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  • il y a 23 minutes
Une offre de repas livrés à domicile cuisinés par un chef, c’est ce que propose la Brigade de Véro. Elle est une alternative aux autres propositions industrielles du secteur. L’entreprise s’engage à sourcer plus de 50 % de ses légumes de manière locale. Elle propose aussi une innovation pour réduire le plastique de ses emballages.

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Transcription
00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est Romain Roch. Bonjour.
00:09Bonjour Thomas.
00:10Bienvenue, vous êtes le directeur général de la Brigade de Véro,
00:14entreprise que vous avez créée il y a 9 ans. C'est quoi la Brigade de Véro ?
00:18Alors la Brigade de Véro, c'est des plans alimentaires livrés directement à domicile,
00:24avec des plats cuisinés frais, tout fait à Montpellier,
00:27par une brigade maintenant de quasiment 100 personnes.
00:30Vous recevez vos plats pour la semaine, livrés à domicile et bien équilibrés par un diététien.
00:35Le moto, c'est le régime plaisir, c'est ça ?
00:38C'est un peu ça, oui. C'est l'idée de Véro de base, qui sur ce marché-là,
00:42elle a voulu faire un régime au début, elle s'est dit
00:45« je ne vais pas commander les solutions industrielles qu'on connaît, je vais le faire moi-même ».
00:49Et de fil en aiguille, ses copines ont commandé, on a élargi la clientèle
00:53et on est resté sur ce concept de plats frais, avec des ingrédients locaux, bien sourcés, etc.
01:00Donc voilà, pour prendre un peu à contre-pied le marché du régime qu'on connaît.
01:04Alors l'entreprise, elle a bien grandi en une décennie.
01:07Dernière actualité, vous intégrez le groupe familial Norac Foods,
01:11qui possède des marques comme la Boulangère ou Donat.
01:14Pourquoi cette offre-là vous a séduit ?
01:17Alors en fait, on recherchait un repreneur, parce que pour monter une entreprise telle que la nôtre,
01:22il a fallu des gens qui pourront nous accompagner financièrement, des business angels,
01:27aussi nos clients, nos familles, parce qu'on est passé aussi par du crowdfunding,
01:30donc on avait toutes sortes de personnes qui avaient investi en nous.
01:35Et il fallait au bout d'un moment leur offrir une porte de sortie,
01:38donc on a cherché des repreneurs.
01:40Et on voulait plutôt un repreneur qui s'inscrive dans une durée,
01:44qui nous laisse beaucoup d'autonomie sur nos stratégies.
01:46C'est pour ça qu'on a plutôt opté pour un groupe familial comme Norac,
01:49qui a beaucoup d'autonomie sur ses filiales,
01:53qui essaie d'intégrer la nutrition et maintenant le B2C dans sa stratégie.
02:01Donc voilà, c'était pour nous la porte idéale pour se dire,
02:07on construit maintenant une stratégie, quelque chose de long terme,
02:11et pas quelque chose comme des solutions comme fonds d'investissement,
02:15où tous les cinq ans il faut...
02:16Oui, j'imagine que vous vous êtes dit,
02:18il faut qu'on puisse à la fois grandir et garder nos valeurs,
02:21c'était un peu ça la réflexion ?
02:23C'est ça qui a intéressé Norac aussi,
02:25c'est qu'ils ont des marques plutôt qu'on connaît en grande distribution,
02:28et ils veulent, dans le futur du groupe,
02:31se rapprocher des consommateurs,
02:33aller plus loin dans la nutrition,
02:36aussi avoir des plats cuisinés,
02:37parce qu'aujourd'hui ils ne font pas de cuisine.
02:39Donc voilà, c'est ça qui les a séduits,
02:41et c'est ça qui fait que je pense qu'on est intéressants pour le groupe,
02:44et que le groupe est intéressant pour nous aussi.
02:46C'est combien de clients, la brigade de Véro, aujourd'hui,
02:49pour bien comprendre à quel point vous avez grandi en 9-10 ans ?
