00:008h47, Robin Rivaton, le président de Sonalé Essayiste, nous a rejoint pour débriefer l'actualité.
00:05Robin, on commence quand même avec une année sur les chapeaux de roue du côté de l'intelligence artificielle.
00:09Alors c'est le CES en ce moment, donc il y a eu la keynote de Jensen Nguyen, il y a eu Lenovo cette nuit
00:14avec déjà des annonces dans les puces et puis cette levée de fonds annoncée par Elon Musk de 20 milliards de dollars pour XCI.
00:21Ça continue, le driver c'est la tech.
00:23Et oui, l'orchestre continue de jouer, effectivement, Nvidia annonce sa nouvelle génération de puces,
00:30les Rubin qui succident Blackwell avec des performances toujours plus impressionnantes.
00:35De l'autre côté, on a des acquisitions qui se poursuivent, on pense à Meta qui a racheté le chinois devenu singapourien Manusseye pour 2 à 5 milliards de dollars.
00:47On a des investisseurs qui continuent d'être présents au méga appel de fonds.
00:53Vous parliez de XCI, mais aussi on a Databricks qui est en train de faire une grosse levée actuellement.
01:00On a OpenAI qui continue de faire des deals qu'on ne voit pas nécessairement mais qui collectent.
01:05On a Amazon qui a décidé d'investir 10 milliards dans OpenAI.
01:09Donc on voit bien que la fameuse ramification dont on parlait, tout le monde est lié à tout le monde, elle se poursuit encore plus.
01:13Amazon était très lié anthropique jusqu'à présent et maintenant en mettant 10 milliards chez OpenAI, ils sont tout le monde et chez tout le monde, on va dire.
01:21Donc la musique continue, c'est très impressionnant quelque part parce que les perspectives économiques de monétisation, de rentabilisation,
01:32pour l'instant ne sont pas encore évidentes pour grand monde.
01:35Non, mais on voit des grosses annonces par exemple dans la voiture autonome ou avec des puces encore plus puissantes.
01:39On mise sur Mercedes, il y a des partenariats qui se font entre OpenAI et puis d'autres constructeurs automobiles.
01:47On voit quand même des évolutions sociétales importantes.
01:50Bien sûr, c'est ce que Nvidia essaie un peu de surfer cette nouvelle vague aussi avec ses annonces autour de ce qu'on appelle des modèles physiques.
01:59Donc sortir des modèles simplement de langage étendu qui fonctionnent sur des mots,
02:03mais essayer d'avoir des modèles qui comprennent le monde extérieur.
02:06Donc Nvidia commence à beaucoup se baser là-dessus.
02:10On a la fameuse startup de Yann Lequin qui essaye de dire que les modèles de langage étendu,
02:16ce n'était pas une impasse, mais en tout cas c'est une voie qui n'a pas d'avenir plus que ça en intelligence artificielle.
02:21Donc il va falloir aller trouver ces nouveaux modèles.
02:23Donc on voit bien que pour l'instant, il y a toujours des investisseurs qui croient à cette thèse-là
02:29et donc qui amènent de l'argent puisqu'encore une fois, toutes ces entreprises,
02:32hormis Nvidia qui est un peu le gagnant ultime, mais sont déficitaires dans ces activités-là.
02:35Donc il y a toujours des investisseurs qui viennent dans l'espoir que la grande transformation du monde
02:41qui va accoucher de ça, et vous parliez de la voiture autonome, c'est sûr que la voiture autonome,
02:45lorsqu'elle deviendra à l'échelle, elle aura des impacts absolument gigantesques sur le monde.
02:51On parle d'une levée de fonds actuellement de Waymo, d'un listing, une introduction en bourse de Waymo,
02:56la filiale de voitures autonomes de Google, d'Alphabet, de 100 milliards de dollars.
03:01Donc on voit bien qu'il y a quand même de la possible création de valeur derrière.
03:04Mais on est encore un petit peu en avance de phase, c'est-à-dire qu'on investit beaucoup d'argent
03:08dans des cas d'usage qui doivent en rapporter d'ici 3, 4, 5, 10 ans.
03:13Et ça, on ne sait pas trop encore quelles sont les chances.
03:15Et moi, j'invite toujours un point quand même important à garder à l'esprit.
03:18La disruption sociale qui peut naître de ces disruptions technologiques,
03:24on n'en a pas encore mesuré la tolérance de nos sociétés.
03:27La voiture autonome, c'est plusieurs centaines de milliers d'emplois qui peuvent disparaître.
