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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:07Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon invité François Omril qui est président de la CFE CGC.
00:15Bonsoir François Omril.
00:16Merci d'être là parce que je sais que vous faites le tour de la France et donc voilà, vous vous arrêtez ici au moins pendant une demi-heure pour être avec nous.
00:23Il faut dire qu'il y a beaucoup de questions, il y a la question bien sûr du chômage, du chômage qui progresse lentement mais sûrement.
00:30Ce matin on a appris donc pour le quatrième trimestre 2025 qu'il atteignait 7,9%.
00:36C'est le plus haut taux depuis 2021 mais surtout ce qui est inquiétant et on va y revenir bien sûr c'est le niveau du taux de chômage des jeunes à plus de 2,8%
00:46et avec des solutions qu'on a du mal à trouver notamment sur le CDI Jeunes.
00:50On va parler des faillites, on va parler des familles d'entreprises qui explosent, un niveau record, là aussi triste record
00:57et avec quand même aussi derrière des dépenses sociaux à laquelle...
01:00Puis on parlera de votre succession tiens, bonne question n'est-ce pas François Omril ?
01:03Sur le chômage, sur le chômage est-ce que vous êtes inquiet ?
01:06Est-ce que vous pensez que c'est un long retour vers les sommets qu'on a connus il y a quelques années ?
01:13Non, je suis assez pessimiste sur le sujet, on est habitué au cycle économique, c'est normal.
01:19Il y a des hauts, il y a des bas, globalement la mesure de fréquence c'est deux ans.
01:26Moi j'ai connu ça toute ma vie dans l'industrie, je crois qu'on y est assez habitué.
01:31Il y a quand même deux phénomènes très préoccupants, s'agissant spécifiquement de la France,
01:35c'est qu'il y a quand même un taux de faillite, de défaillance d'entreprises
01:40et notamment de petites et de moyennes entreprises extrêmement élevé,
01:44pas du tout dans la logique et dans la normale de la fluctuation économique.
01:49Et par ailleurs, moi je pense que la France n'est pas armée à pouvoir capter le rebond.
01:55La France a pris un retard technologique extrêmement important.
02:00Évidemment, vous allez encore dire que j'impute la responsabilité à la politique menée par Emmanuel Macron,
02:06cette soi-disant politique de l'offre qui en vérité n'offre aucune perspective au développement économique,
02:12qui est une politique d'ouverture sans contrôle de la planche habillée vers le domaine économique,
02:19sans aucun contrôle de l'efficacité.
02:21Moi je conteste ça, je ne conteste pas le principe qu'on aide les entreprises,
02:25il faut les aider, mais il faut les aider de façon sélective,
02:28il faut investir dans les emplois de qualité, dans la recherche, dans le développement,
02:32pour créer les conditions du développement, ce qu'Emmanuel Macron n'a pas fait.
02:35Alors François-Henri, on va revenir sur un peu, on va rentrer un peu dans le détail,
02:39juste sur le taux de chômage.
02:42Est-ce que pour vous, c'est une remontée, je repose ma question un peu différemment,
02:48est-ce que vous pensez qu'on va réatteindre les 10% ?
02:50Comment est-ce que vous voyez les perspectives ?
02:51Parce que, pour vous contredire un petit peu, pardon,
02:53mais la croissance française, ce n'est pas formidable,
02:57mais enfin, quand même, elle se maintient, on est à 0,7%,
03:01enfin vous voyez là, avec des perspectives autour de 1%,
03:03donc on n'est pas le pire élève pour une fois.
03:06Ok, d'accord, on n'est pas le pire élève, mais elle se maintient,
03:08mais franchement, je pense qu'on peut avoir un peu plus d'ambition.
03:10Ce que moi je sais, c'est que quand les conditions ne sont pas réunies
03:14pour que les entreprises soient en confiance sur un plan de recrutement
03:17à 2 ans, à 5 ans,
03:19qu'est-ce qu'elles font ? Elles décalent les recrutements.
03:21Donc ça, ça crée effectivement un tout d'air.
03:23C'est l'instabilité politique, on paye l'instabilité politique,
03:27ce qu'on a vu à l'Assemblée nationale.
03:30Je suis d'accord que ça joue un peu, là-dessus je suis d'accord,
03:33mais si l'instabilité politique, c'était quelque chose qui faisait la place,
03:37une fois que la stabilité revient, à une vraie stratégie,
03:40une stratégie d'investissement, dans le moyen et dans le long terme,
03:43il me semble que les entreprises,
03:45et y compris en premier lieu les entreprises industrielles,
03:48pourraient s'inscrire dans ce schéma-là.
03:49Or, en l'occurrence, moi je ne vois rien venir.
