- il y a 11 minutes
Chaque soir, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On va parler à présent d'un autre point de blocage, c'est le cas de le dire, le blocage
00:05du détroit d'Hormuz, parce que là aussi il y a des divergences et deux versions, selon les médias américains,
00:10New York Times notamment, Washington et Téhéran seraient tombés d'accord pour une réouverture du détroit et cet accord permettrait
00:16à nouveau de franchir le détroit.
00:17On se souvient même hier soir, ici même, du post sur True Social de Donald Trump, le détroit d'Hormuz
00:24sera ouvert. De leur côté, les agences de presse iraniennes affirment que l'accord prévoit bien un déblocage du détroit
00:31mais qu'il restera sous contrôle de l'Iran.
00:33On va retrouver à Téhéran, justement, Syavosh Ghazi, la version du régime ce soir est formelle. Syavosh, si ouverture il
00:40y a, c'est l'Iran qui contrôlera.
00:43– Écoutez, le temps ici est plutôt pessimiste ce soir, pas le temps officiel, mais certains médias proches des gardes
00:51de la révolution,
00:52notamment l'agence TASNIM et l'agence FARS, évoquent des blocages dans les négociations, des blocages sur le déblocage des
01:01avoirs iraniens
01:02qui sont retenus à cause des sanctions américaines depuis plusieurs années dans différents pays à l'étranger.
01:10Cela représente quelques 100 milliards de dollars, on parlait de 12 milliards de déblocage d'avoirs iraniens ou de 24
01:17milliards selon les versions,
01:19mais on n'a pas de chiffre officiel exact, mais apparemment l'un des problèmes qui pose, l'indication qui
01:27pose problème,
01:28c'est le déblocage de ces avoirs. Les Américains, après avoir accepté le déblocage d'une partie des avoirs iraniens,
01:34visiblement ont changé de position selon Téhéran, et cela pose un problème, puisque l'Iran exige que cela fasse partie
01:42de la première phase
01:43du protocole d'accord qui doit être annoncé d'ici quelques jours.
01:49Ces deux agences affirment que l'Iran reste ferme sur ses lignes rouges, il n'est pas question de céder
01:57sur ces questions-là,
01:58et donc cela peut même avoir pour conséquence qu'il n'y ait pas d'accord du tout, donc une
02:04manière de faire pression sur la partie américaine
02:06pour obtenir des concessions supplémentaires, mais d'une manière générale, on estime ici qu'on ira vers un accord d
02:16'une manière ou d'une autre,
02:17et que c'est dans cette dernière ligne droite, chaque parti essaye d'obtenir le maximum de concessions de l
02:24'autre parti.
02:25– Guillaume, est-ce qu'on peut imaginer qu'il soit rouvert assez rapidement ?
02:28Je prends encore l'exemple de Thierry Breton qui disait à la mi-journée qu'il voyait ce passage rouvert
02:32ce soir ou dans les prochaines heures,
02:34quand on voit ce que nous dit la presse américaine, quand on voit ce que nous dit aussi l'agence
02:38TASNIM,
02:39notamment ce droit de péage, hier on parlait des modalités, à savoir les gardiens de la Révolution qui disaient
02:43« là on fera payer une dîme, une sorte de dîme à ceux qui passent, on décidera des horaires,
02:50on décidera de ce qu'il s'y passe dans ce détroit », comment vous voyez les choses ?
02:53– Alors ce qu'on voit surtout c'est le flou absolu, parce que hier on nous annonçait reprise des
02:59bombardements,
02:59d'ailleurs j'ai titré « reprise probable des bombardements »,
03:02on ne voyait pas d'autre moyen que de reprendre la guerre pour arriver à un accord,
03:05et puis depuis cette nuit l'équipe de Donald Trump, mais jamais lui-même,
03:09annonce que finalement on est très proche d'un accord et puis qu'on n'y est pas,
03:12mais bien sûr il a conclu quelque chose sur le nucléaire iranien, mais pas tout à fait,
03:16puis il s'aperçoit que ces sénateurs et républicains, pardon, que les républicains,
03:21que des grands élus républicains sont révoltés du fait qu'il envisage d'avoir un accord
03:25sans avoir réglé le problème du nucléaire.