03:32Et donc aujourd'hui, la technologie pourra être disponible, son acceptation sociale
03:38et donc la validité par les pouvoirs publics pour qu'elle se diffuse n'est pas encore gagnée.
03:43C'est vraiment quelque chose qui est important.
03:44Donc il pourrait y avoir, selon vous, des rejets de technologie ?
03:47On l'a déjà vu dans l'histoire.
03:48On met des plots sur des voitures autonomes.
03:51Non, non, non, des interdictions formelles.
03:53On l'a vu avec des évolutions dans le passé, même si on prend l'histoire au temps long,
03:57l'arrivée de l'électricité, je ne vais pas faire la révolte des canuts ou des ludites
04:01à la fin du début du 19e siècle.
04:04On a des mouvements, les sociétés sont quand même relativement conservatrices au changement.
04:08Et là, la puissance de ces technologies, parce que ces technologies sont absolument révolutionnaires,
04:13peuvent causer des disruptions sociales que nous ne sommes pas prêts à tolérer.
04:17Entre temps, le monde a changé depuis que Donald Trump est allé capturer Nicolas Maduro.
04:21C'est quoi votre lecture sur la nouvelle organisation du monde ?
04:25Ma lecture, c'est qu'en fait, nos sociétés sont en train d'oublier la Seconde Guerre mondiale
04:31et ce qui en est né, c'est-à-dire le droit international.
04:34La Seconde Guerre mondiale a été un traumatisme pour l'ensemble du monde
04:38et en est né quelque chose qui n'avait pas réussi à naître après la Première Guerre mondiale.
04:42On pense au pacte de Wilson, tout ça a échoué.
04:44Il a fait la Seconde Guerre mondiale pour qu'on se dise, en fait, maintenant,
04:46il faut un ordre international avec un droit international.
04:49Et ce souvenir, il a 80 ans, 90 ans, donc on est à deux générations, trois générations.
04:54Et l'être humain a cette capacité fascinante d'oublier les choses.
04:58Et donc, il est en train d'oublier ça et revient la logique la plus primaire qui soit,
05:02la loi du plus fort, en disant, mais en fait, pourquoi moi, le plus fort,
05:06je me prive de prendre ce que je veux si je peux le faire ?
05:08Et c'est valable, évidemment, Donald Trump, on est un peu l'exemple le plus abouti.
05:13Mais je recite souvent cet exemple.
05:15Au début de l'année, il y a le président de la Chambre de l'Assemblée nationale des Pays-Bas
05:21qui, devant l'ambassadeur de France, a dit, on n'a qu'à se partager la Belgique.
05:24Vous prenez la Wallonie, nous on prend la Flandre.
05:27C'est par personne, c'est le président de l'Assemblée nationale néerlandaise.
05:31Donc, on voit bien que cette tentation de dire la loi du plus fort doit prévaloir
05:34est une tentation qui est en train de se diffuser à l'échelle du monde.
05:38Et une fois que quelqu'un voit un leader le faire, il se dit, mais pourquoi pas moi ?
05:43Quand on a vu les Israéliens pouvoir aller briser l'extraterritorialité,
05:46comme ils l'ont fait au Qatar, par exemple,
05:48évidemment, ça donne des idées derrière à beaucoup de gens.
05:52Et donc, je crains que nous sommes vraiment passés dans cette période
05:55où on a oublié ce souvenir de ce traumatisme qui a été la Seconde Guerre mondiale.
05:59C'est loin, c'est diffus, c'est rangé au même titre que la guerre de 100 ans,
06:01la Seconde Guerre mondiale, c'est terrible, mais c'est ça.
06:04Et donc, aujourd'hui, ça impose la loi du plus fort.
06:05Vous y faites un lien avec potentiellement la Chine qui pourrait avoir du coup une porte ouverte pour Taïwan
06:10ou ça n'a rien à voir ?
06:11C'est possible. En tout cas, dans ce contexte-là, et ce n'est pas que, encore une fois,
06:14nous, on regarde les gros cas, mais le Venezuela était à deux doigts d'envahir le Guyana,
06:18qui est son voisin riche en pétrole.
06:19Donc, le sujet de cette loi du plus fort, elle vaut pour le plus plus fort,
06:24mais elle vaut pour celui qui est juste un peu plus fort que le dernier de la classe.
06:27Donc, malheureusement, c'est quelque chose qui va se diffuser à l'échelle du monde.
06:31Et plus on montre qu'il n'y a pas de sanctions face à ce type de comportement,
06:36plus les institutions multilatérales vont continuer de s'effilocher.
06:38Merci beaucoup, Romain Hématon, d'être venu ce matin dans Good Morning Business.
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