03:52Je vois des déclarations,
03:53je vois des politiques finalement
03:55qui vont pour une part dispendieuses,
03:58mais si on met en relation
04:00l'argent dépensé avec les emplois créés,
04:03je suis désolé, la France n'est pas au niveau.
04:05Il faut, j'y reviens, je le répète,
04:06investir dans la recherche, dans le développement,
04:09dans les emplois de qualité.
04:10Moi j'ai mes trois chiffres magiques.
04:12En recherche publique, la France c'est 2,2%,
04:14l'Allemagne c'est 3,5%,
04:16la Corée du Sud c'est 4,5%.
04:18Cherchez l'erreur.
04:20Vous avez vu l'état des finances publiques de la France
04:23par rapport à celle qu'il t'a mal.
04:23Mais c'est normal, on n'a pas investi,
04:25on ne produit plus en France,
04:28donc c'est logique aujourd'hui,
04:30parce qu'on parle toujours de la dette,
04:32mais il faut parler aussi du déséquilibre du commerce extérieur.
04:34On ne produit plus en France, vous avez raison,
04:36on sait que l'industrie ça a toujours été
04:37votre fer de lance, François Omrile,
04:40mais en même temps vous voyez bien
04:42les taxes qu'il paie sur les entreprises,
04:44on en parlait hier avec le patron de Renault,
04:45Jean-Dominique Sénard, vous voyez bien quand même
04:48qu'il y a des taxes, elles ont des boulets
04:50au pied beaucoup plus lourds
04:52que ceux des Allemandes.
04:54Moi je suis en total désaccord avec ce raisonnement,
04:56c'est un raisonnement minimaliste,
04:58cette histoire de réduire la compétitivité
05:00des entreprises françaises
05:01uniquement à leur niveau de salaire,
05:03puisqu'en fait quand vous parlez des taxes,
05:05vous parlez de ce qu'on appelle
05:06les charges sur les salaires, etc.
05:08Mais c'est un raisonnement à courte vue.
05:09De la CVAE, des taxes sur les entreprises ?
05:11Ben non !
05:11Je ne suis pas d'accord du tout,
05:13ça ne tient pas du tout la route.
05:14Si vous comparez la France
05:16à due proportion avec d'autres pays,
05:18parlons de la recherche par exemple,
05:20un chercheur français aujourd'hui,
05:22il coûte 4 à 5 fois moins cher
05:24qu'un chercheur aux Etats-Unis,
05:26que je sache.
05:26Ce sont des pays qui savent générer
05:29de l'attractivité dans un pays
05:32qui veut se développer,
05:33qui a de l'ambition,
05:34il faut être créatif,
05:35il faut travailler sur les emplois de qualité,
05:36il faut créer les conditions nécessaires
05:39à ce que l'économie se développe.
05:41François Aubry,
05:42là je reviens sur le taux de chômage,
05:44donc pour vous,
05:46c'est quoi ?
05:47On va vers une lente,
05:49lente pardon,
05:50ou longue dégradation du taux de chômage ?
05:53Moi écoutez,
05:54je le redis tout à l'heure,
05:55pourtant je suis vraiment d'une nature optimiste,
05:58mais je ne vois rien dans la politique
06:00qui est suivie actuellement
06:01qui nous incite à l'optimisme,
06:03parce qu'ils sont où ?
06:05Les investissements,
06:06les voies stratégiques
06:07qui vont ramener la France
06:09dans une perspective de progrès.
06:12Vous avez parlé du budget tout à l'heure,
06:14on a passé quatre mois.
06:15Oui, mais attendez,
06:16juste pour vous dire,
06:17quel chef d'entreprise
06:18qui aujourd'hui va se dire
06:19je vais recruter beaucoup,
06:20si il y a Thalès là,
06:21je vais recruter,
06:23je vais investir en France ?
06:25Honnêtement,
06:26il faudrait quand même
06:26qu'il soit encore plus optimiste que vous,
06:28François Aubryl.
06:29Mais qu'est-ce que ça veut dire
06:30le chef d'entreprise
06:31qui va dire
06:31je vais investir en France ?
06:33Pour moi,
06:33le chef d'entreprise,
06:34il est en France,
06:35il a besoin d'investir,
06:37il a besoin pour cela
06:38d'avoir à côté de lui
06:39un État
06:40qui va mettre à sa disposition
06:41des moyens logistiques,
06:44des moyens financiers
06:45qui créent un contexte sécurisant
06:47pour lui.
06:47Et dans ces conditions-là,
06:49la question du salaire,
06:50des charges sur les salaires,
06:51des cotisations, etc.,
06:52ce ne sera pas
06:53le problème numéro un.
06:54Nous aussi,
06:54on y est dans les entreprises
06:56et on sait très bien
06:57quels sont les réflexes
06:57qui font ça.
06:58Effectivement,
06:59il y a des entreprises
06:59qui sont à très très forte
07:01pression capitalistique.