03:27– Accord désastreux dit Ted Cruz, on le citait tout à l'heure, le sénateur du Texas.
03:30– Donc on le voit rétro-pédaler en disant « non mais attendez, l'accord c'est pas pour tout
03:33de suite »,
03:33et les Iraniens progressivement, en tout cas les gardiens de la Révolution,
03:37nous annonçaient à chaque fois des modalités nouvelles,
03:39comme si c'est eux qui avaient imposé un accord aux États-Unis.
03:41Donc à mon avis l'accord on n'y est pas encore, on l'a cru vraiment cet après-midi,
03:46quand Marco Rubio, ministre des Affaires étrangères,
03:49annonce que dans quelques heures on devrait avoir une annonce,
03:52Marco Rubio c'est un homme sérieux.
03:54– Il était déjà très optimiste hier Marco Rubio.
03:56– Oui, mais parce qu'en fait c'est sous son pilotage que l'accord est censé être noué,
04:02censé parce qu'on ne sait pas s'il a toujours les commandes,
04:05mais c'était aussi un signe pour Donald Trump en envoyant Marco Rubio
04:08de montrer que ce n'est pas une grande victoire de Donald Trump,
04:11c'était un préaccord temporaire, parce que c'est de ça dont on parle,
04:15c'est d'un préaccord temporaire.
04:16Je rappelle simplement que le cœur de la guerre, c'est le nucléaire,
04:20et qu'en fait rien n'est prévu d'être réglé dans ce préaccord.
04:22– Oui, on disait ce préaccord d'une page pour avoir le droit de négocier ensuite sur le nucléaire.
04:25– Exactement, et donc on est loin d'un accord,
04:27la seule chose c'est que le monde entier, ou plutôt le reste du monde,
04:30en dehors des États-Unis, Israël et l'Iran,
04:32aimeraient qu'on en finisse avec le blocage du détroit d'Hambousse,
04:35qui a des répercussions sur les sociétés, sur toutes les sociétés,
04:40ils l'ont cru ce soir, en fait on est obligé d'attendre.
04:43– Marie-Laure Buisson, imaginons que les États-Unis acceptent un contrôle en partie iranien,
04:49ou en tout cas partagé entre l'Iran et on évoquait Oman,
04:52est-ce que le reste du monde peut accepter cette situation ?
04:55Guillaume Ancel disait qu'effectivement ce blocage du détroit,
04:57il avait des conséquences sur le monde entier, et sur la France notamment.
05:01– Si les États-Unis l'acceptent, ça veut dire qu'ils acceptent que désormais,
05:05le mal dominant dans la région, c'est l'Iran.
05:08Voilà, c'est aussi simple que ça, pardon,
05:10mais ça se passe comme ça dans la jungle,
05:12et ça se passera comme ça dans la jungle d'Hormuz.
05:14C'est-à-dire que je pense que les Américains ne peuvent pas accepter justement
05:19que le trafic, ce trafic qui est si important pour la planète,
05:25dans cette partie du monde, avec tous ces hydrocarbures,
05:28soient sous le joug d'une puissance dont ils nous ont dit,
05:31rebattu les oreilles, en nous disant jour après jour,
05:34que c'était des terroristes, un pays épouvantable,
05:37et qu'il fallait les attaquer puisqu'ils ne pouvaient pas avoir la bombe nucléaire.
05:40Je rappelle que le départ du conflit, c'est précisément,
05:45ils ne peuvent pas avoir la bombe nucléaire,
05:46donc il faut les arrêter quoi qu'il arrive,
05:49raison pour laquelle nous attaquons.
05:50Bon, le résultat, c'est que maintenant tout le monde est bloqué dans un pot de miel,
05:55et surtout personne ne parle le même langage,
05:57c'est bien ça le drame, parce que c'est bien gentil
05:59de dire que les Iraniens vont rouvrir le détroit d'Hormuz,
06:02mais rouvrir sous quelles conditions et comment ?
