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  • il y a 1 semaine
Retrouvez le débrief de l'actu du lundi 5 janvier dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Wilfried Galland nous a rejoint. Merci Wilfried d'être avec nous encore en cette nouvelle année.
00:04Directeur général adjoint de Montpensé Arbevel. On a ce débat depuis ce matin avec nos invités.
00:08Est-ce que oui ou non, le pétrole est l'objectif numéro un de Donald Trump dans cette opération vénézuélienne ?
00:14Vous faites partie de l'équipe Philippe Chalmin qui dit plutôt non, ou l'équipe plutôt Raphaël Gallardo
00:18qui dit oui quand on maîtrise le pétrole, on est le roi du monde ?
00:22Clairement oui, mais pas à très court terme. C'est-à-dire qu'effectivement l'impact sur le marché du pétrole
00:26à très court terme sera relativement faible parce qu'effectivement il faut remettre en place
00:30des infrastructures pétrolières au Venezuela. Ce sont des infrastructures pétrolières
00:34qui sont très demandeuses en capitaux. C'est d'ailleurs pour ça que c'est intéressant potentiellement
00:39pour les Américains d'intervenir dans le dossier parce que c'est une industrie
00:44dont la matière première c'est véritablement l'argent. Et on voit que si on compare
00:48les réserves pétrolières du Venezuela et la production du Venezuela et les réserves pétrolières
00:51des Américains et la production des Américains, c'est explosif.
00:55C'est-à-dire que le Venezuela c'est 19% des réserves et c'est 1 million de barils le jour
00:58à peu près de production. Les Etats-Unis c'est 3% de réserves et c'est 18 millions de barils le jour.
01:04Donc vous voyez un peu la différence et la différence c'est l'argent. La différence c'est la capacité
01:07d'investissement. Donc là effectivement il se donne les capacités de peser mais à moyen terme.
01:12Ça va prendre du temps. Donc effectivement à court terme il n'y aura pas de très gros changements.
01:16En revanche il dit clairement le pétrole, en particulier le pétrole américain,
01:19c'est le golf of America, c'est le mien. Et donc c'est moi qui le contrôle, c'est ma zone d'influence,
01:26c'est ce qu'on avait appelé, souvenez-vous, un monde de forteresse, c'est-à-dire la forteresse
01:30Amérique. On parle beaucoup de la doctrine Monroe de 1823 et de Teddy Roosevelt et le Big Stick.
01:36C'est véritablement ça. C'est-à-dire moi mon domaine c'est l'Amérique, y compris d'ailleurs
01:40étendu au Groenland. Et ensuite derrière, faites ce que vous voulez, c'est plus mon problème.
01:45Ou en tout cas on gère entre grandes personnes. La question évidemment après qui va se poser
01:49à nos Européens, c'est est-ce qu'on est invité à la table ou pas ? Mais effectivement le sujet
01:53numéro un c'est celui-là. Après le deuxième sujet, c'est effectivement un sujet de politique
01:58intérieure américaine. Il avait donné une interview à The Atlantic où le titre s'intitulait
02:03The Most Consequential President Ever. Le président qui impacte le plus la vie réelle par rapport
02:11à sa politique. C'est véritablement ça qu'il veut donner comme impact Donald Trump.
02:14C'est-à-dire moi j'ai un impact direct sur le monde et si je dis que je fais des choses,
02:19je les fais et c'est un impact direct. Donc ça effectivement ça change quand même les choses.
02:22Donc c'est le prix à la pompe ?
02:25Exactement.
02:26C'est le prix à la pompe et c'est l'impact vis-à-vis des minorités cubaines.
02:32Parce qu'il ne faut pas oublier que Cuba ne tient que par le pétrole vénézuélien.
02:37Vous enlevez le pétrole vénézuélien, déjà l'économie cubaine ne va pas très bien.
02:41Là effectivement c'est un signal très fort qui est donné en disant je m'intéresse aux minorités qui sont chez moi
02:46et qui sont des minorités très importantes dans un état qui pourrait redevenir un état pivot
02:50en fonction des sondages qui ne sont quand même pas très bons.
02:52Donc là il donne un signal de politique intérieure,
02:55Most Consequential President Ever,
02:57et un signal en disant je m'intéresse non seulement directement au Venezuela
03:00mais à tout mon environnement géostratégique,
03:04on a beaucoup parlé sur cette antenne et vous avez eu raison,
03:06effectivement de l'impact vis-à-vis de la Chine.
