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  • il y a 4 mois
Ce lundi 8 septembre, Alexis Karklins-Marchay, directeur général délégué d'Eight Advisory, était l'invité dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils sont revenus sur la baisse des taux qui pourrait être anticipée par la Fed en raison du faible nombre d'emplois créés aux États-Unis. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Alexis Karklins-Marchais, bonjour, directeur général de l'Université Advisory.
00:04Vous nous accompagnez tous les lundis, on va revenir sur l'emploi américain,
00:08sur l'ensemble de la situation économique.
00:11On avait ces chiffres, on en parlait il y a quelques instants, qui sont mauvais.
00:14Mais j'ai un peu envie de vous dire ce matin, on s'en fiche, de toute façon,
00:17la baisse des taux, elle est actée, c'est évident qu'on y va.
00:20La baisse des taux est actée, oui, l'heure, bien sûr.
00:23Alors, quand même, ces chiffres nous disent un certain nombre de choses,
00:27il y a des informations intéressantes.
00:30La création d'emploi était très inférieure en août à celle qui était attendue.
00:34On attendait 75 000 en création d'emploi, on a eu 22 000.
00:37Traditionnellement, le mois d'août est un mois qui est plutôt bas.
00:40Mais là, pour le situer, on est sur un des mois les plus bas depuis le début du siècle.
00:45Première information.
00:46Deuxième information, sur 14 secteurs, 9 d'entre eux ont détruit de l'emploi.
00:51Et notamment le secteur manufacturier, c'est-à-dire celui qui est le plus scruté,
00:55parce qu'évidemment, la politique industrielle, c'est le fer de lance,
00:57c'est l'objectif premier annoncé de l'administration Trump,
01:00eh bien là, il y a de la destruction d'emplois.
01:03Il y a eu d'autres informations qui étaient assez négatives.
01:06La première, c'est que les emplois partiels ont compensé la destruction d'emplois à temps plein.
01:11Le chômage des jeunes progresse, le chômage de longue durée progresse.
01:14Donc, un ensemble de facteurs qui montrent que, oui,
01:16le marché de l'emploi se détériore actuellement aux États-Unis.
01:19Mais la bonne nouvelle, c'est Annalisa qui nous a raconté ça il y a dix grosses minutes,
01:23c'est que comme il n'y aura plus de travailleurs émigrés,
01:25parce qu'il est en train de faire des descentes dans toutes les boîtes,
01:27on l'a vu chez Hyundai en fin de semaine, il va y avoir de la place, j'imagine.
01:31Alors, là encore, il faut se méfier.
01:33Évidemment, il y a un message très politique sur le sujet des déportations.
01:37C'est le mot qui est utilisé par les médias.
01:40Déportation.
01:40Avec des images...
01:41Qui sont d'une certaine violence, on peut dire ça quand même.
01:44Et encore, je suis dans l'euphémisme.
01:45L'économie américaine ne peut pas se passer d'immigration.
01:49C'est un leurre.
01:49L'administration Trump le sait, tous les Américains le savent.
01:51Il suffit d'aller quelques jours aux États-Unis, dans n'importe quel État,
01:54dans n'importe quel restaurant, dans n'importe quel hôtel, dans beaucoup d'usines.
01:58Vous avez une proportion très importante de travailleurs immigrés
02:01qui font aujourd'hui travailler, enfin qui font tourner l'économie américaine.
02:05Donc, arrêtons avec cette idée-là.
02:06Il y aura évidemment des messages qui vont être envoyés.
02:09Dans un pays qui va devoir probablement faire face à une inflation plus importante,
02:14on parlait de 2% dans la zone euro,
02:16on est au-dessus de 3% hors énergie et produits alimentaires aux États-Unis.
02:20Au-dessus de 3%.
02:21D'ailleurs, c'est le risque.
02:21On parle bien sûr de cette baisse des taux qui va arriver vers la mi-septembre.
02:2525 points de base.
02:26Certains parient sur 50 points de base.
02:29Mais dans le même temps, il y a un risque d'inflation.
02:31Elle est déjà là, elle est plus forte.
02:33Donald Trump a fait le choix depuis le début.
02:35Il a dit, moi, ce qui compte, c'est le plein emploi.
