- il y a 21 minutes
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:01...
00:05Bonsoir et soyez les bienvenus sur BFM TV.
00:21Tous les regards sont tournés vers le Moyen-Orient.
00:24Donald Trump va-t-il attaquer l'Iran ?
00:27Il promet d'y envoyer l'armada américaine.
00:29Que faut-il y voir ?
00:30Une intervention des Etats-Unis est-elle imminente ?
00:33Est-elle possible ces prochaines heures ?
00:35Écoutez d'abord la toute dernière déclaration du président américain.
00:39C'était hier soir, depuis son avion présidentiel.
00:44Vous savez, nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction au cas où ?
00:49Nous avons une grande flottille qui se dirige dans cette direction.
00:52Et nous verrons ce qui se passera.
00:55Nous avons une importante force qui se dirige vers l'Iran.
00:59Je préférerais qu'il ne se passe rien.
01:02Mais nous les surveillons de très près.
01:03Et pour en parler, on est avec Thierry Arnaud comme tous les soirs.
01:08Bonsoir Thierry.
01:08Bonsoir Amélie.
01:09Éditorialiste politique internationale.
01:11Jérôme Clash, bonsoir.
01:12Bonsoir Amélie.
01:12Vous êtes notre consultant défense.
01:14On est aussi avec Ronald Atto.
01:16Bonsoir.
01:16Bonsoir.
01:17Merci d'être avec nous, professeur de relations internationales à Sciences Po.
01:21Et puis le colonel Vincent Arbaretier.
01:23Bonsoir.
01:24Historien militaire, docteur en sciences politiques et histoires contemporaines.
01:28Je voudrais d'abord faire réagir Antoine Lahr qui est avec nous en direct de Washington.
01:33Bonsoir Antoine.
01:34Alors c'est vrai que ces derniers jours, on ne parlait quasiment plus que du Groenland.
01:39Mais il semblerait que le président américain n'ait pas tout à fait oublié l'Iran.
01:46Oui, absolument.
01:48Et il montre les muscles.
01:49Vous avez entendu, il parle d'une armada.
01:51C'est en fait un porte-avions américain qui était stationné en mer de Chine et qui est en route vers le golfe Persique.
01:57Il est accompagné, escorté par trois navires de guerre équipés notamment de missiles Tomahawk et de sous-marins.
02:03Tout ce groupe naval devrait arriver sur zone d'ici quatre jours.
02:07On apprend également que le Pentagone a ordonné le déploiement d'avions de combat supplémentaires dans les bases américaines de la région.
02:13Une quinzaine, une douzaine pardon de F-15.
02:16Alors vous savez que la semaine dernière, alors que tout semblait indiquer qu'une frappe était imminente contre l'Iran,
02:20Donald Trump finalement n'a pas appuyé sur le bouton.
02:23On sait qu'il y a eu des pressions en coulisses d'Israël et des pays arabes qui lui ont demandé de ne pas y aller.
02:27On sait aussi qu'il y avait des divisions au sein de l'administration Trump.
02:30Tout le monde n'était pas d'accord sur l'opportunité de mener des frappes.
02:33Et donc Donald Trump, pour ne pas donner l'impression qu'il s'est dégonflé,
02:38nous a ensuite expliqué que s'il avait décidé de ne pas y aller,
02:41c'est parce qu'il avait obtenu que le régime épargne la vie de 800 opposants et manifestants qui avaient été arrêtés.
02:48800 exécutions qui n'auront pas lieu, nous dit Donald Trump.
02:51Un chiffre qui n'est pas sourcé.
02:53On ne sait pas d'où il sort.
02:53Il paraît un peu farfelu, voire extravagant,
02:56puisque l'année dernière, le régime iranien a exécuté 1500 opposants politiques.
03:00Donc 800 exécutions en un seul jour, comme le laissait entendre Donald Trump.
03:03Ça paraît plus plausible.
03:04Mais peu importe, c'est la raison en tout cas officielle qui a été avancée par Donald Trump.
03:08Et Trump aujourd'hui dit que si le régime exécute ses opposants,
03:10alors il frappera à l'Iran.
03:12Il le frappera de façon très dure.
03:14Il dit que les bombardements contre les sites iraniens de juin dernier
03:16s'est pinotent à côté de ce qui les attend.
03:19Mais dans le même temps, Trump dit aussi que les Iraniens veulent discuter sur le nucléaire.
03:23Et Trump dit qu'il est prêt à mener ces discussions.
03:26Tout cela n'est donc peut-être pour lui toutes ces menaces
03:28et tout ce déploiement militaire.
