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  • il y a 36 minutes
Michel Picon, président de l'U2P, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce vendredi 2 octobre. Ils sont revenus sur l'impact du budget 2027 sur les TPE et PME, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Michel Picon, bonjour.
00:01Bonjour.
00:02Merci d'être sur Good Morning Business ce matin.
00:05Vous êtes président de l'UDP, donc c'est une des principales organisations patronales
00:08avec le MEDEF et les entrepreneurs ex-CPME.
00:12Alors ce budget, on en parle évidemment ensemble, budget 2027,
00:16il prévoit des économies de l'ordre de 43 milliards, 54 milliards avec celle déjà annoncée.
00:21Ça affecte beaucoup les retraités, beaucoup les fonctionnaires.
00:25Est-ce qu'on peut dire que vous êtes relativement épargné ?
00:28Oui, les petites entreprises directement, mais en fait on ne l'est pas par la conjoncture aujourd'hui
00:33qui est préoccupante pour toutes les petites entreprises.
00:36On voit bien les défaillances, l'emploi qui diminue.
00:41Ce n'est pas un bon budget.
00:43Mais ce budget ne va pas aggraver la situation, puisque vous reconnaissez vous-même
00:46que vous serez relativement épargné pour les petites entreprises ?
00:48Tout ce qui va toucher au pouvoir d'achat de nos concitoyens
00:51a des répercussions sur les activités de nos petites entreprises, évidemment.
00:57Mais quand on dit ça, porter un jugement sur la situation, le niveau d'endettement du pays,
01:04le poids de la dette à financer qui prive de marge, de manœuvre sur tous les besoins
01:10et les interventions de l'État, et elles sont nécessaires dans un certain nombre de secteurs,
01:15eh bien on ne l'a plus.
01:16Donc il faut redresser cette situation, il faut que l'effort soit partagé.
01:20Il l'est aussi pour les petites entreprises, un peu moins sur ce budget-là.
01:25Mais somme toute, sur les allègements généraux de cotisation, on a déjà donné.
01:30Sur l'apprentissage, on a déjà donné.
01:32Sur les moyens donnés aux chambres consulaires, pour accompagner les entreprises,
01:37on a déjà donné aussi.
01:39Bon, moi j'avais dit au Premier ministre et au ministre des économies et finances,
01:43les petites entreprises, elles sont à l'os.
01:45Et il n'y a qu'à regarder le nombre de défaillances pour le comprendre.
01:50On a plutôt été entendus sur ce volet-là.
01:54On va revenir sur le reste.
01:55Vous me parliez de la dette, vous me parliez des taux.
01:57On a vu l'OAT à 10 ans hier qui était vraiment tout proche,
02:01qui a frôlé les 5%.
02:03Ça, c'est un motif d'inquiétude énorme pour les petites entreprises ?
02:07Complètement, parce qu'à un moment, si on a le spectacle au Parlement
02:13que nous avons eu l'année dernière, le risque, c'est qu'il n'y ait plus une question de
02:18taux,
02:18c'est qu'il n'y ait plus d'investisseurs qui veuillent racheter de la dette du pays.
02:22Et ça, c'est terrible.
02:23Enfin, il faut que tous nos concitoyens soient conscients de cela.
02:26Si demain, il n'y avait plus de preneurs, c'est un peu comme une famille
02:30qui fait des crédits, des crédits pour rembourser des crédits,
02:33et puis à un moment, le banquier dit stop.
02:35Vous ne pouvez plus faire fonctionner votre famille.
02:39C'est exactement la même chose.
02:40Vous craignez une crise financière qui impacterait donc...
02:43Oui, mais bien sûr, qui impacterait toutes les entreprises
02:46et l'ensemble de nos concitoyens.
02:48C'est pour ça que nous, évidemment, on préférerait que la situation soit différente.
02:53On préférerait que les petites entreprises soient aidées pour changer leur véhicule,
02:57que la prime rénov' soit plus haute que ce qu'elle est
03:00pour que les Français puissent faire de la rénovation énergétique.
03:02Mais on est conscients de la situation du pays,
03:04et on sait que les choses pourraient être encore plus graves.
03:07Donc, voilà, moi je veux...
03:09Il y a une forme de responsabilité chez vous.
03:10Oui, nous ne voulons pas mettre, rajouter du feu
03:14dans une situation, on le voit bien, économique difficile,
03:18et aussi une situation sociale de nos concitoyens
03:22qui est aussi compliquée.
03:25Il faut que tout le monde fasse un petit effort,
03:27il faut que cet effort soit bien partagé.
03:29Si on veut qu'il soit accepté, il faut qu'il soit juste.
03:31Le MEDEF, lui, il a chiffré à 20 milliards le coût pour les grandes entreprises.
03:37Vous, vous avez chiffré ?
03:38Non, enfin, on n'a pas chiffré, c'est les mêmes chiffres
03:41qui touchent les grandes entreprises et les petites.
03:43Le MEDEF compte les 5 milliards de superimpôts
03:48qui devaient être exceptionnels, qui s'installent.
03:50Mais comment le gouvernement peut-il faire autrement ?
03:54Et puis, il compte aussi des sujets qui nous impactent,
03:58c'est-à-dire le gel de la baisse des cotisations sociales.
04:02Ça, ça va impacter le coût du travail ?
04:03Bien sûr, le coût du travail va augmenter pour les entreprises
04:07dans une période où toute l'activité est en baisse.
04:10Ça veut dire moins d'embauches ?
04:11Ça veut dire moins d'embauches, moins d'investissements.