02:52Alors, quand on a commencé, on avait 10 clients par semaine,
02:55maintenant on en a 7000, 7500 en moyenne,
02:58qu'on livre partout en France, en Belgique,
03:00et maintenant en Luxembourg aussi.
03:02Voilà, après c'est à peu près 60-70 000 clients au total depuis le début.
03:06Oui, alors on va un peu cocher les cases de ce qu'une entreprise comme la vôtre
03:11peut faire pour réduire son impact, l'améliorer, etc.
03:15Déjà sur le sourcing des produits,
03:17ce qui est essentiel quand on propose des repas,
03:20des repas sains, équilibrés, etc.
03:23Comment vous sourcez ?
03:24Alors, on a une équipe, évidemment, sur le sourcing.
03:28Sur les légumes, on travaille avec une association de producteurs,
03:31qui s'appelle l'Association des producteurs d'Occitanie.
03:33Donc on source, on a à peu près, on tient des ratios,
03:36on a plus de 50% de nos légumes qui sont locaux,
03:39donc qui sont fournis par un regroupement d'agriculteurs,
03:42qui d'ailleurs réservent des parcelles les années en avance pour nous,
03:46puisque maintenant on commence à avoir des volumes.
03:49Pour les viandes, par exemple, on passe sur le poulet,
03:52qui est un peu spécifique, on passe par des labels ou des marques,
03:55comme la Nouvelle Agriculture.
03:56Sur les viandes, on passe par un fournisseur
03:58qui travaille avec des viandes des Pyrénées.
04:01On a un sourcing, le riz, c'est du riz de Camargue.
04:03Enfin, vraiment, on essaie d'avoir un sourcing.
04:04C'est plutôt du local que du bio ?
04:06C'est-à-dire, il n'y a pas forcément du bio ?
04:07Oui, c'est plutôt du local que du bio.
04:10Un, pour le coup, parce qu'il faut quand même qu'on reste accessible,
04:13parce que notre démarche aussi, c'est de transformer le marché du régime,
04:17et donc le marché du régime, on sait que les prix tirent quand même assez vers le bas.
04:23De pouvoir se nourrir toute la semaine via des plats cuisinés, ça peut coûter cher.
04:27Donc, pour rester accessible et grande consommation,
04:30on ne peut pas faire que du bio non plus.
04:33Mais, par contre, on a une démarche très raisonnée,
04:36avec, évidemment, on n'a quasiment que du français.
04:38Je crois que 98% de nos appros sont français.
04:41Voilà, nos agriculteurs, on a du bio dans les légumes,
04:45mais ce n'est pas déclaré parce que c'est un peu de tout.
04:48Donc, voilà.
04:49Ce n'est pas le critère principal, on l'a bien compris.
04:51Alors, si je regarde les emballages maintenant,
04:53parce que c'est le cœur de votre métier,
04:57ils sont comment ?
04:58Est-ce que vous réussissez à réduire le plastique
05:00ou est-ce que c'est impossible quand on propose de l'alimentaire ?
05:02Justement, alors ça, c'était Véro.
05:04C'est l'idée de Véro.
05:05On a été les premiers à passer en barquette en carton
05:07parce qu'en fait, on fait de la mise en atmosphère protégée.
05:11C'est-à-dire qu'en fait, notre barquette, elle est operculée
05:14et donc, du coup, on retire le gaz et on réinjecte un CO2.
05:17Donc, il n'y a juste plus d'oxygène.
05:18Donc, c'est une technique assez spécifique
05:21qui est très utilisée, mais qui n'est utilisée qu'avec du plastique.
05:24Et donc, on a un fabricant hollandais
05:25qui a été très innovant là-dessus
05:27et qui a créé des barquettes en carton
05:30avec une fine pellicule de plastique.
05:32Donc, on a 80, je crois 95% de carton dans la barquette.
05:35Et c'est Véro parce qu'elle est belge
05:38et donc, elle parle néerlandais.
