'est vraiment évident.
18:52Comment vous voyez ça ?
18:53– Je pense que d'abord, Trump veut négocier la paix avec la Russie.
18:57Il veut s'en débarrasser, comme on l'a dit à quelques instants.
18:59Et qu'il est en train de tordre le bras aux Européens en disant,
19:02attendez, vous devez trouver un accord aussi.
19:04Il ne faut pas être dupe.
19:05Les Américains soufflent le chaud et le froid.
19:08D'un côté, ils sont contents que la guerre aussi perdure pour affaiblir la Russie.
19:12D'un autre côté, ils voudraient quand même trouver un accord à la fin
19:15qui arrange tout le monde.
19:16Et Macron, lui, qui veut toujours être à la première place,
19:18qui veut briguer, qui veut être devant les caméras,
19:21lui dit, ça sera moi chef, je vais aller sur place et je vais discuter avec Poutine.
19:25Alors Poutine, on ne sait pas quelle est la longueur de la table
19:27qui va sortir cette fois-ci, s'il devait accueillir Emmanuel Macron.
19:30Mais il faut qu'il négocie de toute manière.
19:33On n'a pas le choix.
19:33Cette guerre ne va pas pouvoir durer ad vitam aeternam.
19:36Emmanuel Macron voit qu'il y a une place à prendre.
19:38Il veut la prendre aujourd'hui.
19:39Il voit aussi qu'il y a une espèce d'alliance entre l'Allemagne et l'Italie
19:42qui lui est déplée, qui lui fait de l'ombre.
19:44Donc du coup, pour prendre le contre-pied,
19:46lui, il veut être la personne qui va commencer à dialoguer.
19:49D'ailleurs, il a envoyé un émissaire il y a quelques jours discuter à Moscou.
19:54C'est bien, c'est un pas intelligent.
19:56C'est ce qu'on devrait faire.
19:57Il faut mettre fin à la guerre.
19:58Personne ne veut dire ça.
19:59Surtout que je rappelle que personne ne peut garantir
20:01que cette guerre sera circonstruite à l'Ukraine.
20:04Si elle déborde, si elle dérape, si on est impliqué d'une manière ou d'une autre,
20:08on sera tous impliqués dans cette guerre qui pourrait devenir mondiale.
20:12Et pour avoir vécu, pour avoir traversé des zones de guerre,
20:15je peux vous garantir que personne ne vivra ça.
20:17On n'a aucun mémoire, même nos plus anciens aujourd'hui.
20:20La Deuxième Guerre mondiale, comment c'est assez loin pour eux,
20:22on n'a plus de mémoire de ce que ça peut être une guerre.
20:24De souffrir, de ne pas savoir ce qu'on va manger, d'avoir des bombes,
20:27d'avoir la violence.
20:29D'avoir le chauffage.
20:30D'avoir le chauffage.
20:31Tout simplement, des choses qu'on prend sans gratitude aujourd'hui.
20:35On pense que ça tombe du ciel.
20:37Ce n'est pas le cas.
20:38Donc tout le monde doit ouvrir les yeux rapidement.
20:40On doit tout faire pour éviter cela.
20:41– Bien sûr.
20:42J'aimerais qu'on parle également de la situation du Moyen-Orient,
20:46qui pour le moment n'est pas en guerre ouverte,
20:48mais on voit bien que les tensions sont à leur comble.
20:51Là encore, la France jouait naguère un rôle diplomatique crucial sur ces questions.
20:58Là, mercredi, on a vu que Netanyahou était à la Maison Blanche.
21:01C'était la septième rencontre avec Donald Trump en seulement une année au programme.
21:06Donc c'était vraiment la question iranienne pour essayer, entre guillemets,
21:09de briefer presque le président américain avant ces discussions avec l'Iran en direct.
21:15Quel regard portez-vous sur la situation qui semble vraiment pouvoir dégénérer,
21:19j'allais dire d'un jour à l'autre, mais c'est même d'une heure à l'autre ?
21:22– C'est là où on voit que Trump n'est pas fidèle à ses engagements électoraux.
21:25Il avait promis d'être le président de la paix.
21:28Il avait dit qu'il ne voulait plus de guerre.
21:29Il a même dit au Moyen-Orient, il y a un peu moins d'un an,
21:32qu'il était épaté par le développement des différents pays du Golfe
21:35et qui avait réussi à se développer sans bombardement américain,
21:38sans des politiques de réingénierie sociale.
21:43Et aujourd'hui, on l'a vu en Iran l'année dernière,
21:47il était en train de négocier avec les Iraniens.
21:49Il y a eu la guerre avec les Israéliens et tout d'un coup,
21:51il s'est mis à bombarder illégalement l'Iran.
21:53On l'a vu avec le kidnapping illégal de Maduro.
21:57Les États-Unis continuent d'utiliser la force.
21:59Alors certains proches de Trump disent oui,
22:00oui mais au moins ce ne sont pas des nouvelles guerres,
22:02ce sont des points tactiques militaires à un moment.
22:04– Oui, il n'y a pas de civils.
22:06– Il n'y a pas de civils, oui, l'année dernière en Iran,
22:09il y avait quand même quelques civils qui ont été tués,
22:11mais ils disent que ce sont des cibles chirurgicales.
22:14– Dans les frappes sur le nucléaire ?
22:15Oui, bien sûr les gens qui travaillent.
22:16– Les personnes qui travaillent dans ces ensembles-là.
22:19Et donc on voit qu'il utilise la force.
22:21Alors lui il dit c'est la paix à travers la force,
22:23on va faire des frappes ciblées plutôt que de mener des nouvelles guerres.
22:26Je rappelle que les Américains ne pourraient pas mener de nouvelles guerres aujourd'hui,
22:29ils n'ont pas assez de moyens,
22:30l'Empire est en situation de surextension impériale.
22:33mais aujourd'hui il utilise quand même la force pour contraindre l'Iran
22:36qui n'a rien fait aux États-Unis.
22:38Et il est en train de vouloir négocier sur le nucléaire,
22:41alors que je rappelle que les Iraniens, les Américains, même les Européens
22:44avaient un accord qui avait été signé sous Obama
22:47et que quand Trump a pris le pouvoir la première fois en 2016,
22:50il a tout de suite déchiré cet accord.
22:52Donc il est en train de revenir sur ses parts
22:54et on peut se demander quelle est la stratégie ?
22:56Pourquoi est-ce que Netanyahou va voir Trump pour la septième fois ?
23:00Il est sous mandat d'arrêt international,
23:02je le rappelle par le tribunal pénal international.
23:05Pourquoi cela ?
23:06Pourquoi cette…
23:07Et d'ailleurs c'est une bonne partie de la base de Donald Trump,
23:10dit pourquoi est-ce qu'on met autant d'efforts,
23:12pourquoi est-ce qu'on prend autant de risques ?
23:13Est-ce que nous n'avons pas au Moyen-Orient,
23:16alors que nous avons élu un président
23:18qui avait dit qu'il allait réparer les routes aux États-Unis,
23:20qu'il allait investir dans les universités,
23:22qu'il allait protéger nos frontières ?
23:23Les Américains aujourd'hui de la base MAGA disent
23:25« Nous on a élu Donald Trump pour qu'il défende les frontières des États-Unis,
23:29pas pour qu'il aille défaire les frontières du Moyen-Orient
23:31ou qu'il devienne le gardien du Moyen-Orient ».
