00:00Serge Papin qui est avec nous, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat.
00:05Merci d'être sur le plateau de la matinale de l'économie.
00:09On va parler politique déjà avec ces discussions à l'Assemblée sur le budget 2026, deuxième semaine de discussion.
00:17Que pensez-vous de ces discussions sur la forme et sur les avancées ?
00:22Alors ce budget, c'est un budget de compromis.
00:25C'est un budget de compromis qui vise à la stabilité.
00:28Parce qu'on a besoin de stabilité.
00:32Je voudrais rappeler quand même deux ou trois chiffres qui peuvent quand même rassurer.
00:38On est à un atterrissage qui va être tenu, ça fait trois ans que ça ne nous était pas arrivé, à 5,40 sur le budget.
00:46Donc atterrissage.
00:48Le budget c'est aussi une projection.
00:50Donc le budget qui est débattu là, il vise 4,70 l'année prochaine.
00:56Donc là, on amorce une vraie décrue qui peut rassurer tout le monde, y compris ceux qui nous observent.
01:03Et ce qui est intéressant, moi ça m'a tout de suite rassuré quand j'ai eu les premières discussions avant de m'engager.
01:11Puisque la trajectoire c'est d'arriver à 3% en 2029.
01:14C'est pas si loin de 2029.
01:16Et pourquoi 3% ?
01:17C'est parce qu'à ce moment-là, on ne creuse plus la dette.
01:20Donc on va sur cette trajectoire.
01:23Et si on arrive à passer le cap de ce budget de compromis et qu'on va vers cette stabilité, ça va tout changer.
01:31Parce qu'à ce moment-là, on ne va pas être vu de la même manière.
01:33On pourrait même imaginer que l'argent, le taux auquel la France emprunte, ce qui est quand même le gros sujet pour financer sa dette, va diminuer.
01:45Ce qui permettrait de renvoyer aux entreprises aussi, par conséquent, un taux moins important où ils vont emprunter.
01:53Parce que vous savez ce qui se passe actuellement ?
01:55Tout le monde est l'arme au pied.
01:57Les entreprises, comme il y a cette instabilité, on n'investit plus, on n'embauche plus.
02:02Moi, j'ai vu toutes les parties prenantes depuis 12 jours que je suis à mon ministère.
02:07Donc j'ai rencontré tous les représentants des PME, etc. qui me disent, nous, on attend.
02:13Et les consommateurs, ils épargnent.
02:15Donc on est dans une situation de blocage.
02:17Donc la stabilité va débloquer.
02:20C'est intéressant.
02:21Plusieurs mesures vous tiennent à cœur.
02:23Il est question du pacte d'Utreil.
02:25Vous voulez qu'il soit maintenu, ce pacte sur la transmission des entreprises familiales.
02:30500 000 entreprises vont faire l'objet d'une transmission dans la prochaine décennie.
02:33Ce chiffre-là, il est indiscutable.
02:35Mais il y a eu des abus jusqu'ici sur le pacte d'Utreil.
02:39La Cour des comptes parle d'un coût de 5 milliards l'an dernier.
02:42Près de deux tiers de son monde en bénéficie à 1% des donateurs et héritiers.
02:46Ça veut dire que l'objectif a été détourné et le mettre en danger.
02:50Il n'est pas... Alors, d'abord, les 5 milliards qui sortent de la Cour des comptes, ça dit quoi ?
02:58D'abord, ce n'est pas un coût, parce que vous avez utilisé le mot coût.
03:01Moi, je ne compte pas pareil.
03:02C'est un manque à gagner.
03:04On est d'accord, parce que c'est une diminution de la taxe qui facilite les transmissions.
03:105 milliards, ça veut dire quoi ?
03:13Ça veut dire qu'on est à un pic de transmission, vous l'avez dit.
03:17500 000 entreprises vont se transmettre dans les 10 ans.
03:22Le pacte d'Utreil, c'est un pacte...
03:24Je pèse mes mots, hein.
03:26C'est un pacte avec la France.
