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BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 14 février, Laurent Guillot, directeur général d'Emeis, Andréanne Auger, Marion Fauré, associées - Propriété industrielle, BCF Avocats d'affaires, Bénédicte Astier, fondatrice et PDG d'Allergen Alert, et Antoine Burgaud, directeur des opérations d'Allergen Alert, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.

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00:11Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-up Santé.
00:15Il dirige un groupe qui revient de loin et a su remonter la pente plus que rapidement en
00:20y injectant entre autres beaucoup de social. C'est Laurent Guillot, directeur général du
00:24groupe Emeis. Une entreprise qui investit dans sa R&D n'a pas vraiment envie qu'un de ses
00:30concurrents puisse reproduire ses inventions, c'est là qu'intervient la propriété industrielle.
00:34A ce titre, le fameux cabinet d'avocats canadien BCF vient d'ouvrir un bureau à Paris pour
00:39permettre à ses clients d'Europe et d'Amérique du Nord une expansion internationale. Andrea
00:44Noget et Marion Fort, associés chez BCF, sont mes invités. Enfin, sa start-up fait sensation
00:50au dernier CES de Las Vegas avec son mini labo mobile pour détecter les allergènes alimentaires.
00:56C'est Bénédicte Astier, CEO et cofondatrice de Allergènes Alert. Elle est accompagnée de Antoine
01:01Burgot, directeur des opérations. Ils vont nous la présenter. Enfin, n'oubliez pas les grands prix
01:07Check-up Santé en avril prochain. Vous pouvez toujours candidater jusqu'au 8 mars. Check-up Santé,
01:13c'est parti. Check-up Santé sur BFM Business. Laurent Guillaume, bonjour. Bonjour. Bienvenue
01:22dans Check-up Santé. Vous êtes le directeur général du groupe EMEIS depuis trois ans. Vous êtes un peu
01:27à l'origine de sa renaissance. C'est vrai qu'il y a eu un petit passage à vide et
01:32vous avez eu un plan
01:33de sauvegarde que vous avez franchement liquidé en très très peu de temps. Tout à fait. Donc,
01:39quand j'ai repris l'entreprise à l'été 2022, effectivement, la situation était un peu
01:44complexe. Mais à la fois, on est passé par une période de restructuration financière et puis
01:50on en sort. On va en sortir, je pense, d'ici la fin du mois de février en sautant de
01:55la sauvegarde
01:56dans un délai record. Dans un délai, j'imagine, record. Mais ce n'est pas le seul chantier
02:00de l'entreprise. Alors, votre groupe est présent un peu partout dans le monde, dans une vingtaine
02:04de pays, c'est ça, non ? Avec plus de 80 000 experts et professionnels de santé. Vous avez
02:09combien d'établissements ? On a un millier d'établissements dans le monde. Alors, on est
02:14en train de se recentrer sur vraiment l'Europe de l'Ouest qui, vraiment, va être notre cœur
02:19de métier. Donc, un millier d'établissements dans le monde et 350 établissements en France,
02:24dont 227 maisons de retraite et 123 cliniques de soins de suite et de santé mentale.
02:31Donc, des résidents, vous en voyez quelques-uns, j'ai lu, 280 000 chaque année ?
02:37Oui, alors, 75 000 résidents, donc dans nos maisons de retraite, à peu près, et 250 000
02:46patients qui passent dans nos cliniques tous les ans.
02:49Évidemment. Votre groupe est coté en bourse, maintenant ?
02:52Notre groupe est toujours coté en bourse, tout à fait. Alors, on a un actionnariat qui est
02:57stabilisé, puisqu'on a 50% qui se répartit entre la Caisse des dépôts, la MAIF et la
03:03MACSF et la CNP, qui fait partie du groupe Caisse des dépôts, et qui a permis à la
03:09fois de venir aider le groupe dans une situation difficile et le refinancer, et puis maintenant
03:14qui nous donne la stabilité, qui nous permet de reconstruire de façon dynamique ce groupe.
03:19Alors, c'est vrai que quand on pense à MIS, ou un groupe dans votre catégorie, on a
03:24tendance à penser à maisons de retraite, mais ce n'est pas vraiment votre seule activité ?