06:04Comme vous le dites, en mettant un passage,
06:07c'est-à-dire une forme d'octroi, comme il y avait à une certaine époque,
06:10de l'autre côté les Américains entendent,
06:12on va faire passer tous les bateaux qu'on aura envie de faire passer,
06:15non, c'est pas comme ça que ça va...
06:16Donc tout ça est très compliqué,
06:17on est dans un flou artistique total,
06:19et je crois qu'il est urgent d'attendre,
06:24mais plus on attend et plus c'est une catastrophe économique.
06:28Thierry Arnaud, que nous disent ceux qui ont pu interroger
06:32les hauts responsables dans les négociations,
06:34ces journalistes, qui postent sur X,
06:37justement différentes faces au niveau de la réouverture du détroit d'Hormuz ?
06:41Alors ils nous disent qu'effectivement,
06:43le principe sur lequel il y avait un accord qui s'esquissait,
06:48était celui d'un retour progressif à la libre circulation dans les Trois-Dormuz,
06:53évidemment sans péage,
06:55évidemment sans contrôle par l'Iran, ça va de soi,
06:58en contrepartie duquel les Américains s'engageraient à lever leur propre blocus,
07:03le blocus sur les ports iraniens,
07:05et à permettre à ce pays qui est totalement étranglé économiquement,
07:09c'est par ça aussi que l'enjeu des avoirs gelés est aussi important,
07:14à lui permettre donc de pouvoir rouvrir les robinets du pétrole,
07:20refaire repartir les exportations,
07:22avec un bénéfice collatéral très important pour Donald Trump,
07:25c'est que l'impact de tout ça évidemment,
07:27c'est une baisse très significative dans les prochaines heures du baril de pétrole,
07:32donc la baisse des prix à la pompe aux États-Unis,
07:34et ça, ça redonne aussi un petit peu d'oxygène politique au président américain.
07:39Mais effectivement, compte tenu de tout ce qui se passe sur le front politique intérieur aux États-Unis,
07:44et qu'on a amplement commenté depuis le début de cette émission,
07:50même pas en rêve, le détroit d'Hormuz rouvert avec un contrôle iranien et avec un péage,
07:56c'est évidemment totalement inacceptable pour le président américain,
08:00c'est absolument inenvisageable pour lui de se voir aller vendre, si j'ose dire,
08:06un accord comme celui-là à l'opinion publique,
08:09américaine, c'est juste pas possible.
08:11– Le côté iranien, souvenez-vous qu'il y a quelques jours,
08:13l'Iran a officiellement créé une structure
08:15afin de centraliser les informations sur les navires qui circulent ici et là,
08:19il s'agissait évidemment de leur imposer des droits de péage,
08:22d'officialiser une forme de raquette, diront certains,
08:24est-ce que ça c'est compatible avec le droit maritime international,
08:27si demain l'Iran prend le contrôle du détroit ?
08:29– Alors, je vais essayer de ne pas être trop technique,
08:30mais suivez-moi quand même,
08:32parce qu'il y a la logique iranienne ici qui est assez particulière,
08:34et en fait l'Iran essaie de se sortir de la situation d'illégalité
08:38dans laquelle ils se sont eux-mêmes évidemment mis.
08:40En fait, la logique de l'Iran aujourd'hui consiste à dire la chose suivante,
08:42on a les moyens de prémiumiser le passage dans un détroit,
08:46c'est-à-dire que même si le passage est censé être libre,
08:48si on vous donne par exemple des services particuliers
08:52ou des formes de garantie,
08:53ou pourquoi pas des formes d'assurance,
08:55que sais-je,
08:56en tout cas qu'il y ait une prémiumisation,
08:57un service particulier,
08:58il n'y a rien qui vous empêche de vous, armateur par exemple,
09:01payer effectivement tel ou tel état
09:02pour obtenir ces services supplémentaires,
09:04même si le trafic est censé être libre et non faussé.
