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  • il y a 4 mois
Ce mercredi 29 octobre, Véronique Riches-Flores, économiste chez RichesFlores Research, et Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'économie, ont discuté de la baisse des taux de la FED, attendue ce mercredi, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Deux visions de marché chaque matin dans Good Morning Market aux alentours de 9h40 avec ce matin Véronique Riche-Flores.
00:06Bonjour Véronique Riche-Flores. Vous êtes économiste Riche-Flores Richards avec Jean-Pierre Petit également qui est avec nous ce matin en plateau,
00:15président des Cahiers Verts de l'économie. Bonjour à tous les deux. Merci de nous accompagner dans une semaine qui est très chargée
00:22avec les résultats des GAFAM ce soir et demain et puis surtout la Fed, la Banque Centrale Américaine qui devrait baisser ses taux ce soir.
00:29Jean-Pierre Petit, c'est le sujet de la semaine, du mois voire même de la rentrée puisque pour rappel, depuis Jackson Hall,
00:37vous avez quand même des anticipations qui sont très fortes. Oui, bien sûr, mais enfin le sujet, il y en a beaucoup de sujets.
00:42Il y a beaucoup de sujets, mais pour ce... Disons qu'à la limite, c'est même pas la baisse des taux qui est la plus importante,
00:47elle est complètement pricée, c'est l'attitude vis-à-vis du bilan de la Banque Centrale parce que là, il y a une évolution assez claire
00:55vers une stabilisation du bilan. Donc pour la première fois depuis longtemps, la Réserve fédérale ne contracterait plus le bilan.
01:03Alors quand on voit avec la BCE qui ne baisse plus ses taux et qui, elle, continue ce qu'on appelle le quantitative tightening,
01:09ça fait une très très grosse différence. Sinon, bah oui, c'est l'un des deux grands moteurs de la hausse du marché à l'action.
01:16C'est l'attitude de la Fed plus le momentum de BPA.
01:21Bénéfices par action.
01:22Voilà, les bénéfices par action, enfin les révisions aussi, les surprises nettes positives. Actuellement, là, sur le T3, là, on n'a pas grand-chose.
01:30On a un tiers à peu près des boîtes du SP500 qui ont publié. Là, on est à peu près dans la norme des surprises nettes positives
01:39par rapport au trimestre précédent. Mais alors par contre, dans la tech, c'est un peu supérieur. Mais on n'a pas les gros.
01:44Voilà. Et là, tu parlais des GAFAM, là, mais il faudra surtout attendre Vidya. Et Vidya, c'est pas tout de suite.
01:50Dans une quinzaine de jours.
01:51Voilà, c'est dans une quinzaine de jours parce que c'est le gros morceau, je pense.
01:54Avec aujourd'hui un groupe qui est à la porte des 5000 milliards de valorisation boursière.
01:57On aura l'occasion d'en reparler dans un instant. Mais juste avant, Véronique Riche-Fleuré, c'est vrai que l'exercice n'est pas évident pour Jérôme Poel.
02:03Et surtout que là, à partir d'aujourd'hui, les États-Unis entament une cinquième semaine de shutdown.
02:08Donc, les statistiques ne sont soit pas publiées, soit avec beaucoup de retard.
02:12On l'a vu vendredi avec l'inflation américaine.
02:15Ce qui forcément ne facilite pas la tâche pour la Banque centrale américaine.
02:19Alors, la tâche n'est pas facile. De toute façon, même avant le shutdown, c'était compliqué.
02:24Ce shutdown rajoute un risque conjoncturel, effectivement, d'un ou deux dixièmes de points par semaine.
02:33Ou, bon, les estimations sont assez incertaines.
02:36Ce qu'on constate pour l'instant néanmoins, c'est que ces indicateurs tiennent à peu près.
02:39En fait, il y a une grande divergence entre plusieurs indicateurs.
02:43On a quelques enquêtes des fêtes régionales qui nous racontent le blanc et le noir.
02:50Dans l'ensemble, on a l'impression que si on fait une moyenne de tout ça, ça tient à peu près.
02:54Les chiffres de l'emploi, de l'ADP, n'étaient pas bons.
02:58Il n'y a pas vraiment de raison qu'ils s'améliorent compte tenu du climat des affaires par ailleurs et du shutdown.