03:08On sait que la Chine s'intéresse à l'Amérique latine.
03:10Là clairement il dit je suis prêt à mettre en place des moyens militaires.
03:14Voilà, je suis prêt à mettre en place des moyens militaires
03:16pour éviter que la Chine ne prenne sa part trop importante en termes de matières premières.
03:21Ouverture des marchés Wilfried dans 10 minutes.
03:23Pour l'instant aucun mouvement sur les cours du pétrole.
03:25On s'attend à une ouverture en petite hausse.
03:27La géopolitique ça n'intéresse plus les marchés ou c'est un non-événement ?
03:31En fait la géopolitique n'a jamais vraiment intéressé les marchés.
03:34Ce qu'on voit c'est qu'il y a souvent des impacts à très très court terme,
03:38des impacts un peu épidermiques,
03:39et puis derrière ça se calme très vite.
03:41Même en 2022, même l'opération militaire russe en Ukraine,
03:45même l'invasion de l'Ukraine,
03:47au bout de quelques semaines, quelques mois,
03:50les impacts, y compris d'ailleurs sur le marché de l'énergie,
03:53ont été lissés.
03:54On a eu des impacts très forts à très court terme.
03:56En fait ce que regardent les marchés,
03:58les marchés se projettent à quelques trimestres.
04:00Pas un trimestre, c'est pas vrai, mais quelques trimestres.
04:02Donc là effectivement ce que regardent les marchés,
04:04c'est est-ce qu'à quelques trimestres ça va changer fondamentalement les choses ?
04:07Probablement pas.
04:08Alors effectivement il faudra regarder les cours des raffineurs américains,
04:11il faudra regarder les cours de certaines entreprises de défense,
04:13je pense qu'ils vont effectivement beaucoup monter.
04:17Mais pour le reste en fait ce sont des,
04:18d'un point du marché,
04:20ce sont des petits secteurs.
04:22Voilà, ça va pas faire bouger fondamentalement les indices,
04:24c'est pas comme une annonce Nvidia en fait, pour les marchés financiers.
04:27Qu'est-ce qui pourrait faire bouger les marchés là ?
04:29Donc on reste focus sur la tech,
04:31il n'y a que ça qui nous intéresse ?
04:33En fait c'est la tech,
04:35le consommateur américain,
04:36et l'environnement financier,
04:39c'est-à-dire l'environnement de taux d'intérêt.
04:41Ce sont les trois éléments qui en fait sont des éléments,
04:43qui sont des éléments moteurs aujourd'hui sur les marchés.
04:45Le consommateur américain, Wilfried,
04:48il a eu, Raphaël le redisait il y a quelques instants,
04:50il a quand même des assurances santé qui vont baisser,
04:53il tient un peu la langue.
04:54Oui, alors pour l'instant ça se passe plutôt bien
04:58en termes de consommation aux Etats-Unis.
04:59Il ne faut pas oublier que l'année prochaine,
05:01on va avoir la fameuse Big Beautiful Bill
05:03qui va rentrer effectivement en vigueur,
05:05avec des chèques directement aux Américains,
05:07avec des subventions.
05:08Ça va soutenir quand même la consommation américaine.
05:10C'est ça aussi que les marchés ont acheté,
05:13c'est-à-dire ils ont acheté la capacité de l'économie
05:15à être aussi soutenus par un espèce d'effort fiscal
05:18encore supplémentaire avec le prix de la dette à payer.
05:21Mais finalement ça se passe,
05:22les équilibres se passent plutôt bien
05:23et avec des taux d'intérêt qui sont quand même
05:26plutôt en train de baisser aux Etats-Unis
05:27et avec une fête qui sera naturellement plus accommodante,
05:30finalement ça nous donne un contexte qui est plutôt bon
05:32au niveau général et au niveau global.
05:34On a vu encore que toutes les enquêtes américaines
05:37étaient plutôt bonnes ces derniers jours
05:39sur le moral.
05:41En fait ça se passe plutôt pas mal,
05:42le moral des entreprises,
05:43c'est pas extraordinaire mais ça se passe plutôt pas mal.
05:45Donc les équilibres sont bons.
05:46Reste à savoir si le marché pourra absorber toute cette dette alors ?