03:27Non, j'irais même que, si on le regarde dans l'importance du système de santé français,
03:33les maisons de retraite sont très importantes, évidemment, puisque nous avons 227 établissements
03:39répartis sur tout le territoire, et on a à peu près 3% de l'offre de maisons de retraite
03:44en France. En revanche, les cliniques de soins de suite et de santé mentale sont fondamentales
03:50pour le système de santé français, puisqu'on représente à peu près 10% des séjours, que
03:55ce soit en psychiatrie ou en soins de suite. Et donc, 10% de l'ensemble des Français
04:02qui ont besoin d'un séjour dans une des cliniques passent chez nous.
04:06Alors, on le sait, en France et en Europe, dans le monde occidental, la population vieillit,
04:12donc elle a besoin d'être plus accompagnée, plus aidée, et elle est aidée dans vos établissements
04:17par des gens qui sont en première ligne. Ce sont les soignants, les aides-soignants
04:22qui ont un métier ingrat, qui n'est pas vraiment toujours reconnu.
04:25C'est un très, très, très beau métier. Le point fort de notre groupe, quand je l'ai
04:30rejoint il y a trois ans et demi, c'est vraiment l'engagement et la qualité des équipes
04:36que j'ai trouvées à ce moment-là et qui est toujours le cas. Après, c'est un métier difficile.
04:41C'est un métier de la reconstruction de votre groupe, donc d'aider de revaloriser cette...
04:45Le pilier, le premier axe de notre travail a été de revaloriser ces professionnels
04:51qui sont absolument formidables. Quand vous allez dans un établissement,
04:54que ce soit une clinique ou une maison de retraite, vous voyez des professionnels
04:58qui soient du soin ou pas du soin, extrêmement engagés, proches de nos patients
05:04et de nos résidents et qui leur apportent énormément, qui leur apportent la force de vivre
05:10et l'engagement quotidien. Alors après, c'est vrai qu'on a fait énormément de choses.
05:14Ça passe évidemment par un travail sur les rémunérations.
05:18C'est un programme social qui comprend plusieurs...
05:21Complet et assez large, qui commence par les conditions de travail.
05:26Vous savez que le secteur du soin est le secteur le plus accidentogène de l'économie française.
05:3150 à 100 fois plus que l'industrie, deux fois plus que le BTP.
05:36On a des accidents de travail extrêmement nombreux.
05:40Et donc, il faut travailler pour réduire cette insécurité au travail,
05:43que ce soit physique ou psychologique.
05:46Les conditions de vie dans nos établissements.
05:50Sur les salaires, vous avez augmenté les salaires.
05:51Mais on a évidemment augmenté les salaires.
05:54Et ce qu'on a fait en augmentant les salaires, c'est...
05:56Avec un 13e mois.
05:56Mise en place d'un 13e mois. Vous m'enlevez les mots de la bouche.
06:00Mise en place d'un 13e mois qui permet aussi de participer à la fidélisation des équipes.
06:04Parce que ce qui est très important, c'est rentrer dans une dynamique de fidélisation
06:07pour pouvoir former et améliorer, donner des parcours de carrière,
06:13les permettre de passer d'auxiliaire de vie à aide-soignante,
06:17peut-être d'aide-soignante à infirmière, si les personnes le veulent et sont engagées.
06:21Et puis, les former et aussi assurer une stabilité pour nos patients et nos résidents
06:25qui n'aiment pas voir les personnes changer en fait.
06:28C'est une des raisons pour lesquelles vous avez créé,
06:30vous avez inauguré votre premier centre de formation des apprentis.
06:33Et c'est exactement ça.
06:35On a formé, on a mis en place, on a inauguré en septembre dernier
06:39un centre de formation pour les aides-soignants.
06:41Et c'était extrêmement émouvant, j'y suis allé à l'inauguration évidemment.
06:44C'était émouvant de voir par exemple qu'une auxiliaire de vie de 60 ans
06:49avait la volonté de se former pour devenir aide-soignante
06:53dans les dernières années, ce qui vont être les dernières années de sa carrière.
06:56Et c'est formidable parce qu'en fait, elle fait ce métier depuis un certain temps.
07:00Elle suit une formation depuis un certain temps,
07:02mais elle voulait, disons, formaliser les capacités qu'elle avait.
07:07Et c'est ça notre rôle, c'est de les accompagner vers toujours plus de formation.
07:10Parce qu'on sait que la formation initiale est insuffisante.