05:39Elle a réussi à avoir contact avec ce fournisseur-là.
05:42Et donc, on a été les premiers en France à développer ça.
05:45Et ensuite, du coup, quelques concurrents maintenant sont venus.
05:47Mais voilà, c'est des choses comme ça qu'on fait.
05:49Donc, on a les cartons qui sont en carton
05:51et les barquettes qui sont aussi en carton.
05:53Voilà comment on essaie de réduire sur l'emballage.
05:55Oui, le transport, parce que vous avez une unité,
05:58j'ai bien compris, une unité de production
06:03qui est à Montpellier.
06:04Et donc, vous essaimez un peu partout.
06:06Donc, forcément, il y a des camions qui partent sur les routes.
06:08C'est ça, oui.
06:08Est-ce que ça, c'est un levier difficile à améliorer, d'une certaine façon ?
06:11Oui, oui, c'est un peu difficile à améliorer.
06:13Alors, nous, on essaye d'avoir le sourcing le plus proche de notre cuisine,
06:16de tout centraliser pour avoir le moins d'impact possible.
06:19Ensuite, sur le local, sur tout le marché,
06:23on est les seuls à proposer du click and collect.
06:25C'est-à-dire que les gens peuvent récupérer leur box pour la semaine
06:27directement chez nous.
06:29Alors, ça représente 5% de nos clients.
06:30Ce n'est pas monumental, mais les gens peuvent venir directement chez nous.
06:33On a aussi un transporteur local
06:37qui est réparti sur l'Ode et Roo,
06:39enfin, vraiment autour de chez nous.
06:40Et ensuite, évidemment, le reste
06:42part sur la plateforme chronofraîche de Paris.
06:45Et ensuite, il est réparti sur le nord de la France, la Belgique.
06:48Donc, voilà, on essaye de réduire au maximum,
06:50mais on n'a pas tous les leviers pour le faire.
06:51Bien sûr. Est-ce que dans un monde idéal,
06:54vous imaginez, vous venez d'avoir un nouveau partenaire,
06:58vous intégrer dans RAC,
07:00pouvoir essaimer un peu aussi les unités de production ?
07:02C'est la question qu'on me pose souvent.
07:05Aujourd'hui, non.
07:06En fait, en réalité, on a une brigade et une unité
07:10qui est bien faite pour aller...
07:12Aujourd'hui, on produit, alors ça paraît fou,
07:14mais on produit 3 millions de barquettes en 2025, quand même, de plats.
07:18Ça fait quand même du volume.
07:19On est capable, avec notre unité, d'aller à 7-8 millions.
07:23Donc, voilà, sans non plus partir sur des choses immenses.
07:26Après, la réflexion se posera.
07:28Pour l'instant, on n'y a pas forcément réfléchi.
07:31Voilà, on souhaite rester une entreprise à taille humaine.
07:34Est-ce que rester à taille humaine,
07:35ça veut dire avoir 2-3 labos pour garder les mêmes entités par la suite ?
07:39Ça sera des réflexions stratégiques.
07:40Et je pense que Nora pourra nous apporter quelques réponses.
07:42La qualité nutritionnelle de ce que vous proposez,
07:45parce qu'il y a cette logique diététique
07:48dans la promesse de la brigade de Véro.
07:52Comment vous l'évaluez ?
07:53Qui la teste ?
07:55Est-ce qu'elle est, je ne sais pas, labellisée ?
07:57Qu'est-ce qu'on peut dire ?
07:58Alors, ça, c'est la différence fondamentale avec les autres solutions.
08:02C'est que nous, on prône la variété plutôt que la privation.
08:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les régimes, c'est
08:07je mange tant de calories,
08:08ou je dois manger que des protéines et pas de glucides, etc.
08:12Nous, en fait, on essaye d'apporter.
08:13C'est pour ça que les gens ne choisissent pas les plats chez nous.
08:15On leur livre un plan alimentaire qui est ficelé par un diététicien.
