Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, était l'invitée de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 28 novembre. Elles ont discuté des activités de Veolia et du développement de l'entreprise sur le marché américain, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Il est 7h45 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invitée ce matin c'était Estelle Brachanoff.
00:05Bonjour, vous êtes directrice générale de Veolia, expert mondial des services collectifs.
00:09On est sur la gestion du cycle de l'eau, de la valorisation des déchets, mais aussi la gestion de l'énergie.
00:15On a beaucoup de questions à voir ensemble ce matin.
00:17On va commencer par votre actualité avec ce développement aux Etats-Unis.
00:20Clean Earth, vous voulez doubler de taille dans les déchets dangereux aux Etats-Unis.
00:25C'est donc aux Etats-Unis que vous développez le pays où finalement sur les questions énergétiques de décarbonation,
00:31on n'est désormais plus à la pointe. Là, il y a un marché pour vous.
00:34Eh bien oui, Veolia continue à se développer vite et fort aux Etats-Unis et d'ailleurs en dehors d'Europe,
00:39où on est déjà à 80% internationaux chez Veolia.
00:43Alors cette acquisition Clean Earth, 3 milliards de dollars, c'est l'acquisition la plus transformante
00:48depuis celle de Suez il y a maintenant 3 ans.
00:52Ça nous permet de doubler de taille dans le déchet dangereux aux Etats-Unis, vous l'avez dit.
00:55Ça nous permet de dépasser les 6 milliards de dollars dans ce pays et de devenir numéro 2 du marché
01:00et à vrai dire un vrai acteur national qui nous permettra d'offrir toute la palette de services de Veolia.
01:06Les déchets dangereux, c'est-à-dire le traitement des polluants, mais aussi l'eau sous toutes ses formes,
01:11l'eau pour les habitants, mais aussi l'eau pour les industriels.
01:15Et la demande est très forte malgré ce qu'on appelle souvent le backlash environnemental au niveau politique,
01:20sauf que la demande des services de Veolia, elle est tout aussi forte, aux Etats-Unis comme ailleurs d'ailleurs,
01:26parce qu'elle vient de quoi ? Elle vient de deux tendances de fond.
01:29Le premier, c'est les enjeux de santé.
01:31Personne ne veut aux Etats-Unis, pas plus qu'ailleurs, avoir des polluants dans son eau du robinet.
01:36Et donc ce qui dépollue continue à avoir des perspectives dans les prochaines années et c'est le métier de Veolia.
01:42Et la deuxième tendance de fond, c'est la rélocalisation d'un certain nombre d'industries stratégiques,
01:47la microélectronique, les data centers ou la pharmacie,
01:51qui tous ont besoin de traitements de déchets dangereux et de technologies d'eau.
01:55Mais aux Etats-Unis, le fait d'être une boîte européenne ou française, peu importe,
01:59et d'avoir des contrats, j'imagine, publics avec des collectivités locales,
02:03ça ne pose pas de problème à l'heure où Donald Trump dit qu'il faut faire America First partout ?
02:07On ne se dit pas, je vais choisir d'abord une boîte américaine ?
02:09Alors aux Etats-Unis, nous sommes une entreprise américaine dirigée par des Américains très largement,
02:15même si le siège de Veolia est en France.
02:18Et en tout cas, c'est comme ça qu'on est perçus par les Américains.
02:20Et c'est très bien. Veolia est une entreprise multilocale.
02:23On est Allemands en Allemagne, Américains aux Etats-Unis, et bien évidemment Français en France.
02:28Deuxième chose, on a énormément de contrats, pas seulement avec les collectivités chez Veolia,
02:33beaucoup de contrats avec les industriels.
02:35Si vous n'avez pas d'eau, et quand vous êtes dans l'Arizona, dans l'usine de microélectronique
02:39toute nouvelle qui vient de s'installer, vous n'avez pas d'usine tout simplement.
02:45Donc c'est un facteur absolument clé pour les industriels aussi, les services de Veolia.
02:51Justement, cette qualité de l'eau, c'est un sujet aux Etats-Unis, mais c'est un sujet dans certaines villes
02:55où on a interdit en France l'utilisation de l'eau du robinet parce qu'il y avait trop de PFAS.
02:59Vous avez développé une technologie. Pourquoi filtrer les PFAS ? Ça fonctionne comment ?
03:03C'est un très bon exemple que je disais. Veolia est une entreprise multilocale,
03:07mais aussi évidemment mondiale, ce qui nous permet d'avoir la tête critique pour innover,
03:12pour investir dans de la R&D et de trouver des solutions comme comment traiter les PFAS.
03:17Et maintenant, on sait le faire, de bout en bout, la filtration, la concentration
03:21et la destruction de ces PFAS avec toutes sortes de technologies diverses.
