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  • il y a 5 minutes
Un tiers des trajets domicile-travail font moins de 5 kilomètres selon l’enquête “Mobilité des personnes” de la SDES. Ce qui permet à la Fondation pour la Nature et l’Homme de dire qu’il est possible de se passer de la voiture. Pourtant, dans de nombreux territoires, elle demeure le moyen de transport majoritaire. L’organisation a publié une étude qui met en avant les moyens de déployer davantage le vélo. Elle s’appuie en partie sur le territoire du Grand Cubzaguais.

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Transcription
00:00Générique
00:06On parle de la place du vélo sur nos routes dans le débat de ce Smart Impact avec Thomas Utayakumar.
00:13Bonjour, bienvenue.
00:14Vous êtes directeur des programmes et du plaidoyer à la Fondation pour la Nature et l'Homme.
00:17Et puis on est également en duplex avec Valérie Guinaudi qui est maire du Montbrier.
00:22Bonjour, vous êtes présidente de l'Interco, de l'intercommunalité du Grand Cube Zaguet.
00:27On est en Nouvelle-Aquitaine, bienvenue à vous.
00:29Vous allez nous détailler le plan vélo que vous avez mis en place.
00:32Mais d'abord, Thomas, une étude qui est sortie il y a un mois sur le partage de la route.
00:39Comment mieux partager la route pour développer le vélo en territoire peu dense ?
00:43Quelle leçon principale vous tirez de cette étude ?
00:46Déjà, pourquoi faire une telle étude ?
00:48C'est parce qu'en France, on vit une crise de la mobilité silencieuse.
00:51C'est-à-dire qu'on ne parle pas assez des millions de personnes aujourd'hui
00:54qui sont coincées dans une précarité mobilité,
00:56c'est-à-dire qui ont des grandes difficultés à se déplacer
00:59et qui sont coincées dans un système tout voiture.
01:02La question qui se pose aujourd'hui, c'est que pour les sortir de cette dépendance à la voiture,
01:05qui est très chère, une voiture c'est 4000 euros par an,
01:08en comparaison un vélo c'est 100 à 300 euros par an,
01:11pour un vélo électrique par exemple.
01:13Pour sortir de cette dépendance à la voiture, il faut des alternatives crédibles.
01:16Et c'est pour ça qu'on a réfléchi déjà sur la place du vélo,
01:19pour le rentrer dans une mobilité du quotidien.
01:22Mais pour que ça marche, il faut des infrastructures qui soient continues,
01:25qui soient sécurisées et de les identifier là où c'est pertinent.
01:30Et c'est pour ça qu'on a fait un travail à deux échelles,
01:34au niveau national pour comprendre le potentiel,
01:37et au niveau plus local avec trois collectivités.
01:40Des territoires tests en quelque sorte ?
01:41Avec des territoires tests exactement, dont le Grand Cube Zagué fait partie,
01:45et à côté on avait d'autres territoires, notamment Puys et Fortère,
01:48et puis également Blois qui est dans le centre Val-de-Loire.
01:52Avec ce premier élément, plus de 78% des déplacements quotidiens font moins de 10 km,
02:00un tiers des trajets domicile-travail font moins de 5 km.
02:04Donc, je lis ça, je me dis, ok, c'est la démonstration que le vélo a sa place en dehors
02:10des villes.
02:11C'est un premier constat qui est quand même très important.
02:13C'est surtout la démonstration que le problème, ce n'est pas la distance.
02:16Si on a autant de trajets qui font si peu de kilomètres,
02:19ça veut dire qu'on peut potentiellement se passer de la voiture.
02:22Et c'est là où le vélo peut prendre une place importante,
02:24et pas être identifié comme un loisir,
02:27mais peut vraiment rentrer dans cette mobilité du quotidien,
02:29et notamment domicile-travail.
02:32La question maintenant, c'est où peut-on avoir des infrastructures qui soient sécurisées ?
02:36Parce que vous le savez très bien, on roule sur une route de campagne,
02:40et brutalement, on se retrouve face à une nationale infranchissable,
02:44une départementale à 80 km heure, ou un rond-point dangereux.
02:47Et c'est cette continuité qui est aussi le cœur de notre sujet.
02:50Oui, effectivement, comment créer de la continuité ?
02:52Comment créer des pistes cyclables qui soient sécurisées ?
02:56Vous dites qu'il suffit de mobiliser 3,5% du réseau routier pour faire de la place au vélo.
03:00On y reviendra ensemble dans un instant.
03:04Mais Valérie Guilaudi, je voudrais bien que vous nous parliez de ce plan vélo
03:07que vous avez mis en place, je crois, il y a plusieurs années, 2021, si je ne me trompe.
03:12C'est quoi ? C'est une sorte de feuille de route que vous vous êtes donnée ?
