- il y a 2 jours
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
00:11Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon invité Jean-François Cyréli qui est le président de BlackRock France.
00:16Bonsoir Jean-François Cyréli.
00:18Bonsoir Edwige Chevrillon.
00:19Merci d'être là. Vous vous fêtez souvent rare, en tous les cas à nos micros.
00:23Vous fêtez les 20 ans de BlackRock en France.
00:26Vous nous direz un peu comment vous voyez les 20 prochaines années
00:28lorsqu'on voit un peu le tumulte qu'il y a autour du budget de la France.
00:32Est-ce que ça fait peur notamment aux Américains ?
00:35Larry Fink, votre président.
00:37Juste, on va d'abord rappeler rapidement BlackRock, c'est numéro 1 mondial.
00:42La gestion d'actifs, c'est 14 000 milliards de dollars.
00:46Et si l'on en croit, Larry Fink, le dernier trimestre a été le meilleur qu'il soit.
00:50Et 2025, le meilleur qu'il soit.
00:52C'est ça, grosso modo, BlackRock aujourd'hui ?
00:55Oui, vous avez les bons chiffres.
00:572025 a été une grande année pour BlackRock.
01:00Nous avons recueilli plus de 700 milliards.
01:04Alors, l'avantage dans ce métier, c'est quand les marchés montent,
01:07les clients sont contents et nous, on gagne de l'argent.
01:09Et quand ça baisse, on perd aussi de l'argent.
01:11Donc, nous sommes très alignés avec nos clients.
01:13Mais c'est aussi BlackRock le premier investisseur en Europe.
01:161 800 milliards investis en Europe.
01:18Et c'est un des grands investisseurs en France.
01:21Combien en France ?
01:22Pour nous, nous gérons 60 milliards de l'épargne des Français.
01:28Mais nous avons investi en France plus de 260 milliards.
01:32Donc, nous sommes un apporteur de capital dans ce pays pour faire travailler les Français.
01:36Et pour la croissance française de près de 200 milliards de net.
01:40Donc, c'est un pays sur lequel nous sommes vraiment très impliqués, comme vous le voyez.
01:45Et vous êtes, on y reviendra bien sûr, vous êtes un des premiers,
01:48pour ne pas dire le premier actionnaire chez Total.
01:51Vous avez, alors, certains disent 6,5, d'autres 18, 9 %, vous avez combien ?
01:55Je ne sais pas, je ne regarde pas.
01:57Ce qui est clair, c'est que nous sommes un grand investisseur du CAC 40, pour beaucoup de raisons.
02:02La première, c'est que la France a de très, très, très belles entreprises,
02:05grandes entreprises, qui devraient être d'ailleurs plus mis en avant, je le dirais,
02:10parce que ce sont des leaders mondiaux dans tous les domaines, d'ailleurs dans beaucoup de domaines.
02:16Vous avez cité Total, mais vous pouvez citer le luxe, vous pouvez citer plein d'autres entreprises.
02:22D'ailleurs, moi, je ne rentre pas dans chaque, bien évidemment, dans chaque participation.
02:27Et puis nous, nous avons besoin de liquidités pour nos clients.
02:31Et donc, naturellement, ces grandes capitalisations sont là.
02:34Nous sommes toujours minoritaires, toujours, dans toutes nos entreprises.
02:39Et nous ne sommes jamais, nous n'intervérons pas dans la gestion.
02:43Voilà, nous, nous sommes vraiment un acteur qui investit pour le compte de nos clients,
02:50mais qui souhaite être minoritaire, qui ne souhaite pas diriger les entreprises.
02:54Mais aussi, nous sommes intervenus, nous intervenons dans les petites entreprises, dans les licornes.
02:59Nous finançons beaucoup le développement des licornes françaises, par exemple.
03:02Est-ce que vous allez continuer à investir ?
03:05C'est la question qu'on peut se poser lorsqu'on voit la cacophonie un peu aujourd'hui.
03:09Vous connaissez bien la politique.
03:10On va rappeler que vous avez été conseiller de Jacques Chirac en son temps.
03:13C'est vieux.
03:13C'est vieux, oui, c'est vieux.
03:14Vous étiez un jeune conseiller, si vous préférez que je dise un très jeune conseiller.
03:18Mais en tous les cas, vous connaissez bien la politique, évidemment.
03:20Lorsque vous voyez ce soir, finalement, 49-3 pour essayer de faire passer la pilule de ce budget,
03:29est-ce que ça fait peur à vos amis américains ?
