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  • il y a 4 mois
Passer trop de temps assis réduit notre espérance de vie en bonne santé. Mais comment remettre du mouvement dans nos vies quand l’essentiel de nos activités personnelles et professionnelles nous positionnent devant des écrans. Alexandre Dana et Victor Fersing nous proposent quelques solutions dans La chaise tue, aux éditions Eyrolles.

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Transcription
00:00...
00:00Le cercle RH pour débattre à la fois des sujets liés à l'emploi, aux ressources humaines,
00:19mais peut-être pour essayer d'élargir dans ce cercle RH de sujets de société,
00:23mais qui impactent le monde du travail.
00:25Votre sédentarité, je ne sais pas si vous êtes assis en train de me regarder,
00:28peut-être, ou vous êtes en train de marcher, peut-être.
00:31On va en parler, on va accueillir Victor Fersing.
00:33Bonjour Victor.
00:34Bonjour, merci pour l'invitation.
00:35Très heureux de vous accueillir, on va parler avec vous de votre travail,
00:39de votre action, de votre engagement.
00:42Vous êtes spécialiste de l'impact des écrans sur la sédentarité,
00:45et co-auteur de ce livre qu'on va découvrir,
00:46La chaise tue, avec un grand tu, écrit en très gros caractère,
00:50Comment échapper à la sédentarité et remettre son corps en marche,
00:54édition Erol, je ne sais pas si on va voir le livre qui va apparaître,
00:57co-écrit avec Alexandre Dana, qui est votre co-auteur.
01:01Je voulais vous soumettre cette petite phrase, forcément,
01:03elle a dû vous inspirer.
01:04J'ai marché toute ma vie, je suis très profondément malheureux
01:07lorsque je ne peux pas marcher.
01:09Pour moi, c'est de loin l'activité la plus propice à la pensée.
01:11Qui l'a dit ?
01:13Un philosophe probablement, mais je ne l'ai pas en tête.
01:15Un généticien.
01:16D'accord.
01:17Axel Kahn.
01:18Hum, ok.
01:19Vous vous rappelez de cet homme qui était à la fois un scientifique
01:22et qui a passé, à la fin de sa vie en tout cas,
01:24de temps incroyables à marcher.
01:25On va revenir sur les écrans, sur la sédentarité,
01:28mais vous parlez quand même dans votre livre beaucoup de la marche.
01:30Exactement.
01:31Une chose qui paraît évidente,
01:33mais vous dites, en fait, la chose la plus simple,
01:35sans aller faire un marathon et aller en salle de muscu,
01:38marcher.
01:39C'est ça, déjà, l'antidote à la sédentarité, c'est la marche ?
01:43Oui, ce qui est intéressant, c'est de voir à quel point la marche
01:45a joué un rôle fondamental, en fait, dans notre évolution.
01:47Il y a beaucoup de personnes qui disent que la marche,
01:49en fait, c'est le trait caractéristique de l'humanité.
01:51« L'homme a commencé avec ses pieds », disait un anthropologue français.
01:56Et d'ailleurs, le développement de notre cerveau,
01:58c'est aussi fait avec la marche.
02:00Donc, quand on marche, on sécrète une protéine qui s'appelle le BDNF
02:02et qui favorise les connexions neuronales.
02:05La marche, ça nous a permis aussi de libérer nos mains
02:07et de commencer à créer des outils.
02:08Donc, le fait que l'espèce humaine crée de la technologie,
02:10ça vient aussi, justement, de la marche.
02:12Et ça fait des millions d'années.
02:14Mais en fait, en très peu de temps,
02:15avec les révolutions industrielles successives,
02:18sur une échelle de temps très réduite, finalement,
02:20on a complètement changé ces conditions-là.
02:22Et aujourd'hui, ça devient presque difficile, parfois,
02:24de marcher, ou ça semble difficile de marcher,
02:27dans des environnements urbains,
02:28dans des environnements où on utilise de plus en plus la voiture,
02:31où on est de plus en plus incité à regarder les écrans
02:33via les publicités pour les séries, etc.
02:35Et donc, effectivement, aujourd'hui, on marche de moins en moins
02:37et ça a tout un tas de conséquences négatives.