23:34Le coût actuel d'envoi de la flotte des États-Unis dans le Moyen-Orient
23:40coûte des millions, coûte des millions
23:42et les Américains ne voient pas le retour là-dessus.
23:44Ils se posent des questions à juste titre,
23:47quelle est cette volonté toujours impériale
23:48de vouloir avoir cette présence constante
23:51alors que Donald Trump avait promis qu'il allait arrêter ça,
23:54qu'il allait se focaliser sur les États-Unis,
23:55que les Américains n'allaient plus faire ces guerres étrangères.
23:58Il avait été d'ailleurs l'un des seuls présidents lors de son premier mandat
24:00à ne pas avoir déclenché de nouvelles guerres.
24:02Il avait fait des frappes, il avait entretenu des missions à l'étranger
24:05mais il n'avait pas entamé de nouvelles guerres.
24:07Il joue avec le feu aujourd'hui, c'est extrêmement décevant
24:10parce que quels sont les intérêts que sert Donald Trump ?
24:13Où sont les intérêts des Américains derrière cette intervention militaire massive
24:18et cette façon de négocier avec l'Iran qui est censée être un État souverain,
24:22pourquoi envoyer autant de bateaux, de soldats dans les environs de l'Iran
24:28pour contraindre les négociations ?
24:30Normalement, c'est illégal ça aussi.
24:32Au niveau des droits internationaux,
24:33vous ne pouvez pas forcer quelqu'un à signer un traité de paix,
24:35de négocier, puis si les Iraniens ne sont pas d'accord,
24:37voilà, tant qu'ils restent chez eux, ils font ce qu'ils veulent.
24:39Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, c'est un autre sujet,
24:41mais on respecte la souveraineté des nations.
24:44Et Trump est en train de se perdre.
24:46Pareil, il a été élu, mais à peine élu,
24:49il a dit qu'il voulait annexer le Canada, puis le Groenland, puis le Panama.
24:53Cette politique de Trump, qui est très clairement une politique impériale,
24:57il n'y a juste zéro doute là-dessus,
25:00confond ces électeurs qui ne comprennent pas,
25:03et d'ailleurs au niveau mondial, beaucoup de personnes ne comprennent pas,
25:04quel est le but de Trump ?
25:06Je pense qu'on a un début de solution,
25:08c'est que dans ce monde multipolaire qui est en train de se dessiner,
25:12qui est dessiné, aujourd'hui la Chine, comme je le disais,
25:14dans tellement de domaines technologiques, est en avance sur les États-Unis,
25:19est en train de développer ces nouvelles routes de la soie,
25:21est en train de...
25:21Katie Vance, avant les élections, avait dit,
25:24mais regardez comment fait la Chine.
25:26Elle est en train de se développer, non pas avec des bombardements,
25:28non pas avec des révolutions de couleurs,
25:30elle est en train de se développer avec du commerce,
25:33elle prête de l'argent, elle construit des ponts,
25:34elle construit des ports,
25:35et on devrait s'en inspirer.
25:37Aujourd'hui, les Américains sont en train de rapatrier,
25:41en train de...
25:41Pourquoi est-ce que Donald Trump dit qu'il veut protéger l'hémisphère occidental ?
25:44C'est parce qu'au niveau mondial,
25:45les Américains ne vont plus avoir le moyen d'avoir leurs 700 bases,
25:49700 sites militaires dans le monde.
25:50Leur rival véritable est la Chine,
25:53qui est en train de se développer.
25:54Donald Trump, à peine élu,
25:55il a fait le tour de tous les pays atlantistes
25:57ou proches des États-Unis.
25:58Il les a littéralement raquettés,
26:00comme fait un empereur avec ses provinces,
26:02c'est-à-dire qu'il est allé voir les Coréens,
26:05il est allé voir le Moyen-Orient,
26:06il est allé voir les Européens.
26:07N'oubliez pas ce qu'il a dit à Ursula von der Leyen,
26:10il a dit vous allez acheter pour 700 milliards de dollars
26:13de carburant aux États-Unis,
26:14vous allez investir à hauteur de 650 milliards de dollars aux États-Unis.
26:19Mais il a fait ça avec toutes les zones,
26:21tous les pays qui sont des pays amis des États-Unis.
26:23C'est d'ailleurs, pardon de vous interrompre,
26:25un plan qu'on peut comparer au plan Marshall,
26:28si on lit votre ouvrage,
26:29on comprend que finalement c'est un peu pareil,
26:31parce que le plan Marshall,
26:31ce n'était pas vraiment l'avantage des Européens non plus.
26:34Bien évidemment que non,
26:35c'est une façon de soumettre la nation économiquement,
26:38mais c'est du racket.
26:40Derrière ce que Donald Trump veut se concentrer sur les Amériques,
26:44parce que là c'est une zone qui est plus difficile à attaquer,
26:47il sera entouré par la mer,
26:48il voit d'un très mauvais œil l'influence économique de la Chine en Amérique latine,
26:53il définit que c'est une chasse gardée,
26:55ce qui est complètement illégal aussi.
26:56On va peut-être demander aux Chiliens, aux Argentins, aux Brésiliens,
27:00ce qu'ils pensent d'être une chasse gardée de Donald Trump,
27:03mais il a racketté les nations, il est en train de se défendre,
27:05l'Empire est en train de se protéger,
27:06parce que dans ce monde qui est en train de se développer,
27:08les États-Unis n'ont plus les moyens de contrôler.
27:10Donc ils choisissent les zones où ils vont être forts,
27:12et très clairement, auprès des alliés historiques des États-Unis,
27:15il leur dit, je vais vous donner les règles.
27:17Avant on faisait semblant de discuter,
27:18et puis la petite élite se retrouvait dans son projet mondialiste.
27:21Aujourd'hui, vous allez très clairement défendre les intérêts des Américains,
27:24et partout où je vois des intérêts à défendre,
27:28je parle des intérêts des Américains,
27:29des intérêts plutôt de la Maison-Blanche et du complexe militaire ou industriel.
27:32Comme on vient de le dire, vous allez le suivre.
27:33– Pas du peuple américain, oui.
27:34– Pas du peuple américain.
27:35Et le peuple américain, vous lisez,
27:36je regardais encore Joe Rogan hier soir,
27:39qui ne comprenait pas ce que fait Donald Trump,
27:41et toute une partie de sa base, des personnes qui se sont mouillées,
27:44parce qu'il était quand même très décrié,
27:45Donald Trump par les médias mainstream américains,
27:47des personnes comme Tucker Carlson, des personnes comme Joe Rogan,
27:50comme Dave Smith, qui sont descendus de l'arène,
27:52qui ont appelé à voter Trump, qui leur donnait la parole,
27:55aujourd'hui ne comprennent plus du tout ce que fait Donald Trump,
27:58parce que l'évidence est qu'il est en train de renforcer
28:01ce qui reste de l'Empire américain.
28:03– Hum, est-ce que, je vous propose d'écouter à présent
28:07le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien,
28:10justement, c'était aussi juste avant la rencontre Trump et Netanyahou,
28:14et évidemment avant les discussions.
28:16– Notre partenaire dans les négociations est l'Amérique.
28:25C'est à l'Amérique de décider d'agir indépendamment des pressions
28:28et des influences destructrices qui nuisent à la région.
28:32Le régime sioniste, agissant en saboteur,
28:46a montré à maintes reprises son opposition
28:49à tout processus diplomatique visant la paix dans notre région.
