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  • il y a 4 mois
Vendredi 26 septembre 2025, retrouvez Rosalie Maurisse (Responsable santé à la Direction innovation, BPIFrance) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.

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Transcription
00:00Et c'est le focus invité, on a entendu Rosalie dans l'édito d'Hervé que la médecine prépare des révolutions vertigineuses et vous, vous êtes au cœur de cette transformation finalement, vous pilotez le domaine santé chez BPI France depuis 2011, vous accompagnez des biotech, des medtech et des projets e-santé.
00:26Comment est-ce que ça se traduit concrètement votre mission sur le terrain, notamment pour les biothérapies et la bioproduction ?
00:35Au sein de BPI France, je travaille à la direction de l'innovation où j'accompagne les entreprises pour les financer en subventions et avances récupérables.
00:44C'est-à-dire qu'on regarde les projets, on sélectionne les projets en fonction du stade de maturité, ça peut être très early ou pas, pour pouvoir partager le risque avec l'entrepreneur pour des phases très risquées, très amont.
00:59Et ils arrivent en disant voilà j'ai un projet de développement de thérapie cellulaire, le projet me coûte 5 millions, comment on peut partager, comment on peut mettre jusqu'à par exemple 2 millions d'euros en subventions ou en avance récupérable.
01:10Ça veut dire qu'on avance l'argent et on récupère l'argent si le projet est un succès.
01:16Si le projet est un échec, on le récupère par l'argent, on a partagé le risque avec l'entreprise.
01:24Donc c'est tout un process, j'allais dire, après pour essayer de savoir.
01:30Un process qui est long ?
01:31Alors ça dépend des projets, plus c'est des projets pas très chers, j'allais dire, plus c'est rapide.
01:37Mais on a des concours à l'innovation, innoves ou en tout moment où ils déposent des dossiers au moment où on envoie le contrat, il y a 6-8 mois.
01:48Et puis il y a des projets qui peuvent être un peu plus longs.
01:50Et puis on en reparlera peut-être, il y a les directions régionales qui sont là pour être un peu partout en France.
01:55On a 50 bureaux, donc l'idée c'est qu'ils soient vraiment très proches des entrepreneurs, qu'ils leur expliquent comment faire, comment déposer un dossier.
02:01Et là ça peut être très rapide pour mettre en place une aide dans le mois, très facilement.
02:07Vous, à titre personnel, vous avez une longue expérience dans l'animation des écosystèmes santé et le montage de projets innovants.
02:16Comment cette expérience vous êtes-elle aujourd'hui ?
02:20Alors moi j'ai un background scientifique, j'ai fait une thèse de science et un postdoc à San Francisco sur de la correction de gènes d'ailleurs.
02:27Et j'ai ensuite travaillé chez Médicene où j'ai appris finalement au-delà de la science, comment monter des projets innovants,
02:35comment développer une stratégie financière, une stratégie clinique, comment développer des partenariats, mettre en place des projets
02:41et bien connaître l'écosystème de la santé en France et l'écosystème de l'innovation
02:47pour effectivement arriver à bien connaître l'écosystème, les entreprises, les innovations.
02:55Qu'est-ce qui est le plus innovant ? Qu'est-ce qui est le plus risqué ?
02:57Comment essayer d'anticiper ? Voilà pourquoi ce projet a plus de risque de se développer ou non.
03:04Donc c'est un peu bien connaître ce qui se passe et pouvoir analyser scientifiquement, techniquement,
03:09parce que la santé est quand même très technique et très particulier, le mécanisme.
03:15Donc analyser techniquement et puis après, j'allais dire, avoir une analyse plus 360 du projet
03:23pour pouvoir accompagner au mieux ces entrepreneurs.
03:26Oui, vous accompagnez donc ces projets de la recherche et la mise sur le marché.
03:31Quels sont aujourd'hui les principaux défis à relever pour que ces innovations bénéficient aux patients ?
03:39Alors il y a pas mal de choses parce que le marché de la santé, c'est un marché qui est très réglementé
03:46et heureusement parce que finalement c'est pour la santé des humains, des patients
03:50et voire demain des personnes qui ne sont pas encore patients parce qu'on essaye d'aller vers l'appréhension.
03:56Donc c'est très réglementé, c'est très long.