03:04La question, c'est finalement, est-ce que la Fed doit réagir, comme elle le fait, à ces signaux ?
03:12Marcher de l'emploi quasiment à l'arrêt, ce n'est certainement pas un bon signe.
03:16En même temps, le taux de chômage est quasiment encore à ses plus bas historiques.
03:21Donc, le plein emploi qui vient sans doute pour une large part de la politique migratoire.
03:27Or, dans les statuts de la Fed, il y a quand même ce critère de stabilité,
03:33enfin de plein emploi qui se mesure par le taux de chômage,
03:35et de stabilité de l'inflation ou de cible d'inflation à 2%.
03:39On est à 3%.
03:40Il n'y a rien dans les chiffres d'inflation qui suggère une accélération ou un risque majeur,
03:45que ça parte en vrille.
03:47Mais 3%, c'est plutôt plus haut qu'il y a quelques mois.
03:50Et les tendances, notamment sur les prix des biens, sont là.
03:53Elles nous disent ce qui a permis à l'économie américaine
03:57de stabiliser une inflation aux alentours de 2%,
04:01c'est-à-dire la baisse structurelle des prix des biens, a disparu.
04:05Donc, il faudrait que les prix des services...
04:07Le pétrole n'est pas cher.
04:10C'est d'ailleurs dans l'univers des matières premières à peu près le seul
04:12qui soit aussi peu cher, donc ça pose également question.
04:16Mais surtout, on a une banque centrale là qui se précipite quand même un peu
04:20pour baisser ses taux, voire arrêter le quantitative tightening,
04:24c'est-à-dire qu'elle est définitivement accommodante.
04:27On peut revenir sur la règle de Taylor, cette règle de Taylor
04:30qui a complètement été ensevelie ces dernières années.
04:33Néanmoins, ça sert aussi de repère et cette règle de Taylor,
04:36elle nous dit que normalement les taux d'intérêt devraient monter
04:38plutôt que baisser par rapport au printemps.
04:41On a une fête d'Atlanta qui nous annonce une croissance de 3,9%
04:45en rythme annualisé, ce qui veut dire que les estimations de la fête
04:49ou les projections de la fête sont complètement à la rue
04:51puisqu'on aura une croissance supérieure à 2% cette année.
04:54Elles nous prévoyaient 1,6%.
04:56Et surtout, une banque centrale, c'est un pilier de la politique économique,
05:01l'autre pilier, c'est la politique budgétaire, voire bancaire,
05:05la déréglementation.
05:06Et de ce côté-là, on a des soutiens massifs qui arrivent
05:09avec la réforme fiscale, avec la déréglementation
05:12qui n'est pas tout à fait peaufinée, mais qui va arriver.
05:15Et tout ça nous suggère effectivement une politique budgétaire pro-cyclique.
05:19Si vous rajoutez à cela une banque centrale plutôt pro-cyclique,
05:23même si c'est modéré pour l'instant, je pense que ça peut justifier
05:27une certaine nervosité des marchés à l'égard précisément de sa politique
05:31de bilan, de bilan ciel, puisqu'on nous dit qu'on va arrêter là,
05:35avec un bilan qui est encore à 23% du PIB,
05:39ce qui est, avant 2008, la norme c'était inférieure à 10%.
05:42Donc on a encore beaucoup de liquidités, une banque centrale très active.
05:46Donc tout ça me pose une question qui me semble déterminante.
05:50Est-ce que la baisse des taux de la BCE va faire baisser les taux longs,
05:54la partie longue de la courbe des taux ?
05:55Celle qui a véritablement beaucoup plus d'effet sur l'économie,
05:59éventuellement sur les marchés financiers, et sur le financement d'État.
06:02Et les ménages également.
06:03Et les mobiliers, accessoirement.
06:05Avec les prêts, notamment hypothécaires.
06:07Au milieu de tout ça, il y a également l'intelligence artificielle
06:10qui, on l'a vu lors des chiffres de croissance,
06:13a boosté d'une façon considérable aujourd'hui.
06:15Les investissements aux États-Unis, Jean-Pierre Petit,
06:18ça c'était une donne qui n'était pas forcément anticipée en début d'année.
06:23Ça dépend par qui.
