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  • il y a 3 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On attend dans quelques minutes la conférence de presse du procureur de La Rochelle.
00:05Il va donner des détails sur ce qui s'est passé hier.
00:08On va retrouver Marion Russel sur place pour BFMTV,
00:11élément important sur la personnalité et les motivations de l'auteur de ce qui s'est passé hier.
00:19Oui, le procureur de la République de La Rochelle va donc s'exprimer,
00:22va pouvoir détailler, dessiner peut-être quelques contours de cette personnalité.
00:27Des informations importantes qui nous est parvenue dans l'après-midi, c'est que le parquet national antiterroriste
00:31a choisi de ne pas se saisir de l'affaire pour l'instant,
00:35c'est-à-dire que le motif terroriste n'est à l'heure actuelle pas retenu.
00:39Mais il va falloir essayer de comprendre pourquoi le suspect est donc passé à l'acte hier.
00:45Le procureur pourrait apporter des éléments en ce sens.
00:49Il faut aussi, les enquêteurs y travaillent lors des interrogatoires,
00:52essayer de comprendre le profil psychologique, le profil psychiatrique même peut-être,
00:56de cet homme, savoir si son discernement a pu être altéré, voire aboli lorsqu'il a commis les faits.
01:06On a pu parler avec certains de ses proches qui détaillent un individu assez fragile psychologiquement,
01:11avec des problèmes même psychiatriques, de forts problèmes également d'addiction.
01:16Ce que l'on sait de source proche du dossier, c'est que cet individu est plutôt peu bavard lors des entretiens.
01:22Son avocate est venue dans l'après-midi, elle est restée quelques heures avec son client avant de repartir il y a maintenant quelques minutes.
01:29Sa garde à vue peut durer 48 heures, elle prendrait alors fin demain matin.
01:33Les enquêteurs, pendant ce laps de temps, vont donc chercher à déterminer tout ça.
01:36Le procureur de la République de La Rochelle doit s'exprimer maintenant de manière imminente
01:40pour apporter des éléments autour de cette enquête.
01:42Voilà Marion Russel, notre envoyé spécial à Saint-Pierre-d'Oléron, en attendant la conférence de presse, bien sûr, du procureur Arnaud Larès.
01:50Parce que c'est bel et bien, Pauline Revena, les motivations et la personnalité de cet homme
01:55qui vont être au centre de l'intervention de M. le procureur.
01:58Oui, parce que la question centrale, c'est comment est-ce qu'il est pu passer à l'acte
02:01et quel est le mobile derrière ce périple de 35 minutes qui avait été détaillé hier par Laurent Nunez.
02:07Et effectivement, le parquet national antiterroriste reste en observation,
02:10mais c'est le parquet de La Rochelle et le procureur de la République qui vont s'exprimer.
02:14Est-ce que c'est plutôt un profil psychiatrique ou est-ce que c'est plutôt un profil terroriste ?
02:18Alors, on se parle, on s'oriente plutôt sur cette première piste.
02:21Il y a des éléments, le procureur va les détailler et c'est ce qu'on va suivre tous ensemble dans quelques instants.
02:26Que sait-on des blessés, des victimes ?
02:28On sait qu'il y a cinq blessés et qu'il y avait deux urgences absolues et deux urgences relatives,
02:32notamment la collaboratrice locale d'un député Rassemblement national,
02:36qui était très grièvement blessé et qui l'est toujours.
02:39Ses jours ne sont plus en danger, mais elle est encore hospitalisée avec des soins très importants.
02:43Et concernant l'individu, est-ce qu'il a coopéré avec la police ?
02:48Est-ce qu'il a parlé lors de cette garde à vue ?
02:49Il a peu parlé, disait Laurent Nunez hier, et je pense que le procureur va nous donner quelques éléments.
02:55Il est très probable que le parquet requiert son maintien en détention provisoire
02:59à l'issue de son déferment qui aura lieu demain, puisque sa garde à vue prend fin demain à 9h20.
03:04– Samia Maktouf, avocate au barreau de Paris, il y a eu tout un débat sur est-ce un attentat ou pas.
03:14Le mobile utilisé fait penser à un attentat, cette façon d'utiliser un véhicule
03:19pour faire le maximum de victimes dans une foule ou sur une route,
03:23on l'a malheureusement déjà vu ailleurs. Qu'est-ce que vous en pensez ?
03:26– Le mobile ainsi que le mode opérationnel font penser…
03:29– Et le cri à l'Akbar lorsqu'il est interpellé ?
03:32– Le cri aussi, quoique le cri d'Alao Akbar ne veut pas forcément dire un passage à un acte terroriste.
03:38Ça ne veut strictement rien dire, ça peut être un mutisme,
03:41enfin c'est des jeunes qui répètent ces mots.
03:45Aujourd'hui, on sait pertinemment qu'à tout moment,
03:48à tout moment le parquet peut se saisir.
03:50Il suit attentivement l'évolution de l'instruction et à tout moment il peut se saisir.
03:56Alors moi en tant qu'avocate de partie civile jusque-là en matière de terrorisme,
04:02bien sûr que le régime applicable en matière de terrorisme
04:08est beaucoup plus favorable aux victimes.
04:10La garde à vue peut aller jusqu'à 96 heures.
04:14Les victimes sont mieux protégées parce qu'aujourd'hui,
04:17d'abord toutes nos pensées vont aux familles et aux victimes elles-mêmes.
04:21Mais il faut savoir que ce régime a été fait pour porter réellement une assistance à ces victimes
04:27qui sont là, non pas parce qu'il y a eu une dispute ou autre chose,
04:32mais c'est parce qu'ils ont été visés,
04:33parce que cette personne dont on ne connaît pas encore les motivations
04:36n'a aucun lien avec les victimes.
04:39Mais c'est bien que ce soit le régime dérogatoire qui soit applicable.
04:43En attendant, il est poursuivi pour quoi ? Pour assassinat ?
04:45Oui, tout à fait, puisqu'à l'évidence, il est encore présumé innocent tant qu'il n'a pas été jugé.
04:51Mais à l'évidence, il serait en lien direct avec ce qui est arrivé
04:55à ces cinq personnes aujourd'hui blessées.
04:58Mais à tout moment, le parquet peut se saisir.
05:02Surtout en fonction des perquisitions, puisqu'ils ont saisi son téléphone et son ordinateur.
05:05Qu'est-ce qu'on a trouvé ?
05:06Ils sont en train de l'analyser et en fonction du contenu,
05:08et si on retrouve par exemple des tutos ou des allégeances,
05:11là, ça signera peut-être plus le volet terroriste.
05:13Et là, effectivement, le parquet national antiterroriste pourra s'auto-saisir.
