- il y a 4 mois
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 27 septembre, Véronique Molières, directrice du Comité pour le dévelopement durable en Santé, Nicolas Leblanc, directeur médical et des affaires de Livi France, et Robin Roumengas, PDG et cofondateur de Juisci, étaient les inviés dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.
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00:00BFM Business présente
00:06Check-up Santé avec Fabien Guèze
00:09Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-up Santé.
00:15Saviez-vous que les médicaments représentaient près d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre du système de santé ?
00:21Les produits médicamenteux jetés par l'hôpital ont un impact carbone et environnemental très important.
00:26Le comité pour le développement durable en santé, le C2DS, qui représente près de 1000 établissements de santé, a étudié et évalué pendant une semaine le comportement de 210 hôpitaux.
00:37Véronique Moliard, sa directrice, nous en révèle les résultats.
00:40Pénurie de médecins, offre de santé mal répartie, une des solutions est la télésanté qui prend une place toujours plus importante dans notre système de soins.
00:48Le docteur Nicolas Leblanc, directeur des affaires médicales et des affaires publiques de Lévis, acteur majeur de la téléconsultation, annonce une présence 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
01:00Depuis 2020, la quantité d'informations médicales double tous les 73 jours.
01:04Une pépite française que l'on connaît bien dans Check-up Santé vient de lever 5 millions d'euros.
01:09Et ce n'est pas facile dans ce contexte actuel.
01:13Romain Oumanga, CEO de la startup Juicy, nous dit comment il facilite l'accès des professionnels de santé à l'information scientifique.
01:21Et sans oublier bien sûr la chronique de Rémi Teston.
01:23Check-up Santé, c'est parti.
01:31Véronique Moliard, bonjour.
01:32Bonjour.
01:33C'est Moliard avec un S.
01:34C'est Moliard avec un S.
01:34Pour ne pas confondre.
01:35Alors vous dirigez le C2DS, le Comité pour le Développement Durable en Santé.
01:39Quelle est la mission justement de ce C2DS ?
01:41On va l'appeler comme ça.
01:42Alors le C2DS, c'est une communauté de professionnels de santé.
01:46En effet, qui travaille dans presque 1000 établissements publics, privés ou mutualistes.
01:53Ça peut être aussi une EHPAD ?
01:54Absolument.
01:55Il y a une partie aussi médico-sociale, mais principalement des établissements sanitaires.
01:58Et qui adhèrent dans notre organisation parce qu'ils sont engagés dans une démarche de développement durable.
02:03C'est-à-dire dans la transition écologique.
02:05Alors évidemment, à des niveaux de maturité très différents.
02:08Pour certains, puisque nous existons depuis 18 ans.
02:10Donc pour certains, ils sont très avancés.
02:12Ils font partie d'un peloton de tête avec des initiatives qui sont très très intéressantes.
02:17D'autres démarrent, mais ne me vaut tard que jamais, et commencent à travailler sur la question carbone,
02:22sur la question des déchets, des transports, des produits de santé.
02:24Il y a d'ailleurs certaines qui sont des entreprises à mission, certaines, non ?
02:27Alors bien évidemment, on a des établissements privés qui sont des entreprises à mission.
02:31Mais les hôpitaux publics, d'une certaine manière, sont tous des entreprises à mission,
02:35parce que leur mission, c'est la santé publique.
02:37Bien sûr.
02:38Alors, est-ce qu'il y a un problème dans la gestion des médicaments à l'hôpital ?
02:42Alors, il y a des problèmes quand on arrive à objectiver une situation.
02:47Et donc tout est parti en effet des professionnels de santé,
02:49parce que c'est vrai que ça, c'est vraiment la particularité du C2DS.
02:54C'est de travailler vraiment avec les acteurs de terrain.
02:57Et donc c'est au sein d'un club pharma qui se réunit tous les mois,
03:00au sein de notre comité, qui a fait émerger le sujet.
03:04C'est-à-dire en disant, mais on observe, on a bien l'intuition,
03:07on voit bien en effet qu'on jette des médicaments.
03:10Et on trouve que cette situation n'est pas acceptable.
03:11Personne n'aime jeter, pas plus ces professionnels de santé que les citoyens.
03:16Donc nous sommes allés chercher, solliciter immédiatement...
03:19On va en revenir.
03:20Donc vous dites, on jette des médicaments.
03:22Lesquels ? Pourquoi et pourquoi les jette-t-on ?
03:24Alors c'est ce que l'étude a démontré.
03:26Donc en effet, on avait cette intuition très bien.