06:24Mais enfin, disons que je pense que les marchés sont un petit peu
06:29trop optimistes quand même sur les baisses de taux de la Fed.
06:31Parce qu'il y en a deux d'ici la fin de l'année, enfin dans les futurs,
06:33jusqu'à hier soir, je n'ai pas regardé ce matin,
06:35mais deux d'ici la fin de l'année, trois l'année prochaine.
06:38Moi, j'ai une croissance d'un peu plus de deux aux États-Unis.
06:42Alors l'inflation va rester à peu près à trois actuellement,
06:45puis elle va baisser progressivement, etc.
06:48Mais l'emploi, alors l'emploi pour l'instant,
06:50il faudrait attendre quand même d'avoir à nouveau les chiffres,
06:53du BLS en particulier, parce que là pour l'instant,
06:57on n'a que des indicateurs partiels, mais enfin, c'est pas terrible.
06:59Donc ça ne l'empêche pas trop pour l'instant la Fed,
07:02parce qu'elle a effectivement son mandat sur l'emploi.
07:04Mais je trouve que si on se projette un peu, c'est un peu trop optimiste là-dessus.
07:09Donc il faut faire un petit peu attention, voilà, c'est tout.
07:12Alors, l'intelligence artificielle, c'est une bonne nouvelle pour l'économie américaine,
07:19à la fois pour la croissance et pour l'inflation.
07:23La crainte au printemps dernier que je voyais chez les investisseurs,
07:26c'était la reprise de l'inflation.
07:27Il y avait quand même beaucoup de commentateurs, d'observateurs qui disaient
07:29« Bon, il va y avoir une super remontée de l'inflation qui va empêcher la Fed de baisser, etc. »
07:35Tout ça a quand même été très largement exagéré.
07:37Je le dis d'autant plus facilement que nous, on était largement sous le consensus en matière d'inflation.
07:41On était à peu près, je ne me rappelle plus du chiffre précis pour le CPI headline,
07:45mais à peu près dans les niveaux qu'on observe aujourd'hui.
07:48Et je disais la chose suivante, que le meilleur indicateur macro
07:53qui détermine fondamentalement l'inflation sous-jacente sur le moyen terme,
07:56c'est les coûts salariaux unitaires, qui dépendent en grande partie des gains de productivité.
08:00Et il y a des gains de productivité.
08:02Non seulement tu as une décélération de l'emploi, une décélération des salaires,
08:04mais tu as une résilience de la productivité.
08:07Si tu ajoutes, comme tu l'as dit tout à l'heure, des prix de l'énergie qui ne sont pas très élevés,
08:11les prix des loyers qui diminuent, le prix des médicaments qui diminuent,
08:14je pense que tout ça a été exagéré.
08:16Je ne suis pas en train de dire que l'inflation va baisser.
08:18Si, il va y avoir des vecteurs de tension, mais ils ont été exagérés.
08:21D'ailleurs, il y a une étude de la Fed de New York qui est très bien,
08:24sur l'impact des droits de douane, parce que tout ça était lié aux droits de douane.
08:26Tout le monde racontait, il y avait un petit consensus qui s'était formé
08:31à partir de l'idée que les droits de douane généraient un surplus d'inflation.
08:34Alors moi, je répondais toujours, n'oubliez jamais que les biens importés aux Etats-Unis,
08:40c'est 11% du PIB, ce n'est pas la totalité du PIB, d'abord, premièrement.
08:44Ensuite, tout ceci ne va pas être répercuté en totalité aux consommateurs,
08:48contrairement à ce qu'on avait tendance à penser.
08:50Et vous avez une très bonne étude de la Fed de New York qui a été faite sur l'ensemble des secteurs,
08:54et qui montre que vous avez un effet de diffusion dans le temps de 50 ou un peu plus de 50%
08:58en fonction des secteurs.
08:59Prenons l'exemple des biens de consommation importés, c'est 35% des biens importés aux Etats-Unis.
09:06Prenons un producteur automobile européen, qui se prend 15% des droits de douane depuis l'été dernier.
09:13Prenons BMW ou n'importe quoi, qui exporte de Munich à New York.