03:59Il y a plusieurs étapes, donc développer par exemple dans les thérapies un peu demain,
04:04de biothérapie dans la cellule, puis être sûr que ça marche chez l'humain,
04:07faire des phases cliniques, être sûr que ce n'est pas toxique, est-ce que c'est efficace,
04:11comment c'est efficace, quelle est la dose ?
04:13Donc il y a des phases cliniques qui sont longues.
04:15Et ça, c'est vrai que c'est des temps de développement qui sont longs, donc c'est cher.
04:22C'est cher parce qu'il faut s'assurer de toutes les étapes.
04:25Et donc ça, c'est aussi des défis de pouvoir arriver ensuite jusqu'au patient,
04:30pouvoir être développé, pouvoir être produit.
04:32Il y a le problème de production.
04:34Donc c'est tout un système qui est assez long et pour arriver finalement à avoir des thérapies innovantes,
04:40mais efficaces et puis safe, c'est-à-dire sans effet secondaire, en tout cas le moins possible,
04:46ou avoir un ratio équilibre risque-safety qui soit bénéfice pour le patient.
04:55– Justement, BPI France soutient la souveraineté sanitaire et industrielle.
05:01Pourquoi cet enjeu, il est tout aussi stratégique que l'innovation en elle-même ?
05:06– Alors les deux sont liés un peu pour moi, parce que finalement, il faut qu'on finance l'innovation.
05:13Mais on voit qu'il y a des enjeux de souveraineté et des enjeux sanitaires.
05:19On l'a vu avec la crise Covid sur, ben voilà, est-ce qu'on a la capacité d'avoir des vaccins chez nous,
05:25j'allais dire, soit produits en France, soit avoir la capacité de production
05:29pour pouvoir avoir des médicaments innovants accessibles aux patients français.
05:34Donc c'est vrai qu'on travaille sur différents sujets, de faire des essais cliniques en France,
05:39produire en France et accéder au marché français.
05:41et ce qui sous-entend aussi d'avoir un système de soins qui est capable de payer aussi ces innovations.
05:49Donc nous, en tant que banque publique d'investissement,
05:54et en plus on gère des fonds pour le France 2030, qui est un plan d'investissement,
06:01c'est développer des entreprises, mais aussi développer des entreprises
06:04et améliorer le système des Français pour un système,
06:07et un système adapté au système de soins français,
06:09sachant que les systèmes de soins sont un peu différents dans tous les pays,
06:13et en France, aux Etats-Unis et aux Chines sont encore plus différents,
06:15donc il faut aussi des...
06:16Oui, en France, on a les bonnes conditions pour permettre à ces innovations de rester sur le territoire.
06:25Alors, en France, on a plein de bonnes idées,
06:28on est très très bons sur le développement des entreprises,
06:30on a des laboratoires académiques qui sont très bons,
06:33c'est vrai qu'on a un plan Deep Tech chez BPI France
06:36pour accompagner la création d'entreprises dès les phases très amonts,
06:39et c'est vrai qu'en santé, la majorité des nouvelles idées,
06:45alors un peu moins en santé numérique,
06:46mais viennent des laboratoires académiques et des brevets.
06:50Donc sur cette partie très amont, on est très bons,
06:52on peut vraiment accompagner les entreprises.
06:55Sur les parties plus avales, on est moins bons, ça c'est sûr.
06:59Sur la difficulté...
07:00Produire à grande échelle ?
07:01Alors, produire à grande échelle, on est de meilleures...
07:04On s'est équipés de capacités de production,
07:09on est meilleurs qu'avant,
07:11mais c'est des capacités de levée de fonds,
07:12des grosses levées de fonds, série B, série C,
07:16d'avoir aussi des capacités de phase 3.
07:19Les phases 3, ça coûte très cher, plusieurs centaines de millions d'euros,
07:23donc c'est vrai que ce n'est pas toujours simple
07:24d'arriver à lever tous ces fonds pour développer ces phases 3.
07:28Souvent, le business model des entreprises,
07:30c'est finalement vendre des molécules qui sont en phase 2,
07:34ou même avant, à des grands groupes
07:35qui ont la capacité à mener à bien et arriver sur le marché.
07:40Donc il faudrait qu'on arrive à avoir des capacités de levée de fonds
07:43un peu plus supérieures pour arriver à avoir des ETI,
07:46des grands groupes, et encore plus d'innovation sur le territoire français.