03:29Et donc avec surtout la volonté d'améliorer.
03:32Mais si on veut améliorer, il faut d'abord mesurer.
03:34Sans mesure, pas d'amélioration, pas de feuille de route, pas de plan d'action.
03:38Donc on a décidé de mesurer.
03:40Alors donc ce qu'on en a, le grand point, le point majeur en effet de cette étude.
03:46Alors déjà, on a un chiffre significatif quand même.
03:50700 000 euros environ de médicaments sont éliminés, jetés sur 7 jours d'activité
03:55pour cet échantillon de 210 établissements.
04:00Et ce qui nous a le plus étonné, en effet, c'est que plus de la moitié de ces médicaments éliminés
04:04sont des médicaments éliminés parce qu'ils sont périmés.
04:07D'accord.
04:07Donc ça, c'était vraiment une grande surprise.
04:10Mais on ne jette pas que des médicaments périmés, il y a d'autres...
04:12Alors, on jette principalement des médicaments périmés.
04:16Donc c'est vraiment ce que objective notre enquête.
04:21Alors, des médicaments périmés éliminés à l'hôpital, j'allais dire que c'est une bonne chose
04:27car quand on est patient, bien évidemment, la sécurité avant tout,
04:30on veut que nous soient dispensés des médicaments tout à fait en ordre de marche.
04:34Donc ça, c'est une preuve, en effet, d'un circuit des médicaments qui fonctionne à l'hôpital.
04:39Sécurité avant tout.
04:41Dès qu'un médicament périme, on l'élimine, on le jette.
04:43La question est maintenant, comment est-ce que je peux réduire, évidemment,
04:47ce volume de médicaments périmés ?
04:49Mais avant ça, vous avez évalué qualitativement, quantitativement, les médicaments éliminés.
04:54C'est ça.
04:55Donc il y a des médicaments qui sont éliminés en volume.
04:58Quels sont les médicaments qui sont le plus éliminés ?
05:00Alors après, sans rentrer dans le détail, en effet, des molécules,
05:04c'est vrai qu'il y a beaucoup de médicaments psychotropes.
05:07On trouve aussi, évidemment, beaucoup, ça c'est pour la question de l'étude,
05:11en termes de valeur euro, on trouve beaucoup de psychotropes,
05:15mais aussi de médicaments, par exemple, liés à la chimiothérapie
05:17ou aux pathologies cardiovasculaires.
05:18D'accord, les premiers, c'était le volume, ensuite ceux qui coûtent cher, qu'on jette.
05:23Voilà, donc c'est vrai qu'on s'est arrêté plus précisément sur, en effet,
05:27la question de la valeur des médicaments.
05:29Même si après, on pourra dire un mot sur leur empreinte carbone,
05:32puisque la démarche, elle était vraiment tout à fait globale.
05:36Et donc, en tout cas, ce que l'on a pu faire émerger, c'est déjà des solutions.
05:41Puisque c'était ça, véritablement, l'objectif.
05:44C'était de se dire, on va mesurer, bien sûr,
05:46mais on veut trouver des solutions.
05:47Finalement, quelles sont-elles ?
05:48Sur ce qui concerne la première raison d'élimination, sur la péremption,
05:52la première chose, c'est qu'il faudrait pouvoir allonger la stabilité du médicament.
05:58Donc, le médicament, en effet, est un produit fragile.
06:00Donc, les industriels définissent leur stabilité.
06:03Et ce qui serait souhaitable, en effet,
06:05c'est qu'il puisse y avoir une date de péremption repoussée.
06:09Et ça permettrait, en effet, à mieux épouser...
06:11Il n'y a plus de médicaments pour lesquels on pourrait repousser de six mois, un an ?
06:14Probablement.
06:15C'est dans les mains des industriels, en effet.
06:17Ce qui serait, d'ailleurs, la Cour des comptes, l'ACNAM.
06:20Il n'y a pas, évidemment, que le CDDS qui élabore ce type de demande.
06:25C'est une demande, finalement, historique.
06:28La nouveauté avec notre enquête, c'est qu'on vient objectiver,
06:30c'est-à-dire qu'on vient mettre des chiffres, des données,
06:32sur ces médicaments périmés.
06:34C'est fou qu'on jette des médicaments aussi chers, quand même,
06:35que les antinéoplasiques, les antithrombotiques, les immunosuppresseurs.
06:40C'est fou, quand même, qu'on reçoit...
06:42Les pharmaciens sont des gens extrêmement sérieux, extrêmement professionnels.