03:31Est-ce que ça fait peur à Larry Fink ?
03:32Est-ce que ça fait peur à BlackRock, Jean-François Serré ?
03:34Qu'est-ce qui ferait peur, pardon ?
03:35Le fait d'avoir un budget, un 49-3, une motion de censure,
03:39tout ce feuilleton que l'on connaît depuis le 3 octobre.
03:44Non, mais depuis bien en amont.
03:47Bon, écoutez, dans chaque démocratie parlementaire, et nous en sommes une...
03:52Ça, c'est la langue de bois.
03:53Non, mais le budget, c'est l'acte le plus important d'un gouvernement.
03:58Donc, est-ce qu'il faut un budget au pays ?
04:01Plutôt oui.
04:01Non, mais là, est-ce que vous dites qu'il y a quand même toutes les chances
04:06qu'il n'y aura pas de motion de censure,
04:08même si à l'instant, le RN et le LFI disent qu'ils vont en déposer une ?
04:12A priori, il n'y en aura pas.
04:14Est-ce que ça vous rassure ?
04:16Il n'y a pas de motion de censure ?
04:17Non, le fait qu'il y ait un budget pour la France.
04:19Oui, c'est toujours mieux, parce que c'est plus de visibilité.
04:23Donc, est-ce qu'il faut un budget pour ce pays ?
04:26Ben oui, comme chacun d'entre vous.
04:28Donc oui, ça serait plutôt rassurant.
04:29Est-ce qu'il faut un budget à tout prix, si vous préférez que je sois encore plus...
04:31Non, mais vous, en tant qu'investisseur,
04:36puisque vous investissez 260 milliards dans la France,
04:39enfin en France,
04:40ou au contraire,
04:42vous vous dites, non mais au secours,
04:44on va s'en aller la France.
04:46Un peu ce que dit la menace du patron de JP Morgan,
04:49qui a dit dans une interview aux Échos très intéressante,
04:51qui a dit, attendez, si ça continue comme ça,
04:53s'il n'y a pas de réforme sur retraite,
04:54s'il n'y a pas de budget,
04:55s'il y a un endettement toujours aussi élevé,
04:58ben on va réfléchir.
04:59Non, il y a une chose qui étonne nos investisseurs extérieurs,
05:06qui est que pourquoi la France n'arrive pas à réduire son déficit budgétaire ?
05:11C'est ça la question.
05:13Ce n'est pas, est-ce qu'il y a un 49.3, est-ce que l'EFI, je ne sais pas quoi,
05:16c'est que par rapport aux autres pays européens,
05:19nous n'arrivons pas, malheureusement, à descendre nos déficits budgétaires
05:23dans des périodes qui ne sont pas des périodes de crise.
05:26Quand il y a crise, on peut penser que, ok, on peut avoir 5% de déficit.
05:30Quand il n'y a pas de crise, on ne comprend pas.
05:32On ne comprend pas pourquoi les Français n'arrivent pas à réduire leur déficit budgétaire.
05:37Alors, un peu plus d'impôts, un peu moins de dépenses,
05:40et le débat est là-dessus.
05:42Moi, ce que je trouve étonnant, c'est que le débat ne porte pas sur...
05:45On parle toujours de...
05:46C'est une division, le déficit budgétaire.
05:48C'est ça qui compte, là, puisque...
05:50Il l'a dit tout à l'heure, le Premier ministre.
05:52Ce n'est pas plus que 5%.
05:53Voilà.
05:54C'est une division entre le déficit et la richesse nationale, le PIB.
06:00Pourquoi on ne parle pas du PIB ?
06:02La seule question qui vaut, c'est d'accroître la croissance...
06:05La création de richesse.
06:05La création de richesse dans ce pays.
06:07C'est de réduire le haut.
06:09On ne va pas régler le problème en faisant un peu moins de dépenses
06:11ou un peu plus d'impôts.
06:12D'accord, Jean-François Cyril.
06:13Et moi, ma question, pardonnez-moi d'y revenir, c'est...
06:15Est-ce que, pour BlackRock, commence à avoir des alertes oranges,
06:21peut-être pas rouges, mais sur la France ?
06:24Non.
06:24Est-ce qu'on vous dit, mais attendez, c'est quoi ?
06:26Mais ce n'est pas moi qui décide, ce sont les marchés.
06:29Oui.
06:30Et qu'est-ce que disent les marchés ?