03:28C'est notre souveraineté économique qui en dépend.
03:31C'est tout le modèle des entreprises familiales.
03:34Donc, c'est très important que ce n'est pas un cadeau fiscal qui est fait.
03:39Alors, s'il y a quelques abus, il faut les regarder.
03:42Je sais qu'il y en a.
03:43Et c'est ce que propose aujourd'hui le budget dans ces amendements,
03:48que les biens somptuaires ne fassent pas partie de ce pacte d'Utreil.
03:52Ça, c'est bien.
03:54Mais pour le reste, ce n'est pas un cadeau fiscal.
03:58C'est notre souveraineté qui est en jeu.
04:00Donc, ça, c'est très important.
04:01Moi, je vais me battre pour que le pacte d'Utreil soit pérennisé.
04:07Il va l'être.
04:08Je suis assez serein de ce côté-là.
04:11Et je vais plus loin.
04:12Je voulais proposer, donc là, c'est un petit débat avec mes collègues de Bercy,
04:18un pacte d'Utreil salarié.
04:20Je veux dire, pourquoi ?
04:22Parce que les TPE, souvent, c'est le patron et un salarié.
04:27Et des gens de ma génération, dans les TPE, ils transmettent.
04:32Et souvent, celui qui est intéressé par la continuité, c'est le salarié.
04:37Donc, on transmettrait à son salarié ?
04:38On pourrait, pour les TPE notamment, imaginer d'avoir un Dutreil adapté aux salariés,
04:44qui permettrait, parce que vous savez qu'il y a beaucoup de TPE,
04:46quand le fondateur, souvent, qui est le fondateur, il arrête,
04:52l'entreprise s'arrête.
04:54Et ça, c'est quelque chose qui est assez simple.
04:57Le salarié, j'en connais plein, qui ont envie de continuer,
05:01mais il faut aussi leur faciliter l'accès.
05:04Voilà, donc ça, c'est un scoop.
05:06Alors, attendez, on n'est pas abouti, c'est un projet.
05:09J'aimerais bien pour les TPE, puisque les TPE font partie de mon ministère.
05:13C'est une proposition, le pacte Dutreil salarié, c'est retenu, effectivement.
05:18On va parler de commerce également, parce que ce qui vous tient à cœur,
05:21c'est cette taxe aussi de 2 euros sur les petits colis qui viennent d'Asie.
05:25Vous y êtes favorable.
05:27J'ai presque envie de vous demander, est-ce que 2 euros, c'est suffisant ?
05:30Parce qu'il s'agit ici de taxer, évidemment, ces colis,
05:33mais il s'agit aussi de peut-être décourager cette consommation,
05:36qui est très importante de la part des Français.
05:39Oui, alors, moi, j'ai deux sujets.
05:41Je voudrais éveiller les consciences et organiser la résistance.
05:46Alors, éveiller les consciences, vous avez raison.
05:47Bon, ces produits qui viennent directement de Chine,
05:52ils ne respectent pas nos normes, ils ne respectent pas nos ambitions écologiques.
05:56Et puis, quel modèle on veut demain ?
06:00Parce que les plateformes, elles sont en train de se développer à vitesse grand V.
06:05grand V. Puis, il y a même, maintenant, quand vous scrollez sur votre portable,
06:10avec TikTok, par exemple, ou même ChatGPT, etc., ça vous envoie sur un moteur d'achat,
06:16sur une plateforme de paiement.
06:17C'est catastrophique.
06:19Donc, il faut organiser la résistance,
06:21parce qu'autrement, qu'est-ce qu'il va se passer ?
06:22C'est un modèle de société.
06:24On va aller prendre du plaisir, aller dans nos centres-villes,
06:28il ne va y avoir plus que des rideaux tirés.
06:31Ce n'est pas un des enjeux des municipales, d'ailleurs.
06:32C'est un gros enjeu des municipales.
