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  • il y a 8 mois
Ce lundi 8 décembre, Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, a abordé la prédiction du marché sur la baisse de taux de la Fed, et ses anticipations sur un rythme de baisse de taux en 2026, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03À deux petits jours maintenant, deux dodos de la décision de la Réserve fédérale américaine,
00:07peut-être une baisse de taux, Florian Hielpau est avec nous, bonjour Florian.
00:10Bonjour.
00:11En charge de la macroéconomie de l'Ombarodier IM, on attend mercredi soir, donc 20h,
00:14une troisième baisse de taux d'affilée de la Fed, la Réserve fédérale américaine.
00:18Est-ce que la question, ce qu'il faudra du coup plutôt surveiller,
00:20puisque la baisse de taux qui est très pricée et très anticipée,
00:22ce n'est pas les discours des différents membres de possibles divergences croissantes
00:26au sein du board de la Fed ?
00:29Plus encore que ces divergences, c'est la capacité de la Fed à articuler un scénario.
00:36C'est-à-dire que la Fed aujourd'hui, elle est confrontée à une triple difficulté.
00:39Un, la composition de ses membres de son collège de votants va changer,
00:43elle va être faite de membres dont on sait finalement peu de choses.
00:46Il y a un agenda potentiellement politique sous-jacent.
00:50Le deuxième élément, c'est que, comme vous le savez,
00:52on manque cruellement de données pour mesurer l'état actuel du marché de l'emploi aux États-Unis,
00:57du chômage aux États-Unis, qui sont pourtant les variables clés pour que la Réserve fédérale puisse prendre une décision,
01:04puis ensuite nous donner de la visibilité à plus long terme.
01:07Et puis le dernier élément, il ne faut pas l'oublier, c'est que, comme vous le disiez,
01:10on a une forme de divergence entre les membres qui composent la Réserve fédérale américaine,
01:15et parmi ces divergences, il y a ce qu'on appelle la divergence autour du taux neutre.
01:20C'est-à-dire, quel taux Banque centrale, quel taux Fed, est-elle qu'il ne contraint pas l'activité économique aux États-Unis ?
01:30Et les écarts vont de 2,5% à 3,5%.
01:34C'est-à-dire qu'on pourrait être demain matin au taux neutre avec 3,5% en faisant quelques projections,
01:39par contre 2,5%, on n'est pas du tout au taux neutre, et la Réserve fédérale américaine exercerait encore un ennemi de l'économie,
01:47comme vous le disiez précédemment, de la BCE vis-à-vis de l'Europe.
01:50On est face à un déficit de visibilité, et il est incertain que la Réserve fédérale puisse mettre un terme à ce déficit de visibilité ce mercredi.
02:00Avec en plus un changement à venir à la tête de la Fed, on en reparlera dans un instant,
02:03mais si on se projette sur le scénario macroéconomique américain en 2026,
02:08est-ce qu'on va vers plus de croissance, une réaccélération de la croissance, et pas plus d'inflation ?
02:14C'est notre scénario. Il faut comprendre qu'il y a deux éléments qui peuvent expliquer cette situation.
02:20Le premier de ces éléments, c'est globalement, par les États-Unis, 2025, c'est une année de croissance en dessous du potentiel.
02:27Ça veut dire que, selon le FMI, on a 67% des économies mondiales,
02:33les économies qui composent l'économie mondiale, qui croissent plus lentement que leur rythme naturel.
02:40Pour avoir de l'inflation, il faut croître plus vite que son rythme naturel.
02:43L'inflation, c'est un peu la température du corps quand on fait du sport,
02:46c'est quand on fait des performances que la température du corps s'élève,
02:49et là, on est loin de faire des performances.
02:51Donc, il y a un décalage, si vous voulez, entre croissance économique,
02:54cycle de la croissance, et cycle d'inflation.
02:56On sort d'une année de croissance sous potentiel, notamment aux États-Unis,
03:01du fait des droits de douane, du fait des taux d'intérêt qui sont toujours élevés.
03:04Donc, on peut s'imaginer qu'on a peut-être 12 à 18 mois devant nous
03:07avant que l'inflation, par la demande, accélère.
03:10Ça, c'est le premier élément.
03:12Le deuxième élément, c'est qu'on est face à la révolution de l'IA.
03:15Vous en parlez quotidiennement.
03:17Cette révolution de l'IA, elle est source de gains de productivité
03:20pour l'ensemble des entreprises de la planète.
03:22Maintenant, si on regarde les chiffres de création d'emplois,
03:24on se rend compte que ces gains de productivité se font plutôt contre le marché de l'emploi.
03:30Et donc, ils refroidissent le marché de l'emploi.
03:33Si le marché de l'emploi refroidit, alors la progression des salaires,
03:36et on le voit très bien dans les enquêtes aux États-Unis,
03:40cette progression des salaires est moindre.
03:41S'il y a moindre progression des salaires, à moyen terme, il y a moins d'inflation.
03:45Donc, il faut bien garder en tête qu'il y a des éléments cycliques et structurels
03:48qui se conjuguent en 2026, en tout cas sur la première partie de l'année,
03:51pour nous faire vivre dans un environnement où on a de la croissance qui accélère,
03:56mais pas nécessairement beaucoup plus d'inflation.