06:31C'est BlackRock, c'est la...
06:32Non, on n'est pas tout seul, bien heureusement, d'ailleurs.
06:34Bon, qu'est-ce que disent les marchés ?
06:36Ils ont accru leurs primes de risque sur la France.
06:39On avait 50 points de base par rapport à l'Allemagne.
06:42On en a 80.
06:43Est-ce que ça a changé ?
06:45Non.
06:46On est toujours à 80.
06:47Est-ce qu'il y a un risque que les marchés anticipent
06:49d'un défaut de la France, d'une explosion de l'euro, ce que vous voulez ?
06:54Non.
06:55Donc, aujourd'hui, la réponse est non.
06:57Donc, vous allez continuer à investir en France ?
07:00Ah, mais nous, on investit pour le compte de nos clients
07:02dans ce que nous considérons les meilleurs investissements.
07:06Et ce pays a énormément d'atouts pour qu'on puisse investir dans ce pays.
07:10D'accord, donc vous continuez à investir.
07:12Mais le problème, il n'est pas français, il est européen.
07:14Et le problème de déficit, il est aussi mondial.
07:17Il est vrai pour les Américains.
07:18Jean-François Cyril, et si jamais, je ne sais pas, il y a une alternance,
07:21si jamais l'extrême droite arrive au pouvoir en France,
07:25est-ce que pour vous, est-ce que ça sera pour BlackRock un épouvantail ?
07:30Écoutez, nous, nous investissons dans centaines de pays qui changent de majorité
07:36tous les deux jours, tous les trois jours.
07:38Donc, nous prenons ça en compte.
07:40Chez BlackRock, nous, nous sommes là pour investir pour le compte de nos clients.
07:45Il y a d'accord.
07:45Je suis d'accord.
07:46Et pour le compte de nos clients, qu'est-ce qui compte ?
07:49Nous, nous pensons qu'il y a cinq mégaforces dans le monde
07:52sur lesquelles nous passons nos investissements.
07:55Oui, mais ma question, elle est politique, Jean-François Cyril.
07:57Oui, mais ça fait partie de ces mégaforces.
07:59Il y a la géopolitique.
08:00Qu'est-ce que la géopolitique change dans le monde ?
08:02Et nous voyons bien qu'aujourd'hui, nous sommes dans un nouvel ordre international.
08:06Il y a la transition climatique, il y a l'intelligence artificielle,
08:09il y a la démocratie et le vieillissement.
08:12Donc, la question sera, quelles politiques seront mises en œuvre dans ce pays
08:15dans les années à venir, par ceux qui arriveront en 2027 ?
08:18Est-ce que ça prendra ça en compte ou pas ?
08:21Eh bien, c'était ma question.
08:23Ben voilà.
08:23Est-ce que vous allez prendre ça en compte ?
08:24Si vous voulez me faire dire, est-ce que vous partez si l'extrême droite arrive au pouvoir ?
08:27Non, est-ce que BlackRock va se retirer un peu de la France
08:29si jamais l'extrême droite arrive au pouvoir ?
08:32Ce sera les politiques qui seront suivies par les gouvernements français en 2027
08:36qui détermineront pour partie.
08:39Mais ça n'empêche pas que nous aurons toujours des grandes entreprises françaises
08:42sur lesquelles il faudra investir.
08:43Donc, voilà.
08:44La politique, c'est un seul des éléments que nous prenons en compte.
08:48Jean-François Cyrillé, vous êtes un personnage clé du capitalisme français.
08:52Est-ce que vous avez rencontré quelqu'un du Front National, du Rassemblement National ?
08:55Non.
08:56Non ? D'accord.
08:56Alors, justement, on va poursuivre pour rentrer dans le vif du sujet.
09:02Vous avez vu que les déclarations de Donald Trump,
09:06donc il veut augmenter de 10% et voire plus les droits de douane
09:10des pays, les huit pays qui soutiennent le Danemark
09:14dans la défense du Groenland.
09:19Le chancelier allemand a fait cette déclaration en disant
09:22« Attention, tout le monde est perdant, perdant. »
09:25Est-ce que cette guerre commerciale, cette avie de tempête commerciale,
09:29nouvelle avie de tempête,
09:31est-ce que pour vous, ça peut provoquer une crise sur les marchés si violoncés ?
09:35Mais, si vous voulez, ce que l'on voit, c'est que depuis plusieurs années et plus récemment,
09:41on a tous les jours des surprises.