06:33Puis, j'en profite pour le dire, il y a une mission qui est composée
06:37de la maire de Saint-Quentin, du directeur de la Banque des Territoires
06:41et de Dominique Schellcher, le patron de Coopérative U,
06:45qui rendent la semaine prochaine les conclusions d'une mission
06:48pour redynamiser le commerce de centre-ville.
06:50Donc, ça, ça va être notre plan d'action.
06:52Mais, pour freiner les choses, il faut absolument qu'on mette en place cette taxe.
06:59Donc, on est les pilotes en Europe.
07:02Deux euros par article, c'est pas rien.
07:06Et je pense que ce n'est que le début, parce que, évidemment,
07:10quand on regarde, moi, je regarde un petit peu,
07:11j'ai demandé à mon administration de regarder ce qui se passait,
07:15notamment aux États-Unis.
07:17Bon, ben, ils ont, eux, d'une certaine manière, protégé leurs frontières,
07:22puisqu'ils ont l'algorithme de TikTok, maintenant,
07:26c'est des Américains qui s'en occupent.
07:28Ils ont, avec les taxes, fermé les frontières.
07:31Donc, l'Europe est une maison ouverte.
07:34Et, singulièrement, en Europe, la France.
07:37Donc, il faut qu'on prenne le leadership de l'organisation de la résistance.
07:43Je pèse mes mots.
07:45Et, moi, je voudrais que, dès 2026, comme un premier pas,
07:49on mette en place cette taxe de 2 euros par article.
07:53Ce qui n'est pas rien.
07:54Il y en a qui disent, oui, mais c'est rien, 2 euros par article,
07:57sur des articles qui coûtent 4, 5 euros, en moyenne,
08:00ça peut être un acte de résistance fort.
08:04Dernier sujet, il nous reste deux minutes.
08:06On va parler des négociations commerciales.
08:08Ce qui m'en reprend, cette fin d'année, jusqu'à mars 2026,
08:12les acteurs du secteur, distributeurs, industriels, vont négocier à nouveau.
08:16On a entendu, dans le journal tout à l'heure,
08:18le rôle de plus en plus important des centrales d'achat européennes
08:21qui posent problème, utilisées selon certains acteurs,
08:24pour contourner la législation européenne.
08:27Vous êtes l'ancien patron de système U, vous voyez ça comment ?
08:30La législation est en train de changer, semble-t-il.
08:33Je n'ai pas tous les tenants et aboutissants,
08:35mais ça va renvoyer à la législation des pays.
08:41Donc là, ça va être une discussion à avoir entre ces centrales européennes
08:48et la législation qui va naître de l'Europe.
08:53Donc elle est en discussion.
08:55Moi, quand même, ce qui m'intéresse, si je peux me permettre,
08:57par rapport à ces négociations,
08:59c'est le rôle des PME françaises dans ces négociations.
09:03Ça, c'est important.
09:04Parce que là, au niveau de l'Europe,
09:06on parle des très grands groupes internationaux.
09:08Ça concerne une trentaine ou une quarantaine de comptes.
09:14Mais moi, je suis responsable aussi
09:17de l'ensemble des PME agro, agri,
09:21qui, dans les négociations, ont besoin d'une bienveillance.
09:28Et je voudrais suggérer que cette année,
09:32elle passe en premier dans les négociations,
09:35avant les grands groupes.
09:36Parce que ce qui leur permettrait de proposer une présence dans les linéaires.
09:42Parce que si elle passe après, la place est prise.
09:44Donc ça, c'est une chose pratique.
09:47Et je pense que de ce côté-là, avoir un consensus.
09:50Puis deuxièmement, il faudrait que ces négociations,
09:51elles durent moins longtemps.
09:53Parce que c'est tellement d'énergie.
09:56Donc je voudrais suggérer, notamment pour les PME,
09:59qu'on arrive un peu à diminuer le temps de négociation.
10:02Donc voilà, je regarde ça.
10:04Et puis après, on va suivre l'évolution de la législation au niveau de l'Europe.
10:07Merci beaucoup, Serge Papin, d'être venu ce matin.
10:09Merci à vous.
10:10Dans notre grand entretien, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat.
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