05:17Mais à l'heure où on se parle, ce n'est pas encore le cas,
05:18parce qu'on n'a pas eu le retour.
05:19On ne sait pas s'il y a des éléments de radicalisation
05:21qui ont été trouvés à son domicile, dans son mobilhome.
05:24Sur le factuel, ce n'est pas assassinat,
05:26ça sera tentative d'assassinat, parce que, heureusement,
05:29il n'y a pas de personnes, de victimes décédées,
05:31ça sera tentative d'assassinat.
05:33Ensuite, sur la motivation, on sait que le personnage est confus,
05:38qu'il a une vie confuse,
05:39que tout le monde dans l'île sait qui il est,
05:41et tout le monde sait qu'il vit de façon confuse,
05:44le mobilhome, beaucoup d'alcool, de la drogue,
05:47toutes sortes de drogues d'ailleurs, semble-t-il.
05:50Est-ce qu'il est connu pour des troubles psychiatriques ?
05:54Alors, ça, on n'a pas encore l'information.
05:55On sait qu'il n'est pas fiché S.
05:57On sait qu'il a eu maille à partir à la gendarmerie
05:59plusieurs fois parce qu'il conduisait sans permis,
06:02parce qu'il conduisait alcoolisé,
06:03donc on lui avait fait son permis.
06:05Non, non, non, mais c'est le cas de l'âge.
06:07Les gens alcoolisés et les marginaux en France,
06:10il y en a beaucoup, pardon.
06:11C'est pour ça que je vous parle de confusion, Olivier.
06:13Et cette confusion-là, elle se répercute sur
06:16la qualification judiciaire,
06:18parce qu'on ne sait pas si, effectivement,
06:20il y a la WACBAR, il y a des consultations.
06:21Il y a quand même un mystère sur ce passage à l'acte.
06:24Ça a duré 35 minutes.
06:26Donc, il y a quand même une détermination dans son geste.
06:29Et pour l'instant, les éléments qu'on apporte
06:31ne permettent pas d'expliquer ce geste.
06:33Pas parce qu'il est alcoolique et drogué.
06:35Non, mais il faudra voir aussi s'il y a aliénation
06:38ou abolition du discernement.
06:40Et il y aura des expertises psychiatriques
06:42qui sont très importantes.
06:43Est-ce qu'il a déjà vu un psy ?
06:44Il en a déjà vu un, mais il va y avoir
06:45une expertise psychiatrique plus poussée.
06:47– Colonel Kézac, bonsoir.
06:48Vous êtes ancien commandant de la section de recherche
06:49de gendarmerie.
06:50Non, ce sont vos collègues gendarmes
06:51qui sont intervenus hier sur l'île de l'Auron.
06:55C'est compliqué d'intervenir sur ce genre de profil.
06:5835 minutes, il a roulé en voiture.
07:00Des types qui basculent comme ça d'un coup
07:03et qui montent au volant de la voiture.
07:04Ils se disent, on va essayer de faire
07:05le plus de victimes possible.
07:07À cibler ce genre de profil, c'est compliqué.
07:09Même si c'est sur l'île de l'Auron
07:11que tout le monde connaît
07:12et que peut-être que vos collègues gendarmes
07:14d'ailleurs se disaient, lui,
07:14il faut peut-être le garder à l'œil.
07:16– Malheureusement, on a des cas
07:19dans l'histoire récente de forçonnés
07:22qui se sont livrés à des crimes en série
07:24sur la voie publique.
07:25Je pense à Baume-les-Dames, je pense à Hier.
07:27Donc ça existe déjà, ça arrive.
07:30Là, il y a une incantation à la religion
07:31qui vient s'ajouter à ce qui s'est passé,
07:34qui sème le trouble
07:35dans la façon d'aborder l'enquête,
07:37c'est évident.
07:38Je voudrais revenir sur le délai de 35 minutes
07:40que vous évoquez
07:41parce que ça paraît long
07:42pour les gens qui attendent, effectivement.
07:44Mais imaginez que le premier appel
07:46qui arrive à la gendarmerie,
07:47c'est un accident de voie publique au départ.
07:49C'est-à-dire quelqu'un qui a renversé
07:50une autre personne sur la voie publique.
07:52Donc les gendarmes,
07:52les premiers gendarmes saisis,
07:53la brigade locale,
07:54elle intervient dans ce contexte.
07:56Et puis derrière, il y a un deuxième appel.
07:58Même condition, même circonstance.
08:00Là, immédiatement, le commandant d'unité
08:02comprend qu'il y a quelque chose d'anormal
08:05qui est en train de se passer.
08:05Et donc, il fait remonter l'information
08:07à la hiérarchie.
08:08Et dans ce cadre-là,
08:09la gendarmerie, en synergie,
08:11fait intervenir des moyens massifs
08:12qui limitent, en fait, à 35 minutes
08:14les dégâts qu'a pu créer cet individu.
08:17Moi, j'ai la conviction
08:18que si la cinquantaine de gendarmes
08:20et les deux hélicoptères
08:20qui ont été engagés sur l'affaire
08:22n'avaient pas agi de cette façon-là,
08:23il aurait pu peut-être faire encore
08:25beaucoup plus de dégâts sur la voie publique.
08:26Il y a une question aussi sur son véhicule
08:28puisqu'il a voulu mettre le feu à sa voiture.
08:32Il y avait des bonbonnes de gaz à l'intérieur.
08:33Est-ce qu'il avait l'intention de faire exploser
08:35la voiture pour peut-être lui-même
08:38se faire exploser
08:39et faire des dégâts aussi des victimes
08:41parmi les forces de l'ordre ?
08:42Ça aussi, c'est une question.
08:43Alors, je vais vous paraître un peu naïf,
08:45parce que je ne suis pas,
08:46mais quelqu'un qui vit dans un mobilhome,
08:49il a besoin d'utiliser des bouteilles de gaz.
08:52Donc, si vous voulez, a priori...
08:53Mais quand on le sait,
08:53on ne met pas le feu à son véhicule.
08:55Mais a priori, le fait de trouver
08:56dans la voiture de quelqu'un
08:57qui vit dans un mobilhome
08:58des bouteilles de gaz,
08:59ce n'est pas forcément un élément déterminant.
09:01En revanche, la façon dont il a,
09:03lors de son arrestation,
09:06démontré la volonté
09:07en mettant le feu à son véhicule
09:08et en insistant sur le fait
09:11qu'il avait l'intention
09:12de porter dommage grave
09:14aux gendarmes qui l'interpellaient,
09:15là, ça devient un élément
09:17beaucoup plus inquiétant
09:19de sa personnalité.
09:20Derrière, si vous voulez,
09:21encore une fois,
09:22à la Akbar,
09:23les bouteilles de gaz,
09:23évidemment, on fait l'analogie
09:25avec des...
