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Mardi 9 décembre 2025, retrouvez Michaël Israël (Cofondateur, IVO Capital Partners) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Générique
00:00Le dernier quart d'heure de Smartboard chaque soir, c'est le quart d'heure thématique, le thème ce soir, c'est celui de la dette émergente qui a été une classe d'actifs,
00:17qui a délivré de très belles performances au cours de cette année 2025 et particulièrement dans cet univers du fixed income.
00:24Michael Israël est à mes côtés en plateau pour en parler, cofondateur d'IBO Capital Partners. Bonsoir Michael.
00:29Ça m'intéresse toujours en fin d'année de savoir comment les boutiques et la vôtre, en l'occurrence, ont vécu cette année 2025,
00:37quand on est en plus un pur player de la classe d'actifs, dettes émergentes, en devise dure, comme vous l'êtes chez IBO Capital Partners.
00:45Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de votre activité chez IBO justement à travers cette année 2025, Michael ?
00:51Bon alors on ne va pas bouder notre plaisir, 2025 c'est une année exceptionnelle.
00:56Vraiment je dirais en termes, bon d'abord en termes de collecte.
00:59C'est un mot choisi.
01:00Ah oui, tout à fait, tout à fait.
01:03Pour vous donner quelques chiffres, on approche de la fin de l'année.
01:07On a aujourd'hui une collecte nette sur les fonds de la gamme IBO de un peu plus de 600 millions d'euros,
01:13ce qui est vraiment super.
01:15On a au niveau du fonds historique, le flagship, qui lui a passé, est devenu un fonds, comme on dit, un fonds milliardaire.
01:22Donc ça aussi, dans une aventure entrepreneuriale, c'est quelque chose qui marque, qui touche, qui fait plaisir et dont on est très fiers.
01:29Et puis je dirais la classe d'actifs en général.
01:33Cette année, il y a eu un retour des flux.
01:36C'est vrai, nous on est dans une classe d'actifs, donc c'est difficile d'être à contre-courant.
01:40Donc ce qui nous a aidé aussi, c'est que la classe d'actifs en soi, elle a été porteuse.
01:44Ça faisait quand même plus que trois ans qu'on n'avait pas eu de flux positif au sens agrégé sur l'Emerging Market Hard Currency.
01:53Et là, enfin, on fait une année où sur la classe d'actifs, il y a eu, sur la dernière étude de GB, on est à 5 milliards à peu près.
02:02Je trouve qu'on a capturé une part de marché plutôt pas mal pour nous ici en France.
02:08Qu'est-ce qui a déclenché ce retour d'intérêt sur la classe d'actifs ?
02:13Et vos chiffres en sont le reflet, c'est évidemment le travail d'Ivo et des équipes,
02:16mais c'est aussi, comme vous le dites, le reflet d'un retour d'intérêt pour cette classe d'actifs.
02:20Pourquoi ?
02:21Oui, alors c'est les deux dimensions.
02:23Donc la classe d'actifs, pourquoi ?
02:24D'abord, je vais commencer par ça.
02:25Ensuite, pourquoi Ivo ?
02:26On a profité.
02:27Mais donc la classe d'actifs, d'abord, il y a eu, nous, comme pour toutes les autres classes d'actifs non américaines,
02:33je dirais, on a bénéficié de la fin de l'exceptionnalisme américain.
02:35Il y a eu quand même tout ce qui n'allait plus se reporter sur les actifs US.
02:40Il faut bien qu'ils aillent ailleurs et les émergents sont quand même une destination qui n'est pas inintéressante.
02:46Ça, c'est le premier point.
02:46Le deuxième point, on a démarré l'année, mais c'est toujours le cas d'ailleurs, avec des niveaux de caries assez intéressants.
02:53La classe d'actifs a ses caractéristiques propres.
02:55Vous savez, les sociétés ne sont pas trop endettées, etc.
02:58Elle est assez saine.
02:58Donc, elle a attiré du capital.
03:03Et puis, au fur et à mesure que les rendements baissent dans les pays domestiques, ça, ça a toujours fonctionné comme ça.
