- il y a 3 mois
Mardi 7 octobre 2025, retrouvez Eric Bismuth (Président, Montefiore) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Musique
00:00Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique
00:13et comme régulièrement dans cette émission, nous faisons un petit pas de côté par rapport au marché liquide et au marché coté
00:19pour nous intéresser aux enjeux du non-coté, du private equity, spécifiquement avec la stratégie de Montefiore
00:25et son président Eric Bismuth qui est à mes côtés. Eric Bismuth, bonsoir.
00:29Merci beaucoup, 20 ans d'existence quand même pour Montefiore Investment, vous déployez, je crois que vous êtes en train de lever votre sixième millésime, c'est ça ?
00:38On a levé, vous avez levé votre sixième millésime, qu'est-ce qui caractérise Montefiore depuis 20 ans dans sa politique d'investissement
00:48notamment tournée vers les ETI européennes pour accompagner la croissance des ETI européennes ?
00:54Alors notre stratégie est restée pratiquement la même sur les 20 dernières années, on est devenu au cours des 20 dernières années le leader en France et maintenant en Europe du Sud
01:02dans l'investissement dans les PME et ETI de croissance dans les métiers de service.
01:07Aujourd'hui on gère 5 milliards, on a une équipe de 70 personnes avec des bureaux à Paris, à Milan et à Madrid
01:13et au cours des 20 dernières années on est devenu l'acteur le plus performant en Europe dans le segment buyout
01:19à la fois ce qu'on appelle le small et le mid market
01:23avec environ 20% de terry net investisseurs sur 20 ans, une volatilité très faible des performances
01:31et on a été élu par les investisseurs institutionnels 14 fois au cours des 14 dernières années
01:36meilleur fonds français de cette catégorie.
01:39Donc ça ne veut pas dire que c'est vrai mais en tout cas ça veut dire qu'il y a des indices.
01:42Non mais ça veut dire que certains le pensent quand même.
01:45C'est quoi la secret sauce ?
01:46C'est quoi ? Déjà cette régularité, encore une fois c'est des métiers où on peut réaliser une année exceptionnelle
01:52suivie de très mauvaises années.
01:55Cette régularité déjà je trouve que c'est impressionnant, 20 ans d'existence c'est aussi impressionnant.
01:59C'est quoi la secret sauce ? Vous avez dit 70 équipes, tout commence par le terrain, être proche du terrain,
02:06comment on accompagne ces entreprises et qu'est-ce qu'on leur apporte en plus des capitaux que vous leur apportez Eric ?
02:12Comme vous le dites justement, il ne s'agit pas de réussir une fois, il s'agit de répliquer la performance sur la durée.
02:19Et ça, ça passe fondamentalement par la construction d'avantages concurrentiels et structurels.
02:24Et ça, c'était notre obsession depuis le premier jour.
02:26Et c'est quoi ces avantages concurrentiels et structurels ?
02:30Ce n'est pas tellement à l'achat ou à la sortie.
02:33Pour nous, c'est entre les deux.
02:34Entre les deux, on a en fait une connaissance sectorielle d'un métier dans lequel on a choisi d'investir.
02:40Et on a creusé ce sillon-là depuis 20 ans.
02:42Et on a un savoir-faire d'accompagnement et d'accélération de la croissance rentable des entreprises.
02:50Dans une économie française européenne qui croît à 1,5-2% par an, nos entreprises à l'entrée sont des entreprises surperformantes.
02:57Elles croissent à 8% par an et elles ont une marge élevée.
03:00Et en fait, on va activer un ensemble de leviers qui sont spécifiques entreprise par entreprise, mais qu'on maîtrise très très bien.
03:06Et qui nous ont permis, au cours des 20 dernières années, de faire qu'en moyenne, ces entreprises délivrent plus de 20% de croissance, du chiffre d'affaires et des résultats par an.
03:15Et en fait, en Europe, il y a très très très très peu de gens qui peuvent faire ça.
03:19Et pour ça, il faut être majoritaire ?
03:20Pour faire ça, il faut être soit majoritaire, soit être un gros minoritaire très influent.
03:26Dans les deux cas, en fait, on s'associe avec des gens forts, parce qu'on ne fait pas ça avec des management qui ne sont pas assez forts, qui ne sont pas parfaitement alignés.
03:35Et on les respecte énormément.
03:37Et donc, c'est un travail vraiment main dans la main avec eux.
03:39L'autre élément qui est essentiel, c'est d'avoir des équipes qui soient suffisamment larges, parce qu'en fait, ça prend du temps de faire ça.