02:39– Vous parlez de cas difficiles, comme celui de Valérie,
02:43qui a un choc dans sa vie,
02:44et qui se retrouve, en fait, à vivre une dépression très longue,
02:47et qui, à cause de cette dépression, va se retrouver sans énergie,
02:49et donc assise, complètement bloquée,
02:51et donc vous racontez le parcours.
02:54Et puis, vous nous racontez aussi, à travers ce livre,
02:57la réalité de millions de Français
02:58qui sont sédentaires au travail,
03:00c'est-à-dire qu'en fait, qui sont bloqués à leur bureau,
03:03en call center.
03:06Qu'est-ce qu'ils risquent, ces gens ?
03:07Parce que dans la quatrième découpe,
03:08quand on lit les trois premières lignes,
03:10obésité, risque cardiovasculaire,
03:12c'est aussi dangereux que ça, la sédentarité ?
03:14– Oui, donc la sédentarité, c'est la quatrième cause
03:17de mortalité prématurée dans le monde,
03:19donc ça fait partie des grandes épidémies, justement, du siècle,
03:23et ça se traduit par tout un tas de conséquences négatives
03:25sur la santé physique, mentale et sociale,
03:27on pourra peut-être en revenir,
03:28mais sur la santé physique, déjà, l'obésité,
03:31ça favorise les diabètes de type 2,
03:33qui touchent des millions de personnes, en fait, en France.
03:35On parle de troubles musculo-squelettiques,
03:38pour dire qu'en fait, on exerce beaucoup moins notre...
03:40Quand on arrête de marcher, en fait,
03:42on n'exerce plus nos articulations et nos muscles.
03:45– Tout le corps bouge, en fait.
03:46– Exactement, du coup, le corps est fait bouger,
03:48ça fait des millions d'années qu'il le fait,
03:49et quand on arrête de bouger notre corps,
03:51c'est comme s'il devenait plus faible, en fait,
03:54via les muscles, via les articulations,
03:56donc on se fragilise, finalement.
03:57Et puis, tout un tas d'autres conséquences,
04:00par exemple, ça va favoriser aussi les cancers,
04:03ce genre de problème.
04:04Sur la santé mentale, le fait d'être très sédentaire,
04:08ça augmente les niveaux de dépression chez les gens,
04:11donc le fait aussi...
04:12Le côté positif de ça, c'est que si on reprend la marche,
04:15du coup, on peut régler beaucoup de problèmes
04:16de santé mentale qu'on peut avoir.
04:18– Pour ceux qui nous regardent, femmes et hommes,
04:20quel que soit leur âge, d'ailleurs,
04:21c'est quoi la bonne reprise, un peu comme on le ferait
04:24qu'un coach sportif, vous n'êtes pas coach sportif,
04:26mais c'est quoi la bonne marche, la bonne distance ?
04:29Je marche combien de temps ?
04:30Parce qu'Alexandre Dana explique que lui aussi
04:33a connu un burn-out, c'est ce qu'il raconte
04:34dans son profil, et qu'il s'est mis à marcher
04:38ces fameux 10 000 pas.
04:39C'est quoi la bonne distance quand on reprend la marche
04:41pour être bien ?
04:42– Alors, déjà, commencer par, on va dire,
04:447 000 pas environ au quotidien, c'est déjà un bon départ.
04:47Après, si on marche plus, tant mieux.
04:49Mais les études qui sont sorties récemment
04:51tournent autour, justement, des 7 000 pas.
04:53– D'accord.
04:54En dessous des 10 000, indiquer,
04:55parce que c'est souvent la règle des 10 000 pas.
04:57– Voilà, la règle des 10 000 pas,
04:58qui, en fait, vient d'une publicité japonaise
05:00qui n'avait pas forcément de, on va dire,
05:02d'arrière-plom scientifique très précis.
05:04Mais les dernières études tournent plutôt
05:06autour des 7 000 pas.
05:07Maintenant, c'est mieux de faire plus.
05:10Et ce qui est le mieux aussi,
05:11c'est qu'en fait, la marche derrière
05:12s'intègre naturellement dans notre quotidien.
05:14Qu'on ne soit plus obligé, en fait,
05:16de calculer le nombre exact de pas
05:18avec nos appareils.
05:19C'est très bien, en fait, d'utiliser des technologies
05:20comme des podomètres pour commencer
05:22à se remettre à marcher,
05:23et aussi réaliser à quel point
05:24on peut être sédentaire.