03:09C'est là où vous avez des recherches de diversification, des recherches de la chasse au yield, comme on dit.
03:15Donc, on se déplace un peu sur la chaîne de risque, entre guillemets.
03:17Exactement.
03:18Donc, ça, c'est au niveau de la classe d'actifs.
03:20Puis, au niveau de l'entreprise, pour parler un petit peu de l'aventure entrepreneuriale, c'est comme toujours, il faut être patient.
03:26Il y a des box à tiquer, comme on dit.
03:28Donc, vous voyez, le fonds Flagship, il a 10 ans de track record.
03:31Il a passé, vous savez, la taille d'encours qu'il faut.
03:36Et puis, il a fait aussi ses stress tests internes, que ce soit par les marchés, que ce soit par la gestion interne,
03:41enfin, l'organisation interne chez IVO, on a montré qu'on avançait et que les perfs étaient là, toujours au rendez-vous.
03:48La classe d'actifs est solide, le process d'investissement est là.
03:50Donc, voilà, ça commence à payer.
03:52La planète, ça ligne, effectivement.
03:53Le travail paye et commence à payer.
03:55Comment est-ce que le travail paiera en 2026 dans la classe d'actifs ?
03:58Est-ce que l'environnement et le setup macro, je n'aime pas beaucoup ce mot-là,
04:04mais l'idée macroéconomique qu'on a, et notamment en ce qui concerne les émergents,
04:08est-ce que le setup macro reste favorable pour la classe d'actifs l'an prochain ?
04:13Oui, alors, je pense qu'aujourd'hui, le vrai sujet sur la classe d'actifs,
04:17c'est plus des craintes de volatilité que des craintes de risque de crédit.
04:21C'est-à-dire, le contexte macro n'appelle pas à l'inquiétude majeure sur les risques de crédit.
04:26À la fois, je redis, comme de toute façon, la classe d'actifs est assez saine,
04:29donc je redis le corpo émergent, hard currency, c'est plutôt des émetteurs qui n'ont pas forcément exagéré sur la dette.
04:35Souvent moins le vrai jet, d'ailleurs, que le comparable.
04:37Beaucoup moins que leur comparable des économies développées.
04:41Vous l'avez démontré ici, entre autres, à multiple reprise.
04:45Donc elles ont un point de départ, je dirais, qui n'est pas très inquiétant,
04:47pour qu'on soit au point de s'inquiéter sur le crédit.
04:49Et comme la macro reste positive, dans le sens où il n'y a pas d'inquiétude sur une récession aujourd'hui,
04:55je ne dis pas que c'est complètement à écarter,
04:57mais en tout cas, le scénario central aujourd'hui, c'est quand même pas de basculer en récession.
05:02Pour les émergents, au cas particulier, il y a quand même des éléments macro très positifs.
05:06La baisse du dollar, la baisse des taux d'intérêt US,
05:08et donc ce cycle de baisse des taux locaux qui est en train de s'enclencher,
05:11qui a déjà commencé cette année, qui donne beaucoup d'air aux économies émergentes.
05:15Tout ça, c'est très positif.
05:17Donc on va dire qu'il n'y a pas d'inquiétude macro.
05:19Sur le plan micro, les entreprises, ça fonctionne bien,
05:23et le marché primaire est très ouvert.
05:25Donc il y a eu même une forme de dérisking naturel,
05:29puisque quand le marché primaire est ouvert,
05:30vous avez les sociétés qui émettent et qui étendent leur maturité à plus loin,
05:33donc elles éloignent le risque.
05:34Et puis sur le plan technique, on a parlé de la fin de l'exceptionnalisme,
05:37on a parlé de la baisse des taux d'intérêt dans les pays.
05:39Et une dernière chose qui nous aide aussi,
05:41c'est que quelque part aujourd'hui, dans le monde obligataire,
05:44l'épouvantail, c'est quand même plus la dette souveraine que la dette corporate,
05:48avec tous les sujets fiscaux.