09:25Et la voiture comme outil d'attaque.
09:29Mais ce qui vient poser question,
09:31et c'est la raison pour laquelle
09:32le PNAT, pour l'instant,
09:33ne se saisit pas de cette affaire,
09:35c'est que cette personne
09:37a un comportement
09:38pour le moins atypique.
09:39Forte consommation d'alcool,
09:41un peu asocial,
09:42consommation de stupéfiants.
09:43Le terroriste de Nice aussi.
09:44Oui.
09:45Celle-là, Dessalme,
09:46était un ancien dealer.
09:47Le travail des enquêteurs.
09:48Le frère.
09:48Le travail des enquêteurs,
09:50c'est justement d'apporter...
09:51Ce n'est pas la même chose.
09:52...au magistrat,
09:53le maximum d'informations objectives
09:55qui vont leur permettre
09:56de faire le bon choix
09:58d'incrimination
09:58et la bonne saisine.
10:00En l'état actuel,
10:02on peut considérer
10:02que les informations
10:03qui ont été recueillies
10:04par les enquêteurs,
10:05tant sur le terrain
10:06que dans les traces numériques
10:09qui sont actuellement collectées
10:10et exploitées par l'UNPJ,
10:12c'est-à-dire téléphone,
10:13ordinateur,
10:15fréquentation des réseaux,
10:16tout ça n'a pas apporté
10:17d'éléments suffisants
10:18qui obligent le PNAT
10:20à ce s'égir de la fête.
10:21Maître Maktouf,
10:22pourquoi vous dites
10:22que ce n'est pas la même chose ?
10:23Non, ce n'est pas la même chose
10:24parce que Salah Abuslam,
10:25c'est quelqu'un
10:26qui est de part,
10:28suite aux perquisitions
10:29et dans le cadre du dossier
10:30pendant le procès,
10:33on a les éléments
10:35qui montrent
10:35sa détermination
10:37à agir en tant qu'agent,
10:42en tout cas terroriste,
10:44djihadiste
10:45et membre
10:46d'une organisation terroriste.
10:48Là, on n'a pas d'agent.
10:48Aujourd'hui, nous n'avons pas
10:50d'allégeance.
10:51Pour l'instant,
10:52nous n'avons pas
10:53le résultat
10:53de la perquisition.
10:55Qu'est-ce qui va sortir
10:56de son ordinateur ?
10:57Je note d'ailleurs,
10:58vous me donnez l'occasion
10:59de noter
10:59qu'a priori,
11:02Salah Abuslam aurait trouvé
11:05une clé USB.
11:07Dans sa cellule devant la cellule.
11:08Dans un ordinateur
11:09pour lequel il avait cantiné.
11:11Pour lequel il a été placé
11:12en garde.
11:12Récemment.
11:13Avec de la propagande islamiste
11:14sur ce...
11:15C'est quelqu'un qui est engagé
11:16dans une propagande islamiste.
11:17Donc il est censé être
11:18à l'isolement,
11:19mais il peut avoir
11:19une clé USB.
11:20C'est quelque chose
11:21qui interroge.
11:24On n'est pas sur
11:24le même type de personnages.
11:25Voilà, donc on n'est pas du tout.
11:26Il y a quelqu'un
11:27qui est complètement engagé
11:28et l'autre,
11:29on ne sait pas encore,
11:30on attend les propos de là.
11:31Vous êtes psychiatre.
11:32On est sur un profil
11:33complètement psy
11:34de ce que vous pouvez
11:35voir, entendre,
11:37lire depuis hier.
11:38Je demanderais la définition
11:40de complètement psy,
11:41mais ce que l'on voit,
11:42c'est un profil effectivement
11:43qui mêle l'isolement,
11:45un isolement social,
11:47une instabilité,
11:48un usage de l'alcool.
11:49Alors là,
11:50la question effectivement,
11:51c'est de savoir
11:51si c'est utilisé
11:52comme un désinhibant
11:53ou qu'il y a eu
11:54des causes hallucinatoires.
11:56Les stupéfiants aussi,
11:58il y a des antécédents
11:59de comportements violents,
12:00une absence d'engagement
12:01religieux précédent,
12:02et comme vous le disiez
12:03tout à l'heure,
12:03finalement,
12:05ça effectivement constitue
12:06un terrain de vulnérabilité,
12:07mais ce n'est pas suffisant
12:08pour un passage à l'acte,
12:10en fait.
12:11Comment ça s'appelle
12:12ce passage à l'acte ?
12:13D'un coup,
12:13on bascule et on se dit que...
12:15C'est une décompensation.
12:16On peut avoir aussi
12:16ce qu'on appelle des bouffées.
12:17Comment elle est déclenchée
12:18cette décompensation ?
12:19La bouffée délirante aiguë,
12:21c'est vraiment l'image
12:22que l'on apprend aux étudiants,
12:24c'est l'éclair dans un ciel serein.
12:26C'est-à-dire que potentiellement,
12:27il ne se passe rien.
12:30Voilà, vous venez d'entendre
12:31le procureur Larès,
12:32le procureur de République de La Rochelle,
12:33donner, Pauline,
12:34pas mal de détails
12:35sur la personnalité
12:37de cet homme
12:38qui est donc hier
12:39qui a fauché
12:40plusieurs personnes
12:41sur l'île d'Oléron.
12:43Pas de mort,
12:44les blessés sont sortis
12:47sauf deux,
12:47mais on a quand même
12:49le profil d'un homme
12:50qui était bel et bien décidé,
12:52motivé,
12:53à faire du mal,
12:54à faire le plus
12:55de victimes possible.
12:55Oui, parce qu'on a
12:56quatre collisions différentes
12:57avec un cycliste,
12:58deux joggers,
12:59un cycliste,
12:59un piéton,
13:00mais on apprend ce soir
13:01qu'il y a deux autres personnes
13:02qui ont sauté du parapet
13:04pour se mettre à l'abri,
13:04mais qui étaient visiblement visées.
13:06Donc, ça fait qu'il a attenté
13:08à l'avis de sept personnes
13:09et c'est le chef d'accusation
13:10qui va être retenu demain.
13:12Tentative d'assassinat
13:12sur sept personnes
13:13avec préméditation.
13:15Et on apprend autre chose,
13:16on apprend que dans son véhicule,
13:17il y a bel et bien
13:18une bonbonne de gaz
13:19sur le siège avant,
13:20mais qu'il y a aussi
13:20une lame,
13:21un couteau
13:22de 35 centimètres.
13:23Et lorsqu'on questionne
13:24le procureur,
13:24il ne veut pas prendre
13:25ses questions sur le couteau,
13:26probablement qu'il se le garde
13:27pour la suite de l'enquête.
