00:00Anna Lézé-Capellini, ce week-end la Russie a lancé une nouvelle vague de frappes sur l'Ukraine, visant en
00:04particulier à Kiev.
00:06Pourquoi la Russie intensifie la guerre alors que franchement elle s'enlise ?
00:09Parce que la Russie en réalité se trouve dans une impasse, donc c'est quelque part un aveu de faiblesse.
00:14C'est en tout cas l'avis de la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kalas.
00:17Pour elle, puisque la Russie attend une impasse sur le champ de bataille,
00:21elle terrorise l'Ukraine avec des frappes délibérées sur les centres-villes.
00:25Et c'est vrai que si la Russie essaye désespérément de reprendre la main sur les combats,
00:29c'est parce qu'elle traverse la pire période depuis le début du conflit.
00:33Déjà, c'est la première fois depuis le mois d'août 2024 que la Russie perd plus de territoire qu
00:38'elle n'en gagne.
00:39Et puis les troupes de Moscou ont de plus en plus de mal à se défendre des drones de Kiev
00:44qui de leur côté deviennent de plus en plus pointus et donc qui empêchent la Russie d'avancer.
00:49Jusque-là, Moscou avançait de à peu près 70 mètres par jour, c'est ce qui s'est passé en
00:532024 et 2025.
00:55Certes, ce n'était pas beaucoup, mais en même temps, ça avançait.
00:57Eh bien, désormais, la ligne de front est tellement saturée avec tous les drones ukrainiens
01:01que même cette petite avancée devient impossible.
01:05Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, disait que les Ukrainiens ont désormais l'armée la plus puissante d'Europe.
01:10Alors ça, c'est une évaluation qui lui appartient.
01:12Mais c'est vrai que cette avancée technologique, elle a été très importante pour les Ukrainiens
01:16et qu'elle leur a permis de reprendre la main même sur le bilan humain.
01:19Selon le président finlandais, Alexander Stoub, il y a désormais un soldat ukrainien mort au combat
01:24contre cinq soldats russes.
01:27C'est ce qui explique que la Russie, qui est encore plus acculée qu'auparavant, réponde avec autant d'entrains.
01:32Alors ce week-end, la Russie a utilisé un missile particulièrement symbolique et violent,
01:36Oreschnik.
01:37Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:38C'est un missile effectivement extrêmement puissant qui se déplace dix fois à la vitesse du son.
01:43C'est très difficile à intercepter.
01:45Il est capable de transporter des ogives conventionnelles et des ogives nucléaires en même temps.
01:49Alors selon le Kremlin, c'est une riposte aux attaques ukrainiennes qui ont visé l'est de l'Ukraine,
01:54donc la région de Luhansk, qui est occupée par les Russes.
01:57Les Russes disent que les frappes de Kiev ont visé une résidence étudiante et qui ont fait 22 morts.
02:02Kiev nie avoir frappé des cibles civiles.
02:05C'est seulement la troisième fois que la Russie utilise ce missile Oreschnik dans le conflit.
02:10Donc vous voyez là encore, ça témoigne d'un moment de bascule,
02:13un moment où Moscou essaye en fait d'utiliser les armes les plus puissantes de son arsenal
02:17pour essayer de renverser la table.
02:18Pour Vladimir Poutine, c'est aussi compliqué sur le front intérieur.
02:21Oui, on a l'impression effectivement que Vladimir Poutine paye assez cher cet impasse.
02:25Même les sondages d'État montrent que le taux d'approbation de Vladimir Poutine chute.
02:29Il est à 65% alors qu'il dépassait les 80% avant la guerre.
02:34Il faut rappeler que ce sont des sondages d'État.
02:37Et puis surtout, Poutine aurait abandonné son grand rêve, le rêve de victoire totale.
02:41C'est ce que raconte Kauporosin, c'est le chef du service de renseignement extérieur estonien cité par CNN.
02:47Il dit qu'il n'entend plus parler de victoire totale,
02:49que même au Kremlin, on reconnaît que la situation sur le terrain ukrainien n'est pas favorable.
02:55Donc tout ça pour les questions militaires.
02:57Et puis il y a la question économique aussi.
02:58Et là aussi, le Kremlin commence à reconnaître quelques faiblesses sur le front économique.
03:02Vladimir Poutine l'a admis.
03:04L'économie russe ralentit.
03:06Et il y a quelques jours, Moscou a revu à la baisse les prévisions de croissance pour cette année,
03:10en passant de 1,3% à 0,4%.
03:14Et puis certes, il y a la crise au Moyen-Orient qui est une opportunité pour la Russie
03:18et pour son pétrole, qu'elle peut donc vendre plus facilement et plus cher.
03:23Mais ce n'est pas suffisant.
03:24Les services de renseignement suédois ont fait les calculs.
03:26Pour avoir un vrai impact sur les finances publiques, il faudrait que le prix moyen du pétrole oral reste supérieur
03:31à 100 dollars le baril jusqu'à la fin de l'année.
03:34Or, la semaine dernière, le pétrole a frôlé le 95 dollars.
03:38Le pétrole oral a frôlé les 95.
03:40Donc on y est presque, mais on n'y est pas encore tout à fait.
03:43Et puis il y a un autre facteur qui pèse sur les calculs du Kremlin.
03:46C'est le dossier iranien.
03:48Le dossier iranien qui avance, qui se rapproche, si ce n'est pas de la paix, du moins d'un
03:51apaisement.
03:51Et donc à chaque pas en avant entre l'Iran et les Etats-Unis, représente pour Moscou une menace directe
03:56sur le principal levier économique.
03:58Merci beaucoup Annalisa Kepéini.
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