03:46Et donc, on a des équipes qui sont plutôt plus importantes que les autres.
03:48Et avec un taux de turnover des équipes qui est quasiment nul.
03:52Parce que ce savoir-faire-là, en fait, ça met du temps à acquérir.
03:57Et ensuite, on a... En fait, les gens se développent au sein de Montefiore.
04:02Et ça permet de contribuer à la régularité des performances.
04:04En 20 ans, vous avez eu le rapport changé entre les management que vous accompagnez et la société de private equity que vous êtes.
04:12Eric, moi, j'ai connu la période où quand des entreprises voyaient des fonds de private equity arriver ou commencer à toquer à leur porte,
04:18c'était généralement un mouvement de réticence qui l'emportait.
04:23Les choses ont changé de ce point de vue-là ?
04:24Complètement. Aujourd'hui, sur le marché français, le private equity est très bien compris par les entrepreneurs.
04:30Les entrepreneurs anticipent les problématiques de succession.
04:32Là où avant, en fait, les gens attendaient 65 ans et se disaient, est-ce que je vends à un industriel ?
04:39Ou est-ce que je trouve quelqu'un qui veut participer à l'emprise de ma société ?
04:43Aujourd'hui, c'est des choses qui sont largement anticipées.
04:46Les patrons et les entrepreneurs réfléchissent à 45-50 ans à faire un premier tour, puis un deuxième, puis éventuellement un troisième.
04:53Et ça, je crois que c'est très sain.
04:54C'est très positif.
04:55La relation est très apaisée et constructive avec les entrepreneurs.
05:01Et donc, je pense qu'on a une situation, enfin, on a un terreau du private equity qui est d'abord sain en France,
05:08qui est plutôt vertueux.
05:10Et on a vu des excès dans des pays anglo-saxons notamment qu'on voit beaucoup moins en France,
05:17même s'il peut y avoir toujours d'exception dans tous les métiers.
05:20Et le private equity contribue très positivement, au global, à la croissance économique française
05:27et aussi à la prise en compte des enjeux ESG, par exemple, dans les entreprises,
05:33parce qu'on a un private equity vertueux.
05:35Il y a une bataille autour des levées de fonds aujourd'hui.
05:38Éric Bismuth, vous n'êtes pas sans le savoir.
05:40C'est une étude de Bain Capital, je crois, qui rapporte que pour 3 dollars demandés par les GPs aujourd'hui,
05:46les gestionnaires de fonds, les LPs, les investisseurs partenaires ne sont prêts à en offrir qu'un.
05:52Il n'y en aura pas pour tout le monde.
05:54C'est quoi les clés de la réussite d'une levée de fonds aujourd'hui dans cette industrie ?
05:59D'abord, vous avez tout à fait raison, ce chiffre est statistiquement juste.
06:02Deuxièmement, qu'est-ce qui explique ça ?
06:05Ce n'est pas parce que les investisseurs veulent moins mettre dans le private equity,
06:08pas du tout.
06:08L'attractivité du private equity est toujours la même auprès des investisseurs.
06:12Ce qui a déclenché ça, c'est à partir de fin de 2022, début de 2023, la hausse des taux,
06:18qui a fait baisser la valeur des portefeuilles obligataires des investisseurs.
06:22Et donc, c'est ce qu'on appelle l'effet dénominateur.
06:25Le private equity qui marchait bien s'est retrouvé avec un poids surpondéré dans leurs allocations.
06:31Et donc, il a fallu...
06:32Donc, on ne peut pas en remettre plus.
06:33Voilà, exactement.
06:34Donc, il a fallu rééquilibrer ça.
06:35Et la conséquence de ça, c'est une polarisation du marché des investisseurs institutionnels
06:40qui doivent faire des choix et qui concentrent leurs investissements sur les meilleurs élèves de la classe.
06:44Et ça a été un ajustement un peu brutal.
06:47C'est-à-dire des gens qui marchaient plutôt bien, mais qui étaient à 13 sur 20, entre guillemets.
06:52En fait, du jour au lendemain, ils se retrouvent avec pas grand-chose,
06:54parce qu'en fait, la barre, elle est passée de 13 à 17.
06:56Et en ce qui nous concerne, on a la chance d'avoir une stratégie très cohérente,
07:01des équipes extrêmement stables et surtout des performances extrêmement régulières
07:05et parmi les meilleures.
07:07Et donc, lorsqu'on a souhaité lever nos derniers fonds, en 2023-2024,
07:12on a levé 1,9 milliard, on a été sursouscrit, on l'a fait assez rapidement
07:17et on a eu en fait un re-up rate, c'est-à-dire le montant réinvesti par les investisseurs existants
07:22qui est resté supérieur à 100%, ce qui est absolument exceptionnel.
07:25Pour beaucoup d'autres, c'est plus difficile et donc, il y a des levées de fonds qui sont décalées, etc.
07:31Et ça, ça repartira à un moment donné, en particulier si les taux continuent de baisser,
07:37ce qui pourrait être positif.
07:39Et puis, le deuxième facteur qui peut relancer les levées de fonds, c'est les sorties.
07:44La rotation du capital.
07:45La rotation du capital, qui est l'autre grand défi actuel.
07:49Il y en aura, quand je disais, il n'y en aura pas pour tout le monde,
07:51une autre étude montre que, d'ici 2030, peut-être 20% des gestionnaires d'actifs de fonds de private equity
07:56auront disparu.
07:58Il y a 19 000 fonds de private equity aux Etats-Unis pour 14 000 McDo.
08:01C'est un chiffre qui est mis en avant par les équipes de cacaire sous forme anecdotique.
08:05Mais oui, il va y avoir une consolidation, une rationalisation de cette industrie aujourd'hui.
08:10Oui, mais 20% des acteurs qui disparaissent en 5 ou 10 ans, ce n'est pas non plus quelque chose d'extraordinaire.
08:15Ce qui est intéressant, c'est de se demander pourquoi certains acteurs,
08:21et notamment les plus gros Américains, parlent de ça.
08:24Parce que tout ça n'est pas forcément innocent.
08:29Après la grande crise financière, les grands acteurs américains ont passé le message
08:33à travers les médias, etc., que les investisseurs institutionnels allaient concentrer leur argent
08:38vers les grands fonds.
08:39Et en fait, c'est ce qui s'est passé par une espèce de force d'influence.
08:45Un mimétisme, c'est ça.
08:46Un espèce de mimétisme, parce que c'était lu dans les journaux, etc.
08:49Et parce qu'il y a eu une pression en disant, vous dépensez trop de fils en private equity,
08:56et donc si vous mettez un milliard chez moi, je vous fais un prix, et donc vous allez baisser vos fils.
09:00Aujourd'hui, 15 ans après, ces grands institutionnels ont fait leur bilan,
09:04ils sont aperçus que leur performance soit inférieure à la performance du marché.
09:07Et donc ils sont en train de faire marche arrière toutes, et ils se sont aperçus qu'ils se sont fait un peu manipuler.
09:12Aujourd'hui, ce sont les fonds compris entre 1 milliard et 5 milliards qui atirent le plus de capital,
09:17comme Montefiore et de quelques autres.
09:19Des gens qui apportent une vraie valeur ajoutée, très différenciée, et de la performance.
09:24Et je pense qu'on arrive un peu avec le même type de phénomène,
09:26parce qu'avec ce message sur la consolidation, la disparition, etc.,
09:32les gros vont accélérer le fait que les institutionnels vont dire,
09:37« Avant de mettre de l'argent dans ce petit fonds, qu'est-ce que ça va devenir ?
09:41Est-ce que dans ce mouvement de consolidation, il va disparaître ? »
09:43Alors, moi je le dis de manière assez désintéressée,
09:46parce qu'on peut aussi profiter de ce phénomène-là,
09:49parce qu'il y a beaucoup d'investisseurs qui ont réduit leur portefeuille,
09:52et on en a bénéficié aussi.
09:54Mais en tout cas, je pense que c'est important d'être lucide sur ce qui se passe.
09:57Et sur le fait que ces messages venus du monde anglo-saxon ne sont pas toujours innocents.
10:02C'est bien de le rappeler, Eric.
10:03Sur la question des sorties, comment on répond aux besoins, effectivement,
10:09de sortir des entreprises en portefeuille,
10:12avec l'objectif de retourner du cash aux investisseurs de la première heure ?
10:16Alors, je pense que c'est bien de se demander,
10:18qu'est-ce qui fait que c'est difficile d'avoir des sorties ?
10:20Un, c'est un phénomène d'abord d'ajustement progressif des prix de marché,
10:23et ça, ça prend un petit peu de temps.
10:24La deuxième chose, c'est qu'il y avait un certain nombre d'acteurs
10:27qui avaient des valeurs dans leur bouc, comme on dit,
10:30qui étaient un peu costauds, et qui, en fait...