13:29Visiblement,
13:29il n'y a pas de complicité
13:30parce que son voisin
13:31a été gardé à vue,
13:32il a été relâché.
13:33Donc, il dit visiblement
13:35avoir été relâché,
13:36avoir agi seul,
13:37pardon,
13:38sans aide extérieure.
13:39Et puis,
13:39autre élément qu'on apprend,
13:41c'est son...
13:42Il était sous cannabis
13:44au moment des faits.
13:45Donc, il y a une histoire
13:46de discernement
13:47et dans la première expertise
13:49psychiatrique,
13:49mais je parle sur votre contrôle,
13:50il est noté
13:51que son comportement
13:52est altéré.
13:53Il y a une altération
13:54du comportement.
13:54Pas d'abolition,
13:55mais une altération.
13:56Alors, ça veut dire quoi ?
13:57Pas d'atteinte
13:57ou de troubles psychologiques
13:59ou neuropsychiatriques
14:01ou neuropsychiatriques
14:02et altération du comportement.
14:04On en dit quoi ?
14:04On dit qu'il n'y a pas
14:05de pathologie,
14:06a priori.
14:07Mais quelle est la différence
14:07entre altération
14:08et abolition, alors ?
14:10Il y a une responsabilité pénale.
14:11Justement,
14:12c'est un terme juridique,
14:14en fait.
14:14L'altération,
14:15ça veut dire
14:16que la conscience des faits,
14:18le fait de savoir
14:18ce que l'on fait,
14:19est diminué
14:21par rapport
14:22à une conscience claire.
14:23C'est quand vous prenez,
14:24par exemple,
14:24les stupéfiants,
14:25quand vous êtes
14:25sous alcool,
14:26vous avez une conscience altérée
14:28aboli,
14:28c'est que vous n'êtes pas
14:29responsable du tout
14:30de ce que vous avez fait,
14:31vous ne savez pas
14:32ce que vous faites.
14:33Et là,
14:34on est effectivement
14:34dans le délire,
14:35dans les hallucinations,
14:36dans le...
14:38un tel m'a donné une mission,
14:40je le vois,
14:41il me guide,
14:42il me pousse.
14:43Là, on est véritablement
14:44dans une abolition.
14:45L'abolition,
14:46c'est pas de procès.
14:47D'accord.
14:48Altération,
14:49altération.
14:50Discernement aboli,
14:51c'est on remet la personne
14:52au monde de la psychiatrie,
14:54il n'y a jamais de procès.
14:54Là, ça ne sera pas le cas.
14:55Non, ça ne sera pas le cas.
14:56Non, il n'y a pas d'histoires
14:57comme ça.
14:57Qu'est-ce que ce sont
14:58les motivations ?
14:59La peine diminuée par deux.
15:00Comment a-t-il expliqué
15:01son geste ?
15:02Alors, lui,
15:03il dit qu'il entend
15:04des bruits bizarres
15:05dans sa tête.
15:05On comprend qu'il s'est tourné
15:07d'abord dans un premier temps
15:08pour une conversion
15:09vers une autre religion,
15:11mais qu'il y a des écrits
15:12religieux musulmans
15:13qui ont été retrouvés
15:14chez lui
15:15et qu'il se serait radicalisé
15:17lui-même
15:18par les réseaux sociaux.
15:19Et c'est là
15:19où la perquisition
15:20va être intéressante
15:21parce qu'on va regarder
15:22ce qu'il y a dans son ordinateur,
15:23on va regarder les contenus
15:24qu'il a visionnés
15:25et on va regarder
15:26effectivement
15:26si c'est de la propagande
15:27djihadiste ou pas.
15:28On a retrouvé chez lui
15:30des éléments religieux.
15:32Des écrits religieux musulmans.
15:34Mais attention,
15:35c'est un peu vague.
15:36Ça veut stricter.
15:37Moi, je ne comprends toujours pas
15:39pourquoi ce n'est pas
15:39qualifié d'attentat terroriste.
15:41C'est l'objet de mon intervention.
15:43Pardon.
15:44C'est l'objet de mon intervention.
15:46Je ne comprends toujours pas.
15:46Je suis vraiment surprise
15:48de la qualification.
15:51Il est certes clair
15:53qu'à tout moment,
15:54à tout moment de la procédure,
15:55ça peut changer.
15:57Le PNAT peut s'autosaisir
15:58à tout moment
15:59et il suit,
16:00pour utiliser
16:00leur expression traditionnelle,
16:02de très près
16:03l'évolution de l'enquête.
16:06C'est parce que dans la balance,
16:07il y a le fait
16:08qu'il soit polytoxicomane
16:09et alteration.
16:10Ils sont pratiquement tous.
16:11Vous savez,
16:12ils prennent ces médicaments-là
16:13pour pouvoir,
16:14comme c'est des lâches,
16:15c'est vraiment des lâches.
16:16Ils ont besoin
16:17de médicaments.
16:19Beaucoup de terroristes
16:20prennent des médicaments
16:20avant de passer à l'acte.
16:21Ils prennent
16:21avant de passer à l'acte.
16:23Là, il est sous cannabis.
16:25Mais là, on a une explication.
16:26Je voulais revenir
16:29sur des éléments
16:30qui n'ont malheureusement
16:31pas encore été clarifiés
16:32par le parquet.
16:35On parle d'écrits religieux.
16:37De quel type d'écrits religieux ?
16:39Lesquels ?
16:39Il y a des écrits
16:40et des écrits.
16:41On peut être
16:42tout à fait musulman.
16:43On peut avoir le Coran
16:44ou la Bible
16:45chez soi.
16:46Chez soi,
16:47ce n'est pas un signe
16:49de radicalisation.
16:50Dire à Allah ou Akbar,
16:51ce n'est pas un signe
16:52de radicalisation.
16:53Il dit quand même
16:53qu'il a fait cet acte
16:55au nom d'Allah.
16:56Il le dit, ça.
16:57Aux enquêteurs,
16:58il l'a dit.
16:59On va réécouter
16:59les termes du procureur,
17:00M. Matouf.
17:01Comme ça,
17:01ça remet les choses en place.
17:04On va écouter
17:04ce qu'il disait
17:05le procureur Larèse.
17:05Il motivait son acte
17:08en indiquant avoir suivi
17:10les ordres d'Allah
17:11qui lui intimait
17:12de faire un sacrifice.
17:15Il déclarait s'être tourné
17:17vers le catholicisme
17:18dans un premier temps,
17:19puis s'être converti
17:20récemment à l'islam,
17:22seul et à l'aide
17:23des réseaux sociaux.
17:25Il déclarait avoir souhaité
17:26mourir en s'immolant,
17:28mais n'était pas parvenu
17:30à faire exploser son véhicule.