28:53– Comment voyez-vous la suite de cette crise au Moyen-Orient ?
29:04Est-ce que vous pensez que…
29:06Est-ce que vous craignez réellement un véritable embrasement
29:08et que Donald Trump décide d'y aller, comme on dit ?
29:12– Tout est possible avec Donald Trump.
29:14Vraiment, l'année dernière, je pensais, peu de personnes pensaient
29:16qu'il allait vraiment bombarder l'Iran aux côtés d'Israël.
29:19Aujourd'hui, il est capable de faire ça.
29:22Je pense que le fait que Netanyahou soit aussi souvent à la Maison-Blanche
29:24n'est pas un bon signe pour la paix dans la région,
29:26parce que lui défend un agenda qui dépend comme Donald Trump.
29:29Netanyahou ne défend pas l'agenda forcément du peuple israélien.
29:32Tous les Israéliens ne veulent pas ça.
29:34Si vous disiez Haaretz ou une autre presse israélienne,
29:37mainstream elle aussi, tout le monde ne veut pas cette guerre.
29:39Tout le monde voit que la région peut s'embraser
29:41pour des faucons de guerre à Tel Aviv.
29:44Et aujourd'hui, c'est extrêmement dangereux,
29:46parce qu'en effet, ça peut s'embraser dans toute la région.
29:48L'Iran a très clairement dit que si elle était attaquée,
29:51elle s'attaquerait aux bases américaines qui sont ailleurs dans la région.
29:54Et ça, ça peut…
29:56Alors, c'est mauvais pour tout le monde,
29:57parce qu'évidemment, ça va faire monter les prix du pétrole,
29:58donc c'est mauvais pour nous.
29:59Il va y avoir encore beaucoup de morts.
30:01Et Trump aura la responsabilité de ça.
30:03Je pense qu'il faut négocier avec l'Iran,
30:06parce qu'il faut sortir de cette situation.
30:08Les États-Unis appliquent des sanctions depuis des années sur l'Iran.
30:12Pourquoi ? Qu'est-ce que l'Iran a fait aux États-Unis ?
30:14Il y avait un traité qui avait été…
30:15Enfin, un accord qui avait été mis en place.
30:17Trump l'a déchiré.
30:18Il a sa part de responsabilité.
30:19L'intérêt de tous les peuples du Moyen-Orient est de trouver la paix.
30:22Mais de nouveau, les Américains n'arrivent pas
30:24à lâcher ce gros bâton dont parlait Roosevelt.
30:26Ils pensent aussi qu'avec leurs forces,
30:28avec leurs porte-avions,
30:29avec leurs missiles et leurs satellites,
30:31ils peuvent contraindre des États souverains
30:33à s'aligner sur leur politique
30:35pour défendre les intérêts du complexe militaire ou industriel
30:37dont nous avait parlé le président américain Eisenhower.
30:40Donc, je pense qu'il est…
30:41Trump s'est laissé embrigadé par les néo-conservateurs
30:45qui demeurent au sein de l'appareil administratif américain.
30:50Il n'arrive pas à s'en défaire.
30:51Et ça va être contre-productif.
30:53S'il s'engage dans une guerre en Iran à quelques mois,
30:56je rappelle qu'en novembre prochain, il y a les mid-terms,
30:59vous allez avoir toute la chambre des représentants
31:01à un tiers du Sénat qui va être renouvelée.
31:05Si Trump s'engage dans une guerre,
31:07il est sûr et certain que les Républicains vont perdre.
31:09Parce que les Américains ne veulent pas ça.
31:11Les Républicains ne vont pas voter…
31:13Les électeurs Républicains ne vont pas voter Républicains.
31:15Les Démocrates, vous pouvez être sûrs qu'ils font feu de tout bois
31:17et ils s'agrippent à toute erreur de Donald Trump.
31:20Donc, il n'a pas intérêt à le faire.
31:22Mais maintenant, on ne sait pas quels sont les intérêts qu'il sert réellement.
31:26Ça, c'est la véritable question.
31:27Et on a l'impression qu'il ne comprend pas la leçon,
31:30qu'il n'écoute plus sa base
31:31et qu'il est en train de se fourvoyer dans ces guerres étrangères
31:35parce que son entourage lui dit que c'est ça ce qu'il faut faire
31:37pour le pétrole, pour l'énergie, pour l'armement.
31:39– Ça, c'est pardon, mais son entourage, c'est lui qui le choisit.
31:41Donc, quelque part, il doit être d'accord.
31:44– Alors, oui et non.
31:45Parce que vous savez, le problème, c'est, et on aura le même problème en France,
31:48vous avez cette pensée atlantiste impériale
31:53qui irrigue l'administration américaine.
31:55J'ai presque envie de vous dire, depuis George Washington,
31:57le premier président, qui comparait les États-Unis à un infant empire,
32:00à un bébé empire.
32:02Son deuxième président, John Adams, parlait, lui,
32:04des États-Unis comme d'une république pure, vertueuse et civique
32:07qui dominerait le monde, qui régnerait toujours
32:10et qui introduirait la notion de perfection de l'homme.
32:12C'est tout un programme pour un État qui, à l'époque, est embryonnaire.
32:16Donc, et on a des…
32:17Vous avez Madeleine Albright, qui était secrétaire d'État de Clinton,
32:21qui parlait de la nation indispensable.
32:23Vous avez, au sein de l'administration américaine…
32:25– Qui a bien su le prouver, d'ailleurs.
32:26– Ah oui, elle a le prouvé.
32:27– Madeleine Albright a fait le boulot, là aussi.
32:28– Ah oui, elle a fait le boulot.
32:29Quand elle dit que les 500 000 enfants morts en Irak,
32:32ça avait la peine de faire la guerre pour ça,
32:34et d'avoir ça comme dommage collatéral, c'est terrible.
32:37C'est vous dire à quel point ils sont vraiment fanatisés.
32:39Et Trump, malgré… Je pense qu'il est mieux préparé,
32:42bien mieux préparé que la première fois qu'il a pris le pouvoir.
32:45N'oubliez pas que la première fois qu'il prend le pouvoir,
32:47il a l'assentiment du peuple américain,
32:50eh bien il s'entoure de néoconservateurs.
32:53Il a mené son premier mandat,
32:55il a passé tout son temps à faire la guerre
32:57contre les médias américains
32:58et contre l'establishment politique américain
33:01pour essayer d'expliquer qu'il n'était pas un agent russe.
33:04Au bout de trois ans de procédure juridique,
33:06il a réussi à être blanchi,
33:09mais vous imaginez, il n'a rien pu faire.
33:10Le président, qu'il soit disant,
33:12sens américain, qu'il soit disant,
33:14l'homme le plus puissant du monde,
33:15ne peut pas lutter contre l'administration.
33:17Et on a beaucoup de témoignages de personnes
33:18qui étaient dans ce premier cabinet,
33:20qui ont expliqué que Trump donnait des directives,
33:22ces personnes arrivées, ces hauts fonctionnaires
33:24arrivaient dans les différentes administrations,
33:26disaient qu'ils allaient mettre en place des directives,
33:28et l'administration a refusé et allé au tribunal.
33:31Là, en ce moment, dans ce nouveau mandat,
33:32Trump, par exemple, a une politique d'expulsion
33:36des immigrés étrangers.
33:38Ce sont les États, il y a beaucoup d'États,
33:39qui bloquent les décisions de Donald Trump.