09:06– C'est du raquette, on est d'accord.
09:10– Alors, justement, ne tombez pas dans le piège.
09:12– Oui, parce que c'est le bosse fort,
09:15le concept du bosse fort.
09:15– Alors, ne tombez pas dans ce piège,
09:16c'est-à-dire que fondamentalement,
09:18les Iraniens ici essayent de se sortir de l'illégalité
09:20dans laquelle ils ont effectivement plongé l'ensemble de la planète,
09:24c'est-à-dire que l'enjeu ici est le suivant.
09:26L'Iran vous dit,
09:27j'ai été attaqué de manière indue,
09:29il n'y a rien qui fait que je ne puisse pas invoquer
09:32l'article 51 de la Charte des Nations Unies,
09:33c'est-à-dire la légitime défense,
09:35et que je considère, moi, Iran,
09:37je ne suis pas l'Iran,
09:38mais vous comprenez ce que je veux dire par là,
09:41que le blocage du détroit d'Ormouz,
09:43en fait, est une réaction légitime pour moi,
09:46vu l'impact économique que j'ai eu par ces frappes,
09:49et politique évidemment,
09:50à cette logique de légitime défense.
09:51Et donc, dans ce contexte, je m'octroie ce droit,
09:53et j'explique que je peux faire à peu près ce que je veux.
09:56– Je m'octroie ce droit,
09:57c'est-à-dire, est-ce que cette possibilité, elle existe ?
10:00Donc cette possibilité existe, mais dans une certaine mesure,
10:04et la mesure ici, c'est la question de réciprocité,
10:07de proportionnalité, en fait, des enjeux,
10:10des conséquences d'un côté et de l'autre des actions de chacun.
10:13Donc ici, l'Iran a créé cette situation
10:15qui est illégale au regard du droit international,
10:17que ce soit maritime ou que ce soit du droit coutumier maritime,
10:20puisque je le rappelle, l'Iran n'est pas parti
10:23à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer,
10:25mais les États-Unis non plus, et Israël non plus.
10:26Et donc, dans ce contexte-là, ce qui va s'appliquer,
10:28c'est le droit coutumier maritime,
10:30à la fois sur la partie de l'action militaire en mer,
10:33et tout simplement sur la question de la navigation aussi.
10:36Donc fondamentalement, quand un État comme l'Iran
10:38reconnaît, par exemple, en droit maritime international,
10:41et applique, pour lui-même et pour les autres,
10:43les logiques, par exemple, de délimitation des eaux territoriales,
10:47délimitation des eaux intérieures,
10:49délimitation, bref, de ces différentes zones maritimes différentes
10:51qui sont donc dans ce droit coutumier,
10:52l'Iran respecte ce droit coutumier.
10:54Donc ici, en fait, ce qu'ils ont fait, c'est créer une situation
10:57qui est illégale, qu'ils essayent aujourd'hui
10:58de corriger, en essayant de remonter,
11:01un peu comme les saumons dans une rivière,
11:02en trouvant des logiques juridiques qui sont
11:04très alambiquées, et qui, si on s'en parle
11:06très franchement, sont tout à fait illégales toujours,
11:09mais ils essayent en tout cas de faire cela.
11:10Et les Américains ont fait la même chose, c'est-à-dire,
11:12quand les Américains sont arrivés le 30 avril en disant
11:14« on va mettre en place le blocus, vous allez voir ce que vous allez voir »,
11:17etc., de fait, ce qu'ils avaient
11:19proposé au tout départ était là aussi illégal.
11:21Et ils ont réussi à rendre
11:23ce blocus, qui est en fait
11:25un barrage filtrant, légal, au fur et à mesure
11:27de la manière dont ils l'ont opérationnalisé.