17:31Dans sa dernière audition,
17:33il déclarait entendre
17:34des bruits bizarres
17:35dans sa tête
17:36depuis quelques temps
17:37et faisait part
17:38de sa volonté
17:39d'être interné.
17:41Si les actes
17:42tels que décrits
17:43à l'instant
17:44ne correspondent pas
17:45à l'article
17:46du Code pénal 421-1
17:49que je me permets
17:50de lire juste le début
17:51parce que c'est très très important,
17:52constituent des actes
17:53de terrorisme,
17:55les actes qui sont
17:56intentionnellement
17:57en relation avec
17:57une entreprise individuelle
17:58ou collectif,
17:59en l'occurrence là
18:00on sera dans l'individuel,
18:01ayant pour but
18:02de troubler gravement,
18:04mais gravement,
18:05l'ordre public
18:06par l'intimidation
18:07ou la terreur.
18:08Si on n'a pas essayé
18:09d'intimider l'ordre public
18:11par la terreur,
18:12on est dans
18:13quelle situation ?
18:13Là, il a terrorisé
18:14au Léon.
18:14Ce fut d'entendant,
18:15ça aurait été immédiatement
18:16qualifié d'acte terroriste.
18:18Le médecin a retenu
18:20qu'au moment des faits,
18:23il n'était pas atteint
18:24d'un trouble psychique.
18:25Pourquoi on tourne autour
18:25du cou alors ?
18:26Pourquoi on tourne autour
18:27du cou ?
18:27Moi, on ne sent qu'avocate
18:29de Parti civile,
18:29pardon de le répéter,
18:31c'est que pour les victimes,
18:33en plus,
18:33on a de plus en plus,
18:34on pensait qu'il n'y avait
18:35que quatre,
18:36là, on est à...
18:37On a sept tentatives.
18:40Sept tentatives,
18:41donc il y a sept
18:41personnes victimes.
18:44Donc le régime juridique
18:45n'est pas le même.
18:46Alors si on n'a pas pu éviter...
18:46Donc si vous étiez,
18:47pardon,
18:48mais si vous étiez
18:48l'avocate d'une de ces victimes...
18:50J'aurais demandé
18:50la requalification
18:51en acte terroriste.
18:51Vous demanderiez
18:52la requalification.
18:53D'abord, ça permet
18:53d'avoir des moyens
18:55beaucoup plus importants
18:56pour l'investigation,
18:58pour l'enquête
18:58et pour obtenir des éléments.
19:00Comment est-ce que
19:01le procureur justifie
19:02qu'il y a une absence
19:03à ce stade
19:03de caractère terroriste ?
19:04Écoutons bien,
19:05la première exploitation
19:06technique de son téléphone
19:08et des éléments
19:08en perquisition...
19:09Qui est abîmée ?
19:10Il a dit qu'il était
19:11abîmé le téléphone.
19:11...ne permet pas
19:11de faire de lien
19:12avec une organisation terroriste
19:14et ne permet pas
19:15de prouver
19:15qu'il a consulté
19:16de la propagande djihadiste.
19:17Il n'y a pas besoin...
19:18Sur ces éléments-là,
19:19dit le procureur,
19:20j'écoute juste...
19:21Il n'y a pas besoin...
19:22Eh bien,
19:22le parquet national antiterroriste
19:23ne retient pas
19:24pour l'instant,
19:25parce que je pense
19:30et ce que vous venez de dire,
19:33vous avez entièrement raison,
19:34sauf qu'il n'y a pas
19:35forcément besoin
19:36d'être en lien direct
19:37avec une organisation terroriste
19:39telle qu'à l'époque d'Aesh.
19:41Ça peut être individuel.
19:42Ça peut être
19:42l'auto-indicalisation.
19:44Il s'est converti à l'islam,
19:46il a entendu des voix.
19:47L'auteur de l'attentat
19:48de la basilique
19:49a aussi entendu des voix.
19:51Il y a beaucoup
19:52de similitudes.
19:53Alors, il faut revoir la loi
19:54parce que le procureur
19:55explique que l'article 421-1
19:57définit l'atteinte à la vie
19:59pour des motivations terroristes.
20:01Terroristes.
20:02En dépit du mode opératoire,
20:04la voiture,
20:05à la Ouagbar,
20:06la bomboine de gaz,
20:08la volonté d'en finir
20:09avec les mêmes
20:09et le couteau.
20:10En dépit du mode opératoire,
20:11la relation n'est pas établie
20:12avec un fait terroriste.
20:13Il est polytoxico-sous-canabis,
20:15il a des propos incohérents
20:17et ça n'applique pas
20:18de motivation terroriste,
20:19c'est ce qu'il nous dit.
20:20Il n'est pas en contact
20:21avec des personnes terroristes
20:23et il n'a pas consulté
20:24de site terroriste.
20:25C'est ce qu'il nous dit
20:26dans la conférence de patrie.
20:26On ne sait pas
20:26il y a l'acte de terreur.
20:31Le terrorisme,
20:31il n'est peut-être pas
20:32de la terreur islamiste
20:34mais c'est un acte
20:35qui a provoqué
20:35de la terreur.
20:36En tout cas,
20:36il dit que c'est au nom
20:39de son Dieu
20:40et c'est parce qu'il s'est
20:42converti récemment
20:42et il y a des éléments
20:45religieux.
20:46Ce qui se passe
20:47dans sa tête,
20:47maître,
20:48est tellement compliqué
20:49que le parti anti-terroriste...
20:49Mais c'est compliqué
20:50pour tous les terroristes,
20:51Dominique.
20:52Vous connaissez des terroristes
20:53qui ne sont pas compliqués
20:54dans leur tête.
20:55Ce débat,
20:57on l'a déjà eu plusieurs.
20:58Quand on se fait sauter,
20:59pardon,
20:59mais on n'est pas...
21:00Aucun terroriste
21:01n'est bien dans sa tête
21:02pour faire des choses
21:03aussi horribles.
21:04Cet homme n'est pas bien
21:05dans sa tête.
21:06On suit terroriste
21:07ou pas terroriste.
21:07Il faut penser aux victimes
21:09d'abord.
21:10Il faut d'abord
21:11penser aux victimes
21:12et moi,
21:12en tout cas,
21:13on attend le résultat
21:14des perquisitions.
21:15On parle d'un téléphone
21:16abîmé,
21:16je parle sous votre contrôle,
21:18monsieur le gendarme.
21:19Même s'il est abîmé,
21:20on peut obtenir...
21:21Monsieur le colonel,
21:21il est colonel quand même.
21:24On peut obtenir
21:25des éléments précis
21:26sur le contenu,
21:28les messages envoyés
21:29et reçus.
21:30Même s'il est abîmé.
21:30C'est-à-dire que ce jeune
21:31fait des miracles
21:32sur le téléphone.