06:47C'est-à-dire qu'en effet, on ne gêne pas en fonction d'une valeur d'un médicament.
06:51On élimine un médicament parce qu'il ne peut pas être dispensé.
06:55Donc, c'est vraiment une question de sécurité.
06:57Je voudrais préciser que toute cette étude, nous l'avons menée
06:59avec les 14 observatoires publics de médicaments qui sont dans les régions,
07:03qui sont rattachés aux agences régionales de santé.
07:06Donc, ce sont ces OMEDIT, observatoires de médicaments
07:09et des produits de santé.
07:11Donc, on a vraiment été à nos côtés, à toutes les étapes,
07:13et on a vraiment comporté la méthodologie,
07:16qui n'est pas simple, pour la standardiser.
07:18C'est-à-dire que tous les hôpitaux mesurent de la même façon
07:20et ensuite aussi pour élaborer des recommandations.
07:23Alors justement, à part peut-être repousser éventuellement
07:25la date de péremption, on pourrait aussi essayer de mutualiser
07:28dans plusieurs établissements de santé,
07:31donc la gestion des médicaments, rapidement ?
07:33C'est exactement une de nos propositions,
07:36c'est-à-dire de pouvoir créer en effet une plateforme régionale
07:38sur laquelle les établissements pourraient enregistrer
07:41surtout des molécules onéreuses
07:43qui approcheraient la date de péremption,
07:45de façon à ce qu'un autre hôpital, peut-être qui en a besoin,
07:48puisse en effet utiliser ces molécules
07:51qui donc ne périmeraient pas dans l'hôpital premier.
07:54Donc ça, c'est une demande forte que nous faisons,
07:56qui est de bon sens.
07:57L'intelligence artificielle peut aider, vraiment ?
08:00Alors peut-être qu'il peut y avoir ensuite des outils digitaux
08:03pour faciliter évidemment cette mutualisation.
08:07C'est l'esprit Covid, vous savez, c'est du bon sens.
08:10Merci beaucoup, merci beaucoup.
08:12Il faudra en revenir pour nous révéler d'autres résultats
08:15et surtout comment améliorer cette gestion des médicaments.
08:18Voilà, merci beaucoup Véronique Molière.
08:19On va à présent accueillir Nicolas Leblanc,
08:21directeur des affaires médicales et des affaires publiques de L'Ivy France.
08:30Nicolas Leblanc, bonjour.
08:32Bonjour Fabien Haguez.
08:33Et bienvenue dans Check-up Santé.
08:34Vous êtes le directeur médical de L'Ivy France.
08:36L'Ivy est une boîte suédoise.
08:38Exactement.
08:38Vraiment un des leaders européens de la téléconsultation.
08:42Mais pas que, parce qu'en Suède, c'est de l'offre physique et digitale
08:46et on opère en Suède, au UK, donc au Royaume-Uni, en Norvège.
08:50Mais les pays nordiques sont des pionniers de la téléconsultation ou pas ?
08:53Ce sont des pionniers et développent beaucoup plus qu'en France
08:55puisque dans les pays nordiques, c'est à peu près 30% des consultations et visites
08:59qui sont faites par ce mode.
09:01Parce que les distances sont plutôt longues.
09:02Oui, et puis je pense qu'ils ont un écosystème numérique
09:04et une formation des professionnels et de la population
09:07qui est plus avancée que ce qu'on a en France.
09:08Nous, c'est à peine 4%.
09:09On est un portard quand même dans le pays.
09:11Alors que c'est franchement une solution...
09:13Mais L'Ivy, c'est quand même près de 800 médecins, c'est ça qui...
09:16Alors L'Ivy, on est 800 médecins à temps partiel, bien sûr,
09:18puisque la loi nous cape à 20% nécessairement de temps maximum.
09:23Donc c'est 800 médecins, 700 généralistes et 100 spécialistes
09:27qui opèrent sur tout le champ de la médecine.
09:29Alors dis-nous, quelles sont les raisons
09:30pour lesquelles la téléconsultation a pris une ampleur incroyable
09:34ces dernières années ?
09:35Parce que c'est un mode d'exercice qui est pratique.
09:39On n'a pas à se déplacer, ni le médecin, ni le patient.
09:41Parce que c'est un mode d'exercice qui est efficace,
09:42parce qu'on peut faire 70% des diagnostics à l'inspection,
09:46à l'interrogatoire dans la littérature scientifique.
09:48Tout ça est documenté.