07:03Celles-là,
07:03elles vont avoir tendance
07:04à délocaliser
07:05parce que toujours,
07:06les actionnaires,
07:06ils en demandent plus.
07:07Le scandale Nestlé,
07:09d'après vous,
07:09c'est quoi ça ?
07:10C'est la pression des actionnaires.
07:11Sur le lait.
07:12Le scandale Boeing.
07:14Boeing pourrait disparaître demain.
07:16C'est la pression des actionnaires.
07:18Donc je crois
07:18qu'il faut faire attention.
07:19Il y a tout un tas
07:20d'entreprises,
07:21on dit l'entreprise au singulier,
07:22mais il y a les très grandes
07:23entreprises multinationales
07:25sous la pression des actionnaires.
07:26C'est un secteur de l'économie.
07:28Mais il y a un autre secteur
07:29de l'économie
07:29qui est beaucoup plus
07:30pourvoyeur en emploi.
07:31C'est les entreprises
07:32de Tannemoyenne,
07:33les entreprises françaises
07:34qui ont leur capital en France
07:35pour beaucoup
07:36qui sont des entreprises familiales
07:38pour lesquelles
07:38les dirigeants
07:39ont vraiment pris des risques.
07:40Mais ce sont elles
07:41qui trinquent.
07:42Excusez-moi,
07:43Edwige Chevrillon,
07:44tous les dirigeants
07:45du CAC 40,
07:46où est-ce qu'ils ont pris
07:47des risques
07:48sur leur propre fortune
07:49à eux
07:50pour travailler
07:51dans leurs entreprises ?
07:52Ils ont été nommés là.
07:53Ils en ont plein la bouche
07:54de leur théorie
07:55sur la compétitivité,
07:57etc.
07:57Moi, je préfère parler
07:59avec des gens
07:59qui ont créé leur entreprise.
08:00On ne va pas passer
08:01trois heures là-dessus,
08:02mais François-Moréle,
08:03vous voyez bien que...
08:03Vous me censurez.
08:04Non, pas du tout.
08:05Je fais attention,
08:06surtout avec vous.
08:07Mais vous voyez bien
08:08que quand il y a
08:08des erreurs de management,
08:10regardez le prix à payer
08:11et le prix à payer
08:12pour ces lentilles.
08:13Vous voyez ?
08:13Il y a quand même
08:14des patrons en France
08:15du CAC 40
08:16qui ont développé
08:17leur groupe
08:17avec succès.
08:18Donc peut-être
08:19un jour ou l'autre...
08:19Moi, je ne mets pas
08:20tout le monde
08:21dans le même panier.
08:21Bah si,
08:22c'est un peu
08:23ce que vous venez de faire.
08:23Simplement, je dis
08:24que ce ne sont pas
08:24les mêmes problématiques.
08:26Quand on dit
08:26l'entreprise,
08:28c'est une réalité
08:28beaucoup plus diverse
08:30que ça.
08:31Il y a une chaîne
08:31de valeur.
08:32Aujourd'hui,
08:33ce que je vous dis,
08:34c'est que les entreprises
08:35qui sont les plus
08:36pourvoyeuses
08:37de progrès économique
08:38et d'emploi,
08:39ce sont les entreprises
08:39qui sont au bas
08:40de la chaîne
08:41de sous-traitance.
08:42Elles sont liées
08:43finalement
08:44à la chaîne économique
08:45de partage de la valeur
08:46et aujourd'hui,
08:46elles sont trop mal considérées
08:48parce qu'elles ne peuvent
08:49pas se développer.
08:49Et je pense que l'État
08:51aurait beaucoup à gagner
08:52à investir beaucoup plus
08:53sur les petites
08:54et les moyennes entreprises.
08:54Il faut mettre
08:55une TVA sociale,
08:55comme ça,
08:56on pourra peser moins
08:58sur le coût du travail
08:58et on aura des salaires
09:00plus élevés.
09:00Mais le coût du travail
09:00ne fait pas tout.
09:01L'investissement
09:02dans la recherche
09:03des emplois de qualité.
09:04Oui,
09:05l'investissement,
09:05il faut de l'argent.
09:07Mais de l'argent,
09:08visiblement,
09:08il y en a.
09:09Je vois qu'il y a
09:11des indicateurs
09:11qui se portent bien.
09:12Dans les entreprises familiales.
09:13Attendez,
09:13le nombre de milliardaires
09:14expose.
09:15Chaque jour,
09:16un milliardaire de plus
09:17sur la planète.
09:17C'est une réponse facile.
09:18Pas vous,
09:19François Amoury,
09:19c'est une réponse facile.
09:20Un peu démago ?
09:20Pourquoi pas être
09:21un peu démago ?
