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  • il y a 5 mois
Ce vendredi 5 septembre, les chiffres de l'emploi aux États-Unis, la tendance sur les marchés, et la flambée des taux longs partout dans le monde, ont été abordés par Mikael Petitjean, chef économiste de Waterloo AM et professeur à l'université de Louvain, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-lala en podcast.

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Transcription
00:00Et pour débuter cette émission, comme chaque jour, un petit point sur la macroéconomique, sur l'état de la santé,
00:07du monde, des États-Unis, des banques centrales, avec aujourd'hui Mickaël Petitjean,
00:11chef économiste des Waterloo Asset Management et professeur à l'Université de Louvain qui est avec nous.
00:16Merci de nous accompagner Mickaël Petitjean. J'en parlais en préambule.
00:19Hier, il y a eu le cabinet ADP qui a publié ses chiffres de l'emploi.
00:23Aujourd'hui, il y aura les chiffres officiels, les chiffres du gouvernement, du ministère du Travail,
00:30qui seront publiés à 14h30.
00:32Tout l'enjeu maintenant, c'est de voir est-ce qu'il y a encore des créations de postes ou pas aux États-Unis.
00:37Oui, tout à fait. Donc, on a eu ces chiffres ADP.
00:39Alors, il faut savoir qu'ADP, c'est une société de gestion des ressources humaines
00:43qui, effectivement, gère la paye d'une centaine de milliers d'entreprises.
00:48Donc, elle a une vue globale sur l'activité du secteur privé.
00:52Les chiffres étaient décevants, effectivement, parce qu'on avait un chiffre qui est sorti à 54 000 créations d'emplois,
00:57alors qu'attendu, on était aux alentours de 65 000, 75 000.
01:01Et le chiffre de juillet, c'était 160 000.
01:05Donc, effectivement, on est sur un ralentissement de la dynamique du marché du travail.
01:09Mais nous, chez Waterloo Asset Management, on considère que le marché de l'emploi reste résilient.
01:13C'est vrai que la veille, mercredi, on avait aussi un autre rapport,
01:19qui est le rapport Joltz du Bureau des statistiques du travail,
01:23qui n'était pas non plus très solide.
01:26Mais si vous avez remarqué, à partir de mardi midi,
01:30donc même avant les annonces de mercredi,
01:33c'est sans doute anticipé, déjà digéré.
01:34On a eu un bon rebond des marchés boursiers.
01:37Et en fait, c'est l'anticipation maintenant qui est quasiment certaine
01:41d'une baisse des taux de 25 points de base le 17 septembre.
01:46C'est ce qu'on appelle dans le jargon le fait de poutre.
01:48Donc, c'est l'intervention de la fête.
01:50Alors, il ne faut pas non plus donner trop de poids à cette décision-là,
01:52parce que quelque part, elle est un peu avancée dans le temps.
01:55Je pense que de toute façon, on aurait eu cette baisse de taux.
01:58Mais l'annonce qu'il va y avoir aujourd'hui,
02:02effectivement, elle est plus importante de notre point de vue
02:04que celle de jeudi et de mercredi.
02:07Non seulement parce que ces chiffres-là couvrent la dynamique du secteur privé,
02:13mais également du secteur public.
02:15Et si on a des chiffres inférieurs à 75 000,
02:20ce ne serait pas nécessairement une super mauvaise nouvelle,
02:22parce que de toute façon, là, il y aurait une confirmation
02:24de la baisse des taux en septembre.
02:26Par contre, nous, si on estime qu'il y a une hausse supérieure à 75 000,
02:32là, c'est possible qu'on ait un peu plus de volatilité,
02:33parce que ça remettrait peut-être en cause la baisse attendue
02:36des taux d'intérêt le 17 septembre.
02:38En tout cas, à court terme, ça permet aux 10 ans américains de se détendre.
02:4110 ans américains qui se détendent sur une semaine, sur deux semaines,
02:43nous sommes à 4,16%.
02:45Les taux très longs, donc le 30 ans américain également,
02:48s'est détendu après avoir frôlé les 5% en milieu de deux semaines.
02:52Comment aujourd'hui expliquer cette détente du marché obligataire
02:54pour les gens qui découvrent un petit peu comment ça se passe ?
02:57Pourquoi d'un seul coup, si le marché de l'emploi se dégrade,
02:59c'est une bonne nouvelle pour la bourse ?
03:00Parce qu'in fine, si le marché de l'emploi se dégrade,
03:02ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les ménages,
03:04pour la consommation.
