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  • il y a 3 mois
Serge Papin, ministre des PME, était l'invité de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce mardi 28 octobre. Il donne son point de vue sur les avancées du budget, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Serge Papin qui est avec nous, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat.
00:05Merci d'être sur le plateau de la matinale de l'économie.
00:09On va parler politique déjà avec ces discussions à l'Assemblée sur le budget 2026, deuxième semaine de discussion.
00:17Que pensez-vous de ces discussions sur la forme et sur les avancées ?
00:22Alors ce budget, c'est un budget de compromis.
00:25C'est un budget de compromis qui vise à la stabilité.
00:28Parce qu'on a besoin de stabilité.
00:32Je voudrais rappeler quand même deux ou trois chiffres qui peuvent quand même rassurer.
00:38On est à un atterrissage qui va être tenu, ça fait trois ans que ça ne nous était pas arrivé, à 5,40 sur le budget.
00:46Donc atterrissage.
00:48Le budget c'est aussi une projection.
00:50Donc le budget qui est débattu là, il vise 4,70 l'année prochaine.
00:56Donc là, on amorce une vraie décrue qui peut rassurer tout le monde, y compris ceux qui nous observent.
01:03Et ce qui est intéressant, moi ça m'a tout de suite rassuré quand j'ai eu les premières discussions avant de m'engager.
01:11Puisque la trajectoire c'est d'arriver à 3% en 2029.
01:14C'est pas si loin de 2029.
01:16Et pourquoi 3% ?
01:17C'est parce qu'à ce moment-là, on ne creuse plus la dette.
01:20Donc on va sur cette trajectoire.
01:23Et si on arrive à passer le cap de ce budget de compromis et qu'on va vers cette stabilité, ça va tout changer.
01:31Parce qu'à ce moment-là, on ne va pas être vu de la même manière.
01:33On pourrait même imaginer que l'argent, le taux auquel la France emprunte, ce qui est quand même le gros sujet pour financer sa dette, va diminuer.
01:45Ce qui permettrait de renvoyer aux entreprises aussi, par conséquent, un taux moins important où ils vont emprunter.
01:53Parce que vous savez ce qui se passe actuellement ?
01:55Tout le monde est l'arme au pied.
01:57Les entreprises, comme il y a cette instabilité, on n'investit plus, on n'embauche plus.
02:02Moi, j'ai vu toutes les parties prenantes depuis 12 jours que je suis à mon ministère.
02:07Donc j'ai rencontré tous les représentants des PME, etc. qui me disent, nous, on attend.
02:13Et les consommateurs, ils épargnent.
02:15Donc on est dans une situation de blocage.
02:17Donc la stabilité va débloquer.
02:20C'est intéressant.
02:21Plusieurs mesures vous tiennent à cœur.
02:23Il est question du pacte d'Utreil.
02:25Vous voulez qu'il soit maintenu, ce pacte sur la transmission des entreprises familiales.
02:30500 000 entreprises vont faire l'objet d'une transmission dans la prochaine décennie.
02:33Ce chiffre-là, il est indiscutable.
02:35Mais il y a eu des abus jusqu'ici sur le pacte d'Utreil.
02:39La Cour des comptes parle d'un coût de 5 milliards l'an dernier.
02:42Près de deux tiers de son monde en bénéficie à 1% des donateurs et héritiers.
02:46Ça veut dire que l'objectif a été détourné et le mettre en danger.
02:50Il n'est pas... Alors, d'abord, les 5 milliards qui sortent de la Cour des comptes, ça dit quoi ?
02:58D'abord, ce n'est pas un coût, parce que vous avez utilisé le mot coût.
03:01Moi, je ne compte pas pareil.
03:02C'est un manque à gagner.
03:04On est d'accord, parce que c'est une diminution de la taxe qui facilite les transmissions.
03:105 milliards, ça veut dire quoi ?
03:13Ça veut dire qu'on est à un pic de transmission, vous l'avez dit.
03:17500 000 entreprises vont se transmettre dans les 10 ans.
03:22Le pacte d'Utreil, c'est un pacte...
