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  • il y a 3 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va reparler de ce qui s'est passé ce matin sur l'île d'Oléron avec ce conducteur inconnu du service de renseignement
00:06qui durant 35 minutes au volant de sa voiture a fauché plusieurs personnes.
00:11Au moment où les policiers sont neutralisés, il est au taser, il est toujours vivant, il est en garde à vue,
00:16il est sorti de sa voiture en criant la haqbar, il a essayé d'y mettre le feu.
00:20Le parquet terroriste pour le moment est en observation, il faut être précis.
00:23Mais dans tous les cas, les gendarmes, les enquêteurs sont sur le lieu de résidence de cet homme.
00:30C'est Vincent Hénin qui est sur place pour BFM TV, ça se passe à la Cotinière où il y a bien sûr des perquisitions, Vincent.
00:40Oui, la Cotinière sur la commune de Saint-Pierre-d'Oléron, la même commune où habite le conducteur de cette voiture
00:48qui a fauché plusieurs personnes ce matin entre Dolus-d'Oléron et Saint-Pierre-d'Oléron.
00:54Vous allez le voir sur ces images de Vittel Stannik.
00:58Il y a un dispositif de sécurité des gendarmes et de la police avec également un service de déminage.
01:05Des hommes de la sous-direction antiterroriste qui sont là en observateur.
01:10Le lieu d'habitation de cet homme, le lieu le plus connu d'habitation puisqu'il y aurait une seconde maison,
01:16celle a priori de son père où il avait l'habitude de se rendre également.
01:19Il y a également des gendarmes sur cette seconde adresse. En tout cas, la principale perquisition est ici avec des moyens importants.
01:26Une reconnaissance qui vient d'être faite par drone. L'objectif, c'est de sécuriser la perquisition puisque parmi les mobiles possibles envisagés par les enquêteurs,
01:37il y a toujours la possibilité d'un acte terroriste, ne serait-ce que par le déroulement des faits.
01:44Donc des individus fauchés par une voiture. Un homme qui a crié à la Ouagbar lorsqu'il a été interpellé par les gendarmes.
01:53Il a mis le feu à sa voiture. Une voiture dans laquelle il y avait une bonbonne de gaz sur le siège passager, nous a précisé le maire de Saint-Pierre-de-Léron.
02:01Donc voilà. Donc là, vous le voyez sur ces images. Le service de déminage semble vouloir repartir.
02:07A priori, les lieux sont désormais sécurisés. On a pu voir les hommes qui étaient cagoulés de la police se regagner leur véhicule.
02:17On peut imaginer que la perquisition se poursuit désormais en sécurité. Il s'agirait, selon nos informations, d'un mobilhome dans lequel habitaient certains individus.
02:25Selon les témoignages de quelques habitants, les rares habitants qu'on a pu croiser ici, l'homme n'avait pas donné de signe de radicalisation.
02:35Ce qui fait que, justement, les enquêteurs restent très prudents quant à la piste d'un acte terroriste.
02:40D'autres pistes sont étudiées, notamment celle d'un acte fou, d'un déséquilibré sur le plan psychiatrique.
02:48Ou alors, tout simplement, quelqu'un qui aurait voulu faire ce qu'on appelle un suicide by cops, c'est-à-dire être tué par les forces de l'ordre lors de son interpellation.
02:57En tout cas, beaucoup de questions restent ouvertes à ce stade. L'enquête ne fait que débuter avec ce travail de terrain.
03:03Un travail d'enquête également de voisinage qui va avoir lieu pendant plusieurs jours, sans doute, à l'initiative des gendarmes et de la police nationale.
03:12Voilà, rappelons que l'individu a été interpellé, il est toujours en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Saint-Pierre-de-Léron.
03:20Merci Vincent Hénin avec Vitole Stannic.
03:22Mais général, moral général de gendarmerie, là quand on voit la voiture qui a été calcinée, on voit des experts en combinaison blanche, il y a encore quelque chose à en tirer ?