04:14Et quand vous embauchez moins et que vous avez moins d'investissements,
04:17les entreprises, c'est mécanique, il y a moins de croissance.
04:20Or, ce qui peut sortir notre pays de ses difficultés,
04:24d'abord, c'est que tout le monde travaille plus.
04:26Je ne veux pas dire que ceux qui travaillent doivent travailler plus.
04:28Ils travaillent déjà.
04:30Non, c'est qu'on a trop de gens qui ne travaillent pas.
04:33Alors, il y a de multiples raisons pour cela.
04:36L'inadéquation de la formation avait les besoins des entreprises.
04:40On pourrait en faire le catalogue, mais on ne le fera pas ce matin.
04:43Donc, il faut vraiment qu'il y ait un choc dans ce pays,
04:48un choc politique.
04:49Les élections présidentielles, j'espère,
04:52auront un débat de qualité qui permettra d'éclairer les citoyens
04:56sur la situation dans laquelle nous sommes.
04:59Dans ce budget, est-ce que vous voyez la fin de la politique de l'offre ?
05:03Parce qu'on va tourner la page des années Macron,
05:05et c'était vraiment la marque de fabrique.
05:08Vous voyez ça, vous, dans ce budget ?
05:10Oui, non, mais clairement, là, on n'est plus dans la politique de l'offre.
05:13On est dans une politique, au fond, que l'on a du mal à définir.
05:16C'est un bateau qui prend l'eau de tous les côtés,
05:18avec un équipage sous un capitaine qui a du mal à faire face à la situation,
05:26et qui essaie de mettre des rustines un peu de partout.
05:28Et on voit bien que quand on a mis une rustine là,
05:31le lendemain, c'est dans les lycées que ça pète.
05:33Après-demain, ça sera dans des entreprises.
05:36Oui, on a une période...
05:38Il reste six mois, ou sept mois, avant l'élection présidentielle,
05:43un petit peu plus, mais on doit pouvoir trouver un peu d'apaisement
05:49pour que le débat se déroule,
05:50que les Français choisissent un mode de société.
05:54Peut-être il sera différent,
05:56mais faisons ça dans la sérénité, dans le calme,
05:59sans affaiblir l'économie de notre pays,
06:01parce que s'il n'y a pas d'économie qui fonctionne,
06:04tout le monde sera malheureux.
06:05S'il n'y a pas d'économie qui fonctionne,
06:07ça veut dire qu'il faut un budget.
06:08S'il n'y a pas de budget, qu'est-ce qui se passe pour les petites entreprises ?
06:11C'est catastrophique pour les petites entreprises,
06:13mais aussi pour nos citoyens, pour nos concitoyens.
06:16S'il n'y a pas de budget, il n'y aura pas de peine rénov',
06:18s'il n'y a pas de budget, il y aura une augmentation de la fiscalité
06:21pour tous les Français,
06:22parce que les revalorisations des tranches d'imposition
06:25ne seront pas relevées.
06:28Donc vous avez des gens aujourd'hui qui ne paient pas d'impôts,
06:30qui demain vont en payer par l'impôt,
06:33l'incapacité des parlementaires à trouver des compromis.
06:37Ça veut dire plus de faillite pour vous ?
06:38Ça veut dire plus de faillite,
06:40ça veut dire une consommation en berne,
06:42et ça veut dire aussi un risque majeur
06:44de ne plus pouvoir financer notre dette
06:46avec les conséquences que ça peut avoir.
06:49Le débat ne fait que commencer.
06:51Il va s'ouvrir au Parlement,
06:53dans l'hémicycle le 13 octobre.
06:57Est-ce que vous allez être à l'origine d'amendements ?
07:00Comment vous voulez faire évoluer la copie ?
07:01Oui, on va essayer de déposer des amendements.
07:05Après, vous savez, le diable se cache dans les dévails.
07:07Le budget est sorti, moi j'en ai pris une connaissance.
07:10Après, il y a des bribes qui tournaient.
07:12J'ai rencontré le ministre de l'Économie
07:14avec le ministre des Comptes et Publics.
07:16Ils m'ont fait part des grandes orientations,
07:18mais le texte, précisément, je ne l'ai pas vu.
07:21Par exemple, la fiscalité des apports-sessions
07:25dans les entreprises,
07:26quand vous avez un fonds de commerce,
07:27vous passez en société,
07:28vous l'apportez à votre société,
07:30il y avait un report de plus-value.
07:31Ça s'est modifié.
07:32Vous me sens le découvre, le texte,
07:33ça ne nous a jamais été présenté.
07:36Ah, on ne vous l'avait pas dit ?
07:36Non, et ça...
07:37Voilà, j'espère que des petites...
07:39Vous avez l'impression qu'on vous l'a fait un peu à l'envers ?
07:41Alors, je ne sais pas si on nous l'a fait à l'envers
07:44ou s'il y a une espèce de vente de panique
07:45qui fait qu'on ne dit pas tout d'un coup.
07:48Je ne sais pas.
07:48En tout cas, moi, j'attends...
07:50Mes équipes étudient le texte
07:53et évidemment, s'il y a des choses
07:54qui ne sont pas supportables
07:56ou qui peuvent être vitales
07:57pour la pérennité de nos entreprises,
08:00on déposera les amendements qui vont avec.
08:03Mais on est conscient
08:04qu'on ne renversera pas la situation,
08:07malheureusement, de l'endettement de notre pays.
08:10Merci, Michel Picon, d'avoir été notre invité
08:12ce matin dans Good Morning Business,
08:13président de l'UDEP,
08:15l'une des principales organisations patronales
08:17aux côtés du MEDEF et des entrepreneurs.
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