- il y a 2 mois
Vendredi 7 novembre 2025, retrouvez Sophie Talbot (Directice Générale, Interloire), Laurent Ligonniere (Vigneron, Domaine des Deux Moulins) et Guillaume Duthoit (Chef de Produit Bières, Vins et Spiritueux, Le Fourgon) dans LA LOIRE EMBOUTEILLE, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:00Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce troisième épisode du podcast La Loire en bouteille,
00:14toujours au cœur des vignes du domaine de Haute-Perche dans le Val-de-Loire, près d'Angers.
00:19Nous poursuivons notre série de podcasts consacrés au réemploi dans les vins de Loire,
00:23en abordant cette fois-ci une question centrale, le rôle du consommateur.
00:27En effet, la circularité de la bouteille n'existe que si un geste clé est accompli, le retour de la bouteille.
00:34Alors comment embarquer le consommateur dans cette démarche ?
00:37Comment le sensibiliser, l'encourager à s'engager dans cet acte citoyen ?
00:41Pour en parler, nous accueillons trois invités qui partageons avec nous leurs expériences terrain,
00:46leurs solutions concrètes, le fruit de leurs échanges quotidiens avec celles et ceux qui dégustent le vin.
00:51Je rappelle que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
00:54C'est parti pour La Loire en bouteille.
00:55Pour ces échanges, je suis ravie d'être entourée de trois personnes actives sur cette question.
01:01Laurent Ligonnière, vous êtes vigneron en domaine des Deux-Boulins.
01:04Merci beaucoup d'être avec nous.
01:06Guillaume Dutoit, vous êtes chef des produits bière, vin et spiritueux au fourgon.
01:10Merci d'être avec nous.
01:11Et Sophie Talbot, vous êtes directrice générale d'Interloir.
01:14Merci d'être avec nous.
01:15Merci à vous.
01:15Guillaume Dutoit, je me tourne tout d'abord vers vous parce que c'est vrai que quand on parle de réutilisation de vin,
01:22on pense assez facilement à consigne, mais ça peut être différent.
01:26Est-ce que tout d'abord, vous pouvez nous expliquer le concept du fourgon et nous expliquer cette différence ?
01:31Très bien.
01:31Le fourgon, ça a été créé il y a un peu plus de quatre ans dans le Nord.
01:34L'idée, c'était de relancer la tournée du brasseur ou du laitier qui existait à l'époque,
01:39mais en la modernisant, en livrant les clients à domicile de tout type de produits consignés,
01:43d'abord de la boisson, dont du vin et d'autres types de produits également.
01:47Et du coup, à chaque livraison, on récupère les contenants vides pour que ça parte au lavage
01:52et non plus au recyclage, la poubelle pourrait être recyclée.
01:55Et donc, en effet, la différence entre le réemploi, le lavage et la consigne,
02:00c'est que la consigne, ça va être une caution en fait sur le contenant
02:04pour inciter les clients à ne pas jeter le contenant.
02:08Du fait qu'ils vont avoir une caution financière dessus,
02:12ça va leur permettre de les inciter à bien mettre de côté le contenant
02:17et non pas la poubelle.
02:18Là où le réemploi et donc le lavage, c'est le fait que le contenant soit lavable
02:24avec un contenant assez lourd pour être lavé et une étiquette qui s'en va au lavage,
02:28donc hydrosoluble.
02:30C'est un concept le plus large en fait, le réemploi.
02:34Voilà, c'est ça.
02:34Alors que la consigne, c'est vraiment la caution financière en fait sur le contenant.
02:37D'accord.
02:38Laurent Ligonier, alors au domaine des deux moulins,
02:41à quel moment est-ce que vous avez choisi de passer à cette étape du réemploi
02:46et pour quelles raisons est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu
02:48l'histoire du domaine à ce niveau-là ?
02:50Tout à fait.
02:51On a commencé début 2023 à mettre toutes nos bouteilles réemployables
02:55et ça a été le fruit d'une réflexion où on a commencé en agriculture biologique
02:59fin de 2018 et on s'est demandé comment faire pour aller un peu plus loin
03:03dans la diminution de l'impact environnemental.
03:06Et la Chambre d'agriculture nous a accompagnés en faisant un bilan carbone de l'entreprise
03:11et on s'est rendu compte que la moitié de nos émissions carbone en tant que domaine viticole
03:15était liée à l'utilisation de la bouteille.
03:18Donc on s'est dit, et à ce moment-là...
03:20Et ça, à ce niveau-là.
03:21Exactement.
03:21On avait un vrai levier d'action dans la mesure où, en plus de ça,
03:23une filière se mettait en place.