09:44Franchement, depuis un an, tous les jours, on se réveille,
09:46et puis tiens, il y a quelque chose de nouveau, etc.
09:48Moi, je suis un investisseur.
09:50Si je prends en compte, tous les jours, tel événement politique ou tel autre,
09:55on ne va pas y arriver.
09:56Donc, c'est pour ça que je vous dis, il y a deux choses que je voudrais vous dire,
10:00qui sont deux choses très différentes.
10:02La première, c'est qu'on voit bien que nous sommes rentrés dans la construction
10:07d'un nouvel ordre international qui n'est pas celui dans lequel on vivait.
10:11Voilà, on a vécu, depuis la fin de l'Union soviétique,
10:16dans une période, disons, un peu de mondialisation plus ou moins heureuse,
10:20où l'économie primait sur la politique.
10:23Aujourd'hui, c'est l'inverse, c'est la politique qui prime sur l'économie.
10:26Le monde, tout ce que l'on sait, c'est que le monde de demain et d'aujourd'hui
10:29sera très différent de celui d'hier.
10:31Et il faut que l'Europe le comprenne.
10:33Il faut que l'Europe s'en rende compte,
10:35parce que nous avons, en tant qu'Européens, un rôle à jouer.
10:37Ça, c'est le premier point.
10:39Deuxièmement, si moi, nos équipes prennent en compte
10:42chaque déclaration des uns et des autres pour faire...
10:45De Donald Trump.
10:46De Donald Trump.
10:46Parce que demain, c'est un an de Donald Trump.
10:48On voit quand même que le monde a été bousculé.
10:50Mais oui, mais c'est la situation dans laquelle on vit.
10:53Mais si on prend en compte, chaque fois qu'on dit quelque chose,
10:56vous ne savez plus comment investir.
10:57Donc, il faut garder des piliers forts.
11:00Et encore une fois, nos piliers forts, pour nous,
11:02notre tendance de fond, c'est...
11:04Est-ce que nos investissements correspondent aux cinq tendances que je vous disais ?
11:08Comme la démographie, l'évolution du vieillissement,
11:11l'intelligence artificielle.
11:13C'est à ce prisme-là qu'on doit regarder.
11:15Après le reste, il faut enlever ce bruit-là.
11:18C'est ce que dit Larry Fink.
11:19Il faut enlever ce bruit-là pour investir
11:22et pour être sûr de la direction et du long terme.
11:25Si vous prenez juste le court terme, vous allez vous planter.
11:28Est-ce qu'il y a un vide tempête sur les marchés financiers ?
11:31On a vu le bras de fer qu'il y a maintenant
11:32avec le président de la FED, Jérôme Powell,
11:37avec les menaces que, là encore, Donald Trump fait peser sur lui.
11:40Est-ce que, justement, chez BlackRock,
11:43vous vous dites qu'il y a quand même un vrai risque
11:47de crise financière ou pas du tout ?
11:49Non, il n'y a pas un risque de crise financière.
11:53Si vous regardez juste ce que nous venons de vivre,
11:56ce n'est pas très vieux, c'est l'année 2025.
11:58On est juste au début de l'année 2026.
12:01L'année 2025, la croissance, ce n'est pas extraordinaire,
12:05mais enfin, ce n'est pas si mal.
12:08Deux, aux États-Unis, en moyenne.
12:10Un, en Europe, ça correspond un peu à notre croissance potentielle.
12:14Donc, on voit bien que la question, c'est qu'on n'est pas en crise.
12:18On est dans une croissance plutôt ralentie,
12:21mais ce qu'il faudrait, c'est comment booster cette croissance
12:24pour qu'on règle nos problèmes structurels de déficit,
12:26de vieillissement, etc.
12:28Les marchés, très bons.
12:30L'année 2025...
12:31Ah oui, notamment pour vous, pour BlackRock, c'était exceptionnel.
12:34Pour nous, pour nos clients.
12:37Bon, tous, on fait plus, les actions,
12:39on fait plus de deux fois de chiffres.
12:42C'est 15%, 14% aux États-Unis,
12:4511% en France, 20% en Allemagne.
12:47Donc, les marchés vont bien.
12:48Les marchés de taux, ce n'est pas formidable,
12:51mais ce n'est pas mal non plus.
12:52Marchés des matières premières, ce n'est pas mal.
12:55Marchés des émergents,
12:56les émergents ont très bien tiré leur jeu l'année dernière.