33:42Donc, vous avez au sein de l'appareil d'États américains
33:45des personnes qui ne peuvent pas concevoir l'Amérique
33:48comme autre chose que l'Empire,
33:49parce que n'oubliez pas que les États-Unis
33:51ont besoin des territoires soumis.
33:54Pourquoi ? Pour deux choses.
33:55D'abord, pour avoir accès aux ressources naturelles.
33:57Aujourd'hui, quand Donald Trump part du Groenland,
34:00entre autres, il part des ressources naturelles,
34:02des terres rares du Groenland,
34:04qui, quand il va au Venezuela,
34:05c'est évidemment également pour les terres rares,
34:07c'est pour le pétrole,
34:08il n'est pas allé chercher les îles Carguelen,
34:10ni Saint-Pierre-Miquelon.
34:11Vous voyez, il va aller chercher les territoires,
34:12ce qui les intéresse, ce sont des endroits stratégiques,
34:14parce que, grâce à ces territoires,
34:16les Américains ont accès à des ressources naturelles,
34:19et en même temps, en contrepartie,
34:21ils fabriquent des produits,
34:22ou ils développent des services,
34:23qui peuvent être des services de conseil,
34:24ou des services financiers,
34:25qui vont ensuite appliquer dans ces différents pays.
34:28Donc, si vous voulez, c'est donnant-donnant.
34:29Aujourd'hui, sans l'Empire,
34:31les États-Unis se réduisent,
34:33financièrement, politiquement, économiquement,
34:35et vous avez des personnes qui,
34:36dans l'État américain, se disent,
34:37mais ce serait la catastrophe.
34:39Si plus personne n'utilise le dollar,
34:40on ne va plus être qu'un pays comme un autre.
34:44Et oui, c'est ça la réalité aujourd'hui.
34:46Et pourtant, c'est ce qu'il faut pour le bonheur de l'humanité,
34:48c'est que les États-Unis redeviennent un pays comme un autre,
34:50et qui, dans le concert des nations,
34:51chacun défend ses propres intérêts,
34:54mais vous n'avez pas une nation qui est une espèce de primeur interpares
34:57ou au-dessus des autres,
34:58et qui serait capable de dire,
34:59ce territoire m'intéresse,
35:00je le prends parce qu'il y a des ressources
35:01et parce que je vais exporter des produits finis
35:03ou je vais vous imposer une régénierie sociale.
35:07Et Trump, encore aujourd'hui,
35:08on parlait de Rubio il y a quelques instants,
35:10fait partie d'une partie de cette classe-là,
35:12mais vous entendez aujourd'hui des personnes comme
35:14Tulsi Gabbard, Robert Kennedy,
35:17qui, pour le coup, ne sont pas du tout de ce serail-là,
35:19qui, aujourd'hui, ont parfois du mal,
35:21et qui sont plutôt, en les entendant beaucoup moins,
35:23c'était des personnes qui parlaient beaucoup plus avant les élections.
35:26On ne les voit quasiment plus,
35:28on ne les voit quasiment plus,
35:29et ça en dit long.
35:29Et aujourd'hui, quand on voit Donald Trump
35:32accoquiner, peut-être pas 24 heures sur 24,
35:357 jours sur 7,
35:35mais très souvent avec des faucons de guerre
35:37comme Lindsey Graham,
35:38qui est le digne successeur d'un John McCain,
35:40qui a voulu toujours faire la guerre au monde entier,
35:43c'est très inquiétant pour…
35:45C'est lui qui a parlé de Cuba, d'ailleurs, je crois.
35:47– Oui, oui, ils veulent Cuba,
35:48ils veulent tout prendre,
35:49et personne ne dit rien.
35:51Donc déjà, je pense qu'il y a aussi un éléphant dans la pièce
35:53dont on ne parle pas, qui est l'ONU.
35:55À quoi sert l'ONU ?
35:55On voit très bien aujourd'hui que l'ONU ne sert plus à rien,
35:58puisque l'ONU n'est plus…
35:59– D'ailleurs, Trump le dit,
36:00puisqu'il veut faire un conseil de paix.
36:02– Oui, exactement, il veut faire un conseil de paix,
36:03vous mettez un milliard de dollars,
36:04vous pouvez faire partie du conseil de paix,
36:06Donald Trump est le président à vie,
36:07c'est lui qui décide,
36:07c'est même pas l'Amérique,
36:09c'est même pas le président américain,
36:09c'est le conseil de paix de Donald Trump,
36:11donc ces plaques tectoniques nationales
36:15sont en train de bouger,
36:16les Américains sont en train de ramasser
36:18ce qu'ils peuvent de leur empire,
36:20enfin du coup du projet mondialiste,
36:22nous ne disons rien,
36:23mais tous les pays ne vont pas se laisser faire,
36:24l'Iran ne veut pas se laisser faire,
36:26l'Inde par exemple,
36:28a signé un accord commercial très important
36:30avec les États-Unis,
36:31mais résiste encore,
36:32beaucoup de pays,
36:33dans ce moment où tout bouge,
36:35se disent,
36:35il y a une opportunité pour moi
36:36de sortir les marrons du feu
36:38et d'éviter d'être sous l'emprise
36:40des États-Unis.
36:42– Sur le dossier iranien,
36:44peut-être avant de fermer le volet,
36:45j'allais dire,
36:47vous expliquez tout à l'heure,
36:49vous disiez l'Iran,
36:50qu'est-ce que l'Iran a fait
36:51pour subir les sanctions,
36:52on sait que donc on a Netanyahou
36:54qui a rencontré Donald Trump,
36:56les exigences de Netanyahou
36:58étaient notamment l'abandon
36:59des missiles balistiques
37:01pour protéger le ciel iranien,
37:02mais aussi l'abandon du soutien
37:04de certains proxys iraniens
37:07qui menacent directement
37:08Israël étant l'allié des Américains.
37:11On comprend,
37:12on comprend ou pas d'ailleurs,
37:14pourquoi Donald Trump
37:15est dans cette logique
37:17d'affrontement avec l'Iran,
37:21tout simplement.
37:21– Du coup,
37:22qu'il s'impose,
37:23et il avait la légitimité,
37:24et c'est une erreur stratégique
37:26de Donald Trump,
37:27il avait la légitimité de son peuple
37:28pour négocier une paix véritable.
37:30Il aurait pu dire aux Iraniens,
37:31vous avez des proxys
37:32qui incitent à la destruction d'Israël.
37:35Il aurait pu dire à Israël,
37:36vous êtes en train de mener des campagnes
37:37d'ingérence sur le territoire iranien.
37:39Vous allez arrêter tous les deux.
37:41Je suis le véritable grand frère
37:42qui va arriver,
37:43et chacun de son côté
37:44va s'engager
37:45à ne plus chercher
37:46à déstabiliser l'autre.
37:47Parce que les deux le font.
37:49Les deux le font.
37:49C'était ça le rôle
37:50d'un grand chef d'État,
37:52d'un homme de paix.
37:53C'est ça ce qu'il aurait dû faire.
37:54Au lieu d'arriver,
37:55de tordre le bras derrière les Iraniens,
37:56de continuer à financer
37:57l'armée israélienne
37:58et dire je veux la paix,
38:00mais il est en train de favoriser un camp.
38:01Un véritable homme de paix
38:02prend en considération
38:03les intérêts des uns des autres
38:06et puis au bout d'un moment,
38:06il faut faire un consensus.