21:33Oui, mais alors attendez,
21:33parce qu'on parle à la fois
21:34d'altération
21:35et le médecin psychiatre
21:36qui l'a examiné
21:36dit qu'au moment des faits,
21:37il n'était pas atteint
21:38d'un trouble psychique.
21:40Donc, il savait
21:40ce qu'il faisait.
21:41Ça veut dire que
21:42les voix ne sont pas
21:43des hallucinations.
21:45Enfin, si on parle
21:46d'hallucinations,
21:47on parle d'un trouble psychique
21:48parce que quelqu'un
21:49qui est en bonne santé
21:50et qui n'a ni altération
21:52ni abolition
21:54n'a pas de...
21:55Il entendait des bruits
21:56bizarres dans sa tête.
21:57Oui, mais ça,
21:58ce n'est pas forcément
22:00quelqu'un qui peut avoir
22:02une connexion religieuse
22:04qui va vous expliquer
22:04qu'il est en connexion
22:05avec le divin
22:06ou comme ça.
22:07Il n'y a pas besoin
22:08d'entendre des voix.
22:10Le cerveau peut
22:11s'auto-persuider
22:12de pouvoir entendre des choses.
22:14Et puis après,
22:14il y a des acouphènes,
22:15il y a d'autres choses.
22:16Enfin, il y a
22:16toute une multitude de choses.
22:17Mais les hallucinations,
22:18c'est quand même
22:18quelque chose
22:19d'assez spécifique.
22:20Et c'est justement
22:21une des recherches
22:24spécifiques
22:25que l'on fait
22:25dans les expertises
22:26au tout début
22:27quand on arrive
22:28dans la cellule
22:29de garde à vue
22:30et qu'on voit
22:30le patient
22:31pour la première fois.
22:32Monsieur Thiel,
22:33précisément aujourd'hui,
22:36regarde ce que
22:37le procureur
22:37nous a expliqué.
22:39Le fait que ce ne soit
22:39pas qualifié
22:40d'acte de terrorisme,
22:42est-ce que
22:42la peine sera
22:43moins lourde ?
22:44Bien sûr qu'elle sera
22:45moins lourde
22:45et les enquêteurs
22:47auront moins de moyens
22:48pour les investigations.
22:49La peine sera moins lourde ?
22:50La peine sera moins lourde.
22:51Mais il se rend
22:52l'intérêt...
22:52Donc c'est quand même
22:52important cette qualification.
22:54Oui, mais l'intérêt...
22:54Pas seulement un débat
22:55assez mentique.
22:56Et les victimes
22:57auront moins de protection.
22:58Moi, pardonnez-moi,
22:59je pense d'abord aux victimes.
23:00C'est très important
23:01de penser aux victimes
23:02et de leur accorder
23:03l'assistance nécessaire
23:06et le statut de victime.
23:07Nous sommes avec
23:08le maire d'Hiverdroite
23:09de Dolus de Léon,
23:10Thibaut Brechkov,
23:11qui est avec nous.
23:12Bonsoir, monsieur le maire.
23:13Merci d'être en direct
23:14avec nous sur BFM TV.
23:16Vous avez entendu,
23:16vous avez suivi
23:17la conférence de presse
23:18du procureur Larez.
23:20Est-ce que vous-même,
23:21vous êtes étonné
23:23qu'on ne parle pas
23:23de terrorisme ou pas ?
23:25Dites-moi.
23:26Alors moi,
23:27j'aurais du mal
23:27à commenter quel serait
23:29le bon mot.
23:30On a entendu effectivement
23:31le mot de polyxochomane,
23:35polyto-oxychomane.
23:37Bon, j'ai envie de dire,
23:38malheureusement,
23:39quels que soient les mots
23:39que l'on pourra mettre
23:41sur cette personne
23:42et sur les faits,
23:43ça ne les changera pas
23:45et ils resteront,
23:46malgré tout,
23:47extrêmement graves,
23:47évidemment.
23:49Comment,
23:50commentend-on
23:51qu'en 24 heures
23:52après ce qui s'est passé,
23:53quel est l'état d'esprit
23:54des habitants
23:55du côté de l'île d'Oléron ?
23:58Alors en premier lieu, on ressent, de mon côté,
24:02j'irais beaucoup de chaleur humaine.
24:03C'est-à-dire que finalement, face à l'atrocité,
24:06heureusement, il y a de la solidarité,
24:08il y a beaucoup de soutien mutuel,
24:09tout le monde prend soin les uns des autres,
24:11prend des nouvelles des uns des autres,
24:13tout le monde s'appelle.
24:14Et finalement, c'est sans doute un bon réflexe
24:16que chacun peut avoir dans telles circonstances.
24:21Après, effectivement, le choc est toujours présent,
24:23évidemment, mais ceci étant dit,
24:27face au choc, derrière, il faut laisser place
24:30à peut-être une phase d'apaisement.
24:32Il faut que les choses, progressivement,
24:34d'un point de vue émotionnel, retombent localement.
24:37Il y a gérer la vie à l'échelle médiatique et parisienne,
24:41et puis il y a les territoires rurals.
24:45Et c'est important qu'on retrouve, gérer l'apaisement
24:48que l'on connaît normalement, habituellement,
24:51sur un territoire comme le nôtre.
24:52– Mais est-ce qu'on pourra le retrouver facilement,
24:55cet apaisement ?
24:55Parce que justement, sur vos territoires,
24:58a priori, ce genre de faits n'ont pas lieu.
25:01Donc comment on pourra facilement passer à autre chose ?
25:04– Je pense quand même qu'Oléron, c'est pas ça.
25:08Là, ces événements, Oléron, c'est pas ça.
25:10Ça ne correspond pas à notre vie quotidienne.
25:15Pour nous, comme je le disais, on est dans une dimension parallèle.
25:21Ce n'est pas notre quotidien.
25:24Ce n'est pas Oléron.
25:25À un moment donné, il faut se rapprocher à ce sentiment du bien-vivre,
25:31du bon-vivre à Oléron, à nos réalités, finalement, locales, quotidiennes,
25:35et se rapprocher de nos proches, de nos familles, à nos territoires,
25:39et puis essayer de faire en sorte que la vie continue,
25:43tout en étant, évidemment, à avoir une intention particulière
25:46sur le travail qui est réalisé par les services de justice,
25:49et surtout aussi des services de l'hôpitaux.
25:53– Oui, monsieur le maire, fort heureusement, il n'y a pas de morts,
25:56il y a des blessés.
25:58Est-ce qu'il va y avoir une cellule psychologique
26:01ou l'ouverture d'un centre pour tous ceux qui veulent se retrouver,
26:06en parler ? Dites-moi.