05:25Mais à la fin, l'objectif,
05:26c'est que ça devienne un mouvement, en fait,
05:28naturel et qu'on le fasse sans le penser.
05:29Donc ça, ça demande un travail.
05:31Et on décrit plein de solutions,
05:33justement, dans le livre.
05:34– Alors, dans votre livre, il y a les solutions,
05:35puis aussi le rapport à l'enfance,
05:37par exemple, ces enfants.
05:38Vous décrivez de manière assez drôle
05:39la cour d'école,
05:40c'est une explosion d'énergie.
05:42Il suffit de voir une cour,
05:43pour comprendre, ça se joue.
05:44Et vous dites que le jeu est essentiel aussi
05:46pour lutter contre la sédentarité,
05:48qui, il faut le rappeler,
05:49ne touche pas que les salariés,
05:50mais touche aussi beaucoup les enfants.
05:51Les jeux, vidéos, tablettes,
05:54de plus en plus, on les sédentarise.
05:56– Exactement.
05:56Et ce qui est intéressant,
05:58c'est quand on voit comment,
06:00quand on analyse l'apprentissage
06:01chez les mammifères,
06:02en fait, on voit que le mouvement
06:03est indissociable de l'apprentissage.
06:06Donc on voit des lions se jouer,
06:07on voit des chiens jouer.
06:08En fait, c'est comme ça
06:09qu'ils apprennent les compétences essentielles
06:10pour leur vie adulte,
06:12et ça se fait en mouvement.
06:13Et nous, on est dans un système éducatif
06:14où la sédentarité, en fait,
06:15a un peu été normalisée.
06:17Et la première chose qu'on apprend,
06:19en fait, quand on rentre
06:20dans une salle de classe,
06:21c'est de rester assis
06:21et de ne pas bouger, en fait.
06:23Et donc ça, c'est intéressant aussi
06:24de questionner...
06:25– Ce qui rend dingue à certains élèves.
06:26– Exactement.
06:27Il y a des élèves qui ne se tiennent pas en passe
06:28et on leur dit,
06:29ben non, reste assis.
06:30Mais en fait, c'est parfois
06:31un besoin complètement naturel
06:32de se déplacer...
06:33– Physiologique.
06:34– Exactement.
06:36– Là, il y a quand même un sujet
06:37que vous portez
06:38et qui touche les adultes.
06:39Mais là, vous l'évoquez
06:40à page 184 sur les jeunes.
06:43Mais vous dites,
06:44sans surprise,
06:44les écrans jouent un rôle important
06:46dans cette grande bascule
06:47avec le passage de l'enfance du jeu
06:48à l'enfance du smartphone.
06:50De nombreux enfants et adolescents
06:51fort contents de rester chez eux
06:53pour jouer en ligne
06:53n'ont plus été exposés
06:55aux stimulations physiques
06:57et sociales nécessaires
06:58à tous les jeunes mammifères
06:59pour acquérir.
07:00Ça veut dire qu'on se met
07:02à la fois en danger
07:03par nos fonctions professionnelles,
07:05mais chez les enfants,
07:06on se met en danger par ça, en fait.
07:07– Exactement.
07:08Et du coup, les enfants,
07:09au lieu d'apprendre justement
07:10des choses sur le monde
07:11en interagissant avec le monde extérieur
07:13et le monde réel,
07:14aujourd'hui, ils sont de plus en plus
07:15amenés à interagir avec un écran,
07:18mais qui, du coup,
07:18n'est pas du tout le monde réel,
07:19qui est un monde virtuel,
07:21qui est un monde en 2D,
07:22qui est dépourvu
07:23de tout un tas de stimuli.
07:24Donc, par exemple,
07:25quand on est sur un écran,
07:26il n'y a pas d'odeur,
07:27il y a une sensation de toucher
07:28qui est extrêmement réduite,
07:29finalement.
07:30Et du coup,
07:31ça change complètement,
07:32en fait, l'éducation des enfants.
07:33Et ça, c'est un changement
07:34qu'on n'a pas encore bien pensé
07:35aujourd'hui.
07:36On en parle de plus en plus,
07:38mais moi, je travaille…
07:38– Oui, les sens.
07:39– Exactement.
07:39– C'est ça.
07:40– Les sens sont moins mobilisés.
07:41– On atrophie certains sens.
07:42– Voilà, exactement.
