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  • il y a 6 jours
Hospitalisée en urgence pour une violente hémorragie, une femme de 85 ans a passé 6 jours et 5 nuits sur un brancard faute de lit disponible. Elle finira par signer une décharge pour quitter l'hôpital. 
Frank Becker, secrétaire général de l’Association des médecins urgentistes de France, réagit à cette situation.

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Transcription
00:00Les urgences sont la vitrine de l'hôpital, sont la porte d'entrée de l'hôpital, mais c'est un
00:05goulot d'étranglement.
00:06Vous entrez, mais le manque de lits, puisqu'on continue encore à fermer des lits,
00:12en faisant croire à la population que c'est un virage ambulatoire,
00:16mais en réalité c'est parce qu'on n'a pas de quoi les armer en personnel médical et paramédical.
00:23Et vous l'avez bien vu, et cette dame est parfaitement lucide, elle n'en veut pas du tout aux
00:27soignants.
00:27Et les soignants sont en souffrance. Est-ce que vous croyez que c'est agréable de soigner dans ces conditions
00:32-là ?
00:33Il va falloir faire quelque chose pour l'attractivité, pour attirer des personnels, pour soigner l'hôpital public,
00:40et comme ça on pourra à nouveau ouvrir les lits qui sont dans les services,
00:43parce qu'ils existent physiquement, mais on n'arrive pas à les armer en personnel,
00:46parce que venir travailler à l'hôpital public n'est pas attractif.
00:50L'hôpital, en réaction, a annoncé l'ouverture de 42 lits supplémentaires au CHU d'Orléans.
00:55Est-ce que ça va être suffisant selon vous ?
00:57Je ne connais pas suffisamment le capacitaire d'Orléans pour en juger probablement que ça a été calculé, que cela
01:03suffit.
01:04Mais cela veut dire qu'on a encore fait revenir du personnel qui était en vacances.
01:11Peut-être qu'on a même déclenché un plan blanc, mais c'est comme saigner un anémier.
01:16C'est-à-dire qu'on a déjà du mal de retrouver du personnel,
01:18mais en plus on va leur demander de revenir sur leurs vacances pour pouvoir ouvrir des lits, pour accueillir des
01:24personnes.
01:25C'est terrible.
01:25En plus, séjour sur un brancard pour une personne de cet âge, on le rappelle, 85 ans.
01:31Cela représente un danger, on imagine, pour cette personne ?
01:34C'est au bout de 8 heures qu'on a déjà fait des études et on considère qu'au bout
01:38de 8 heures, sur un brancard,
01:39il y a une perte de chance, il y a une aggravation pour des personnes âgées
01:43ou qui présentent des comorbidités ou des diagnostics associés supplémentaires en plus.
01:48C'est une aggravation et c'est une perte de chance pour la personne.
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