- il y a 5 heures
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 24 janvier, Rémy Teston, directeur général de Buzz E-Santé, et Fabrice Denis, fondateur et directeur de l'nstitut de Prévention Astrium, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.
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00:00BFM Business présente Check-up Santé avec Fabien Guaise.
00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-up Santé.
00:15Vous le savez peut-être, tous les débuts janvier se déroule à Las Vegas le fameux CES Consumer Electronics Show,
00:22gigantesque événement qui réunit les plus grands esprits de la technologie dans tous les domaines, en particulier de la santé.
00:28Check-up Santé y était par l'intermédiaire de notre ambassadeur préféré Rémi Teston, patron de Buzz e-Santé.
00:34Il revient du Nevada pour nous dire ce qu'il a vu d'innovant.
00:37Et en innovation en santé, il s'y connaît car il est l'un des pionniers de la santé numérique.
00:43C'est le professeur Fabrice Denis, oncologue, fondateur de l'institut Astrium, institut de préventologie et de recherche en longévité.
00:49Il est accompagné de Hicham Thamsamani, ingénieur biomédical et organisateur de la conférence prévention et longévité à Paris,
00:58qui se déroulera le 4 février prochain à Paris.
01:01Mais je voulais vous rappeler quand même la sixième édition des grands prix Check-up Santé,
01:06qui auront lieu le 14 avril prochain à Paris.
01:10Vous pouvez déposer d'ores et déjà vos candidatures jusqu'au 8 mars.
01:14Check-up Santé, c'est parti.
01:15Check-up Santé, au cœur de l'innovation santé.
01:22Rémi Teston, bonjour.
01:23Bonjour Fabien.
01:23Patron de Buzzy Santé, vous revenez de Las Vegas ?
01:26Exactement.
01:27Vous avez pris des couleurs ou pas ?
01:28Un petit peu.
01:28Il a fait beau ?
01:29Plus beau qu'à Paris en tout cas.
01:30Ça c'est facile.
01:32Alors donc énorme salon.
01:36Exactement, encore pas loin de 150 000 visiteurs.
01:40Il y avait plus de 4 000 exposants.
01:43Toujours plus non pas ?
01:44C'est à peu près stagnant le nombre de start-up et d'exposants.
01:48Cette année par contre, il y avait beaucoup plus de médias présents.
01:50Il y avait 6 500 journalistes et médias présents.
01:52Donc une couverture beaucoup plus.
01:53J'imagine fatigant.
01:55Fatigant, c'est vrai que sur les trois jours, on a fait pas loin de 60 km à pied à arpenter les différentes allées du salon.
02:03Oui, alors évidemment, le salon est dans tous les domaines et en particulier de la santé qui prend une place un peu plus importante cette année.
02:11Ça fait déjà 2-3 ans que la santé prend une part de plus en plus importante.
02:14Et cette année, c'était une vraie verticale très importante.
02:17Parce qu'il y avait quasiment un quart des start-up qui étaient dédiées au monde de la santé.
02:21Avec tout un espace dédié.
02:23Il y avait notamment le Digital Health Summit qui était organisé à l'intérieur du CES.
02:27Donc avec des conférences, des keynotes.
02:29Donc avec des patrons de grands industriels, pas mal aussi de discours autour de la prévention.
02:35On avait par exemple Serena Williams qui est venue parler de prévention aussi dans le sport.
02:39Vous avez des keynotes.
02:40Il y avait également un launch qui permettait de faire des échanges et de pouvoir participer également à des conférences.
02:47Et puis énormément évidemment de start-up avec des thématiques très importantes.
02:52Quelles sont les thématiques les plus prédominantes ?
02:54Sur les conférences, les principales thématiques étaient bien sûr l'IA et la data qui sont omniprésents sur la personnalisation du soin, le parcours de soin, la décision clinique, etc.
03:04La santé de la femme était également un thème très abordé avec la Femtech.
03:08Et de plus en plus de solutions à l'accompagnement des femmes sur tout le cycle hormonaux, tout ce qui est endométriose, périménopause, ménopause, etc.
03:17Et puis un des thèmes centrales était la longévité, avec notamment ce qu'ils appellent l'HTEC là-bas, avec beaucoup de solutions sur comment accompagner finalement le maintien à domicile, le suivi dans la durée aussi de la santé des seniors.