03:16Exactement.
03:17Au regard du constat que je partage avec Thomas,
03:23sur le fait qu'on est sur un système tout voiture,
03:27mais malgré tout, il y a des déplacements du quotidien
03:31pour certaines personnes qui ne vont pas très loin,
03:33qui travaillent à côté de leur lieu de résidence,
03:37qui sont susceptibles d'être faits à vélo.
03:39Et nos territoires n'étaient pas du tout,
03:41et ne sont toujours pas d'ailleurs adaptés au vélo.
03:45Donc nous, en 2021, on a élaboré un plan vélo,
03:47mais dans une logique un peu à l'ancienne, effectivement,
03:50avec beaucoup d'aménagements.
03:52Et c'est l'intérêt de l'étude qui a été faite par la Fondation Nature et l'Homme
03:57de montrer qu'on peut faire maintenant différemment.
04:00Notre plan vélo, c'était beaucoup de pistes cyclables,
04:03mais c'est très cher.
04:04Et finalement, il y a très peu de communes
04:06qui ont pu réaliser les aménagements qui étaient prévus dans ce plan vélo.
04:10Donc aujourd'hui, nous, on regarde très attentivement
04:14le sujet de la réaffectation,
04:16parce qu'effectivement, on a beaucoup de petites routes sur nos communes
04:19qui peuvent être réutilisées et partagées
04:23dans le cadre du développement du vélo.
04:26Donc ça veut dire, Thomas Utaïakumar,
04:28qu'il n'y a pas forcément, ce que je comprends,
04:30besoin de construire des pistes cyclables.
04:31C'est quoi l'alternative ?
04:33En fait, vous avez dit quelque chose d'important tout à l'heure.
04:35Théoriquement, au niveau national,
04:36les deux tiers du réseau routier
04:37pourraient être affectés à des infrastructures cyclables.
04:41Mais ce n'est pas parce qu'on peut les mettre qu'il faut les mettre.
04:43Dans cette période de contraction budgétaire,
04:45il faut être réaliste.
04:46Et grâce aux territoires comme le Grand Cube Zagué
04:48et avec cette lunette et cette focale un peu plus territoire,
04:52on s'est rendu compte qu'en moyenne,
04:53seulement 3,5% du réseau routier
04:55permettrait de relier les pôles de vie,
04:57les commerces, les gares, les écoles.
04:59Donc déjà, il n'y a pas besoin de mettre
05:01des pistes cyclables partout.
05:03Et la réaffectation, c'est le terme clé.
05:05Pourquoi la réaffectation ?
05:06C'est l'utilisation de l'existant.
05:08C'est-à-dire utiliser des routes
05:09qui sont peu fréquentées par les voitures,
05:11qui ont des vitesses moyennes inférieures à 60 km heure,
05:15pour que ce ne soit pas dangereux quand même pour les vélos,
05:16et faire en sorte que si on a des détours à mettre en place
05:20parce que le vélo sera roi,
05:22il ne faut pas que ça augmente le temps de trajet
05:23pour des automobilistes de plus de 5 minutes.
05:25Et dans cette période où la friction est très présente,
05:29les polarités se creusent,
05:30il faut absolument ne pas créer le conflit entre usagers.
05:34Mais ça veut dire, ce que je comprends,
05:36c'est qu'il y a des routes qui vont être dédiées au vélo en fait.
05:38C'est ça l'idée.
05:39Exactement, il y a des routes qui vont être dédiées au vélo
05:41ou en partage de la voirie avec des voitures.
05:44Parce que comme les routes sont peu dangereuses,
05:46on va y mettre des voies sécurisées,
05:49ce partage de la voirie permettra justement
05:51une cohabitation saine et apaisée.
05:53Et lorsqu'on a travaillé à l'échelle des territoires,
05:56en collaboration justement par exemple avec le Grand Cube Zagué,
05:59on se rend compte que c'est possible, c'est viable,
06:02ça va mériter aussi une concertation,
06:03mais que ça permettrait vraiment de trouver une solution crédible
06:06et opérationnelle dans un moment où tant de personnes
06:10ne peuvent plus se déplacer comme ils le voudraient
06:12à cause de la voiture.
06:13Alors je veux bien votre retour d'expérience Valérie Guinaudy,
06:16vous en êtes où de ce partage de la route,
06:19de cette réaffectation ?
06:22Alors nous, on est en fin de premier plan vélo
06:27et on va avoir justement à le renouveler.
06:30Et le sujet vraiment sur ce qu'on peut tirer
06:34de notre précédent plan vélo, c'est qu'il y a à la fois
06:38les infrastructures à mettre en œuvre,
06:40mais aussi à redonner la culture du vélo,
06:43que ce soit pour ceux qui font du vélo,
06:45mais aussi pour ceux qui partagent la route avec le vélo.
