Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00La France doit se préparer à un conflit majeur avec la Russie, c'est le chef d'état-major qui le dit.
00:06C'est tout le paradoxe aujourd'hui alors qu'en fait l'armistice de 1918 et qu'on n'a jamais autant parlé de la guerre sur le vieux continent
00:12et ce depuis l'invasion de la Russie en Ukraine.
00:15Mais ce que dit le chef d'état-major des armées, Fabien Mandon, en fait ce n'est pas une nouveauté.
00:22Il l'avait déjà exprimé devant les députés, devant la représentation nationale.
00:27Effectivement, il faut être craint parce que le fort, s'il estime qu'en face de lui, il a quelqu'un de faible, il peut passer à l'action.
00:36Donc on a des armées très conscientes, très prêtes, mais malgré tout, la perception aujourd'hui de la Russie, c'est que l'Europe collectivement est faible.
00:45Donc moi, le premier objectif que j'ai donné aux armées, c'est de se tenir prête à un choc dans 3-4 ans qui serait une forme de test.
00:57Peut-être que le test existe déjà sous des formes hybrides, mais peut-être plus violent.
01:03Alors justement, ça demande des précisions.
01:05Ce choc dans 3-4 ans, lieutenant-colonel Vincent Abarettier, vous êtes historien militaire.
01:11Qu'est-ce que pourrait être ce choc ?
01:13Eh bien, ça pourrait être une tentative des Russes de prendre un gage dans un pays de l'OTAN qui leur semble faible
01:20et avec lequel la France a des accords de défense.
01:26Ça veut dire quoi, prendre un gage ?
01:28Eh bien, c'est-à-dire attaquer, prendre un territoire.
01:30Quel pays ?
01:31Par exemple, un pays balte, il ne va pas choisir le pays le plus fort ?
01:35Ou peut-être la Moldavie ?
01:36Ou peut-être...
01:37Alors la Moldavie, on n'a pas vraiment d'accord avec la Moldavie, sauf que le président Macron s'y est rendu,
01:43le chancelier allemand s'y est rendu.
01:45Donc c'est un peu un pays comme l'Ukraine.
01:46Ils peuvent essayer de...
01:48Quelles pourraient être les justifications à ce moment-là pour l'invasion ?
01:51À la Transnistrie et...
01:53À la Transnistrie.
01:53À une minorité russe qui appellerait Moscou à l'aide.
01:56Une minorité qui, comme toujours...
01:58C'est un peu ce que faisaient les Allemands, d'ailleurs, au cours de la dernière guerre mondiale.
02:01Ils mettaient en cause le mauvais comportement de la majorité éonique contre la minorité germanique.
02:07Donc ça peut être la même chose.
02:08En fait, partout où il y aura des Russes, et dans les pays baltes, il y en a un certain nombre.
02:12Il y a même un pays, je crois que de mémoire, ça doit être la Lituanie,
02:16où il y a beaucoup de Russes, l'Estonie également.
02:18Donc voilà.
02:18– Mais ça veut dire que si jamais le président russe attaque un pays de l'OTAN,
02:25qu'est-ce qui est prévu dans les textes pour la France ?
02:28La France est dans l'obligation de répliquer ?
02:32– Pas plus et pas moins que les autres pays membres de l'OTAN,
02:34et au premier rang desquels on a les États-Unis d'Amérique.
02:37Donc si les États-Unis d'Amérique décident de répliquer, les autres suivront.
02:42Sinon, c'est une autre affaire.
02:43– Mais nous, est-on prêt ?
02:45– On est forcément prêt.
02:46– Le chef d'État-major dit la France se prépare correctement à un choc.
02:50Donc ça veut dire qu'on n'est pas prêt, mais qu'on s'y prépare.
02:52Donc on se donne 2, 3 ans ou 3, 4 ans pour être prêt ?
02:55– Dans les forces armées, dès lors que, et même avant qu'elles soient d'ailleurs toutes professionnalisées,
03:01on a toujours eu en France un volume de force prêt à agir directement.
03:06Donc ça a commencé par la compagnie, ça peut aller beaucoup plus loin, assez rapidement.
03:11Et non, ce que dit le chef d'État-major des armées, lui-même qui est aviateur,
03:15il sait très bien ce que ça demande.
03:17On a des hommes, des matériels qui sont prêts à faire la guerre.