03:30C'est peut-être donc pour lui une façon de se mettre en position de force
03:32pour négocier un accord qui serait à son avantage.
03:36Mais avec Donald Trump, on ne sait jamais ce qu'il a en tête.
03:38Menaces réelles ou bluffs, on verra dans les prochains jours.
03:41Merci beaucoup Antoine Lahr.
03:42Vous restez bien avec nous ce soir.
03:44On aura encore besoin de vous dans le BFM Grand Soir.
03:47Thierry Arnaud, je ne vais pas vous demander de vous mettre dans la tête de Donald Trump
03:50parce que c'est quasiment mission impossible.
03:52Néanmoins, qu'est-ce qui se joue en ce moment précisément ?
03:56Parce qu'Antoine Lahr nous disait qu'il s'est, semble-t-il, dégonflé ces derniers jours.
04:01Là, on a le sentiment qu'il y a peut-être une accélération
04:04de ce qui se passe au niveau du Moyen-Orient
04:07avec cette toute dernière déclaration dans son avion.
04:09À quoi joue-t-il ?
04:10C'est vrai qu'il était allé très loin il y a une dizaine de jours.
04:13Est-ce que vous venez de ces messages qu'il avait publiés sur son réseau social favori
04:16en disant notamment que l'aide était en route
04:19et que si effectivement le régime continuait sa répression,
04:23il y aurait une réplique militaire américaine ?
04:25Simplement, au dernier moment sur le but-il,
04:27il a décidé de ne pas appuyer sur le bouton pour deux raisons essentielles.
04:31La première, c'est qu'à ce moment précis,
04:32ses conseillers militaires lui ont dit qu'il ne disposait pas,
04:35sur place, dans la région, de moyens militaires suffisants
04:38pour à la fois attaquer l'Irak, protéger les bases américaines,
04:42protéger les alliés de la région.
04:44Et on sait qu'à cette occasion, il a reçu un certain nombre de coups de fil,
04:46de messages que lui ont fait passer les pays qui entourent l'Iran
04:49pour lui dire « pas maintenant ».
04:52Et ça, c'est la première série de raisons qui étaient importantes,
04:55qui l'ont dissuadée.
04:56Puis la seconde série de raisons, c'est que les objectifs de la mission
05:00n'étaient pas forcément très simples.
05:02Est-ce que c'est simplement en lâchant des bombes
05:03qu'on allait faire tomber le régime
05:05et ça, on lui a expliqué que ce n'était pas nécessairement le cas.
05:07Alors, ce qui a changé depuis dix jours
05:08et qui justifie qu'on en reparle ce soir,
05:11c'est d'une part la déclaration, effectivement, de Donald Trump
05:13avant son avion du retour de Davos.
05:15Est-ce qu'il faut prendre au sérieux ce type de déclaration
05:18qu'il lance dans son avion ?
05:20Oui, parce qu'il y a la deuxième raison.
05:22Et la deuxième raison, Émilie, c'est que depuis,
05:25il y a une dizaine de jours, militairement sur place,
05:28les choses ont changé.
05:29Et notamment avec le déploiement d'un groupe aéronaval
05:31autour du porte-avions Abraham Lincoln.
05:33Donc, ce qui change, c'est que désormais,
05:35s'il veut faire très mal à l'Iran,
05:37il en a les moyens militaires sur place.
05:39Et c'est cela qui rend cette opération désormais possible.
05:42C'est aussi comme ça que vous voyez les choses, Ronald Atto ?
05:44Oui et non.
05:46J'ai l'impression qu'il voudrait peut-être aussi
05:48faire oublier la reculade face au Groenland.
05:51C'est une façon simple et relativement sans danger
05:57de menacer, de frapper l'Iran.
06:00Mais c'est possible en même temps, effectivement.
06:02C'est une façon pour vous de détourner l'attention finalement
06:04sur ce qui se passe sur l'Iran ?
06:04C'est pour être une façon de détourner l'attention,
06:06encore une fois, de dire je suis fort,
06:08parce que sur le Groenland, on ne peut pas dire
06:10que c'était un grand succès.
06:12Il a reculé.
06:13Pour vous, ce n'est pas une coïncidence finalement ?
06:16Encore une fois, je ne suis pas dans la tête de M. Trump,
06:20heureusement, mais je pense que ça pourrait aussi être
06:22une façon de détourner l'attention du fait que
06:24sur le Groenland, il n'a pas obtenu exactement ce qu'il voulait.
06:28Alors, il y a un autre signal qui nous interpelle
06:30et je voudrais l'évoquer avec vous, Marion Boucher.
06:32Bonsoir, merci d'être avec nous.
06:34On le rappelle, vous êtes ancienne pilote de Mirage 2000.
06:39On a obtenu une information, notamment de la part
06:41de la presse israélienne, qui dit que plusieurs compagnies aériennes
06:45ont annulé des vols vers Dubaï et vers Tel Aviv.
06:48Est-ce que vous, vous pouvez nous confirmer ces informations ?
06:52Oui, c'est exact.
06:52De nombreuses compagnies, dont Air France et Lufthansa,
06:54ont annulé les vols.
06:56L'armée israélienne a été également mise en alerte ce soir.
07:03Il s'avère que le groupe aéronaval a coupé son transpondeur,
07:09enfin, qui est un AIS exactement,
07:12qui permet de repérer les bateaux qui naviguent.
07:16Il y a trois jours, au large de l'Indonésie,
07:18qu'ils avancent à peu près à 30 nœuds,
07:20ce qui fait qu'en trois jours, ils auraient pu couvrir à peu près 4 000 kilomètres
07:24et serait maintenant déjà à portée,
07:26l'Iran serait à portée des F-35 américains.
07:31Que nous dit cette toute dernière information pour vous, Marion Boucher ?
07:34Est-ce qu'on s'avance lorsqu'on dit qu'une opération américaine est peut-être imminente ?
07:39En disant qu'elle est peut-être imminente,
07:42on ne s'avance pas trop au regard des signaux quand même qu'on a.
07:47On a également des avions qui sont en train de tourner au large d'Israël,
07:52voire même de faire demi-tour pour certains.
07:55Après, on ne peut pas l'attribuer directement à l'imminence des frappes,
07:59mais c'est un indice supplémentaire qui permet de penser
08:01qu'il y a beaucoup d'indices qui indiquent qu'une frappe pourrait avoir lieu
08:06dans les prochaines heures.
08:07Oui, ça veut dire que des vols annulés, potentiellement,
08:11c'est un signal assez fort qui pourrait laisser entendre une opération militaire.
08:17Les vols annulés, les vols qu'on voit actuellement attendre au large d'Israël,
08:22la mise en alerte de l'armée israélienne
08:25et aussi ce qu'on sait sur le déplacement de la flotte américaine vers l'Iran.
08:31Oui, Jérôme Clèche, c'est vrai que tous ces signaux nous font avancer un peu dans notre réflexion,
08:38même si, évidemment, on prend toutes ces informations avec des pincettes.
08:42Oui, bien sûr qu'il y a une pression qui est imprimée.
08:45Ce qu'il faut voir, c'est quand même que Donald Trump aime bien les gains rapides et sûrs.
08:49Les conditions n'étaient pas réunies pour des gains rapides et sûrs,
08:52que ce soit neutraliser plus avant le nucléaire iranien,
08:56parce qu'il a été endommagé, mais il est loin d'avoir été neutralisé,
08:58ou pour faire un changement de régime.
09:01Aujourd'hui, effectivement, la puissance aérienne qui est fondamentale,
09:04que ce soit pour réduire les sites nucléaires ou pour tenter un changement de régime,
09:08qui serait une condition nécessaire mais pas suffisante, bien sûr, sont sur place.
09:12Mais il reste la possibilité de faire basculer.
09:15Et rien n'est moins sûr, c'était déjà pas sûr il y a une semaine, ça ne l'est pas davantage.
09:18Et je rejoins ce que disait Ronald Dato, Donald Trump, c'est aussi un événement un jour.
09:23Or, effectivement, cette espèce de rétro-pédalage sur le Groenland,
09:29eu égard au fait qu'il a bien pris conscience qu'il avait besoin de l'Europe
09:32pour faire écran vis-à-vis de la Russie au cas où il devrait se consacrer à l'Asie,
09:37eh bien, a fait que ce rétro-pédalage doit se doubler finalement d'une reprise de superbes,
09:43et c'est l'occasion pour lui de remontrer les muscles.
09:45Sachant que Donald Trump n'est pas un interventionniste dans l'âme.
09:48Encore une fois, il aime les gains rapides et sûrs.
09:50C'est un moyen de faire pression, c'est un moyen d'amener aussi les Iraniens à la négociation.
09:54C'était déjà le cas, souvenez-vous, pendant l'opération Midnight Hammer,
09:57où ils ont frappé avec les bombardiers B2 et les bons GBU-57, la Bunker Buster,
10:03ils ont frappé les trois sites nucléaires.
10:05Il y avait des négociations, et les Iraniens n'ont pas souhaité aller plus loin dans les négociations.
10:09Donc il a frappé.
10:10Là, ce sera la même chose.
