Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 mois
Ce vendredi 7 novembre, les résultats satisfaisants de la compagnie au cours de ses 153 années d'existence ainsi que ses stratégies, ont été abordés par Michaël Fribourg, président-directeur général de Chargeurs, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Et son président directeur général est avec nous ce matin en plateau, Mickaël Fribourg.
00:05Bonjour Mickaël Fribourg.
00:06Bonjour.
00:07Merci d'être avec nous ce matin.
00:08Vous avez publié vos résultats cette semaine, chiffre d'affaires à 9 mois.
00:12Aujourd'hui, la compagnie Charger Invest fête ses 154 ans bientôt.
00:18C'est aujourd'hui une compagnie que vous contrôlez avec votre famille à plus de 65%.
00:23Vous êtes présent dans trois secteurs, les matériaux innovants, la mode, mais également la culture,
00:28avec notamment une présence très forte dans les musées.
00:31Absolument. Le modèle de la compagnie Charger, c'est de bâtir des numéros 1 mondiaux.
00:37Et nous avons dans notre portefeuille d'activité quatre numéros 1 mondiaux
00:41sur les trois thèmes que vous avez dessinés, avec cette particularité à la fois d'investir
00:46dans des métiers industriels, mais aussi dans des métiers de service, dans des métiers culturels
00:51où nous développons le leadership mondial.
00:53Et c'est évidemment un très grand succès pour notre maison.
00:58Avec un chiffre d'affaires qui a été dévoilé cette semaine, quasi stable.
01:02Néanmoins, aujourd'hui, il y a une activité qui porte votre groupe,
01:05c'est l'activité mode et savoir-faire.
01:08En fait, vous fabriquez des textiles, mais également certains produits
01:12à destination de grands noms du luxe.
01:15Ça passe notamment par des produits de laine,
01:17comme ça peut être sur des tissus un petit peu plus techniques.
01:20Comment se porte aujourd'hui cette activité,
01:23sachant que c'est vrai qu'en France, on a la chance d'avoir de grands noms du luxe ?
01:26Alors, on a, nous, deux grands puissants moteurs de croissance
01:31encore plus importants que celui que vous avez décrit,
01:33qui est notre secteur culturel dans les musées,
01:36mais aussi notre secteur dans la chimie, les matériaux innovants,
01:40NovaCell, qui est leader mondial des films de procédés pour l'industrie.
01:43Ça, ce sont nos deux grands puissants moteurs.
01:45Et puis, on a nos activités textiles qui ont été impactées
01:48par les droits de douane de Trump,
01:50mais dont on observe, vous avez raison,
01:53un rétablissement graduel, là, sur cette fin d'année,
01:58notamment en Asie, notamment aux États-Unis.
02:00Mais quand même, les grands moteurs puissants de croissance,
02:03c'est nos activités culturelles, nos activités dans la chimie,
02:06et aussi nos activités dans le luxe.
02:08Alors, il y a deux catégories dans le luxe.
02:10Vous avez ce qu'on appelle le « quiet luxury »,
02:12comme les Mark Swain, Cambridge Satchel, Altesse,
02:15que nous possédons, et il faut dire qu'elles fonctionnent très, très bien.
02:19Très bonne croissance.
02:20On a des dynamiques extrêmement impressionnantes sur leur désirabilité.
02:24Et puis, il y a les géants du luxe,
02:26dont nous sommes là, nous, des fournisseurs.
02:29On intervient dans le B2B, dans ce secteur.
02:32Ils ont beaucoup su faire.
02:33Ils sont en phase de réinvention.
02:36Mais on observe en Europe, quand même, un certain progrès.
02:39Alors, pour une raison assez simple,
02:40c'est qu'ils ont vendu énormément de sacs à main,
02:43mais ils ont besoin de revenir à des fondamentaux
02:45et de vendre un peu plus de vêtements d'excellence.
02:48Et quand il y a vêtements d'excellence, il y a chargeurs.
02:50Avec notamment certaines laines qui sont très convoitées.
02:53Aujourd'hui, comment ça se passe aux États-Unis
02:56avec les droits de douane ?
02:58Où est-ce que vos produits sont fabriqués ?
02:59Est-ce qu'ils sont impactés par ces droits de douane ?
03:01Comment vous avez pu gérer ces différents épisodes ?
03:03Avec, on l'a vu, des tarifs douaniers
03:04qui ont changé régulièrement depuis les annonces du mois d'avril.
03:08Alors, d'abord, on a quand même des pouvoirs de marché assez importants
03:11et des positions de marché extrêmement importantes,
03:14des produits qui sont irremplaçables ou indispensables.