07:13Alors un des éléments si fondamentaux un peu de votre restructuration,
07:16c'est évidemment profiter peut-être des nouvelles technologies,
07:19et surtout la traçabilité.
07:21Oui, alors moi je viens d'un milieu industriel.
07:26En fait, j'ai passé, avant de venir m'occuper de cette formidable entreprise,
07:30j'ai passé 20 ans de ma carrière dans un grand groupe industriel.
07:33Et je viens avec des méthodes et surtout des concepts
07:36qui sont beaucoup plus précis, fin, carré.
07:41Je ne sais pas, ce n'est pas le même métier.
07:43On a des personnes en face de nous, on n'a pas des objets.
07:46Et donc on ne peut pas le faire juste un copier-coller pour le mettre.
07:50Mais en revanche, on a besoin d'énormément de suivis de process qualité.
07:56Je suis, moi, convaincu que les familles, les pouvoirs publics, la presse et moi-même,
08:03on va vouloir avoir toujours plus d'informations pour s'assurer que tout se passe de façon nickel dans nos
08:09établissements.
08:10Et donc du coup, pour ça, si on ne veut pas surcharger en bureaucratie nos équipes,
08:16que ce soit des soignants ou des non-soignants,
08:18il va falloir moderniser, digitaliser, utiliser l'IA et le faire de façon rapide.
08:24Parce qu'avec la croissance démographique des besoins liés au vieillissement de la population,
08:30on ne va pas avoir, on sait qu'on ne va pas avoir assez de soignants
08:32et que donc il faut les supplémenter par de l'IA et du digital.
08:37Et juste pour finir, en quelques secondes, vous êtes une entreprise à mission maintenant ?
08:40Nous sommes une entreprise à mission depuis l'année dernière.
08:43Donc on a engagé ce chemin.
08:45L'entreprise à mission, ce n'est pas une finalité, ce n'est pas un but.
08:48C'est un chemin d'amélioration continue pour, dans les engagements qu'on a pris,
08:53on a pris notamment l'engagement de participer à la reconnaissance de ces métiers.
08:57Vous voyez, on en a parlé pendant longtemps.
09:00Changer le regard de la société sur les fragilités,
09:04que ce soit lié au grand âge ou que ce soit lié à la question de la santé mentale.
09:08Il faut que toute la société évolue pour accueillir ces personnes-là
09:12de façon beaucoup plus positive.
09:14Et nous, c'est notre rôle d'y participer.
09:17Eh bien, merci beaucoup Laurent Guillaume.
09:18Merci beaucoup pour ce que vous faites pour le groupe EMEIS.
09:21Merci à vous.
09:24Check-up Santé sur BFM Business.
09:29Andréa Nogé, bonjour.
09:30Bonjour.
09:31Bienvenue dans Check-up Santé.
09:32Vous êtes québécoise.
09:32Oui, merci.
09:33Et associée chez BCF.
09:34Marion Fort, bonjour.
09:35Bonjour.
09:36Vous, vous êtes la partie française un peu de BCF.
09:38Vous êtes aussi associée chez BCF.
09:41Andréa, quelle température à Québec aujourd'hui?
09:43Moins 20 degrés Celsius ce matin.
09:46Moins 20.
09:46On sort quand même?
09:47On sort quand même.
09:48Quand on pense qu'à zéro degré, c'est le chaos à Paris.
09:50Non, mais ils viennent à Paris, c'est pour ça.
09:51Non, c'est bien Paris.
09:52Ah, voilà.
09:53En tout cas, ravi de vous voir et de savoir que vous êtes venue spécialement depuis Montréal.
09:58Alors, BCF, c'est un cabinet reconnu chez nos amis québécois.
10:0330 ans d'existence, plus de 600 employés.
10:06Vous débarquez en France, il était temps?
10:08Oui, oui, en fait, c'est une activité qui a pris forme il y a quelques années sur la propriété
10:14intellectuelle spécifiquement.
10:16Mais on est bien contents d'être ici.
10:17On a une belle offre qui plaît bien aux compagnies françaises.
10:22Marion Fort, donc, dites-nous en quelques mots à quoi ça sert la propriété industrielle et pourquoi elle est stratégique
10:28pour une entreprise.
10:30Alors, ça peut paraître un peu abrupt comme sujet, mais en fait, ça ne l'est pas.