02:38Or, la mission de la Fed, nous l'oublions pas, la Banque Centrale Américaine,
02:40c'est bien sûr de maximiser le plein emploi,
02:43de faire en sorte que la croissance soit là,
02:45mais aussi la stabilité des prix.
02:47Et sur ce sujet-là, tous les thèmes autour de l'immigration
02:50sont des thèmes qui sont directement impactants.
02:52Analyse.
02:52Une fois que le constat sur l'emploi est posé,
02:54où en sont tous les autres indicateurs ?
02:56La consommation, l'investissement ?
02:58En général, comment se porte l'économie vraiment ?
03:00Alors, on est dans une situation contrastée.
03:03On va prendre quelques exemples.
03:04L'activité.
03:05L'activité, aujourd'hui, elle faiblit un peu,
03:08mais l'investissement privé continue de fonctionner.
03:11La consommation des ménages continue de tourner.
03:14Et dans le même temps, quand on voit les projections pour la fin d'année,
03:17on est plutôt autour de 1,5, 1,6% de croissance du PIB américain.
03:22Ce sont des chiffres qui sont plutôt bas pour l'année américaine,
03:24qui est plutôt du 2, 2, 3, 3.
03:24Surtout si vous avez une inflation élevée.
03:26Là, ça devient très compliqué.
03:27Et voilà.
03:27Vous couplez ça avec une inflation importante.
03:30On a une première situation contrastée.
03:32Un autre exemple que je trouve tout à fait intéressant.
03:34Les indices boursiers.
03:36Le plus bas de l'année, c'était le 8 avril 2025.
03:38Depuis le 8 avril 2025, tous les indices boursiers sont à la hausse.
03:42Notamment le S&P 500, le plus représentatif.
03:45Plus 30% depuis le 8 avril.
03:48Mais en réalité, cette croissance, elle est tirée par quelques valeurs.
03:50Notamment les valeurs technologiques comme Nvidia.
03:52Vous savez, le concepteur de processeurs graphiques,
03:54évidemment tiré par l'intelligence artificielle,
03:55qui a fait 73%.
03:56Juste se rendent compte de la taille d'Nvidia aujourd'hui.
03:59Une capitulation boursière de 4 000 milliards de dollars.
04:034 trillions de dollars.
04:04En comparaison, l'ensemble du CAC 40, c'est 2,4 trillions.
04:08Donc 2 400 milliards.
04:104 000 milliards.
04:112 400 milliards.
04:12Une seule valeur comme ça, elle peut tirer l'ensemble du marché boursier.
04:14Donc derrière quelques informations qui sont plutôt rassurantes,
04:17il y a une baisse de confiance du consommateur américain.
04:20Il y a une baisse de confiance des investisseurs américains.
04:23Vous avez un investisseur américain très connu,
04:25qui s'appelle Ray Dalio,
04:26qui lui parle d'un patient en état de danger cardiaque.
04:30À cause de la détérioration du marché de l'emploi,
04:33à cause d'une activité qui ralentit,
04:35et à cause de ses craintes sur l'inflation.
04:36Alors, tout ça dans un contexte où il va falloir financer
04:38beaucoup de choses sur les marchés obligataires.
04:41Est-ce que vous avez une inquiétude sur les finances publiques ?
04:43Sachant que les émissions, bon,
04:45là ils font des émissions de dette à court terme,
04:46ça se passe plutôt bien, ça va.
04:48Le roi dollar est toujours là.
04:50Et le roi dollar est toujours là.
04:51Alors évidemment, quand on compare les chiffres
04:53avec nos déficits en France,
04:55la réalité c'est que c'est même encore plus négatif aux Etats-Unis.
04:59La dette sur PIB, la dette publique,
05:00c'est 122%, supérieur à la France.
05:03Le déficit budgétaire cette année,
05:05aux Etats-Unis,
05:06devrait être de l'ordre de 6,2% du PIB.
05:09Donc c'est même supérieur aux mauvais chiffres français,
05:11mais c'est l'Amérique, c'est le dollar,
05:14c'est une puissance qui n'est évidemment pas comparable
05:16à ce que nous connaissons ici.
05:17Merci beaucoup Alexis.
05:18Carlinz Marchand est venu ce matin dans la matinale de l'économie.
05:21On se retrouve la semaine prochaine.
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