09:50Et puis parce que c'est un mode aussi un peu économique,
09:54mine de rien, puisque ça coûte un peu moins cher
09:57qu'une téléconsultation et 25, rembourser 25 euros,
09:59alors qu'une consultation est 30 euros.
10:00Mais c'est vrai qu'il n'y a pas seulement la pénurie,
10:02et c'est surtout aussi l'offre de soins
10:04qui est mal répartie en France aussi ?
10:05Ah ben bien sûr, puisqu'il y a beaucoup de patients
10:08qui n'ont pas de médecin traitant,
10:09il y a beaucoup de patients qui ont des difficultés
10:11à accéder aux médecins,
10:13il y a beaucoup de déserts médicaux.
10:14Certains ministres disaient qu'il y avait plus de 80% du territoire
10:16qui était déserts médicaux.
10:17Mais certains mauvaisans disaient que la téléconsultation
10:20était plus pratiquée par les geeks de 30 ans
10:24dans les grandes villes,
10:25qui avaient la flemme d'aller voir leur médecin.
10:27Non ?
10:27Ça, c'est une vieille étude qui disait que
10:29nos patients sont principalement des gens qui sont actifs,
10:33qui ne sont pas forcément des malades chroniques,
10:34parce qu'on ne peut pas être médecin traitant
10:35quand on est en téléconsultation,
10:36et nous le regrettons.
10:38Donc ce sont des gens qui sont salariés,
10:40qui travaillent avec des enfants,
10:41et qui ont le droit d'être malades,
10:42d'avoir des migraines, des diarrhées, des rhumes,
10:45etc., etc., des douleurs de règles,
10:48et qui parfois sont face à l'inaccessibilité du système.
10:51C'est-à-dire un médecin traitant qui a déménagé,
10:52on perd son médecin traitant.
10:55Une consultation qui n'est accessible que dans 3-4 jours.
11:00Qui peut pratiquer cette téléconsultation ?
11:03Tous les médecins généralistes, spécialistes,
11:06qui sont inscrits à l'ordre des médecins,
11:08à condition qu'ils ne respectent les 20%,
11:10qui est une limite d'aujourd'hui.
11:12Justement, il y a une réglementation,
11:13c'est très régulé.
11:14C'est très régulé, et c'est sans doute là où on a...
11:17De quelle façon, justement ?
11:18C'est régulé déjà pour...
11:20Les sociétés de téléconsultation sont régulées,
11:22et il faut pouvoir, quand on fait une téléconsultation,
11:25connaître le patient,
11:27ou sinon il y a des exceptions,
11:28c'est quand le patient n'a pas de médecin traitant,
11:30ou si le médecin traitant n'est pas accessible, etc.
11:32Il y a beaucoup de règles.
11:33D'ailleurs, je souligne que la Cour des comptes
11:35montre que les règles,
11:35elle a dit dans un rapport d'avril 2025,
11:38que ces règles sont sans doute à revoir,
11:39parce qu'elles sont absolument obsolètes,
11:41et qu'elles freinent l'innovation en la matière.
11:43Et il n'y a pas qu'en France,
11:44qu'on fait de la téléconsultation,
11:45c'est dans le monde entier, en Europe,
11:47et on est un port tard en France désormais.
11:48Comme d'hab.
11:49Et en fait, un médecin ne peut pas faire que de la téléconsultation ?
11:54Non, aujourd'hui, il est capé à 20%.
11:55Alors, il y a des spécialités qui se prêtent plus à la téléconsultation,
11:58mais toutes pourraient en faire la question de savoir sur quelle...
12:01La psychiatrie, pardon, la psychiatrie, la dermatologie.
12:01La psychiatrie, mais la dermatologie,
12:03la médecine générale, bien entendu, l'endocrinologie,
12:06enfin, il y a eu toutes les spécialités,
12:07même les spécialités chirurgicales dans le suivi des patients.
12:09Donc, la question étant plutôt de savoir comment
12:11et quelles sont les bonnes indications,
12:12donc basées sur des référentiels de qualité des pratiques
12:15plutôt qu'administratifs.
12:17D'accord.
12:17Et comment sont rémunérés les médecins,
12:20les professionnels de santé qui pratiquent la téléconsultation ?
12:23Alors, la base de remboursement...
12:23Il y a deux façons.
12:24Un médecin peut faire seul des téléconsultations de son cabinet.
12:27Bien sûr.
12:27Ou un médecin qui n'est pas installé peut aussi...
12:29C'est ça.
12:30Bien sûr.
12:30Donc, la base de remboursement...