26:09– Alors, un centre en lui-même, non, mais une cellule, oui,
26:13puisqu'on a déjà eu, et d'ailleurs qui était très réactive,
26:16dès hier matin, sont arrivés sur place des membres
26:21de l'association France Victime 17, c'est les champs maritimes,
26:25et donc qui se portent à la disposition.
26:28Donc là, il y a un certain nombre de numéros de téléphone qui circulent,
26:31qui se diffusent sur les réseaux sociaux, et c'est très bien.
26:34Et que toute personne qui soit concernée,
26:36qui ont été touchée de près ou de loin par ces événements,
26:40qu'elles puissent effectivement contacter.
26:42Voilà, mais ce qui est important, c'est de ressentir qu'on n'est pas seul.
26:46Voilà, face à ces événements-là, on n'est pas seul.
26:48Et cet esprit, finalement, insulaire qui nous rassemble,
26:52qui nous ressemble, eh bien, on le retrouve face à cette atrocité.
26:57C'est, voilà, finalement, refaisons corps et soyons unis face à l'adversité.
27:01– Merci, M. le maire de Deluxe de Léron, Thibaut Brechkov.
27:04Merci d'avoir été avec nous.
27:05– Pour tentative d'assassinat, ici, c'est la qualification qui va être retenue demain
27:09pour l'ouverture de l'information judiciaire et sa mise en examen.
27:11Il faut rappeler qu'il en court perpétuité,
27:13que le caractère terroriste soit retenu ou pas.
27:15– C'est exactement la même peine.
27:17– C'est l'aggravation.
27:18– Exactement.
27:18– Si le caractère virus est retenu, il y aura une aggravation de la peine.
27:21– Non, il en court perpétuité dans les deux cas tentatives d'assassinat,
27:24que ce soit terroriste ou pas, il en court la même chose, il en court perpétuité.
27:28– Si c'est terroriste.
27:29– Oui, c'est ce qu'on dit.
27:29– On dit la même chose.
27:30– Oui, j'entends M. le maire dire « ce n'est pas au Léron ».
27:36Et on voit aussi sur les bandeaux toute la journée,
27:39c'était « est-ce que c'est un acte terroriste ?
27:41Est-ce que c'est un malade psychiatrique ? »
27:43Et en fait, cette dichotomie, cette facilité à devoir mettre dans une case
27:48nous permet justement de mettre à distance,
27:49nous permet de dire « ce n'est pas chez nous ».
27:51À chaque fois, on a des petits témoignages de dire
27:54« ah mais c'était quelqu'un de tranquille, peut-être marginal,
27:57mais finalement qui ne posait pas tant de problèmes que ça ».
28:00Donc on entend toujours ce discours, mais la réalité, elle est autre.
28:05La réalité, c'est que ce terreau de vulnérabilité, on le retrouve,
28:10on le retrouve à Oléron aujourd'hui, on le retrouve dans toutes les villes.
28:14– Terreau ? – Non, terreau.
28:15– T-E-2-R-E-A-U ? – Oui.
28:17– Un terreau, d'accord.
28:18– Et ces personnes fragiles, finalement, vont avoir la capacité
28:22à s'accrocher à des narratifs idéologiques,
28:25là religieux, à d'autres moments nationalistes,
28:27à d'autres moments d'autres choses encore,
28:30parce que ça donne une cohérence à leur chaos intérieur.
28:33Mais malheureusement, en fait, là, ce qu'on voit,
28:35c'est que cette personne isolée, sur une petite communauté,
28:38sur une communauté insulaire, n'a pas été capable
28:41d'être prise par le vivre ensemble.
28:44Et c'est ça aujourd'hui qu'il faut chercher, finalement,
28:45dans chaque ville, dans chaque village, toutes ces personnes
28:48qui sont isolées et marginalisées, généralement,
28:50on les pousse à l'extérieur, on dit, on ne s'en occupe pas.
28:53Mais en fait, en ne s'en occupant pas, finalement,
28:55on égrène semaine après semaine ce genre de scénario.
28:59Et systématiquement, on retrouve peu ou prou sur le même scénario
29:03et la même définition.
29:04Est-ce qu'il y a des liens, même si les années ont passé,
29:07avec le Covid ou pas ?
29:09Est-ce que ce sont des gens qui sont encore dans la décompensation
29:11post-Covid, qu'on n'a pas su gérer au fil du temps ?
29:15Alors, la vague de Covid a eu effectivement un impact
29:19assez important sur la santé mentale, de manière générale.
29:23Beaucoup de gens se sont posés la question du sens
29:25de leur vie actuelle.
29:26Donc ça les a amenés à changer beaucoup de choses.
29:28Le travail, il y a des séparations qui se sont faites,
29:31des déménagements.
29:31Mais là, on parle véritablement, quelque part,
29:34d'une décompensation de quelque chose.
29:35Quoi ? Eh bien, on le verra avec l'enquête et l'expertise.
29:39Il y a les éléments qui ont été retrouvés dans sa voiture aussi.
29:41Je vous propose d'écouter le procureur Larès
29:43qui donnait des détails.
29:44Et puis, on commentera aussi ce qu'il avait derrière la tête,
29:47au-delà d'écraser des gens, par rapport à ce qu'il y avait
29:49dans la voiture.
29:51Lors de la perquisition du véhicule, instrument d'effet,
29:55une lame de couteau de 35 cm, placée à côté du siège,
29:58ainsi qu'une bonbonne de gaz posée sur le siège passager
30:02étaient découverte.
30:03Il a expliqué, et je l'ai dit dans mon compte-rendu,
30:07qu'il voulait la faire exploser pour se suicider,
30:10notamment et éventuellement pour d'autres actes criminels.
30:15Cette lame de 35 cm, c'est important d'en parler
30:19parce qu'il avait donc une volonté sans doute aussi de s'en servir.
30:22Alors, il s'est servi de son véhicule pour faire ce qu'il a fait
30:27et commettre ce drame et toucher des gens.
30:30Mais cette lame aurait pu servir aussi,
30:32notamment au moment de son interpellation.
30:34Oui, notamment.
30:35Parce qu'une interpellation qui a été difficile.
30:37Au taser.
30:38Oui, parce qu'apparemment, il était dans un état d'agitation
30:41lié à la fois certainement à la montée d'adrénaline dans l'action
30:45et au fait qu'il a une personnalité complexe,
30:51ne serait-ce que par la nature des produits qu'il consomme.
30:53Ça renforce encore le fait qu'aujourd'hui,
30:58la gendarmerie dans ces zones a mis en place des modes opératoires,
31:01des schémas tactiques qui lui permettent de prendre en considération
31:04très rapidement ce type de situation.
31:07Donc, ce qui était très intéressant dans la présentation du procureur,
31:10c'est qu'il évoque déjà un délai de 10 minutes
31:12entre le premier et le deuxième fait.