05:48En fait la vraie question à la fin c'est ça,
05:50c'est que est-ce que la pression financière
05:53que va faire peser la dette sur les marchés
05:56et donc sur globalement les équilibres
05:57qui vont se passer entre les investissements privés
06:00et la dette publique
06:01ou la dette d'un certain nombre d'entreprises
06:02qui vont fonctionner quand même beaucoup les Etats,
06:04c'est que cette guerre pour l'épargne,
06:05on a beaucoup parlé de guerre géopolitique
06:08et de matières premières,
06:09là la première ressource,
06:11on en parlait,
06:12c'est l'épargne.
06:12Et donc il va falloir effectivement absorber tout ça.
06:15On va peut-être avoir des secteurs qui vont souffrir
06:17parce qu'ils vont avoir besoin de beaucoup trop de capitaux
06:19avec des rentabilités beaucoup plus éloignées.
06:22On espère que ce ne sera pas la technologie
06:23parce que si c'est la technologie,
06:24alors les impacts marchés seront quand même très importants.
06:26Et là si on a des impacts marchés,
06:28au-delà de notre petit secteur qui m'intéresse quand même beaucoup,
06:31ce sera effectivement un impact direct sur la consommation
06:33et donc un impact direct sur l'économie.
06:35Et où est l'épargne aujourd'hui en Europe ?
06:37L'épargne, en fait l'épargne elle est partout.
06:39Elle est partout, y compris d'ailleurs aux Etats-Unis.
06:41L'épargne des entreprises reste importante.
06:44On parle beaucoup des épargnes des ménages,
06:47mais l'épargne des entreprises reste importante.
06:48En revanche, effectivement l'épargne,
06:50on en a beaucoup en Europe.
06:51Il faut redonner confiance dans l'économie européenne,
06:53c'est quand même pas simple.
06:53Alors justement, ça nous fait une transition avec le budget français.
06:56Maude Bréjean dit à l'instant sur BFMTV,
06:58il y aura un budget à la fin du mois.
07:00Ça commence à être long.
07:01Oui, et puis on a l'impression que l'économie est passée
07:05d'une certaine manière à autre chose.
07:07C'est-à-dire qu'on se rend compte qu'à la fin,
07:10qu'il y a un budget qui n'est pas de budget,
07:11tout le monde finit par vaquer un peu à son propre business
07:15en disant on verra bien ce qui va se passer.
07:18Mieux vaut pas de budget ou un budget à minima
07:21que des horreurs.
07:22Que des horreurs.
07:23Et donc finalement, ce que nous semble nous proposer
07:27la situation actuelle, c'est que finalement,
07:29on va avoir un budget à minima,
07:31avec moins d'envolée fiscale que ce qu'on pouvait avoir,
07:36craint, avec peut-être moins de capacité aussi
07:39de soutenir l'investissement que ce qu'on voulait
07:41à l'origine dans certains milieux économiques.
07:44Mais ce sera peut-être un moindre mal.
07:46Et donc on peut penser qu'effectivement,
07:47à la fin du mois, on sera enfin capable
07:49de penser à autre chose.
07:50C'est vrai que quand on regarde les différences de focale
07:54pendant ces trois heures de la matinale,
07:56entre les matières premières, la géopolitique,
07:59ce qui est en train de se passer aux Etats-Unis,
08:00et puis nous, notre petit problème de budget,
08:02ce serait temps qu'on arrive là aussi
08:03à passer à autre chose.
08:05Donc je résume, sur l'année 2026,
08:08la tech, le consommateur américain
08:10et le marché obligataire.
08:11Et le marché obligataire, exactement.
08:12Donc l'émission allemande,
08:13puisque c'est ça qu'on attend.
08:13Voilà, exactement.
08:15Ça va être le premier test.
08:16Et l'émission française aussi,
08:17qu'on va avoir aujourd'hui.
08:19Mais nous, on n'a que 300 milliards d'euros
08:21de dettes à émettre.
08:22Les Allemands, c'est 500, non ?
08:23Alors, cette année, les Allemands,
08:25ça va être 360, oui, un truc comme ça.
08:27Leur programme global, c'est 500.
08:30Mais cette année, ça va être 360, un truc comme ça.
08:31Merci beaucoup Wilfried d'être venu ce matin
08:33dans la matinale de l'économie.
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