- il y a 4 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:07Bienvenue donc dans ce 18-19 avec en premier invité Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière.
00:16De mots, le patron de Force Ouvrière. Bonsoir Frédéric Souillot.
00:19Bonsoir Edwis Chevrillon. Alors il n'y a pas de patron à Force Ouvrière, je suis le premier mandaté.
00:23Le premier mandaté, c'est un peu comme dans une entreprise finalement.
00:26Demain c'est donc le 18 septembre, c'est donc une journée noire, un jeudi noir, en tous les cas c'est ce que vous nous avez promis.
00:36C'est ce qui va se passer ?
00:37C'est ce qui va se passer, tous les retours que j'ai de toute la France et hier j'animais un meeting à Marseille,
00:43la salle était comble et les gens vont se mobiliser demain et peut-être après-demain
00:47puisque pour une partie d'entre eux, ils auront des assemblées générales pour parler de grève reconductible.
00:52Oui, de grève reconductible, c'est-à-dire que le chaos ne va pas être limité à une journée, ça va être encore dans les prochains jours ?
01:00Moi je ne parle pas de chaos, il y avait un premier ministre qui a demandé un vote de confiance, il avait dit après moi le chaos.
01:06Eh bien on y est non ?
01:07Moi je dis, ben non, mobilisation sociale parce qu'il faut qu'on arrête le concours des mauvaises idées, concours Lépine, qui présente juste la facture aux travailleurs.
01:18Non mais on voit bien qu'on est dans une situation quand même extrêmement difficile.
01:22Vous avez vu le sondage Elab qui vient d'être publié pour nos confrères de BFMTV qui montre qu'il y a 56% des Français qui approuvent cette mobilisation,
01:30plus d'un Français sur deux, c'est un petit peu moins que l'ordre de la réforme des retraites.
01:36Et l'autre côté, 57% des Français estiment que vous, les syndicats, vous êtes facteur de blocage.
01:44Comment vous répondez à ces deux chiffres qu'on peut presque opposer ?
01:47Eh bien moi je ne les oppose pas.
01:50Les 57% qui répondent qu'on est facteur de blocage, ben on est sur tout et on contribue à la cohésion sociale de la République.
01:57Le facteur de blocage dans le paritarisme pour leur retraite complémentaire, eh bien on est capable de prouver qu'on tient les choses paritairement.
02:05Et sur la sécurité sociale, et sur l'assurance chômage, et sur les retraites complémentaires.
02:09Donc le facteur de blocage des organisations syndicales, quand elles ne sont pas écoutées,
02:14eh bien elles se réunissent et il n'en manque aucune sur l'appel de demain.
02:18Toutes les organisations syndicales disent arrêt avec ces budgets d'austérité, plus de justice fiscale.
02:23Il n'y a pas d'austérité, vous le savez mieux que moi.
02:25Ah non, ça c'est vous qui le dites.
02:26Il n'y a pas d'austérité, on continue à avoir 30 milliards de dépenses de plus.
02:31Oui, mais ces 44 milliards de budget, c'était un budget d'austérité,
02:36où on présentait la facture du quoi qu'il en coûte juste aux travailleurs, et à personne d'autre.
02:40En revanche, les économies, effectivement, elles étaient centrées plus sur les salariés.
02:43Moi, je préfère le mot salarié à travailleurs, mais chacun est dans sa position.
02:47Mais là-dessus, vous avez raison, mais vous avez obtenu des choses, on va en reparler.
02:52Mais juste, moi, ce qui m'intéresse, donc demain, il faut s'attendre à quoi ?
02:56Demain, il y aura une très très forte mobilisation.
03:02Vous l'avez vu, RATP, c'est le ministre des Transports qui l'annonce.
03:07Il annonce un jeudi noir, et seulement des métros, des bus et tout cela,
03:12que pendant les périodes de pointe, et encore pas partout.
03:14Et que ce soit dans les Hauts-de-France, à Grenoble ou à Montpellier,
03:21ça va être difficile de se déplacer, mais venez à la mobilisation,
03:25venez à la manifestation pour vous faire entendre.
03:27On va revenir sur le fond, juste sur demain.
03:30Vous avez peut-être entendu le ministre de l'Intérieur, Renaud Rentailleau,
03:33qui était l'invité de BFM TV, d'Apolline de Malherbe ce matin,
03:37qui dit qu'il s'attend à ce qu'il y ait 10 000 casseurs demain.
03:40Il se dit très inquiet.