03:24Je pèse mes mots, hein.
03:26C'est un pacte avec la France.
03:28C'est notre souveraineté économique qui en dépend.
03:31C'est tout le modèle des entreprises familiales.
03:34Donc, c'est très important que ce n'est pas un cadeau fiscal qui est fait.
03:39Alors, s'il y a quelques abus, il faut les regarder.
03:42Je sais qu'il y en a.
03:43Et c'est ce que propose aujourd'hui le budget dans ces amendements,
03:48que les biens somptuaires ne fassent pas partie de ce pacte d'Utreil.
03:52Ça, c'est bien.
03:54Mais pour le reste, ce n'est pas un cadeau fiscal.
03:58C'est notre souveraineté qui est en jeu.
04:00Donc, ça, c'est très important.
04:01Moi, je vais me battre pour que le pacte d'Utreil soit pérennisé.
04:07Il va l'être.
04:08Je suis assez serein de ce côté-là.
04:11Et je vais plus loin.
04:12Je voulais proposer, donc là, c'est un petit débat avec mes collègues de Bercy,
04:18un pacte d'Utreil salarié.
04:20Je veux dire, pourquoi ?
04:22Parce que les TPE, souvent, c'est le patron et un salarié.
04:27Et des gens de ma génération, dans les TPE, ils transmettent.
04:32Et souvent, celui qui est intéressé par la continuité, c'est le salarié.
04:37Donc, on transmettrait à son salarié ?
04:38On pourrait, pour les TPE notamment, imaginer d'avoir un Dutreil adapté aux salariés,
04:44qui permettrait, parce que vous savez qu'il y a beaucoup de TPE,
04:46quand le fondateur, souvent, qui est le fondateur, il arrête,
04:52l'entreprise s'arrête.
04:54Et ça, c'est quelque chose qui est assez simple.
04:57Le salarié, j'en connais plein, qui ont envie de continuer,
05:01mais il faut aussi leur faciliter l'accès.
05:04Voilà, donc ça, c'est un scoop.
05:06Alors, attendez, on n'est pas abouti, c'est un projet.
05:09J'aimerais bien pour les TPE, puisque les TPE font partie de mon ministère.
05:13C'est une proposition, le pacte Dutreil salarié, c'est retenu, effectivement.
05:18On va parler de commerce également, parce que ce qui vous tient à cœur,
05:21c'est cette taxe aussi de 2 euros sur les petits colis qui viennent d'Asie.
05:25Vous y êtes favorable.
05:27J'ai presque envie de vous demander, est-ce que 2 euros, c'est suffisant ?
05:30Parce qu'il s'agit ici de taxer, évidemment, ces colis,
05:33mais il s'agit aussi de peut-être décourager cette consommation,
05:36qui est très importante de la part des Français.
05:39Oui, alors, moi, j'ai deux sujets.
05:41Je voudrais éveiller les consciences et organiser la résistance.
05:46Alors, éveiller les consciences, vous avez raison.
05:47Bon, ces produits qui viennent directement de Chine,
05:52ils ne respectent pas nos normes, ils ne respectent pas nos ambitions écologiques.
05:56Et puis, quel modèle on veut demain ?
06:00Parce que les plateformes, elles sont en train de se développer à vitesse grand V.
06:05grand V. Puis, il y a même, maintenant, quand vous scrollez sur votre portable,
06:10avec TikTok, par exemple, ou même ChatGPT, etc., ça vous envoie sur un moteur d'achat,
06:16sur une plateforme de paiement.
06:17C'est catastrophique.
06:19Donc, il faut organiser la résistance,
06:21parce qu'autrement, qu'est-ce qu'il va se passer ?
06:22C'est un modèle de société.
06:24On va aller prendre du plaisir, aller dans nos centres-villes,
06:28il ne va y avoir plus que des rideaux tirés.
06:31Ce n'est pas un des enjeux des municipales, d'ailleurs.
06:32C'est un gros enjeu des municipales.