38:07Il va dire aux Iraniens,
38:08vous allez faire des efforts,
38:09aux Israéliens,
38:10vous allez faire des efforts
38:11et moi l'homme de paix,
38:12je vais garantir que le premier
38:13qui sort des clous,
38:14je vais lui taper sur les doigts.
38:16Il avait cette légitimité,
38:17c'est ce que le peuple américain
38:18aurait voulu qu'il fasse
38:19et il ne le fait pas.
38:20Il est en train de mener une guerre
38:21qui sert des intérêts
38:22qui ne sont pas toujours ceux des Américains.
38:24– Et alors justement,
38:24les intérêts européens
38:26et de surcroît des intérêts français
38:27dans cette affaire,
38:28quels sont-ils ?
38:29Parce que là encore,
38:29je le disais tout à l'heure,
38:30la France avait auparavant
38:31une politique arabe,
38:33on en parle souvent,
38:34notamment sous le général de Gaulle.
38:36Elle a été continuée,
38:37on va dire,
38:37y compris sous Jacques Chirac.
38:39Ça s'est déjà dégradé sous Chirac,
38:42bien entendu,
38:43mais ça a été encore pire ensuite.
38:45Quel regard portez-vous
38:46sur notre place
38:47sur ces questions aujourd'hui ?
38:49Est-ce qu'on a une…
38:50j'allais dire une partition à jouer
38:51ou est-ce que de toute façon
38:53on est devenu quelque part
38:54une sorte de remorque des États-Unis,
38:56parfois en pire,
38:57parfois en plus modéré ?
38:58Comment voyez-vous ça ?
38:59– La France,
39:00ça avait été une des diplomaties
39:01les plus respectées,
39:03les plus puissantes au monde.
39:04Il n'y avait pas une capitale,
39:06pas une ville
39:06où nous avions quelqu'un
39:07qui n'était pas au courant
39:08de ce qui se passait
39:09dans chaque camp,
39:10qui était au courant de l'information.
39:11Nous avions des réseaux d'information
39:12qui étaient particulièrement importants.
39:14Et progressivement,
39:16on s'est américanisé,
39:17on s'est atlantisé,
39:18on a suivi les Américains,
39:19on a commencé à réduire
39:21la sorte de cette information.
39:22Et quand on avait des informations,
39:24on ne s'en servait pas
39:25pour dire comment est-ce que
39:26nous allons défendre
39:27les intérêts des Français,
39:28on s'en servait pour nous informer
39:30nous-mêmes et on finissait
39:31par suivre la décision politique
39:33de Washington.
39:34Il faut reconstruire ça.
39:35La France n'a pas intérêt
39:36d'être à la remorque
39:37d'aucune puissance mondiale
39:39et surtout pas les États-Unis
39:40qui sont quand même connus
39:41pour faire des guerres partout.
39:42La France, elle a intérêt.
39:44La France, vous savez,
39:45est un pays de taille moyenne
39:47par rapport à ces gigantesques pays
39:49comme la Chine, l'Inde,
39:50les États-Unis,
39:51plusieurs centaines de millions
39:52de personnes.
39:52On ne sera jamais à ce niveau-là.
39:53On n'a pas plein de ressources
39:54comme eux ont,
39:56mais on a la culture,
39:57on est une vieille nation,
39:58on a plus de 300 millions
39:59de francophones,
40:00on a des réseaux
40:01qu'il faut réactiver.
40:03Et la voix de la France
40:04dans ce concert des nations,
40:05dans ce monde multipolaire
40:06qui se met en place,
40:07c'est d'être la tête de fil
40:08de ces nations
40:09de taille moyenne.
40:11On a quand même
40:12la bombe nucléaire
40:12et l'énergie nucléaire.
40:14– Pour le moment.
40:14– Pour le moment,
40:15on ne l'a pas encore filé.
40:15– On est vendredi matin,
40:17donc pour le moment,
40:18on l'a toujours.
40:18– Voilà, pendant qu'on verra
40:19ce qui se passe demain,
40:21c'est la vocation de la France
40:23de rassembler tous ces pays
40:24qui ne veulent pas être assujettis
40:25à des empires.
40:28C'est ce qu'on devrait faire,
40:28c'est ce qu'on a fait,
40:29c'est ce que voulait faire
40:30le général de Gaulle
40:30qui parlait très bien
40:31avec Washington
40:32et qui a décidé de parler
40:33avec Pékin
40:34et qui parlait avec Moscou.
40:35Il regardait une seule chose,
40:37quels sont les intérêts
40:38des Français ?
40:39S'il y a des intérêts
40:39des Français à défendre,
40:41eh bien, il le faisait.
40:45nous entraîner dans la guerre
40:46ou qu'il faisait des choses
40:47qui étaient contre nature.
40:48Aujourd'hui,
40:49pourquoi est-ce qu'il n'y a que
40:50Donald Trump
40:50qui négocie en Iran ?
40:52On devrait négocier,
40:53il devrait y avoir plusieurs voix,
40:54il devrait y avoir plusieurs façons
40:56de discuter avec l'Iran
40:58et avec Israël.
40:58Les deux sont dans ce conflit.
41:01Eh bien, du fait d'avoir abandonné
41:03et tué quasiment
41:05notre réseau diplomatique une partie,
41:07eh bien, aujourd'hui,
41:07on n'a plus voix au chapitre.
41:09Donc, c'est difficile
41:10d'être une puissance mondiale
41:12si on n'a pas un réseau
41:13de communication.
41:15qui n'est pas forcément
41:15de l'espionnage,
41:16qui est un réseau mondial
41:17et qui va nous aider aussi bien
41:18pour l'économie,
41:19pour la régulation
41:20des flux aux frontières,
41:21pour la culture,
41:22pour tous ces éléments-là.
41:23Il faut un réseau français.
41:25Vous dites aussi
41:26qu'on pêche beaucoup
41:27par incohérence diplomatique
41:29et vous rappelez à raison
41:29que nous soutenons Israël
41:31dans sa lutte contre le Hamas,
41:33mais que nous avons soutenu aussi
41:35les bombardements de la Serbie
41:37par l'OTAN,
41:38contre l'Utché,
41:38qui, elle,
41:39luttait contre l'Utchéka.
41:40– Oui, on soutient,
41:42il y a des bons islamistes
41:43et des méchants islamistes.
41:44Donc du coup,
41:45quand on a des islamistes
41:47en Bosnie-Herzégovine
41:48qui sont en train
41:49d'attaquer les CERN,
41:50qui reviennent d'Afghanistan,
41:52on ferme les yeux,
41:53on les alimente,
41:53on leur donne de l'argent,
41:54mais après,
41:55quand il y a des islamistes,
41:56tout d'un coup,
41:57des islamistes
41:58ou des personnes
41:58qui sont accusées
41:59d'être islamistes
42:00et qui sont en guerre
42:01avec Israël,
42:03il y a des vrais islamistes,
42:04ça c'est certain,
42:04et bien là,
42:05tout d'un coup,
42:05on n'a plus la même position.
42:08Ce n'est pas logique,
42:10on doit être cohérent
42:10ou alors l'islamisme
42:11est un mal
42:12et il faut lutter contre
42:13ou alors il ne s'en est pas un
42:14et il faut faire aussi
42:15la distinction
42:15entre l'islam et l'islamisme.