05:49Et même si d'ailleurs le souverain émergent a fait une grande année,
05:53aussi pour des sujets de duration,
05:55mais globalement, on sent qu'il y a de l'appétit pour aller se diversifier en corporate.
05:58Et ça, c'est assez global au monde du fixed income ?
06:01C'est-à-dire qu'on voit beaucoup plus le risque du côté des souverains
06:04que du côté des entreprises, du monde corporate aujourd'hui.
06:07Et c'est aussi vrai dans le monde émergent ?
06:09Oui, c'est vrai dans le monde émergent,
06:10et on le voit, nous, dans les demandes.
06:12On voit des gens qui sont exposés depuis très longtemps sur le souverain
06:15et qui n'ont presque jamais été exposés sur le corpo,
06:17et qui se disent aujourd'hui, tiens, c'est peut-être pas idiot de...
06:21Et pour une autre raison aussi, technique,
06:23mais qui revient à votre question sur 2026,
06:25qui peut être intéressante,
06:26c'est que c'est difficile de faire du short duration en souverain.
06:31C'est pas si évident que ça.
06:32Oui, alors il faut expliquer ça, Mickaël.
06:34On a quelques minutes pour expliquer.
06:35Voilà, donc globalement, aujourd'hui, je vous disais,
06:38il n'y a pas d'inquiétude majeure sur les risques de défaut,
06:41mais il y a de l'inquiétude sur les risques de volatilité.
06:43Donc la beauté de l'obligataire en général,
06:45c'est pas juste l'émergence, c'est que ce sujet-là, on sait le gérer.
06:49C'est-à-dire qu'il suffit de réduire la sensibilité des portefeuilles
06:51à la volatilité, mark to market.
06:53Donc être court en duration.
06:55Exactement, il faut raccourcir la duration, raccourcir la sensibilité.
06:59Ça, on sait le faire.
07:00Généralement, le problème de cette approche-là,
07:02c'est que ça vous coûte...
07:03Perdre du rendement.
07:04Exactement, voilà.
07:04C'est ça le problème, c'est qu'on sacrifie généralement du rendement.
07:07Et comme ce qu'on vend aujourd'hui,
07:09c'est qu'il y a un rendement intéressant encore à surfer,
07:11si vous le perdez en chemin, il n'y a plus d'arguments.
07:14Si ce n'est pas les spreads qui vont compresser
07:16et le rendement n'est plus si bon que ça,
07:18vous perdez vos arguments.
07:20Alors, la bonne nouvelle aujourd'hui,
07:22c'est pour ça qu'on trouve d'ailleurs que ce marché,
07:23il ressemble un peu à ça aujourd'hui.
07:25C'est un marché qui donne...
07:26qui a une configuration de short duration high yield.
07:29Pourquoi high yield ?
07:29Parce qu'on l'a dit tout à l'heure,
07:30il y a encore un contexte macro, technique, micro
07:33qui est encore favorable.
07:34Ce n'est pas encore le moment de se mettre aux abris.
07:36Il n'y a pas de raison.
07:37Et en plus, si on le fait trop tôt,
07:38il y a encore un carry, un rendement fort.
07:41Donc, on perd des mois avant que ça arrive.
07:45Donc, il faut rester, d'après nous, en tout cas,
07:48high yield, il y a toutes les raisons d'y rester.
07:50Mais il faut réduire l'ascension.
07:52Donc, on réduit la duration.
07:53Et sur le souverain, ce n'est pas évident de pouvoir le faire.
07:56Pour vous sachez, les indices,
07:58ils sont plutôt autour des 6, 6,5 de durations.
08:00Donc, on prend vraiment du risque de durations.
08:03Alors que sur le corpo, vous arrivez à faire des portefeuilles.
08:06Là, aujourd'hui, nous, on a des portefeuilles
08:07à quasi 9% en dollars avec 3 de durations.
08:09Donc, on arrive à avoir des équilibres
08:11qui intéressent beaucoup les investisseurs.
08:13C'est un peu le sweet spot du moment pour vous.