12:59Donc, si vous regardez les marchés dans leur entièreté,
13:03on sort d'une année qui est plutôt une bonne année.
13:05Donc, pourquoi voudriez-vous...
13:06Donc, le bilan Trump est plutôt positif.
13:09Non, ce n'est pas le bilan Trump.
13:09Ça fait un an de marne, son investiture.
13:11Ce n'est pas Trump, c'est la totalité de l'économie.
13:14Ce n'est pas tellement Trump qui a tiré les marchés.
13:16C'est, par exemple, l'intelligence artificielle aux États-Unis
13:19qui a explosé et qui a fait ce qu'on a vu
13:22en termes de croissance américaine
13:23et qui, à mon avis, est très sous-estimée en Europe.
13:25Et il faut qu'on y aille aussi, nous.
13:27Alors, certains disent,
13:28trop surestimés aux États-Unis.
13:31Alors, oui.
13:31Est-ce qu'il n'y a pas une bulle de l'intelligence artificielle ?
13:35Alors, les bulles, on s'en aperçoit quand elles ont explosé.
13:38Oui, quand il y a une crise financière.
13:40Oui, quand elle a explosé.
13:42Est-ce qu'elle va exploser, celle-là ?
13:44Peut-être, peut-être pas.
13:45Il y a des gens qui pensent que non,
13:47parce que ce qui va compter, c'est
13:48quels sont les retours sur ces capitaux
13:51qui sont investis dans l'intelligence artificielle.
13:54Si vous avez les retours dans deux, dans trois ou quatre ans,
13:57ça peut être, au contraire, un Eldorado pour le monde entier.
14:00Ça change complètement la structure du monde.
14:03S'il n'y a pas les retours de ces milliers de milliards
14:06qui sont investis, là, il y aura problème.
14:08On dira, ah ben, vous l'avez bien dit, il y a une bulle.
14:10Mais c'est toujours pareil.
14:12Ex-Santé, vous n'arrivez pas à le dire.
14:13C'est ex poste que vous verrez les choses.
14:15C'est juste un mot, parce qu'en fait,
14:16lorsqu'on regarde votre dernier trimestre,
14:17qui a été donc le meilleur dans l'histoire de BlackRock,
14:21d'Exit Larry Fink, encore une fois,
14:23c'est notamment grâce aux ETF,
14:24enfin, ces fonds un peu low cost,
14:27qui fonctionnent avec des algorithmes.
14:30Est-ce que l'intelligence artificielle
14:32va encore améliorer la performance de ces fonds ETF ?
14:35Ah non, non, non.
14:36Ce sont des fonds qui répliquent des indices ou des politiques.
14:39Oui, c'est ça.
14:40Mais il n'y a pas, c'est pas, enfin, je veux dire,
14:41il n'y a pas d'algorithme très compliqué
14:43qui pourrait changer les choses.
14:44Ce qui est clair, c'est que...
14:46Non, mais il n'y a pas de gestion humaine.
14:47C'est plus une gestion technique.
14:51Oui et non.
14:52C'est-à-dire que oui, il n'y a personne qui dit
14:54je choisis telle entreprise plutôt que telle autre,
14:57comme on le fait dans ce qu'on appelle la gestion active.
15:00Mais il y a énormément de fonds différents
15:02dans lesquels vous pouvez dire,
15:03tiens, moi j'ai envie d'investir dans le luxe,
15:06je choisis un ETF luxe,
15:07j'ai envie d'investir dans telle politique pour décarboner.
15:09Mais l'intelligence artificielle va jouer un rôle là-dedans.
15:12Non, pas plus que ça.
15:14Mais en revanche, ce qui est vrai,
15:16c'est que les ETF se développent énormément.
15:19Ça intéresse beaucoup les jeunes, notamment.
15:22Et chez BlackRock, nous sommes les premiers
15:25dans ce domaine-là, dans le monde.
15:28C'est le seul endroit où nous avons vraiment
15:30une très très forte part de marché.
15:32Et ça se développe énormément.
15:33Dans les 700 milliards dont je vous disais
15:35de nouveaux flux qui sont arrivés l'année dernière,
15:38il y en a peut-être 400 ou 450 qui viennent des ETF.
15:41Donc, la France est en train de rattraper son retard.
15:45Elle était très en retard.
15:47Et je crois que c'est bon pour tout le monde.
15:48Et c'est bon notamment pour les jeunes
15:49et ceux qui veulent entrer dans le domaine de la bourse
15:53sans prendre trop de risques.