09:18Croyons-nous vraiment qu'il va augmenter ses prix sur un marché aussi compétitif,
09:22aussi difficile que le marché automobile, que ce soit sur le thermique ou l'électrique,
09:26il va augmenter ses prix de 15%, bien sûr que non.
09:30Donc il y a un effet de diffusion.
09:31Et d'ailleurs, si je regarde des enquêtes sur le comportement des entreprises manufacturières,
09:38quand on leur demande est-ce que vous comptez augmenter les prix, etc.,
09:41ça reste très faible, il y a eu une petite tension, c'est vrai, mais ça reste très faible.
09:45Donc tout ceci a été un peu exagéré.
09:47Et c'est ce qu'achète de plus en plus le marché,
09:49parce que ça revient à un espèce de Goldilocks, on a l'impression que la croissance résiste.
09:53Et d'ailleurs, sur les chiffres du T3, on va avoir un très bon chiffre en rythme annualisé,
09:57on ne sera pas loin de 3.
09:59C'est quand même au-dessus de la croissance potentielle.
10:03Et l'inflation est pour l'instant calme, donc le marché achète,
10:06Goldilocks n'est rien de mieux, parce que tu gagnes sur les actions
10:08et tu gagnes un peu sur les obligues.
10:10Ça dépend des secteurs.
10:11Le secteur automobile, quand même, vous l'avez cité, c'est compliqué.
10:14Mais il y a d'autres secteurs qui arrivent plus facilement à absorber les droits de lois.
10:17Etienne, 43% du SP500, c'est de la tech au sens large,
10:21en incluant Méta, Alphabet, etc.
10:23C'est devenu un indice tech.
10:24Ce n'est pas Taïwan, mais enfin, ce n'est pas très...
10:26Et c'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, le shutdown, ce n'est pas un sujet de marché.
10:29Donc, il n'y a pas de...
10:31Parce que le shutdown n'a pas d'impact sur les valeurs IA.
10:34Bon, ça a quand même des impacts sur le consommateur américain.
10:37Encore hier, vous avez Paypal qui vous dit,
10:39on voit des paniers moyens dont le prix baisse.
10:41La semaine dernière, c'était Mattel et également Coca-Cola
10:43qui constataient des changements d'habitude.
10:45Au final, cette croissance de 3%,
10:47Véronique Richflores, tous les Américains n'en profitent pas.
10:49Il y a quand même, aujourd'hui, une partie des Américains
10:53qui voient, aujourd'hui, des postes de moins en moins vacants,
10:58des pertes de postes, un taux de chômage qui remonte,
11:01une inflation qui, certes, ralentit,
11:02mais qui est toujours forte par rapport au niveau pré-Covid.
11:05Ça, c'est une réalité, aujourd'hui.
11:07Bien sûr, c'est une réalité.
11:08Et si on parle d'inflation,
11:11les distorsions de taux d'inflation sont énormes.
11:15Alors, le taux d'inflation, c'est l'évolution des prix sur 12 mois.
11:19Si on note combien ont augmenté les prix en moyenne sur certains biens,
11:25je pense à l'alimentaire, etc.,
11:27qui touchent notamment davantage les plus précaires,
11:31alors vous êtes sur des évolutions qui sont largement supérieures à 20-25%,
11:35voire beaucoup plus dans certains domaines.
11:38Et ça, ça touche effectivement toute la population,
11:41notamment la plus précaire.
11:43Et alors, à côté de ça,
11:45il y a effectivement la problématique des droits de douane.
11:48Il ne faut pas oublier qu'entre la feuille de route du 2 avril
11:51et ce qui s'est réellement passé,
11:53on n'y est pas tout à fait, d'accord ?
11:55Et que Donald Trump a finalement bien été obligé de négocier,
12:00en particulier avec la Chine,
12:01que les droits de douane finalement appliqués aux biens chinois
12:05sont sans commune mesure.
12:06De toute façon, ils n'auraient probablement pas,
12:09d'ailleurs j'ai généré de l'inflation,
12:11plutôt une dépression,
12:12s'ils avaient été effectivement augmentés
12:14comme ça avait été discuté
12:17dans les semaines qui ont suivi le 2 avril.
12:19Donc, il y a quand même un contexte, effectivement,
12:23qui est toujours menaçant sur le front des commerciaux,
12:27on voit tous les jours quasiment,
12:30et qui crée beaucoup d'instabilité,
12:32d'instabilité y compris économique,
12:34et qui ne facilite pas la reprise de l'emploi.