03:25Avec bout à bout chez nous, mais en fait, France Consigne en général.
03:28Bout à bout, je rappelle que c'est l'entreprise qui fait le lavage.
03:34Qui fait le lavage, qui centralise le lavage dans notre région à nous.
03:37Donc qui vient collecter et laver.
03:39Et c'était du coup possible de réemployer nos bouteilles.
03:43Et donc on s'est dit, passons au réemployable.
03:46Et l'avantage que le réemployable a, c'est que ça peut diviser par 5 les émissions de CO2.
03:51Ça divise par 4 l'énergie et par 2 l'eau.
03:54Et donc on s'est dit, mais il faut absolument qu'on y aille.
03:56Donc on est parti dans ce sens-là.
03:58Depuis 2023 donc.
04:00Sophie Dalbeau, qu'est-ce que vous remarquez de votre casquette d'interloir ?
04:06Qu'est-ce qui peut être déterminant pour faire que le consommateur soit engagé dans cette boucle ?
04:12Parce que finalement, si le consommateur ne ramène pas la bouteille, tout cet effort que vous faites, vous vignerons, est perdu.
04:19Oui, tout à fait.
04:20Je pense que déjà, ce qui peut être déterminant, c'est faire en sorte que l'offre existe.
04:24C'est le meilleur moyen pour que petit à petit, un réflexe s'instaure et que le consommateur soit familier avec le réemploi.
04:33Donc nous, au niveau d'interloir, c'est l'interprofession des vins de Loire.
04:36Ça regroupe 2500 opérateurs.
04:39Donc quand je dis opérateur, ça veut dire vignerons, maisons de négoces, caves coopératives.
04:45Donc on est assez nombreux.
04:46Le territoire est vaste, ça couvre 34 appellations d'origine protégée.
04:50Et puis une indication géographique protégée, l'IGP Val-de-Loire, 42 000 hectares de vignes, du Nantais à de Nant-Tablois.
05:00Donc Nantais, Anjou, Saumur, Touraine.
05:02Voilà, il faut que vous ayez un petit peu le panorama.
05:03Et donc au niveau d'interloir et des vins de Loire, on était bien conscients de cette notion de l'importance en fait de passer à l'échelle
05:13pour faire en sorte que le consommateur puisse avoir une offre étoffée, un véritable choix
05:18et que le réemploi puisse être un argument supplémentaire pour le consommateur pour aller choisir une bouteille
05:27plutôt qu'un choix dicté par le réemploi.
05:30Ça, ça nous semble essentiel.
05:31Donc effectivement, faire en sorte que cette offre existe en rayon, ça veut dire embarquer un maximum aussi de metteurs en marché,
05:39d'acteurs des vins dans la démarche pour qu'en rayon, au caveau, au restaurant, chez le caviste,
05:47le consommateur puisse être confronté à des bouteilles réemployables.
05:50C'est-à-dire que ce qui est très important, c'est que l'offre de choix au sein des bouteilles réutilisées soit très variée.
05:58Est-ce que c'est vrai que la personne, si elle commence à devoir choisir qu'un seul type de vin, etc., ça risque d'être embêtant pour le consommateur ?
06:05Oui, tout à fait, exactement.
06:07Et c'est vrai que ça donne d'ailleurs encore plus de sens au fait que ce soit les vins de Loire qui se lancent peut-être les premiers en termes de région viticole,
06:15fortement dans la démarche de réemploi.
06:17Les vins de Loire, c'est aussi la richesse et la diversité qui fait notre différence, puisqu'on couvre des rosés, des blancs, des rouges, des bulles, des vins secs, des moelleux, des licoreux.
06:33Donc c'est vrai que c'est une chance, je pense, pour la filière vin, qu'on puisse avoir une région telle que la nôtre qui se lance dans le réemploi.
06:38C'est que d'emblée, à partir du moment où le pari va être réussi, on aura embarqué suffisamment d'opérateurs dans la démarche, le consommateur sera à même d'avoir du choix déjà au niveau des vins de Loire.
06:48Guillaume Dutoit, du coup, vous, comme les consommateurs se tournent vers le fourgon, ils sont déjà très embarqués, très éduqués sur cette question-là, ou au contraire, vous devez faire quand même beaucoup de pédagogie ?
06:59Il y a quand même de la pédagogie. En fait, les consommateurs viennent chez nous avant tout pour le service, le fait de pouvoir être livré à domicile sur des caisses lourdes, enfin des produits lourds,
07:07puis de cacher son pack en supermarché, ils peuvent être livrés à domicile.