15:54Parce que l'avantage des ETF,
15:56c'est que vous diversifiez votre portefeuille
15:58et que ce n'est pas cher.
15:59Et ça, c'est quand même très bien.
16:00Et transparent.
16:01Jean-François Cyrilier,
16:02on va continuer à parler aussi justement stratégique.
16:04Je voudrais quand même avoir votre avis
16:06avec des riches qui sont toujours plus riches.
16:09Vous savez, le forum de Davos ouvre ses portes aujourd'hui
16:13et BFM Business y est présent, bien sûr.
16:17Le Oxfam a publié son bilan annuel sur les riches.
16:20Ils font ça chaque fois la veille du forum économique de Davos.
16:25Ils disent que la fortune des milliardaires
16:27a atteint un record en 2025,
16:29un peu comme celle de BlackRock,
16:32tapant les libertés politiques
16:34et alimentant les inégalités.
16:36Les 12 milliardaires les plus riches
16:38possèdent plus de richesses
16:40que la moitié des plus pauvres de l'humanité.
16:44Est-ce qu'il y a vraiment trop de riches ?
16:46Ah non, non, non.
16:47Moi, je ne vous dirai jamais qu'il y a trop de riches.
16:48Ça, ce n'est pas vrai.
16:49Au contraire, il faut des gens
16:51qui ont envie d'entreprendre
16:52et il faut des gens qui,
16:54quand ils réussissent,
16:55aient le fruit de leur travail.
16:57Donc, il n'y a pas trop de riches.
16:59Bon, Oxfam, entre nous,
17:00est dans son rôle d'ONG.
17:02Et d'ailleurs, je ne vois pas tellement
17:04la différence entre ce qu'ils ont dit là
17:06et ce qu'ils ont dit depuis 10 ans.
17:07Ils disent la même chose.
17:09Ce qui serait intéressant,
17:10c'est de demander où sont ces riches,
17:11où sont ces nouveaux riches,
17:13d'où viennent-ils ?
17:14Et on s'apercevra qu'ils ne viennent pas...
17:17Il ne vient plus de France et d'Europe.
17:18Il n'y en a pas tellement plus d'Europe.
17:19Il y en a en France.
17:20Il y en a relativement peu de nouveaux en France,
17:23mais qui viennent beaucoup des pays,
17:25notamment en développement,
17:28et notamment de la Chine.
17:29Bon, donc, qu'est-ce que vous voulez dire
17:31à ces Chinois,
17:32au gouvernement chinois,
17:33qui doit faire ce qu'il doit faire ?
17:35Bon, ça, c'est au gouvernement chinois
17:37de voir ce qu'il doit faire.
17:37Il faut taxer les plus riches,
17:38en tous les cas,
17:38c'est un des objectifs.
17:40Mais moi, ce que j'aimerais,
17:41c'est que la discussion
17:42que nous avons eue en France
17:43sur taxer les riches,
17:45si on passait ne serait-ce que 10% du temps
17:49à parler de comment faire grossir le gâteau
17:51plutôt que comment en prendre un peu plus
17:53aux uns ou aux autres,
17:55ce serait beaucoup mieux.
17:56Comment pourrait-on faire
17:58pour que la croissance française
17:59soit deux fois, trois fois supérieure ?
18:01Parce qu'on ne s'en tirera que comme ça,
18:04avoir plus de croissance.
18:05Au cœur du débat,
18:05vous l'avez souligné tout à l'heure,
18:06c'est évidemment le niveau
18:08de l'endettement de la France.
18:10Est-ce que c'est quand même un...
18:12Est-ce que ça reste une préoccupation importante
18:14pour les investisseurs comme vous ?
18:16Est-ce qu'à un moment, vous dites...
18:18Il y a même Sébastien Lecornu
18:21qui parlait d'étouffement,
18:23ainsi que Christine Lagarde,
18:24d'étouffement avec des niveaux
18:25de taux d'intérêt qui sont réels,
18:28qui sont quand même très élevés,
18:29parce qu'on a une inflation très basse en France.
18:30Est-ce qu'on a atteint un moment
18:32qui peut effectivement étouffer
18:34la richesse que vous invoquez ?
18:37Ce n'est pas le niveau de la dette,
18:39c'est les intérêts que nous payons sur la dette.
18:43Bien évidemment, aujourd'hui,
18:46on doit être entre 60 et 70 milliards par an.