03:32Il y a des indices qu'on peut avoir là quand même ou pas ?
03:35Si vous voulez, à partir du moment où dans un véhicule qui a été incendié, on essaie...
03:39Incendié par l'auteur lui-même.
03:41On essaie de savoir quel a été le produit accélérant pour mettre le feu.
03:46Et si on trouve des bouteilles de gaz, il faut savoir si c'est là par hasard.
03:49Parce qu'on nous dit que ce gars-là, il habite dans un mobilhome.
03:52Est-ce qu'il n'est pas chauffé au gaz tout bêtement ?
03:55Oui, enfin s'il met le feu à un véhicule, il sait qu'il y a des bonbonnes de gaz.
03:57Mais il a peut-être été chercher des bouteilles de gaz, si vous voulez.
04:01On cherche un comportement rationnel, lui, dans sa tête, ça ne doit pas être très rationnel.
04:06Donc on cherche un dispositif de mise à feu.
04:08Pourquoi met-il le feu à son véhicule ? Ça ne serait pas une question.
04:13En général, c'est pour effacer des traces ADN ou effacer toutes les traces ADN.
04:16Parce que les gendarmes sont déjà là.
04:18Non, c'est peut-être sans doute pour faire exposer les bonbonnes de gaz, pour faire plus de victimes.
04:22Ou on cherche, si vous voulez...
04:22Lui-même peut-être se tuer lui-même en faisant ça, et tuer les gendarmes qui se trouvaient autour du véhicule.
04:28On cherche le mécanisme, si vous voulez, de mise à feu qu'il peut y avoir avec les bouteilles de gaz.
04:32Des fois, il est quelque chose de sophistiqué.
04:35Donc les recherches permettent d'établir si c'est quelque chose de fortuit ou de sophistiqué.
04:42Pour répondre à votre question, Alain, dans les voitures carbonisées, on retrouve pas mal de choses.
04:47Si la voiture est complètement charbon, évidemment, il n'y a plus rien.
04:50Mais les voitures, vous voyez, celle-ci n'a pas complètement brûlé, il y a encore des choses à l'intérieur.
04:54Et un spécialiste, quelqu'un qui a un laboratoire de police scientifique en France, qui est un labo très connu,
05:00me disait un jour que quand une voiture brûle comme ça, la première chose qui se détache, c'est le ciel de toit de la voiture.
05:06Et le ciel de toit, il tombe sur les sièges. Et en fait, ça fait un vide entre le ciel de toit et les sièges.
05:13Si la voiture est éteinte à temps, il suffit de lever ce ciel de toit, ce morceau de plastique,
05:19et on retrouve dessous, sur les sièges, tout un tas de trucs intacts, tout un tas d'indices, des cheveux, des cellules épithéliales, des poils, un briquet,
05:28quelque chose que les gens ont laissé dans la voiture en se disant...
05:30Un ordinateur de la correspondance.
05:32De toute façon, la voiture, on va la brûler, et donc il n'en restera rien.
05:35Il y a cinq blessés, deux personnes grévées en urgence absolue, trois en urgence relative,
05:40et parmi ces personnes qui ont été fauchées par cet individu, il y a une collaboratrice parlementaire
05:46qui travaille pour le député RN de Charente-Maritime, et ça a suscité beaucoup d'émotions et d'émoi à l'Assemblée nationale.
05:51Dans les rangs du Rassemblement national, nous sommes avec Michael Taverne, le député RN du Nord, en direct de l'Assemblée nationale.
05:59Bon, bon sang, M. le député. Alors tout d'abord, est-ce que vous avez des nouvelles de cette collaboratrice qui se prénomme Emma, c'est ça ?
06:08Oui, alors Emma a été grièvement blessée. Elle a été transportée au CHU de Poitiers.