07:10Ah d'accord, donc c'est pas tout de suite l'empreinte carbone.
07:12Voilà, et les services également de ne plus devoir gérer sa poubelle, parce que du coup, ce n'est plus un déchet, mais c'est un contenant qui va être lavé et réutilisé plusieurs fois,
07:20vu que c'est que des contenants réemployables, comme on disait. Et donc, il y a toute une éducation à faire, une sensibilisation des consommateurs,
07:26de d'abord leur expliquer tout le process, toute la démarche. Donc, un nouveau client qui se connecte sur le site, si tout se passe en ligne, soit sur l'application, soit sur le site internet,
07:33on lui explique tout le procédé, tout le déroulé, les différentes étapes de 100% de frais employables livrés à domicile rapidement, récupérés à la livraison suivante.
07:44Et après, c'est un cursus qui va se poursuivre via des newsletters qui expliquent aussi qu'il faut bien ramener des bouteilles,
07:53idéalement même les laver pour que ça se lave mieux, enfin les rincer à l'intérieur, pour sensibiliser des gens qui ne sont pas encore chez nous,
07:59ça peut être aussi par des vidéos sur Instagram ou quand on a été diffusé plusieurs fois dans des JT par exemple.
08:06Donc, les médias relaient aussi tout notre process, notre message et permettent d'expliquer du coup aux clients la démarche qu'on fait
08:13et qu'on peut consommer de manière réemployable, zéro déchet, facilement à la maison.
08:19Et ça prend bien, les gens jouent le jeu, vous savez que si vous avez un fort taux de retour de vos contenants ?
08:27Oui, ça joue bien le jeu, on a 97% des croquements qui sont récupérés.
08:33Vous savez à peu près la moyenne, c'est beaucoup plus fort que les autres acteurs ?
08:37En magasin, c'est plutôt 30% en moyenne.
08:40Nous, le fait de ne pas devoir ramener en magasin ses contenants, mais qu'on vient les chercher à domicile,
08:46c'est super facile pour les clients.
08:48Avant, ils mettaient la bouteille dans son bac de tri, maintenant ils met dans la caisse le fourgon
08:52et puis à chaque fois qu'on livre le client, on récupère.
08:55Et donc, c'est devenu un mécanisme facile qui fait qu'on récupère globalement tout ce qu'on livre.
09:00Et après, la caution dont on parlait au début, la consigne, incite également les clients à ne pas les jeter
09:06pour ne pas perdre la valeur de la consigne qui est mise sur les caisses et sur les contenants.
09:12D'accord, qui récupère un petit peu après.
09:14Voilà, et donc à chaque fois qu'on récupère la caisse, on la scanne, on dit le client nous a rendu cette caisse-là
09:19avec X contenants à l'intérieur, c'est une caisse pleine ou pas, peu importe.
09:23Et donc, on recrédite ce montant de la consigne sur sa cagnotte qui pourra réutiliser à la commande suivante.
09:29Laurent Ligonier, vous, comment est-ce que vous interagissez avec vos consommateurs ?
09:32J'imagine d'abord ceux qui viennent au domaine.
09:36Comment est-ce qu'ils réagissent quand vous dites qu'ils vont devoir revenir avec la bouteille ?
09:41Eh bien, globalement bien parce qu'on est nos propres meilleurs ambassadeurs.
09:45C'est-à-dire qu'on est convaincu du sujet que nos bouteilles sont réemployables et on veut qu'elles soient réemployées.
09:51Donc, on en parle aux personnes qui viennent et on leur met un petit programme fidélité.
09:54On n'a pas de consigne monétaire en place et on voit que du coup, c'est limitant parce qu'on n'a pas autant de retours
09:59que l'avoir Guillaume et le fourgon en général.
10:02Mais par contre, juste, on a une consigne morale en place.
10:06C'est-à-dire qu'on leur dit revenir avec vos bouteilles vides et puis vous repartirez avec des plaines.
10:10Comme ça, c'est aussi très sympa.
10:11C'est parce qu'en général, quand ils viennent, c'est ici pour ça.
10:13Mais il faut qu'ils séparent ces bouteilles-là et on ne reprend pas forcément que nos bouteilles,
10:18on reprend toutes celles qui ont le logo du réemploi.
10:21D'accord.
10:21Ok.
10:22Et donc, les gens jouent le jeu et vous...
10:23Oui, ça dépend.
10:24Et donc, est-ce que vous êtes aussi en...
10:28Vous livrez aussi des professionnels ?
10:30Tout à fait.
10:30Et cela, est-ce que c'est différent ?
10:32Parce que là aussi, vous devez leur demander de ramener les bouteilles.