10:33C'est vraiment un sujet passionnant.
10:34En tout cas, Andréa Nemo, on est passionné par le sujet.
10:36On va essayer de vous convaincre que ça l'est.
10:39Alors, la propriété industrielle, ce n'est pas compliqué.
10:41C'est l'ensemble des domaines négaux qui permettent de protéger des innovations.
10:47Donc, dans la propriété industrielle, on retrouve les marques, dessins et modèles.
10:52Évidemment, c'est les marques qu'on connaît le plus.
10:54On sait bien quand on voit une publicité qu'il y a une marque qui a été déposée en relation
10:58avec le produit.
10:59Mais pour tout ce qui est plutôt technique, technologique, eh bien, il y a les brevets d'invention.
11:03Et donc, la propriété industrielle, elle offre comme ça des titres de propriété qui permettent de valoriser sa croissance et
11:12sa sécurité.
11:13Et comme je disais en introduction, d'éviter que des concurrents vous prennent...
11:17Les parts de marché.
11:18Oui, les parts de marché.
11:19Parce qu'en fait, c'est ça.
11:20En fait, un brevet, qu'est-ce que c'est au départ ?
11:22Un brevet, ça permet d'interdire.
11:23Ça permet d'interdire à tout tiers de reproduire l'invention qui est dans le brevet.
11:29Sans le consentement du propriétaire, bien sûr.
11:30Donc, ça veut dire que si une entreprise, elle a réfléchi à sa stratégie de propriété industrielle, qu'elle a
11:36acquis des actifs immatériels, brevets, marques, etc.
11:40Alors, si un concurrent venait à essayer de reproduire le produit qu'elle a mis en vente, eh bien, elle
11:45serait tout à fait légitime à l'attaquer en contrefaçon.
11:48Ça serait un contrefacteur.
11:50À contrario, si l'invention, si elle n'a pas protégé ses inventions, eh bien, elles sont libres de droits.
11:55Et donc, n'importe qui peut les reproduire sans qu'il y ait de sanctions.
11:59Andréa Nogé, dans l'univers de la santé, la gestion de la propriété industrielle est différente, spécifique ?
12:05Oui, en fait, dans le secteur des sciences de la vie, des sciences de la santé, c'est très pertinent
12:09la protection des actifs de propriété intellectuelle,
12:12car les compagnies dans ce secteur-là, en fait, ne génèrent pas de vente de produits.
12:18Elles sont en développement de molécules ou de médicaments.
12:21Et elles investissent des millions, des milliards de...
12:24Elles investissent des milliards, là.
12:25Un développement de médicaments peut coûter jusqu'à 2 milliards en développement R&D.
12:29Donc, l'actif qui est très valorisé pour ces entités-là, ces entreprises-là, c'est le brevet, la propriété
12:35intellectuelle.
12:36Donc, ils vont chercher le financement basé sur ces actifs de brevet-là.
12:41Donc, vous avez dit que le brevet, c'était l'assurance-vie de l'innovation médicale.
12:45Oui, oui, oui, tout à fait.
12:46Mais pour les raisons que je viens d'énumérer, en fait, parce qu'elles ne génèrent pas de vente,
12:50elles sont valorisées, ces entreprises-là, sur la base de leurs actifs.
12:53Et quand elles vont être rachetées ou il y aura des partenariats, bien, c'est ce qu'on va évaluer.
12:59Donc, la protection pour ces compagnies en sciences de la santé sont cruciales.
13:03Et les deux gros marchés principaux sont sur l'Europe et l'Amérique du Nord.
13:07Donc, Marion et moi, par nos compétences techniques, notre expertise,
13:10donc, on les accompagne sur les deux juridictions qui sont primordiales.
13:14Oui. Alors, jusqu'à présent, on brevetait une molécule, on brevetait un produit.
13:17Oui, alors que maintenant, on commence à breveter des algorithmes,
13:21des bases de données structurées, des plateformes d'apprentissage évolutive.
13:24C'est différent ?
13:26C'est différent.
13:27C'est différent, déjà, parce qu'effectivement, il faut penser global.
13:31Donc, on ne peut pas juste penser une nouvelle molécule.
13:34Ça, c'est évidemment...
13:35Derrière, on parle, en fait, de l'arché de l'éducation artificielle, beaucoup.