07:51Et alors, quelle tendance du secteur ?
07:54Est-ce que vous observez cette année les tech bio
07:58à la croisée de biologie et du numérique ?
08:01C'est une tendance que vous voyez s'accélérer ?
08:05Alors clairement, oui, tech bio, c'est en fait
08:07comment l'intelligence artificielle,
08:10alors c'est majoritairement l'IA,
08:11il peut y avoir aussi d'autres technologies numériques.
08:15Par exemple, il y a des entreprises comme Akemia
08:18qui développent des nouvelles molécules
08:21grâce à l'intelligence artificielle
08:23et de la physique inspirée du quantique
08:24qui permettent de développer des molécules
08:27beaucoup plus rapidement
08:28qu'avec des technologies qu'on avait avant,
08:33par exemple toutes les phases d'identification
08:35de lits, de molécules, de toxicité, d'évaluation.
08:40Et donc que permet l'IA ?
08:42Et ça compresse complètement les délais,
08:44c'est-à-dire, il y a eu des publications récemment
08:46où au lieu d'avoir 5 ans sur ces échelles,
08:50on arrive à 8 mois.
08:51Donc on réduit complètement les délais
08:53et du coup, on est encore plus efficace
08:55dans développer des médicaments
08:56et en plus, ça coûte moins cher.
08:58Donc on va pouvoir accélérer, j'allais dire,
09:01la tendance pour développer des molécules
09:03et ce qui est vrai sur l'amont
09:04du développement de médicaments
09:05est aussi vrai sur l'aval
09:06où les essais cliniques sont longs, fastidieux,
09:09il faut trouver les patients.
09:11Donc on a de l'intelligence artificielle
09:13pour aider à recruter les bons patients
09:15au bon moment,
09:16ceux qui peuvent rentrer dans ces essais cliniques.
09:18Donc ça, ça accélère les essais cliniques.
09:21Et en plus, on peut avoir ce qu'on appelle
09:23des bras synthétiques,
09:26c'est-à-dire faire des essais cliniques in silico
09:27avec des données
09:29et aller encore plus vite.
09:32Donc sur les phases amonts
09:33et sur les phases avales,
09:34on va gagner beaucoup de temps
09:36grâce à cette intelligence artificielle.
09:37Et il y a d'autres tendances
09:39que vous voyez émerger ?
09:42Alors l'IA est vraiment clairement partout.
09:44Après, sur les thérapies,
09:45ce qu'on appelle plutôt les biothérapies,
09:46parce que c'est quand même un secteur
09:47qui est en forte croissance,
09:48c'est un enjeu économique et de souveraineté.
09:51C'est à peu près 25%
09:52en termes de chiffre d'affaires
09:53des médicaments.
09:56On a des thérapies cellulaires,
09:57thérapies géniques
09:58et on a par exemple
10:00tout ce qui est
10:01ce qu'on appelle
10:04des ADC
10:05dans notre jargon,
10:06c'est-à-dire des anticorps
10:07qui sont couplés
10:07à des médicaments
10:08qui sont très efficaces
10:09et l'anticorps sert un peu
10:10de GPS
10:10pour cibler
10:11vers la cellule cancéreuse
10:14pour pouvoir larguer
10:15le médicament.
10:16Donc ça,
10:16c'est des choses
10:17qui sont en train
10:17de se développer
10:18pour avoir encore
10:18moins de toxicité,
10:19c'est-à-dire moins
10:20d'effets secondaires
10:21et des thérapies
10:23très ciblées.
10:24Et ça,
10:24quand est-ce qu'on peut
10:25espérer que les patients
10:26en bénéficient
10:27à grande échelle ?
10:29Alors,
10:30on a des phases cliniques,
10:32des phases 3,
10:33pas forcément en France
10:34mais en Europe
10:34et on commence
10:35à avoir les premières
10:36molécules des ADC
10:40qui arrivent sur le marché.
10:41Ça,
10:41c'est des choses
10:42qui sont,
10:43j'allais dire,
10:43assez poussées.
10:44Après,
10:44il y a des choses
10:45qui sont un peu plus amont
10:46comme l'ARN.