10:35Tout à fait.
10:35Donc, on n'a pas la...
10:37En fonction de la personne et de sa clientèle,
10:40les professionnels, du coup, vont dépendre de sa clientèle si elles sont plus ou moins sensibilisées au sujet.
10:44On a deux types de professionnels.
10:46On a des professionnels qui sont des restaurateurs.
10:49Les restaurateurs, c'est super parce qu'ils sont déjà habitués à la consigne des bouteilles
10:53avec d'autres produits, type des softs ou des eaux minérales.
10:56Donc là, on peut récupérer au moins 90% des bouteilles
10:59et c'est super dans la mesure où notre distributeur, qui est l'intermédiaire, joue le jeu
11:02et qu'on livre aussi en casier.
11:04Et là où c'est le plus difficile et le plus...
11:09Enfin, où on a besoin de s'adapter, c'est les clients revendeurs.
11:13Donc, c'est-à-dire des petits magasins en ville, qui sont soit des cavistes,
11:16soit des petites épiceries bio, vrac locales,
11:18qui, eux, vont aller vendre à des clients qui vont utiliser leur bouteille après.
11:23Et c'est beaucoup plus facile dans les épiceries bio, vrac locales,
11:26parce que la clientèle est déjà sensibilisée,
11:29parce qu'on est toujours sur une consigne morale,
11:30donc il faut que les gens les ramènent parce qu'ils sont convaincus,
11:32que chez un caviste où, du coup, c'est des gens qui viennent chercher du vin,
11:35mais pas forcément les limiter leurs déchets.
11:37Oui, c'est vrai que vous avez prononcé le mot local.
11:40J'imagine que ça, c'est un élément fort qui va permettre aussi...
11:44Jouer local, ça va permettre de solliciter plus facilement le retour.
11:49Oui, alors, bien sûr, parce que plus on est proche de nos clients,
11:52plus c'est facile de communiquer avec eux pour que, après,
11:54dans la mesure où, encore une fois, c'est une consigne morale,
11:56eh bien, ils soient convaincus que les ramener, c'est bien.
11:59Mais on a aussi nous fait ce choix au domaine
12:01parce que c'est le dernier levier qui nous permet de limiter notre impact environnemental,
12:06parce que 50% des émissions carbone, c'est la bouteille,
12:09mais 40% c'est le carburant.
12:11Donc, en fait, faire attention à tout notre impact sur nos bouteilles
12:14et, à la fin, les exporter, ça n'a pas de sens,
12:17sachant qu'exporter, elles ne seront pas réemployées.
12:19Donc, le local, pour nous, c'est 200 km max,
12:22mais le réseau de consignes français est mis en place
12:24pour que ça marche sur le territoire national.
12:26Oui, c'est ce qui va être important.
12:28Sophie Atalbo, sur le plan pédagogique,
12:31comment est-ce que vous arrivez à sensibiliser
12:33vraiment le consommateur pour qu'il adopte ce geste ?
12:36Oui, effectivement, je rejoins Guillaume là-dessus.
12:38La pédagogie, c'est vraiment quelque chose de clé.
12:41Aujourd'hui, il y a un gros travail à mener
12:44pour que les consommateurs soient informés,
12:47comprennent en quoi consiste le réemploi
12:49et soient convaincus de l'utilité du réemploi.
12:52Et nous, justement, c'est ce qui nous a séduits aussi
12:55dans l'appel à projet qui a été lancé par ADEF Citeau en 2024.
12:59Dans le cadre de cet appel à projet,
13:01il y avait la possibilité soit de candidater
13:05avec un projet à titre individuel,
13:07projet de réemploi avec une submersion de 50%,
13:09soit sinon de créer un consortium d'acteurs.
13:14Et en fait, en créant un consortium,
13:16on était alors éligible chacun des membres du consortium,
13:19donc chacun des acteurs, que ce soit un domaine,
13:22une CAF coopérative, une maison de négoce,
13:25chacun sont accompagnés à hauteur de 70%
13:27sur leur projet de réemploi.
13:29Donc ça, c'est intéressant.
13:30Et la deuxième chose, justement,
13:31c'est qu'aussi le fait de constituer ce consortium
13:33crée la possibilité de venir également
13:38enrichir le dossier avec une campagne de communication,
13:42éligible également à la subvention ADEF Citeau.
13:45Donc c'est ça aussi qui nous a séduits dans le projet.
13:47Et donc on a créé ce consortium Vingt-de-Loire,
13:52constitué par 10 acteurs des Vingt-de-Loire en 2024.