12:32Le remboursement à la téléconsultation par l'assurance maladie,
12:34c'est de 25 euros.
12:36Donc, le tarif, c'est de 25 euros.
12:38Quasiment la même qu'une...
12:40Ah, c'est 30 euros pour...
12:42Oui, pas une grosse différence quand même.
12:44En pourcentage, ça commence à faire.
12:45Ça dépend comment on compte.
12:47Et puis...
12:48Et donc, nous, nous salarions les médecins.
12:50C'est-à-dire que nos médecins sont salariés
12:51parce qu'on a souhaité avoir un management de l'équipe médicale
12:54que j'ai le plaisir de diriger
12:56avec un certain nombre d'éléments
12:58qu'on souhaite faire au sein de la communauté médicale.
13:00Donc, on a des protocoles de soins.
13:02On aide nos médecins
13:04quand ils ont des difficultés avec les patients,
13:06des difficultés avec les...
13:07Avec administratives, etc.
13:09Donc, on a choisi de le salariat
13:12pour vraiment les aider, les supporter.
13:14Et la preuve, c'est que ça marche ?
13:15Oui, parce qu'ils n'ont que du temps médical chez nous.
13:17Ils arrivent, ils ouvrent leur ordinateur
13:19et ils n'ont que de la médecine.
13:20Et c'est ce qu'ils cherchent, les médecins, aujourd'hui.
13:22Qu'est-ce que vous pensez des cabines de téléconsultation ?
13:25Ce n'est pas le choix qu'a fait Lévi au départ
13:27pour une raison assez simple,
13:28c'est qu'on a pensé que...
13:30Beaucoup de bois, d'ailleurs, on fait...
13:31Non, pas tant que ça, déjà.
13:33Mais parce qu'on pense que la téléconsultation
13:36est une partie du parcours de soins.
13:38Nous, on a vraiment la volonté de faire du digital
13:40et du physique, comme en Suède.
13:41et que la téléconsultation simple apporte quasiment le principal.
13:48Les télécabines sont plus complexes à gérer.
13:51Donc, c'est un choix que, de notre part,
13:53peut-être qu'on y viendra à la faveur
13:54de la télémédecine assistée
13:55avec des professionnels à côté, mais ce n'est pas le...
13:57Et la nouveauté, c'est votre présence dans le temps 7h sur 7,
14:0124h sur 24, ou c'était déjà le cas ?
14:03Non, c'est une nouveauté dans la mesure où...
14:05En fait, les patients nous le demandent.
14:06Vraiment, les patients plébiscitent.
14:08Ne pas se déplacer quand on a des agendas très compliqués
14:11et que les agendas de médecins sont compliqués aussi.
14:14Et d'attendre dans les salles d'attente,
14:15ce n'est pas toujours simple.
14:16Donc, c'est un plébiscite des patients.
14:17Et nous demander d'être présents tout le temps.
14:20Pourquoi ? Parce qu'il y a des gens qui travaillent en décalé.
14:22Parce qu'il y a des gens qui vivent dans les dômes et dans les tomes.
14:25Tu me dis que là, il y a aussi des tarifs de nuit, des tarifs de nuit.
14:27Il y a une adaptation de la tarification.
14:29Mais en même temps, ce n'est pas un souhait de développement.
14:31C'est vraiment une réponse aux besoins.
14:33Mais comme souvent, en fait, on a monté un parcours obésité
14:35parce qu'on a une réponse aux besoins.
14:37Et je dis bien obésité, pas prescription des GLV1.
14:40Donc, on prend en charge l'obésité dans sa globalité.
14:42On prend en charge beaucoup de choses.
14:45En 10 secondes, que voudriez-vous qu'il change ?
14:47Que la France soit au rendez-vous de la télémédecine.
14:50Parce qu'elle est en retard.
14:52Et que les règles soient adaptées aux bonnes pratiques.
14:54la digitalisation du système de soins, c'est inéluctable.
14:57Donc, soyons au rendez-vous et ne ratons pas le train de l'innovation.
15:00Donc, franchement, c'est ce que je souhaite dans les mois qui viennent.
15:03Merci beaucoup, Nicolas Blanc de Lili.
15:05Merci beaucoup.
15:06Merci Fabien.
15:07Voilà, on va accueillir Rémi Teston pour son habituelle chronique.
15:11Rémi Teston, bonjour.
15:19Bien rentré de vacances.
15:20Très bien.
15:20Bonjour, patron de Buzzy Santé.
15:24Tiens, bizarre, vous allez me parler d'intelligence artificielle.