03:06Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les valorisations des entreprises,
03:09elles sont fondamentalement basées sur l'évolution des taux d'intérêt.
03:12Vous savez, c'est le principe d'actualisation des flux de trésorerie.
03:16Et quand vous avez une anticipation à la baisse des taux d'intérêt,
03:20évidemment, ça impacte favorablement les valorisations des entreprises.
03:24Et surtout, et ça, vous l'avez souligné, c'est une bonne nouvelle
03:28que les taux longs n'augmentent pas.
03:30Parce que les taux longs, donc les taux à 10 ans, 15 ans,
03:34les taux longs, ce sont des taux qu'on utilise beaucoup
03:38dans la valorisation notamment des sociétés technologiques.
03:41Et une augmentation des taux longs, ça pourrait pénaliser effectivement
03:46la valorisation des entreprises technologiques.
03:49Ce n'est pas le cas actuellement.
03:49Mais nous, on n'exclut pas, parce qu'on est quand même relativement positif
03:53sur le rebond du marché du travail.
03:55Je pense que les chiffres sont très bons au niveau des entreprises.
03:59Vous savez, vous avez des annonces de bénéfices qui sont très bons,
04:01des chiffres d'affaires qui sont très bons.
04:03Donc nous, on anticipe quand même un marché de l'emploi très résilient.
04:07Et donc, c'est possible qu'on ait quand même une pression sur les taux
04:09parce que les taux à longs sont driveés, comme on dit dans le jargon,
04:13par deux facteurs principaux, c'est les anticipations d'inflation
04:16et aussi les anticipations de croissance.
04:18Donc si on a de nouveau une économie qui rebondit
04:22avec une pression continue sur l'inflation,
04:25c'est possible que les taux longs remontent un petit peu
04:27et que ça crée de la volatilité dans le marché.
04:29Le disant français reste collé au 3,5% ce matin, 3,48.
04:33Alors bon, il se détend très légèrement,
04:34mais nous sommes quand même sur des plus hauts de mars dernier
04:36avec bien sûr maintenant le marché qui attend de voir
04:39comment ça va se passer en France du côté politique
04:42avec ce vote de confiance.
04:43Ça sera bien sûr lundi à suivre sur BFM Business.
04:45Il y aura d'ailleurs une édition spéciale lundi après-midi.
04:48Comment vous regardez-vous la situation depuis la Belgique
04:50par rapport à la situation française ?
04:52Comment vous regardez cette instabilité ?
04:54Et puis surtout, c'est au long forcément qui remonte en France.
04:58Oui, c'est inquiétant.
05:00Maintenant, il faut garder raison.
05:01Je pense que la France n'est quand même pas encore dans le fond du trou.
05:04Alors elle glisse maintenant depuis pas mal d'années, c'est clair.
05:08Et la question qui se pose, c'est est-ce que la France
05:10devient le pays malade de l'Europe ?
05:12Alors je n'irai pas jusque-là.
05:13Vous savez, on a une grosse communauté de Français.
05:14Moi-même, je suis belgo-français.
05:16Il y a une grosse communauté de Français en Belgique,
05:19notamment pour des raisons fiscales,
05:22notamment au niveau de la taxation des plus-values,
05:24qui est quand même encore aujourd'hui beaucoup plus favorable en Belgique.
05:27Maintenant, nous, effectivement, sur la dette française,
05:30il faut être honnête, on est très prudent,
05:32parce que ça peut aller très vite.
05:35Vous savez, quand j'entends des discours qui sont souvent rassurants,
05:37disant maintenant, elle est tous sous contrôle, ça ira,
05:41on peut encore continuer à taxer,
05:43et là, on est reparti avec une note du CAE,
05:46sur la taxation des plus fortunés,
05:49je trouve que c'est des très, très, très mauvais signaux
05:51qu'on envoie, notamment au capital,
05:54au capital et aux investissements,
05:55parce que, vous savez, un pays, ça a besoin d'investissements,
05:57notamment d'investissements étrangers,
05:58pour pouvoir faire tourner la boutique.
06:00Le souverainisme financier, c'est un l'heure,
06:02on ne pourra pas financer l'activité économique
06:04dans un pays comme la France,
06:06ni même dans un petit pays comme la Belgique,
06:07en se refermant sur nous-mêmes
06:10et en nous misant plus sur le capital étranger.
06:14Merci beaucoup de nous avoir accompagné,
06:15Mickaël Petitjean, ce matin en direct
06:17dans Good Morning Market,
06:17chef économiste de Waterloo Asset Management
06:19et professeur à l'Université de Louvain.
06:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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