08:15Tout à fait.
08:17Ça amène cette question.
08:19On parle de la Fed, évidemment.
08:21Et dans le monde émergent,
08:22tout le monde regarde la Fed comme partout dans le reste du monde.
08:25Michael, qu'est-ce qui est le plus favorable pour votre classe d'actifs ?
08:28Une Fed qui se mettrait à accélérer ses baisses de taux,
08:32à basculer dans une politique monétaire accommodante,
08:36sous le taux neutre,
08:36avec pourquoi pas des jumbo cuts ici et là ?
08:40C'est un scénario ?
08:41Ou est-ce que vous préférez une Fed
08:44beaucoup plus sur la retenue ?
08:46Et d'ailleurs, on voit depuis hier ou quelques jours,
08:48le marché est en train peut-être d'hésiter
08:50sur la vitesse et l'ampleur des baisses de taux
08:52que pourrait délivrer la réserve fédérale américaine.
08:54Est-ce que vous préférez ce scénario d'une Fed
08:55qui serait beaucoup plus prudente,
08:57beaucoup plus réticente à aller vite et loin dans ses baisses de taux ?
09:01Alors, moi, de très loin, une Fed réticente,
09:04une Fed qui fait ce qu'elle est en train de faire.
09:07C'est-à-dire, depuis trois ans,
09:08il se passe ce que je dis toujours autour de nous,
09:10c'est un scénario idéal pour nous.
09:12Il faut se rendre compte, pour des gérants obligataires,
09:14avoir la capacité de prêter de l'argent
09:16dans un environnement de rendement,
09:18donc que ce soit les spreads, les taux,
09:19mais enfin l'addition des deux,
09:21de rendement réel,
09:22aussi favorables que ce qu'on a aujourd'hui
09:24et depuis trois ans,
09:26qui ne baissent pas si vite que ça,
09:28où on a éloigné plutôt les risques de hausses fortes
09:31qui peuvent vous coûter trop en 100-6,
09:33et où ça met du temps à baisser,
09:36c'est un raisonnement long terme.
09:38C'est-à-dire, au lieu de faire de l'argent très vite
09:39avec des baisses de taux d'intérêt,
09:41mais qui ne sont pas non plus si sûres que ça,
09:44parce que si les taux baissent fortement,
09:45généralement, c'est parce qu'il y a des inquiétudes.
09:47Donc là, on est dans un super scénario,
09:50on a un scénario où le contexte macro tient bien
09:52et justifie qu'on puisse garder des positions
09:55sur du high yield, etc.,
09:56qu'on encaisse le maximum de rendement,
09:59et finalement, on a une Fed et une banque centrale
10:02qui est aux manettes, qui fait attention,
10:04qui ne va pas trop vite.
10:06C'est ce qu'il nous faut, ça.
10:08Moi, personnellement, j'aimerais bien que ça reste comme ça
10:09plutôt qu'une grosse baisse violente.
10:12Bon, on verra combien de temps cet équilibre,
10:14cette forme de Goldilocks, quand même,
10:16on peut le dire, pour votre classe d'actifs,
10:17complètement, c'est ça.
10:19Combien de temps cet équilibre peut perdurer ?
10:22On sait que les équilibres peuvent durer
10:23et sont parfois, à un moment, amenés à être moins stables.
10:26Ce sera peut-être le suspense que nous réserve 2026 à ce stade.
10:30D'où une duration un petit peu plus défensive.
10:32Plus courte, plus défensive.
10:34Merci beaucoup, Mickaël.
10:34Mickaël Israël qui venait partager son expertise
10:38et l'expertise d'Ivo Capital Partners
10:40sur cet univers de la dette d'entreprise émergente
10:44en devise dure.
10:45C'est l'ADN d'Ivo Capital Partners.
10:47Et Mickaël Israël, son cofondateur,
10:48était l'invité de ce dernier quart d'heure
10:50dans Smart Bourse, sur Miss Smart for Change.
10:52Sous-titrage Société Radio-Canada
11:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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