03:20– Oui, mais par exemple, je prends un exemple, les drones, on a quelques centaines de drones en France,
03:26ce sont des milliers de drones qui, quotidiennement, sont utilisés dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine.
03:33Donc on n'est pas du tout au même niveau de capacité.
03:36– On voit bien que les nouvelles guerres se font avec les drones, on le voit en direct.
03:41– Là, le paradigme est en train de changer, là où la France, on le dit souvent,
03:44fait de l'artisanat de luxe, on va dire, dans l'industrie de défense, là il faut de la masse pas très chère.
03:48Les drones qui font le plus de mal sur le front ukrainien, c'est bien sûr les drones FPV.
03:52Parfois ce sont des drones civils qui sont bidouillés pour quelques milliers d'euros,
03:55mais qui sont produits en masse énorme.
03:57Et ça, on n'a pas, on n'a pas non plus le volume d'effectifs militaires suffisants.
04:04Je disais encore que le contingent actif de l'armée de terre serait d'environ 70 000 hommes.
04:12– 77 000 hommes.
04:13– 70 000 hommes, c'est à peu près ce qu'il faut.
04:14– 77 000 hommes de force opérationnelle terrestre.
04:15– Et bien c'est à peu près ce qui est déployé en ce moment pour Pokrovsk,
04:19qui est une petite ville d'Ukraine.
04:20– En fait, on part sur des trucs qui ne sont pas ce que dit le chef d'état-major des armées.
04:25Mais le chef d'état-major des armées, il part sur ce que la revue nationale stratégique
04:30a préparé comme ce qu'on appelle scénario d'engagement majeur.
04:34En fait, c'est quoi le scénario qui a été présenté le 14 juillet par le président de la République
04:38et qui a été adopté par les armées ?
04:40Le scénario d'engagement majeur, ce n'est pas de la prédiction,
04:44c'est l'objectif qu'on veut être capable d'obtenir dans trois ans,
04:47le niveau auquel on doit être pour être capable de faire face à tous les risques.
04:51Et qu'est-ce que dit cette revue, ce scénario d'engagement majeur ?
04:57C'est qu'on risque d'être amené à diriger en tant que Français
05:01une partie d'une coalition sur le territoire européen contre la Russie hors du territoire national.
05:09Donc grosso modo, le scénario, c'est de pouvoir agglomérer autour de l'armée française
05:13une force de 30 000 hommes capables d'intervenir en appui de nos alliés
05:17de manière extrêmement rapide, alors que la France, elle, continuera en dehors de son territoire
05:22puisque la France, elle, est protégée par le nucléaire.
05:25Donc comprenez bien que ce que dit le chef d'état-major,
05:27c'est qu'on se prépare à pouvoir dissuader la Russie.
05:30On n'est pas sur Pokrovsk, pas Pokrovsk, parce que Pokrovsk, c'est une guerre avec des drones
05:34sur un front gelé.
05:38Justement, et donc c'est bien pour ça qu'il faut faire attention,
05:40comparaison n'est pas raison, on n'essaie pas de refaire la guerre,
05:43on ne va pas faire la guerre à la Russie comme en Ukraine, ce n'est pas le sujet.
05:46Le sujet, c'est justement de dissuader la Russie de faire un mauvais calcul
05:49et de croire ce que...
05:51C'est de faire peur à la Russie, c'est de dire qu'on a la capacité de répondre.
05:54C'est de dissuader de manière conventionnelle en disant
05:57ne faites pas de fausses erreurs, on ira soutenir nos alliés.
06:01Et on le dit d'autant plus qu'il y a un doute sur ce que feront les Américains
06:04puisque les Américains aujourd'hui s'engagent de l'Europe.
06:07Donc en fait, ce scénario et l'intervention du chef d'état-major des armées,
06:11c'est pour dire aux Européens, nous sommes nous Européens,
06:15on ne peut pas concevoir que si la Russie, par le biais de petits hommes verts,
06:20décide de prendre des pays par l'autre,
06:23et les Américains disent qu'on va dans la Troisième Guerre mondiale
06:25pour 40 km², l'Europe, elle, est bien obligée de réagir par elle-même.
06:28Ça veut dire que la dissuasion nucléaire ne suffit pas ?
06:30Parce qu'on pensait que la dissuasion nucléaire ne suffisait à nous protéger.