18:49Implacablement, si on reste comme ça,
18:53dans quelques années,
18:53on est à 100 milliards, 120 milliards.
18:55Et donc oui, il y a un risque d'étouffement.
18:58Mais tout ce qu'il faut, c'est essayer.
19:00On le sait.
19:02Ça fait des dizaines d'années qu'on le dit.
19:05Donc la question, c'est pourquoi on en est là ?
19:08Est-ce que je disais,
19:09quel est le blocage français
19:11pour réduire nos déficits
19:12et stabiliser la dette ?
19:14Bien sûr qu'il faut stabiliser la dette.
19:15On est arrivé au bout de ces stratégies budgétaires
19:20qui étaient des stratégies certainement adaptées
19:24dans un monde où il y avait le Covid,
19:25où il y avait des difficultés.
19:27Aujourd'hui, c'est vrai.
19:29Mais c'est un problème pour la France.
19:31Mais c'est un problème, encore une fois,
19:32pour le monde développé dans sa généralité.
19:36Il y a très peu de pays qui sont hors de l'autre.
19:38Êtes-vous, alors, au-delà, comme vous dites,
19:40du soubresaut qu'on a connu là encore ?
19:42Mais est-ce que vous êtes inquiète sur l'Europe ?
19:46Il y a beaucoup d'atouts,
19:47notamment qu'il y a une épargne européenne
19:48supérieure à l'épargne américaine.
19:50Je veux dire, c'est le plus grand marché.
19:51Mais on a un défaut de cohésion, d'unification,
19:55notamment si on le regardait sur le marché des capitaux.
19:59Est-ce que l'Europe,
19:59certains le disent, notamment aux États-Unis,
20:01est un peu en train de disparaître
20:03entre ces deux énormes plaques tectoniques
20:05que sont les États-Unis et la Chine ?
20:08Il y a une chose de vraie, et ça, c'est un fait,
20:12c'est qu'il y a 20 ans,
20:14les Européens étaient, disons,
20:15à 90 % de la richesse américaine.
20:19Aujourd'hui, on est plutôt à 65 %.
20:21Sur les 20 ans précédents,
20:24les États-Unis ont toujours fait
20:26au moins un demi-point de croissance
20:28de plus que l'Europe.
20:29Et donc, quand vous êtes américain,
20:32vous regardez l'Europe et vous dites
20:33qu'est-ce qui s'est passé
20:35pour que chaque année, vous ayez perdu des places ?
20:38Qu'est-ce qui s'est passé ?
20:39Qu'est-ce qui fait que l'Europe,
20:41chaque année, a baissé ?
20:42Il y a un très bon article
20:43d'un de mes maîtres, d'ailleurs,
20:45Jean-Pierre Landau,
20:46qui était sous-gouverneur de la Banque de France
20:48dans les Échos, là aussi, il y a une semaine,
20:50qui parle de ça,
20:51qui dit, mais l'Europe,
20:53qu'a-t-elle fait faux ?
20:55Et clairement, on n'a pas fait
20:57ce qu'on devait faire.
20:58Parce qu'il n'y a pas de raison
21:00que nous ayons descendu comme ça,
21:03chaque année, une marche par rapport aux Américains.
21:06Donc, il y a eu un problème européen.
21:08Il faut le reconnaître.
21:09L'Europe a l'air de se réveiller aujourd'hui.
21:12Il est temps.
21:13Et il faut que l'Europe se réveille.
21:14Pas trop tard ?
21:15Non, il n'est pas trop tard.
21:16L'Europe a...
21:17Moi, je pense que si on prend les mesures,
21:19l'Europe et la France,
21:20on a des atouts...
21:21Quelles mesures ?
21:22Quelles mesures ?
21:23C'est quoi nos points forts ?
21:24Non, mais ce qu'il faut faire,
21:25et ça a été dit, c'est écrit,
21:26c'est le rapport Draghi.
21:27Oui.
21:28Voilà.
21:28Ça fait un an et demi,
21:30un peu plus d'un an et demi.
21:31Un an, oui, ça fait septembre 2024.
21:34Bon.
21:34Et il faut...
21:35Bon.
21:36Il faut...
21:37Il faut mettre en œuvre le rapport Draghi.
21:39Tout est écrit.
21:40Mais tout le monde le dit ?
21:42Non, pas tout le monde le dit.
21:43Si, si.
21:43Je reçois beaucoup de personnes sur ce plateau.
21:46Tout le monde le dit,
21:46mais voilà, ça ne bouge pas.