09:22Parce que je pense
09:23que la situation
09:24est suffisamment...
09:25Non,
09:25la situation,
09:25elle est grave.
09:26Vous avez raison.
09:26Il faut être sérieux.
09:27Revenons sur le travail.
09:28Justement,
09:28sur le chômage des jeunes.
09:30Il y a une proposition
09:31sur la table.
09:32Le président du MEDEF
09:33qui est revenu,
09:34alors c'est un peu
09:34retour vers le futur,
09:36comme vous disiez
09:36à l'instant,
09:38avec son CDI jeune.
09:40Il y a une brancage
09:41généralisée de tout le monde.
09:42Là,
09:42il a dit dans une interview
09:43aux Parisiens,
09:44il a dit
09:44OK,
09:45mais proposez-moi
09:46quelque chose.
09:46Alors vous,
09:47la CFE,
09:47CGC,
09:48qu'est-ce que vous proposez
09:49pour qu'il n'y ait pas
09:50autant de jeunes ?
09:52Vraiment,
09:52c'est incroyable,
09:53ce chômage des jeunes.
09:54On devrait tous
09:55être absolument
09:56sur le pont
09:58pour essayer
09:58de trouver une solution.
09:59Moi,
09:59une proposition,
10:00je vous en fais.
10:01Oui,
10:01alors allez-y.
10:01Le problème qu'on a,
10:02c'est que,
10:03vu du côté du patronat,
10:04et ce n'est pas Patrick Martin,
10:05je vois qu'il s'affiche
10:06en grand devant moi,
10:07c'est très impressionnant,
10:08mais avec Patrick Martin,
10:10je n'ai pas de problème,
10:10on en discute très franchement.
10:12J'ai plus de problèmes
10:12avec le MEDEF
10:13en tant qu'organisation.
10:15Le problème qu'on a
10:15avec le MEDEF,
10:16c'est que le taux d'emploi
10:18des jeunes
10:18est très mauvais.
10:19Donc,
10:20que nous dit le patronat ?
10:21Soit ils sont mal formés,
10:22soit ils coûtent trop cher.
10:23Ce n'est jamais de leur faute.
10:24Moi,
10:25je vais leur dire,
10:25OK,
10:25il n'y a pas de problème,
10:26donc dites-nous
10:28quel est le besoin
10:29qu'il faut satisfaire.
10:29Ils ne sont pas responsables
10:29de la formation,
10:30forcément.
10:31Du coup,
10:33ils disent,
10:33il faudrait qu'on s'insère
10:34beaucoup plus loin
10:35et de façon beaucoup plus précoce
10:38dans le contenu des formations.
10:40Moi,
10:40je dis qu'ils ont
10:41déjà une réforme.
10:42Moi,
10:42ce que je dis,
10:42c'est que quand on a
10:43le permis de conduire,
10:44on ne sait pas conduire.
10:45Tout le monde sait ça.
10:46Moi,
10:47ce que je pense
10:47qui serait très positif,
10:48c'est de restaurer
10:49ce qui existait au passage
10:51dans les entreprises
10:51à une certaine époque,
10:53de restaurer un dispositif
10:55par lequel les entreprises
10:56qui embauchent des jeunes
10:57auraient les moyens
10:58de les mettre en formation.
11:00C'est un peu la réforme
11:00de l'apprentissage.
11:01Non,
11:02l'apprentissage
11:03était pendant les études.
11:04Moi,
11:05je vous parle
11:05d'embaucher quelqu'un
11:06qui a terminé ses études,
11:08que l'entreprise embauche
11:09et dont elle sait,
11:10a priori,
11:11qu'il va lui falloir
11:11deux,
11:12trois ans,
11:13cinq ans peut-être
11:13pour monter en compétence.
11:15C'est le CDI jeune ?
11:16C'est pas du tout
11:17le CDI jeune.
11:17C'est pendant trois ans
11:18la possibilité
11:20de renvoyer le jeune.
11:22c'est un contrat précaire.
11:24Moi,
11:24ce que je dis,
11:24c'est qu'on pourrait proposer
11:25un dispositif
11:26qui fait que les entreprises
11:28qui embauchent des jeunes
11:29seraient aidées
11:30pour mettre en place
11:31des moyens de formation
11:31pour que justement
11:32ce ne soit pas à la charge
11:34de l'entreprise,
11:34en tout cas qu'elle soit
11:35en grande partie aidée
11:36pour pouvoir faire monter
11:37en compétence ces jeunes,
11:39quel que soit leur référentiel
11:40de compétence et de diplôme,
11:41à l'intérieur de l'entreprise.
11:43Nous,
11:43ce qu'on dit à la CFE-CGC,
11:44ce qu'on dit depuis des années,
11:45depuis toujours en vérité,
11:47c'est que le meilleur endroit
11:48pour former les gens,
11:49c'est dans l'entreprise.