13:38Parce qu'en France, on a cette...
13:40A priori, que les softs, que les algorithmes ne sont pas brevetables.
13:43Alors, en tant que tel, ils ne le sont pas.
13:44Mais en fait, il y a énormément de brevets dans l'informatique.
13:48Et donc, l'intelligence artificielle, elle permet ça.
13:50Enfin, elle permet beaucoup de progrès, beaucoup d'évolution dans la santé.
13:55Mais du coup, il faut breveter, il faut protéger tout le processus
13:58qui va de l'entraînement jusqu'à l'application de la molécule.
14:02Et donc, ça change, effectivement, cette stratégie-là.
14:05Il faut la réfléchir globalement.
14:06Ce n'est plus vraiment sur la molécule, malgré que, bon,
14:09il y a encore des brevets qui sont développés et déposés sur des molécules.
14:12Mais maintenant, on voit l'arrivée de brevets qui vont chercher,
14:17en fait, la combinaison entre comment on a étudié ces molécules-là
14:20et comment on les a identifiées, les systèmes qui ont permis d'identifier
14:24lesquelles sont les meilleures au travers d'une grande quantité de molécules.
14:28Et d'ailleurs, j'ajoute que là, en fait, les offices
14:32qui étudient la brevetabilité, donc l'office en Europe
14:35s'appelle l'Office européen des brevets, l'office aux États-Unis
14:37s'appelle l'USPTO, ils ont des approches très différentes.
14:39Donc, ça signifie qu'on ne brevettera pas du tout de la même façon
14:42en Europe et aux États-Unis.
14:44Et c'est vraiment pour ça que notre expertise, elle est importante
14:47parce qu'elle permet d'optimiser...
14:48Dans les deux sens, d'ailleurs.
14:49Exactement.
14:49Dans les deux sens.
14:50Oui, en travaillant ensemble, on est en mesure d'établir une stratégie
14:53qui est gagnante sur les deux continents, je dirais,
14:56pour les campagnes en sens l'air.
14:57On peut un peu diviser la planète en trois régions, en trois continents.
15:00Non, il y a l'Amérique, l'Amérique du Nord, l'Europe et la Chine.
15:04Les Chinois aussi, les entreprises chinoises déposent beaucoup de brevets.
15:07Oui, en fait, les Chinois sont devenus l'entité
15:09ou en fait le pays qui dépose le plus de monde de brevets.
15:13Ils sont très, très actifs.
15:15Ils ont structuré, renforcé leurs droits de la propriété intellectuelle.
15:19Donc, il va falloir compter avec elles.
15:20Ça devient un marché très, très alléchant pour les compagnies.
15:23Est-ce que l'Amérique du Nord a une vision différente, justement,
15:26de la propriété industrielle par rapport à l'Europe?
15:27Je pense que c'est Rondraine qui est plus...
15:29Oui, en fait, les Américains, je dirais,
15:32les Américains sont très agressifs
15:35dans la défense de leurs droits de propriété intellectuelle.
15:38Elles ne vont pas, les entités américaines,
15:39ne vont pas, en fait, hésiter...
15:41Agressifs, il y a procéduriers aussi, procéduriers?
15:43Oui, très procéduriers, mais ils ne vont pas hésiter
15:45à mettre en valeur leurs actifs.
15:47C'est peut-être un peu moins présent en Europe.
15:50Oui, on n'est plus gentils, on n'est plus pas si vifs.
15:52On se fait avoir, mais c'est vrai.
15:54Je ne sais pas, mais il y a des valeurs
15:57très endommages et intérêts sur l'Amérique.
16:00Il y a des valeurs très, très grandes
16:02attribuées à ces litiges-là.
16:03On ne voit pas tellement en Europe.
16:04Oui, j'ai une petite parenthèse.
16:06Avec l'arrivée de Trump au pouvoir,
16:08est-ce que ça change un petit peu la donne?
16:10Bon, ça ne change pas.
16:11Dans le sens Europe-Amérique?
16:12En fait, ce qu'on voit de plus en plus
16:14depuis ces changements-là, plutôt géopolitiques,
16:17c'est que les Nord-Américains ont un intérêt accru
16:20vers l'Europe, donc protéger leurs actifs
16:22non seulement sur l'Amérique du Nord,
16:24mais ils développent vraiment un intérêt
16:25à protéger leurs actifs de pays sur l'Europe.