06:14Elle est en urgence absolue et elle devra visiblement subir beaucoup d'opérations.
06:18Mais en tout cas, c'est un drame absolu. Il faut avoir une pensée pour l'ensemble des victimes, bien évidemment,
06:24mais notamment la victime Emma et mon collègue également Pascal, qui est très attristé par ce drame absolu qui s'est déroulé à l'île d'Oléron.
06:35Très vite, on a entendu votre collègue Sébastien Chenu parler de l'islamisme, de la lutte contre l'islamisme, justement.
06:44Est-ce que vous n'allez pas un peu vite en besogne ? Pour l'instant, on est au tout début de cette enquête.
06:51Oui, alors Sébastien Chenu a évoqué la piste islamiste et je pense qu'il a raison, puisque vous savez, nous avons affaire à un individu qui est quand même assez lucide.
06:59C'est un périple meurtrier. D'ailleurs, c'est ce que je reproche au ministre de l'Intérieur. Il a évoqué un périple volontaire.
07:05Non, c'est un périple meurtrier, c'est-à-dire qu'il a utilisé son véhicule en tant qu'arme par destination et ça a duré 35 minutes.
07:13Ensuite, il prend la fuite. Il ne veut pas se laisser interpeller. Il crie « Allah Akbar ».
07:19Et ensuite, il incendie son véhicule pour visiblement, soit effacer toutes les traces et indices,
07:25ou alors même pire, faire exploser son véhicule pour faire un maximum de victimes.
07:29Donc ça, c'est à prendre en considération.
07:31Pour vous, il n'y a pas de doute, c'est un attentat terroriste islamiste ?
07:35Pour l'instant, on verra ce que diront les enquêteurs, mais on a le mode opératoire.
07:41Utilisation d'un véhicule pour faire un maximum de victimes, un périple meurtrier.
07:45Ensuite, lors de l'interpellation, il y a le « Allah Akbar ».
07:48Maintenant, ce qu'il manque, ce sont les revendications.
07:52Que voulait faire exactement cet individu ?
07:55Moi, je pense qu'il est extrêmement lucide.
07:56Mais en tout cas, il ne faut pas écarter la piste islamiste.
07:59Vous savez, j'entends depuis tout à l'heure, il n'était pas connu des services de renseignement.
08:03Mais on peut aussi bien s'auto-radicaliser sans que les services de renseignement soient informés.
08:10Et justement, aujourd'hui, il y a beaucoup de ce qu'on appelle les « loups solitaires »
08:14qui se radicalisent chez eux, qui se radicalisent lors notamment de réunions avec, pourquoi pas, d'autres individus habitant sur le secteur.
08:24Il peut aussi bien partir ou se rendre à La Rochelle, à Rochefort, à Poitiers.
08:29Donc ça, c'est l'enquête qui le déterminera.
08:31Mais il ne faut pas écarter la piste du fondamentalisme islamiste.
08:35Merci, M. Taverne, en direct de l'Assemblée nationale.
08:38Un autre député vient de nous rejoindre, c'est Christophe Plassard, député Horizon de Charente-Maritime.
08:44Vous rentrez à l'instant de l'héron.
08:46Vous étiez d'ailleurs, on vous a vu sur les images, aux côtés du ministre de l'Intérieur.
08:50Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de plus sur ce drame absolu ?
08:53De plus, je ne dirais pas grand-chose.
08:55Parce que je pense qu'il faut, contrairement à la précipitation de certains propos, il faut laisser le temps au temps.
09:01Mais comment sur place on réagit ?
09:02Parce qu'on imagine que c'est informatique.
09:03Sur place, on réagit comme on peut imaginer réagir dans n'importe quel territoire français.
09:08Peut-être de façon encore plus particulière parce que c'est une île et que le caractère insulaire de la population,
09:14le fait qu'il y ait une cohésion du territoire, fait que ça sûrement amplifie encore l'impact que ça peut avoir.