11:51Cette espèce de fantasme
11:52qui est de dire
11:53que quand les gens
11:53sont privés d'emploi,
11:55qu'ils sont à la recherche d'emploi,
11:56il faut former
11:57le mouton à cinq pattes
11:58pour qu'ils puissent correspondre
11:59comme une pièce de puzzle
12:00exactement à la demande,
12:02ça ne marche pas.
12:03Ce qui compte,
12:04c'est le désir de travailler,
12:05le désir d'aller vers
12:06telle ou telle entreprise
12:07et quand on rentre
12:09dans l'entreprise,
12:09on n'est pas forcément au top
12:11et à ce moment-là,
12:11il faut prendre en charge
12:12des gens
12:13et il faut pouvoir
12:14les faire monter en compétence.
12:14Vous êtes d'accord
12:15que le désir de travailler,
12:16aujourd'hui,
12:17chez certains jeunes,
12:18il est moindre,
12:19on voit bien les nids
12:19qui sont loin absolument
12:20de tout.
12:22Ok, alors on en parle aussi
12:23de ça, pourquoi pas ?
12:24Pourquoi, effectivement,
12:25il y a, c'est possible,
12:27moi je ne vais pas vous l'affirmer ici,
12:28mais je suis assez d'accord
12:30pour constater
12:31qu'on a une problématique
12:32d'attachement à l'entreprise
12:33qu'on pourrait appeler
12:34le désir de travailler.
12:36Moi, je peux vous dire
12:37pour en connaître beaucoup
12:38qu'entre 25 et 30 ans,
12:39le désir de travailler,
12:40de faire des choses,
12:41il est bien là.
12:42Il n'y a pas de problème
12:43de motivation.
12:44Par contre,
12:45il y a visiblement
12:45un problème d'attachement
12:46à l'entreprise.
12:47Est-ce qu'on ne pourrait pas
12:48en parler de façon sereine
12:49avec le patronat
12:50sans s'envoyer des anathèmes ?
12:52Est-ce que moi,
12:52je ne pourrais pas poser
12:53des questions
12:53à Patrick Martin,
12:55à Mireza Tofighi,
12:56à Michel Picon ?
12:58Peut-être que votre discours
13:00depuis des années,
13:01ça a finalement
13:02déshabitué les gens
13:03à venir chez vous ?
13:04C'est exactement les propos
13:06du reste que tenait
13:06le président de Renaud hier.
13:08Vous avez une réunion
13:10là, demain je crois,
13:13sur la réforme
13:14de l'assurance chômage
13:15justement,
13:15avec un deadline
13:16que je crois
13:16qui est le 25 février.
13:18Donc vous avez
13:18grosso modo 15 jours
13:19pour trouver une solution.
13:21Un, où est-ce que vous en êtes ?
13:22Et dans ces réunions,
13:23pourquoi vous ne parlez pas
13:24justement
13:24des CDI jeunes,
13:27comment faire, etc.
13:28Pourquoi vous n'en parlez pas
13:29entre vous ?
13:29Le problème de la négociation
13:31actuelle,
13:32c'est une négociation
13:33qui est quand même
13:34relativement codifiée
13:35puisqu'elle est à l'intérieur
13:36même de la convention
13:38inédite
13:38d'assurance chômage.
13:40Avec un cadrage,
13:41c'est vrai,
13:41on l'a demandé,
13:42relativement large
13:43de l'État,
13:44pour des raisons
13:44assez inexplicables,
13:45je dois vous le dire,
13:46le patronat unanime
13:47a demandé à ce que
13:48les contraintes de l'État
13:49soient multipliées
13:50par 2,5 millions,
13:51passer de 400 millions
13:52d'économies à faire
13:53à 1,2...
13:54Ils sont responsables ?
13:551 milliard d'économies.
13:56Ils sont responsables.
13:56Moi, je vous montre
13:57un graphique,
13:57on le voit de loin,
13:58mais je vais vous montrer
13:58ce graphique existe.
14:00Et je vous demande,
14:01tous les gens qui regardent,
14:02y compris les journalistes,
14:03allez chercher dans l'UNEDIC,
14:04c'est un document UNEDIC.
14:06Ce document,
14:07c'est tout simplement
14:07le solde de l'assurance chômage
14:09par type de dépense
14:10entre 2008 et 2027.
14:12Et on y apprend
14:12qu'en fait,
14:13le solde de l'assurance chômage,
14:15il a toujours été positif,
14:17y compris les dernières années,
14:18de l'ordre
14:18de 10 milliards d'euros.
14:19Ça, c'est le solde
14:21des cotisations
14:21versus les allocations versées.