06:34C'est bien ce que je dis, c'est pour ça que j'ai bien précisé
06:37que le scénario d'engagement est hors du territoire national,
06:41le sanctuaire national français est protégé par le nucléaire,
06:46mais ce que dit la France, c'est qu'elle est prête à s'engager
06:48de manière conventionnelle aux côtés des alliés polonais, baltes, allemands,
06:52amés et britanniques, quand bien même les Américains ne seraient pas engagés.
06:56Alors on va d'abord faire une revue des troupes, une revue d'effectifs,
06:58avant de reparler avec vous, Clément Zibou,
07:00parce que vous rentrez de reportage justement sur un sous-marin d'attaque.
07:04Mais sur cette revue d'effectifs, on va la faire avec vous, Thomas Joubert.
07:07En fait, quelle est notre capacité militaire ?
07:10Oui, on va d'abord voir les effectifs de notre armée.
07:12Elle compte 200 000 militaires au total et 40 000 réservistes.
07:17Dans le détail, il y a 100 000 soldats dans l'armée de terre,
07:2138 000 dans l'armée de l'air et 35 000 dans la marine.
07:26Il faut aussi ajouter à cela les effectifs de la gendarmerie,
07:28du service de santé, des armées ou encore de la direction générale de l'armement.
07:32Mais une armée, vous le savez bien, ça ne se mesure pas uniquement
07:34au nombre d'hommes ou de femmes qui la composent.
07:37Il faut aussi prendre en compte la qualité des équipements,
07:40la rapidité d'intervention et toute la logistique.
07:42Alors en termes d'équipements, on va regarder.
07:44Nous disposons tout de même de quelques fleurons,
07:46notamment les fameux chars Leclerc.
07:48Environ 200 sont opérationnels.
07:50On a un certain nombre de véhicules blindés comme le Griffon, le Jaguar, le Cerval.
07:54En termes d'artillerie, nos fameux canons César.
07:56Et puis des hélicoptères de combat comme le Tigre, le Caïman ou la Gazelle.
08:00Notre marine est la seule européenne dotée à la fois d'un porte-avions à propulsion nucléaire,
08:05le fameux Charles de Gaulle, et d'une flotte de sous-marins nucléaires d'attaque.
08:09Sans compter de nombreuses frégates, des navires de commandement,
08:11des avions de surveillance maritimes.
08:13Et enfin, dans les airs, l'armée française compte 225 avions de combat,
08:17dont le Rafale et le Mirage 2000.
08:19De multiples avions de transport, aussi quelques drones,
08:22auxquels il faut rajouter des satellites militaires d'observation et de communication.
08:26Et puis, on le rappelle à l'instant sur le plateau,
08:28la France demeure le seul État de l'Union Européenne à disposer de la dissuasion nucléaire,
08:31force indépendante et complète,
08:33avec quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins,
08:36ainsi que des moyens aéroportés.
08:38La France dispose donc de près de 300 ogives nucléaires.
08:41France considérée comme la septième puissance militaire au monde.
08:45Mais malgré ces chiffres, certains experts affirment qu'en cas de conflit long,
08:48la France pourrait vite se retrouver à court de munitions
08:51et serait incapable de tenir dans la durée.
08:53Merci Thomas Joubert.
08:54Il commémorait aujourd'hui la cérémonie du 11 novembre.
08:58C'est le premier ministre Sébastien Lecornu
09:00et il est sur la même ligne que le chef d'état-major des armées.
09:04Dans un contexte inédit,
09:06marqué par le retour de la guerre en Europe,
09:08le durcissement du monde et l'accélération des transformations technologiques,
09:12défendre la paix, c'est être prêt.
09:15Toujours prêt.
09:17Grâce à ses armées,
09:19la France est prête à défendre ses valeurs et ses intérêts partout dans le monde,
09:22sur terre, en mer et dans les airs,
09:25mais aussi dans les nouveaux champs de conflictualité,
09:28l'espace, le cyber, les fonds marins.
09:31Avec courage et dévouement,
09:33nos militaires prennent tous les risques
09:35pour répondre aux missions qui lui sont confiées
09:38et qui leur sont confiées demain par le chef des armées.
09:42toujours au péril de leur vie.
09:45Clémence Dibout,
09:47vous rentrez de reportage justement à bord d'un sous-marin nucléaire,
09:51sous-marin d'attaque.
09:53Est-ce que vous avez senti des militaires concernés,
09:56conscients de la situation aujourd'hui dans laquelle ils évoluent ?
09:59En fait, les sous-marins nucléaires d'attaque,
10:01ils sont évidemment dans toutes les eaux du monde
10:02et leurs compétiteurs, on va dire,
10:04c'est de trouver notamment des engins russes.
