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  • il y a 59 minutes
Ce vendredi 2 octobre, retrouvez le replay de French Tech présenté par Brigitte Boucher sur BFM Business

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Transcription
00:00Et la voix des socialistes ce matin c'est Estelle Mercier, bonjour.
00:03Bonjour.
00:03Et merci d'être avec nous, députée PS de Meurthe-et-Moselle,
00:05membre de la commission des finances et responsable du budget pour votre groupe.
00:09Budget qui a été présenté hier, 43 milliards d'économies,
00:12un effort qui se veut assez largement partagé pour amener le déficit à 5%.
00:18C'est volontariste, ça vous convient ?
00:20Alors évidemment, nous ça ne nous convient pas,
00:22je pense que ce budget il n'est pas du tout à la hauteur des enjeux.
00:25D'ailleurs, hier, le Haut Conseil des Finances Publiques représenté par Amélie de Montchalin
00:31disait bien que ces 43 milliards qui sont un effort considérable budgétaire
00:35risquaient aussi d'avoir un impact sur la croissance en 2027,
00:38donc un effet récessif.
00:40Pourquoi ? Parce que sur ces 43 milliards, il y en a quasiment la moitié,
00:44donc quasiment 50%, qui pèsent sur les ménages et la consommation des ménages.
00:48Comment est-ce qu'on veut, dans le contexte dans lequel on est,
00:50vouloir relancer la consommation quand on crée en fait une espèce d'année blanche déguisée,
00:54que ce soit pour les retraités qui consomment, qui sont actifs dans la société,
00:59que ce soit dans le gel des APL, que ce soit le gel des allocations.
01:03Enfin, toutes ces désindexations prévues dans ce budget
01:06vont avoir un effet plutôt récessif que véritablement de relance.
01:10Donc vous qualifieriez comment ce budget ?
01:12Alors nous, on a dit que c'était pour nous un budget qui était inacceptable,
01:17parce que très déséquilibré, faisant peser les efforts sur les Français
01:21et souvent les plus démunis et les plus modestes.
01:25Et donc c'est plus une provocation, c'est un budget véritablement qui ne peut pas convenir,
01:31qui n'est pas à la hauteur de ces enjeux.
01:33Alors vous dites les retraités, vous dites les ménages,
01:37mais le MEDEF dit les entreprises.
01:39Il dit 20 milliards de prélèvements en plus pour les entreprises,
01:42donc elles sont largement mises à contribution elles aussi ?
01:45Ce n'est pas tout à fait ça, puisque c'est annoncé déjà une baisse de la surcôte IS
01:49qui était à 7,5 milliards.
01:51Qui est à 5 milliards.
01:51La dernière qui est à 5, donc il y a déjà 2,5 milliards de moins pour les entreprises.
01:55Mais un coût du travail qui va augmenter par le désallègement de charges.
01:58Il faut que les Français comprennent, c'est en fait l'allègement aujourd'hui
02:02sur les cotisations sociales dont bénéficient les entreprises que l'on désindexe,
02:06donc qui est moins important et qui ne va pas se réindexer.
02:10L'allègement existe toujours.
02:1280 milliards d'euros par an qui sont, pour les entreprises,
02:15des allègements de cotisations sociales,
02:17qui représentent un coût budgétaire quand même.
02:20Donc là, ce qui est prévu, c'est 3-4 milliards d'ajustements sur les 80 milliards.
02:24C'est quoi vos lignes rouges du coup ?
02:26Alors nous, il n'y a rien dans ce budget qui nous va.
02:28Donc on n'a que des irritants.
02:29Donc on va dire que tout est une ligne rouge.
02:33Mais vous êtes ouvert au compromis, parce que la discussion, elle démarre après-demain.
02:37Alors la discussion, elle va démarrer, bien sûr, et nous, on y prendra part.
02:40Nous, on a des propositions à faire.
02:42Ça fait 15 jours, on a fait nos propositions.
02:43Vous avez proposé votre contre-budget, d'ailleurs.
02:44Ce contre-budget, il est sur la table des ministres et du Premier ministre.
02:48Donc avec une taxe sur les grands héritages, avec une taxe sur les compagnies pétrolières ?
02:52Non, une taxe sur les géants du numérique et surtout une taxe sur les hauts patrimoines.
02:56Parce qu'aujourd'hui, les hauts patrimoines ne contribuent pas, comme ils devraient, à la solidarité nationale.
03:02Et donc ces propositions, elles sont sur la table des ministres.
03:05Mais moi, la question que je pose, c'est qu'ils veulent faire un compromis.
03:08En tout cas, le Premier ministre nous a envoyé un courrier nous demandant de venir discuter et d'échanger.
03:14Mais il n'y a rien dans ce budget qui reprend un début de nos propositions.
03:17Mais vous allez venir discuter ?
03:19On discute, mais c'est plutôt à eux que je demande.
03:23À quoi sont-ils prêts à renoncer dans ce budget ?
03:26Puisqu'ils connaissent très bien nos positions.
03:28Et comment eux, ils voient le compromis ?
03:30Vous ne dites pas censure comme les écologistes ?
03:33Non, vous ne pouvez pas dire qu'on veut faire un compromis et ne mettre aucune main tendue dans un
03:37budget.
03:38Il y a un moment donné, la responsabilité, elle est aussi celle du gouvernement,
03:41qui propose quelque chose qui est inacceptable pour les socialistes.
03:44Mais votre responsabilité, c'est aussi qu'il y ait un budget pour la France, non ?
03:47S'il n'y a pas de budget ?
03:48Oui, c'est notre responsabilité. Je crois qu'on a déjà montré à plusieurs reprises que nous étions responsables.
03:51Parce que l'année dernière, c'est quand même grâce à nous qu'il y a eu effectivement un budget
03:55adopté.
03:56Mais ça ne me fait pas sûr dans n'importe quelles conditions non plus.
03:58Et nous partageons d'ailleurs la question de l'urgence de la situation,
04:02de la catastrophe économique que nous sommes en train de vivre.
04:05et nous partageons aussi l'objectif de réduire les déficits publics.
04:08C'est-à-dire que la méthode n'est pas la bonne et que nous ne sommes pas d'accord
04:11sur la manière dont le gouvernement...
04:12Mais est-ce que vous dites qu'il faut un budget ?
04:14Mais il faut un budget, de toute façon. La France aura un budget, c'est sûr.
04:18Merci d'avoir été avec nous, Estelle Mercier, pour porter la voix des socialistes ce matin,
04:21député EPS de Meurthe et Moselle, mandat à la Commission des finances et responsable du budget pour votre groupe.

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