15:26On en parle très, très peu.
15:27Alors, évidemment.
15:28On a l'impression qu'elle est omniprésente.
15:29Voilà, omniprésente dans l'actualité de l'été.
15:31Il y a eu notamment déjà la stratégie nationale autour de l'intelligence artificielle en santé
15:36qui a été annoncée par Yannick Noder au cours du mois de juillet,
15:39qui fait partie du grand plan national aux ELIA.
15:42Yannick Noder, qu'on salue quand même,
15:43qui a quand même réussi à avoir un espèce de consensus
15:45dans toutes les communautés santé.
15:46Exactement.
15:47Ça permet d'encadrer un petit peu l'usage de l'intelligence artificielle,
15:51notamment avec tout un cadre éthique qui est mis en place.
15:54Une autre actualité aussi intéressante
15:56qui a fait beaucoup parler dans le monde des soignants,
15:58c'est le nouvel agent IA de Microsoft qui s'appelle MIXO
16:03et qui permet d'imiter le raisonnement clinique humain,
16:07notamment en pouvant analyser les symptômes,
16:09poser des questions bien ciblées
16:11et puis aller bien au-delà pour établir un diagnostic.
16:15Donc, pour l'instant, c'est testé par un pool de médecins
16:17dans un environnement fermé avant que ce soit déployé plus largement.
16:21En tout cas, l'intelligence artificielle était très présente
16:23et notamment également OpenAI,
16:26qui est l'éditeur de ChatGPT,
16:27qui a annoncé, s'intéressait aussi au sujet.
16:30Ils ont recruté aussi des personnalités du secteur médical
16:34pour se lancer également sur des offres santé.
16:36Et la Chine, toujours devant ?
16:38Alors, la Chine, toujours devant, eux, ils vont encore plus loin
16:40puisqu'ils ont lancé leur premier hôpital entièrement IA,
16:44donc des médecins virtuels, des patients virtuels à distance
16:47et qui sont soignés par une IA médicalisée.
16:51Alors, un sujet qui m'a toujours halluciné,
16:53qui m'a toujours impressionné,
16:53justement, c'est l'impression 3D.
16:55Alors, il y a eu pas mal d'avancées encore et d'annonces au cours de l'été.
16:59Alors, l'impression 3D, il y a plusieurs leviers.
17:01Il y a des choses qui sont plutôt des dispositifs médicaux simples.
17:04Et puis, ça va juste à ce qu'on appelle le bioprinting,
17:06avec vraiment des cellules vivantes.
17:08Et il y a eu notamment une étude aux États-Unis
17:10avec une impression 3D qui permet d'imiter les tissus pulmonaires,
17:14donc notamment pour tester des médicaments, des candidats médicaments.
17:18Et puis, d'autres études aussi qui ont proposé des nouveaux outils de diagnostic
17:23dans la maladie de Parkinson, avec notamment un stylo imprimé en 3D
17:26qui permet d'analyser l'écriture et de pouvoir déceler l'arrivée potentielle de la maladie.
17:32Enfin, vite et rapidement, la start-up du mois ?
17:37Alors, la start-up du mois va vous intéresser, c'est N-Suite,
17:39qui travaille dans la téléréadaptation cardiaque
17:42et qui permet aux patients de suivre leur programme de téléréadaptation à domicile
17:46avec un suivi à distance par une équipe pluridisciplinaire via une interface web et mobile.
17:52Merci beaucoup Rémi, à bientôt pour une prochaine chronique.
17:55Avec plaisir.
18:02Romain Oumengas, bonjour.
18:04Bonjour Fabien.
18:04Bienvenue dans le Check-up Santé à nouveau.
18:05Vous êtes diplômé de l'ESSEC, vous avez roulé votre bosse professionnelle en Chine, à New York
18:10et vous avez cofondé en Jouissi en 2021 avec un chirurgien cardiaque, ça m'est ça ?
18:16Absolument.
18:16Quand même, quel parcours, depuis qu'on vous a invité la dernière fois,
18:20il y a à peu près trois ans, quand vous vous démarriez quoi.
18:22Absolument, vous avez été les premiers à croire en nous.
18:24Donc le progrès, c'est un peu grâce à nous ?
18:26Absolument, c'est ça.
18:26Oui, bien sûr.
18:28Alors, vous dites que, et c'est vrai que depuis 2020,
18:30la quantité d'informations médicales double tous les 73 jours.
18:34Oui, aujourd'hui, il y a des milliers de nouvelles publications qui sont publiées tous les jours.