03:42En face, il y aura évidemment des policiers immobilisés.
03:45Et le préfet de police de Paris, Laurent Lunez,
03:47a dit qu'il était très inquiet de la présence de nombreux casseurs aussi.
03:52Ces fameux Black Rock.
03:53Qu'est-ce que vous, syndicats, on sait qu'en général,
03:55les manifestations organisées par des syndicats, comme le vôtre,
04:00sont très organisées.
04:02Qu'est-ce que vous avez prévu ?
04:04Alors nous, on a encadré nos manifestations, nos mobilisations,
04:08pour protéger les gens qui manifestent.
04:11Maintenant, ce qui se passera en dehors de la manifestation,
04:14malheureusement, je serais tenté de dire,
04:16c'est ça qui fera la une de tous les journaux demain soir,
04:20plutôt que le nombre de manifestants et leurs revendications.
04:23Donc, moi, je ne peux que le déplorer,
04:25et la violence, ça n'apporte jamais rien de bon.
04:27Dans tous les cas, c'est la mobilisation demain,
04:30et il y aura une très, très forte mobilisation dans tout le pays,
04:33y compris la France des sous-préfectures.
04:35J'ai entendu qu'il y avait 250 manifestations déclarées.
04:40Moi, j'en ai recensé 432 cet après-midi.
04:44D'accord.
04:44Donc, il y en a beaucoup plus que ce qu'on dit pour l'instant.
04:47Comment éviter ?
04:48Mais parce que, parfois, dans les petites villes,
04:50ils n'ont pas besoin de déclarer à la sous-préfecture pour se mobiliser.
04:52Moi, j'ai fait un recensement.
04:53On en a 432 mobilisations, manifestations, dans le calme.
04:58Justement, qu'est-ce que vous dites ce soir, Frédéric Souillot,
05:03pour éviter ces débordements ?
05:05Qu'est-ce que vous dites ?
05:06Mais je dis, manifestons, portons nos revendications.
05:11C'est la seule chose qui fera aboutir nos revendications.
05:17Moi, je ne suis pas pour la révolution permanente,
05:19parce que je suis républicain, laïc,
05:22et la révolution permanente, ça ne contribue pas à la cohésion sociale de la République.
05:25Donc, il faut de la cohésion sociale dans la République,
05:28et les syndicats font plus qu'ils contribuent.
05:30Oui, et quel est votre mot d'ordre ?
05:32Demain ?
05:33Oui.
05:34Plus de justice fiscale, plus de justice sociale,
05:37et fin des budgets d'austérité.
05:40Est-ce que vous êtes d'accord avec Sophie Binet,
05:43qui a dit, je crois que c'était à la sortie de sa rencontre avec le Premier ministre,
05:48elle a dit, mais le budget, il se fera dans la rue.
05:51Alors ?
05:52C'est ce que vous attendez demain ?
05:54Nous, demain, ce que nous attendons, c'est une forte mobilisation,
05:57et j'ai eu le Premier ministre au téléphone.
05:59Oui, vous ne le voyez que le 22 septembre.
06:01Oui, parce que moi, je lui ai dit, je ne vous verrai qu'après le 18.
06:05Donc, on s'est mis d'accord, et ce sera lundi à 11h,
06:08où je rencontrerai le Premier ministre,
06:11en lui expliquant, demain, regardez la télévision,
06:15il y aura beaucoup, beaucoup de monde de mobilisé contre cette violence sociale,
06:20où on présente juste la fracture aux travailleurs.
06:22Eh bien, pour le coup, j'espère que le Premier ministre aura un éclair de conscience.
06:27J'ai vu que quand il était en Bourgogne, avec cet air qui rafraîchit et qui aide à mieux penser,
06:34c'est un bon début, la fin de la suppression des deux jours fériés,
06:37mais ça, c'était qu'un chiffon rouge.
06:39Il y a beaucoup plus de choses derrière ça.
06:41Responsabiliser les travailleurs par rapport à leurs arrêts maladie.
06:44Jamais personne n'avait osé venir sur ce terrain-là.
06:48Ça, ça vous plaît ?
06:49Mais non, ça me déplait complètement, ça.
06:51Pourquoi ?
06:52Parce que...
06:52Ne responsabiliser les gens, c'est plutôt une bonne démarche, non ?
06:55Mais les travailleurs sont responsabilisés,
06:58ils ne s'arrêtent pas, personne ne choisit de tomber malade.
07:02Eh bien, quand vous allez voir...