42:16On a parfois l'impression
42:18qu'on est en train
42:18de tout mêler aussi
42:19et qu'au niveau de l'État,
42:21ils ne savent plus
42:22qui est quoi
42:22et ça, c'est aussi lié
42:23au fait qu'on n'avait plus
42:24assez de renseignements
42:25du terrain
42:26pour comprendre
42:27qui est qui
42:27parce qu'il y a toujours
42:28des nuances.
42:29On ne peut pas juste
42:29mettre tout le monde
42:30dans une catégorie
42:31en disant
42:31ça c'est les méchants,
42:32ça c'est les gentils.
42:33En tout cas,
42:33il faut être cohérent
42:34et donc à nous
42:35de reprendre nos renseignements,
42:37de bien identifier
42:37avec qui est-ce qu'on a envie
42:38de travailler
42:39et de ne pas travailler,
42:40de ne pas mettre tout le monde
42:40dans le même panier
42:41et puis si on a identifié
42:42un mal quelque part,
42:43d'abord on va essayer
42:44de l'extirper de la France
42:45parce que lutter contre le mal
42:47à l'étranger
42:47et le laisser se développer en France,
42:49ce n'est pas servir
42:50les intérêts des Français.
42:51Donc il est indispensable
42:53qu'avant de faire le ménage
42:55dans le monde entier
42:56qu'on balaye devant
43:00Au début de l'ouvrage je crois,
43:02vous dites
43:02c'est ce qu'on appelait
43:04jadis l'Occident.
43:06Est-ce que pour vous
43:06la France c'est l'Occident ?
43:08C'est quoi l'Occident ?
43:08Qu'est-ce que c'était l'Occident
43:10avant que jadis
43:11on l'appelle l'Occident ?
43:13Je pense que l'Occident
43:14au sens large
43:15c'est l'Europe
43:18et les descendants des Européens
43:19qui sont de culture traditionnelle
43:22hélénochrétienne
43:22et qui ont essaimé
43:24un peu à travers le monde,
43:26qui ont défendu des valeurs,
43:27qui ont défendu des principes,
43:28qui ont hissé
43:28les pays européens
43:29parmi les pays
43:30les plus puissants du monde
43:32et qui se sont fourvoyés
43:34comme je le disais tout à l'heure
43:35dans l'espèce de rêve
43:36impérialiste américain
43:38à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
43:39N'oublions pas
43:40que les Européens
43:41ont été assez stupides
43:42de se battre deux fois ensemble.
43:44On s'est détruits nous-mêmes.
43:45Là on ne peut accuser personne.
43:47On s'est battus entre nous
43:48pendant la Première
43:48et la Deuxième Guerre mondiale.
43:49On s'est entretués
43:50des personnes qui avaient
43:51une même culture.
43:52Beaucoup de personnes chrétiennes
43:53ont pu se tuer
43:54alors que les personnes
43:55pouvaient se retrouver
43:56à la messe le dimanche
43:57se tuer le reste de la semaine.
43:58C'est stupide, c'est idiot.
44:00On a fait ça,
44:00on s'est affaibli
44:01et d'autres n'ont profité.
44:03C'est la loi de la nature.
44:04C'est aussi simple que ça.
44:05Et cet Occident
44:06aujourd'hui n'existe plus.
44:08Je pense que c'est aussi
44:08une question
44:09qui est évoquée parfois.
44:11C'est que si l'Europe
44:12a attiré autant d'immigrés,
44:13c'est parce qu'elle faisait
44:14aussi rêver,
44:15parce qu'il y avait une culture,
44:15parce qu'il y avait une sécurité,
44:16parce qu'il y avait
44:17une liberté,
44:18il y avait un respect
44:19de la liberté d'expression,
44:21des différentes libertés.
44:22C'est ça.
44:22Mais aujourd'hui,
44:23cette liberté n'existe plus.
44:25Qu'est-ce que c'est que l'Europe ?
44:26Quelle est la grandeur aujourd'hui ?
44:28Quand on lit un peu
44:30les messages
44:30qui sont échangés
44:31dans les dossiers Epstein,
44:33c'est à vomir.
44:34Je suis désolé,
44:35ça fait extrêmement peur.
44:36Même si ce n'est pas nouveau,
44:37même si beaucoup de personnes
44:38savent que ça existe
44:38depuis longtemps,
44:40on est tombé extrêmement bas.
44:41C'est la décadence.
44:43Nous sommes dans la fin
44:44de l'Empire de Rome.
44:46Vous avez une élite,
44:47une caste dominante
44:48qui ne pense qu'à s'engraisser,
44:49qui ne pense pas au peuple.
44:50Il n'y a plus de démocratie
44:51en Europe.
44:53C'est certain.
44:53Quand J.D. Vance débarque
44:55en Europe,
44:55il dit que vous êtes en train
44:56de truquer les élections
44:57en Roumanie.
44:59Aujourd'hui,
45:00cet Occident,
45:01pour moi,
45:01n'existe plus.
45:02Certains pensent
45:03qu'on peut garder
45:04l'emballage de l'Occident,
45:05cette espèce de monde blanc
45:06d'héritage plus ou moins chrétien.
45:10C'est nous contre le reste du monde.
45:11C'est une erreur.
45:12C'est une erreur
45:12de voir ça comme ça
45:13parce que du coup,
45:14à la fin,
45:15ce sont les plus puissants
45:16qui vont tirer leur ping
45:16du jeu de là-dedans.
45:17Et nous n'avons pas envie
45:18de suivre les Américains.
45:19Les personnes qui pensent
45:20que Trump va sauver l'Occident
45:22oublient que Trump
45:23ne sera plus au pouvoir
45:24dans trois ans
45:25et qu'il sera peut-être
45:25remplacé par quelqu'un
45:26comme Biden
45:27ou pire que Biden
45:28ou comme Trump.
45:29Où est-ce que nos intérêts ?
45:30Les Français doivent renouer
45:31avec leurs propres racines.
45:34Et ça,
45:34c'est tout à fait possible aujourd'hui.
45:35Il ne faut pas dépendre
45:36des autres.
45:36Nos propres racines,
45:37on n'est pas les sauveurs
45:38de l'Occident.
45:39L'Occident,
45:39pour moi,
45:39aujourd'hui,
45:40n'existe plus.
45:41Est-ce qu'un combat
45:43pour l'Occident,
45:43c'est la guerre en Ukraine,
45:44c'est la guerre en Irak,
45:45c'est la guerre en Yougoslavie,
45:46c'est ça l'Occident.
45:47C'est une nation aujourd'hui
45:48qui n'a même pas assez
45:51de lits d'hôpitaux
45:52pour accueillir les malades,
45:53qui se fait aider
45:54pendant le Covid
45:55par le Vietnam et le Cuba.
45:56Et je suis très heureux
45:57pour le Vietnam et le Cuba
45:58qu'ils puissent nous venir en aide.
45:59Mais pour nous,
46:00ça en dit long
46:00sur nos capacités.
46:01Donc,
46:02ce rêve occidental
46:02de l'homme blanc
46:03qui domine le monde
46:04est terminé.
46:05À nous de reprendre
46:05notre destin en main,
46:07de repuiser
46:08aux sources de nos racines
46:10pour redevenir
46:10ce que nous avons été,
46:12une grande nation cultivée
46:14qui avait cette vision
46:15du soin du plus faible
46:17dans la société,
46:17qui avait cette défense,
46:18cette volonté
46:19de défendre le bien commun,
46:20on l'a connu,
46:21il faut le régénérer,
46:22mais pas au nom de l'Occident,
46:23au nom de la France.