16:28Donc ça, on voit ça.
16:29Pour finir, est-ce que le Canada peut être
16:31une porte d'entrée stratégique pour l'Europe
16:33de quelle façon?
16:33Oui, en fait, au début, je mentionnais
16:36qu'on a une belle offre ici qui plaît aux Français.
16:38C'est que, justement, le Québec est une porte d'entrée
16:41pour l'Amérique du Nord, pour les compagnies françaises.
16:44Ça permet de s'exprimer en français.
16:46C'est un atterrissage plus doux,
16:49un soft landing, si je me permets.
16:51Donc c'est ce qu'on promouvoit ici en France,
16:53Marion et moi.
16:55Une petite conclusion rapide
16:57sur l'intérêt, justement, de BCF,
16:58de venir en Europe.
16:59Ah oui, c'est vrai, dans tous les domaines,
17:02il faut être avec des bons experts.
17:04Et c'est vrai que nous, on est vraiment
17:06une expertise sur les deux continents,
17:08avec aussi une expertise ingénieur, avocat.
17:11On travaille tous ensemble.
17:12Et donc, ça permet par nos sociétés
17:15vraiment d'avoir la meilleure croissance possible
17:18des deux côtés de l'Atlantique.
17:19Eh bien, merci, bonne chance pour votre nouveau bureau parisien.
17:23Voilà, on va à présent accueillir
17:26Bénédicte Astier,
17:27CEO de Allergène Alert,
17:29qui est accompagnée d'Antoine Burgo,
17:30directeur des opérations.
17:37Bénédicte Astier, bonjour.
17:39Bonjour.
17:39Antoine Burgo, bonjour.
17:40Bonjour.
17:41Alors, Bénédicte, donc, merci à vous deux
17:42de venir de Lyon, spécialement pour Check-Up Santé.
17:45Vous vous êtes passée par OVM Lyon,
17:47vous êtes par la Kellogg School of Management.
17:49C'est prêt.
17:50J'ai mes dossiers.
17:52Vous avez longtemps sévi chez Biomérieux.
17:54Oui.
17:55Et vous êtes la CEO et cofondatrice
17:56de la start-up Allergène Alert.
17:59La création, je dis toujours que la création
18:01d'une entreprise, elle dépend souvent
18:03d'une expérience personnelle.
18:07C'est votre cas ?
18:08C'est très vrai.
18:08Oui, c'est très vrai.
18:09C'est parti de ma fille Margot,
18:12qui, il y a trois ans, après un repas au lycée,
18:15a fini en réanimation.
18:17Donc, ça a été un choc pour toutes les deux,
18:19enfin, pour toute la famille.
18:20Et le constat, c'était de dire,
18:22les personnes allergiques prennent des risques
18:24quand elles mangent à l'extérieur.
18:25La moindre bouchée peut être fatale.
18:27Et il n'y a pas de solution préventive
18:29pour les aider.
18:30Alors qu'on est de plus en plus allergique
18:31en France et dans le monde.
18:32Oui.
18:336% en Europe, 10% aux Etats-Unis.
18:35Et ça a augmenté de plus de 50%
18:37les 15 dernières années.
18:38C'est un problème de santé publique aujourd'hui.
18:40Alors, votre start-up est récente, 2024 ?
18:42Faussement récente.
18:43Faussement récente.
18:44C'est ce que j'allais dire, exactement.
18:46On a transféré des assets de Biomérieux.
18:49On bénéficie de 7 ans de R&D de Biomérieux
18:52où j'ai passé 20 ans
18:53et où j'ai passé un an et demi
18:55à faire de l'intrapreneuriat sur ce projet-là
18:57pour faire une preuve de concept.
18:59Et après, en octobre 2024,
19:00je suis partie de Biomérieux.
19:01J'ai créé la start-up,
19:02mais il y a eu un transfert d'assets technologiques.
19:04Donc, c'est une fausse jeune start-up.
19:06Alors, vous étiez présente au CES de Las Vegas.
19:09Oui.
19:09Et là, vous avez cartonné.
19:11C'était une belle semaine pour démarrer l'année.
19:15Ah oui.
19:15On a eu des prix.
19:174 prix, 470 articles sur vous, publications énormes.