07:43Et tandis qu'en fait,
07:44il y a plein d'alternatives
07:45qui existent,
07:45donc par exemple,
07:46les forest schools,
07:46les écoles en forêt,
07:47notamment en Scandinavie,
07:49et il y en a aussi,
07:49par exemple, en France,
07:51où en fait,
07:51l'apprentissage se fait en partie,
07:52justement, dans la forêt
07:54et du coup, en mouvement.
07:55Et donc là,
07:55on va mobiliser différents sens,
07:57en fait,
07:57pour apprendre quelque chose.
07:59– Vous dites,
08:00les parents,
08:00et ça,
08:01ça s'adresse aux salariés sédentaires
08:03qui sont,
08:03par ailleurs, parents,
08:04qui sont nombreux à nous regarder,
08:06vous dites,
08:06on a surprotégé les enfants
08:08pour les empêcher
08:08d'aller à l'extérieur,
08:09on les a trop libérés
08:11sur les enjeux numériques.
08:13La phrase n'est pas tournée
08:14exactement comme ça,
08:14mais c'est ça que vous dites.
08:15– C'est à peu près ça.
08:16– C'est incroyable.
08:17Il ne faut pas sortir,
08:18il ne faut pas…
08:19Attention, danger,
08:20sans se rendre compte
08:21que quand ils tiennent le téléphone,
08:22c'est aussi dangereux,
08:23voire pire.
08:23– Exactement.
08:24Et donc,
08:24il y a une partie du danger aussi
08:26qui est légitime.
08:27On parle notamment dans le livre
08:27du rôle de l'industrie automobile,
08:29dans le fait d'avoir apporté
08:30le danger, en fait,
08:31dans nos villes,
08:32puisque à partir du moment
08:34où il y a des voitures dans la rue,
08:35forcément,
08:35il y a une sorte de clash
08:37entre les enfants
08:38qui veulent jouer dans la rue
08:38et c'était naturel à l'époque
08:40et les voitures qui arrivent.
08:42En fait,
08:42l'industrie automobile
08:43a vraiment essayé
08:43de pousser justement
08:44les enfants en dehors des rues,
08:46notamment en finançant
08:47par exemple des programmes
08:48d'éducation routière
08:49ou autres pour dire
08:50qu'en fait,
08:50la rue n'est pas faite pour jouer.
08:52Et donc, d'un côté,
08:53on rend le monde extérieur
08:54moins intéressant,
08:55notamment pour les enfants,
08:56mais aussi pour les adultes.
08:56– Et plus dangereux d'ailleurs.
08:57– Et plus dangereux,
08:58avec justement la diffusion
08:59de la voiture.
09:00– Et on pousse les gens à…
09:01– Et de l'autre côté,
09:02on investit des milliards chaque année
09:04en fait pour créer
09:04des technologies numériques
09:05toujours plus attrayantes
09:07et addictives en fait.
09:08Et donc forcément,
09:09il y a ce rapport inverse
09:10qui se forge
09:11et qui pousse en fait les enfants
09:12à être de plus en plus sédentaires
09:14dans des espaces intérieurs.
09:15– Mais on a une très bonne émission
09:16sur les jeux vidéo d'ailleurs
09:17réalisée par l'éminent Nicolas Juchat.
09:21Ces jeux vidéo,
09:21c'est un peu toujours
09:22comme pour le sujet des drogues,
09:23c'est pas le jeu vidéo,
09:24c'est la dose en fait,
09:25c'est la manière
09:26dont on aborde le sujet.
09:27– Exactement.
09:27– C'est ça,
09:27c'est le dosage
09:28avec lequel on pratique.
09:29Vrai pour le téléphone,
09:30vrai pour les jeux vidéo,
09:31vrai pour tout en fait.
09:32– C'est ça,
09:32alors c'est le dosage
09:33et c'est aussi
09:34quel est en fait
09:34le modèle d'affaires
09:35qu'il y a derrière.
09:36C'est-à-dire qu'il y a des jeux vidéo
09:38en fait où on va acheter
09:39un jeu vidéo
09:39et puis on va jouer à une histoire
09:40et puis ça a une fin.
09:42Par contre,
09:42il y a des jeux vidéo
09:43qui fonctionnent un petit peu
09:44comme les réseaux sociaux,
09:45c'est gratuit,
09:45donc comme ça,
09:46il y a plein de gens
09:46qui vont dessus.