18:38Et donc ça, ça crée une friction.
18:39C'est exponentiel.
18:40Et ça crée une friction à la fois pour les professionnels de santé,
18:43à qui on cherche à simplifier la littérature scientifique pour les mettre à jour de manière quotidienne,
18:49mais également pour tout type d'organisation de santé,
18:51des hôpitaux jusqu'au laboratoire pharmaceutique,
18:53qui ont besoin de mettre au cœur la recherche et la littérature scientifique.
18:57Donc il y a un formation et formation, ça va souvent avec.
19:00Mais c'est vrai qu'à cette époque, à l'époque des fake news,
19:02ce n'est pas compliqué de faire le tri ?
19:04Justement, l'IA peut aider à lutter contre les fake news et la désinformation.
19:08Tout dépend de la manière dont on l'entraîne.
19:09Nous, notre IA, aujourd'hui, elle est structurée à travers différentes étapes.
19:13Il y a une étape qui est clé, c'est la curation.
19:15C'est la sélection des publications, qui est basée sur une dizaine de critères
19:18qui viennent directement de la communauté médicale internationale
19:21pour garder uniquement ce qu'il y a de fiable et impactant.
19:23Ensuite, pour résumer ces publications, on va extraire les données clés
19:26afin de coller au sens original que les auteurs ont voulu donner.
19:30Et puis, on a une équipe médicale également qui va entraîner
19:32et qui va superviser l'ensemble de ces modèles
19:34pour assurer la crédibilité, la fiabilité,
19:37mais également l'explicabilité des modèles.
19:40Oui.
19:40Donc vous êtes, à première vue, ça marche bien,
19:42puisque vous n'êtes pas qu'en France.
19:44On n'est pas qu'en France.
19:44On est à l'international également.
19:46Aujourd'hui, on soutient tout type d'organisation de santé
19:47sur trois cas d'usage principaux.
19:49Le premier, c'est qu'on vient personnaliser
19:51la veille de la littérature scientifique
19:53pour les organisations de santé
19:54sur leur spécialité ou leur air thérapeutique.
19:57Le deuxième, c'est sur des sujets de formation en interne
19:59pour des équipes de R&D, pour les affaires médicales,
20:02pour des visiteurs médicaux.
20:04Et puis le troisième, c'est sur les professionnels de santé
20:07où on a besoin de réinventer l'expérience
20:09de la consommation de la littérature scientifique
20:11pour véritablement les aider à rester à jour.
20:13Je vous donne un exemple.
20:14Quand on regarde les congrès médicaux,
20:16qui sont ces événements extrêmement importants
20:17en termes de dissémination des dernières connaissances médicales
20:20qui réunissent l'ensemble des acteurs
20:22d'une spécialité médicale donnée,
20:23on s'aperçoit que ça n'a pas bougé depuis 30 ans.
20:25On voit encore les professionnels de santé
20:27prendre en photo dans les couloirs,
20:28les grands posters qui sont énormes
20:30et qui ne retrouveront jamais dans leur photothèque.
20:31On a besoin de réinventer les congrès médicaux.
20:34Et ça, ça passe à la fois par l'intelligence artificielle,
20:36mais également l'intelligence collective.
20:38Et tout ça dans une appli ?
20:39Et tout ça dans une application mobile, à portée de main.
20:42Parce que notre conviction, c'est que...
20:42C'est le Jussi, il faut le repréciser quand même.
20:44Qui s'appelle Jussi,
20:45qui est la contraction de Juss of Science.
20:47C'est ça la promesse,
20:48délivrer des jus de sciences quotidiens
20:49à l'ensemble des utilisateurs.
20:52Alors vous vous disiez qui sont vos clients ?
20:54Il n'y a pas seulement...
20:55On pourrait avoir tendance à penser
20:57que seuls les médecins sont vos clients,
20:59mais pas que.
21:00Alors l'application est gratuite
21:02pour les professionnels de santé.
21:03Ça, c'est vraiment notre mission,
21:04démocratiser la connaissance scientifique
21:06au plus grand nombre.
21:07Que j'utilise d'ailleurs.
21:08Que vous utilisez, j'en suis ravi.
21:11Donc tout le monde peut télécharger l'application
21:13directement sur l'App Store
21:14ou sur Google Play
21:14et accéder à une version qui est publique,
21:16qui est gratuite et généraliste.
21:18Et on a un modèle économique
21:19qui est tourné vers le B2B.
21:20Donc on a des comptes entreprises.