09:22Et que tout le monde se connaît, bien sûr.
09:24Alors tout le monde se connaît, ça reste 20 000 habitants.
09:26Inse, dans la réalité des choses, il y a beaucoup de retraités, donc on est plutôt à 40 000, 50 000 habitants.
09:30Parce que ceux qui ont été fauchés, c'est des piétons, des cyclistes.
09:32Cette joggeuse qui est tranquillement, parce qu'il était assez tôt ce matin, qui faisait son jogging au bord de la route.
09:39Donc l'assidération est celle de n'importe quel territoire qui subirait ce genre de choses.
09:44C'est un territoire rural, à taille humaine.
09:47Les villes font quelques milliers d'habitants.
09:49On est hors saison, donc il n'y a pas de météo.
09:50On est hors saison, donc ce sont plutôt les habitants, les résidents qui sont présents.
09:54Cette jeune fille avait l'habitude de faire son jogging, de ce que j'en sais.
09:56Donc elle était dans sa vie, dans son quotidien, et tout simplement.
09:59Et donc quand le quotidien vient être percuté comme ça par quelque chose de si horrible,
10:03oui forcément ça sidère.
10:05Au premier rang, les élus, parce que ceux qui sont au premier rang, ce sont les maires.
10:10Après, je crois que la démarche, je ne crois pas, je suis sûr même,
10:12que la démarche du ministre de l'Intérieur était plutôt une démarche de soutien.
10:16C'est une bonne chose qu'il aille sur place.
10:17Mais bien sûr, on est dans le symbole.
10:19Mais ça veut dire que, remercier d'abord l'efficacité de tous ceux qui sont intervenus.
10:24Vous prenez toute la chaîne, que ce soit la chaîne médicale, SAMU, pompiers,
10:28que ce soit la chaîne de la sécurité, les gendarmes en premier lieu,
10:33puis ensuite tout de suite la police et l'inspection, la partie judiciaire.
10:36Les gendarmes qui ont interpellé l'individu, d'ailleurs, qui ne s'est pas laissé faire.
10:39Qui ne s'est pas laissé faire, c'était une interpellation un peu musclée,
10:42mais rien d'étonnant dans ce genre de situation.
10:46Et je pense que la présence du ministre était simplement...
10:49Mais ce n'est pas un territoire.
10:50Alors, tout à l'heure, Jean-Michel Fauvergne nous disait,
10:52mais il n'y a pas de territoire protégé à 100%.
10:55C'est vrai qu'on n'imagine pas ce type d'événement sur l'île de l'Héron.
11:00On voit ça dans nos villes, en général.
11:04Mais non, on ne voit ça nulle part.
11:05C'est-à-dire que vous voyez...
11:06Où est-ce que vous voyez des voitures ?
11:08Des attaques avec la voiture, on en a vu un peu partout.
11:10On en a vu un peu partout.
11:12En France, à Nice, sur des marchés de Noël.
11:14Je suis d'accord, mais ce que je veux dire, c'est que ça reste, et heureusement, exceptionnel.
11:18Malheureusement, oui, bien sûr.
11:19Ce n'est pas la première fois.
11:20On n'est pas surpris, malheureusement.
11:22Ce n'est pas la première fois, mais malheureusement, ça percute et ça intervient dans des territoires
11:28où parfois on peut considérer qu'on était protégé par ce genre de choses.
11:32Et c'est le côté imprévisible, soudain, qui fait que ça devient violent.
11:38Donc oui, aujourd'hui, c'est l'île de l'Héron.
11:40Moi, j'y suis attaché.
11:41C'est ma circonscription.
11:43Je sais à quel point c'est un territoire qui est plaisible habituellement.
11:45Mais pour être un député de terrain et passer parfois des nuits avec la BAC en zone police
11:51ou avec le PSIG en zone gendarmerie, il n'y a pas un territoire aujourd'hui où il y ait zéro délinquance.