09:47Mais par contre,
09:47à partir du moment
09:48où on est dans le jeu vidéo,
09:49il y a plein de techniques
09:57– Vous quand même
09:58qui avez l'association
10:00Le Lève les yeux,
10:01vous aidez des enfants,
10:02est-ce que vous faites aussi
10:03en fait une forme de prosélytisme
10:05sur ces sujets
10:05auprès des grandes entreprises ?
10:07Est-ce que vous faites
10:08des conférences
10:08droit dans les yeux
10:09face aux collaborateurs
10:11pour leur raconter
10:11tout ce que vous décrivez là ?
10:12– Exactement,
10:13on a commencé à le faire
10:14dans différentes entreprises
10:15et du coup,
10:16on essaye de diffuser
10:17le sujet du livre
10:18et de donner en fait
10:19des techniques
10:20aux employés de bureau
10:22pour justement
10:23remettre du mouvement
10:24dans leur quotidien.
10:25Et c'est vrai qu'en France,
10:25on a encore un gros problème
10:27culturel au niveau
10:28du mouvement dans l'entreprise
10:29parce qu'aujourd'hui,
10:30si on voit notre collègue
10:31se lever,
10:32on se dit qu'il va prendre
10:32une pause
10:33et parfois qu'il est oisif
10:35ou c'est un tir au flanc.
10:36– C'est vrai,
10:37il quitte son poste en tout cas.
10:38– Voilà, il quitte son poste
10:39et si on le voit
10:39commencer à s'étirer
10:40par exemple en pleine salle,
10:41là on va se dire
10:42il ne fait rien, c'est fini.
10:44Et en fait,
10:45cette culture-là,
10:46elle peut être différente
10:46dans d'autres pays.
10:47Par exemple, au Japon,
10:48depuis des décennies,
10:49il y a une radio matinale
10:50qui rassemble
10:52des millions de Japonais
10:53et qui, au bureau,
10:54commencent des séances
10:55d'étirement le matin.
10:57– Culture asiatique,
10:58c'est-à-dire de taïchi,
10:59de mouvement,
11:00on se prépare,
11:01un peu comme des sportifs
11:02se prépareraient à…
11:03Ça, ça n'existe pas encore
11:04dans les entreprises.
11:05Les gens qui vous écoutent
11:05vous disent
11:06il a raison,
11:07il faut que j'aille peut-être
11:08me détendre
11:08comme on se détend
11:09dans un avion en quelque sorte.
11:10Ça se fait ou pas ?
11:11Ça commence à se faire ?
11:12– Alors, ça commence à se faire
11:13mais c'est encore très faible
11:15comme phénomène
11:16dans les pays occidentaux
11:17où aujourd'hui,
11:18on va plus tendance aussi
11:19à faire des pauses
11:20où au lieu de se lever de sa chaise
11:22et d'aller faire du mouvement,
11:24on va peut-être faire une pause
11:24par exemple sur les réseaux sociaux,
11:26on va dire que c'est
11:26notre temps de pause par exemple
11:27mais on reste sur un ordinateur.
11:28– On fait une clope réseau social.
11:30– Voilà.
11:30– Ça c'est génial.
11:31– Il y a un peu de ça.
11:32– Donc c'est deux addictions
11:33qui viennent se rencontrer.
11:34– Voilà.
11:34Et c'est là où justement
11:36la crise de la sédentarité,
11:38pour l'affronter,
11:39il va vraiment aussi falloir
11:39affronter le sujet justement
11:40des écrans.
11:41Comment on fait en sorte
11:42d'avoir des technologies
11:43qui sont moins addictives
11:45et qui sont plus au service
11:46de l'efficacité en entreprise
11:47plutôt que, voilà.
11:49– D'ailleurs en préparant l'émission,
11:50vous me parliez des notifications
11:52ou des interruptions de concentration
11:54qui avaient un coût gigantesque
11:56sur le PIB.
11:57C'est-à-dire qu'avec tous ces outils
11:58qui viennent en fait
11:59nous perturber le cerveau,
12:01en fait on est moins efficace.
12:03– Exactement.
12:03Donc oui, il y a un rapport du Trésor
12:05qui est sorti récemment
12:05qui montrait que l'économie
12:07de l'attention coûtait probablement
12:090,6 point de PIB à la France
12:10chaque année aujourd'hui.
12:11– On n'a pas besoin de ça.