13:57Et donc grâce à cette opportunité,
14:00on a pu créer des affiches pour essayer
14:03de promouvoir ce geste de retour
14:06qui est clé dans le réemploi auprès du grand public.
14:09Et puis également, on a fait des petits clips
14:12disponibles sur les réseaux sociaux.
14:13Donc vous pouvez aller voir sur le site Interloire
14:17et les Vingt-de-Loire sur les réseaux sociaux,
14:20sur LinkedIn notamment.
14:22Donc des petits clips qui décomposent un petit peu
14:24les différentes étapes de la boucle du réemploi
14:26et en quoi le consommateur joue un rôle clé
14:29en allant retourner sa bouteille.
14:32Donc ce fameux geste du retour qui est essentiel.
14:35Donc effectivement, la pédagogie,
14:36on la joue par ce biais-là de manière directe.
14:38On essaye à notre échelle.
14:39Et puis aussi, le choix de s'engager,
14:43c'est même complètement nouveau dans la filière 20.
14:47On est la seule région d'ailleurs à s'être constituée candidat
14:51et à être retenue dans le cadre de l'appel à projets
14:53encore plus de réemploi.
14:55Donc les Vingt-de-Loire jouent le jeu, s'engagent.
14:57Des friches.
14:58Et ça, c'est essentiel pour que l'offre existe, on l'a dit,
15:02mais aussi pour pouvoir bénéficier
15:05de toute la campagne nationale
15:07qui a lieu sur le réemploi.
15:09Je ne parle pas du vin,
15:10je parle vraiment de manière générale,
15:12que ce soit sur les boissons, l'épicerie, la conserverie.
15:16Donc nous, on a voulu aussi saisir cette opportunité
15:19sur 2024-2025,
15:21là où vraiment, en France,
15:23on est en train de cranter quelque chose sur le réemploi,
15:25pour pouvoir utiliser cette caisse de résonance nationale
15:28pour venir aussi porter le message
15:30que c'est possible aussi d'acheter une bouteille de vin réemployable,
15:36même s'il y en a encore peu.
15:38Donc j'espère que notre initiative fera boule de neige
15:40et que d'autres régions de vin aussi en France
15:42se lanceront sur le réemploi.
15:43Oui, on va revenir après à cet aspect national.
15:46Je me tourne peut-être vers vous trois.
15:48Est-ce que vous avez concrètement l'impression
15:51qu'il y a une phrase, un truc qui fonctionne bien,
15:54qui fait que ça provoque le déclic
15:57dans la tête du consommateur ?
16:00Est-ce qu'il y a quelque chose, une phrase ?
16:03Ou alors c'est vraiment les réseaux sociaux,
16:05c'est les plus jeunes ?
16:06Comment est-ce que...
16:07Où est-ce que ce site se déclic ?
16:10L'important, je pense, c'est de permettre au client
16:13de répondre à son besoin,
16:15donc le besoin en produit,
16:17avec la réponse derrière réemploi et zéro déchet.
16:20Et c'est vrai que derrière,
16:20quand on ajoute en plus ce côté service
16:23comme on peut avoir
16:23ou comme il y a d'autres initiatives
16:25qui sont mises en place,
16:26derrière, il y a toutes les réponses
16:28qui font que le client est content
16:31de consommer de manière employable,
16:33zéro déchet.
16:35Et c'est même la petite cerise sur le gâteau,
16:37le fait qu'il n'y ait pas de déchet
16:38avec cette consommation-là.
16:40S'il y a le bon produit avec le bon service
16:42et en plus zéro déchet,
16:43c'est quand même idéal.
16:45Guillaume Dutoit,
16:45vous travaillez majoritairement
16:47pour des consommateurs privés.
16:49Est-ce que vous travaillez aussi
16:50pour la grande distribution ?
16:52Alors en effet, le fourgon,
16:53ça a été lancé pour les particuliers.
16:55Ça représente à peu près 85% de la clientèle.
16:58Mais il y a également des clients pro
16:59type traiteurs
17:01ou un peu de sachets, etc.,
17:02qui ont également besoin
17:04d'une offre zéro déchet livrée chez eux.
17:07Et la grande distribution, du coup,
17:08récemment, nous sollicite également
17:09pour lancer des rayons consignés en magasin.
17:12Le fait qu'on ait une offre très large,
17:15tout en contenant réemployable,
17:16c'est vachement facile
17:17parce qu'on peut livrer, du coup,
17:18des magasins ou des drives
17:20directement.
17:23Et dès qu'ils récupèrent
17:24les contenants vides des clients,
17:25ils remettent dans les caisses le fourgon.