11:55Mais justement, pour parler de l'homme, il a été interpellé.
11:59Là, il est en garde à vue et il est mutique.
12:01Il ne dit rien.
12:02C'est assez habituel, ça, ou pas ?
12:04Alors, vu la gravité des faits, souvent, les avocats peuvent être tentés de conseiller
12:09sur des faits criminels comme ça d'avoir accès à la procédure avant de parler.
12:15C'est quand même un réflexe de défense assez classique.
12:17Ce n'est pas toujours le plus pertinent.
12:19Mais en tout cas, on peut le comprendre.
12:20Mais surtout, ça va poser un problème pour l'expertise psychiatrique.
12:22Parce qu'en fait, on va se demander tout de suite s'il était lucide ou pas.
12:25Et c'était une question qui a été posée tout à l'heure par l'un des intervenants.
12:28Sous l'emprise de stupéfiants ?
12:30Exactement.
12:30Et pour ça, il faut une expertise psychiatrique.
12:32Et pour faire une expertise psychiatrique, il faut quand même avoir des éléments de réponse.
12:36Soit il faut avoir accès au dossier médical qui va vous donner des renseignements.
12:40Soit il faut pouvoir parler, échanger entre eux et que l'expert psychiatrique puisse le voir.
12:46Donc là, sur ça, à mon avis, le fait de faire exercer son droit au silence va ralentir l'enquête, c'est évident.
12:53Jean-Michel Fauvergue ?
12:54Il est mutique aussi parce qu'une des premières notifications que l'on fait dans une enquête,
12:59c'est de lui notifier qu'il a le droit de garder le silence.
13:02Donc déjà, à un certain moment, vous avez un certain nombre de personnes qui disent
13:06« Bon, d'accord, alors je vais me taire ».
13:09Mais je voudrais revenir sur les interviews qu'on a vues tout à l'heure à l'Assemblée nationale avec les députés.
13:15Et je voudrais, si ça ne dérange pas, vous donner ma double expérience, celle de député, celle d'ancien homme politique et celle de policier.
13:25En fait, en réalité, on comprend très bien qu'on est là dans une séquence politique où chacun pousse ses arguments en disant « Vous voyez, la radicalisation, vous voyez, mais non, ce n'est pas une radicalisation, etc. »
13:35Mais moi, ce qui me gêne un peu, c'est que dans cette affaire-là, vous avez des spécialistes.
13:41Les spécialistes, ce sont les policiers, ce sont les magistrats.
13:43Donc les spécialistes sont en train... J'entendais le député dire « On ne peut pas écarter la piste de la radicalisation ».
13:50Mais elle n'est pas du tout écartée, la piste de la radicalisation.
13:52Elle est à l'étude, et puis il y a des observateurs.
13:56Mais ça, ça sera le rôle des enquêteurs de la gendarmerie, pour le coup, qui sont très professionnels.
14:01Vous voyez qu'il y a l'identité judiciaire de la gendarmerie sur place, qui sont très professionnelles.
14:05Donc il ne faut pas parler trop vite, c'est ce que vous dites.
14:06Oui, bien sûr, bien évidemment.
14:08Alors je comprends, d'ailleurs, le discours politique.
14:11Le problème, c'est qu'aujourd'hui, tous les faits de ce genre sont récupérés de tous bords, d'ailleurs.
14:15Oui, oui, mais le problème, c'est qu'on va avoir des réponses en deux jours, demain, dans deux jours, etc.
14:23Et le temps sera passé.
14:25Attention à la récupération, c'est ce que vous dites.
14:27Dans les affaires judiciaires, oui.
14:30D'autant plus que vous avez des victimes, des familles qui souffrent.
14:33Et bon, à un certain moment, il faut quand même...
14:34Oui, mais un responsable politique, il est aussi pour apporter des réponses, pour rassurer.
14:37Et là, ce n'est pas les réponses qu'il apporte chacun.