12:12– C'est ça.
12:13Et ça pourrait être plus de 3 points
12:14dans quelques décennies
12:16si on continue comme ça.
12:17Mais effectivement,
12:18quand on a un téléphone
12:19qui n'est pas vraiment paramétré
12:20pour limiter les distractions,
12:22c'est comme si on avait vraiment
12:23une machine à distraction dans la poche
12:25qui était à la merci
12:25de tout message extérieur.
12:27Et donc forcément,
12:28ça va interrompre notre travail
12:30et ça va nous rendre distraits.
12:32– Et toutes les notifs qui arrivent
12:33qui font qu'on va regarder,
12:34qu'on ne va plus écouter l'autre
12:35et qu'on va perdre le fil
12:36de la conversation.
12:37– C'est ça.
12:38– Ce livre, en fait,
12:39si j'ai bien compris,
12:40je vous le remontre,
12:41La Chasse,
12:42La Chasse,
12:43non pas La Chasse,
12:44La Chasse peut tuer,
12:45mais La Chasse tue.
12:46Là, c'est le titre de votre livre,
12:47édition chez Erol,
12:49écrit avec Alexandre Dana
12:51et vous, Victor Fersing.
12:52Vous êtes tous les deux très engagés.
12:53Vous êtes journaliste, par ailleurs.
12:55– Exactement.
12:55– Et puis, évidemment,
12:56vous allez faire des conférences,
12:57des animations,
12:58des ateliers
12:59dans les entreprises
13:00et auprès des enfants.
13:02– Exactement.
13:02– Vous êtes parti du principe
13:03qu'il fallait d'abord éduquer
13:04les plus jeunes.
13:05– Oui.
13:05– On est d'accord ?
13:06– Exactement.
13:06– Pour que plus tard,
13:07ils aient peut-être
13:08une attitude plus vertueuse.
13:09– Oui, tout à fait.
13:10Et en fait,
13:10aujourd'hui,
13:11la condition physique des jeunes
13:12se détériore très rapidement.
13:14En l'espace de 40 ans,
13:15en fait,
13:16ils ont perdu 25%
13:17de leur capacité cardiovasculaire.
13:19Donc, sur une piste d'athlétisme,
13:21pardon,
13:21pour faire 600 mètres,
13:22par exemple,
13:23là où il en fallait 3 minutes
13:25il y a 40 ans,
13:26maintenant,
13:26il en faut 4.
13:27Donc, en fait,
13:28c'est vraiment une épidémie,
13:29justement,
13:30de sédentarité.
13:31Et donc,
13:31c'est pour ça que j'essaye,
13:33évidemment,
13:33de les informer sur le sujet
13:34et l'importance,
13:35justement,
13:35de maintenir une bonne santé physique
13:37en marchant, etc.
13:38Mais évidemment,
13:39la réponse individuelle,
13:40elle ne suffit pas.
13:41C'est-à-dire qu'un enfant de 13 ans,
13:42il ne peut pas seul lutter
13:44contre les technologies
13:46numériques addictives,
13:46etc.
13:47Sans compter les enjeux alimentaires
13:49parce que les deux sont
13:49parfois intimement liés
13:50entre sédentarité et malbouffe.
13:52Exactement.
13:52Donc, en fait,
13:52c'est un enjeu très collectif.
13:54En fait,
13:54il faut qu'on y réponde
13:55à une échelle collective.
13:57Sujet important.
13:58Merci de nous avoir rendu visite,
13:59Victor Fersing.
14:01Je pense à Alexandre Dana
14:02qui aurait dû être là avec nous
14:03et avec lequel vous avez travaillé
14:04pour écrire ce livre
14:05et avec lequel vous êtes engagé
14:06sur ces enjeux de sédentarité,
14:08en tout cas,
14:10merci de nous avoir rendu visite.
14:12C'est un vrai plaisir.
14:13On tourne une page.
14:14Sujet lui aussi important,
14:15le recrutement
14:16au sein de l'armée française.
14:17Alors, on a le discours
14:18du chef d'état-major des armées
14:19au Salon des maires
14:21et puis le discours
14:21du président de la République
14:22qui lance le service militaire
14:23volontaire, rémunéré.
14:26L'armée recrute
14:27et on va en parler
14:28dans quelques instants
14:29avec notre invité.
14:29C'est Fenêtre sur l'emploi.
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