21:48Mais non, si ça bouge un peu.
21:49Ça bouge un peu.
21:50Ça bouge plus qu'on imagine,
21:51mais moins qu'on aimerait, bien évidemment.
21:53Les Allemands ont bougé.
21:54C'est tout ce que les Allemands ont fait,
21:56que Friedrich Merz a fait sur le budget allemand,
21:59sur le développement.
22:00Bon.
22:00Il a bougé.
22:01Donc, ça commence à bouger.
22:03Mais c'est pas...
22:03Le rythme est encore trop lent.
22:05Il faut que ce rythme,
22:06le rythme de bouger de l'Europe,
22:08s'accélère.
22:09On en a besoin.
22:10Et il y a quelque chose qui est compliqué,
22:13politiquement,
22:13quand vous dites,
22:14il faudrait une union des marchés de capitaux,
22:16il faudrait une union de l'épargne et d'investissement.
22:18On vous dit, bon, ben, c'est gentil.
22:20Pourquoi ça ?
22:20Et pas autre chose ?
22:21Il y a tellement d'autres choses plus importantes.
22:23Ce qu'il faut comprendre,
22:24mais c'est politiquement et difficilement à vendre,
22:26c'est qu'il est essentiel de faire l'union des marchés de capitaux en Europe.
22:30Parce que, comme vous le disiez, il y a 14 000...
22:32On en parle depuis que nous sommes des jeunes journalistes et des jeunes politiques.
22:34Oui, ça, l'union des marchés de capitaux,
22:37qui a été mise en place, je crois, en 14,
22:39qui devait finir en 19,
22:40elle n'a rien donné.
22:41Bon, maintenant, on a repris le sujet.
22:43Il y a vraiment une volonté politique.
22:45Mais, vous l'avez dit,
22:4614 000 milliards d'argent sur les comptes bancaires en Europe.
22:50Si cet argent est mis, ne serait-ce que la moitié,
22:53au service de l'économie, ce serait formidable.
22:55Oui, Jean-François Cyril, toute dernière question,
22:56il y a aussi un mouvement très important.
22:58Pour la première fois,
22:59et je crois que, notamment, c'est le cas dans vos investissements,
23:03la dette privée est devenue plus importante
23:06que la dette bancaire pour les entreprises.
23:09Qu'est-ce que ça change ?
23:10Ce qui change, c'est qu'il y a des nouvelles façons
23:11de financer les entreprises.
23:13Et ça, c'est plutôt bien.
23:15On avait les marchés, les capitaux,
23:17plus aux États-Unis qu'en Europe.
23:18On avait les banques, plus en Europe qu'aux États-Unis.
23:22Et maintenant, il y a aussi la dette privée.
23:24Alors, ce sont des classes d'actifs pas évidentes.
23:27Ce ne sont pas des choses qu'il faut vendre à n'importe qui.
23:29Il faut des gens qui s'y connaissent.
23:32Il faut un certain nombre d'acteurs aussi très, très doués
23:35parce que faire du crédit à des entreprises,
23:37c'est toujours compliqué
23:39parce que nous, on est là pour rendre l'argent quand même.
23:41Et donc, ce développement du crédit privé,
23:43c'est une des priorités pour BlackRock.
23:45Nous avons d'ailleurs acheté l'année dernière un des...
23:47HPS, tout le monde.
23:48HPS, un des principaux acteurs et nous développons.
23:51Et nous avons une très belle équipe à Paris
23:52qui développe et qui finance
23:54beaucoup de jeunes entreprises françaises
23:57qui viennent nous voir pour être financées.
23:59Donc, c'est bien pour l'économie en général.
24:01Après, il faut naturellement avoir les bons acteurs.
24:05Oui, c'est sûr.
24:06Comme toujours.
24:07Et puis, au niveau de risque.
24:08Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Jean-François Céréli,
24:10donc le patron de BlackRock France
24:11qui continue à croire dans la France.
24:14C'est plutôt une bonne nouvelle.
24:14Plus que jamais.
24:15Plus que jamais, voilà.
24:16Plus que jamais.
24:17C'est dans ces périodes-là qu'il faut justement être là.
24:19Et donc, c'est content de fêter nos 20 ans
24:22et de continuer encore pour plus de 20 ans.
24:24Dans un instant, mes invités,
24:25c'est Marlène Schiappa
24:26et puis la philosophe Gabrielle Alpern
24:29qui sont avec nous.
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