46:24– Alors,
46:25la grande difficulté,
46:26justement,
46:26parce que vous parlez
46:27de démocratie,
46:27de démocratie aspartamique,
46:30je crois,
46:30aspartamique,
46:31dans votre livre,
46:33c'est marrant.
46:34Mais c'est vrai
46:35que c'est très difficile
46:35d'imaginer qu'on puisse
46:36reprendre le pouvoir
46:37quand on vote non
46:39à une constitution
46:40les élites,
46:41entre guillemets élites,
46:42n'en tiennent pas compte.
46:44Quand on voit
46:45le Brexit
46:46en Angleterre,
46:48personne n'en tient
46:49vraiment compte.
46:50Alors,
46:50en Angleterre,
46:50si,
46:51mais personne en France
46:52regarde cette décision
46:54comme quelque chose
46:55de souhaité
46:56par les peuples.
46:57Si on voit
46:58les gilets jaunes,
46:59on les a renvoyés
47:00à la niche.
47:01Quelque part,
47:02il ne reste pas grand-chose
47:03pour le peuple
47:04pour se faire entendre
47:05et écouter surtout.
47:06– On est malheureusement
47:07dans la société
47:07de l'immédiateté.
47:08Donc,
47:09on veut tous
47:09appuyer sur un bouton
47:10et faire en sorte
47:11que le passé va disparaître
47:12et que demain,
47:13tout va être merveilleux.
47:14Ce n'est pas possible.
47:16Ça ne va pas marcher comme ça.
47:17On ne peut pas avoir vécu
47:18comme des cigales
47:19pendant des générations
47:20et tout d'un coup
47:21se réveiller fourmis.
47:22Il faut du courage.
47:23Vous savez,
47:24quand Sojenetsin
47:24va à Harvard
47:25aux États-Unis
47:26en 1978
47:27et il part de l'Occident,
47:28justement,
47:28il dit la chose
47:29qui le choque le plus,
47:30c'est le manque de courage.
47:32Il dit,
47:32dans les années 70,
47:33fin des années 70,
47:34et si vous lisez
47:35Bernanos dans
47:36La France contre les robots,
47:37il dit exactement,
47:38il dit,
47:38si on disparaît
47:39de cette planète,
47:39c'est parce qu'on aura
47:40refusé de se battre,
47:41on aura refusé
47:42de voir la réalité.
47:44On a un combat
47:45civilisationnel,
47:46anthropologique
47:48à mener aujourd'hui
47:49et ça va prendre du temps.
47:51Ça ne va pas se passer
47:52du jour au lendemain.
47:53Il faut se retrousser les manches.
47:54Si on bâtit un château
47:55ou on veut le rebâtir,
47:57ça ne se fait pas
47:57du jour au lendemain.
47:58C'est ça.
47:59Du coup,
47:59il faut s'impliquer
48:00tout de suite.
48:01Tous les Français,
48:02vous savez,
48:02la France sera sauvée
48:03par les Français
48:05qui se définissent comme Français.
48:06C'est ce que dit
48:07Antoine de Saint-Exupéry
48:08dans Pilote de guerre,
48:11je pense,
48:12où il dit,
48:12on se réclame
48:13d'une nation,
48:13d'une civilisation,
48:14d'une religion,
48:15mais ce n'est pas ce qu'on dit,
48:17c'est ce qu'on est,
48:17c'est ce qu'on fait.
48:18Il faut incarner,
48:20ce n'est pas le terme
48:20qu'il emploie,
48:21mais il faut incarner ça.
48:22Les Français seront
48:23les personnes
48:23qui incarnent
48:24ce que c'est que la France.
48:25Un peuple qui est capable,
48:27qui a des valeurs,
48:27qui a des principes,
48:28qui a une vision du beau,
48:30du juste, du grand,
48:31de ce fameux bien commun
48:32dont je vous parlais tout à l'heure.
48:34Et donc,
48:34il va falloir travailler ça.
48:35Et ça,
48:35cela se fait que
48:36dans le tissu social.
48:38Il faut s'impliquer
48:39dans la vie de la cité.
48:41Et cette implication,
48:42peut-être à travers
48:43des partis politiques,
48:44même si je prends du recul
48:45par rapport à ça,
48:46parce que du coup,
48:46on fonde souvent
48:47beaucoup d'espoir
48:48dans les partis politiques.
48:50Et puis,
48:51le mythe de Sissi,
48:52il faut monter cette boule
48:52autour de la colline
48:54et puis à chaque fois,
48:55elle retombe en bas
48:55et on recommence.
48:56On peut faire de la politique
48:57intelligente dans nos villages,
48:59dans nos quartiers,
49:00dans nos familles,
49:01déjà,
49:01sauver nos familles,
49:02être proche de nos familles
49:03auprès des plus malheureux
49:04de la société.
49:05On peut donner des cours
49:06de rattrapage.
49:07On peut s'impliquer
49:08dans des think tanks.
49:09On peut soutenir
49:09des initiatives intelligentes
49:11en faveur de la liberté
49:12et de l'expression
49:12comme TVL,
49:13comme ce que vous faites
49:13vous aujourd'hui.
49:14Qui aurait cru,
49:15il y a quelques années,
49:16qu'un projet comme TVL
49:17allait vivre ?
49:19Beaucoup de personnes
49:19auraient dit
49:19que ce n'est pas possible
49:20parce qu'il y a eu
49:20la folie de quelques hommes.
49:21Beaucoup de personnes l'ont dit.
49:22Beaucoup de personnes,
49:23mais il y a eu la folie
49:23de quelques personnes
49:24qui se sont dit
49:24« On va y aller ».
49:25Ça, c'est du courage.
49:26Ça, c'est le courage.
49:27C'est ça ce que ce génocide
49:28n'a pas vu
49:28et qui existe aujourd'hui.
49:29C'est ce qu'il voudrait retrouver.
49:31C'est ça le courage.
49:32C'est ça ce qu'on doit retrouver
49:32aujourd'hui.
49:33Mais ça ne se passera.
49:34Ça ne marchera pas
49:35si on a des personnes
49:36qui sont défaitistes,
49:37qui n'y croient plus,
49:38qui se disent
49:38« C'est terminé, c'est fini ».
49:39Non, ça ne marchera pas
49:40parce que l'histoire de France
49:42s'écrit de cime.
49:43On abîme.
49:44C'est l'histoire.
49:45Michelet l'a dit,
49:45De Gaulle l'a dit,
49:46tant de spécialistes,
49:49d'historiens et de Français.
49:52Valéry l'a dit exactement.
49:54C'est comme ça
49:55que se passe l'histoire de France.
49:56Vous prenez la France
49:57entre le 14e et le 15e siècle,
49:58la guerre de Cent Ans.
49:59On est occupé par les Anglais.
50:01Le roi est timide.
50:02On a la peste qui ravage.
50:0630% des Français meurent.
50:07Les Armagnacs et les Bourguignons
50:09sont en train de se battre entre eux.
50:11Et une petite bergère de Lorraine
50:12arrive et dit
50:12« Je vais prendre la tête
50:13de l'armée française ».
50:15Qui aurait cru à cette petite bergère ?
50:16Cinq secondes !
50:17Elle prend,
50:18elle rallume cette phrase.
50:20Alors moi,
50:20je ne suis pas en train d'attendre
50:21l'arrivée de l'homme
50:22ou de la femme providentielle.
50:24Elle naîtra.