14:24Tout le reste,
14:25ce qui crée le déficit,
14:26ce sont des charges
14:27que l'État fait peser
14:28sur le régime
14:29et qui ne font qu'augmenter.
14:31Le financement
14:31de France Travail,
14:33le financement
14:35d'assurance chômage
14:36pour les frontaliers,
14:38l'État qui a prélevé
14:3912 milliards.
14:4012 milliards !
14:41Il a prélevé en 4 ans,
14:42quand même,
14:43l'État sur l'assurance chômage.
14:44Il y a le financement
14:45du chômage partiel,
14:4618 milliards !
14:48C'est l'assurance chômage
14:48qui a payé.
14:49Donc, il faut tout dire.
14:50Moi, je veux bien négocier
14:51pour économiser 400 millions
14:53et taper sur la tête
14:54à ces pauvres chômeurs
14:55dont, par ailleurs,
14:56vous l'avez remarqué tout à l'heure,
14:57le nombre augmente.
14:58Mais il faut se poser
14:58les bonnes questions.
14:59On négocie entre nous.
15:01Il serait bon qu'entre nous,
15:02on pointe du doigt
15:03le vrai responsable
15:04de la problématique financière
15:06de l'assurance chômage.
15:07Alors, est-ce qu'il y aura,
15:07François Omrile,
15:08est-ce qu'il y aura,
15:09vous allez accoucher
15:14que vous connaissez
15:15bien que moi le système ?
15:16Oui, l'État,
15:17il reprend la main
15:17et puis après,
15:18il file des baffes.
15:18Ça, il sait bien faire.
15:20Par contre,
15:20avoir des idées intelligentes...
15:22Bon, moi, je ne désespère pas
15:23qu'on arrive à trouver un accord.
15:25Je ne désespère pas
15:26qu'on arrive à en trouver un.
15:27Il est peu probable
15:28que la CFE-CGC
15:29le signera dès l'instant
15:30qu'il y aura toujours dedans
15:31les dispositions discriminatoires
15:33anti-cadres
15:34qui concernent la dégressivité
15:35des allocations pour les cadres.
15:37Parce que je veux rappeler ici
15:38qu'il y a bien une population
15:40qui solvabilise
15:41l'assurance chômage
15:42par ses cotisations.
15:43Ce sont bien les cadres
15:44et les membres de l'encadrement.
15:45Il n'y a pas de raison
15:46de les désigner
15:46et de les discriminer à la sortie.
15:48Je trouve ça absolument
15:49révoltant et scandaleux.
15:51Et depuis six ans
15:52que ça a été imposé par l'État,
15:54je veux que ça sorte.
15:55Mais indépendamment
15:55de cette question-là,
15:56moi, je pense que
15:57si on regarde
15:58la question des contrats courts,
16:00qui est quand même
16:00la question sur laquelle
16:01on peut intervenir
16:02de la façon la plus facile,
16:04moi, je proposerais effectivement
16:05que le contrat court
16:06cotise à l'assurance chômage
16:08ce qu'il coûte,
16:09à l'assurance chômage.
16:10Il coûte plus de 4 milliards
16:11d'euros par an.
16:12Les contrats de un jour
16:13à une semaine.
16:14Et ce ne serait pas compliqué,
16:15à mon avis,
16:16de mettre en place
16:16un dispositif
16:17qui serait autorégulateur
16:19et qui pourrait faire
16:20faire des économies
16:21allant jusqu'à 2 milliards d'euros
16:23à l'assurance chômage.
16:24Ok, rupture conventionnelle.
16:26Ah, rupture conventionnelle,
16:27on a un problème.
16:28On a un problème
16:29parce que finalement,
16:30que nous dit le patronat ?
16:31Et bon, honnêtement,
16:32je ne l'ai croit pas.
16:33Le patronat,
16:33il dit que ça coûte trop cher,
16:34mais en même temps,
16:35il reconnaît que ça quand même,
16:36c'est quelque chose
16:37qui fonctionne au sein d'une entreprise.
16:38Non, le patronat,
16:39il ne dit pas que ça coûte trop cher,
16:40ce n'est pas ça.
16:41Le patronat, il dit,
16:42j'en ai marre,
16:43des gens qui veulent démissionner
16:44et qui veulent s'en aller,
16:46qui nous demandent
16:47une rupture conventionnelle
16:48et quand on leur refuse,
16:49ils se mettent en arrêt
16:50de maladie.
16:50C'est de ça qu'ils en ont marre.
16:52Il faut dire les choses franchement.
16:53Peut-être qu'on peut regarder ça
16:54entre nous, posément.
16:56Pourquoi est-ce que
16:56ce dispositif arrive ?
16:58Pourquoi est-ce que,
16:59à l'envers,
17:00quand un employeur
17:01veut se séparer d'un salarié,
17:02il lui propose
17:03des ruptures conventionnelles
17:04parce que c'est moins risqué
17:05pour lui ?