07:03Il y en a certains, reconnaissez, vous avez vu comme moi les campagnes,
07:06s'il n'y avait pas de campagne, s'il n'y avait pas d'excès,
07:08pour expliquer aux gens, attendez, c'est pas vous qui décidez de vous arrêter,
07:11c'est un médecin qui décide de vous arrêter.
07:14Voilà, eh bien, les études sérieuses de la caisse primaire d'assurance maladie
07:20disent moins de 2%.
07:23Et pour le reste, quand vous êtes malade, vous allez voir votre médecin
07:26et c'est lui qui décide de vous arrêter.
07:28C'est pas vous qui arrivez en disant,
07:30eh bien, je voudrais un arrêt maladie, ça, ça ne marche pas.
07:32C'est que dans la tête et les rêves et les hallucinations de certains.
07:35Vous ne pensez pas qu'il y a quand même des excès,
07:39il y a un manque de, je reprends votre expression,
07:41de responsabilisation des citoyens,
07:44que ce soit dans la santé, que ce soit dans la thalassothérapie,
07:47le fait de prendre les taxis dans les dépenses de santé,
07:49vous ne pensez pas qu'il y a quand même un manque de contrôle ?
07:53Alors, la confiance n'exclut pas le contrôle.
08:00Pour autant, je vous recite l'étude sérieuse de la caisse primaire
08:05d'assurance maladie sur ce qui serait de l'optimisation
08:10ou de la non-responsabilité, moins de 2%.
08:14On parle de la totalité des salariés en France.
08:19Est-ce que vous demandez l'abrogation de la réforme des retraites
08:23ou au moins sa suspension ?
08:25Moi, je suis toujours dans la même revendication,
08:27abrogation de la réforme des retraites.
08:29Et vous voulez quoi alors, le retour à ?
08:31Mais le retour à 62 ans, dans un premier temps.
08:33Cette réforme des retraites, elle était déjà injuste,
08:37injustifiable et injustifiée économiquement.
08:40Vous n'avez même pas été au conclave.
08:43Mais qu'est-ce que j'aurais été faire au conclave ?
08:45Je ne sais pas, discuter, essayer de trouver un accord.
08:47Discuter en me disant, dans la lettre de cadrage du Premier ministre,
08:51on ne touche pas à l'âge de départ,
08:53on ne touche pas à la durée de cotisation
08:54et vous pourrez peut-être essayer de trouver
08:57quelques bricoles sur les inégalités.
08:59Non, aujourd'hui, hier, avant la réforme des retraites,
09:06on était à 49,3% des salariés qui liquidaient leur retraite
09:10qui n'étaient plus en emploi.
09:11Aujourd'hui, on est à 50,7%.
09:14Ça a augmenté encore les inégalités.
09:17Pourquoi ?
09:18Quand on nous met autour de la table pour se responsabiliser,
09:21eh bien, on a trouvé un accord sur l'emploi des seniors.
09:24On a trouvé un accord sur la convention d'assurance chômage.
09:26J'espère que le Premier ministre, son groupe parlementaire,
09:30qui vient de déposer un projet de loi sur l'assurance chômage...
09:33Oui, quatrième réforme.
09:35Oui, le projet de loi Attal, celui dont personne ne voulait.
09:39Eh bien, j'espère que le Premier ministre,
09:40il aura conscience que ça, ça va encore énerver un peu plus
09:43et mettre un peu plus le feu dans la plume.
09:45Ça, vous lui dites ce soir ?
09:46Je lui dirai demain, je lui dirai lundi.
09:48Vous lui dirai lundi, vous demandez la suspension ?
09:51Oui, la suspension, on va dire définitive,
09:54la redaction de cette réforme.
09:55Alors, lui, il nous dit, je veux donner plus de place à la démocratie sociale.
10:00Je lui réponds, le L1 du Code du Travail,
10:04plus de place à la négociation collective.
10:06Et ça, on sait prendre nos responsabilités, tous.
10:09Et on signe des accords, des accords nationaux interpro.
10:12Il faut qu'on parle de l'emploi des jeunes, de l'emploi des seniors.
10:14Eh bien, s'il veut donner plus de place à la démocratie sociale,
10:19il demande à son groupe parlementaire de retirer son projet de loi.
10:23C'est la réforme à Thal.
10:24Alors, en juillet 2024, il avait arrêté, on la ressort, on nous la ressort.
10:28C'est comme un chiffon rouge.
10:29Oui.
10:31Vous savez, il y a tout un débat aujourd'hui.