50:25Vous savez, c'est Dieu…
50:27Je ne sais plus l'expression,
50:29mais toi,
50:29elle se laitera.
50:30C'est exactement ça.
50:32Travaillons à refaire déjà,
50:34à nous impliquer
50:35dans la société française,
50:36à recréer du lien social,
50:37à défendre nos idées,
50:39à dire qu'on est fiers des Français.
50:40Mais ce n'est pas une pancarte,
50:41c'est en incarnant des valeurs,
50:43c'est en connaissant notre culture,
50:44notre littérature.
50:45Je suis effaré,
50:45vous avez des Français aujourd'hui
50:47qui se disent Français,
50:48mais qui sont à vrai dire
50:49des Français de papier
50:49parce qu'ils ne connaissent pas
50:50leur culture,
50:51on ne leur a pas appris,
50:52leurs parents n'ont pas fait ce travail,
50:53l'école n'a pas fait ce travail.
50:55Il faut se réapproprier sa culture
50:56et puis la défendre.
50:58Allons un peu plus au théâtre,
50:59défendons de la belle culture,
51:00lisons des boules.
51:01En faisant tout ça,
51:02de cette…
51:03Moi, je compare ça
51:04à une ligne de rugby,
51:05de cette ligne de rugby de Français
51:06qui descendent dans l'arène
51:07et qui ont des réseaux
51:09les uns avec les autres,
51:10qui sont en contact.
51:11On n'a jamais été aussi facilement
51:12en contact avec les uns et les autres.
51:13On se met en contact
51:14entre ceux qui aiment la France,
51:15ceux qui veulent défendre la France
51:16et de ce mouvement,
51:17de cette ligne de rugby qui avance,
51:19la balle sera posée.
51:20Vous allez avoir quelqu'un
51:21qui va se lever,
51:23qui va prendre la balle,
51:24qui va continuer d'avancer.
51:25On avance
51:26et les hommes et femmes providentielles
51:27viendront.
51:28Personne n'a la volonté,
51:29personne n'est née comme ça.
51:30Cette personne naîtra d'un mouvement.
51:32Il faut recréer ce mouvement
51:34qui vient du terrain.
51:35C'est ce que dit Serge Latouche,
51:38l'économiste français.
51:39Il a dit,
51:40c'est de ces liens sociaux,
51:42c'est le fait de les entretenir
51:44qu'on va pouvoir changer ce système
51:46parce que ceux qui tiennent le pouvoir,
51:48qui ont tout fait pour diviser la France,
51:50qui ont tout fait pour opposer les Français,
51:51qui ont tout fait pour se servir
51:53au lieu de servir un ministre,
51:54le terme ministre,
51:55l'étymologie,
51:56c'est servir.
51:57Eh bien,
51:57ces personnes-là ne sont pas nombreux.
51:59Ils ont beaucoup d'argent,
51:59ils ont des moyens,
52:00ils peuvent nous faire mal,
52:01mais ils ne sont pas nombreux.
52:02Nous sommes beaucoup plus nombreux qu'eux.
52:03Donc, ensemble,
52:04on va avancer.
52:05Mais on doit le faire
52:06dans la vie de tous les jours.
52:07Et ce n'est pas aujourd'hui,
52:08je pense,
52:09ni dans un grand mouvement,
52:10ni dans des partis.
52:11Ça pourrait être le cas.
52:13Un jour,
52:13c'est dans la vie de tous les jours.
52:15Et de ces petits gestes,
52:16vous savez,
52:16c'est l'effet boule de neige.
52:17De ces petites boules de neige,
52:18des grandes boules de neige.
52:19Mais si on n'est pas impliqué,
52:21on n'y arrivera pas.
52:22Et je rappelle juste un dernier point.
52:23Les Serbes ont subi
52:25cinq siècles d'occupation ottomane.
52:27500 ans pour certains,
52:29selon là où ils habitaient.
52:30Je peux vous garantir
52:31que peu de personnes auraient parié
52:32qu'un jour,
52:33ils se libèreraient du jour ottoman.
52:35Et vous savez,
52:36ce qui épatait les Européens
52:38qui venaient visiter
52:39les Serbes sous occupation ottomane,
52:42vous avez Ernst Tonella,
52:44qui était un académicien français,
52:45qui disait,
52:45mais regardez ce peuple,
52:47il chante.
52:48C'est un peuple qui chante.
52:49Vous avez Grimm,
52:50un des frères Grimm,
52:51qui disait,
52:51d'un peuple qui chante,
52:52qui danse,
52:52qui agit ainsi,
52:54on ne peut pas dire
52:55qu'il soit tout à fait asservi.
52:56Et donc,
52:57qu'est-ce qui a permis aux Serbes
52:58de subir ?
52:59Alors que c'était des dimis,
53:00des citoyens,
53:00des sujets de seconde zone,
53:02ils ont réussi à s'en sortir
53:03parce qu'ils ont gardé
53:04leur culture.
53:05Ils se retrouvaient entre eux.
53:07Ils avaient déchirmé
53:08plein de taxes à payer.
53:09Ils ont prélevé
53:11chez eux leurs enfants.
53:12Ils ont continué de chanter.
53:13Ils ont célébré leur culture.
53:15Ils ont célébré les hauts fées
53:16de leurs chevaliers
53:18qui se sont battus
53:18au champ des merles
53:19contre les Ottomans.
53:20Ils ont gardé
53:21cette flamme vive.
53:23Et quand l'Empire ottoman
53:24est devenu l'homme malade
53:25de l'Europe
53:25qui ne pouvait plus,
53:26là, ils ont saisi l'opportunité.
53:28Donc moi, j'espère
53:29qu'on n'aura pas à attendre
53:30cinq siècles
53:30pour se libérer.
53:32Mais je peux vous dire
53:33que c'est ça
53:33ce qui fait la force
53:35d'un peuple.
53:35C'est se retrouver entre soi,
53:36c'est cultiver.
53:37C'est ce que dit
53:38Renan ou Simone Veil,
53:39la philosophe.
53:40Qu'est-ce que c'est qu'un peuple ?
53:41Qu'est-ce que c'est qu'une nation ?
53:42C'est une société
53:43qui est capable
53:44de se souvenir
53:44des legs du passé,
53:45de l'héritage du passé
53:46et qui a envie
53:46de vivre ensemble.
53:47Eh bien, retrouvons-nous
53:48entre Français
53:48qui aimons,
53:55la Mirkovic,
53:55pour une fois.
53:56Une fois n'est pas coutume.
53:58Il y aura un petit peu
53:58d'espoir à la fin
53:59de cette émission.
54:00Je vous remercie beaucoup.
54:00Je rappelle le nom
54:01de cet ouvrage
54:02« Déclin et renouveau.
54:03Comment les Français se relèveront ? »
54:05Et bien sûr,
54:05c'est disponible
54:06sur la boutique de TVL
54:07sur tvl.fr.
54:08J'espère que cette émission
54:09vous a plu, chers amis.
54:10J'espère que vous avez déjà
54:11fait le petit coup de pouce.
54:12Et puis bien sûr,
54:13je vous retrouve tout de suite
54:14dans les commentaires
54:14juste en dessous.
54:15N'oubliez pas de relayer
54:16cette vidéo
54:16et puis bien sûr,
54:17de vous abonner
54:17si ce n'est pas déjà fait.
54:19À la semaine prochaine.
54:20– Sous-titrage ST' 501
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