14:39Chacun pousse un peu ses bides dans son camp, quoi.
14:42Alors, je suis d'accord avec vous.
14:44Le politique est là pour apporter des réponses, mais pas dans le cas présent.
14:47Les réponses, elles sont dans la main des professionnels.
14:49Chacun son métier.
14:50Qu'on ait à apporter des réponses sur des sujets politiques, sur des réflexions, sur des axes stratégiques, sur une loi, sur un amendement.
14:57Ce matin, je présentais un budget en commission des finances.
14:59Je faisais mon boulot de politique.
15:01Là, j'ai fait un boulot humain.
15:03Un boulot de proximité, d'être en soutien aux personnes qui sont présentes, en remerciement aux forces de l'ordre qu'ont fait leur boulot.
15:08Et surtout, surtout, ne rien dire qu'on ne sache pas.
15:11Et laisser les gens dont c'est le métier le faire.
15:14Ça me semble être juste évident.
15:15Oui, justement, dans ce prolongement-là, ce que cette affaire nous apprend, c'est aussi qu'il n'y a pas de zone protégée.
15:24Il n'y a pas de zone indemne d'un risque.
15:27Ça, c'est vraiment quelque chose qui est dur à entendre.
15:29C'est quelque chose de très anxiogène.
15:31Et ça, pour le coup, ça exige, à mon avis, une réponse politique.
15:33Pas forcément d'ordre sécuritaire, mais ce que je disais tout à l'heure aussi, en disant comment associer les citoyens à cette œuvre de sécurité et comment vivre.
15:42Mais on a demandé, d'ailleurs, aux citoyens d'être plus vigilants.
15:45Il y a eu des politiques qui ont demandé aux citoyens d'être plus vigilants, d'être plus vigilants dans une salle de spectacle, sur un quai de gare, dans une foule.
15:51Tout à l'heure, je vous disais, on est dans une zone où tout le monde se connaît.
15:54Mais ce que je veux dire, c'est que, par exemple, sur l'île d'Oléron, quand il y a un personnage, on va voir ce qui est arrivé à cet homme, mais un peu marginal.
16:02Dans le coin, on sait qu'il boit, qu'il utilise des stupéfiants, qu'il a un comportement un peu anormal.
16:07Et ça, les gendarmes doivent le savoir.
16:09C'est pour ça que je posais tout à l'heure la question au général Moral, de savoir si ce genre d'individu, on l'a à l'œil.
16:13En revanche, ce qu'on ne sait pas, c'est à quel moment il bascule, à quel moment ce type, c'est encore lui qui fait des siennes, à quel moment ça bascule dans l'ultra-violence.
16:22C'est ça, le problème.
16:23C'est exactement ça. Et là, je pense que c'est plus du domaine de la psychiatrie, du suivi, éventuellement, si ce genre d'individu en a besoin,
16:34de savoir s'il l'accepte, parce que c'est quand même une démarche volontaire, vous ne pouvez pas contraindre quelqu'un à se soigner contre son gré.
16:40Ça dépend d'un certain nombre de choses.
16:41Mais là, en l'occurrence, les premiers à avoir agi, les premiers à avoir été sur les lieux, ce sont les citoyens.
16:47Les premiers secours, les premiers appels, et donc les citoyens ont été remarquables.
16:50J'entendais à la radio un des maires des communes dire que les procédures qui existent aujourd'hui, qui consistent à, vous savez, dans une école,
16:59il ne doit pas y avoir de vitres qui permettent que de l'extérieur, on puisse voir les élèves.
17:03Il y a un certain nombre de choses qui ont été faites.
17:04Et aujourd'hui, les procédures ont remarquablement marché.
17:07C'est-à-dire que dès qu'on a senti une alerte, tout ce qu'ils pouvaient mettre, je dirais, en protection, les clients dans les boutiques,
17:13les enfants dans les écoles, etc., ont été faites.