10:33Juste avant de parler de la taxation sur les riches,
10:36et sur la fameuse taxe Zuckmann, Frédéric Souillot,
10:39comment vous expliquez cette colère qu'on ressent dans le pays quand même ?
10:44La colère sociale, vous l'expliquez comment ?
10:46Eh bien, parce que...
10:47Parce que la France ne va pas si mal.
10:50On a un petit peu de croissance, le chômage, certes, il repart.
10:54Mais enfin, il a quand même beaucoup baissé.
10:56Vous, vous pensez que ça va pas...
10:57Les entreprises arrivent à se maintenir la tête hors de l'eau.
11:00Vous, vous pensez que ça ne va pas si mal.
11:02Non, mais je...
11:02Maintenant, sur le partage de la valeur ou le partage des richesses,
11:07eh bien, les salariés que nous représentons,
11:09les travailleurs ou les citoyens,
11:11pensent que la richesse, elle n'est pas partagée normalement.
11:17Il n'y a pas de justice fiscale ou de justice sociale.
11:20Pour le coup, à chaque fois, on dit au même,
11:24bon, écoutez, vous avez trop de droits sociaux,
11:27trop de protection sociale collective, il faut qu'on revienne dessus.
11:30Eh bien non, il faut que ça s'arrête.
11:31La colère, je vous le disais, je vous l'ai déjà dit sur ce plateau,
11:34elle était sourde.
11:36Eh bien là, aujourd'hui, elle va sortir et elle sort dans la rue.
11:40Oui.
11:41Et vous voyez s'arrêter ça comment ?
11:43Est-ce que ça passe pour vous par, je sais pas,
11:47par une nouvelle dissolution, par le départ du président de la République ?
11:51Où est-ce que ça va s'arrêter ?
11:53Moi, je ne suis pas sur ce terrain-là.
11:56Je n'appelle pas à voter pour tel candidat
11:58ou contre tel autre candidat.
12:01C'est la liberté et l'indépendance de force ouvrière.
12:03Je ne suis pas directeur de conscience,
12:04je ne dis pas à mes adhérents.
12:06Il faut voter un tel ou il faut voter tel autre.
12:08Ce n'est pas le problème de l'organisation syndicale.
12:12Et puis, celui qui a les clés,
12:14c'est le président de la République,
12:16c'est lui qui avait décidé de la dissolution de l'Assemblée nationale.
12:19Et le résultat de ce qu'il y a à l'Assemblée nationale,
12:24pas de majorité absolue ni quoi que ce soit,
12:26ce sont les citoyens quand ils ont aimé mettre un bulletin dans l'urne.
12:29Mais la politique de l'offre...
12:31Une nouvelle dissolution, finalement, ça ne servira à rien
12:33parce qu'on a aboutiré au même résultat.
12:35Moi, on me demande, y compris mon avis,
12:37sur le nouveau Premier ministre.
12:38On ne m'a pas demandé avant de choisir le Premier ministre.
12:42Et si on me l'avait demandé,
12:43je n'aurais rien dit.
12:44Parce que ça ne me regarde pas.
12:46Chacun a ses responsabilités.
12:47Moi, mes responsabilités, elles sont syndicales.
12:49Et je ne fais que de la politique syndicale.
12:51Le reste, je le laisse au parti politique.
12:53Le climat social au sein des entreprises,
12:57ce n'est pas si mauvais que ça
12:58quand on discute avec les uns et les autres, non ?
13:01Vous, vous sentez, on voit la colère des Français,
13:04mais au sein des entreprises ?
13:07Mais quand les entreprises vont bien
13:09et appliquent la convention collective,
13:12le partage de la valeur,
13:13de l'intéressement, de la participation,
13:16des hausses de rémunération par la négociation,
13:19eh bien, ça se passe bien.
13:20À partir du moment où certains
13:22ne font pas de dialogue social
13:26et ne donnent pas la place
13:27qui doit être la sienne à la négociation collective,
13:29eh bien, il y a de la friction.
13:31Est-ce que vous estimez que...
13:32Quelle est votre position à force ouvrière
13:34sur les exonérations de cotisations sociales ?
13:37Parce que ces exonérations, ça coûte cher.
13:40On sait bien, 80 milliards,
13:41ça fait partie de ce pactole...
13:43De 211 milliards ?
13:45Enfin, il y a 211 milliards qui disent 280,
13:47il y en a d'autres qui disent 45,
13:49mais 45, si on applique les critères européens.