03:27Et en fonction des cas, qu'on ne soit dans un type de PFAS ou un autre,
03:31que les PFAS soient dilués dans l'eau ou dans des sols,
03:34on utilise un portefeuille de technologies très différent.
03:37Mais est-ce que ça veut dire que demain, je vais avoir des collectivités locales
03:40qui ont votre technologie anti-PFAS, d'autres qui ne l'ont pas,
03:42avec un prix de l'eau très différent ?
03:44Aussi, peut-être une population qui se sent plus en sécurité avec ou pas ?
03:47Comme si vous aviez un tampon, en fait, sur votre eau du robinet ?
03:50Alors, c'est l'eau du robinet, un des produits les plus surveillés
03:54qu'il soit au niveau sanitaire, donc que vos auditeurs se rassurent.
03:58C'est surveillé tous les jours, toutes les heures, tout le temps et en permanence.
04:03Et c'est très bien comme ça.
04:04Après, quand on a fait des mesures pour le compte des collectivités locales,
04:07il y a maintenant plus d'un an et demi, 99% des endroits où on opère des réseaux d'eau
04:14chez Veolia, il n'y avait pas de PIFAS,
04:16ce qui veut dire que c'était en dessous des seuils de détection futurs.
04:20Et dans le 1% des cas, on a proposé aux collectivités locales,
04:24parce qu'encore une fois, ce n'est pas Veolia qui gère,
04:27on offre nos services et nos technologies au service des élus,
04:30on a offert donc des propositions pour traiter ces PIFAS.
04:34Et on en a déjà mis plein en œuvre.
04:37Donc on a aujourd'hui des unités de traitement de PIFAS dans pas mal d'endroits en France.
04:43Vous voulez aussi devenir un acteur majeur sur le chauffage urbain.
04:46Il y a un gros enjeu sur la décarbonation avec un contrat qui commence en Pologne.
04:51C'est à Poznan, cinquième ville de Pologne.
04:53Là-bas, le charbon, c'est 60% de l'énergie utilisée pour le chauffage.
04:57Donc c'est énorme.
04:58Il y a un marché pour vous très important.
05:00Il y a eu un contrat dernièrement à Paris.
05:02Est-ce que vous pourriez venir sur des villes comme ça, comme Paris, dans le futur ?
05:06Alors on est déjà numéro 1 en Europe du chauffage urbain.
05:09Très présent dans beaucoup de géographies.
05:12Notamment, vous l'avez cité, la Pologne avec Poznan.
05:15C'est une ville de 600 000 habitants.
05:17Historiquement, une ville où on utilisait beaucoup le charbon pour se chauffer.
05:21Et où grâce à tout notre savoir-faire et notre innovation,
05:25on vient d'inaugurer une nouvelle installation
05:27qui remplace le charbon par plein d'autres choses.
05:29Et dans les pleins d'autres choses, c'est essentiellement de l'énergie locale.
05:34C'est de la chaleur inutilisée d'une usine d'à côté automobile que l'on récupère.
05:38C'est de la chaleur d'un data center que l'on récupère.
05:41C'est de la chaleur de l'incinération des déchets parcyclables que l'on récupère.
05:46C'est de la géothermie.
05:48Et donc c'est tout ça qui nous permet de remplacer du charbon.
05:51C'est en gros, on divise par deux l'empreinte carbone de cette installation.
05:57Et ça permet en plus d'être beaucoup plus résilient.
05:59Parce qu'au lieu d'importer des carburants fossiles,
06:02vous avez de l'énergie locale, j'ai envie de dire, bien de chez nous,
06:06qui vient de juste à côté.
06:07Et c'est un facteur aussi de souveraineté, l'énergie locale.
06:11C'est précisément ce que fait Veolia.
06:13Et pour ceux qui se disent, oui, la chaleur, on n'en parle pas si souvent,
06:17vous avez raison, c'est 50% de l'énergie consommée en Europe.
06:22Elle est sous forme de chaleur, que ce soit pour chauffer votre habitation,
06:26mais aussi pour les industriels.
06:27On a besoin de chaleur et pas que d'électricité.
06:30Et Veolia est un leader pour la décarbonation de la chaleur.
06:34Je parlais du réseau de chaleur.
06:35À Paris, c'est Dalkia qui a pris le contrat.
06:38Est-ce que Dalkia, c'est un sujet qui vous intéresse ?
06:40On sait qu'EDF l'a mis en vente.
06:42C'était à vous, auparavant.
06:44Est-ce que ça pourrait revenir dans votre giron ?
06:45Aujourd'hui, on a énormément d'opportunités,
06:48beaucoup à l'international, vous l'avez compris.
06:5180% aujourd'hui de notre chiffre d'affaires à l'international.