10:12Si les Iraniens sont d'accord pour aller plus loin dans cette négociation,
10:15alors quel est l'enjeu ?
10:16Sans doute le nucléaire au premier chef,
10:17et puis peut-être forcément retenir leur main vis-à-vis de la rébellion.
10:23Si les Iraniens optent en paire, il n'ira pas jusqu'à l'intervention.
10:27Ce serait trop risqué.
10:28Mais concrètement, si on parle de ces prochaines heures,
10:31colonel, est-ce que vous vous misez sur une intervention américaine ?
10:36En fait, je pense que le début de l'intervention américaine sera donné de l'intérieur de l'Iran,
10:41où il y a des services secrets, un peu comme ça a été le cas au Venezuela.
10:44C'est-à-dire que le trigger, comme on dit, le déclencheur,
10:47ne viendra pas des gens de l'extérieur.
10:49En fait, tout est en train de se mettre en place.
10:50La stratégie, c'est mettre des moyens en place.
10:53Et ensuite, la frappe, ce sera au moment où il y aura le go,
10:56qui fera en sorte d'être sûr de pouvoir traiter l'objectif.
11:01Alors l'objectif, je suis tout à fait d'accord,
11:03l'objectif du nucléaire, peut-être pas,
11:06mais je dirais l'objectif des têtes pensantes du régime,
11:11des gardiens de la révolution, et tout ça en simultané.
11:14Parce que la difficulté, c'est un peu ce qui s'est passé au Venezuela,
11:17c'est d'avoir des boots on the ground, des gens sur le sol,
11:19le moins longtemps possible.
11:21Donc peut-être des commandos qui vont aller dans un bunker liquidé,
11:24un chef iranien, avec le concours du Mossad.
11:27Mais alors, il me semble que le président américain
11:29ne parlait que de frappes aériennes,
11:32et pas de soldats au sol.
11:34Est-ce que vous pensez que ça peut changer ?
11:35En fait, il ne peut pas raconter ce qui va se passer.
11:38Mais si on veut être sûr de traiter des objectifs,
11:42il y a forcément des gens au sol,
11:44alors qu'ils peuvent être des Israéliens,
11:45qui peuvent être des gens du Mossad.
11:46Parce que les Israéliens et les Américains
11:48travaillent main dans la main.
11:50Et notamment aussi des résistants iraniens
11:53qui peuvent avoir été équipés par des services secrets,
11:57par la CIA.
11:58Donc tout ça, ce n'est pas une opération simplement militaire.
12:01C'est une opération globale,
12:03avec des moyens qui sont des moyens du renseignement.
12:06Il faut dire aussi que d'en haut en l'opération,
12:08tout sera assourdi et rendu muet.
12:11Il n'y aura plus aucun ordinateur qui fonctionnera.
12:14Les réseaux iraniens seront complètement neutralisés,
12:17avec des moyens de guerre électronique
12:18qui sont conséquents, notamment,
12:21tout ce qu'il y a sur un porte-avions.
12:22Donc en fait, moi je crois que tout ça n'est pas anodin.
12:28Et puis, dernière chose qu'on oublie,
12:29c'est qu'actuellement il y a des négociations à Bouddhabi
12:31entre les Russes, les Ukrainiens et les Américains.
12:34Quel balcon sur la grande puissance américaine
12:37qui va...
12:39Parce que ces négociations ont lieu aujourd'hui,
12:43mais elles se poursuivent demain.
12:43Et donc si les choses ont lieu cette nuit,
12:46ça va peut-être un peu...
12:48Je ne dirais pas forcer les gens à négocier plus vite,
12:50mais ça va peut-être donner un coup de boost
12:52aux négociations sur l'Ukraine.
12:53Et disons que ça les met dans une bonne position.
12:56Ça les met dans une ambiance un peu guerrière.
12:57L'hésitation, à mon avis, de la part des Américains
13:00et aussi des pays, des monarchies du Golfe,
13:03c'est oui, mais après.
13:05Qui vient après ?
13:06On ne veut pas, je pense, répéter l'erreur de l'Irak en 2003.
13:09S'il n'y a personne qui peut prendre le relais
13:12après la chute des Mollas,
13:15ça risque de créer un Iran qui est complètement instable
13:20avec les Kurdes.
13:21Et autour, il y a la Turquie, la Syrie, l'Irak
13:23qui voient d'un très mauvais oeil, justement,
13:25une déstabilisation de l'Iran.
13:28Donc si les Américains frappent pour frapper,
13:30à mon avis, je pense que c'est une des raisons
13:33pour lesquelles les Américains hésitent encore.
13:35Et puis l'Iran, ce n'est pas le Venezuela
13:38en termes géographiques.