13:53Enfin, bon, le chiffrage,
13:54il est quand même très fantaisiste de tous les côtés.
13:57Donc, il faudrait un peu qu'on s'y mette.
13:58Alors, je ne sais pas si...
13:59Parce que celui du Sénat, il y a vraiment tout.
14:02Comme dirait, il y a des carottes,
14:03et des... qu'est-ce qu'il avait dit ?
14:04Des carottes, non pas, des choux-fleurs.
14:05L'ancien Premier ministre, François Bayrou, il y avait...
14:07En même temps, l'ancien Premier ministre...
14:10Oui, François Bayrou.
14:12...dont vous parlez,
14:13lui, il n'avait aucun intérêt à ce qu'il y ait un rapport du Sénat
14:16qui sorte en trouvant 211 milliards...
14:20Il y a de tout dedans.
14:21Oui, peut-être qu'il y a de tout.
14:23Moi, je veux...
14:23Il y a eu compris, je crois,
14:25pour soutenir le réseau ferré de France.
14:29Vous voyez, qu'est-ce que ça fait ?
14:31C'est pas une aide aux entreprises ?
14:33La première conditionnalité des aides publiques aux entreprises,
14:37c'est l'emploi en France.
14:39Oui, d'accord.
14:40Exonération, exonération des cotisations sociales, justement.
14:44Eh bien, si on passe de 1,6 SMIC à 1,4 SMIC,
14:47c'est 15 milliards demain matin.
14:49OK, et de moins, du coup, ça veut dire
14:50qu'il y aura moins d'emplois à ce niveau-là ?
14:52Eh bien, pourquoi ?
14:52Vous leur dites quoi aux gens qui...
14:54Pourquoi on va paupériser un petit peu plus ?
14:57Pourquoi les employeurs augmenteraient au-delà d'1,6 SMIC ?
15:00Puisqu'après, ils n'ont plus d'allègements de généraux ?
15:02Eh bien, à l'audition, devant le Sénat,
15:06le patron de Total a dit
15:08« J'ai touché 4 milliards de crédits, impôts, compétitivité, emploi.
15:12Je n'en avais pas besoin. Je vais les rendre. »
15:14Vous voyez les 4 milliards pour les deux jours fériés ?
15:17Eh bien, ils sont là.
15:18Et le patron de Total...
15:18Oui, d'accord, ok.
15:19Non, mais vous ne répondez pas sur ma question des exonérations,
15:22des cotisations sociales, au niveau, justement,
15:24est-ce qu'il faut aller jusqu'où faut-il aller ?
15:27Est-ce qu'il faut se concentrer au niveau du SMIC ?
15:29Et surtout, d'accord, ça coûte cher, mais ça a permis
15:32à des gens qui n'étaient pas forcément dans l'emploi
15:35de trouver un emploi au niveau du SMIC.
15:37Parce que vous croyez que les entreprises embauchent
15:41juste parce qu'elles ont l'exonération de cotisation ?
15:43Eh bien, je pense qu'on se trompe quand on pense ça.
15:46Elles embauchent parce qu'elles ont un besoin.
15:48Si elles n'avaient pas de besoin, exonération ou pas,
15:50elles n'embaucheraient pas.
15:52Oui, regardez avant, ce n'était pas le cas.
15:54Donc, ils se sont mis à embaucher.
15:55Ils se sont mis à embaucher.
15:55C'est comme la question de l'apprentissage.
15:57L'apprentissage, tout d'un coup, on a eu des découvertes
15:59qu'on avait des milliers d'apprentis formidables, géniales.
16:02C'était des jeunes, ça évite qu'ils fassent autre chose.
16:04Et puis maintenant, on s'est rendu compte que ça valait extrêmement cher.
16:08Et donc, on est en train de rétrécir.
16:10Eh bien, ça y est, le chômage des jeunes, il augmente.
16:13Non, mais le chômage des jeunes,
16:15on est déjà 27% en dessous de la moyenne de l'OCDE.
16:21Donc, sur le chômage des 15-25 ans,
16:23on a un vrai travail à faire, nous, sur l'emploi des jeunes.
16:27Comme on a un vrai travail à faire sur l'emploi des seniors.
16:30Parce que c'est un peu simple de dire
16:33« Ah ben, on les prendrait si on avait des exonérations de cotisations. »
16:37Eh bien, ça, ça s'appelle payer pour voir.
16:40Eh bien, moi, je ne suis pas d'accord.
16:41Parce que l'État, pour le coup,
16:44après ça, il ramène la dette sur le dos de la totalité des citoyens français.