03:17Donc, nous avons transféré l'impact des droits de douane
03:19sur un certain nombre de secteurs d'activité.
03:22Dans le domaine textile, nous produisons en Asie
03:24pour les marques américaines.
03:25Nous sommes le premier fournisseur.
03:27Et là, il y a eu un effet d'attentisme
03:29qui a été assez manifeste
03:31entre, disons, mars et septembre.
03:35Maintenant, ça commence à se rétablir.
03:38Il faut composer avec.
03:40Et bon, c'est un élément assez anecdotique
03:43à l'horizon de long terme de nos 154 ans.
03:46Parce que vous savez, le groupe, il a connu des guerres, le Covid.
03:49À chaque fois, nous avons adapté notre dispositif industriel.
03:55Nous, ce qu'on aimerait, c'est que l'Europe protège
03:57aussi bien ses industriels que Donald Trump essaie de le faire.
04:00Donc, nous, on n'est pas critique vis-à-vis de Donald Trump.
04:01Il protège son économie et il est en droit de le faire.
04:04On observe actuellement une déferlante
04:06de textiles chinois à bas coût
04:08qui sont absolument un scandale environnemental,
04:11un scandale économique, un scandale humain et industriel.
04:14Et on se demande ce que fait l'Europe.
04:15Elle attend quoi ?
04:16En France, il commençait à y avoir une réaction
04:18autour de la DGCRF qui s'est dit
04:19« Je vais bloquer les paquets ».
04:21Bon, très bien.
04:22Mais on se demande comment les activités industrielles
04:26vont être protégées.
04:27Nous, nous sommes des investisseurs de long terme
04:29au sein de la compagnie Charger Invest.
04:30Nous avons investi des centaines de millions en France
04:34dans différents secteurs d'activité.
04:36Nous avons à plusieurs reprises dit aux autorités
04:38qu'il fallait davantage protéger les industriels européens.
04:41Et nous observons que rien n'a été fait.
04:43Ils n'ont absolument rien fait.
04:45Donc, c'est quand même un élément assez préoccupant.
04:48Pour autant, ce n'est pas grave.
04:49On vend hors de France.
04:51On développe hors de France.
04:52On investit aussi hors de France.
04:53On investit hors d'Europe.
04:55Bon, on gère nos succès autrement
04:56puisque chez nous, on ne nous aide pas.
04:57Est-ce que la politique de Donald Trump aujourd'hui
05:00remet un petit peu en cause vos investissements ?
05:02Vous dites qu'on investit hors de France.
05:04Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites
05:05qu'on va aller construire certaines usines
05:08ou certains sites aux Etats-Unis
05:09puisqu'au final, là-bas, comme vous le dites,
05:11on est mieux accueillis qu'ici en Europe ?
05:13L'Europe est déjà en retard de plusieurs batailles,
05:15vous savez, parce qu'aujourd'hui, nous,
05:1740% de notre activité directe et indirecte,
05:20elle se joue aux Etats-Unis.
05:21Notre activité, notre chiffre d'affaires en France,
05:24c'est à peu près 4% de notre activité mondiale,
05:27vous vous rendez compte ?
05:28Donc, nous avons des usines en France,
05:30nous sommes un des gros exportateurs français,
05:32nous protégeons les emplois en France,
05:34mais les emplois, ils sont protégés
05:36parce que c'est nous, nous sommes investisseurs
05:39et nous sommes les propriétaires,
05:40nous sommes un groupe familial,
05:41nous raisonnons à long terme,
05:43nous avons des partenaires aussi institutionnels
05:45à nos côtés qui ont des sociétaires,
05:48les sociétaires de Groupama,
05:49de la Carac, de la MS et SF,
05:50qui peuvent être extrêmement fiers
05:52de la culture d'investissement de long terme
05:54et vous qui êtes au quotidien
05:56en train de regarder les performances trimestrielles,
06:00j'insiste là-dessus,
06:01il faut que l'Europe et que les industriels européens
06:03reviennent dans une culture du long terme,
06:05nous on n'est pas une start-up
06:06qui est née il y a 6 mois
06:07et qui sera morte dans 6 mois,
06:09on existe depuis 154 ans,
06:11ça veut dire quoi dans notre économie court-termiste ?
06:14Eh bien, ça veut dire qu'il y a des familles,
06:16il y a des partenaires de ces familles
06:17qui ont des visions sur des actifs stratégiques,
06:20qui peuvent bâtir des leaders mondiaux,
06:22qui peuvent planter le drapeau français et européen
06:25à l'international,
06:27qui développent l'emploi en France,
06:28qui développent les territoires français,
06:30qui développent aussi des activités hors de France
06:33et avec succès,
06:34et qui nous permettent de nous protéger,
06:36de nous protéger aussi de la folie bureaucratique,
06:38administrative, politique, financière, fiscale,
06:42qui s'empilent au niveau européen et français.