03:29On a parlé de l'anti-aging aussi, donc ça va avec cette longévité, prévention de longévité.
03:35Et donc il y avait également pas mal d'industriels présents.
03:37Vous avez les gros industriels comme Samsung toujours.
03:40Donc pas mal français, non ?
03:42Donc pas mal de français.
03:42Oui, alors chez les industriels vous aviez par exemple Dassault, Dassault Systèmes qui est toujours présent, qui est très présent, qui avait une expérience immersive autour de la maladie d'Alzheimer et des maladies dégénératives.
03:54Rappelez ce que fait Dassault Systèmes quand même.
03:56Dassault Systèmes développe en fait des jumeaux numériques et des solutions d'IA pour aider finalement dans tout le parcours de soins, que ce soit dans la recherche de médicaments, que ce soit même dans les plateaux chirurgicaux, dans plein d'autres domaines.
04:13Et ils avaient une expérience immersive.
04:14On était immergés vraiment dans un monde d'IA et de réalité virtuelle.
04:19Et c'était très intéressant de voir un peu l'impact aussi des maladies dégénératives.
04:23Et puis en termes de français, il y avait bien sûr Weezing, présent tous les ans, qui a présenté une nouvelle balance, alors qu'il n'est pas une balance connectée à part entière.
04:30Pour eux, c'est une vraie station finalement de santé sur la durée pour être dans un volet très prévention et pouvoir suivre sa santé pour anticiper et puis modifier aussi certains comportements pour être en bonne santé tout au long de la vie.
04:44D'autres labos quand même ?
04:46Oui, bien sûr. Alors il y avait des laboratoires comme Abbott, qui sont aussi un habitué du CES, qui est très présent.
04:52Très présent en diabétologie ?
04:53Exactement. Comme l'année dernière, ils ont présenté Lingo, qui est un capteur qui permet de suivre son glucose, mais pour les non diabétiques.
05:01Et également d'autres solutions autour de l'alimentation. Et puis le laboratoire Merck, qui a démontré aussi toute l'étendue de leurs activités, pas que santé, mais avec aussi un volet important sur toutes leurs solutions e-santé développées dans le parcours de sang.
05:15Un laboratoire en Corée, Samsung ?
05:17Samsung, donc Samsung. Alors cette année, Samsung est sorti des halls d'exposition. Ils avaient fait leur propre exposition dans un hôtel.
05:24Et du coup, ce qui est intéressant, c'est qu'ils ont développé tout un écosystème qu'ils ont appelé le Care Compagnon, pour le suivi de la santé de toute la famille, avec des solutions aussi bien pour la dermatologie, avec des miroirs pour pouvoir définir les niveaux d'acné.
05:38Il y a également tout un tas de solutions qu'ils ont appelées Brain Health, qui est au-dessus de la détection du déclin cognitif, pour essayer de déceler aussi l'arrivée de certaines pathologies dégénératives, qui était un thème très central cette année au CES.
05:53Amazon s'est lancé dans la santé ?
05:55Exactement, et Amazon aussi très présent. Alors, c'est vrai que ce n'est pas un habitué du monde de la santé. Amazon, en tout cas sur le CES, ils ont présenté un nouveau bracelet d'une startup qu'ils ont acquis qui s'appelle Bee,
06:06et qui enregistre finalement tout ce que vous faites dans la journée, vos conversations, vos mouvements, etc. Et qui permet du coup d'anticiper certains comportements, et également de pouvoir essayer de diagnostiquer certaines pathologies éventuelles.
06:19Alors, quelques mots sur les tendances fortes qui ont été révélées à ce CES.
06:23Alors, comme tous les ans au CES, il y a le handicap qui est très présent, beaucoup de solutions sur la mobilité ou pour les personnes à déficience visuelle.
06:31Également, beaucoup de choses cette année autour de ce qu'on va appeler la neurotech.
06:34Tout ce qui est autour de la neurologie, des outils qui sont à la fois pour le diagnostic, mais également beaucoup de choses autour du sommeil, ce qu'on va appeler la sleep tech.