06:56Et les opportunités sont très nombreuses.
06:58Pour vous donner quelques chiffres,
06:59notamment sur ce qui sont les succès des résultats de Veolia,
07:04ce qui, en dehors d'Europe,
07:06croît deux fois plus vite que ce qui se passe en Europe chez Veolia.
07:10Et ce qui est plus technologique,
07:12le traitement des déchets dangereux, par exemple,
07:14ou le traitement de l'eau dont on vient de parler,
07:15ça croît là aussi deux fois plus vite
07:17que des métiers plus historiques.
07:19Mais qu'est-ce qu'on doit comprendre ?
07:20Que l'Europe est bridée ?
07:21Que l'Europe pourrait faire aller un peu plus vite.
07:25Pour vous, c'est une question de rapport au temps ?
07:26Je pense que c'est plutôt une question de rapport au temps.
07:29Je veux dire, toute l'ambition européenne
07:31sur les sujets environnementaux, elle est là.
07:33Elle a même très largement montré la voie pendant longtemps.
07:37Il faut passer à l'action et il faut passer à l'action vite.
07:41Il y a parfois un peu de différence entre l'intention et l'action.
07:45C'est le cas, par exemple, de la filière plastique
07:47sur laquelle il y a un sujet avec toute une filière
07:49qui se développe sur le recyclage en Europe,
07:52mais du plastique non recyclé qu'on importe d'autres pays
07:54parce qu'il est moins cher.
07:56Là, il y a un problème de protection de l'Europe
07:58où on n'agit pas sur le plan des réglementations.
08:00Je sais que c'est un sujet qui vous tient à cœur.
08:02Qu'est-ce qu'on peut faire ?
08:03Oui, je vous avoue que j'ai mis un coup de gueule
08:05sur ce sujet il n'y a pas longtemps
08:07parce que c'est une filière qui est en train de mourir.
08:10On a des usines de recyclage de plastique
08:12en France, en Allemagne et partout
08:14qui sont en train de fermer aujourd'hui
08:17avec des emplois à la clé.
08:19Alors pour autant que ce sont des filières industrielles
08:22qui non seulement ont créé de l'emploi
08:24mais permettent de réduire l'empreinte carbone
08:26le tout avec très largement quasiment pas d'argent public.
08:29Donc ce n'est même pas une question de subvention.
08:33Et qu'est-ce qui manque la plupart du temps ?
08:35C'est là aussi la différence entre des directives,
08:39des législations qui ont de l'ambition
08:41sur l'économie circulaire
08:42et le passage en actions concrètes
08:45des décrets d'application, des mécanismes très précis.
08:48Et il nous faut maintenant passer à l'action
08:51pour éviter que cette filière ne se meure
08:54comme elle est en train de le faire malheureusement.
08:56Et vous avez l'impression que l'Europe s'est réveillée.
08:59On a eu ces annonces sur Omnibus,
09:02sur la filière automobile,
09:04des réflexions sur 2035.
09:05Elle est à la hauteur de l'enjeu,
09:08de cet enjeu de vitesse dont vous parlez ?
09:10Je suis une européenne convaincue.
09:11Donc quand je pousse un coup de gueule,
09:13c'est pour contribuer à faire en sorte
09:16que ça change et ça change dans le bon sens.
09:18Il faut qu'on aille plus vite tout simplement
09:20et qu'on ne se prenne pas de mots,
09:24que l'on passe à l'acte,
09:26que l'on soit dans le passage à l'action,
09:29y compris des politiques publiques.
09:30Je crois que c'est plutôt ça le message.
09:33Juste un mot sur la gouvernance de Veolia.
09:34Votre président Antoine Frérot va être renouvelé
09:37à son poste à la prochaine Assemblée Générale.
09:38Ça sera en mai prochain.
09:40Est-ce que vous espériez être PDG de Veolia ?
09:42Je vous dis ça parce que vous auriez été
09:43la première femme au CAC 40 à être PDG.
09:45Est-ce qu'il y a une déception ?
09:47Est-ce que c'est important d'avoir les deux postes ?
09:49Ou désormais, les postes sont complètement dissociés
09:51et peu importe, c'est le directeur général qui décide.
09:53C'est même bien plus que ça.
09:54Moi, je suis ravie qu'Antoine Frérot
09:56ait été reconduit à la présidence
09:58et moi à la direction générale de Veolia.
10:00Ça marche très bien.
10:02On est très heureux tous les deux, je crois,
10:05dans notre rôle respectif.
10:07Les résultats de l'entreprise sont là.
10:09On est en train de transformer le groupe
10:10plus international, plus de technologie.
10:13Donc pour moi, c'est un grand motif de satisfaction.
10:17Merci beaucoup d'être venu ce matin.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations