00:00Le dernier quart d'heure de Smart Bourse, chaque soir c'est le quart d'heure thématique et chaque lundi c'est notre quart d'heure américain, un rendez-vous incontournable pour suivre, analyser la vie politique, économique, financière et plus encore américaine avec Pierre-Yves Dugas, notre correspondant américain à distance en visio avec nous.
00:24Bonsoir Pierre-Yves, bienvenue, Kevin Walsh donc, vous parlez, vous défendez l'idée d'un choix heureux, pourquoi ? Première question et quelles sont les conséquences de ce choix, de ce pic de Trump pour succéder à Jay Powell ?
00:40Donald Trump ne s'est pas trompé de Kevin, il a hésité entre Kevin Hassett qui est certainement un économiste réfémicain très loyal à Donald Trump mais qui n'a pas la profondeur et l'expérience et le respect international dont dispose Kevin Walsh.
00:57Il n'y a pas beaucoup de banquiers centraux en Europe qui peuvent certainement tenir la droge et haute à Kevin Walsh.
01:06Il a passé l'essentiel de sa vie à faire passer le risque d'inflation avant le risque du chômage.
01:13C'est un faucon professionnel pratiquement, c'est quand même extrêmement paradoxal de voir qu'il ait été choisi par Donald Trump qui a tout fait pour miner l'indépendance de la Fed,
01:24décrédibiliser Jérôme Powell et insister sur le fait que les taux d'intérêt ne baissaient pas assez vite.
01:30C'est très curieux.
01:32Pour autant, Kevin Walsh qui a été interrogé au cours des derniers mois sur l'importance d'accélérer les baisses de taux,
01:40il a dit qu'il n'y a pas de faucon et de colombe, on est faucon dans certaines circonstances quand cela est justifié et puis on est colombe dans d'autres circonstances.
01:49Kevin Walsh, je n'en étais pas conscient d'ailleurs, c'est en fouillant un petit peu dans sa vie au cours des dernières heures que je me suis rendu compte
01:59que c'est un ami et un disciple de Stanley Druckenmuller, héros du capitalisme, héros des hedge funds, héros de la spéculation,
02:12quelqu'un qui pendant 30 ans vous produit que des années positives de rendement et en moyenne de 30%,
02:19quelqu'un qui se base sur des analyses macro pour faire des paris sur les devises par exemple, ça force le respect.
02:29Kevin Walsh n'est probablement pas l'idéologue qu'il avait besoin de paraître pour faire parler de lui dans la presse
02:40depuis qu'il a quitté la réserve fédérale en 2011, il a quitté l'an 2011 en annonçant qu'en grande partie c'était parce qu'il pensait
02:49que la deuxième vague d'assouplissement quantitatif allait provoquer des bulles et probablement aussi de l'inflation.
03:00Elle a certainement provoqué des bulles.
03:02Bulles d'ailleurs dont nous voyons encore les effets aujourd'hui, nous en parlions la semaine dernière,
03:09le maintien de taux d'intérêt très bas sur le marché immobilier a fait qu'aujourd'hui on a beaucoup moins de liquidités sur le marché immobilier
03:16qu'on ne l'aurait parce que les gens veulent rester bloqués dans des prêts à taux fixe plutôt que de vendre leurs propriétés.
03:24Et Kevin Walsh a maintenant un grand rendez-vous avec nous tous, c'est probablement le 16 et 17 juin.
03:34J'ai regardé le calendrier des réunions du FOMC, le mandat de Jérôme Powell expire mi-mai.
03:46Si tout se passe bien, le département de la justice va annoncer de manière plus ou moins élégante
03:55que les poursuites pénales sont écartées en ce qui concerne ces accusations qui planent sur la tête de Jérôme Powell.
04:05On a tout le temps de confirmer Kevin Walsh d'ici le mois de mai.
04:10Une fois que cette ambiguïté et cette menace sur Jérôme Powell sera levée,
04:16le patron de la commission bancaire du Sénat, Tom Tillis,
04:21quelques autres républicains qui sont sur ce comité, notamment Lisa Murkowski, sénatrice de l'Alaska,
04:30vont procéder à l'examen de la sélection par le président Trump de Kevin Walsh.
04:36Il sera confirmé largement. Il connaît très bien ce processus.
04:41Il a déjà été gouverneur. On ne voit pas très bien ce qu'on pourrait lui reprocher aujourd'hui.
04:46Entre-temps, il va discuter avec tous ses collègues et anciens collègues de la réserve fédérale.
04:54Et entre-temps, d'ici la fin avril, on aura eu plusieurs chiffres de l'emploi et du chômage.
04:59Nous avons une réunion du comité de l'open market le 18 mars.
05:05Nous en avons une autre le 29 avril.
05:07Et ensuite, il y a celle du 16 et 17 juin.
05:10D'ici là, probablement, Kevin Walsh sera devenu chairman, président du Conseil des gouverneurs.
05:19Alors, on le dit souvent, mais à coup le pas, le patron de la Fed n'est pas patron de la Fed.
05:27On l'appelle patron de la Fed pour aller plus vite.
05:30C'est tellement compliqué d'écrire président du Conseil des gouverneurs.
05:35Il va devoir, et il a certainement déjà commencé, rencontrer tous ses collègues
05:39et discuter avec eux de leur perspective, et pas simplement de taux d'intérêt.
05:43Il va parler de comment réduire le nombre d'économistes
05:48et de mieux contrôler ce que tous ces économistes font à la réserve fédérale.
05:54Kevin Walsh est un ami, non seulement de Stanley Drunkenlanger,
05:57mais c'est un ami de Scott Besson, le secrétaire au Trésor,
06:01qui lui-même est dans la même nébuleuse, qui a travaillé avec George Soros.
06:05Tout ça, c'est le même monde.
06:07Ce sont des gens qui pensent de la même manière, largement,
06:09et qui, comme l'ont dit nos invités il y a quelques minutes,
06:15sont obsédés par le recadrage de la responsabilité de la réserve fédérale
06:20dans les responsabilités monétaires,
06:23la restructuration de la réserve fédérale pour arrêter complètement,
06:26et ça avait déjà été fait sous Jérôme Parbon,
06:29toutes ces incursions qui sont si chères, d'après ce que j'ai compris,
06:33à la Banque Centrale Européenne sur l'inclusion,
06:36sur le développement durable et tout ça.
06:39La réserve fédérale va s'occuper de politiques monétaires,
06:42moins probablement, si Kevin Walsh le souhaite,
06:46de réglementations bancaires.
06:48Mais pour ça, il faut dégager un consensus,
06:50et ça ne sera pas automatique,
06:52et il y aura beaucoup de discussions autour de la table
06:55et en dehors de la salle, avant qu'on arrive à des décisions.
06:59C'est sans doute en dehors du champ de la politique monétaire
07:02qu'il aura peut-être le plus d'influence.
07:04Je suis assez d'accord avec vous sur ce point.
07:05Il veut, il plaide pour un régime change dans la Fed,
07:10au sein de la Fed, en matière de gouvernance,
07:13et là-dessus, il va pouvoir avoir la main, effectivement,
07:16sur les différents départements, le staff,
07:18la stratégie de communication.
07:21Enfin voilà, là, le président, en l'occurrence de la Fed
07:24et du Conseil des Gouverneurs, peut avoir la main libre.
07:27La politique monétaire se définit quand même
07:29comme étant encore un consensus au sein du FOMC,
07:32de la Réserve fédérale américaine.
07:34Avec tout ça, Pierre-Yves, entre Kevin Walsh,
07:37le krach des métaux, la situation géopolitique en Iran,
07:41on parle beaucoup moins du shutdown qui est en place,
07:45alors un mini shutdown qui est en place depuis le 31 janvier,
07:49donc vendredi à minuit.
07:51On en parle assez peu aussi, parce que tout le monde estime
07:53que c'est un shutdown qu'on va vite voir se terminer, Pierre-Yves.
07:58Les démocrates avaient fabriqué un shutdown en utilisant ce prétexte
08:04de la remontée, deux mois plus tard, des primes d'assurance maladie
08:09et de l'élimination des subventions dont bénéficiaient
08:12une vingtaine de millions d'Américains.
08:13Là, les démocrates choisissent un autre sujet qui est très très chaud,
08:17qui émotionnellement porte beaucoup dans l'opinion,
08:19qui est celui de la violence, de l'application des lois de l'immigration
08:24par les nouvelles polices de l'immigration, fortement financées
08:29par l'administration Trump.
08:33Petit rappel, il y a dix jours, les six des douze lois
08:39qui constituent le budget américain avaient été votées
08:42dans un gros paquet par la Chambre des représentants.
08:46Il fallait que le Sénat les adopte exactement dans le même texte.
08:49Le Sénat a dit non, on va en prendre cinq sur six,
08:52parce que la sixième, c'est le département de la sécurité intérieure,
08:56c'est la tutelle des polices de l'immigration,
08:58et là, il va falloir changer complètement la manière dont ces polices travaillent.
09:03Du coup, il faut maintenant que cinq de ces six budgets
09:07soient adoptés à nouveau par la Chambre des représentants,
09:11ce qui, d'un point de vue de procédure, va prendre au moins 24 heures
09:15parce que les démocrates ne veulent pas aider les républicains
09:18qui ne disposent, à partir de ce soir, plus que de quatre voies de majorité,
09:23218 d'un côté républicain, 214 chez les démocrates,
09:28parce qu'il y a un nouveau démocrate qui est arrivé.
09:30Et puis ensuite, il va falloir, on s'est donné jusqu'au 13 février,
09:35pour décider des conditions nouvelles qui seront imposées
09:38au département de la sécurité intérieure et aux polices de l'immigration,
09:42pour voir comment on va financer le DHS.
09:45Quelles sont ces conditions ?
09:47Pas les masques.
09:49Empêcher la politité de l'immigration de porter des masques
09:52pour appréhender des immigrants soupçonnés d'être sans-papiers.
09:56Arrêter leur patrouille agressive.
09:59Obliger ces agents fédéraux à porter un uniforme avec leur nom.
10:05Voilà quelques-unes les obliger également à porter des caméras.
10:10Alors ça, les républicains sont d'accord.
10:12L'histoire du nom, ça va être difficile, parce qu'on a affaire en face quand même
10:16à des manifestants qui sont très professionnels,
10:20et qui, dès qu'ils ont capté le nom d'un agent de l'immigration,
10:24trouvent son adresse et vont manifester devant sa maison
10:27et font peur à ses femmes et ses enfants.
10:29Vous voyez, c'est un marchandage compliqué.
10:32On va rentrer dans le détail de la violence de l'application des lois anti-immigration
10:35pour conditionner la fin totale de ce shutdown.
10:39Mais normalement, demain soir, mardi, pour 11 des lois de finances parmi les 12,
10:47le problème sera réglé.
10:48Merci beaucoup, Pierre-Yves.
10:49Merci pour votre éclairage hebdomadaire
10:52qui nous permet de suivre au plus près
10:54les enjeux de la vie politique et économique et financière américaine.
10:58Pierre-Yves Dugas avec nous chaque lundi dans ce quart d'heure américain,
11:02correspondant américain de Bsmart for Change,
11:04que vous retrouvez, bien sûr, comme toutes les émissions,
11:06en replay sur bsmart.fr
11:08ou encore en podcast sur l'ensemble de vos plateformes préférées.
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