17:06Pour quelqu'un qui s'apprête
17:08à démissionner,
17:08c'est moins risqué
17:09d'avoir une rupture conventionnelle
17:11parce que la zone
17:13dans laquelle il va s'engager
17:14est une zone risquée.
17:16Moi, je suis d'accord
17:17pour qu'on parle de tout ça.
17:18Il y a eu une époque
17:18où ça n'existait pas
17:19la rupture conventionnelle.
17:20Donc, probabilité qu'on arrive
17:21ou pas que vous arriviez
17:22à un accord le 25 février ?
17:25Je dirais que c'est du 50-50.
17:27Vous voyez comme je suis.
17:28On va mettre un peu de pression
17:29dans le système.
17:29C'est un côté normand, là.
17:30C'est un côté peut-être
17:31bien que oui, peut-être bien que non, non ?
17:32Non, non, non, non.
17:33Je pense que...
17:34Moi, je vais vous dire
17:35que je suis un peu mal à l'aise
17:36parce que je considère
17:38qu'on n'a pas sur ce sujet-là
17:41des échanges correspondants
17:42à la réalité du dispositif.
17:45Je vous annonce
17:45qu'à la CFE-CGC,
17:47on va produire un document
17:48qui va faire une soixantaine de pages
17:50qu'on a fait en collaboration
17:51avec Bruno Coquet,
17:52spécialiste mondial
17:53des régimes d'assurance chômage
17:55qui vient souvent sur ce plateau
17:56et qui vraiment
17:57met à bas
17:59tout un tas d'idées reçues
18:00sur le sujet.
18:01Moi, j'espère que tous les politiques
18:02vont le lire.
18:03Ça va les rendre plus intelligents.
18:05Vous me direz,
18:05il y a du travail,
18:06mais en tout cas,
18:07ça va élever le niveau du débat
18:08sur la question
18:09de l'assurance chômage.
18:09D'accord.
18:10Juste, il y a la grande conférence
18:12à laquelle ne participe pas
18:14justement le MEDEF
18:15sur les retraites
18:16et le travail.
18:17Ça sert à quelque chose
18:18ou c'est juste
18:19à une sorte de think tank
18:20pour préparer
18:21la présidentielle, justement ?
18:23Non, c'est pas du tout...
18:25Non, je ne le vois pas du tout
18:26comme ça.
18:27Moi, je n'ai pas du tout
18:27l'intention de participer
18:28à quoi que ce soit
18:29qui se ressemblerait
18:31à une écurie
18:32pour préparer la présidentielle.
18:34Ça sert à quoi,
18:35cette conférence ?
18:36Cette conférence,
18:36elle sert sur des sujets
18:37qui sont quand même
18:38un peu tendus aujourd'hui.
18:40Le travail, l'emploi,
18:41la retraite
18:41a convoqué
18:43toutes les personnes
18:45qui peuvent avoir
18:46un avis sur le sujet,
18:47qui sont des acteurs, en fait.
18:49Bon, c'est vrai
18:50qu'au niveau de la mise en œuvre,
18:52on a parfois l'impression
18:53qu'on pourrait aller plus vite,
18:54être un peu plus dense
18:55et avoir une expression
18:57qui aille mieux à l'extérieur.
18:58Mais moi, je ne fais
18:59de procès d'intention à personne.
19:00J'ai rencontré
19:01le ministre du Travail
19:02la semaine dernière.
19:03Je le sais,
19:03très engagé sur le sujet.
19:06C'est quelqu'un
19:06qui n'a pas d'agenda politique.
19:07Il prend son risque
19:08en mettant en place
19:09cette conférence.
19:10Moi, j'ai envie de la soutenir
19:11et j'ai envie que ça produise
19:12un résultat partagé.
19:14D'accord, OK.
19:15On peut dire un mot
19:16de votre succession ?
19:17Parce qu'alors,
19:18pour une fois,
19:20c'est quand même
19:20un peu tendu.
19:21C'est une succession
19:22où on dit que certains
19:24sont trop proches
19:26du Rassemblement national,
19:28trop à droite.
19:30Qu'est-ce que vous allez faire ?
19:30Vous allez faire jouer
19:31le juge de paix ?
19:32Vous allez vous représenter ?
19:33Qu'est-ce que vous allez faire ?
19:34Non, je ne vais pas
19:34m'en présenter.
19:35Donc, effectivement...
19:37Il y a deux candidats,
19:37vous vous rappelez.
19:38Il n'y a que deux candidats.
19:39À l'élection présidentielle,
19:40je crois qu'il y en a déjà 57.
19:42Oui, mais restons sur l'élection
19:43de la CFE-CGC.
19:44La CFE-CGC.