06:33Puis, j'en profite pour le dire, il y a une mission qui est composée
06:37de la maire de Saint-Quentin, du directeur de la Banque des Territoires
06:41et de Dominique Schellcher, le patron de Coopérative U,
06:45qui rendent la semaine prochaine les conclusions d'une mission
06:48pour redynamiser le commerce de centre-ville.
06:50Donc, ça, ça va être notre plan d'action.
06:52Mais, pour freiner les choses, il faut absolument qu'on mette en place cette taxe.
06:59Donc, on est les pilotes en Europe.
07:02Deux euros par article, c'est pas rien.
07:06Et je pense que ce n'est que le début, parce que, évidemment,
07:10quand on regarde, moi, je regarde un petit peu,
07:11j'ai demandé à mon administration de regarder ce qui se passait,
07:15notamment aux États-Unis.
07:17Bon, ben, ils ont, eux, d'une certaine manière, protégé leurs frontières,
07:22puisqu'ils ont l'algorithme de TikTok, maintenant,
07:26c'est des Américains qui s'en occupent.
07:28Ils ont, avec les taxes, fermé les frontières.
07:31Donc, l'Europe est une maison ouverte.
07:34Et, singulièrement, en Europe, la France.
07:37Donc, il faut qu'on prenne le leadership de l'organisation de la résistance.
07:43Je pèse mes mots.
07:45Et, moi, je voudrais que, dès 2026, comme un premier pas,
07:49on mette en place cette taxe de 2 euros par article.
07:53Ce qui n'est pas rien.
07:54Il y en a qui disent, oui, mais c'est rien, 2 euros par article,
07:57sur des articles qui coûtent 4, 5 euros, en moyenne,
08:00ça peut être un acte de résistance fort.
08:04Dernier sujet, il nous reste deux minutes.
08:06On va parler des négociations commerciales.
08:08Ce qui m'en reprend, cette fin d'année, jusqu'à mars 2026,
08:12les acteurs du secteur, distributeurs, industriels, vont négocier à nouveau.
08:16On a entendu, dans le journal tout à l'heure,
08:18le rôle de plus en plus important des centrales d'achat européennes
08:21qui posent problème, utilisées selon certains acteurs,
08:24pour contourner la législation européenne.
08:27Vous êtes l'ancien patron de système U, vous voyez ça comment ?
08:30La législation est en train de changer, semble-t-il.
08:33Je n'ai pas tous les tenants et aboutissants,
08:35mais ça va renvoyer à la législation des pays.
08:41Donc là, ça va être une discussion à avoir entre ces centrales européennes
08:48et la législation qui va naître de l'Europe.
08:53Donc elle est en discussion.
08:55Moi, quand même, ce qui m'intéresse, si je peux me permettre,
08:57par rapport à ces négociations,
08:59c'est le rôle des PME françaises dans ces négociations.
09:03Ça, c'est important.
09:04Parce que là, au niveau de l'Europe,
09:06on parle des très grands groupes internationaux.
09:08Ça concerne une trentaine ou une quarantaine de comptes.
09:14Mais moi, je suis responsable aussi
09:17de l'ensemble des PME agro, agri,
09:21qui, dans les négociations, ont besoin d'une bienveillance.
09:28Et je voudrais suggérer que cette année,
09:32elle passe en premier dans les négociations,
09:35avant les grands groupes.
09:36Parce que ce qui leur permettrait de proposer une présence dans les linéaires.
09:42Parce que si elle passe après, la place est prise.
09:44Donc ça, c'est une chose pratique.
09:47Et je pense que de ce côté-là, avoir un consensus.
09:50Puis deuxièmement, il faudrait que ces négociations,
09:51elles durent moins longtemps.
09:53Parce que c'est tellement d'énergie.
09:56Donc je voudrais suggérer, notamment pour les PME,
09:59qu'on arrive un peu à diminuer le temps de négociation.
10:02Donc voilà, je regarde ça.
10:04Et puis après, on va suivre l'évolution de la législation au niveau de l'Europe.
10:07Merci beaucoup, Serge Papin, d'être venu ce matin.
10:09Merci à vous.
10:10Dans notre grand entretien, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat.
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