10:07Les sous-marins nucléaires d'attaque type classe suffrenne,
10:10c'est-à-dire qu'ils sont beaucoup plus longs,
10:11ils peuvent aller plus suffrens,
10:13parce que ça dépend d'où on vient en France,
10:15ils sont beaucoup plus longs,
10:17ils leur permettent des plongées beaucoup plus longues aussi,
10:20d'être beaucoup moins bruyants.
10:22On a l'habitude de dire dans la marine
10:23que ces nouveaux sous-marins ne font pas plus de bruit
10:25qu'un banc de crevettes,
10:27c'est-à-dire qu'on ne les entend pas beaucoup,
10:29sauf que, c'est ce qu'on a dit,
10:30ce sont des bâtiments dont la France a une supériorité,
10:35notamment dans les oreilles d'or.
10:36Les compétiteurs des Français dans ce cas-là
10:39pour la détection sous les sous-marins,
10:41ce sont les Américains,
10:42les Français sont très bons là-dedans.
10:43Sauf que, une fois qu'on a dit ça,
10:45est-ce que c'est ça qui va nous empêcher
10:46d'avoir par exemple des mains rouges
10:48qui sont mises sur le mémorial en France
10:52ou des étoiles de David
10:53qui sont postées par des agents
10:55possiblement de la Russie.
10:57Ou de faire paniquer avec les punaises de l'I.
10:58Et c'est ça aussi la guerre hybride,
11:00c'est que l'arsenal nucléaire nous protège,
11:04il n'est pas forcément efficace
11:07contre une cyberattaque par exemple.
11:09Et c'est aussi ça qu'il faut travailler en ce moment.
11:11Mais alors, dans ce contexte,
11:13comment fait-on,
11:14puisque la France se bat
11:16avec des déficits records,
11:19a-t-on les moyens
11:20justement de moderniser nos armées ?
11:25C'est les discours,
11:26mais est-ce que ça va suivre derrière ?
11:27Le chef d'état-major de l'armée de l'air,
11:28d'ailleurs, l'a dit il y a quelques jours.
11:29Il a dit,
11:30nous avons besoin davantage d'avions de chasse,
11:32notre format doit viser non pas 185,
11:34mais plus de 230 avions de chasse.
11:36Mais pour une raison simple,
11:36c'est que justement,
11:37pour revenir sur l'affaire de Pokrovsk,
11:38Pokrovsk, pourquoi il y a des drones dans tous les coins ?
11:40C'est qu'en fait,
11:41le front est gelé
11:41et que personne ne bouge.
11:43Et que donc,
11:43nous, ce qu'on veut,
11:44c'est totalement éviter ça,
11:45c'est continuer à manœuvrer
11:46et entre autres avoir la supériorité aérienne.
11:48Aujourd'hui, les Ukrainiens,
11:49ils sont bien obligés d'avoir encore ça
11:50parce qu'ils n'ont pas la supériorité aérienne.
11:52Donc, le sujet de la supériorité aérienne
11:53est un sujet fondamental pour les Occidentaux.
11:55Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
11:56les Russes face aux Occidentaux ne l'ont pas,
11:58heureusement.
11:59En revanche,
11:59la question du budget,
12:01et c'est pour ça qu'aussi,
12:02on regarde un petit peu
12:04ce qui se passe sur la politique intérieure
12:05avec des yeux parfois un peu déconfits.
12:09Oui, ou cette année, par exemple,
12:11typiquement,
12:11puisqu'on voulait accélérer
12:13la modernisation des armées,
12:14c'est pour ça qu'on se dit trois ans,
12:16c'était prévu normalement jusqu'en 2030,
12:17on voudrait arriver à accélérer
12:19le même volume en 2027.
12:21Mais pour ça, il faut qu'il y ait un budget.
12:23Parce que cette année, par exemple,
12:24sur le budget 2025,
12:25il était prévu qu'on passe
12:26deux marches supplémentaires,
12:27c'est-à-dire qu'on fasse
12:28deux fois trois milliards supplémentaires.
12:30S'il n'y a pas de budget
12:31parce que ça continue à patachonner
12:32à l'Assemblée nationale,
12:34eh bien, on va reconduire le budget d'avant,
12:35donc on aura trois milliards de moins.
