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  • il y a 2 jours
Philippe Brun, député PS de l'Eure, vice-président de la Commission des finances de l'Assemblée, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mardi 13 janvier. Ils sont notamment revenus sur les avancées du débat concernant le projet de loi de finances et les conditions du PS face au budget 2026, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h46 sur BFM Business et sur AMC Live, notre invité ce matin avec Raphaël Legendre,
00:05c'est Philippe Brun, député PS de l'heure, vice-président de la commission des finances de l'Assemblée Nationale.
00:09Bonjour, les débats reprennent ce mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale sur le projet de loi de finances.
00:14Vous aviez une réunion hier à Bercy, qu'est-ce qu'il en est ressorti ?
00:18Écoutez, il y a un nombre de groupes qui souhaitent qu'un compromis soit trouvé sur le budget de la nation
00:24et la ministre des Comptes Publics a fait part d'un certain nombre de propositions
00:29qu'elles semblaient être consensuelles pour essayer de trouver un accord d'ici la fin du mois de janvier.
00:35Aujourd'hui, il n'y a pas d'accord signé, bien sûr, et on a fait part d'ailleurs d'un certain nombre de divergences,
00:40y compris encore sur la copie finale.
00:43Ce que je peux vous dire, puisque c'est sorti déjà dans la presse,
00:46c'est que le gouvernement souhaite évidemment revenir sous les 5%, nous aussi,
00:50et tous les groupes qui étaient représentés souhaitent qu'on ait une copie qui soit au moins à 5%,
00:55si possible même en dessous, pour avoir un niveau de déficit soutenable.
00:59La copie qui sortait du Sénat avec un déficit à 5,3, en vérité d'ailleurs si on recalcule si c'était 5,4,
01:04parce qu'il y a eu beaucoup de gribouilles dans les amendements qui ont été adoptés,
01:07c'est inacceptable.
01:08Donc d'abord à 5.
01:09Ensuite, pour arriver à 5, comment il faut faire ?
01:12Il faut faire sert des économies, il faut aussi un niveau de recettes supérieur.
01:15Et donc la ministre a dit qu'il fallait s'attendre à une surtaxe sur les grandes entreprises,
01:19qui soit entre 6 et 8 milliards, afin de faire entrer les drodons dans la valise.
01:24Et puis on a discuté de beaucoup de mesures techniques, ministère par ministère,
01:29je pense que les éditeurs de BFM Business n'ont pas forcément envie de l'entendre.
01:33Mais voilà, en gros il y a des discussions là pour à la fois avoir un niveau de fiscalité
01:37qui permette de descendre en dessous des 5% et dans le même temps garantir un certain nombre de services publics.
01:43Nos priorités à nous les socialistes, ce n'est pas la question fiscale,
01:47puisque de toute façon on ne peut pas discuter de tous les impôts aujourd'hui,
01:50au raison de la règle de l'entonnoir.
01:52Et donc on ne peut discuter que des impôts qui sont encore en discussion dans le texte initial du gouvernement.
01:56Notre priorité à nous, c'est 4 choses.
01:58Un, le pouvoir d'achat, la prime d'activité, qui est réduite, vous le savez, dans le budget qui est proposé par Sébastien Lecornu.
02:05On souhaite qu'il y ait un coup de pouce qui soit donné à tous les gens qui travaillent.
02:07La prime d'activité, ça récompense les gens qui travaillent, plutôt que des gens qui restent chez eux.
02:12C'est 10 milliards d'euros, la prime d'activité.
02:14Il y a même 11 milliards d'euros, le gouvernement veut freiner la prime d'activité.
02:18Donc on pense que c'est très injuste parce que c'est des gens qui bossent.
02:21Et on a un problème de consommation qui est en train d'être réglé,
02:24puisque nous avons des bonnes nouvelles ce matin sur la consommation.
02:26Mais on pense qu'il faut aider la consommation.
02:29Deuxième priorité, c'est le logement, un certain nombre de trains de mesures qu'on veut faire adopter.
02:33Troisième priorité pour nous, c'est la question de l'éducation nationale.
02:38On souhaite maintenir un certain nombre de postes pour éviter les fermetures de classes.
02:414 000 ?
02:42En milieu rural, oui, 4 000 pour le permettre.
02:46Et puis enfin, les crédits de l'écologie pour mettre l'investissement,
02:50notamment les routes, les réseaux d'eau, les infrastructures.