13:40C'est quand même légèrement plus grand.
13:42Oui.
13:43Justement, Marion Boucher,
13:44quelle est la difficulté à frapper l'Iran ?
13:49La difficulté à frapper l'Iran ?
13:52Bon, c'est vrai que c'est un pays assez distant.
13:56Ils ont quand même comparé...
13:58Vous preniez juste avant l'exemple du Venezuela.
14:01L'Iran sait depuis longtemps
14:03que les États-Unis sont leurs ennemis.
14:05Ils ont énormément d'ouvrages
14:07qui sont durcis,
14:10de manière à pouvoir être difficilement attaquables.
14:13Bon, après, on parlait tout à l'heure
14:15de l'opération qu'il y avait eue sur le nucléaire.
14:18Il y a quand même une différence
14:20qui a été légèrement soulevée
14:21par le lieutenant-colonel Arbaritier,
14:24c'est que ce ne sont pas tout à fait
14:25les mêmes armements.
14:27Quand ils avaient frappé les sites nucléaires,
14:29c'était des bombardiers B2
14:30qui étaient équipés de bombes extrêmement pénétrantes.
14:33Là, on est plutôt sur un raid
14:34avec des chasseurs F-18, F-35,
14:37qui sont des chasseurs qui peuvent faire
14:38de l'attaque au sol
14:39et aussi de la suppression de défenses ennemies,
14:41avec des brouilleurs
14:42qui permettent d'escorter un raid.
14:47Donc là, on est plus peut-être
14:48sur des frappes,
14:49sur des sites
14:51où il pourrait y avoir des autorités
14:54avec de très hautes valeurs
14:55pour le régime iranien,
14:58même si, évidemment,
14:59ils iront aussi se cacher dans des bunkers.
15:01Mais ce n'est pas tout à fait
15:03le même armement.
15:04Et d'ailleurs, la semaine dernière,
15:05quand il y avait eu
15:06un premier frémissement le mercredi
15:09où on avait vu des ravitailleurs décoller,
15:12on s'attendait à un décollage
15:14de bombardiers B2
15:15qui ont une très grande endurance
15:17et permettent d'aller frapper l'Iran
15:19depuis Diego Garcia.
15:21Là, on a emmené 90 avions
15:24à peu près sur un groupe aeronaval,
15:26c'est ce que ça emporte,
15:27un groupe aeronaval américain,
15:2990 avions qui permettent
15:30d'aller faire des frappes
15:31pas forcément pénétrantes,
15:34mais des frappes d'interdiction,
15:37d'attaque sur des sites énergétiques,
15:40donc différents types de sites.
15:42Et alors, Marion Boucher,
15:43est-ce que ces frappes
15:44doivent nécessairement
15:46se faire en une fois ?
15:48Non, pas nécessairement.
15:50Bon, c'est sûr que la première fois,
15:52vous bénéficiez de la surprise,
15:54même si là, à priori,
15:56vu qu'on est en train d'en parler,
15:57l'effet de surprise,
15:58il est quand même certainement
15:59moins important que ce qu'il pourrait.
16:02Maintenant, non, en général,
16:04ça se fait par vagues,
16:05avec différents objectifs.
16:09D'abord, vous supprimez
16:10les défenses de l'ennemi
16:11pour pouvoir plus facilement
16:12ensuite envoyer vos raids
16:14en profondeur.
16:15Et alors, est-ce qu'il faut forcément
16:17des troupes au sol
16:19à ce moment-là ?
16:21Non, pas forcément.
16:22On voit que dans différents engagements,
16:25on a d'abord envoyé des avions.
16:27Je pense à la Bosnie, par exemple.
16:30Donc, effectivement,
16:32souvent, on envoie quand même
16:33des raids aériens
16:35pour avoir un premier effet.
16:39Est-ce qu'après,
16:40il sera nécessaire
16:41d'envoyer des troupes au sol ?
16:42Tout dépend de l'objectif politique
16:44recherché par Donald Trump.
16:46Et donc, en rapport
16:48avec cet objectif politique,
16:50des moyens militaires
16:50seront définis par l'armée américaine.
16:53Vous vouliez ajouter
16:54des précisions, Jérôme Clef.
16:56Oui, pour compléter
16:56ce que disait Marion,
16:58il faut bien avoir conscience
16:59que la dernière fois,
17:00en fait, il y a eu 12 jours
17:01d'opération Rising Lion
17:02d'Israël
17:03et qui a, en fait,
17:05exécuté
17:06ce qui exécuterait
17:07s'il devait y avoir
17:09une intervention américaine.