12:37Donc oui, effectivement,
12:37c'est quand même une inquiétude réelle
12:39de ne pas avoir la capacité
12:41à faire des budgets
12:43tels qu'ils sont prévus,
12:44c'est-à-dire qu'ils augmentent
12:46singulièrement le budget de défense.
12:47Ce qui est intéressant
12:48dans cet entretien
12:49du chef d'état-major des armées,
12:51c'est qu'il dit
12:51le réarmement militaire est nécessaire
12:53et le réarmement moral
12:55de la nation aussi.
12:56Et ça, aujourd'hui,
12:58chaque Français doit se sentir concerné.
13:00Les armées seules,
13:01sans le soutien de la nation,
13:02ça ne marche pas.
13:03Donc c'est aussi un message
13:04qu'il envoie à la population.
13:05Bien évidemment, puisque...
13:07Comment on fait pour réarmer
13:07moralement la population ?
13:09On fait des émissions comme celle-là.
13:10Non, en fait,
13:13pour réarmer la population
13:14moralement,
13:15moi, personnellement,
13:17on a beau me dire
13:18que ça coûte beaucoup d'argent,
13:20déjà,
13:21on regarde ce que font
13:22nos alliés,
13:23regardez les Polonais,
13:24ils réarment la morale
13:25de la population
13:26dès les écoles primaires,
13:28collèges et lycées,
13:30en faisant des levées
13:31des couleurs,
13:32en faisant aimer
13:33leur pays aux Polonais.
13:35Et moi, je pense que
13:36dans ce domaine-là...
13:36Alors là, attendez,
13:37bonjour à la polémique,
13:38si vous demandez à l'Éducation Nationale
13:39de faire la levée des couleurs
13:41le matin...
13:41Pas tous les matins,
13:42mais il faut pas parler.
13:43Le réarmement moral de la nation
13:45passe par l'école.
13:45Bien évident,
13:46ça passe par l'école.
13:48Bismarck avait une phrase
13:49qui, quand même,
13:50est très éloquente,
13:51qui a gagné, quand même,
13:52trois campagnes,
13:53dont une contre nous,
13:54qui a créé l'Empire allemand.
13:56Il disait qu'en fait,
13:56ce ne sont pas les généraux
13:57qui gagnaient la guerre,
13:58ce sont les professeurs
13:59et les curés.
14:00Alors lui, dans les curés,
14:01c'était plutôt les protestants,
14:02c'est pour ça qu'il avait
14:02le Kulturkampf.
14:08En faisant en sorte que,
14:09dans l'État,
14:10au lieu de critiquer le pays,
14:13alors bien sûr qu'on est
14:14dans une démocratie,
14:15mais quand on est
14:16dans l'Éducation Nationale,
14:18moi j'étais deux ans
14:19dans l'Éducation Nationale,
14:20comme professeur agrégé-stagiaire,
14:22ce que j'ai constaté,
14:23alors effectivement,
14:24devant chaque école,
14:25il y a le drapeau français
14:26et il y a liberté,
14:27égalité, fraternité.
14:28Sorti de ça,
14:29il n'y a que le professeur d'histoire,
14:30s'il le veut bien,
14:31dans le cours des cours
14:33d'éducation civique et morale,
14:35qui peut faire ça,
14:36faire chanter la marseillaise.
14:37Parce que beaucoup
14:38de nos Français
14:39sont d'origine,
14:40et c'est comme ça,
14:40la France est une terre
14:41d'immigration,
14:42d'origine étrangère.
14:43Si on ne leur fait pas
14:44volontairement aimer la France
14:46en insistant sur les beaux côtés,
14:48je veux dire,
14:48il faut qu'à un moment,
14:49ça adhère.
14:50L'armée est un vrai brassage
14:51de la population aujourd'hui.
14:52Oui, mais l'armée,
14:53c'est une minorité.
14:54L'armée, c'est une minorité.
14:55Il n'y a que 200 000.
14:55Là où c'est vrai,
14:56c'est-à-dire,
14:56les armées,
14:57c'est fait pour gagner les batailles.
14:59Les guerres,
14:59c'est les nations qui les gagnent.
15:00Et si une nation
15:01ne pense pas
15:02qu'elle a des valeurs connues,
15:03si elle n'a pas envie de se battre
15:04parce qu'elle ne pense pas
15:05qu'elle a des valeurs à défendre,
15:06si une nation
15:08ne pense pas
15:08qu'elle a des valeurs à défendre,
15:10effectivement,
15:10il y a un sujet.