17:26Et nous, dès qu'on les relivre,
17:28on récupère comme un client particulier.
17:30Et ça marche pas mal.
17:31On a fait un test avec un drive
17:33il y a six mois.
17:34Ils ont un taux de retour
17:34de 65% déjà.
17:36D'accord.
17:37Alors qu'il y a un décalage plus long
17:38que nous quand on va en direct.
17:38Oui, forcément, il y a un intermédiaire du coup.
17:40Le temps qu'ils ramènent au drive
17:41pour qu'on récupère.
17:42Donc, c'est assez encourageant.
17:44Ça montre qu'avec un bon service derrière,
17:46et je pense que le drive,
17:47le fait que les clients
17:48aient juste à mettre dans leur coffre
17:51les contenants vides,
17:51c'est aussi facile.
17:53Plus que d'aller mettre
17:54même dans une poubelle,
17:55une bulle à verre,
17:55les déchets,
17:57permet d'avoir des bons taux de retour.
17:58Oui.
17:59Qu'est-ce qu'il vous manquerait
18:00pour vraiment vous déployer
18:01à grande échelle
18:02sur tout le territoire national ?
18:06Oui, ça demande pas mal
18:07de financement quand même
18:08d'ouvrir des entrepôts
18:09pour pouvoir livrer les clients.
18:10Et l'idée, c'est de proposer
18:11nos services au maximum de monde.
18:13Donc, soit en direct
18:14via des entrepôts
18:15qui livrent à peu près
18:16à 50 km à la ronde,
18:18ou soit des revendeurs,
18:19du coup, type des magasins
18:21ou des drives
18:21qui peuvent revendre
18:22notre offre consignée.
18:24Et donc, c'est tout le travail
18:26de démarchage, de partenariat
18:28et de développement à ce niveau-là.
18:30Puis, Sophie,
18:31il y a un projet quand même national
18:32qui s'appelle Rius
18:33qui est en place.
18:34C'est quand même assez porteur
18:35pour s'adapter un écho forcément
18:38dans la région.
18:38Et aussi, la région
18:40peut avoir un écho aussi national
18:44de votre déploiement régional.
18:47Oui, tout à fait.
18:49Rius, c'est une démarche
18:50qui a pour but
18:50d'accompagner le déploiement
18:54à grande échelle
18:54du réemploi en France.
18:55Ça concerne, pour le coup,
18:58toutes les filières,
18:59que ce soit les boissons,
19:01les bières, l'épicerie,
19:04la conserverie.
19:05Donc, c'est très large.
19:07Et effectivement, c'est intéressant
19:09parce que ça permet vraiment
19:11de faire du bruit
19:13autour du réemploi en France.
19:16Et ce qui est intéressant aussi,
19:18on a de la chance là-dessus,
19:18c'est que 4 régions pilotes
19:22ont été identifiées
19:23pour faire un premier test
19:26avant de lancer vraiment
19:27l'initiative Rius
19:28sur l'ensemble du territoire français.
19:30Et justement,
19:30ces 4 régions pilotes,
19:32c'est Bretagne,
19:34Pays de la Loire,
19:35Normandie,
19:35Hauts-de-France.
19:36Et donc,
19:37on a la chance
19:38au niveau des vins de Loire
19:39d'être vraiment en affinité totale
19:40avec ces 4 régions pilotes.
19:42Donc, ce qui donne encore plus
19:43de poids et d'impact
19:45à notre initiative
19:46Réemploi au niveau
19:47des vins de Loire,
19:48c'est justement cette affinité
19:49avec les 4 régions pilotes.
19:51Donc, pour nous,
19:51ça donnait vraiment...
19:54Enfin, ça rendait vraiment logique
19:55notre engagement
19:56sur le réemploi
19:57dès le départ,
19:58même si, effectivement,
19:59c'est jamais simple
20:00parce qu'être le défricheur,
20:01ça veut dire aussi
20:02tester,
20:04accepter parfois
20:05de se tromper,
20:06de reprendre.
20:07Donc, mine de rien,
20:08c'est du temps.
20:08C'est aussi de l'implication
20:10de la part de tous les membres
20:11du consortium
20:11que je salue
20:12et que je remercie
20:13parce que je suis bien
20:14consciente de cet aspect-là.
20:15Mais le fait de jouer le jeu,
20:17je crois que c'est essentiel,
20:18ce rôle du collectif
20:19parce que c'est vraiment ça
20:20qui va nous permettre
20:21demain de ne pas rester
20:22sur le côté
20:23au niveau de la filière vin
20:24et aussi vraiment
20:25de pouvoir faire en sorte
20:28que le réemploi
20:28soit compatible
20:29avec les contraintes,
20:31les particularités du vin
20:33qui est un métier
20:33quand même bien spécifique.