16:48Il paie les impôts.
16:49Non, mais parce que la loi d'Alain Juppé,
16:54elle dit que quand l'État consent à une aide publique,
17:00il doit la compenser au franc prêt à l'époque où Alain Juppé avait mis cette loi.
17:05Eh bien, quand l'État doit le compenser dans les caisses de la sécurité sociale
17:09et de l'assurance chômage, il n'y arrive pas.
17:11Est-ce que vous seriez d'accord ?
17:13Alors, je sais que c'est...
17:14Là, aujourd'hui, on va essayer de sortir des totems.
17:16Parce que vous savez qu'il y en a beaucoup.
17:17Et vous, Frédéric Souillot, c'est bien avec vous.
17:19C'est que de temps en temps, vous essayez quand même de les contourner.
17:21Est-ce qu'on peut envisager, à un moment,
17:24que la charge, justement, de notre modèle de Providence
17:28ne soit pas uniquement sur les salariés,
17:31ne repose pas uniquement sur les salariés,
17:33mais soit élargie à l'ensemble des Français ?
17:37Alors, je l'ai dit à Sébastien Lecornu,
17:43on s'est mis d'accord avec les cinq organisations syndicales représentatives
17:50et les trois organisations patronales pour discuter
17:52modèle productif, le modèle productif français,
17:57comment est-ce qu'on arrive à parler du temps long
18:00sur les filières qui vont devoir se développer,
18:03celles qui vont décliner.
18:05Modèle productif, et on va parler de la protection sociale collective,
18:09leur attachement au travail, à l'emploi,
18:12et on va parler de l'emploi des jeunes, de l'emploi des seniors,
18:15et on va mettre ça dans notre agenda autonome
18:17pour parler de l'appareil productif,
18:20pour reparler de souveraineté industrielle,
18:23et du coup, de souveraineté économique.
18:27Et de compétitivité, du coup.
18:29Dites le mot, dites le mot.
18:30On prendra tous les points que vous voulez.
18:32Moi, je suis super content quand les entreprises fonctionnent bien,
18:35pour une raison très simple.
18:36À partir du moment où elles fonctionnent,
18:38on va pouvoir mettre des dérivations
18:39pour le partage de la valeur.
18:41Oui, pour le partage de la valeur,
18:43mais on peut aussi mettre des dérivations au niveau des Français
18:45pour le partage du financement du modèle.
18:48Mais notre modèle social,
18:53si vous enlevez les allégements généraux de cotisations,
18:58CICE et compagnie,
19:00eh bien, on n'a pas de problème d'équilibre.
19:02Regardez notre système de retraite par répartition.
19:05En 2023, quand on a une hausse des salaires liées à l'inflation
19:09et les clauses de revoyure,
19:11on est excédentaire de 7,4 milliards.
19:13Oui, mais est-ce qu'il ne faut pas que les retraités,
19:15les boomers,
19:17est-ce qu'il ne faut pas que les entrepreneurs indépendants
19:21participent justement à ce modèle social ?
19:24Mais que les entrepreneurs indépendants participent au modèle social, oui.
19:28Oui, les retraités.
19:29Les retraités au-delà d'un certain niveau de retraite.
19:32Mais les retraités, quand on oppose,
19:35et c'est ce qu'a tenté de faire l'ancien président de la République,
19:38les retraités aux actifs,
19:43les jeunes, aux vieux,
19:45et ces malades avec les affections longue durée,
19:48arrêtons, on a besoin de cohésion,
19:50et notamment de cohésion sociale.
19:52Pour les retraités, foutons-leur la paix.
19:54D'accord, foutons-leur la paix,
19:55donc c'est pas eux.
19:56Merci beaucoup.
19:57Merci à vous, Edi.
19:57J'ai envie de vous dire, bonne manifestation,
19:59même si pour nous, demain, ça va être difficile.
20:01Enfin, on va regarder.
20:02Pour les Français, ça risque d'être difficile,
20:04mais en tous les cas, il y en a beaucoup,
20:05beaucoup qui seront dans la rue.
20:07Une grande partie des Français seront mobilisés dans la rue.
20:09Et puis on sait, donc, lundi,
20:11vous irez voir, fort de ce succès, peut-être,
20:13vous irez voir le Premier ministre pour lui dire...
20:15Le peut-être était trop dans votre phrase,
20:17fort de ce succès, oui, j'irai voir le Premier ministre,
20:19mais pas juste pour le succès.
Commentaires