10:34Ce travail-là, il n'est pas fini.
10:35Il n'est pas forcément fini, et en particulier chez les gens
10:38qui, justement, ont du mal à lever des fonds,
10:40et qui se disent, si j'ajuste...
10:41Si, j'aurai encore moins de chances de lever des fonds.
10:44J'aurai encore moins de chances.
10:45Et le troisième élément, c'est sur les sociétés
10:48sur lesquelles les fonds n'ont pas fait un certain niveau de performance,
10:52là aussi, si les gens, en fait, partent en lever de fonds,
10:54ils se disent, en fait, il faut peut-être que j'attende un peu
10:56pour faire ça.
10:58Donc, c'est l'ensemble de ces phénomènes-là.
10:59On voit donc que la problématique des levées de fonds
11:02et des sorties sont, en fait, extrêmement liées.
11:04Bien sûr, complètement.
11:05En ce qui nous concerne, on a, je pense, l'avantage
11:08sur ce plan-là d'avoir, un, un portefeuille de sociétés
11:11de grande qualité, qui, en fait, en historique,
11:13ont connu aussi de la surperformance
11:15chez les autres lorsqu'on les a vendues.
11:18Deuxièmement, on a des valorisations
11:19qui sont historiquement très prudentes,
11:20avec presque 30% d'écart entre la valeur des boucs
11:23et la valeur réelle.
11:24Ce 30%, aujourd'hui, il est plus faible.
11:26Mais, en fait, cette marge de sécurité
11:27nous permet, en fait, de s'ajuster naturellement
11:31à la réalité du marché.
11:32Et enfin, on a une capacité à attirer aussi
11:35des acheteurs industriels
11:36qui jouent un rôle important dans nos sorties.
11:38Et donc, l'an dernier, très concrètement,
11:40on a rendu à nos investisseurs
11:4224% de la nav,
11:44ce qui est dans le top 2% en Europe
11:47et qui est le record absolu en France.
11:48Donc, ça montre que c'est possible,
11:49mais il faut réunir ces conditions.
11:51Dernière question, Éric.
11:53Comment est-ce que vous êtes prêt,
11:56aujourd'hui, pour adresser,
11:58pardonnez mon mauvais français,
11:59le marché des clients
12:01et des investisseurs privés ?
12:03Alors, c'est une très bonne question.
12:04Jusqu'à présent, en fait,
12:05on a 85% de nos fonds
12:07qui sont apportés par des institutions
12:08qui viennent du monde entier.
12:10On a une clientèle privée historique
12:12parce qu'on est un fonds entrepreneur
12:14qui travaille avec des entrepreneurs
12:15et qui a cette ADN entrepreneur.
12:18Et on a décidé
12:18de créer une business unit dédiée
12:22au Private Wealth
12:23avec le recrutement de Joséphine Luréal
12:25et de toute une équipe autour d'elle
12:27pour adresser les problématiques
12:28de produits, de distribution.
12:30On ne va pas aller vers le client en direct,
12:32mais à travers des partenaires,
12:34des banques privées, des CGP
12:35et en partenariat avec
12:37toutes les compagnies d'assurance françaises,
12:38notamment, mais aussi luxembourgeoises,
12:40parce qu'on a en fait la conviction
12:42que dans les 20 ans à venir,
12:45la problématique des retraites,
12:47la problématique de la gestion du patrimoine
12:49vont devenir des éléments
12:51encore plus importants qu'aujourd'hui
12:52et qu'à côté de l'investissement liquide,
12:55et vous savez que j'adore la bourse,
12:57il y a une place pour l'investissement
12:58de long terme
12:59qui offre de la surperformance
13:01en échange de moins de liquidités.
13:04Et l'horizon de la retraite
13:05est un levier très puissant pour ça, par exemple.
13:06Exactement.
13:07Et donc, on est en train de préparer
13:09le lancement d'un produit evergreen.
13:10On va aussi avoir des feeders
13:12pour nos fonds de private equity
13:13et on va adresser
13:13les différents segments du Private Wealth.
13:15Merci beaucoup, Éric.
13:16Merci d'être venu nous voir
13:17pour évoquer dans Smart Bourse
13:19cette industrie du private equity.
13:23Vous en êtes évidemment
13:24un des chers de lance en France,
13:26le président de Montesher Investments
13:27qui est avec nous
13:28dans ce dernier quart d'heure
13:28de Smart Bourse.
13:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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