17:16– Mais là, ça laissera des traces. Les habitants d'Oléron ne feront pas la même chose demain.
17:22Ceux qui avaient l'habitude, peut-être, de marcher le long de cette route, de faire des jogging, forcément, ils auront ça en tête.
17:27Et ça, pendant longtemps.
17:28– Bien sûr. C'est pour ça que les victimes, c'est au-delà.
17:32Je pense qu'il faut d'abord penser à elles, celles qui ont été touchées dans leur chair.
17:34– Oui, celles qui sont en ce moment en urgence absolue.
17:36– Exactement. Mais les victimes, c'est le territoire, quelque part.
17:40– Et puis, vous savez, demain matin, si le procureur nous dit, voilà, ça n'est pas un acte terroriste, on reste sur une affaire…
17:48– Ce n'est pas d'ailleurs plus rassurant.
17:49– Oui, ce n'est pas plus rassurant, parce que voilà, c'est ce que je voulais dire, Olivier,
17:52c'est que cette affaire aura quand même existé et va continuer à exister.
17:56– Quand on n'a pas d'explication, c'est même encore plus inquiétant.
17:59– Oui, c'est encore plus inquiétant, c'est-à-dire que c'est un problème de santé mentale,
18:01mais on sait qu'on a plein de problèmes dans notre société avec des gens qui sont en grande souffrance,
18:06des problèmes de santé mentale.
18:07– Je vous rappelle quand même cet homme qui, du côté de Chambéry, avait agressé des poussettes,
18:12même pas des bébés, il ne voyait même pas les bébés dans les poussettes.
18:14Il avait poignardé des poussettes avant d'être repoussé par un jeune qui s'appelait Henri,
18:19avec son sac à dos, un pèlerin qui…
18:21– Vous voyez les images…
18:22– Oui, Villejuif, il y a un homme…
18:24– Et les bébés avaient été touchés.
18:25– Et les bébés avaient été touchés.
18:27À Villejuif, il y a un homme qui a tué, en criant à la Ouagbar avec un couteau, des gens,
18:31et en fait, qui étaient complètement fous, qui n'a pas été jugés, qui a eu un article…
18:35– Un tiers des personnes qui sont surveillées par le renseignement territorial souffrent de problèmes psychiatriques.
18:39– Voilà, alors est-ce que pourquoi ne sont-ils pas surveillés par des psy ?
18:42– Donc ça n'est pas trop rassurant.
18:43– Mais même les médecins le disent, tout le monde s'accorde à dire aujourd'hui
18:46qu'il y a une déshérence, un problème de la psychiatrie en France,
18:50qu'il n'a pas ces deux moyens, que ce soit…
18:52– Donc c'est bien un problème politique.
18:53– Mais dès l'école, en fait, dès l'école, des enfants qui peuvent être…
18:56qui peuvent montrer déjà des signes de violence,
18:58– Parce qu'il n'y a pas assez de médecins, parce qu'il n'y a pas assez d'infirmiers,
19:02parce qu'il n'y a pas assez de personnes qui peuvent suivre.
19:05Et vous parliez tout à l'heure de l'injonction de soins.
19:08On peut normalement pouvoir formuler contre quelqu'un de dangereux
19:12une injonction de soins psychiatriques.
19:14Là où je vous rejoins, c'est derrière,
19:16que se passe-t-il si ces soins ne sont pas suivis ?
19:19Mais là, c'est presque le rôle du législateur,
19:22et je me tourne vers vous, pour peut-être améliorer aussi
19:25les conditions dans lesquelles aujourd'hui la préfecture, par exemple,
19:29peut exercer ce qu'elle demande sur la psychiatrie
19:35quand une personne souffre d'une injonction.
19:38– Merci à tous.
19:39En attendant d'avoir de nouvelles informations,
19:41des informations complémentaires plus précises sur ce drame de l'héron, merci.
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