06:42Également, beaucoup de choses, comme je disais, sur la femtech qui était présente cette année, pas mal de startups françaises notamment.
06:49Et puis...
06:49Sur les capteurs intelligents, sur les...
06:51Exactement, le suivi hormonal, sur des capteurs aussi pour gérer la douleur autour de l'endométriose.
06:57Voilà ce type de solution.
06:59Ou certaines aussi autour du cancer du sein.
07:01Il y a présente évidemment partout.
07:02Il y a omniprésente partout.
07:04Et puis bien sûr, tout ce qui est souvent un peu les stars du CES, c'est les objets connectés, les wearables, avec encore une fois un marché gigantesque de la bague connectée qui devient un vrai standard et qui devient aussi quelque chose de beaucoup plus pointu en termes de données qui sont saisies et qui permettent d'avoir un suivi vraiment performant de la santé.
07:23Alors que dire de cette délégation française qui est d'habitude très importante à Las Vegas, très présente à Las Vegas ?
07:29Elle était divisée en deux.
07:30Parce qu'il y avait le pavillon France, je n'irais pas Business France, et une délégation régionale d'Auvergne-Rhône-Alpes.
07:35Et finalement, la délégation de Business France était assez réduite par rapport aux autres années.
07:39Et les startups les plus intéressantes...
07:41Il y a une raison ?
07:41Il y a le contexte évidemment économique, le fait que les startups aussi ont moins de moyens aujourd'hui pour aller investir d'autres marchés.
07:48Il faut déjà qu'ils se concentrent à faire leur propre marché déjà en Europe.
07:51Et puis il y avait pas mal de startups santé intéressantes, mais beaucoup plus sur le stand d'Auvergne-Rhône-Alpes que Business France.
07:59On peut en citer deux ou trois de...
08:00Bien sûr, donc il y avait Swift Imagine qui est un robot automatisé qui permet de faire de la télé radiologique, qui était quelque chose d'assez intéressant.
08:10Une écographie à distance.
08:11Qui a fait beaucoup parler, c'est Reconcept.
08:14C'est une sorte de grosse capsule où en fait on rentre à l'intérieur et puis ça analyse d'un point de vue neurologique toutes les constantes de l'individu.
08:23Après on peut en citer d'autres.
08:26Vous avez Soned par exemple qui est une solution d'IA mais qui passe par le son et qui à travers le son va détecter les crises, les chutes, etc.
08:34Donc c'est une nouvelle norme qui est en train de se mettre en place via le son qui devient un vrai biomarqueur aujourd'hui digital par rapport à d'autres solutions.
08:41Et puis dans le handicap, une qui a pas mal marché aussi, c'est Wellmove.
08:45Et finalement, une solution qui permet de rendre, automatiser et motoriser un fauteuil pour les personnes de handicap physique et qui permet aussi de pouvoir aller sur des chemins un peu tortueux.
08:56Qui on l'espère sera remplacé par les exosquelettes à moyen terme.
08:59Exactement, qui était encore très présent aussi cette année.
09:01Et pour finir, donc la start-up du mois, start-up très originale.
09:05Alors la start-up du mois et qui a fait beaucoup de parler d'elle aussi au CES, c'est Alerte Allergène qui propose un sorte de mini-laboratoire que vous pouvez emmener au restaurant, quand vous êtes au travail, la cafétéria, etc.
09:15Vous pouvez prendre du coup, vous pouvez tester une partie de ce que vous allez manger dans ce mini-laboratoire pour déceler toutes les allergies éventuelles.
09:22Donc pour les personnes allergiques, c'est une vraie avancée.
09:24Un mini-laboratoire qui tient dans la main et qui permet du coup de pouvoir déceler tout ça et qui va être commercialisé dans les prochaines semaines.
09:32Merci beaucoup Rémi Tesson, patron de Buzzy Santé.
09:35Merci beaucoup Rémi.
09:36On va présent accueillir Fabrice Denis, oncologue et Hicham Themsamani.
09:47Hicham Themsamani, bonjour.
09:48Bonjour.
09:49Ravie de vous accueillir dans le Check-Up Santé.
09:51Fabrice Denis, professeur.
09:52Fabrice Denis, bonjour.
09:54Bonjour.