17:10Là, toute la puissance
17:11aérienne
17:12qui est en train
17:13d'être déployée sur place.
17:1412 jours d'opération aérienne,
17:16quasiment 1 000 sorties,
17:18mobilisant 200 avions.
17:19Et ce travail, en fait,
17:21d'acquisition de la supériorité aérienne,
17:23en détruisant
17:23tout ce qui est
17:24radar solaire,
17:25batterie de défense solaire,
17:27batterie de missiles
17:29sol-sol
17:29pour éviter
17:30les représailles
17:31sur Israël
17:32et sur toutes les bases
17:32américaines et alliées,
17:34tout ce travail
17:34a été fait, en fait,
17:36pendant les 12 jours.
17:37Et le quick
17:38et safe win
17:38dont je parlais,
17:39c'est-à-dire
17:39le gain rapide
17:40et sûr
17:42pour Donald Trump
17:43derrière,
17:43c'était arrivé
17:44avec les B2
17:45pour frapper
17:46les sites nucléaires.
17:47C'était,
17:47pardonnez-moi l'expression,
17:48la cerise sur le gâteau,
17:50en fait.
17:50Et ils se sont laissés
17:51happer par ça.
17:52On les voit à l'écran, justement.
17:53Là, si les Américains
17:54devaient relancer
17:55une opération,
17:56ils auraient donc
17:57à refaire le travail
17:58des 12 jours
17:58qui a été fait par Israël,
18:00non pas parce que l'Iran
18:01a reconstitué ses forces,
18:02mais parce que,
18:03en réalité,
18:03seulement la moitié,
18:04vraisemblablement,
18:05a été détruite.
18:07Et probablement que,
18:08depuis juin dernier,
18:09ils ont pu,
18:10sans doute,
18:10reconstituer un certain nombre
18:11de forces
18:11et surtout,
18:12fermer des corridors
18:13qui permettaient
18:14la pénétration
18:15par réarrangement,
18:17finalement,
18:18des quelques batteries
18:18qui leur restaient.
18:19Donc,
18:20il faut refaire ce travail
18:21d'acquisition
18:21de la supériorité aérienne.
18:23Il faut effectivement
18:24frapper,
18:25s'ils le souhaitent,
18:26des sites,
18:27s'ils souhaitent faire
18:27du changement de régime,
18:28frapper les sites
18:30des gardiens de la Révolution,
18:31frapper les MOLA,
18:32c'est deux choses différentes.
18:33Ce sont des cibles mouvantes.
18:34Il faut savoir
18:35où se trouvent,
18:36effectivement,
18:36les MOLA.
18:37Et certainement,
18:37qu'il y aura,
18:38de toute façon,
18:39un moment ou un autre,
18:40s'il faut aller jusqu'au bout
18:41du travail,
18:41c'est-à-dire si la négociation
18:43sur le nucléaire
18:44et sur le reste échoue,
18:45aller plus loin
18:45sur la suppression
18:46du régime nucléaire.
18:49Et là,
18:49il n'est pas du tout exclu
18:50que des B2
18:51redécollent de Whiteman,
18:52comme ça a été le cas
18:53la dernière fois
18:53et pas forcément
18:54de Diego Garcia
18:55puisqu'ils avaient fait
18:55une diversion,
18:56souvenez-vous.
18:57On avait longuement commenté
18:58le raid qui se dirigeait
19:00vers l'île de Guam
19:01et en fait,
19:02qu'est-ce qui s'est passé
19:03en pleine nuit ?
19:04C'est le raid de cette B2
19:05qui est arrivée
19:05sur l'Est
19:07et qui a frappé
19:07avec chacun
19:09deux bombes
19:09de GBU-57.
19:11Voilà,
19:11donc il faut bien
19:12remettre en perspective
19:13le fait que
19:14ça ne peut pas avoir lieu
19:15d'un coup,
19:16il faut créer
19:16un effet de souffle,
19:17ça ne pourra se dérouler
19:18s'il le souhaite
19:19que sur plusieurs jours
19:20parce qu'il ne pourra pas
19:20y avoir de demi-mesure
19:22sur cette affaire
19:22et probablement
19:23que Donald Trump
19:24privilégie une énorme pression
19:26pour obtenir ce qu'il veut
19:27par la négociation
19:28plutôt que de s'engager
19:29dans ce qui serait
19:30au moins une dizaine
19:30de jours d'opération.