21:22Et là, on va soutenir à la fois
21:23des cliniques et des CHU,
21:25des établissements médico-sociaux,
21:28des sociétés savantes
21:29qui ont besoin de disséminer
21:31les dernières connaissances à leurs membres.
21:32Et puis des industriels,
21:34des laboratoires pharmaceutiques
21:35jusqu'aux grandes entreprises
21:36du dispositif médical.
21:37Vous avez des concurrents dans ce domaine
21:39ou pas beaucoup ?
21:40On n'a pas de concurrents directs aujourd'hui,
21:41mais il y a un certain nombre de startups
21:42qui ont fait la même observation que nous.
21:44Et notamment pendant la période du Covid,
21:46la recherche scientifique évoluait
21:47à une vitesse folle.
21:48Maintenant, l'IA et ce contenu,
21:50on peut l'impliquer à plein de domaines.
21:52Là où on le fait, nous, aujourd'hui,
21:53on n'a pas de compétition directe.
21:54Alors quand vous parliez de rassembler
21:55un petit peu toutes les informations
21:56qui arrivent,
21:57il y en a qui sont quand même payantes.
21:59Ouais.
21:59Alors ce qu'on va faire,
22:00c'est qu'on va agréger...
22:02Parce qu'il faut avoir parfois
22:03l'autorisation de l'auteur pour...
22:04On va agréger toutes les données
22:06qui sont publiques.
22:07Et puis à côté de ça,
22:08on va mettre en place des partenariats
22:09qui vont nous permettre
22:10de digérer l'ensemble des informations.
22:12Maintenant, ce qu'on fournit sur Jousy,
22:13c'est toujours du résumé
22:14avec le lien évidemment
22:16de redirection vers l'original,
22:17ce qui est extrêmement important
22:18en termes de traçabilité de contenu,
22:20mais également pour l'utilisateur
22:21s'il souhaite aller plus loin.
22:22Vous disiez que c'est...
22:24Vous diffusez dans pas mal de pays,
22:25donc il y a différentes langues ?
22:27Il y a plus de 10 langues
22:29qui sont accessibles aujourd'hui.
22:30On vient traduire
22:31la littérature scientifique
22:32qui est principalement accessible
22:33en anglais dans plus de 10 langues,
22:34ce qui permet une meilleure dissémination,
22:36une meilleure assimilation
22:36et partage du contenu.
22:38Et en effet, aujourd'hui,
22:39on a des clients et des partenaires
22:41à l'international,
22:42en Europe, au Royaume-Uni,
22:44aux États-Unis.
22:45Et puis on commence également
22:46à avoir des partenaires
22:48en Asie du Sud-Est
22:49et en Amérique latine.
22:50Extraordinaire.
22:51Et donc, la bonne nouvelle,
22:52c'est que vous venez de lever
22:53quand même quelques petits millions d'euros.
22:55Voilà, on vient de lever
22:565,5 millions d'euros.
22:57Vous allez enfin changer de voiture.
22:59Je suis toujours à vélo,
23:00je suis venu à vélo d'ailleurs.
23:01D'accord.
23:03Et cette levée de fonds,
23:04elle va servir à deux choses.
23:06La première, c'est d'accélérer
23:07notre go-to-market,
23:09notre expansion à l'international.
23:10La deuxième, c'est évidemment
23:11de continuer à itérer
23:12sur notre intelligence artificielle,
23:14sur notre produit,
23:15pour dégager toujours plus de valeur
23:16à nos utilisateurs,
23:17à nos clients et à nos partenaires.
23:19Et votre entreprise
23:20commence à gagner de l'argent ?
23:22On atteignait le point de rentabilité.
23:25On a réalisé cette levée de fonds
23:26pour accélérer.
23:27Donc on redécale le point de rentabilité
23:29puisqu'on recrute.
23:30On a recruté beaucoup de personnes.
23:31On continue à recruter
23:32sur l'ensemble des pôles
23:34et des équipes.
23:36Vous êtes combien maintenant ?
23:37Aujourd'hui, on est 30.
23:38On continue à recruter
23:39jusqu'à la fin de l'année
23:40pour structurer
23:41l'ensemble de l'activité
23:43et pouvoir itérer
23:43sur nos priorités.
23:45Merci et franchement, bravo.
23:47Merci beaucoup, Fabien.
23:47Merci, Robin.
23:48Donc voilà,
23:49c'est la fin de cette émission.
23:50On se retrouve la semaine prochaine.
23:51Check-up Santé
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23:56sur BFM Business.
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