12:38Vous disiez, le shutdown, ce n'est pas un sujet.
12:40Oui, ce n'est jamais un sujet, le shutdown,
12:42qui dure 4 semaines, peut-être 5, 6.
12:46Est-ce qu'à 8 semaines, on commencera à observer
12:50quand même des effets plus importants ?
12:52C'est probable, et de la même manière,
12:56ça veut dire qu'il y a un blocage politique
12:58qui n'est jamais très bon.
13:00Et là, encore une fois, ce que je vais regarder
13:02en priorité pour ma part,
13:05c'est plutôt la réponse de la partie longue
13:08de la courbe des taux.
13:09Comment les marchés de taux,
13:10de financement de la dette américaine,
13:12absorbent ces évolutions ?
13:16La productivité du secteur technologique,
13:19elle est là, indiscutablement.
13:21La question, c'est comment elle se distribue
13:22à l'ensemble de l'économie.
13:23Or, pour l'instant,
13:25elle est plutôt destructrice d'emplois.
13:27On a vu 14 000 suppressions de postes
13:29hier chez Amazon,
13:30quasiment 30 000 chez UPS.
13:34Alors, les sociétés disent pas,
13:35c'est grâce à l'IA,
13:36mais il y a des questions forcément
13:37qui se posent par rapport à cela.
13:39Il y a des questions, effectivement,
13:40parce qu'au bout d'un moment,
13:42ça veut dire que la capacité
13:43du secteur technologique
13:45à tirer l'ensemble de la croissance
13:47de la conjoncture américaine
13:49n'est pas là,
13:50ou beaucoup moins là
13:51que ce qu'on aurait pu imaginer.
13:54Et c'est ça, une partie de la difficulté.
13:56Ça finira sans doute par venir.
13:57La question, c'est dans combien de temps,
14:00avec quels effets sur l'investissement,
14:02l'investissement plus général,
14:04sur le tissu des PME,
14:06parce que pour l'instant,
14:07les perspectives d'investissement
14:08des PME,
14:09elles ne sont quand même pas au rendez-vous.
14:11Et ça, c'est la vie,
14:13la toile de fond de l'économie américaine
14:15qui fera effectivement
14:16qu'on sortira,
14:17que Trump sortira gagnant
14:19ou pas de sa stratégie.
14:20Pour l'instant, on n'y est pas,
14:22même si effectivement,
14:22du côté des marchés,
14:24de l'IA,
14:24les choses se tiennent
14:26de manière tout à fait spectaculaire.
14:27Avec un triple record
14:28encore touché hier
14:29pour le Dow Jones,
14:30le S&P,
14:30également le Nasdaq.
14:32Alors, le Russell 2000,
14:33l'indice des petites et moyennes valeurs.
14:34Aujourd'hui,
14:36Jean-Pierre Petit
14:37est certes sur des records historiques,
14:38mais quand vous regardez,
14:39vous avez quasiment la moitié
14:40des entreprises
14:41qui ne sont pas rentables
14:42du Russell 2000.
14:44Ça, c'est quand même un signal
14:45aujourd'hui à surveiller.
14:46Alors, on peut se dire,
14:47non, avec la baisse des taux,
14:48la situation va s'améliorer.
14:49Mais en ce qui concerne
14:50l'emploi,
14:51les droits de douane,
14:51etc.,
14:52si on sort des grosses sociétés américaines,
14:54il y a quand même des fragilités
14:55aujourd'hui aux États-Unis.
14:56Non, mais il y a toujours
14:57des vecteurs de risque,
14:58si tu veux, Étienne.
14:59Donc, ça,
15:00tu en auras toujours.
15:01Et la bourse est faite
15:02pour battre des records.
15:03Tu vois,
15:04le PIB nominal
15:04est un record aussi historique.
15:06Tu vois,
15:06on avance,
15:07on continue d'avancer.
15:08Voilà.
15:09Alors, pour revenir sur la...
15:10Juste un petit mot
15:10sur la consommation.
15:11C'est effectivement
15:12la croissance américaine
15:13à 3.
15:14Elle ne sera pas à 3.