19:22Donc, vous avez élaboré avec Biomérieux
19:25un mini-lab, c'est ça, un mini-lab mobile même.
19:29Quelle est sa fonction exactement ?
19:30Alors, c'est un mini-lab portable
19:32qui est conçu pour être emmené partout avec soi
19:36et qui sert à détecter la présence d'allergènes
19:38et de gluten dans la nourriture.
19:41Donc, elle est destinée aux personnes allergiques
19:42et aux professionnels de la restauration.
19:44Quels allergènes, par exemple ?
19:45Alors, nous, on sait détecter aujourd'hui
19:48le lait et le gluten.
19:49Mais d'ici deux ans,
19:50on va détecter les neuf principaux allergènes
19:52qui représentent 90% des réactions allergiques.
19:55Donc, ça inclut par exemple
19:57les fruits à coque, l'arachide,
19:59l'œuf, le soja, le sésame,
20:02le poisson, etc.
20:03Il y a beaucoup de gens allergiques aux amandes.
20:05Il y a des gens allergiques.
20:06Donc, ça fait partie des fruits à coque, tout à fait.
20:08Et donc, qu'est-ce qu'on a fait concrètement ?
20:10En fait, on a gardé tout ce qui fonctionne
20:13puisqu'en fait, dans un laboratoire d'analyse,
20:15aujourd'hui, on fait déjà des tests
20:17de présence d'allergènes dans des échantillons.
20:20Mais nous, on a miniaturisé toutes ces technologies
20:22dans ce dispositif qui tient dans la main
20:24et qui est portable.
20:25Il suffit d'insérer un échantillon alimentaire
20:28et ensuite, tout est automatique.
20:30L'échantillon va être écrasé.
20:32Vous avez un morceau de purée, un morceau de viande ?
20:35Exactement, les personnes allergiques
20:36vont échantillonner leur assiette
20:38et nous, de manière automatique,
20:40on va préparer cet échantillon,
20:42on va extraire les protéines allergènes
20:43et on va détecter la présence ou non de l'allergène.
20:46On va afficher le résultat sur l'écran.
20:48Ça prend seulement quelques minutes.
20:50Donc, c'est fait pour n'importe quand,
20:52n'importe où, quand on mange.
20:53Ça peut être au restaurant, dans un avion,
20:56en voyage, chez les grands-parents,
20:58à la cantine, etc.
20:59Alors, justement, votre mini-lab,
21:02mini-laboratoire,
21:03il est destiné aussi bien aux individus
21:05qu'aux restaurants, par exemple ?
21:08Exactement.
21:09Donc, l'histoire personnelle,
21:10c'était pour les patients allergiques
21:11et les patients celiaques,
21:12parce qu'ils ont aussi un régime d'éviction strict
21:14du gluten qu'on détecte.
21:16Et on s'est très vite rendu compte
21:17que la restauration avait un enjeu
21:19de sécurité alimentaire.
21:20Donc, c'est eux qui sont venus à nous
21:22en disant, est-ce que le mini-lab,
21:23on peut l'utiliser sur les chaînes de production
21:26pour la restauration collective, par exemple ?
21:29Et du coup, on a commencé à faire
21:30des tests d'usage avec eux,
21:32avec des restaurants étoilés également.
21:35Et ça leur permet de sécuriser les repas,
21:37de tester les matières premières,
21:39les semi-finis, les produits finis.
21:40Ils peuvent aussi faire du contrôle d'environnement.
21:43Donc, ça permet d'avoir une vraie donnée qualitative
21:45et de dire, quand il n'y a pas de lait dans l'assiette,
21:47on la garantit avec un test.
21:49D'accord, mais on peut aussi le proposer
21:51à un individu qui est allergique.
21:53Il y a une niche quand même de gens
21:54qui sont très allergiques
21:55et qui sont intéressés par ce produit.
21:57Oui, on a du bit aussi avec les personnes allergiques.
21:59Donc, ça, c'est maintenu 20 ans direct
22:01du mini-lab pour sécuriser les repas.
22:03Comme disait Antoine, à la cantine scolaire,
22:06quand vous partez en voyage,
22:08dans un pays étranger,
22:09vous ne lisez pas la langue du pays,
22:10au moins, vous êtes sûr de ce que vous pouvez manger.
22:13Et dans la restauration,
22:14il faut savoir qu'il y a des contaminations
22:15croisées en restauration.