09:54Spécialiste en oncologie, directeur de l'Institut médical Astrium de prévention et d'épigénétique de la longévité au Mans.
10:02Vous me dites si je me trompe, vous êtes un des pionniers de la santé numérique.
10:07Vous avez même fait la première application en e-santé remboursée.
10:10Incroyable.
10:11Et surtout, surtout, vous avez gagné deux prix, des grands prix Check-Up Santé.
10:16Un pour la personnalité de l'année, l'autre pour l'avancée, la meilleure avancée biologique de l'année.
10:21Donc on attend le troisième chèque.
10:23Bien sûr, comme d'habitude, en Europe est prête.
10:25Oui.
10:25Donc ça vous a apporté quelque chose quand même ?
10:27Un petit peu quand même.
10:28Oui, c'était une reconnaissance pour les deux éléments des travaux effectués.
10:33Le premier pour la lutte contre le Covid avec un site internet de triage de patients qui évitait les appels aux urgences inutiles.
10:41Et puis le second, c'est effectivement sur les recherches pharmacogénétiques qui permettent de dépister précocement la réaction des individus vis-à-vis d'une centaine de médicaments
10:49pour éviter les effets secondaires ou les inefficacités de ces traitements.
10:52Donc c'est de la prévention de hiatrogénicité, comme on dit.
10:54Et Hicham aussi, je sais qu'on en reparlera après, vous avez aussi travaillé pendant le Covid sur les eaux usées.
11:00Tout à fait, nous avons même fait une émission ici à l'époque.
11:03Exactement.
11:04Donc Fabrice Denis, les chiffres de l'OCDE nous montrent que nous sommes les premiers en reste à charge.
11:14Les enfants gâtés, les Français, et surtout les derniers, en revanche les derniers en prévention.
11:19Il y a une raison, il y a des raisons.
11:21Il n'y a pas de bonnes raisons.
11:23Il y a des raisons quand même.
11:24Il y a les raisons qui finalement font que les patients ne vont pas faire des consultations préventives.
11:30Elles tournent autour de 3.1.
11:32Les médecins sont globalement peu formés.
11:33On n'est pas vraiment formé à la prévention dans nos spécialités.
11:37Deux, l'accès aux médecins est très difficile.
11:39Et donc les patients se disent que tant qu'à avoir un médecin,
11:42ce sera au dernier moment à viser curatif sur un symptôme ou une maladie.
11:45Le système est très centré sur le curatif.
11:47On est centré sur le curatif avec 99,9% des dépenses sur le curatif.
11:52Et le troisième point, c'est que jusqu'à il y a quelques mois ou années,
11:57on n'avait pas la capacité de quantifier réellement les risques
11:59et les mesures de correction qu'on pouvait appliquer pour corriger ces risques.
12:03Et donc là, il y a ces données maintenant quantitatives qui permettent de dire à un individu,
12:07vous avez telle anomalie, on la corrige, on gagne tant de longévité.
12:09Mais vous disiez aussi qu'il y a un problème de prise en charge.
12:12Est-ce qu'il n'est pas pris en charge en général ?
12:13Effectivement, maintenant, si on veut faire des bilans de prévention bien complets,
12:19les trois quarts ne seront pas pris en charge.
12:22Alors que dans certains pays, c'est le cas.
12:23Bien sûr.
12:24On en reparlera effectivement.
12:25Il y a aussi un phénomène culturel aussi, par exemple la vaccination.
12:27Les Français sont les moins vaccinés d'Europe ?
12:29Oui, c'est ça.
12:30Alors ce qui est intéressant, c'est que paradoxalement,
12:32même parmi nos confrères médecins, tous ne sont pas toujours au top de la vaccination.
12:36Après, les calendriers de vaccination se modifient tellement régulièrement
12:41que c'est aussi difficile de suivre.
12:42Oui.
12:43Alors, pourtant, la prévention, donc il y a des chiffres quand même
12:45qui disent que la prévention permet d'améliorer la vie,
12:49l'espérance de vie en bonne santé.
12:51Alors, les chiffres, ils sont majeurs.
12:53À 40 ans, si vous corrigez les huit principaux facteurs de risque,
12:56vous gagnez 24 années de longévité.