06:45Compagnie Charger Invest est cotée en bourse,
06:47je disais, vous détenez quasiment 65% du capital,
06:50est-ce qu'aujourd'hui,
06:51vous avez la tentation de partir ?
06:54En tout cas, de réfléchir un petit peu à votre organisation ?
06:57Alors écoutez, si j'ai un conseil à donner aux entreprises
06:59qui envisageraient de s'introduire à la Bourse de Paris,
07:01je leur dis, le faites surtout pas !
07:03Surtout pas !
07:04Pour deux raisons.
07:05D'abord, parce que traditionnellement,
07:06les Français quand même,
07:07à part ceux qui vous regardent,
07:08n'aiment pas beaucoup la Bourse.
07:09Deuxièmement, parce qu'il n'y a pas de capitaux longs en France,
07:13parce qu'il n'y a pas de retraite par capitalisation.
07:15Et puis, troisièmement,
07:16parce que les organisateurs eux-mêmes,
07:18de la Bourse à Paris,
07:20notamment Euronext,
07:21nous semblent finalement assez peu enclin
07:23à soutenir les valeurs moyennes.
07:24Si vous pouvez me citer des valeurs moyennes,
07:26de taille moyenne,
07:26qui sont devenues des multi-billions
07:29vélues au cours des dix dernières années,
07:31alors je vous tire mon chapeau.
07:33Il n'y en a pas.
07:35Et il n'y en a pas, pourquoi ?
07:36Parce que vous avez deux mondes finalement parallèles.
07:37D'un côté, le private equity,
07:39qui lui accélère et amplifie des grandes ETI,
07:43et en fait des grands groupes,
07:44ou des groupes familiaux,
07:46qui le font,
07:47comme nous aussi on le fait dans notre modèle.
07:49Et puis à côté de ça,
07:50vous avez les ETI qui sont encore en Bourse.
07:53Nous, nous n'avons pas du tout caché
07:56qu'on regardait éventuellement de ce côté
07:58sur d'autres places en Europe.
08:00Ça devrait un petit peu quand même alerter à un moment donné.
08:03De toute façon,
08:03nous on a déjà beaucoup d'actionnaires
08:05dans le flottant de la compagnie Charger Invest
08:07qui ne vivent plus en France,
08:10qui déjà habitent en Angleterre,
08:12en Suisse, en Belgique, ailleurs,
08:14qui sont des investisseurs familiaux de long terme.
08:16Donc finalement, ils nous disent quoi ?
08:17Ils nous disent,
08:18écoutez, si vous allez un jour
08:20vous coter à Zurich, on vous suivra.
08:21Si vous allez vous coter à Londres,
08:23on vous suivra.
08:24Eux, ils aiment Charger dans une culture de long terme.
08:26Ce qui les intéresse,
08:27c'est la façon dont nous bâtissons,
08:29et nous essayons, je crois avec quelques succès,
08:31de bâtir des champions des affaires de long terme
08:34pour transformer des ETI en grands groupes.
08:37Vous réfléchissez aujourd'hui à céder Novacel,
08:39c'est le leader mondial des films de process.
08:42Vous avez dit, en septembre 2025,
08:44étudier une session.
08:46Quelle est aujourd'hui la stratégie du groupe ?
08:47Pourquoi céder cette activité ?
08:49Et puis surtout, aujourd'hui,
08:51quelles sont les activités qui pourraient vous intéresser ?
08:54Alors d'abord, c'est une activité
08:55dont on est extrêmement fier,
08:56qu'on accompagne maintenant depuis 40 ans,
08:58donc c'est quand même pas du court-termiste.
09:00On en a fait un numéro un mondial,
09:02qui est extrêmement désiré,
09:03puisqu'il est extrêmement désiré
09:05par des industriels ou par des financiers.
09:07On examine l'opportunité pour nous,
09:09soit de le céder en totalité,
09:11soit de le garder.
09:12C'est une réflexion qui est très active et en cours.
09:16On verra, et si on le faisait aboutir,
09:18bien évidemment, on redéploiera cela
09:20dans nos autres pôles d'activité,
09:22notamment autour de la mode et des savoir-faire,
09:24mais aussi de la culture et de l'éducation.