22:17Les restaurateurs travaillent très bien
22:18et c'est compliqué pour eux
22:19quand il y a des changements de matières premières.
22:21Il y a du turnover aussi en cuisine.
22:23Donc, ça permet de sécuriser vraiment
22:25le plat qui est servi au client en finale.
22:28Alors, pour l'instant, c'est un prototype ?
22:30Pour l'instant, c'est un prototype fonctionnel,
22:32mais pas pour longtemps.
22:32Parce qu'on va réaliser une phase très importante
22:37dans notre développement de bêta-tests
22:39avec des vrais utilisateurs personnes allergiques
22:41et des vrais utilisateurs professionnels
22:43qui vont utiliser le dispositif
22:45pendant une longue période.
22:47Et donc, on va, en parallèle,
22:49on va lancer une campagne de pré-vente
22:51et on va commencer à distribuer
22:53nos premiers produits vendus l'année prochaine.
22:55D'accord.
22:55Donc, fin d'année 2026, début 2027.
22:57Tout à fait.
22:58D'accord.
22:58Est-ce que vous pensez aussi peut-être
23:00à une miniaturisation un peu plus importante
23:04des produits ou pas ?
23:05Alors, il est déjà très miniaturisé.
23:06C'est vrai qu'il est déjà très petit.
23:08Donc, voilà.
23:10Notre savoir-faire repose dans la miniaturisation
23:12des étapes qui sont clés
23:13et en fait, la préparation de l'échantillon alimentaire,
23:15elle est hyper importante.
23:17On insère un échantillon qui est gros,
23:19qui est 2 grammes
23:19et on a besoin d'un petit peu de place
23:21pour toute la biologie à l'intérieur.
23:23Donc, voilà.
23:25On a un effort de miniaturisation qui a été fait.
23:27On n'exclut pas d'en faire encore un peu.
23:30Ce qu'il faut dire,
23:30c'est que les personnes allergiques sévères,
23:32en fait, elles ont quand même un risque qui est important.
23:34Évidemment.
23:34Les allergies alimentaires, ce n'est pas un choix,
23:36c'est une vraie maladie.
23:37Donc, souvent, elles ont un silo d'adrénaline avec elles.
23:40Elles ont l'habitude d'avoir un peu de matériel.
23:42Donc, le retour terrain qu'on a eu de tous les utilisateurs,
23:45c'est plutôt le constat au CES de Las Vegas
23:47de dire « Ah, c'est petit, je peux le prendre dans mon sac. »
23:51Mais, hélas, ce n'est pas encore considéré
23:54comme un dispositif médical.
23:55Non.
23:56Ça peut l'être à moyen et à long terme ?
23:57Alors, en Europe et aux États-Unis,
23:59on a vérifié que les autorités réglementaires,
24:01ça ne l'est pas.
24:02On ne teste pas d'échantillon humain,
24:04on n'est pas IVD.
24:05On ne teste pas une condition médicale
24:07et on n'est pas en contact.
24:08Donc, on est en test de nourriture.
24:10Donc, on ne rentre pas dans la classification Medical Device.
24:13Néanmoins, on travaille sous des standards qualité élevés
24:15avec des validations externes des performances.
24:18Mais on peut imaginer qu'ils soient pris en charge
24:19par une ou des mutuelles ?
24:21Absolument.
24:22On travaille avec deux mutuelles actuellement.
24:24On cherche d'autres mutuelles pour travailler sur cette prise en charge
24:28parce que 12 heures en réanimation, comme Margot a passé,
24:30c'est 2500 euros versus un petit test qui peut éviter ça.
24:35Bien sûr.
24:35À part, il coûte 200 euros à peu près ?
24:37À peu près, c'est ça.
24:38Et vous avez fait quelques levées de fonds quand même pour ce produit magique ?
24:41On a clôturé une levée de fonds en octobre l'an dernier,
24:44oui, de 3,8 millions, absolument.
24:46Là, on fait une augmentation de capital actuellement
24:48d'un peu moins d'un million d'euros.
24:51Merci beaucoup, Bélédicte.
24:53Merci beaucoup, Antoine Burgaud.
24:54Voilà, c'est la fin de cette émission.
24:56On se retrouve la semaine prochaine.
24:59Check-up Santé sur BFM Business.
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