08:19Et en fait, on essaye d'avoir le plus d'aliments possibles dans la semaine.
08:22Parce que, par définition, un aliment est toujours carencé.
08:24Quand vous allez manger du poulet, vous allez manger des protéines,
08:27mais il va vous manquer potentiellement des oméga-3, du fer, etc.
08:30qui sera apporté par d'autres types d'aliments,
08:32comme du poisson gras, comme du bœuf,
08:34même s'il ne faut pas en manger énormément.
08:36Et donc, du coup, on a une volonté d'avoir le plus d'aliments possibles dans la semaine
08:41et donc d'avoir un vrai impact santé sur les gens
08:45et pas juste de la perte de poids.
08:47Et le côté frais, parce qu'il y a cette promesse aussi...
08:52Alors, le frais est là pour deux raisons.
08:54C'est pour, un, pour le goût.
08:55Parce que, pour bien manger à long terme, il faut aimer ce qu'on mange.
09:00Sinon, si en fait, on fait un effort, comme dans beaucoup de régimes,
09:03c'est quelque chose qu'on ne va pas tenir à long terme, qu'on va arrêter.
09:06Donc ça, c'est essentiellement pour le goût.
09:07Et deuxièmement aussi, c'est pour la partie nutrition, micro-nutriments,
09:12parce qu'on est les seuls du marché, pour le coup, à faire du vrai frais sur le régime
09:16et pas faire du pasteurisé ou de l'apertisé.
09:18Et donc, on conserve toutes les vitamines et les minéraux dans nos plats.
09:23Mais alors, quand on dit frais, d'ailleurs, ça veut dire quoi ?
09:25C'est vraiment une question de curieux.
09:27C'est quoi un produit frais, la définition ?
09:29Alors, frais, ça veut dire qu'il n'est pas recuit après être conditionné.
09:34Aujourd'hui, dans l'alimentaire, les plats cuisinés que vous voyez en grande surface,
09:38beaucoup de plats sont operculés et ensuite, ils sont pasteurisés ou apercisés.
09:42Donc, ils repassent dans des fours à haute température
09:44pour éliminer les bactéries, entre guillemets, dangereuses pour la santé.
09:47Donc, nous, ça nous demande beaucoup plus de contrôle parce que c'est plus critique
09:52puisqu'en fait, on ne recuit pas.
09:54Donc, il faut faire attention au niveau hygiène quand on conditionne.
09:57Donc, on a des normes encore plus poussées.
09:59Mais du coup, c'est du frais.
10:00On ne recuit pas les aliments et donc, on ne perd pas une grande partie des vitamines et des minéraux.
10:06Vous avez commencé à l'évoquer tout à l'heure, mais je voudrais bien qu'il nous reste une minute,
10:09qu'on termine là-dessus sur le bien manger accessible.
10:14Vous voyez ce que je veux dire ?
10:14Parce que c'est vrai qu'on peut très clairement faire le lien entre le niveau de revenu
10:19et la quantité d'aliments ultra transformés qu'on va ingérer.
10:24Donc, ça fait partie de vos missions, entre guillemets ?
10:26Oui, en fait, c'est super difficile parce que nous, on est quand même un cuisinier à domicile.
10:31Donc, il faut avoir un peu les moyens pour se le payer.
10:33Après, on essaye d'utiliser le maximum d'aliments bruts
10:37pour justement réduire, entre guillemets, les intermédiaires qui prennent de la marche.
10:41Parce que forcément, si on achète déjà des choses transformées, ça nous coûte plus cher.
10:45Donc, c'est pour ça qu'on passe par énormément d'aliments bruts au-delà de l'aspect santé
10:48pour essayer de réduire le coût et de proposer notre solution au plus bas coût possible.
10:54Merci beaucoup Romain Roch et à bientôt sur Be Smart for Change.
10:58On passe à notre Zoom.
11:00On va s'intéresser à la féminisation des instances dirigeantes des entreprises.
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