19:32Après un mot
19:32pour les frappes au sol,
19:33pour les troupes au sol,
19:34la dernière fois,
19:37réelle, déclarée,
19:38connue qu'il y ait eu,
19:39évidemment,
19:40ce sont les forces spéciales
19:41du Mossad
19:41qui étaient engagées
19:43sur le territoire iranien
19:44pour détecter
19:45un certain nombre
19:46de radars
19:47et de batteries solaires
19:48et éventuellement
19:49les neutraliser
19:50sans que les armes aériennes
19:51n'aient à le faire
19:53sur l'intégralité
19:53du territoire.
19:54Donc c'est un travail collectif.
19:55Et pour le reste,
19:55pas de boots on the ground
19:56du tout.
19:57Thierry Arnaud,
19:57est-ce que ça ferait sens
19:58d'attaquer maintenant
20:00quand on connaît,
20:02enfin quand on connaît,
20:03c'est compliqué
20:03d'avoir des chiffres précis
20:04mais quand on entend
20:06les chiffres provisoires
20:07de plusieurs ONG,
20:08notamment une très sérieuse
20:09qui est basée aux Etats-Unis
20:10qui parle de plus de 5000 morts
20:12lors des manifestations
20:13qui ont débuté
20:14il y a un peu plus d'un mois
20:14en Iran.
20:15Ce travail de vérification,
20:17il est compliqué.
20:19Certaines ONG
20:20parlent même
20:20de 25 000 morts
20:21sur place.
20:22Oui, oui, effectivement
20:24c'est très difficile
20:25d'avoir un chiffre précis
20:26essentiellement parce que
20:28les autorités iraniennes
20:29ont fait tout ce qui était
20:30en leur pouvoir
20:31pour empêcher
20:32que l'information circule,
20:34empêcher la circulation
20:34des communications,
20:36des images,
20:38la communication auprès
20:39de tous ceux
20:39qui étaient susceptibles
20:40de donner ces chiffres,
20:41les hôpitaux,
20:41les morgues, etc.
20:43Là, il n'y a toujours
20:43pas Internet sur place.
20:45Oui, effectivement.
20:45Et on est pour l'instant
20:48dans une coupure
20:49des communications
20:50qui pourrait durer
20:51jusqu'au mois de mars,
20:52donc vous voyez,
20:52pour encore plusieurs semaines.
20:54La question qu'il y a
20:55derrière tout ça
20:56et qui n'a pas de réponse claire
20:58au moment où je vous parle,
20:59c'est quoi le but
21:00de l'opération militaire ?
21:01Quel est le but
21:02de ces bombardements
21:04s'il s'agit de bombardements
21:05parce qu'effectivement
21:06le président américain
21:07était assez clair
21:08sur le fait
21:08qu'il ne souhaitait pas
21:10envoyer des soldats au sol ?
21:12Et il n'est pas du tout évident,
21:14en tout cas,
21:14on a deux experts militaires
21:16sur le plateau,
21:16ils le diront mieux que moi,
21:17mais pour renverser un régime,
21:19ça ne se fait pas du ciel.
21:21Si vous passez en revue
21:23les dernières décennies
21:26à chaque fois qu'un régime
21:27est tombé,
21:28là où il est tombé,
21:29c'est parce qu'il y a des gens
21:30qui sont,
21:31qui n'étaient pas forcément
21:32d'ailleurs venus de l'étranger,
21:33mais qui sont rentrés
21:34dans les bâtiments
21:35du gouvernement.
21:36Kosovo, en 1999,
21:37pardon de vous couper la parole,
21:39mais ils avaient engagé
21:40les membres de Luceka
21:41qui, quelques mois auparavant,
21:43étaient considérés
21:43comme un groupe terroriste,
21:45et comme ils avaient besoin
21:46de troupes au sol,
21:47justement,
21:47pour faire de l'évaluation
21:49de qualité de frappe,
21:50ils avaient pris des Albanais
21:52pour justement...
21:53Quel est l'objectif
21:55que se fixent les Américains ?
21:56Et c'est ça qui n'est pas évident
21:58à ce stade.
21:58Est-ce que c'est neutraliser
22:00définitivement
22:01la menace nucléaire iranienne,
22:03c'est un sujet,
22:04ou est-ce que c'est
22:05faire tomber le régime ?
22:06Et si c'est faire tomber le régime,
22:08là on rentre dans autre chose,
22:09et dans cette hypothèse-là,
22:13les bombardements,
22:14aussi efficaces soient-ils,
22:16y compris sur plusieurs jours,
22:17on ne voit pas très bien
22:18comment il pourrait suffire.
22:19Moi, j'ai une idée
22:20un peu différente,
22:21c'est que si on lit
22:24tout ce qu'on peut voir
22:25de matériaux classifiés,
22:28le régime,
22:28il est quand même
22:28bien ébranlé.