15:11Mais même des émissions comme ça,
15:12c'est important.
15:13Parce que ça donne aux gens
15:14des explications réelles
15:15sur la nature de la menace,
15:17sur les enjeux économiques,
15:18etc.
15:18En fait,
15:19c'est à tout le monde
15:20de participer
15:21à comprendre
15:22quel est aujourd'hui l'enjeu
15:23dans un monde
15:24qui devient de plus en plus violent.
15:25C'est ça ?
15:26Mais est-ce qu'on ne vit pas
15:26dans un déni
15:27parce qu'on est en paix ?
15:28Mais parce que pendant 30 ans...
15:29Parce qu'il y a des générations
15:31de Français
15:31qui n'ont pas connu la guerre
15:33et qui pensent
15:34que tout ça
15:35est très loin,
15:36même l'Ukraine.
15:37Mais bien sûr,
15:37mais c'est pour ça
15:38qu'on fait oeuvre de pédagogie
15:40en expliquant...
15:41On a eu...
15:41Enfin, il faut comprendre,
15:42on a eu 30 ans
15:43d'une paix exceptionnelle
15:45en Europe occidentale.
15:47Mais c'est...
15:47En fait,
15:48c'est une exception.
15:49Oui, d'accord,
15:49mais aujourd'hui,
15:50en France,
15:50je suis sûr que vous posez la question,
15:51personne ne peut imaginer
15:52qu'un jour la France
15:53prend un missile
15:54ou des bombes sur la figure.
15:55Mais parce qu'elle a
15:56la miséation nucléaire.
15:57Les Polonais,
15:57ils ne sont déjà plus concernés.
15:59Oui, bien sûr.
15:59Parce que nous,
16:00ça nous revient bien loin.
16:01Cette guerre n'est pas la nôtre.
16:02Personne ne veut mourir
16:03pour qui affichier en France ?
16:04Oui, mais sauf qu'on ne meurt pas
16:05courir, ça n'existe pas.
16:06On meurt pour la France, en fait.
16:08Le problème, c'est que...
16:08Est-ce que vous pensez
16:09une demi-seconde
16:09que le jour où vous avez
16:11un problème en Pologne,
16:12etc.,
16:12alors que dans l'Union européenne,
16:14on a la même monnaie,
16:15la même énergie,
16:17les mêmes institutions,
16:23on ne voulait pas mourir
16:23pendant le signe,
16:24on sait qui c'est.
16:25C'est ceux qui ont signé
16:26les accords avec l'Allemagne.
16:28Mais donc,
16:29il y a ceux qui se sont battus,
16:30heureusement.
16:30Je voudrais qu'on donne
16:31la parole aussi
16:31à Olivier Weber
16:32qui est avec nous,
16:33le grand reporter,
16:34l'écrivain.
16:35Bonsoir Olivier.
16:37Sur 2500 ans d'histoire
16:39de l'Europe,
16:41seulement finalement
16:41100 ans de paix.
16:43L'Europe a souvent
16:45été en guerre.
16:46Peut-être qu'on l'a oublié,
16:47ça.
16:47Parce qu'on vit depuis
16:49maintenant plusieurs décennies
16:50une longue période de paix,
16:52menacée par ce qui se passe
16:53sur le front ukrainien.
16:55Est-ce que,
16:56comme vous le disent
16:57nos invités,
16:58est-ce qu'il faut
16:59réarmer moralement
17:01les Français,
17:01les préparer psychologiquement ?
17:04Oui, bien sûr.
17:05Parce qu'il y a
17:05le réarmement militaire
17:07et donc physique,
17:08tangible,
17:09non seulement de la France
17:09mais de la part de l'Europe.
17:11C'est important
17:11qu'il y ait cette coordination,
17:12ce sentiment commun.
17:13Vous savez,
17:14quand le général Mandon,
17:16le chef d'état-major,
17:17parle de cette menace russe,
17:18c'est un sentiment partagé
17:19par les Britanniques,
17:21par les Allemands
17:21mais aussi par les Américains.
17:22Le New York Times,
17:23d'ailleurs,
17:23a fait une enquête
17:24il y a quelques semaines
17:25en disant que la première cible,
17:26la première menace,
17:27concernant tant que telle
17:28par la Russie,
17:29c'est la France,
17:30en cause de son soutien
17:30à l'Ukraine
17:31mais aussi pour d'autres raisons.