20:35Laurent Légognard,
20:36ça vous aide
20:38d'avoir justement
20:40vos pères
20:40qui sont dans
20:41cette même dynamique ?
20:43Oui, tout à fait.
20:44Le consortium,
20:44c'est tous les avantages
20:46que disait Sophie tout à l'heure,
20:47mais c'est aussi
20:48un partage d'expérience
20:49entre nous,
20:50producteurs,
20:51dont on fait partie
20:51du consortium
20:52parce qu'on peut chacun,
20:54chacun, en fait,
20:55on est tous pionniers
20:56dans cette affaire
20:56et chacun partage
20:58ses erreurs,
20:59ce qui permet à chacun
21:00d'avancer
21:00ou alors ses points positifs
21:02et ses accomplissements
21:03et donc ça permet
21:04à tous d'avancer
21:05un peu plus loin
21:05en plus ensemble.
21:07Je reviens vers vous Sophie
21:09sur le projet Rio,
21:09ça touche du coup
21:10la grande distribution
21:12parce que c'est vrai
21:12que pour que ce soit
21:14au plus proche
21:14du consommateur,
21:15la grande distribution
21:16c'est quand même
21:16le lieu de prédilection
21:19la grande consommation
21:20donc ce projet-là,
21:21ça va permettre justement
21:22de toucher
21:23les plus grandes surfaces ?
21:25Oui, c'est vrai,
21:25c'est important,
21:26vous avez raison,
21:26je ne l'ai pas précisé.
21:27Rio,
21:28c'est même uniquement
21:29un projet destiné
21:31aux grandes surfaces
21:32donc on parle d'un circuit
21:33bien spécifique,
21:35les grandes surfaces
21:35qui est effectivement clé
21:36parce qu'aujourd'hui
21:38tout un chacun
21:40va faire ses courses
21:41en grande surface
21:42donc c'est vrai
21:43que tout à l'heure
21:43on évoquait l'importance
21:44de la pédagogie,
21:45le fait que le réemploi
21:47puisse être massivement
21:49déployé en grande surface
21:50c'est clé aussi
21:51en termes de merchandising
21:52c'est pour ça que
21:53je reviens là-dessus
21:54c'est vraiment essentiel
21:55que le vin puisse
21:57prendre sa part
21:59pleinement dans le réemploi
22:00c'est aussi une façon
22:01que nos rayons vin
22:03ne soient pas laissés pour compte
22:05et que nous aussi
22:05on puisse prendre
22:06le mouvement
22:07en cours
22:08qui s'organise
22:09donc ça c'est
22:10très important
22:12et l'initiative
22:13du consortium
22:15vin de Loire
22:16sur le réemploi
22:17elle est très vaste
22:19puisqu'elle touche
22:20tous les circuits
22:21ça dépend en fait
22:23des acteurs engagés
22:25dans le consortium
22:26certains sont que
22:27sur le caveau
22:28certains sont
22:29enfin que en vente directe
22:30au caveau
22:31d'autres sont
22:31plutôt orientés
22:32sur la vente
22:33vis-à-vis des grossisses
22:35vis-à-vis des cavisses
22:36vis-à-vis des restaurateurs
22:38enfin il y a vraiment
22:38tout un tas
22:39de situations
22:40et puis il y a aussi
22:41des acteurs
22:42qui vendent leurs produits
22:44leurs vins
22:45à la grande distribution
22:46donc c'est là
22:47où ça crée un lien
22:48avec Reuse
22:49c'est que
22:50nous aussi
22:51on est concernés
22:52et on est éligibles
22:53en tout cas
22:53on est capable
22:54de pousser
22:55des vins de Loire
22:57au niveau
22:57des grandes surfaces
22:59par Reuse
23:00Guillaume Luton
23:01aussi l'importance
23:02c'est
23:02est-ce que c'est aussi
23:03l'harmonisation
23:04des contenants
23:04pour permettre
23:05justement
23:06une égine nationale
23:07du réemploi
23:08ça c'est indispensable
23:09parce qu'en effet
23:10tout contenant récupéré
23:11derrière doit être trié
23:12par format
23:13pour qu'en plus
23:14ça puisse être lavé
23:15efficacement
23:15par les différents laveurs
23:16du réseau France Consigne
23:18et en effet
23:19si on commence
23:20à avoir
23:20une multitude
23:21de bouteilles différentes
23:23ça emmène
23:24beaucoup de complexité
23:25de tri
23:25et puis derrière
23:26de lavage
23:26sur des bâches
23:27de lavage spécifique
23:28pour revendre
23:29tel format