22:29Tout le monde a tendance
22:30à dire,
22:31oui, c'est renforcé,
22:32effectivement,
22:33il a tué beaucoup de monde,
22:34mais il est quand même
22:34bien ébranlé,
22:35d'autant que les manifestations,
22:36il y en a qui continuent.
22:37Hier, avant-hier,
22:38on voit des...
22:40Et en réalité,
22:41changer le régime,
22:42oui,
22:42mais avec le concours
22:43des gens qui sont déjà sur place.
22:44Parce que les Américains
22:45ont les moyens,
22:46comme d'autres forces,
22:47d'ailleurs comme nous,
22:48on en a aussi,
22:49c'est de fournir des armes
22:50à des gens
22:50qui seraient sur le sol
22:52qui pourraient faire le travail
22:55avec l'appui aérien.
22:56Donc ça,
22:56c'est envisageable.
22:57Mais pour ce faire,
22:59ce que je disais,
22:59il faut un trigger,
23:00un déclenchement
23:01qui corresponde,
23:02par exemple,
23:03à l'assassinat
23:03d'une personnalité importante.
23:06Alors pas nécessairement
23:06l'ayatollah,
23:08un khameini,
23:09mais peut-être
23:10le chef des gardiens
23:11de la Révolution,
23:12le personnage opérationnel
23:13le plus important.
23:15Et puis c'est parti.
23:16Et là, effectivement,
23:17il ne faut pas
23:18se tromper.
23:19C'est-à-dire que
23:20le signal de l'opération
23:22ne sera pas forcément
23:22décidé à Washington
23:24ou s'il est à Washington.
23:25C'est en fonction
23:25des renseignements
23:26qui sont donnés
23:28depuis le sol
23:29avec...
23:30Il y a toutes sortes
23:30de services secrets
23:31qui sont là-bas,
23:32notamment israéliens.
23:33C'est pour ça que je pense
23:34qu'Israël ne le dit pas,
23:35bien évidemment,
23:36mais évidemment que tout ça
23:38s'est coordonné.
23:40Et puis voilà,
23:40parce que la partie nucléaire,
23:42on a vu que ça n'avait pas fonctionné
23:44pour toutes sortes de raisons.
23:45Les Iraniens
23:45n'étaient pas revenus
23:46aux négociations.
23:47Au contraire,
23:48ils avaient un peu snobé
23:49les Européens.
23:50Donc je pense que là,
23:52c'est le changement de régime
23:52parce que Trump,
23:54il est ce qu'il aime,
23:55mais il ne veut pas
23:57avoir l'air
23:58d'être celui
23:58qui a soutenu
24:00a posteriori
24:01le régime des Mollahs.
24:02Alors maintenant,
24:02après,
24:03quoi mettre ?
24:04On parle du fils du chat.
24:06Alors que ça nous plaise
24:07ou que ça ne nous plaise pas,
24:08mais peut-être que c'est
24:09la solution
24:09que les Américains...
24:11À laquelle pensent
24:11les Américains ?
24:12On n'a pas d'autres
24:13qui soient très identifiés
24:16dans ce stade.
24:17Oui, il a un réseau.
24:20Ensuite,
24:21on ne peut pas prévoir
24:22trois coups après,
24:24mais à partir du moment
24:25où il y a
24:25une appétence au sol
24:27pour des gens
24:28qui ont risqué leur vie,
24:29alors il y en a
24:30qui avaient des armes,
24:31il y en a
24:31les gardiens de la Révolution
24:32et quelques-uns
24:32qui ont été tués quand même.
24:34Donc,
24:35si vous voulez,
24:37je pense que
24:38avec l'aide
24:39de gens au sol,
24:40les frappes aériennes,
24:41peut-être des hélicoptères
24:43avec des commandos
24:44sur des points bien particuliers
24:45pour éventuellement neutraliser
24:47un objectif particulier
24:48dans une zone
24:50et dans un espace-temps
24:52très court
24:52comme ça a été le cas
24:53au Venezuela,
24:55ça peut être le cas aussi.
24:56Je voudrais juste
24:57vous donner
24:57une dernière précision.
25:00On apprend
25:00qu'Air France
25:01a suspendu
25:02les vols vers Dubaï,
25:03mais pas vers Tel Aviv.
25:04C'est la compagnie aérienne
25:05qui le confirme.
25:07Elle dit que
25:07nous continuons
25:08de desservir Tel Aviv.
25:09Nous reviendrons
25:10évidemment sur
25:11toutes ces informations
25:12ce soir
25:14dans l'émission.
25:15Merci beaucoup.
25:15A tout à l'heure.
25:16Nous partons
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