17:32Et donc,
17:32oui,
17:32il faut qu'il y ait
17:33une sorte de préparation
17:34psychologique.
17:34C'est important.
17:35Je crois qu'on a été
17:36trop longtemps
17:37dans un havre de paix.
17:38Tant mieux d'ailleurs,
17:39mais la démonstration,
17:41la conséquence,
17:41c'est l'angélisme.
17:42On a même parlé
17:43d'un angélisme exterminateur,
17:45comme le disait un sociologue,
17:46c'est vrai que finalement,
17:47c'est reposé sur nos lauriers.
17:49Le deuxième volet,
17:50il est consécutif,
17:50c'est que ce parapluie
17:51qui était quand même
17:52assez solide,
17:53le parapluie américain,
17:53on va le dire,
17:54ce n'est pas que l'OTAN,
17:55c'est le parapluie américain,
17:57bat de l'aile,
17:57c'est le moins qu'on puisse dire
17:58depuis l'arrivée
17:59ou le retour de Trump au pouvoir.
18:00Donc là aussi,
18:01c'était une garantie
18:01de 80 ans qui s'effondre.
18:03Et puis le troisième élément,
18:05c'est aussi,
18:05comment dirais-je,
18:06cette baisse,
18:07on est dans un minimum mathématique,
18:08comme on dit en sciences,
18:09du droit international
18:10qui a lui aussi d'ailleurs 80 ans,
18:12qui date à peu près
18:13de la création de l'OTAN.
18:14Donc oui,
18:14vous avez raison,
18:15il y a le besoin
18:16de préparation psychologique
18:17et en même temps,
18:18regardez,
18:19qu'a fait la Russie
18:20depuis quelques années ?
18:21En 2008,
18:22la Russie attaque la Géorgie.
18:24J'étais il y a quelques mois
18:25aujourd'hui dans ce petit pays
18:26du Caucase
18:27de 3 millions d'habitants,
18:27vous avez à la fois
18:28un scénario de guerre frontale,
18:30en tout cas d'occupation,
18:31le nord de la Géorgie
18:32est occupé,
18:32à peu près 20% de son territoire,
18:34avec des chars russes
18:35qui avancent,
18:35qui reculent,
18:36qui avancent,
18:36qui reculent
18:36pour jouer avec les nerfs
18:37de l'armée géorgienne
18:38qui est maintenant,
18:39on va dire,
18:39totalement acquise à la Russie.
18:41Et puis deuxièmement,
18:42une guerre hybride
18:42avec des mercenaires,
18:44un ancien responsable
18:45des services secrets géorgiens
18:46me disait qu'il y avait
18:47200 mercenaires russes
18:48ou totalement pro-russes
18:49en Géorgie.
18:50Bien sûr,
18:51des fake news,
18:52des informations
18:53et ça s'est traduit
18:53par l'éviction
18:54de la présidente
18:56Salomé-Sourabishvili,
18:57d'ailleurs,
18:57qui est à la fois géorgienne
18:58et française.
19:00Et donc ça,
19:00c'est un cas typique
19:01de provocation,
19:02c'est un cas typique
19:03de guerre hybride
19:03et l'Europe doit y faire face
19:05parce qu'évidemment,
19:06les menaces sont multiples,
19:07elles sont de plus en plus,
19:08comment dirais-je,
19:08complexes de la part
19:09de la Russie.
19:11C'est vrai qu'il y a
19:11une montée en puissance
19:12de cette volonté
19:13de guerre hybride
19:14par rapport
19:14aux satellites européens,
19:16on va dire,
19:16les pays de la périphérie,
19:17la Moldavie,
19:18elle est un bon exemple
19:19comme on le disait tout à l'heure,
19:20mais aussi les Pays-Balves.
19:21Regardez l'Estonie,
19:22c'est le pays le plus au nord
19:23des trois Pays-Balves,
19:24ça doit faire à peu près
19:251,3 million d'habitants.
19:26Il y a une petite ville
19:27qui s'appelle Narva
19:28qui est à la frontière russe,
19:29d'ailleurs le fleuve frontière
19:30s'appelle le Narva
19:31et là-dessus,
19:32il y a quelques jours,
19:33il y a une semaine exactement,
19:34un bateau des gares frontières russes
19:36qui a brandi
19:36pratiquement au milieu du fleuve,
19:38donc à la frontière,
19:39un drapeau,
19:40tenez-vous bien,
19:40de qui ?