11:29Donc ici, vraiment, j'insiste,
11:30ne tombons pas dans le piège, dans le sens où
11:32ce qui peut être tout à fait légal,
11:34c'est, on a un accord entre les États-Unis,
11:36je vais rassurer vous, je vais m'arrêter là,
11:38les États-Unis et l'Iran disent, voilà,
11:40on relance le détroit d'Hormuz sans taxe,
11:43mais pour plein de raisons qui sont liées
11:45à la coercition que l'Iran a menée,
11:47qui sont liées à sa capacité de nuisance,
11:49qui sont liées au fait qu'on sait
11:51qu'il y a des mines, on ne sait pas
11:52exactement où, etc.
11:53L'Iran peut tout à fait dire, moi,
11:55vous, les armateurs, là, je vous propose
11:57de me payer parce que moi, je vous donne
11:58un passage qui est sécurisé et je vous le garantis.
12:01Et ça, pour le coup, ce ne serait pas illégal.
12:03Guillaume Ancel, je voulais vous faire réagir,
12:05on voulait vous faire réagir sur cette photo
12:07qu'a postée Donald Trump à la mi-journée,
12:09cette photo avec cette légende
12:12adios en espagnol,
12:14où l'on voit ce drone
12:15tiré sur les navires iraniens.
12:17Vous allez me dire comment vous le percevez,
12:19mais est-ce que...
12:20C'était au réveil de Donald Trump.
12:21Est-ce qu'il faut voir ce qu'il s'est passé là,
12:23alors qu'hier, on disait qu'on était proche d'un accord,
12:25proche d'être finalisé ?
12:26Est-ce qu'il faut le voir avec ce que disait Ted Cruz
12:29sur les réseaux sociaux ?
12:30On va voir ce que dit Ted Cruz,
12:31qui se dit profondément préoccupé
12:33par ce que nous entendons au sujet d'un accord
12:36avec l'Iran poussé par certaines voix
12:38au sein de l'administration.
12:39Il dit que le président Trump devrait continuer
12:41à tenir bon, à défendre l'Amérique,
12:42à faire respecter les lignes rouges
12:43qu'il a tracées à maintes reprises.
12:46Et il dit sur cet accord
12:48que le résultat pourrait être une erreur désastreuse.
12:51Est-ce que c'est parce qu'il y a ces faucons
12:52dont on parlait que Donald Trump a posté cette image ?
12:55Si vous me permettez juste de compléter la question, Anne.
12:57Parce que le dernier message sur la guerre en Iran
13:00de Donald Trump sur son réseau social,
13:02c'est la photo du dessous d'un avion avec une bombe
13:06sur laquelle il y a écrit...
13:07On va la voir pour l'instant.
13:07Merci de votre attention à ce propos,
13:10ce qui est toujours la formule qu'il utilise
13:11à la fin de son message sur ses réseaux sociaux.
13:14Voilà.
13:14Donc, effectivement, la dernière chose qu'il a à dire
13:17il y a un peu plus d'une heure maintenant,
13:20deux heures pour être précis,
13:22sur son réseau social,
13:23sur la situation,
13:25c'est ça.
13:26Voilà.
13:26C'est ça le message qu'il veut faire passer.
13:27Est-ce qu'il faut voir un lien de cause à effet,
13:29Guillaume Ancel ?
13:30C'est-à-dire qu'il y en a qui poussent.
13:31On parlait de Roger Wicker hier,
13:34le sénateur qui fait partie
13:35de la commission des forces armées au Sénat.
13:38On parlait d'Instagram,
13:39qui est aussi un peu un cas à pas.
13:40Et puis, on parlait de ce Ted Cruz.
13:42Est-ce qu'il faut voir un lien
13:43entre ce qu'eux ont dit
13:44et cette photo-là au réveil de Donald Trump ?
13:46Alors, probablement.
13:48En fait, si on était rationnels,
13:50mais on s'en éloigne de plus en plus
13:51avec Donald Trump,
13:52ce soir, il aurait dû donner l'ordre
13:54de reprendre les bombardements contre l'Iran.
13:57Pourquoi ?
13:57Parce qu'il avait annoncé mardi dernier
14:00qu'il suspendait une reprise des frappes
14:02si un accord était conclu.
14:03Est-ce qu'un accord a été conclu dimanche ?
14:05Non.
