00:00On est 20 mois après Edouard Philippe, 20 mois après Edouard Philippe, Gabriel Attal s'est à son tour déclaré
00:05vendredi candidat à l'élection présidentielle.
00:07La question que vous posez ce matin, qu'est-ce qui sépare les deux profils de ces héritiers du macronisme
00:13?
00:13Alors la présidentielle, vous le savez, c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme avec le peuple.
00:18Et poser cette question, c'est aussi poser la question de qui va définir le terrain de la présidentielle.
00:24C'est la question de l'être profond de ces deux candidats.
00:28Alors pour Edouard Philippe, son être profond, c'est celui du Conseil d'État.
00:32C'est la certitude que l'élite a raison contre le peuple.
00:35C'est ce qui explique par exemple sa décision d'imposer les 80 km heure à tout le monde alors
00:39que personne n'en voulait.
00:41C'est un programme à venir qui s'annonce dense, fouillé, travaillé, structuré, très sérieux.
00:47Mais les Français auront-ils envie de voter pour la retraite à 67 ans, même si la mesure est inévitable
00:56?
00:56Ou bien pour un rétablissement ambitieux des comptes publics ?
01:01Ça, rien n'est moins sûr.
01:02Alors Gabriel Attal, du coup, lui, qu'est-ce qu'il dit ? C'est déclaré vendredi.
01:05Oui, effectivement, Gabriel Attal.
01:06Lui, son être profond, c'est plutôt sa propre personne en réalité.
01:11C'est un jeune homme avenant, souriant, qui veut nourrir l'optimisme.
01:17Il veut se tourner vers l'avenir et placer sa campagne sous le signe de l'optimisme.
01:23Sa cible, c'est les jeunes et les classes moyennes.
01:28Et pour ça, il veut un peu rejouer le coup de la campagne de Chirac en 1995.
01:34Une campagne qu'il a beaucoup étudiée.
01:37Alors souvenez-vous, à l'époque, Chirac était parti dès l'Inde au mois de décembre,
01:41puis était remonté pour avaler Édouard Philippe, grand favori,
01:46comme l'est aujourd'hui Édouard Philippe, et finir vainqueur face à Lionel Jospin.
01:52Alors, il ne va pas refaire la fracture sociale comme en 1995,
01:56mais lui veut jouer la fracture générationnelle.
02:00Ce sera un axe fort de sa campagne.
02:03Et la grande question maintenant, c'est...
02:06Vous vous souvenez que Chirac, quand même, après avoir parlé de la fracture sociale,
02:08avait fait exactement l'inverse avec son grand plan pour la sécu,
02:13tenu par Alain Juppé.
02:15On verra si Gabriel Attal, lui, fera le même demi-tour.
02:17Dans les détails économiques, qu'est-ce qu'on sait des priorités de Gabriel Attal ?
02:21Alors, sa campagne sera axée, son programme sera axé sur quatre piliers.
02:25Le premier, la priorité des priorités, c'est le redressement de l'école.
02:30Le ministre de l'Éducation nationale sera le premier dans l'ordre protocolaire.
02:35Viendra ensuite les salaires.
02:37Il a choisi ce terme plutôt que le terme de travail,
02:41pour que ça englobe la technologie, la productivité, etc.
02:46Le troisième thème, ce sera les frontières.
02:50Alors, l'idée, en réalité, c'est de parler de souveraineté européenne,
02:53mais ce terme avait tellement été utilisé par Emmanuel Macron
02:57qu'il a voulu un peu se différencier.
02:59Et puis, il a ajouté, Gabriel Attal, un quatrième thème
03:02qui est l'intelligence artificielle qui va traverser tout ça
03:06pour parler de technologie.
03:08Voilà pour le terrain de jeu, ces quatre piliers.
03:12Mais bientôt, il donnera les objectifs à chacun de ces piliers.
03:17Pour l'école, c'est revenir dans le classement de tête PISA.
03:22Ça, c'est du long terme.
03:23Ça prendra 10 à 15 ans, bien sûr.
03:25Pour les salaires, il veut aller plus vite.
03:28Il veut redresser les salaires d'ici 5 ans
03:30en rapprochant le net du brut,
03:33ce qui posera la question, évidemment, du poids des charges
03:37et donc des retraites,
03:38puisque c'est ce qui pèse le plus sur les salaires.
03:40On parlera tout à l'heure de TVA Social,
03:42ce sera peut-être un des thèmes aussi.
03:44Et puis, sur l'économie, il veut redresser la productivité française,
03:48notamment grâce à la technologie, au quantique.
03:51Et puis, toujours sa réforme de l'assurance chômage,
03:55puisque, évidemment, tende vers le plein emploi.
03:57C'est rééquilibrer les forces entre l'offre et la demande de travail
04:01et donc le salarié qui a plus de pouvoir de négociation face à l'employeur.
04:06Mais au centre, Raphaël, il va y avoir d'autres candidats ?
04:08Oui, on n'a pas tout à fait fini de faire le tour avec Édouard Philippe et Gabriel Attal.
04:13Vous avez Gérald Darmanin, hier,
04:15qui a déclaré qu'il ne s'empêchait de rien pour la suite.
04:20Lui, sa force, c'est, un, sa stratégie politique.
04:23On sait qu'il est très bon et son positionnement de gaulliste social.
04:26C'est l'un des rares, à véritablement, au centre,
04:29entre le centre et la droite, à véritablement parler au peuple.
04:31Vous avez Bruno Le Maire, qui est en pleine tournée médiatique aussi,
04:34avec la publication de son livre,
04:36qui prépare aussi un petit ouvrage de 10-20 pages
04:38sur ceux dont la France a véritablement besoin.
04:41Et au mois de septembre, il sortira une initiative
04:44avec Mario Draghi, au niveau européen.
04:46Et puis, je vous en parlais la semaine dernière,
04:48la coalition des BBB, Bayrou, Borloo, Borne,
04:52qui travaille aussi à une initiative commune.
04:55Le MEDEF veut remettre la TVA sociale
04:57sur le devant de la table et en discuter pour la présidentielle.
05:00Est-ce que c'est une bonne vieille idée
05:02qu'il faut pousser jusqu'au bout ?
05:03Justement, on ne l'a pas fait.
05:04C'est pour ça qu'il ne faut pas continuer.
05:06On verra ça entre vous, Raphaël Legendre,
05:08et Emmanuel Lechypre à 7h10.
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