15:15Elle sera à 3 ce trimestre-là,
15:16mais elle ne va pas rester à 3.
15:17Mais de toute façon,
15:182,
15:19ce n'est pas la conso.
15:20La conso,
15:20pour moi,
15:21avec l'emploi,
15:21les salaires,
15:26l'effort d'épargne,
15:27etc.,
15:28elle est plutôt
15:28autour de 1,5.
15:29Là, ce qu'on voit
15:30comme croissance,
15:31c'est une croissance
15:33de capex
15:33extraordinairement forte,
15:35notamment dans la tech,
15:36data center,
15:37enfin, suffisamment
15:38de littérature là-dessus.
15:39L'année prochaine,
15:40on risque d'avoir,
15:41ça n'arrive pas souvent,
15:42une contribution
15:42extrêmement positive,
15:43aussi à cause
15:44des droits de douane,
15:45également.
15:45Le marché immobilier
15:46est quand même
15:46très sensible
15:47à la partie longue.
15:48Et là,
15:49tu étais sur un top
15:49en début d'année
15:50à 4,80
15:51sur le 10 ans américain.
15:52Là,
15:52tu es un petit peu
15:53moins de 4.
15:53Donc,
15:54ça m'étonnerait
15:54que le marché immobilier
15:56ne se réveille pas.
15:57quand tu regardes tout,
15:58le PIB,
15:59c'est l'ensemble
16:00des vecteurs
16:00de la demande.
16:04tu peux très bien
16:04avoir un peu plus de 2
16:05l'année prochaine,
16:06même avec un chiffre
16:06de consommation
16:07qui n'est pas terrible.
16:08Ça,
16:08ça arrive dans
16:09l'histoire américaine.
16:11Donc,
16:11ce n'est pas tellement
16:13ça le sujet.
16:13Alors,
16:14de toute façon,
16:14ce que tu es en train
16:15de me dire là,
16:16Étienne,
16:17c'est que c'est fragile,
16:18etc.
16:18Je crois que tout le monde,
16:20aujourd'hui,
16:21sur les indices
16:21de valorisation absolus
16:23sur le marché
16:23américain,
16:24alors nous,
16:25on utilise plusieurs indicateurs,
16:26on en a une dizaine,
16:27mais enfin,
16:27disons,
16:28moi,
16:28celui que je préfère,
16:29c'est un indicateur
16:30équipondéré
16:30avec 6 éléments
16:32de valorisation absolue,
16:35les 3 PER qui comptent,
16:37le Shiller,
16:38le Forward,
16:39le Trailing,
16:40le Price to Cash Flow,
16:41le Price to Book,
16:42enfin bon,
16:43bref,
16:43je ne vais pas faire la liste.
16:44On est quand même
16:44à un peu plus de 2 écarts-types
16:46au-dessus de la moyenne.
16:48Donc,
16:48je te rappelle
16:49que le 10 mars 2000,
16:50on était 3 écarts-types
16:51au-dessus de la moyenne.
16:52Et sur ceux
16:52que j'ai utilisés
16:53pour qualifier la bulle
16:54de 29,
16:55on était à 3,5.
16:57Alors,
16:58donc,
16:58la prime de risque est basse.
16:59Malgré la baisse des taux,
17:00on est quand même
17:01sur une prime de risque
17:01plutôt basse.
17:02Donc,
17:02de toute façon,
17:03il y a beaucoup
17:03d'investisseurs aux Etats-Unis
17:05et dans le reste du monde
17:05qui aimeraient bien
17:06que le marché corrige un peu.
17:08Tu vois,
17:09un petit truc genre
17:09un petit moins 10,
17:10quoi,
17:10tu vois.
17:11Voilà.
17:12Sauf que,
17:12qu'est-ce qui se passe
17:13à chaque fois
17:13que tu as un petit truc
17:14comme ça ?
17:14Les gens reviennent.
17:15Oui,
17:15et le retail.
17:16Ça,
17:16c'est la grosse différence
17:17avec l'an 2000,
17:17quand même.
17:19Alors,
17:19la différence,
17:20alors nous,
17:20on a un indicateur
17:21de sommet de bulle
17:22parce que tout le monde dit
17:23est-ce qu'il y a une bulle ou pas ?