14:06On n'est même pas sur un préaccord.
14:07On savait qu'il n'y aurait pas un accord complet,
14:09mais il voulait un accord
14:11qui lui permette de dire
14:12« Regardez, les gardiens de la Révolution
14:14sont obligés de négocier avec moi. »
14:16Et ce soir, qu'est-ce qu'on mesure ?
14:18C'est que d'un côté,
14:19les faucons sont furieux.
14:21Alors, je veux dire,
14:21dans les faucons,
14:22les représentants, les sénateurs,
14:24les membres du gouvernement,
14:25vous avez cité,
14:26plus Benjamin Netanyahou, bien sûr,
14:28qui poussent à « il faut achever le travail ».
14:30On ne sait pas ce que ça veut dire
14:31d'un point de vue militaire,
14:32mais eux qui n'ont jamais fait la guerre,
14:34ils sont toujours prêts à envoyer les autres.
14:35Et puis, par ailleurs…
14:36Benjamin Netanyahou, il a fait la guerre.
14:38Oui, quand même.
14:39Benjamin Netanyahou, son frère ?
14:40Pas lui, à mon avis.
14:41Oui, mais lui aussi.
14:42Ah bon, pardon, lui aussi.
14:43Je retire.
14:46Pour ce qui est des diplomates,
14:50et je vais mettre plutôt Marco Rubio à leur tête,
14:53eux, leur truc, c'est de dire
14:54« On n'a pas les moyens de reprendre une guerre. »
14:57Pourquoi ?
14:57Parce qu'on ne sait pas stopper la riposte des Iraniens.
14:59Bien sûr qu'on sait leur flanquer une raclée,
15:01ils n'ont pas les moyens de se défendre.
15:02Par contre, s'ils ripostent sur les pays du Golfe,
15:04on détruit une relation qu'on a mis 20 ans à construire avec eux,
15:08et puis surtout, on détruit tout espoir de prospérité économique
15:11et de business pour ces pays.
15:14Donc, en fait, Donald Trump est dans une impasse ce soir,
15:16parce que, logiquement, il devrait reprendre les bombardements.
15:20Il ne l'a pas fait, ce n'est pas le choix qu'il a fait.
15:23Il a privilégié la diplomatie,
15:25mais la diplomatie n'aboutit pas.
15:27Et donc, qu'est-ce qu'il peut faire maintenant ?
15:29C'est la question qui doit être en train de se poser.
15:31Et du coup, quand il agite ces espèces de hochets de guerre,
15:34c'est inquiétant, parce que ça veut dire
15:36qu'il n'arrive pas à décider
15:38s'il reprend, s'il revient dans la logique de guerre
15:41ou s'il reste dans la logique diplomatique.
15:43Et je termine juste avec un point technique,
15:45c'est que vous ne pouvez pas conserver
15:46un tel déploiement de force américain indéfiniment,
15:49parce que pour vous donner un ordre d'idée,
15:50une semaine, un milliard de dollars, à peu près.
15:55Et il faudra certainement plus que quelques postes
15:57sur ces réseaux sociaux pour le sortir de l'impasse.
15:59Donald Trump, d'autant que vous allez voir,
16:01les Iraniens aussi savent manier les réseaux sociaux.
16:04On a vu le adios tout à l'heure, voici la réponse.
16:06Alors là, c'est le consulat général d'Iran
16:07à Mazar-e-Sharif.
16:09J'ai regardé, c'est en Ouzbékistan, Mazar-e-Sharif.
16:11Et voilà le adios,
16:13fall, knock-out.
16:14Donc, il y a le détroit d'Hormuz, juste en bas,
16:17deux lutteurs, un Iranien possiblement,
16:19et quelqu'un qui ressemble à Donald Trump.
16:22Et hop, il tombe, Donald Trump,
16:24KO sur le détroit d'Hormuz.
16:27Ça veut dire qu'on ne lâche rien.
16:30Oui, c'est une manière de dire que,
16:33voilà, l'obstacle sur lequel a chuté Donald Trump
16:37est le détroit d'Hormuz,
16:39et au-delà de Donald Trump, la puissance américaine.