12:5824 années, un quart de siècle en corrigeant les troubles du sommeil,
13:01le surpoids, les sédentarités, etc.
13:03On ne peut pas tout prévenir.
13:05Alors, on ne peut pas tout prévenir, mais par contre,
13:07si l'on cherche déjà tout ce que l'on peut prévenir,
13:09on réduira de pratiquement 40% les cancers,
13:1152% les maladies cardiovasculaires, AVC, infarctus,
13:15et 75% les diabètes.
13:17Donc, même si on ne peut pas tout corriger, tout prévenir,
13:19ça commence à peser.
13:21C'est déjà énorme.
13:21Il y a vraiment une corrélation entre vieillissement et cancer ?
13:23Oui, alors de toute façon, le vieillissement, c'est la première cause des maladies.
13:26C'est une maladie pour l'OMS depuis 2015,
13:28et c'est la cause principale des maladies chroniques, cardiovasculaires, métaboliques, oncologiques,
13:34même si, effectivement, on peut avoir des pathologies plus jeunes.
13:37Mais c'est une cause majeure parce que les dérèglements biologiques associés au vieillissement,
13:40qui, en général, commencent à se dégrader assez brutalement à 45 et 55 ans,
13:45mettent un terreau particulier au développement de ces pathologies.
13:48Bon, alors maintenant, on a les moyens à une nouvelle technologie.
13:50Donc, vous êtes un des pionniers, justement.
13:52On a les moyens maintenant d'améliorer cette prévention ?
13:54Oui, alors les premiers moyens qu'on a, c'est d'utiliser déjà des examens,
13:59qu'ils soient biologiques, même épigénétiques, on pourra en reparler,
14:02et d'imagerie, qui permettent déjà de faire un tableau complet d'un patient
14:06en termes d'âge de ses organes, de vieillissement accéléré de tel ou tel système,
14:10et de quantifier à l'avance ce qu'il perd en longévité,
14:13si il ne change pas son mode de vie,
14:15ce qu'il va gagner de façon hiérarchisée en adaptant les prises en charge, point par point.
14:20Un patient, par exemple, qui a un foie gras, sans le savoir,
14:23parce que vous ne pouvez pas le savoir, si vous n'avez pas une imagerie,
14:25eh bien, si on laisse les choses faire, il a 25% de probabilité de faire une fibrose,
14:29et ensuite une cirrhose, etc.
14:31Alors que ça se corrige en deux mois, un foie stéatosique.
14:33Pareil pour le pré-diabète, il y a pratiquement 30 à 40% de la population
14:36qui est pré-diabétique sans le savoir.
14:38En deux mois, on corrige un pré-diabète,
14:39et on empêche un patient d'être diabétique,
14:41là où c'est irréversible.
14:42Le pré-diabète, c'est réversible en deux mois.
14:44Et donc, ces différents outils, maintenant, ça va du macro au plus profond ?
14:48Là, maintenant, on va vraiment, au-delà de la cellule,
14:53on va à la mitochondrie.
14:54On a découvert que la mitochondrie était un foyer principal d'épuisement
14:58au fil de l'âge de ses capacités,
15:00sur le plan de la gestion de ce qu'on appelle l'oxydoréduction,
15:03le stress oxydatif.
15:05Elle a aussi des vertus lorsqu'elle fonctionne bien anti-inflammatoire.
15:09Et donc, on a maintenant tout un panel de nouveaux biomarqueurs biologiques
15:12qui sont extraordinairement intéressants
15:13et validés par des niveaux de publication,
15:16Nature, New England, etc.,
15:17qui permettent de dire, point par point,
15:19ce que l'on peut corriger.
15:21On ne cherche pas ce qui n'est pas corrigeable, par contre.
15:23En tout cas, ce n'est pas la philosophie qu'on a à l'Institut.
15:25Mais on a déjà suffisamment de points à corriger
15:27sans forcément de faire des choses très compliquées
15:29pour augmenter cette longévité et réduire les risques.
15:31Et on peut vraiment définir, à côté de l'âge chronologique,
15:34un âge qu'on appelle objectif ?
15:36Oui, l'âge chronologique, c'est de moins en moins
15:38quelque chose de pertinent.