06:47Et c'est bien le sujet pour nous aujourd'hui,
06:50c'est de pouvoir apaiser les voies de réaffectation
06:55et avoir une concertation avec à la fois les voitures
07:00qui utilisent ces routes, même si ce sont des routes
07:05à petits passages, et les vélos.
07:08Et je pense que cette culture du vélo et de la remise du vélo
07:12sur nos routes, c'est essentiel pour pouvoir développer
07:16le vélo sur nos territoires.
07:18La voiture a pris toute sa place avec tout ce que ça comporte
07:21comme comportement parfois un peu déviant.
07:25Aujourd'hui, le sujet, c'est bien de remettre
07:27à la fois du vélo, mais aussi de remettre
07:31des piétons sur nos routes,
07:34que nos jeunes puissent prendre le vélo,
07:37aller au collège, à l'école, à vélo,
07:38en toute sécurité, pour rassurer les parents
07:44et inciter vraiment au maximum à prendre ce vélo.
07:48Je comprends bien le principe,
07:49peut-être que c'est un peu trop tôt,
07:50mais je vais me faire l'avocat du diable.
07:53Il suffit qu'il y ait 10 maisons d'un côté
07:58et 5 de l'autre pour dire
07:59mais cette route-là, on veut la garder pour la voiture.
08:02Vous voyez ce que je veux dire ?
08:03Il faut convaincre, c'est ça qui est le plus compliqué ?
08:05Alors, le plus compliqué, c'est effectivement convaincre,
08:09mais je pense qu'aujourd'hui,
08:11on est dans une période où on peut convaincre
08:15les habitants de notre territoire.
08:18On l'a vu par exemple sur la tempête qu'on a eue ces derniers jours,
08:23il y a eu plein de routes coupées.
08:25Les arbres sont tombés, les routes sont coupées,
08:27les gens sont obligés de faire un détour,
08:29et on voit qu'on peut passer par ailleurs.
08:31C'est aussi malheureusement les contraintes
08:37qui font qu'on réfléchit différemment aujourd'hui
08:40et qu'on peut engager cette discussion avec nos habitants.
08:44Effectivement, l'objectif,
08:45ce n'est pas de leur faire faire un détour d'un quart d'heure,
08:47mais il y a tellement de voies sur nos territoires
08:50qu'avec un petit détour,
08:53on peut aussi faciliter la vie des gens.
08:56Avec ce que vous disiez Thomas,
08:57c'est moins de 5 minutes ou 5 minutes max pour le détour.
09:02Exactement, et puis surtout,
09:03il y a un terme qui est clé, c'est la continuité.
09:05C'est-à-dire qu'il y a des routes,
09:06ça va se faire en réaffectation,
09:07parce qu'elles sont adaptées au vélo,
09:09seules ou en partage avec la voiture.
09:11Mais il y a des tronçons
09:12qui ne seront pas adaptés au vélo.
09:13La fameuse route dont vous parliez,
09:15vous disiez, mais attendez,
09:15les voitures vont très vite,
09:16là on ne pourra pas mettre du vélo.
09:18Il va falloir faire des infrastructures dédiées au vélo,
09:20c'est-à-dire des pistes cyclables
09:21qui là vont être artificialisantes.
09:23Il va falloir bétonner.
09:24L'avantage de notre étude,
09:26c'est justement de maximiser l'existant,
09:28la réaffectation.
09:29Lorsqu'on est face à une rupture brutale,
09:31on ne va pas pouvoir y aller à vélo
09:32parce que c'est dangereux,
09:33là on met en place des infrastructures.
09:34C'est ça qui va coûter cher.
09:36C'est pour ça que notre modèle,
09:37par EPCI,
09:40les établissements publics intercommunaux,
09:42on va se retrouver avec des montants
09:44autour de 10 à 15 millions d'euros
09:46et moins de 1%,
09:47c'est le prix de la réaffectation.
09:49Tout le reste,
09:50c'est de l'infrastructure dédiée au vélo.
09:52Au niveau national,
09:54ce sera une dizaine de milliards d'euros.
09:56Ça paraît énorme,
09:57mais lorsque vous voyez que par an,
09:59les coûts publics,
10:01c'est-à-dire nos impôts,
10:02financent le système tout voiture
10:04à autour de 25 milliards d'euros par an,
10:06on se rend très bien compte
10:07que l'investissement dédié à notre projet
10:10au niveau des collectivités,
10:12mais au niveau national,
10:13est plus que crédible.