23:30tel producteur
23:30etc
23:30alors que
23:32si le nombre de formats
23:33est assez réduit
23:34c'est beaucoup plus simple
23:35d'où l'importance
23:36de standardiser les formats
23:37sur la bourguinienne
23:38la bordelaise
23:39etc
23:39et de la bouteille lourde aussi
23:41pour que ça puisse avoir
23:42plein de cycles de lavage
23:44donc ça c'est vraiment important
23:46nous tous nos continents
23:48on a globalement
23:49deux types de bouteilles
23:50la bourguinienne
23:51la bordelaise
23:52sur deux teintes
23:53la transparente
23:54ou la feuille morte
23:55et donc
23:56chaque vigneron
23:58qu'on va référencer
23:59doit être sur
24:00un de ces standards
24:01il y a un cahier des charges
24:02en fait
24:03du nombre de formats
24:04qui a été établi
24:05par France Consigne
24:06et donc
24:07ils doivent respecter
24:07ce cahier des charges
24:08pour être référencé
24:09chez nous
24:09pour que derrière
24:11ça se trie facilement
24:11ça se délai facilement
24:12et que ça soit
24:13efficace
24:14pour cette boucle
24:15du réemploi
24:16d'accord
24:16Laurent Ligonier
24:17qu'est-ce qui vous permettrait
24:18d'aller encore plus loin
24:20dans votre démarche ?
24:22l'objectif étant que
24:23le plus de bouteilles
24:24soient réutilisées
24:25donc pour nous
24:26les pros
24:27pour les revendeurs
24:29professionnels
24:29il faut aller chercher
24:30des gens qui ont
24:31cette sensibilité
24:32et qui ont la clientèle sensible
24:33typiquement
24:34c'est génial
24:35ce que vous faites
24:35c'est parfait pour ça
24:37et pour les particuliers
24:38ce qui marche le plus
24:39ce qui a priori marche le plus
24:41c'est la consigne monétaire
24:42au-delà de parler
24:44de tous les bienfaits
24:45donc mettre
24:46c'est ce qui se fait
24:47au national
24:48enfin à grande échelle
24:49sur le projet Reuse
24:50et bien il faut qu'aussi
24:51nous petits acteurs
24:52on soit capable
24:52de mettre cette consigne monétaire
24:54en place
24:54et on va essayer
24:55de faire ça
24:55oui vous y pensez
24:56du coup de mettre
24:56la consigne monétaire
24:57en place
24:57tout à fait
24:58si je ne peux pas mettre
24:59là-dessus
24:59la consigne monétaire
25:00en effet ça engage
25:01le client
25:02à ne pas ajouter
25:02du contenant
25:03donc c'est vraiment bien
25:05pour favoriser
25:06un bon taux de retour
25:07le seul frein
25:08c'est d'avoir une valeur
25:10enfin de l'argent
25:11à avancer
25:11et du coup
25:12qui peut bloquer
25:13un peu l'achat
25:13donc c'est là
25:14où il faut éduquer
25:14le client
25:15à se dire
25:16je vais le récupérer
25:16derrière
25:17et ce n'est pas si grave
25:17nous ce qu'on a fait
25:19derrière
25:19pour limiter un peu
25:20l'impact sur le panier
25:21c'est de mettre
25:23une empreinte bancaire
25:23en fait
25:24sur la caution
25:25sur la consigne
25:26et donc si le client
25:27ne rend pas le contenant
25:28sous 60 jours
25:29là on le débite
25:30mais si nous le rends plus tard
25:31on le recrédite
25:31sur sa cagnotte
25:33mais c'est vrai
25:33qu'il faut trouver
25:34des astuces comme ça
25:35pour lever ses freins
25:36tout en gardant
25:37l'engagement du client
25:37avec cette caution
25:38et au bout de quelques semaines
25:40il a une petite alerte
25:41pour le rappeler
25:42qu'il va être débité
25:44bien merci beaucoup
25:45à tous les trois
25:46pour ces échanges
25:47je rappelle que
25:48Laurent Ligonier
25:49vous êtes vigneron
25:50au domaine des Deux Moulins
25:52Guillaume Dutoit
25:52vous êtes chef
25:53de produits bière, vin
25:54et spiritueux
25:55au fourgon
25:56et Sophie Talbot
25:57vous êtes directrice générale
25:58d'Interloir
25:59merci beaucoup à tous les trois
26:00et merci à vous toutes et toutes
26:01de nous avoir suivis
26:02c'était La Loire en Bouteille
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