17:24Oui,
17:24il y a une bulle.
17:25Mais la question pour l'investisseur,
17:27ce n'est pas de savoir
17:27s'il y a une bulle ou pas de bulle.
17:28La question,
17:29c'est de savoir
17:29d'essayer de détecter
17:30le sommet de la bulle
17:31parce qu'un éclatement de bulle,
17:34ça fait beaucoup de malheureux
17:35mais il ne faut jamais oublier
17:35que la formation d'une bulle,
17:36elle,
17:36ça fait beaucoup d'heureux.
17:38Voilà,
17:38donc il ne faut surtout pas...
17:39Alors,
17:47on est à 77%
17:50d'un sommet de bulle.
17:52Alors,
17:52qu'est-ce qu'on fait
17:53quand on est à 77% ?
17:54Quand il y a trois mois,
17:55on était à 68,
17:56je crois.
17:57Eh bien,
17:57on allège un peu.
17:59Nous,
17:59on est surpondéré sur la tech
18:00mais on a allégé
18:01la surpondération tech.
18:04Voilà.
18:04Et le reste,
18:06en un mot
18:06parce qu'il nous reste deux minutes.
18:07Ce qui fait le driver
18:08de la bourse américaine,
18:10c'est la tech.
18:10Si tu as un point de vue
18:11tranché sur la tech,
18:12tu as un point de vue
18:12sur le marché américain.
18:15Alors après,
18:15tu peux jouer d'autres secteurs
18:16mais je vais laisser
18:17parler Véronique.
18:18Véronique Réuch-Chourez.
18:19Je voulais juste
18:19revenir sur un point.
18:21C'est qu'à mon avis,
18:22le risque aujourd'hui,
18:24ce n'est pas celui
18:24d'une récession
18:25ou de mauvaises nouvelles
18:26sur la conjoncture américaine.
18:28La période est encore trouble,
18:29il y a le shutdown,
18:29etc.
18:30Mais c'est plutôt
18:31qu'au contraire,
18:32on est une accélération
18:33parce que dans quelques mois,
18:35il y a quand même
18:35la réforme fiscale.
18:36C'est du crédit
18:37d'impôt généralisé.
18:38Ça va se payer
18:39et les plus précaires
18:40le paieront
18:41avec la coupe des dépenses
18:42de santé,
18:42etc.
18:43Mais voilà,
18:44de manière diluée.
18:45c'est la déréglementation bancaire
18:47qui va peut-être
18:48prendre un petit peu de temps
18:49mais dans un contexte
18:50de baisse de taux.
18:51Et c'est là
18:51qu'on interroge
18:53la poétique de la Fed
18:54parce que ça,
18:55elle est censée le savoir
18:56et normalement l'anticiper.
18:58Et promettre
18:59ou les anticipations
19:00de marché d'ailleurs
19:01parce que la Fed
19:01est quand même
19:02plus prudente,
19:03promettre des baisses de taux
19:04dans ce contexte-là
19:06voire un arrêt
19:07de son quantitatif tightening,
19:09c'est juste souffler
19:10sur les braises
19:11de quelque chose
19:12effectivement qui peut faire
19:13beaucoup de croissance
19:13à brève échéance.
19:15enfin début d'année prochaine
19:17qui risque de la mettre
19:18complètement en porte-à-faux
19:19dans quelques mois
19:20et qui pourrait
19:22effectivement
19:22venir quand même
19:23chatouiller
19:24des marchés financiers
19:26devenus très chers.
19:27Mais l'année prochaine,
19:27ça ne sera plus
19:28Jérôme Powell ?
19:29Ce ne sera plus
19:29Jérôme Powell,
19:30ce sera peut-être
19:31encore pire
19:32effectivement
19:32avec une Fed
19:34qui pourrait aller
19:35beaucoup plus loin
19:36en termes d'assoupissement
19:37monétaire
19:37si on écoute
19:38les fervents
19:39supporters de Donald Trump.
19:41Merci beaucoup
19:42Véronique Riche-Flores
19:43d'être venue ce matin
19:44économique,
19:45économiste,
19:45pardon,
19:46Riche-Flores Research
19:47et Jean-Pierre Petit,
19:48président des Cahiers Verts
19:49de l'économie.
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