19:45Il y a Christelle Chéphine
19:46et puis il y a Frédéric Guionnet.
19:47Au moment où je vous parle,
19:48il y a deux candidats
19:49qui représentent chacun
19:51un syndicalisme tout à fait honorable
19:53et qui sont...
19:55Il y en a un ou une
19:56qui est trop proche
19:58de l'extrême droite ?
20:00Moi, j'ai envie de dire
20:01que chacun se fait son avis
20:02sur le sujet.
20:02Je veux réaffirmer,
20:03comme je l'ai fait d'ailleurs
20:04vis-à-vis de mes fédérations
20:06la semaine dernière, mardi,
20:08la CFE-CGC est une organisation
20:09totalement indépendante
20:11de tous les partis politiques
20:12et quiconque voudrait demain
20:14exercer des responsabilités
20:16dans mon organisation
20:17la CFE-CGC
20:19et à ce titre
20:20afficherait des préférences
20:21vers tel ou tel bord,
20:24ferait fausse route
20:25et serait définitivement
20:26disqualifiée à mes yeux
20:28et je le pense
20:28aux yeux de l'organisation.
20:30Et donc,
20:30qu'est-ce qui va se passer là ?
20:32Vous essayez de...
20:34En fait, il y a deux choses.
20:35Soit les deux équipes
20:36vont au congrès
20:37et puis on aura un congrès
20:38avec une élection souveraine.
20:39La date est exacte
20:39c'est en juin ?
20:40C'est juin, c'est ça ?
20:40C'est mi-juin ?
20:41C'est le 10 juin exactement.
20:42Peut-être d'ailleurs
20:43serez-vous présents.
20:44À ce moment-là,
20:46je vous dédicacerez mon discours.
20:48Le rendez-vous est pris.
20:48Vous m'avez si bien reçu
20:49sur votre plateau.
20:50Non.
20:51Soit les équipes fusionnent
20:52d'une certaine façon,
20:53ce que je pense
20:54on peut souhaiter.
20:55Soit les équipes
20:56vont au congrès,
20:57en l'occurrence
20:58Frédéric Buillonnet
21:00et Christelle Théphine
21:01et le congrès souverain
21:02tranchera.
21:03Ça m'est déjà arrivé
21:04moi-même de me présenter,
21:05vous le savez,
21:05en 2013.
21:06À l'époque,
21:06je n'ai pas gagné.
21:07J'ai gagné en 2016.
21:09Est-ce qu'il y a
21:09entre 3 minutes et 3 secondes
21:11et est-ce qu'il y a
21:11vraiment une tentation,
21:13notamment au niveau
21:13des cadres,
21:14des agents de maîtrise,
21:15une tentation
21:16vers l'extrême droite,
21:17vers le Rassemblement national ?
21:19Est-ce que vous l'observez, vous ?
21:20Alors, non,
21:21les statistiques sont
21:22à ce titre assez claires.
21:23Il y a des sondages
21:24qui sont faits en permanence.
21:25Oui, mais vous,
21:26c'est à la CFE-CGC ?
21:27Les catégories
21:27qu'on représente, nous,
21:28à la CFE-CGC
21:29ne sont pas plus
21:30ni moins touchées
21:31que les autres,
21:31plutôt inférieures
21:32à la moyenne.
21:33Là encore,
21:34je n'ai pas de jugement
21:35de valeur à faire
21:36sur ce sujet-là
21:36parce que si je faisais
21:38un jugement de valeur,
21:42attachement à tel ou tel
21:43courant politique,
21:44la société est ainsi faite
21:46que chacun peut choisir
21:48en toute liberté
21:49à quel mouvement politique
21:51elle adhère,
21:52mais dès l'instant
21:52qu'elle est à la CFE-CGC,
21:54elle affiche son attachement
21:55aux valeurs de la CFE-CGC
21:57et moi,
21:58je ne défends que celle-ci.
21:59Voilà,
21:59on a compris
22:00qu'il y a déjà
22:00quelques petites lignes
22:02de conduite
22:03qui sont affichées.
22:03Merci, François Omri.
22:04Merci beaucoup
22:05de cette invitation.
22:07François Omri,
22:07le président de la CFE-CGC
22:08était donc notre invité
22:09dans un instant.
22:11C'est la journaliste
22:12Raphaël Baquet,
22:12le journaliste Damien Leloup
22:13et publier un livre passionnant
22:15de nouveaux maîtres
22:16Albin Michel.
22:17Vous allez voir,
22:17ça fait un peu froid
22:18dans le dos.
22:19C'est ceux qui nous gouvernent
22:20avec nos smartphones.
22:22C'est vraiment
22:22les seigneurs de la tech.
22:24A tout de suite.
22:27Le 18-19
22:28d'Edwish Chevrillon
22:29sur BFM Business.
22:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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