10:14Non seulement il est peu artificialisant,
10:16il ne va pas beaucoup bétonner,
10:17d'autre part,
10:18il ne coûte pas cher,
10:19et dans cette période,
10:20on a besoin de projets crédibles
10:21et de faire en sorte
10:22que les gens puissent se mouvoir
10:24plus librement
10:24et puis d'un point de vue carbone,
10:26évidemment,
10:27on sera sur une économie
10:29très significative
10:30grâce à ce projet-là.
10:31Effectivement,
10:31le bilan carbone,
10:32on le voit sur l'acceptabilité,
10:34c'est quand même un mot-clé
10:35sur tous les projets
10:37liés à l'environnement.
10:39Ça suppose quoi ?
10:40Les premiers retours
10:42des territoires test
10:43que vous avez,
10:44c'est facile de convaincre,
10:45ça suppose de réunir tout le monde ?
10:47Oui, c'est exactement ça.
10:48De bien définir
10:50les voies qu'on va réaffecter
10:51100% vélo ?
10:52Oui, il y a la théorie,
10:53c'est-à-dire ce que nous,
10:54on a commencé à faire
10:55et la force de ce travail,
10:56c'est de l'avoir fait
10:56avec le Grand Cube Zagué,
10:57avec Puy-Zé-Forterre,
10:58avec Blois,
10:59pour voir déjà
11:00si c'était crédible.
11:01Ensuite,
11:01au niveau des habitants,
11:02c'est des concertations,
11:03leur demander
11:04si toutes les routes
11:05qui vont faire l'objet
11:07d'une infrastructure
11:07ou d'une réaffectation
11:09pour le vélo,
11:10elle est crédible.
11:11Et ça, c'est important
11:12parce que si vous,
11:13je vous pose la question
11:17d'un commerce
11:17ou aller à la poste,
11:19par exemple,
11:20un pôle de service,
11:21vous avez une infrastructure
11:23sécurisée, sécurisante
11:24et qui est à moins
11:25de 5 km.
11:26Est-ce que vous diriez
11:28que le vélo,
11:29c'est possible ?
11:29Évidemment,
11:30tous les habitants
11:31nous répondent ça.
11:32Ce qu'ils ont besoin,
11:32c'est de continuité,
11:33ce qui n'existe pas aujourd'hui,
11:35et c'est d'être en sécurité.
11:37Et c'est toute la force
11:38justement de ce travail
11:38qu'on a mené à la FNH
11:40avec ces collectivités
11:41et en partenariat
11:42avec le cabinet Visea
11:43avec qui on a construit
11:44tout ce travail-là.
11:45Avec une dernière question,
11:46Valérie Guignaudi,
11:47sur cette précarité,
11:49la mobilité dont on parle,
11:51des Français très nombreux
11:53qui, soit sont
11:54au sentiment d'isolement,
11:56soit on n'a vraiment
11:56pas d'autre choix
11:57que la voiture.
11:59Ça représente
12:00beaucoup d'habitants
12:01d'une région
12:02comme la vôtre ?
12:03Alors, oui,
12:05d'ailleurs on voit
12:06sur nos territoires ruraux
12:07le développement,
12:08par exemple,
12:09des voitures sans permis
12:10qui sont effectivement
12:13des véhicules pas chers
12:15et puis quand on n'a pas
12:17le permis,
12:18on peut quand même
12:20accéder à une forme
12:21de mobilité.
12:22Mais peut-être que moi,
12:22ce que je voudrais rajouter,
12:24aujourd'hui,
12:25quand on développe
12:27des projets,
12:28je crois qu'il faut être
12:29transparent avec nos habitants
12:31sur le coût des projets.
12:33Et cette solution
12:34de réaffectation,
12:37c'est aussi une manière
12:38de ne pas mettre,
12:40de préserver l'argent public
12:42qui aujourd'hui est rare
12:43pour nos collectivités.
12:45C'est quand même
12:45beaucoup moins cher
12:46que créer des pistes cyclables
12:48et que si on arrive
12:50à faire un petit effort,
12:51on peut développer des choses,
12:54non pas à moindre coût
12:55parce que ça reste
12:57quand même
12:57des enveloppes conséquentes,
12:59mais en tout cas,
13:00on peut mettre en place
13:01des choses
13:01qui améliorent
13:04la pratique du vélo
13:05sur notre territoire
13:06en espérant quand même
13:08que le plan vélo
13:10au niveau national
13:10pourra nous apporter
13:12des financements
13:13et des financements pérennes
13:14pour qu'on puisse construire
13:15sur du long terme
13:16ces nouveaux schémas vélo.
13:19Merci beaucoup,
13:20merci à tous les deux
13:21et à bientôt
13:22sur Bsmart4Change.
13:23On passe tout de suite
13:24au grand entretien
13:25de ce Smart Impact
13:26avec Xavier Dorchik,
13:28directeur stratégie
13:29et développement
13:29du groupe Avril.
13:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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