15:39Vous savez bien qu'on a une espérance de vie selon les gens de 60 à 100 ans.
15:44Ce n'est pas vraiment le meilleur marqueur de vieillissement.
15:46En revanche, on a maintenant accès à des marqueurs de vieillissement d'organes.
15:50On peut calculer un âge d'artériel avec le score calci-coronaire, par exemple.
15:55On peut calculer aussi un âge métabolique
15:56par la composition corporelle d'un individu.
15:58Et on peut aussi utiliser des âges épigénétiques
16:02en utilisant des horloges qu'on appelle polyomiques
16:04qui pourront donner des informations beaucoup plus précises
16:07en termes de rythme de vieillissement de chaque cellule.
16:10On va en parler.
16:11Avant de donner la parole à Hicham, qui n'a pas encore parlé.
16:15Je vous écoute avec beaucoup d'intérêt.
16:16J'espère.
16:17Donc, vous dirigez l'institut Astrium au Mans.
16:20Absolument.
16:21Donc, vous y proposez tout ce que vous venez de nous dire.
16:23En fait, on a accès à toutes ces technologies
16:25avec des collaborations en France,
16:28avec des instituts comme Eurofine
16:31qui permettent de nous faire profiter de la pharmacogénétique
16:34et bien sûr des collaborations aux Etats-Unis
16:37avec des centres qui collaborent notamment avec Harvard
16:39pour faire ces calculs d'âge épigénétique et protéomique.
16:43Et puis, l'idée, c'est de concaténer tous ces éléments
16:46pour avoir une idée globale à travers notamment des jumeaux numériques
16:49de la situation précise d'un individu, oui.
16:51Mais ce qui m'interpelle, c'est que votre institut,
16:54qui est aussi extraordinaire qu'il soit,
16:56pourquoi ne pas le faire à Paris ou ailleurs ?
16:59Dans deux mois, il y en a un autre qui va effectivement naître à Paris.
17:02Et bien voilà, génial.
17:03C'est la réponse que j'attendrais.
17:06Hicham, donc vous êtes Hicham Thamsamani,
17:08donc vous êtes ingénieur biomédical.
17:09Vous avez débuté votre carrière au CNES,
17:12au Centre National d'Études Spatiales.
17:14Et puis, vous avez fondé HBT Group,
17:17qui est un cabinet de conseil, c'est ça, spécialisé
17:19dans le dispositif médical ?
17:21Entre autres, mais dans l'adoption des technologies
17:23du numérique en santé,
17:25sachant que les dispositifs médicaux deviennent
17:26de plus en plus numériques.
17:28Donc, effectivement, ça en fait partie.
17:31Oui, et donc, évidemment, votre CIP, c'est ?
17:33Ma CIP, c'est les établissements de santé,
17:35c'est tout ce qui est organisation de recherche médicale,
17:38mais effectivement aussi les industriels,
17:40parce que notre objectif, c'est de rapprocher
17:41les offres des industriels avec les problématiques cliniques
17:44ou de recherche des soignants et des chercheurs.
17:47D'accord, vous êtes impacté avec ce qui se passe aux États-Unis ?
17:50Ou pas ? Il y a un risque ?
17:52Comme toute chose, je vais faire une réponse
17:54qui n'est pas si innocente que ça,
17:57mais ça constitue plutôt une opportunité pour nous,
17:59puisqu'il y a une prudence qui s'installe de plus en plus
18:02envers les technologies américaines.
18:04Donc, il y a une nécessité aujourd'hui de développer
18:06une trajectoire française,
18:07et pourquoi pas mettre en valeur notre écosystème français
18:10qui, on va peut-être en parler tout à l'heure,
18:11est déjà bien riche et bien fourni.
18:14En quelques mots, votre rencontre avec Fabrice Denis
18:16pour cette conférence ?
18:18Oui, merci.
18:19Alors, vous l'aviez dit tout à l'heure,
18:20moi, je suis un ingénieur biomédical qui travaille...
18:22C'est parce qu'il a été élu deux fois en CIP Santé, c'est pour ça.
18:25Ce fut un choc.
18:27Notre première rencontre, ce fut un choc.