09:26C'est notre culture industrielle et financière
09:30au sein de la compagnie Charger Invest,
09:31d'organiser aussi de la rotation d'actifs,
09:34de redonner aussi à l'ensemble de l'entreprise
09:38des marges de manœuvre complémentaires
09:39et de valoriser.
09:41Aujourd'hui, on a un actif net réévalué de 24 euros
09:43et un cours qui est en dessous de 10 euros.
09:45Donc, il y a un petit décalage entre notre cours de bourse
09:47et la valeur de notre actif net réévalué.
09:49Si je fais simple, aujourd'hui,
09:50NovaSell s'est estimé à 200-300 millions,
09:53c'est votre capitalisation boursière.
09:54C'est-à-dire qu'en fait, cette simple activité,
09:55aujourd'hui, c'est votre capitalisation boursière.
09:57Donc, la bourse ne prend pas en compte
09:59la partie culture, éducation, mode et savoir-faire.
10:01Aujourd'hui, c'est à peu près,
10:01aujourd'hui, dans notre actif net réévalué,
10:04c'est à peu près un tiers, un gros tiers
10:06de notre actif brut,
10:08de l'ensemble de la valeur de nos actifs.
10:10Donc, c'est déjà depuis longtemps
10:11moins de 50 % de nos activités
10:13parce que nous avons eu énormément de succès
10:15sur le reste tout en continuant
10:17à faire croître NovaSell.
10:18Mais voilà, on ne s'invierre à dire rien,
10:20on va regarder.
10:21Et puis aussi, nous serons évidemment opportunistes
10:24sans s'interdire éventuellement un schéma
10:26où nous demeurerions un accompagnateur minoritaire
10:29de long terme au sein de l'affaire.
10:31On décidera le moment venu
10:33et on se démontre des opportunités.
10:35En tout cas, il y a des marques d'intérêt.
10:37Aujourd'hui, vous avez des coups de fil.
10:38Enfin, cette partie de nos actifs intéressent.
10:39Plus que des coups de fil
10:40et plus que des marques d'intérêt.
10:41C'est-à-dire des gens qui ont souhaité explorer
10:43avec nous de façon approfondie
10:45et qui confirment clairement
10:47leur immense intérêt, leur attractivité.
10:49Donc, ce sera à nous de décider.
10:51C'est très important.
10:52Vous avez beaucoup de sociétés américaines
10:53comme ITW, Danaer, Coche Industries
10:56qui en permanence se disent
10:57est-ce que je demeure ou pas
10:58le meilleur actionnaire
11:00pour cette affaire, pour cette société.
11:02Et c'est notre devoir
11:03de nous poser aussi la question
11:0440 ans après l'avoir quand même
11:06lancé sur les fonds baptismaux.
11:08Bon, eh bien...
11:09En tout cas, vous êtes optimiste
11:10pour l'année prochaine.
11:11Alors, nous sommes globalement
11:12plutôt optimistes pour nous,
11:14ou pas pour la France,
11:14mais en tout cas, pour nous,
11:15on est plutôt optimistes
11:16parce que nos débouchés internationaux
11:19sont plutôt porteurs.
11:21Nos vassels qu'on vient d'évoquer
11:22a des carnets de commandes
11:23assez spectaculaires
11:24sur cette fin d'année
11:25alors que, bon, l'environnement
11:27vu de l'extérieur
11:28n'était pas extraordinaire.
11:31Eh bien, écoutez,
11:32ils ont des très bons carnets de commandes,
11:33des très hauts niveaux.
11:35C'est un très, très bon signal
11:37pour l'année prochaine.
11:39On a des carnets de commandes
11:40absolument fascinants
11:41sur Museum Studio.
11:42On a des dynamiques fortes
11:44sur nos marques de luxe.
11:45Et puis, on a nos activités textiles
11:47qui commencent à se normaliser
11:48après ce sujet des droits de douane
11:51et une réorganisation géographique.
11:53Donc, oui, on est plutôt optimistes.
11:56Il y a eu un effet, d'ailleurs,
11:58qui a été absorbé
11:59par la dynamique
12:00de nos autres activités
12:01sur le textile.
12:02Bon, nous voyons 2026,
12:04effectivement,
12:05avec ambition et optimisme.
12:07Merci beaucoup,
12:07Michael Fribourg,
12:08d'être venu ce matin
12:09sur BFM Business,
12:10président directeur général
12:11de la compagnie Charger Inves
12:12qui a donc publié
12:13son chiffre d'affaires cette semaine.
12:15Merci pour ce point d'étape
12:16et pour ce petit mot d'optimisme,
12:17quand même,
12:18sur l'année prochaine.

Recommandations