10:47L'ARN,
10:48on en a parlé
10:48sur les vaccins,
10:49mais c'est des choses
10:50qui sont en train
10:51de se développer aujourd'hui
10:52pour d'autres thérapies,
10:53d'autres pathologies,
10:55des cancers.
10:56Et ça,
10:56ce n'est pas encore
10:57sur le marché
10:58mais on y va.
11:01Vous préparez
11:01la publication
11:02d'un rapport
11:02sur les biothérapies
11:04et la bioproduction.
11:06Quels grands enjeux
11:07vont-ils mettre
11:07en lumière ?
11:09Effectivement,
11:10on sort un rapport
11:11avec nos partenaires
11:12MapDesign
11:13qui nous permet
11:14un peu d'avoir
11:15une visibilité
11:16de ce qui se passe
11:17en France
11:17sur ces biothérapies
11:19et puis
11:21de voir un peu
11:23comment l'écosystème
11:25et les entreprises
11:26évoluent.
11:28On voit
11:28que c'est un écosystème
11:30qui est de plus en plus mature
11:31parce qu'on voit
11:32qu'on finance
11:32de plus en plus
11:33de phases avales.
11:35C'est-à-dire qu'avant,
11:36on avait beaucoup
11:36de précliniques
11:36phase 1.
11:37Aujourd'hui,
11:37l'année dernière,
11:38on avait un tiers
11:39de projets confinancés
11:41qui est en préclinique,
11:42un tiers en phase 1,
11:43un tiers en phase 2.
11:44Ça montre vraiment
11:45qu'on est en train
11:45d'avoir un écosystème
11:48qui est de plus en plus mature.
11:50On voit aussi
11:51que finalement,
11:53les États-Unis
11:55et la Chine
11:56sont les premiers
11:56en termes de nombre
11:57de molécules
11:58en développement.
12:00Mais la France
12:01est deuxième
12:02derrière l'Europe.
12:03Donc, on n'a pas à rougir.
12:04Donc, on n'a pas à rougir,
12:05mais il faut qu'on arrive
12:06à maintenir un peu
12:07cette dynamique
12:08et de maturité
12:09de cet écosystème
12:10des biothérapies.
12:12Rosalie,
12:12il y a quelques jours,
12:13vous étiez présente
12:14à l'événement
12:15BIG 2025
12:16de BPI France
12:17à Bercy-Accor Arena.
12:20Quel message
12:21est-ce que vous retenez
12:22de cette édition
12:23pour le secteur
12:23de la santé ?
12:25Alors, c'est un super événement,
12:26hyper dynamique.
12:28C'est plein d'activités.
12:31J'avais dit,
12:32on avait une bulle
12:32sur tous les ateliers
12:34des thématiques
12:36de la santé
12:37à appréhender
12:39la cybersécurité,
12:40justement,
12:41sur les nouvelles technologies
12:42de la biologie de synthèse,
12:43par exemple,
12:44sur comment exporter
12:45au Maroc.
12:47Donc, je pense
12:48que ce qui est important
12:48dans ce type d'événement,
12:50c'est de pouvoir
12:51un petit peu
12:52discuter avec tout le monde,
12:55déstiloter un peu
12:55ce secteur de la santé
12:56entre les médecins,
12:58les start-up,
12:59les grands groupes,
13:00les labos,
13:00et justement
13:01de pouvoir discuter,
13:03d'appréhender
13:03des synergies
13:06pour aller encore plus vite
13:07dans le développement
13:08de ces entreprises
13:09et de ces thérapies
13:10pour aller chez le patient
13:11parce que finalement,
13:12c'est compliqué
13:14d'être entrepreneur aujourd'hui.
13:16Donc, on est là aussi
13:16pour les aider,
13:17les accompagner
13:18sur toutes ces problématiques
13:21et c'est vraiment
13:21un événement
13:22qui permet un peu
13:24d'ouvrir les yeux
13:25et de regarder un peu
13:25ce qui se passe
13:26et de sortir
13:27de son usual business.
13:28Et ça, je pense
13:31que c'est hyper intéressant
13:32pour les entreprises
13:33du secteur.
13:34Merci beaucoup, Rosalie,
13:35pour cet échange riche.
13:37Rosalie Maurice,
13:38responsable du domaine santé
13:40chez BPI France.
13:42On passe à la pépite santé.
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