16:42Mais comme ça a été dit plusieurs fois
16:45et de plusieurs manières sur ce plateau,
16:48qu'est-ce qu'entraînerait la fin
16:51d'une prédominance américaine au Moyen-Orient ?
16:54Ça serait une plus grande puissance de l'Iran
16:58qui serait, comme l'a dit Antoine Basbousse,
17:01en train de vassaliser les pays arabes du Golfe.
17:04Le mot est peut-être un peu fort,
17:05mais en tout cas, fortement imposer sa volonté au pays.
17:09Mais par quoi elle serait remplacée ?
17:12Vous disiez tout à l'heure,
17:14est-ce que la Chine est le grand gagnant ?
17:15La Chine est incapable de faire du rééquilibrage stratégique aujourd'hui.
17:19La dernière guerre de la Chine, c'est 1979.
17:21C'est une défaite contre le Vietnam.
17:24Donc, c'est assez lointain.
17:25On ne sait pas vraiment quelle est la valeur de la Chine.
17:28En tout cas, ils ont très peu de bases,
17:29beaucoup moins que les Américains, en tout cas.
17:31Et surtout au Moyen-Orient,
17:32ils en ont quelques-unes dans l'océan Indien.
17:35Et surtout, le mot, c'est la détermination
17:38qui a été dit aussi à plusieurs reprises.
17:40Il faut se souvenir que pour arrêter l'expansion du bloc communiste,
17:45ils ont fait la guerre de Corée qui est quand même 25 000 morts.
17:48Ce n'est pas 13 comme cette excursion.
17:51On peut dire que par rapport au nombre de morts, c'est une excursion.
17:54Et la guerre du Vietnam, c'est quasiment 60 000 sur 19 ans.
17:58Donc ça, c'est de la détermination à défendre des alliés,
18:02même des alliés qui étaient difficilement défendables
18:04comme le Vietnam du Sud.
18:05Aujourd'hui, les Américains, c'est le slogan qui circule beaucoup,
18:08c'est « Global dominance with zero cost ».
18:11C'est-à-dire, est-ce que c'est possible ?
18:12C'est un débat.
18:14Est-ce que c'est réaliste dans un monde qui s'est rééquilibré
18:17au niveau de la richesse, au niveau de la démographie ?
18:19De ne pas s'engager un peu plus.
18:20Est-ce qu'il faut s'engager plus ?
18:22Ou est-ce qu'il faut abandonner l'idée que l'Amérique est la puissance
18:26qui permet de réguler des conflits tout autour du globe ?
18:29Ça, c'est une vraie question et c'est très difficile d'y répondre.
18:30– Et avant de parler d'Israël, justement, je tiens à préciser
18:33que Mazar-e-Sharif, c'est en Afghanistan.
18:36En fait, c'est tout près de l'Ouzbékistan, mais c'est côté afghan.
18:38– Mais justement, c'est la symbolique du truc, c'est pour ça que je vous faisais signe,
18:41parce qu'effectivement, c'est toute la symbolique.
18:43C'est-à-dire que ce soit le consulat iranien, l'un des consuls iraniens en Afghanistan
18:48qui publie ça.
18:49– Après, ils sont tous très actifs, les consuls iraniens, dans le monde.
18:51– Oui, mais celui-ci est très particulier, parce que de fait,
18:54ce qui ressort derrière, c'est le message à Donald Trump
18:56que, effectivement, vous avez eu un échec en Afghanistan,
18:59vous avez fait une retraite d'Afghanistan.
19:01– C'est important.
19:02– Et effectivement, même si la retraite est intervenue après la fin de son premier mandat,
19:06de fait, c'est Donald Trump qui avait mis en place les modalités de sortie de l'Afghanistan.
19:10Donc de fait, là ici, sans être spécialiste du sujet,
19:12j'y vois quand même une petite symbolique intéressante.
19:14– Une petite symbolique.
19:15– Merci pour la précision.
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