18:28Parce que moi, ça fait 30 ans que je travaille
18:29dans le numérique en santé,
18:30et puis j'étais en train d'essayer de créer un think tank
18:32avec quelques collègues professionnels,
18:35parce qu'on était un petit peu désabusés
18:37de voir qu'on continuait à perdre du terrain
18:39sur le numérique en santé
18:40vis-à-vis des grands acteurs outre-Atlantique
18:43pour lesquels j'ai aussi travaillé.
18:44Et on essayait de mettre en place
18:45une logique de collaboration-compétition
18:47pour effectivement recréer une trajectoire
18:50d'excellence française dans le numérique en santé.
18:53L'excellence médicale française est toujours là,
18:56a toujours été là,
18:57mais le numérique en santé a du mal
18:59à servir cette excellence médicale.
19:01Et donc, en même temps,
19:02nous sommes au carrefour entre l'industrie,
19:04les technologies médicales,
19:06et on voyait poindre comment s'est arrivée
19:08cette médecine préventive.
19:09J'ai commencé à regarder,
19:10puis j'ai identifié le professeur Fabrice Denis
19:12comme étant le monsieur à qui il parlait.
19:14Et on a passé 45 minutes,
19:15qui sont un des plus grands chocs professionnels de ma vie,
19:18parce que quand il m'a donné à voir
19:19toute l'étendue de ce que permettait
19:21la médecine préventive aujourd'hui,
19:23je me suis dit, non, il faut que je travaille avec lui,
19:24il faut qu'on travaille ensemble,
19:25et c'est ce qu'on fait depuis deux ans.
19:26Alors, vous organisez la deuxième édition
19:27de la conférence prévention et longévité.
19:30Il y a un fil conducteur ?
19:31Oui, tout à fait.
19:32Ce n'est pas une conférence médicale,
19:34même si on a vraiment un vrai contenu scientifique.
19:37L'objectif de cette conférence,
19:39c'est encore une fois de donner visibilité
19:41à tout l'écosystème,
19:43décideurs, soignants,
19:44directeurs d'établissements,
19:45industriels,
19:46mais on a aussi l'ambition
19:47de toucher le grand public
19:48par les associations de patients, etc.
19:50de donner visibilité
19:51à cette nouvelle médecine préventive
19:53et de longévité,
19:55donner la visiter sur les avancées cliniques,
19:57sur les solutions industrielles qui existent,
19:59sur les demandes des différents acteurs
20:01envers nos autorités de tutelle
20:03pour qu'elles créent les conditions du développement,
20:06mais aussi à augmenter le niveau
20:07de littératie en santé
20:08de nos décideurs,
20:10des acteurs,
20:11mais aussi du grand public.
20:12Parce que nous parlons ici
20:13d'une transformation sur le temps long,
20:15transformer notre système de santé
20:16basé sur le soin,
20:17le curatif,
20:18vers un système de santé préventif.
20:20C'est un travail de longue haleine
20:21et on a besoin de toutes les énergies.
20:23Donc on considère que si
20:24on est tous mieux informés,
20:25on sera de meilleurs acteurs.
20:26Alors très accessoirement,
20:28c'est où et quand ?
20:29Alors ça se passe le 5 février
20:30à la Maison de la Chimie.
20:32On vous attend dès 8h du matin
20:33avec un petit déjeuner.
20:35On a un programme scientifique
20:36qui se déroule jusqu'à 17h30 le soir
20:39et ensuite un suivi d'un cocktail
20:41un peu sympathique
20:42pour faire une sortie de l'échange.
20:42Et pas mal de sort-up à l'honneur
20:43donc à cette édition.
20:44Alors nous avons 5 sessions scientifiques
20:46et 2 tables rondes dédiées à l'industrie
20:49et effectivement on va mettre en valeur
20:51beaucoup de start-up françaises
20:53donc des health tech, des medtech,
20:55des femtech
20:55qui sont là pour présenter leurs solutions
20:58mais aussi pour nous faire état
21:01de leurs demandes
21:02pour créer pour eux
21:03des conditions améliorées
21:05du bon développement.
21:07Ce que ce dont souffrent nos start-up en France
21:08par rapport ne serait-ce qu'au Royaume-Uni
21:11sans parler des Etats-Unis,
21:12c'est une difficulté d'accès
21:14à des financements suffisants
21:15et puis un paysage réglementaire
21:17qui n'est pas toujours flexible
21:18et qui favorise l'innovation.