02:53On a une copie qui est sortie de la Commission des finances.
02:56Vous êtes vice-président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale,
02:58à 5,6% de déficit.
03:01C'est-à-dire que ça a dégradé par rapport au cela.
03:035,7%.
03:04Et même 5,7%.
03:05La semaine dernière, vous aviez demandé à la précédente réunion à Bercy,
03:097 milliards de dépenses supplémentaires, alors qu'on doit trouver 12 à 15 milliards d'efforts.
03:16L'ensemble des mesures que vous souhaitez défendre ici,
03:18je reprends pouvoir d'achat, augmentation de la prime d'activité,
03:20des mesures sur le logement, l'éducation nationale, l'écologie,
03:23représentent des dépenses supplémentaires de combien ?
03:26Je ne peux pas vous le dire.
03:29En tout cas...
03:30Ah ben c'est embêtant.
03:30Non, mais il y a une partie d'ailleurs qui sont déjà dans le texte discuté au Sénat,
03:36notamment sur le logement.
03:37Il y a eu des amendements qui ont été adoptés par le Sénat et par l'Assemblée nationale.
03:42Ce qui est important, c'est qu'on arrive à boucler tout cela avec un déficit à 5%.
03:46Donc c'est ce qui est déjà assez positif, c'est qu'il y a un accord...
03:49Oui, mais si vous chiffrez pas les dépenses, c'est compliqué de revenir au 5%.
03:52Je peux vous les chiffrer si vous le souhaitez.
03:54Donc l'éducation nationale...
03:55Est-ce qu'on est toujours aux 7 milliards ? Est-ce qu'on est en-dessus ou au-dessous ?
03:57On a quatre grandes priorités.
03:59Ensuite, il y a plein de petites choses.
04:01C'est-à-dire qu'il y a ce qu'on vous dit médiatiquement.
04:03Après, par exemple, on a une discussion en ce moment sur les crédits d'émissions locales.
04:07On a des discussions sur crédits de telle ou telle politique publique.
04:11Ce que je dis, c'est qu'il y a quatre grandes priorités.
04:12C'est que les quatre sujets qui, pour nous, sont très importants.
04:14Donc l'éducation nationale, on peut les chiffrer ensemble.
04:16Mais vous y croyez qu'à la fin, ça va fonctionner ?
04:19Ou vous dites vous-même, il y en a marre, allons-y, faisons un 43-3 ou passons par ordonnance ?
04:24On va y arriver ou on revient sans arrêt à zéro ?
04:27Moi, je pense qu'on peut y arriver.
04:29La difficulté qu'on a eue jusqu'ici, c'est qu'il y a une coalition du pire qui s'est réunie.
04:35Une coalition du pire, elle comprend le RN, LFI et malheureusement Bruno Retailleau au Sénat.
04:39Moi, j'ai la conviction qu'on pouvait aboutir avant même la fin de l'année 2025.
04:43On avait un accord qui était possible, comme ils sont mixtes paritaires.
04:45Ce que disait Philippe Juvin, qu'il a manqué quelques jours seulement pour trouver un accord.
04:49Il a raison.
04:50Au moment de la CMP.
04:50Il a raison, c'était possible parce que ceux qu'on a aujourd'hui, on les avait déjà.
04:54Vous-même qui suivez des finances publiques de très près,
04:56c'est un débat qui maintenant a le dur désir de durer, pour prendre le mot de Paul-Éluard.
05:01Il est temps que ça aboutisse.
05:02On connaît tous les paramètres.
05:04Il y a besoin d'avoir un budget pour la France.
05:05Les agriculteurs aujourd'hui manifestent.
05:08Il faut qu'on arrive à débloquer les 300 millions d'euros qu'on leur a promis.
05:10Bref, il faut qu'on arrive à aboutir.
05:12Un budget qui n'est évidemment pas un budget socialiste,
05:14qui n'est évidemment pas un budget de gauche.
05:16Donc vous êtes capable d'adopter un budget, de ne pas censurer,
05:20d'avaler des couleufs pour dire qu'on avance un peu ?
05:22Vous êtes capable de faire ça aux partis socialistes ?
05:24Oui, en tout cas, nous, notre ligne, elle est claire,
05:26c'est que, on l'a fait l'année dernière, Dave,
05:28c'est qu'on censurera que si les intérêts fondamentaux
05:30des classes populaires et des classes moyennes sont mis en cause.