19:40De Wagner,
19:41du groupe Wagner
19:42des mercenaires.
19:43D'ailleurs,
19:43très intelligemment,
19:44le ministère estonien
19:44a dit sur un tweet
19:46qu'on espère que Wagner
19:48va retourner en Moscou
19:49comme Prigogine,
19:49l'ancien chef,
19:50essaie de le faire.
19:51Donc voilà,
19:51c'est ça,
19:52ces menaces,
19:52ces provocations
19:53et bien sûr,
19:54les armées européennes
19:55doivent s'y préparer
19:56mais aussi bien sûr
19:57les populations.
19:58Merci Olivier Weber
20:00qui insistait sur le fait
20:02qu'il faut jouer collectif,
20:03on a les mêmes intérêts
20:05avec nos amis allemands,
20:07anglais ou américains
20:08et alors visiblement,
20:09les armées participent régulièrement
20:10à des exercices majeurs
20:11dans des conditions
20:12d'affrontement de puissance
20:14avec justement
20:15nos partenaires
20:16et il y a notamment
20:18un exercice inédit
20:19baptisé Orion 2026
20:20qui va être organisé,
20:22qui va associer
20:22toutes les armées.
20:23Alors en fait,
20:23il a déjà eu
20:24la première partie
20:25l'année dernière,
20:26ça continue en fait,
20:27on avait arrêté
20:28les grands grands exercices
20:30à l'échelle divisionnaire,
20:31donc à l'échelle
20:32des 30 000 hommes
20:33en 1986,
20:35ou 96 pardon,
20:36les derniers.
20:37Donc là,
20:37on est en train
20:37de revenir justement
20:39à réentraîner
20:40des masses importantes
20:42de militaires français
20:43pour apprendre
20:44à les commander,
20:45pour apprendre aussi
20:46bêtement,
20:46enfin faire sortir
20:47l'ensemble
20:47d'une brigade blindée
20:48de son...
20:49Avec toujours
20:51cette chose en tête,
20:52on a des intérêts communs
20:53avec nos amis européens,
20:55mais on est plus loin.
20:56Donc nous,
20:57en fait,
20:57on est en train
20:57de redécouvrir
20:58ce que nous,
20:59on a connu
20:59dans notre jeunesse,
21:00qui est comment
21:01la France viendrait
21:01à l'appui des gens
21:03qui eux sont
21:03le plus près de la Russie,
21:04qui sont directs.
21:05Parce que nous,
21:05on n'est pas directement
21:06menacés par les charruces,
21:07ils ne vont pas arriver
21:07sur les Champs-Elysées,
21:08mais nous,
21:09on sera obligés
21:09de se porter.
21:10Il reste des droits
21:10de douane
21:11sur le matériel militaire
21:12pour aller de France,
21:13par exemple,
21:13à la Roumanie.
21:14Il n'y a pas
21:14des choses concrètes.
21:16C'est des choses
21:16qu'on est en train
21:17de lever.
21:17Et puis,
21:18ce qu'on est en train
21:18de faire,
21:18il faut prépositionner
21:19des forces,
21:20des noyaux de force
21:21prêts à accueillir
21:22des renforts,
21:23le cas échéant.
21:23C'est ça.
21:24Et faire une revue
21:25d'effectivement
21:26matériel,
21:26char,
21:26porte-avions,
21:27savoir précisément
21:28où on en est.
21:28Et dire la vérité aux Français
21:30et Clémence Dibault aussi.
21:31Oui, parce qu'on a
21:31les mêmes intérêts
21:32mais on n'a pas
21:32les mêmes armes.
21:33Moi, je me souviens
21:34d'un grand exercice
21:34de l'OTAN en Pologne
21:35où les journalistes
21:36ont été invités
21:37parce qu'il faut que ça se sache,
21:38la France veut que ça se sache
21:39qu'elle participe
21:40à des grands exercices.
21:42Le problème,
21:42c'est qu'il fallait
21:43passer un fleuve
21:44qui s'appelait la Vistule
21:45qui ressemblait clairement
21:46au Nièvre en Ukraine
21:47et ce n'était pas facile
21:49parce que les véhicules
21:50pour passer la Vistule
21:52n'étaient pas les mêmes
21:53si c'était des Polonais,
21:54des Allemands ou des Français.
21:55Donc, il faut coordonner tout ça
21:56et c'est ça qui occupe
21:57en ce moment les armées européennes.
21:58Merci à tous.
Commentaires

Recommandations