21:19On dit qu'on est moins bon à l'innovation
21:19mais moins bon pour développer
21:21sur le plan financement.
21:23Tout à fait.
21:23Donc c'est tout cela
21:24qu'on va essayer de mettre en valeur
21:25par des exemples concrets
21:27et des demandes concrètes.
21:28D'accord.
21:29Tout ça pour une prévention
21:30ultra personnalisée.
21:32Tout à fait.
21:32De plus en plus personnalisée.
21:33Tout à fait.
21:34Et on verra qu'il y a des étapes
21:35aujourd'hui qu'on peut suivre.
21:37La médecine préventive ultra personnalisée,
21:40je pars sous le contrôle
21:40du professeur Denis,
21:41ce n'est que l'étape suivante
21:43de ce qu'on appelle aujourd'hui
21:44la santé populationnelle.
21:45C'est des protocoles
21:46souvent hérités de l'oncologie
21:47et sur des fondations technologiques
21:49qui existent déjà.
21:50Donc c'est plutôt une mise en œuvre
21:52et une mise en musique
21:53de tout ce que nous avons déjà
21:54aujourd'hui qu'il s'agit de faire.
21:56Eh bien vous avez vraiment
21:57donné envie de venir.
21:58Juste un mot.
21:59Vous avez parlé d'horloge polyomique,
22:00professeur Fabrizoni.
22:03Juste une petite définition
22:04en dix secondes.
22:04Horloge polyomique.
22:06Eh bien c'est l'utilisation
22:08des protéines sanguines
22:10comme marqueur de vieillissement
22:11de certains organes.
22:13Donc on utilise un millier
22:15de protéines qui sont sécrétées
22:17par certains organes
22:18et en fonction de leur évolution
22:19on est capable de dire
22:20l'organe a tel âge ou tel âge.
22:21Et si on corrige
22:22un vieillissement accéléré,
22:24on peut les redoser
22:24pour vérifier qu'on a bien ralenti
22:26le vieillissement accéléré
22:27par les mesures de prévention.
22:28Alors justement pour finir,
22:30la prévention sera d'autant plus efficace
22:33qu'elle peut-être sera prise en charge.
22:34Est-ce qu'il faut changer de paradigme ?
22:36Il faut changer les choses
22:37mais de façon brutale ?
22:38Mais ça va changer brutalement
22:41parce que le niveau de preuve
22:42est tellement élevé
22:43que les médecins ont maintenant
22:43une obligation de moyens
22:44qu'ils doivent appliquer.
22:46Or par exemple,
22:46la pharmacogénétique,
22:47tout le monde devrait avoir
22:48un passeport de pharmacogénétique
22:49pour éviter des complications
22:50liées à des traitements,
22:51complications évitables.
22:53Donc ça va arriver,
22:54la HAS s'est emparée du sujet
22:56notamment de cette pharmacogénétique
22:57et un euro dépensé en prévention,
22:59c'est trois euros d'économisé
23:00sur le budget de la sécurité sociale.
23:02Donc il n'y a pas de raison
23:03de ne pas le faire.
23:04J'ai eu dix secondes de conclusion
23:05sur le congrès ?
23:07Sur le...
23:08Venez, venez tous.
23:09Venez, on vous attend
23:11et vous voyez que les sujets
23:12sont absolument stratégiques
23:13pour le temps présent aujourd'hui
23:16mais aussi sur le temps long
23:17et c'est une transformation
23:18qui concerne tout le monde
23:19et au premier titre,
23:21les usagers de notre système de santé.
23:23Alors, rappel quand même
23:24avant de terminer l'émission,
23:25donc le 14 avril prochain,
23:27la sixième édition
23:28des Grands Prix de Check-Up Santé,
23:31vous pouvez d'ores et déjà
23:31déposer vos candidatures
23:32jusqu'au 8 mars.
23:34Fabrice Denis, merci.
23:35Hicham Thamsamani, merci.
23:37Merci à vous.
23:37On se retrouve la semaine prochaine.
23:39Check-Up Santé
23:42sur BFM Business.
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