05:33Vous pouvez dire ça à n'importe quel moment ?
05:35Oui, alors si vous voulez, si on touche au pouvoir d'achat,
05:38l'activité, c'est donc pour nous très important, on censurera.
05:41Si on remet en place l'année blanche, on censurera.
05:45En vérité, cette ligne rouge pour nous,
05:48c'est les intérêts des classes populaires et des classes moyennes.
05:51Et donc, si on arrive à obtenir suffisamment de choses pour à la fois
05:53les services publics, le pouvoir d'achat,
05:56alors oui, il y a un chemin pour que le budget puisse être adopté
05:59avec notre application.
06:00Comment on le finance ?
06:01Si on est à 5,7% de déficit en sortie de la commission des finances,
06:05ça veut dire qu'il faut trouver 20 milliards d'euros.
06:08Et là, vous rajoutez des dépenses supplémentaires.
06:10Donc, comment on les finance ?
06:12Je vous expliquez.
06:12Quelles sont les mesures en recettes que vous avez défendues ?
06:14Les 5,7% on y est arrivé parce que toutes les mesures de recettes
06:16ont été supprimées par amendement.
06:17On arrive au bout d'une logique.
06:21C'est-à-dire que, comme chacun s'attend en vérité à un 49,3,
06:25chacun s'y attend, notamment dans le bloc central,
06:27personne ne fait d'effort dans les votes.
06:29C'est-à-dire qu'on a des votes incohérents.
06:31Je rappelle que dans la même heure à la commission des finances,
06:34ils ont supprimé la surtaxe sur les grandes entreprises.
06:36Oui.
06:37Et dans le même temps, ils ont adopté mon amendement
06:39qui rétablissait l'ISF.
06:41Donc, on a à la fois rétabli l'ISF dans la même heure
06:43et supprimé la surtaxe.
06:45Ce que vous nous dites, c'est qu'il ne faut pas écouter les discussions à l'Assemblée
06:48et qu'en réalité, ça se passe à Bercy.
06:49La difficulté, c'est qu'on a l'impression, nous en tout cas,
06:51d'être un peu les seuls à essayer d'être cohérents et responsables dans cette affaire.
06:55Et puis, il y a une fatigue.
06:58C'est-à-dire qu'on voit bien qu'on a des problèmes de présence,
06:59y compris dans l'émicycle, en commission.
07:03En réalité, tout le monde en a marre du débat budgétaire aujourd'hui.
07:05Donc, il y a une volonté maintenant d'aboutir.
07:08Je crois qu'on peut y arriver.
07:08Si la copie est mauvaise, nous censurerons, a prévenu Olivier Faure.
07:12Une censure est-elle possible ?
07:14Bien sûr, elle est possible.
07:14Je vous le dis, si on a un budget qui touche le pouvoir d'achat,
07:19qui retire des professeurs devant les élèves,
07:23qui sacrifie l'investissement, notamment dans l'écologie et dans les infrastructures,
07:29on n'aura pas de difficulté à censurer.
07:31Évidemment, il faut faire une balance entre le coût et les bénéfices.
07:33Le coût de la censure pour l'économie, on le connaît, il est documenté.
07:37Et le coût de la non-censure d'un budget qui réduirait considérablement l'investissement,
07:43portera atteinte aux intérêts des entreprises,
07:45portera atteinte aux classes populaires et aux classes moyennes.
07:47Il faut donc faire cette balance entre les deux.
07:49Pour 2027, le MEDEF soutiendra les décideurs politiques qui comprennent l'économie.
07:52Est-ce que vous pensez en faire partie ?
07:54Je le crois, oui.
07:55Ils dénoncent des bonimenteurs qui remettent tout à deux mains.
07:58Parle de qui ?
08:00Oui, bon, après, je ne suis pas certain que le MEDEF soit l'organisation
08:03la plus responsable de ce pays quand on voit l'échec du conclave sur les retraites.
08:08Il faut quand même se rendre compte que si ce conclave avait été réussi,
08:12si le MEDEF avait fait preuve de responsabilité,
08:14on n'en serait sans doute pas là aujourd'hui.
08:16Probablement qu'il y aurait eu davantage de stabilité par la suite.
08:19On aurait peut-être commencé à régler la question des retraites
08:21qu'on a dû repousser à 2027 en raison de l'échec de ce conclave
08:25que le MEDEF balaie aussi devant sa porte.
08:27Merci beaucoup Philippe Rhin d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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