03:59Intéressant ce que vous dites, c'est l'anatomie d'une croissance pas comme les autres.
04:02Une croissance avec moins d'inflation peut-être que par le passé,
04:05qui nous attend en 2026 aux États-Unis.
04:06On aurait donc plus de croissance et des baisses de taux amenées à se poursuivre.
04:10Si on avait effectivement une poursuite des taux à la baisse et plus de croissance,
04:13ça nous amènerait où ?
04:14Où va l'économie américaine ?
04:15Où vont les marchés historiquement,
04:16quand on a à la fois plus de croissance et plus de baisse de taux ?
04:19Ce qui est assez paradoxal.
04:20On serait dans une espèce de situation de type retour à le futur.
04:25On serait de retour en 2017,
04:28une bonne à très forte croissance,
04:31peu ou pas d'inflation, des baisses de taux orchestrées.
04:34Tout ça signifie dans l'ensemble
04:35qu'on serait à nouveau dans cette espèce de phase.
04:38Vous savez, on parlait de boucle d'or, d'économie Goldilocks.
04:41La soupe n'est ni trop chaude, ni trop froide.
04:43Elle est juste à température.
04:44Et les marchés adorent avoir leur soupe juste à température.
04:47Ça nous amènerait à avoir plutôt une poursuite du rallye action.
04:52Et surtout, disons, d'une qualité, c'est-à-dire d'une ampleur,
04:57qui serait encore meilleure que ce qu'on a vu en 2025.
05:01C'est-à-dire plus d'Europe, c'est-à-dire toujours plus de Chine
05:05et des États-Unis qui tiennent la barre,
05:08mais qui ne sont pas nécessairement autant en avance
05:11que ce qu'on a pu voir de 2021 à 2024.
05:14Il y a une différence majeure par rapport à 2017,
05:17c'est le niveau des valorisations et le niveau des dettes gouvernementales.
05:21On est très loin des niveaux qu'on observait alors en 2017.
05:24Donc, on rentre dans une période de Goldilocks,
05:27une période boucle d'or, mais avec des risques
05:29qui créent, disons, un potentiel de correction supérieur
05:34à ce qu'on avait en 2017.
05:35N'oublions pas les risques,
05:37même si la situation a l'air très positive.
05:39– Florian, c'est Antoine dans l'appareil, bonjour.
05:44– Bonsoir.
05:44– Juste, l'actualité, c'est aussi la Fed,
05:47avec le rendu de décision très attendu de mercredi soir,
05:50et puis toutes les anticipations qu'on a
05:52d'une future probable nomination de Kevin Assett
05:56à la tête de la Fed, à la suite de Jerome Powell.
05:59Est-ce que le marché n'en fait pas un petit peu trop ?
06:01Moi, je me rappelle du premier mandat de Donald Trump,
06:05où il avait imposé à la tête de la Fed
06:07précisément de Jerome Powell,
06:10et on s'était dit, il va être à sa botte, etc.
06:12Ça n'a pas du tout été le cas.
06:14Est-ce que vous ne pensez pas que le marché
06:16price des choses qu'il ne devrait pas priceer à ce sujet ?
06:20– Alors, dans ce que price le marché,
06:22il y a la direction et il y a le rythme.
06:25La direction, on est assez d'accord
06:27avec ce que price le marché,
06:28c'est-à-dire une poursuite de ce cycle de baisse de taux.
06:31Il n'y a pas trop de doute, en tout cas pour le moment,
06:33à moins qu'on ait une surprise inflationniste.
06:35Là où le marché s'emballe probablement,
06:37c'est peut-être sur le rythme.
06:38Nous, ce qu'on voit globalement de notre côté,
06:40c'est qu'on pourrait rentrer à partir de décembre
06:42dans une période d'attentisme de la Réserve fédérale.
06:45Parce que, comme je l'ai mentionné au début,
06:47besoin de visibilité,
06:49changement du collège décisionnaire,
06:51arriver à 7,
06:53qui pourrait aussi changer un petit peu la donne.
06:55Maintenant, la Réserve fédérale américaine,
06:57elle a une gouvernance propre
06:58avec laquelle il est difficile de modifier,
07:02même si on fait rentrer un candidat en plus.
07:05On a un candidat en plus
07:07qui va probablement voter pour des baisses de taux,
07:09soit, mais son vote ne compte pas triple.
07:11Ce n'est pas inscrable.
07:12C'est juste simplement
07:13le modus operandi standard
07:16de la Réserve fédérale.
07:18On a 12 votants.
07:19Il faut qu'on ait une majorité de votants
07:21qui veuillent des baisses de taux.
07:23On est loin d'avoir cette confirmation-là,
07:26mais le marché, implicitement,
07:28suppose qu'on va continuer à avoir
07:29un rythme fort, un rythme rapide
07:32de baisse de taux au cours de l'année prochaine.
07:34Ça, c'est la grande question.
07:36Effectivement,
07:36qui restera en suspens encore quelques semaines,
07:38Florian Lielpau, Lombard Odiaye.
07:39Merci, Florian,
07:40d'avoir répondu à l'appel de BFM Bourse
07:42comme si souvent.
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