31:14Donc, en fait, la gendarmerie, elle n'a pas réagi en 35 minutes,
31:18elle a réagi en 25 minutes pour le neutraliser.
31:22Et c'est le résultat d'un travail qui a été construit par l'arme
31:29pour préparer notamment les brigades territoriales,
31:31ce qu'on appelle les premiers à marcher dans la gendarmerie.
31:34Et c'est d'ailleurs des premiers à marcher,
31:35c'est des primo-intervenants dans le jargon d'aujourd'hui
31:37qui ont procédé à son interpellation.
31:39Ce n'est pas la première fois que ça arrive.
31:41Ça avait été le cas dans la fuite des frères Kouachi.
31:46C'est la brigade locale qui les neutralise par un usage des armes
31:49et qui les oblige à rentrer dans l'imprimerie.
31:51Donc là, on mesure bien, si vous voulez,
31:53la prise de conscience de l'ensemble des forces de ce pays
31:56et notamment la gendarmerie qui doit couvrir un territoire extrêmement vaste
32:00avec des moyens qui lui sont proches.
32:01Les gendarmes sont confrontés de plus en plus à ces types de personnalités qui basculent ?
32:06Écoutez, des forçonnés dans les zones rurales, oui.
32:10On l'a toujours eu dans les fermes, dans les petits villages,
32:14des familles qui explosent, des gens qui pètent un plomb,
32:19quelqu'un qui boit plus que d'accoutumée qui va sortir et qui va aller,
32:22des huissiers qui sont pris à partie de manière extrêmement violente
32:24dans des situations désespérées.
32:26Il y a une expansion de la toxicomanie aussi aujourd'hui.
32:28Et le problème, c'est que là, effectivement,
32:29on voit bien qu'il y a des comportements qui sont en train de s'habiller
32:33derrière des raisons religieuses, notamment, mais il n'y avait pas que ça.
32:39Donc, les zones rurales ont une typologie de délinquance
32:43qu'on ne trouve pas forcément dans les zones urbaines
32:46et elles doivent être prises en considération très fortement
32:51parce qu'effectivement, comme je l'ai dit tout à l'heure,
32:53pour les gens qui subissent les événements,
32:57le temps, lui, il paraît très long.
32:58– Maître Maclouf.
32:59– Oui, je voulais revenir d'un mot sur la détermination.
33:04Le procureur parlait justement de cette lame de couteau.
33:07Donc, à l'évidence, il y a un outil pour faire une comparaison.
33:13Celui qui a commis l'attentat du 14 juillet dans son camion.
33:18– À Nice, à Nice, à Laouache Boullelle, à côté de lui, il y avait une arme factice.
33:26Donc, vous voyez, alors qu'il a fait les repérages, il avait l'intention de tuer
33:30et c'était une arme factice.
33:32– Mais il avait aussi une vraie arme.
33:33– En revanche, il avait aussi, mais voilà.
33:34Mais le parallèle que je voudrais faire, c'est que…
33:38– Ça dit quelque chose de la détermination.
33:39– Il y a une détermination ferme, à l'évidence,
33:42pour être en détention d'une lame de couteau.
33:45Je veux dire, ce n'est pas un jouet.
33:46– Oui, puis aussi le fait que ces gens-là ne craignent pas d'aller à la mort
33:49face aux interventions.
33:51– Visiblement, il voulait simuler.
33:54– Il avait l'intention de se suicider.
33:56– Il avait simulé.
33:57– Il a raté le feu à son véhicule avec lui à l'intérieur.
34:00– Pardon, encore une fois.
34:01– Ça aussi, c'est prémédité, ça.
34:02– Il avait imaginé ce scénario.
34:04– Ce n'est pas une obsession, mais encore une fois,
34:07qu'est-ce qui fait, moi j'ai envie de comprendre,
34:09qu'est-ce qui fait qu'on ne retienne pas le caractère terroriste ?
34:13C'est ma question.
34:13– On faisait le point.
34:15– Colonel, vous vouliez réagir à ce qu'il disait M. McTow.
34:19– Moi, ça me préoccupe moins que vous, je vais vous dire pourquoi.
34:22D'abord, il reste pratiquement 14 heures de garde à vue
34:24pendant lesquelles les gendarmes, notamment la gendarmerie scientifique,
34:28va travailler d'arrache-pied pour exploiter…
34:30– D'accord, ce n'est pas 96 heures.
34:31– Non ? – Non, c'est vrai.
34:33– Bon, mais après, si le cadre juridique bascule…
34:36– Oui, ça basculera aussi, bien sûr.
34:38– Ça ouvrira d'autres possibilités au service qui sera saisi.
34:40– Mais on a plus de moyens.
34:41– En 96 heures, on a plus de moyens.
34:43– Moi, en tant qu'ancien patron de l'unité de recherche,
34:46je serais tenté de vous dire, faisons déjà bien, de façon méthodique,
34:50le travail d'acquisition d'un maximum de traces et d'informations sur l'individu.
34:54On a encore un peu de temps devant nous.
34:55Si ça se trouve demain matin, on aura une évolution notoire.
34:58On ne sait pas ce qui va se passer dans la nuit, s'il y a d'autres…
35:01S'il y a des éléments qui doivent être recherchés sur le terrain.
35:03– Au début, il ne parlait pas et il a fini par reconnaître.
35:06Donc, il y a un chemin, peut-être.
35:06– Parce que la police et la gendarmerie, il y a quand même 150 personnels
35:09qui sont engagés sur cette affaire.
35:11– On se disait tout à l'heure avec Pauline, en fait,
35:14hier, on avait trois éléments qui pouvaient laisser penser que terrorisme.
35:17On avait à la Ouagbar, le périple meurtrier avec une voiture
35:22comme arme par destination et la bonbonne de gaz.
35:24Aujourd'hui, on rajoute à ça le couteau, on n'avait pas le couteau
35:29avec une lame de 30 centimètres.
35:31On rajoute à ça des écrits religieux en arabe.
35:35– Des écrits religieux en conversion récente.
35:39– Donc, ça fait cinq éléments maintenant,
35:41mais le parquet national antiterroriste ne se saisit pas
35:44et ces personnes-là, ces magistrats-là, connaissent mieux leur métier que nous,
35:48qu'on connaît leur métier.
35:50Et s'il reste en observation, et si ça reste pour l'instant au niveau local,
35:54il y a certainement une raison, et je pense,
35:56j'en reviens toujours à ma démonstration de départ,
35:59que la santé mentale de ce type pose un vrai problème.
36:03– Merci à tous de nous avoir éclairés sur la conférence de presse du procureur.
36:09Merci.
36:10– Merci.
36:22– Merci.
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